# TÉMOIGNAGE : Rheinmetall et l'Ukraine — ce que des dizaines de milliers d'obus disent de cette guerre

> Le 30 juin 2026, Rheinmetall a annoncé avoir reçu un contrat ukrainien pour la livraison de dizaines de milliers d'obus d'artillerie 155

- Auteur: Maxime Marquette
- Publication: MadMax (https://mad-max.co)
- Rubrique: Portrait
- Publié: 2026-07-01
- Adresse à citer: https://mad-max.co/fr/article/temoignage-rheinmetall-et-l-ukraine-ce-que-des-dizaines-de-milliers-d-obus-disen

## Introduction : Un contrat qui parle pour ceux qui ne peuvent pas parler

### Le 30 juin 2026 : une annonce qui compte dans les chiffres et dans les faits

Le **30 juin 2026**, **Rheinmetall** a annoncé avoir reçu un contrat ukrainien pour la livraison de **dizaines de milliers d'obus d'artillerie 155 mm** et de charges propulsives. La valeur du contrat est de **plusieurs dizaines de millions d'euros** — suffisamment significative pour être reflétée dans les résultats financiers du **deuxième trimestre 2026** du fabricant d'armements allemand. Les livraisons doivent être complétées d'ici le **premier trimestre 2027**.

Ces chiffres sont importants. Mais ce qui l'est davantage, c'est ce qu'ils représentent : derrière chaque obus d'artillerie livré se trouvent des soldats ukrainiens sur une ligne de front qui tient depuis plus de quatre ans contre une armée russe que beaucoup pensaient invincible en **2022**. Ce contrat n'est pas de la comptabilité industrielle abstraite. C'est une décision de vie ou de mort qui se prend dans les bureaux d'acquisition de **Kyiv** et les usines de **Rheinmetall** en **Allemagne**.

*Je n'étais pas là quand ce contrat a été signé. Je ne sais pas qui l'a négocié, combien de nuits ont été passées à régler les détails financiers, quels obstacles bureaucratiques ont dû être levés. Ce que je sais, c'est que « dizaines de milliers d'obus » n'est pas une abstraction pour quelqu'un qui défend une position sur la rive droite du Dniepr ou dans les plaines du Donbass. C'est du temps. C'est de la vie.*

## Rheinmetall et le défi de la production de masse

### 100 000 obus par an — et la demande est de 1,2 million

Le PDG de **Rheinmetall**, **Armin Papperger**, a été transparent sur les chiffres : l'entreprise peut produire environ **100 000 obus 155 mm à portée étendue par an** pour l'**Ukraine**. Certains de ces obus sont capables d'atteindre des cibles à **60 kilomètres** de distance — une portée qui change fondamentalement les équations tactiques sur le terrain. Mais la demande ukrainienne est de **1,2 million d'obus à portée étendue annuellement**. L'écart entre ce que **Rheinmetall** peut livrer seul et ce dont l'**Ukraine** a besoin est de **12 contre 1**.

Ce rapport brutal mérite d'être fixé dans les esprits. Ce n'est pas un problème de volonté politique — c'est un problème de capacité industrielle. Les usines d'armements européennes et américaines ont passé des décennies à optimiser leurs chaînes de production pour la rentabilité et non pour le volume. Reconvertir cette logique industrielle pour répondre à une guerre de haute intensité prend des années, pas des mois. **Rheinmetall** a commencé à le faire — et ce contrat en est une preuve supplémentaire.

### Compatibilité NATO : un atout stratégique

Les obus **155 mm** commandés à **Rheinmetall** sont **compatibles avec les systèmes d'artillerie standard OTAN** déjà utilisés par les forces ukrainiennes : le **PzH 2000** (automoteur allemand), le **Caesar** (automoteur français) et l'**Archer** (automoteur suédois). Cette standardisation est un avantage logistique crucial : une même munition peut alimenter plusieurs systèmes différents, simplifiant la chaîne d'approvisionnement et réduisant les risques de rupture de stock sur un système spécifique.

L'**Ukraine** a réussi, au fil des livraisons de ses alliés, à standardiser progressivement une partie de son artillerie sur les calibres **OTAN**. Ce processus — douloureux et coûteux au début, alors que les soldats ukrainiens devaient apprendre à utiliser des systèmes radicalement différents de leur matériel soviétique hérité — est aujourd'hui un atout opérationnel réel. Et ce contrat **Rheinmetall** en est une illustration.

*La standardisation OTAN de l'artillerie ukrainienne est l'un des accomplissements les plus sous-estimés de ce conflit. En 2022, l'Ukraine opérait principalement avec des calibres soviétiques. Aujourd'hui, elle tire des obus Rheinmetall avec des canons Caesar et PzH 2000. Cette transformation logistique, réalisée sous le feu, est une prouesse militaire et industrielle dont peu d'armées au monde seraient capables.*

## Le contexte de la demande : 18e réunion Ramstein et l'engagement collectif

### 4 milliards de dollars annoncés le 18 juin

Ce contrat **Rheinmetall** s'inscrit dans un contexte plus large. La **18e réunion du Groupe de contact de défense pour l'Ukraine à Ramstein**, tenue le **18 juin 2026**, avait annoncé **4 milliards de dollars d'aide supplémentaire** de la part des partenaires. Ces engagements collectifs alimentent les commandes directes que l'**Ukraine** passe auprès d'industriels comme **Rheinmetall**. Le contrat du **30 juin** est donc une concrétisation rapide de cet engagement — en moins de deux semaines, la promesse de **Ramstein** a été traduite en commandes réelles.

Cette vitesse d'exécution — de l'annonce politique à la signature industrielle en moins de deux semaines — est une amélioration remarquable par rapport aux rythmes habituels de la bureaucratie d'acquisition. Elle suggère que les processus se sont fluidifiés, que les canaux entre le gouvernement ukrainien et les industriels de défense sont mieux établis, que les procédures d'approbation ont été rationalisées. C'est précisément le type d'efficacité administrative que la loi américaine **Kaine-Cornyn** cherche à reproduire dans les transferts d'armements via les alliés de l'**OTAN**.

### L'Ukraine et sa chaîne d'approvisionnement en munitions

L'**Ukraine** a consommé des munitions à des rythmes que le monde occidental n'avait plus connus depuis la **Seconde Guerre mondiale**. Les estimations varient, mais les chiffres publiés indiquent des milliers d'obus d'artillerie tirés par jour, de chaque côté. Dans ce contexte, un contrat de **dizaines de milliers d'obus** représente quelques jours à quelques semaines de consommation sur un secteur de front actif. Ce n'est pas négligeable — mais ce n'est pas non plus suffisant pour transformer seul le rapport de forces.

Ce qui compte, c'est l'accumulation. Ce contrat **Rheinmetall** s'ajoute aux commandes en cours de **Nexter** (France), **Nammo** (Norvège/Finlande), **BAE Systems**, et d'autres industriels. La chaîne de production européenne d'obus **155 mm** — qui était pratiquement inexistante en volumes significatifs avant **2022** — a été reconstruite en urgence. **Rheinmetall** est l'un des acteurs clés de cette reconstruction.

*Je dois dire quelque chose que les communiqués de presse euphémisent : l'Ukraine manque d'obus. Pas toujours, pas partout, mais régulièrement sur certains secteurs. Des soldats ukrainiens ont témoigné publiquement de moments où ils rationalisaient leur artillerie parce que les livraisons accusaient du retard. Ce contrat Rheinmetall est une réponse à cette réalité. Pas suffisante. Nécessaire.*

## Rheinmetall : de fabricant d'automobiles à pilier de la défense européenne

### Une transformation industrielle accélérée par la guerre

**Rheinmetall** était, jusqu'en **2022**, davantage connue du grand public européen comme fabricant de composants automobiles que comme géant de la défense. La guerre en **Ukraine** a transformé cette image et, surtout, les priorités stratégiques et les volumes de production de l'entreprise. Son cours boursier a quadruplé depuis **2022**. Ses carnets de commandes sont pleins pour des années. Ses usines tournent à plein régime.

Cette transformation n'est pas anodine : elle dit que l'industrie européenne de défense peut se réinventer rapidement quand les signaux de marché et les décisions politiques convergent. **Rheinmetall** a su tirer parti de ce moment — mais il faut aussi reconnaître que son PDG **Armin Papperger** a pris des risques réels en investissant dans les capacités de production avant d'avoir les commandes en main. Il a parié que la demande serait là. Il avait raison.

### La capacité de 1,2 million comme horizon

**Papperger** a confirmé que l'entreprise répond à une demande ukrainienne plus large pour **1,2 million d'obus à portée étendue annuellement**. Atteindre ce chiffre nécessiterait de multiplier la capacité de production actuelle de **Rheinmetall** par un facteur de **12** — uniquement pour répondre à la demande ukrainienne, sans compter les commandes des membres de l'**OTAN** qui reconstituent leurs propres stocks. Ce n'est pas réaliste à court terme pour une seule entreprise.

La solution est un écosystème industriel : plusieurs fabricants en **Europe** et aux **États-Unis** doivent augmenter leur capacité simultanément, coordonnés par des mécanismes de commandes groupées et des investissements publics dans les outils de production. Les projets en cours — en **Allemagne**, en **France**, en **Pologne**, au **Royaume-Uni** — vont dans ce sens. Mais l'horizon reste 2027-2028 pour que ces capacités supplémentaires soient pleinement opérationnelles.

*Il y a quelque chose d'assez éloquent dans le fait que l'Europe se retrouve à reconstruire une industrie d'armements qu'elle avait méthodiquement démantelée depuis la fin de la guerre froide. Les dividendes de la paix ont été réels. Mais ils n'étaient pas gratuits. Nous payons maintenant le prix différé de trente ans de désarmement relatif.*

## Ce que ce contrat dit de l'engagement industriel à long terme

### Livraison T1 2027 : la guerre continue, la production aussi

Les livraisons prévues d'ici le **premier trimestre 2027** envoient un signal sur les horizons temporels de ceux qui planifient ce conflit. En commandant des obus dont les livraisons s'étaleront sur neuf mois, l'**Ukraine** dit qu'elle planifie une guerre qui dure. Elle ne commande pas pour une offensive de printemps espérée — elle commande pour la continuité opérationnelle d'un conflit de longue durée dont personne ne connaît la date de fin.

Cette planification à moyen terme est une forme de lucidité stratégique qui mérite d'être soulignée. L'**Ukraine** a appris à ne pas dépendre des promesses de soutien à court terme. Elle sécurise ses approvisionnements pour l'avenir, diversifie ses fournisseurs, et inscrit ses besoins dans des contrats qui la protègent des variations politiques de ses alliés. C'est de la stratégie industrielle de guerre — et c'est exactement ce que **Zelensky** et son équipe font depuis plusieurs trimestres.

### Le deuxième trimestre 2026 dans les comptes de Rheinmetall

**Rheinmetall** a précisé que la valeur de cet accord sera reflétée dans ses résultats financiers du **deuxième trimestre 2026**. Pour les investisseurs et analystes qui suivent l'entreprise, c'est une information de conformité. Pour moi, c'est un signe que ce contrat est réel, comptabilisé, contraignant. Ce n'est pas une lettre d'intention ou un mémorandum politique. C'est de l'argent qui change de main, des commandes qui rentrent dans des systèmes ERP, des plannings de production qui s'ajustent en conséquence.

La transparence financière de **Rheinmetall** sur ces contrats — même si les montants précis restent confidentiels — est un élément de la crédibilité de l'engagement. Les chiffres annoncés en communiqués de presse devront tenir dans les rapports trimestriels. C'est une forme de responsabilisation que les annonces politiques n'offrent pas toujours.

*Il y a une forme de poésie économique dans le fait que la guerre en Ukraine soit visible dans les résultats du T2 2026 de Rheinmetall. Ce conflit — qui se joue dans des tranchées de boue et de béton brisé — se manifeste aussi dans des tableurs financiers d'entreprises cotées à la bourse de Francfort. La guerre est totale au sens ancien du terme : elle traverse toutes les couches de la société et de l'économie.*

## La résonance du 30 juin 2026

### Ce jour dans le contexte de la guerre

Le **30 juin 2026** est aussi le jour où le **Royaume-Uni** a annoncé son **Defence Investment Plan** de **300 milliards de livres** inspiré des tactiques ukrainiennes. Ce même jour, selon les rapports de suivi de la guerre, l'**Ukraine** avait déjà neutralisé près de **200 systèmes de défense aérienne russes** depuis le début de l'année **2026**. Ce sont des faits convergents qui dessinent un tableau cohérent : l'**Ukraine** gagne des batailles de précision, ses alliés réarment et apprennent de ses méthodes, et les outils industriels pour soutenir l'effort de guerre continuent d'être mis en place.

Ce contexte ne doit pas masquer la réalité de la ligne de front : une guerre de position qui avance centimètre par centimètre, des villages qui changent de mains dans des combats d'une brutalité que les communiqués de presse ne rendent jamais vraiment. Mais il dit que la dynamique, lentement, bénéficie au camp de ceux qui combattent pour leur survie et non pour la conquête.

### Ce que Zelensky n'a pas dit — et ce qu'il pense

**Zelensky** n'a pas commenté publiquement ce contrat spécifique. Il ne commente généralement pas les achats de munitions — c'est de l'information opérationnellement sensible. Mais le fait qu'il continue à négocier, à lever des fonds, à sécuriser des contrats industriels avec des partenaires comme **Rheinmetall**, dit quelque chose sur l'état de sa détermination et de sa vision stratégique.

Depuis **2022**, **Zelensky** a transformé un pays qui se préparait à être envahi en acteur majeur de la géopolitique mondiale. Il a visité des dizaines de capitales, plaidé sa cause devant les parlements, sécurisé des aides financières et militaires qui, accumulées, dépassent ce que quiconque pensait possible en **février 2022**. Ce contrat **Rheinmetall** est une pièce de ce puzzle plus large — une pièce de la survie institutionnelle et militaire d'un pays qui a choisi de se battre.

*Je pense souvent à cette question : qu'est-ce qui aurait changé si l'Ukraine avait capitulé en mars 2022, comme beaucoup le prévoyaient ? La réponse m'effraie. La résistance ukrainienne n'est pas seulement une question de fierté nationale. C'est une question de géographie morale — elle a prouvé qu'une démocratie peut tenir contre une grande puissance autoritaire. Cette preuve vaut plus que tous les contrats Rheinmetall du monde.*

## Ce que le 155mm représente dans la guerre moderne

### L'obus d'artillerie comme unité de mesure du conflit

Dans la guerre de haute intensité en **Ukraine**, l'**obus d'artillerie 155 mm** est devenu l'unité de mesure du conflit. On compte les jours en milliers d'obus tirés. On mesure les avantages et les désavantages tactiques en rapports de tir. On analyse les percées et les défenses en termes de disponibilité des munitions. Ce n'est pas glorieux. Mais c'est la réalité de la guerre industrielle au **XXIe siècle** — qui, sur certains aspects, ressemble davantage à la **Première Guerre mondiale** qu'aux guerres de manœuvre rapide que les académies militaires enseignaient dans les années **1990**.

L'**Ukraine** a appris à gérer cette réalité avec une sophistication qui surprend ses alliés. Elle a rationalisé ses tirs, développé des doctrines d'utilisation précise des munitions limitées, intégré les drones d'observation pour corriger le tir et éviter le gaspillage. En **2022**, son artillerie tirait parfois par saturation. En **2026**, elle tire de façon chirurgicale — chaque obus est supposé compter.

### La portée étendue comme avantage décisif

Les obus **155 mm à portée étendue** que **Rheinmetall** peut produire — certains atteignant **60 kilomètres** — sont qualitativement différents des obus standard (**25-30 km** pour les versions basiques). Cette portée étendue permet de frapper des dépôts de munitions russes, des postes de commandement, des concentrations de troupes, des lignes logistiques — bien au-delà de la portée des artilleries standards des deux camps. C'est un avantage asymétrique qui, utilisé intelligemment, peut compenser une infériorité numérique en munitions.

Le fait que le contrat inclue des charges propulsives — et pas seulement les obus eux-mêmes — indique une commande complète de système, optimisée pour les performances maximales. Ce détail logistique confirme que l'**Ukraine** et **Rheinmetall** ont une relation industrielle mature, pas une relation de fournisseur d'urgence qui livre ce qu'il a en stock.

*60 kilomètres de portée : c'est la distance de Paris à Versailles. Dans le contexte du front ukrainien, c'est la différence entre frapper un dépôt de munitions russe en zone arrière et ne pas pouvoir le faire. Chaque kilomètre de portée supplémentaire est une vie potentiellement sauvée, un village potentiellement moins bombardé, une offensive potentiellement mieux préparée.*

## Rheinmetall en Ukraine : présence physique et engagement durable

### Des usines sur le sol ukrainien

**Rheinmetall** n'est pas seulement un fournisseur qui livre de l'extérieur. L'entreprise a ouvert des sites de production et de maintenance en **Ukraine** — une décision audacieuse qui démontre un engagement stratégique durable, et non une opportunité commerciale de court terme. Fabriquer ou assembler sur le sol ukrainien signifie réduire les délais de livraison, créer des emplois locaux, contribuer à la reconstruction économique, et envoyer un signal politique fort à **Moscou** : l'industrie de défense occidentale ne se limitera pas à livrer des armes depuis l'extérieur des frontières.

Cette présence physique expose aussi **Rheinmetall** à des risques réels — les frappes russes sur les infrastructures industrielles ukrainiennes ne font pas de distinction entre les usines civiles et les sites de production de défense. Mais l'entreprise a calculé que le risque méritait le bénéfice stratégique et commercial. C'est un pari sur la victoire ukrainienne — ou du moins sur la durabilité de la résistance ukrainienne.

### Un partenariat qui façonnera l'après-guerre

La relation industrielle entre **Rheinmetall** et l'**Ukraine** ne s'arrêtera pas avec la fin du conflit. Quand — ou si — une paix revient, l'**Ukraine** aura besoin de reconstruire ses forces armées sur le modèle **OTAN** et de maintenir ses capacités de défense face à une **Russie** qui, quelle que soit l'issue du conflit, restera une menace à ses frontières. **Rheinmetall** se positionne comme un partenaire naturel de cette reconstruction.

C'est de la stratégie industrielle à long terme enveloppée dans un contrat de court terme. Et c'est exactement le type de vision que les alliés de l'**Ukraine** ont besoin d'avoir : pas seulement comment aider aujourd'hui, mais comment construire une relation industrielle et stratégique qui garantisse la sécurité ukrainienne sur le long terme.

*Si je devais identifier un acteur industriel qui comprend ce moment historique dans toutes ses dimensions — stratégique, économique, morale — ce serait Rheinmetall. Papperger n'a pas attendu que tout soit parfaitement sécurisé avant d'investir en Ukraine. Il a agi. Dans un monde où les entreprises hésitent souvent à prendre position sur des sujets géopolitiques, cette clarté mérite d'être saluée.*

## Conclusion : Des obus qui parlent plus que des discours

### Le sens profond d'un contrat industriel

Un contrat de livraison d'obus d'artillerie n'est pas un discours sur les valeurs. Ce n'est pas une résolution de l'**ONU**. Ce n'est pas une déclaration de solidarité atlantique. C'est beaucoup plus concret : c'est de l'acier, de l'explosif, de la poudre propulsive, conditionné en munitions de calibre standard, livré à un pays en guerre d'ici le **premier trimestre 2027**. C'est de la solidarité mesurée en mètres cubes et en tonnes métriques. Et parfois, c'est exactement ce dont un pays en guerre a besoin plus que de n'importe quel discours.

**Rheinmetall** a fait sa part. Ce contrat est une pièce d'un puzzle beaucoup plus grand — les engagements de **Ramstein**, les lois américaines sur les transferts d'armements, les plans d'investissement britanniques, les contrats tchèques et polonais. Chaque pièce compte. Et ensemble, elles dessinent le portrait d'un **Occident** qui, malgré ses incohérences et ses retards, continue de se battre pour que l'**Ukraine** survive.

### Ce que j'aurais voulu dire à ceux qui tiraient ces obus

Je n'ai jamais été sur un front de guerre. Je n'ai jamais tenu un obus d'artillerie de mes mains. Je ne sais pas ce que ça fait de voir arriver des livraisons de munitions quand on défend une position depuis des semaines en rationnant ses tirs. Je peux imaginer, mais imaginer n'est pas savoir.

Ce que je peux dire, c'est ceci : ce contrat **Rheinmetall** du **30 juin 2026** est un engagement de l'industrie de défense allemande, soutenu par des alliés européens, pour que les forces armées ukrainiennes ne manquent pas de munitions dans les mois à venir. Ce n'est pas tout. Mais ce n'est pas rien. Et dans la guerre longue, les actes qui ne sont pas rien finissent par faire la différence.

*Je termine ce témoignage — car c'en est un, même si je n'étais pas sur place — avec cette pensée : l'industrie de défense fait rarement la une des journaux pour les bonnes raisons. Elle vend des armes, elle fait des profits, elle est entourée d'ambiguïtés morales réelles. Mais dans le cas de Rheinmetall et de l'Ukraine, je ne trouve pas d'ambiguïté. Une industrie qui permet à une démocratie de se défendre contre une invasion, c'est l'industrie de défense dans sa fonction la plus légitime. Et je l'écris sans hésitation.*

**Signé Maxime Marquette, chroniqueur**

## Encadré de transparence du chroniqueur

### Positionnement éditorial

Je ne suis pas journaliste, mais **chroniqueur et analyste**. Mon expertise réside dans l'observation et l'analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.

Je ne prétends pas à l'objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. **Je prétends à la lucidité analytique**, à l'interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d'offrir une lecture critique des événements.

### Méthodologie et sources

Ce texte respecte la distinction fondamentale entre **faits vérifiés et analyses interprétatives**. La règle de méthode est constante : une information factuelle n'est publiée que si une source vérifiable la porte, et les sources effectivement utilisées par cet article sont listées sous **Sources**, jamais ici.

**Familles de sources primaires** retenues par la publication, quand le dossier en comporte : communiqués officiels des gouvernements et institutions internationales, déclarations publiques des dirigeants politiques, rapports d'organisations intergouvernementales, dépêches d'agences de presse internationales reconnues.

**Familles de sources secondaires** : publications spécialisées, médias d'information reconnus internationalement, analyses d'institutions de recherche établies, rapports d'organisations sectorielles.

Quand un article cite des données statistiques, économiques ou géopolitiques, elles proviennent d'institutions productrices de données (organisations intergouvernementales, banques centrales, instituts statistiques nationaux), et l'institution exacte est nommée sous **Sources**.

### Nature de l'analyse

Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une **synthèse critique et contextuelle** basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d'experts cités dans les sources consultées.

Mon rôle est d'interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et économiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l'observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs globaux.

Cet article décrit un état documenté à sa date de publication, et non une prédiction : une évolution ultérieure peut en déplacer les perspectives. Aucune mise à jour n'est promise d'avance; lorsqu'un article est corrigé ou complété, la modification est datée dans le texte.

## Sources

### Sources primaires

- [United24 Media — Ukraine Orders Tens of Thousands of 155mm Artillery Shells From Rheinmetall — 1er juillet 2026](https://united24media.com/defense-tech/ukraine-orders-tens-of-thousands-of-155mm-artillery-shells-from-rheinmetall-in-multi-million-euro-deal-20336)

- [Euromaidan Press — Russo-Ukrainian War Day 1588: Ukraine knocked out nearly 200 Russian air defense systems since start of year — 30 juin 2026](https://euromaidanpress.com/2026/06/30/russo-ukrainian-war-day-1588-ukraine-have-knocked-out-nearly-200-russian-air-defense-systems-since-start-of-year/)

- [Kyiv Independent — Ukraine war latest: Zelensky confirms second strike on Russia's Dubna space communications center — juin 2026](https://kyivindependent.com/ukraine-war-latest-zelensky-confirms-second-strike-on-russia-s-dubna-space-communications-center/)

### Sources secondaires

- [Kyiv Independent — Military Aid coverage Ukraine — consulté le 1er juillet 2026](https://kyivindependent.com/tag/military-aid/)

- [United24 Media — Military Aid Packages coverage — consulté le 1er juillet 2026](https://united24media.com/tags/military-aid-packages)

- [News Ukraine RBC — NATO allies ready to provide 70 billion for Ukraine — juin 2026](https://newsukraine.rbc.ua/news/nato-allies-ready-to-provide-70-billion-for-1782411936.html)

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Source : Maxime Marquette, MadMax. Pour citer ce texte, nommer l’auteur et lier https://mad-max.co/fr/article/temoignage-rheinmetall-et-l-ukraine-ce-que-des-dizaines-de-milliers-d-obus-disen
