# TÉMOIGNAGE : L'accord USA-Iran — un pansement géant sur une blessure qui n'est pas guérie

> Le 15 juin 2026, un mémorandum d'entente a été annoncé entre les États-Unis et l'Iran, établissant une pause de 60 jours dans les hostilités après la guerre américano-israélienne contre les sites nucléaires iraniens. L'accord a été signé par des représentants des deux pays et constitue, selon la presse internationale, une « pause bienvenue ». Mais comme l'a formulé l'analyste N

- Auteur: Maxime Marquette
- Publication: MadMax (https://mad-max.co)
- Rubrique: Portrait
- Publié: 2026-06-29
- Adresse à citer: https://mad-max.co/fr/article/temoignage-l-accord-usa-iran-un-pansement-geant-sur-une-blessure-qui-n-est-pas-g

## Introduction : 60 jours pour résoudre ce qu'on n'a pas résolu en 20 ans

### Un mémorandum d'entente qui évite toutes les vraies questions

Le **15 juin 2026**, un mémorandum d'entente a été annoncé entre les **États-Unis** et l'**Iran**, établissant une **pause de 60 jours** dans les hostilités après la guerre américano-israélienne contre les sites nucléaires iraniens. L'accord a été signé par des représentants des deux pays et constitue, selon la presse internationale, une **« pause bienvenue »**. Mais comme l'a formulé l'analyste **Neil Quilliam** avec une franchise rare dans ce genre de contexte : **«C'est simplement un grand pansement — et il est probable qu'un futur conflit surgisse à un moment ou un autre.»** Cette formulation devrait être gravée au fronton de toute conférence de presse annonçant cet accord. Parce qu'elle dit en une phrase ce que des heures de diplomatie ont cherché à faire oublier : on n'a pas résolu le problème. On l'a juste reporté.

Pendant ces **60 jours**, les deux parties s'engagent à chercher à résoudre certaines des questions les plus conflictuelles : le **stock d'uranium enrichi iranien**, l'**agenda nucléaire de Téhéran**, les **sanctions**, et la **libération de milliards d'avoirs iraniens gelés**. Ces quatre dossiers ont été au coeur des négociations depuis **2003**. Aucun d'eux n'a été résolu lors de ces **60 jours**. **Peu d'analystes croient** qu'une résolution complète soit réaliste dans un délai aussi limité, et même si elle l'était, le conflit et l'instabilité **«pourraient bien revenir à un moment donné»**. Ce n'est pas du défaitisme — c'est de la lucidité.

### Ce que l'accord dit sans le dire

L'accord offre **«peu plus qu'un engagement des deux parties à poursuivre les discussions»**. C'est, en termes diplomatiques, la définition d'un accord qui ne règle rien mais qui permet aux deux parties de prétendre qu'elles ont progressé. Pour **Washington**, c'est une victoire de communication — l'administration **Trump** peut annoncer qu'elle a mis fin à une guerre qu'elle a elle-même contribué à déclencher. Pour **Téhéran**, c'est un répit permettant de limiter davantage les dégâts sur ses capacités nucléaires et d'obtenir des concessions économiques. Mais les questions fondamentales — peut-on faire confiance à l'**Iran** sur le nucléaire ? Quelles sont ses intentions réelles ? — restent entières.

Je n'ai pas été à ces négociations. Je ne connais pas les détails des pourparlers secrets. Mais ce que les sources ouvertes révèlent est suffisamment clair pour qu'on puisse l'analyser honnêtement : les questions non résolues sont précisément celles qui ont empêché tout accord durable depuis deux décennies.

*Je suis sceptique face aux accords qui annoncent la paix sans résoudre les désaccords fondamentaux. Pas par cynisme — par expérience des précédents. Le JCPOA de 2015 était un accord sérieux, négocié pendant 18 mois, avec des mécanismes de vérification. Il a été déchiré par Trump lors de son premier mandat. Ce mémorandum de 60 jours, négocié dans l'urgence post-guerre, a moins de fondations encore. La vigilance s'impose.*

## Le stock d'uranium enrichi — la question qui ne peut pas être ignorée

### Où en est l'Iran sur l'enrichissement après les frappes

L'une des justifications officielles des frappes américano-israéliennes de **juin 2026** était la progression rapide du programme nucléaire iranien, avec des niveaux d'enrichissement qui avaient atteint **60%** — bien au-delà des **3,67%** autorisés par le **JCPOA** de **2015** — et des indications que des travaux se poursuivaient vers des niveaux de qualité militaire. Les frappes ont visé plusieurs installations nucléaires clés. L'évaluation des dommages réels infligés au programme iranien fait l'objet de débats entre experts : certains estiment que les capacités d'enrichissement ont été significativement réduites, d'autres qu'elles pourront être partiellement reconstituées en quelques mois.

Dans le cadre des **60 jours**, l'**Iran** devrait négocier sur son **stock d'uranium enrichi**. Cela inclut plusieurs questions : combien en reste-t-il après les frappes ? À quel niveau d'enrichissement ? Sera-t-il transféré, dilué ou détruit ? Qui vérifiera ? Ces questions ne sont pas détaillées dans l'accord public. Ce flou n'est pas anodin — c'est précisément sur ces points que les négociations passées ont échoué, notamment parce que l'**Iran** a toujours résisté à des inspections complètes et sans préavis de ses installations.

### Le spectre du JCPOA — l'accord qui a failli marcher

Il est impossible de comprendre la situation actuelle sans revenir sur l'histoire du **JCPOA**. Cet accord de **2015**, négocié pendant **18 mois** entre l'**Iran** et les **P5+1** (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité plus l'**Allemagne**), échangeait des limitations vérifiables du programme nucléaire iranien contre une levée partielle des sanctions et la libération d'avoirs gelés. Il comprenait des mécanismes de vérification par l'**AIEA**, des délais sur le démantèlement des centrifugeuses, et une réduction drastique du stock d'uranium enrichi.

En **2018**, **Donald Trump** a retiré unilatéralement les **États-Unis** du **JCPOA**, estimant qu'il était insuffisant et ne couvrait pas les missiles balistiques iraniens ni le soutien de l'**Iran** aux mouvements régionaux comme le **Hezbollah** et les **Houthis**. L'**Iran** a progressivement abandonné ses engagements nucléaires. Le résultat de ce cycle de désengagement, cinq ans plus tard, c'est une guerre. Et maintenant un mémorandum d'entente de **60 jours**.

*L'histoire du JCPOA est une tragédie de la diplomatie contemporaine. Un accord imparfait mais fonctionnel, détruit par Trump lors de son premier mandat, a conduit à une escalade qui a abouti à une guerre. Maintenant, Trump gère les conséquences de sa propre décision de 2018 — et l'accord qu'il cherche est forcément moins bon que celui qu'il a abandonné. C'est le prix de l'incohérence stratégique.*

## Les missiles balistiques — l'absent de la table des négociations

### La grande lacune que tout le monde voit et que personne ne nomme

L'accord actuel, comme l'ont noté plusieurs analystes cités par **The Guardian**, **«ne traite pas»** la question des **capacités de missiles balistiques de l'Iran**. Ce n'est pas un détail — c'est peut-être la question la plus urgente du point de vue de la sécurité régionale. L'**Iran** possède le plus grand arsenal de missiles balistiques du **Moyen-Orient**. Ces missiles ont une portée suffisante pour atteindre **Israël**, l'**Arabie saoudite**, les bases américaines dans la région, et certains membres de l'**Union européenne**. Ils peuvent théoriquement être adaptés pour transporter des têtes nucléaires, ce qui est précisément la raison pour laquelle les néo-conservateurs américains ont insisté sur leur inclusion dans toute négociation nucléaire.

L'**Iran** a toujours refusé de négocier ses capacités balistiques, qu'il considère comme des éléments de souveraineté nationale et de défense contre des adversaires régionaux. La logique iranienne est cohérente de son propre point de vue : sans dissuasion balistique conventionnelle, l'**Iran** est vulnérable aux frappes que ses voisins et leurs alliés pourraient conduire. Ce qui ne la rend pas moins dangereuse pour la sécurité régionale.

### Le soutien iranien à l'Axe de la Résistance — l'autre absence

L'accord n'aborde pas non plus le **soutien financier et militaire de l'Iran** à ce que Téhéran appelle l'**Axe de la Résistance** — le réseau de groupes armés incluant le **Hezbollah** libanais, les **Houthis** au **Yémen**, les milices pro-iraniennes en **Irak** et en **Syrie**, et le **Hamas**. Ces groupes ont été au coeur des conflits régionaux de la dernière décennie. Ils représentent pour de nombreux analystes la principale menace d'instabilité régionale — pas le programme nucléaire iranien lui-même, mais les capacités que l'**Iran** projette via ces intermédiaires.

Exclure cette dimension des négociations signifie que même un accord nucléaire parfait ne résoudra pas les sources profondes de l'instabilité régionale. L'**Iran** pourrait théoriquement suspendre son programme nucléaire tout en continuant à financer et armer ses proxies régionaux — ce qui continuerait à alimenter les conflits au **Liban**, au **Yémen**, en **Irak**, et au-delà.

*Un accord nucléaire sans traitement des missiles balistiques et du réseau de proxies iraniens, c'est traiter le symptôme sans toucher à la maladie. L'Iran n'est pas dangereux uniquement parce qu'il pourrait avoir la bombe — il est dangereux parce qu'il projette de la puissance déstabilisante à travers tout le Moyen-Orient. Ces deux dimensions sont liées et doivent être traitées ensemble.*

## Les sanctions et les avoirs gelés — le levier économique

### Des milliards bloqués comme monnaie d'échange

L'accord de **60 jours** inclut parmi ses sujets de négociation la question de la **libération de milliards d'avoirs iraniens gelés**. Ces avoirs — estimés entre **100 et 150 milliards de dollars** selon les sources, bien que des montants précisément accessibles soient bien inférieurs — ont été bloqués par des sanctions américaines et internationales. Leur libération partielle avait été une composante centrale du **JCPOA** de **2015**. Sous l'administration **Biden**, des négociations avaient conduit à des libérations partielles dans certains contextes spécifiques — notamment des transferts limités dans des comptes sous conditions d'utilisation humanitaire.

La question de ces avoirs est politiquement explosive aux **États-Unis** : une partie de l'opinion américaine et du Congrès est opposée à tout retour de fonds à l'**Iran**, arguant que l'argent serait utilisé pour financer le terrorisme et les proxies régionaux. La réalité est plus nuancée — les économies des États dépendent de leurs ressources pour de multiples usages, et bloquer l'intégralité des avoirs iraniens a aussi des effets sur la population civile iranienne. Mais cette nuance est difficile à faire passer politiquement dans un contexte post-guerre.

### Les sanctions — le principal levier de pression occidental

Le régime de sanctions contre l'**Iran** est l'un des plus élaborés du monde. Il couvre le pétrole, le gaz, les services financiers, les exportations technologiques, et de nombreux secteurs industriels. Son efficacité est réelle mais partielle : l'**Iran** a développé depuis des décennies des mécanismes d'évitement — vente de pétrole via des intermédiaires, recours à la **Chine** et à la **Russie** comme partenaires commerciaux alternatifs, développement d'un secteur informel résistant aux sanctions.

Dans le cadre des négociations des **60 jours**, les **États-Unis** tiennent ce levier des sanctions comme principal outil de pression. Mais son efficacité à long terme dépend de la cohérence de l'engagement américain — si l'**Iran** perçoit que les sanctions pourraient être à nouveau levées puis rétablies selon les changements d'administration à **Washington**, leur pouvoir dissuasif diminue. La crédibilité des sanctions américaines sur le nucléaire iranien a été endommagée par les allers-retours du **JCPOA**.

*Les sanctions sont un outil puissant — mais leur efficacité repose sur leur prévisibilité. Quand Trump a déchiré le JCPOA en 2018, il n'a pas seulement abandonné un accord : il a signalé à l'Iran que les engagements américains peuvent être invalidés par un seul homme au gré des cycles électoraux. Cette imprévisibilité a un coût stratégique réel sur la crédibilité de toute négociation future.*

## La vérification — le défi qui a fait échouer tous les accords précédents

### Sans vérification crédible, un accord ne vaut rien

La question centrale de toute négociation nucléaire est celle de la vérification : comment s'assurer que l'**Iran** respecte ses engagements ? L'**Agence internationale de l'énergie atomique** (**AIEA**) est l'organisme désigné pour cette mission. Ses inspecteurs ont accès aux installations déclarées par l'**Iran** — mais des inquiétudes persistantes existent sur des activités non déclarées dans des sites cachés. En **2021**, l'**AIEA** avait trouvé des traces de matières nucléaires dans des installations iraniennes non déclarées, ce qui avait alimenté les soupçons sur la transparence iranienne.

Pour qu'un accord futur soit durable, il devra inclure un régime de vérification plus robuste que le **JCPOA** — avec des accès sans préavis, une surveillance électronique continue des sites clés, et des mécanismes de déclenchement automatiques en cas de violation. L'**Iran** a résisté à ces niveaux de contrôle, les qualifiant d'atteintes à sa souveraineté. Ce désaccord fondamental sur la vérification est l'un des obstacles structurels à tout accord nucléaire durable.

### L'état des installations après les frappes

Un élément important du contexte de cette négociation est que les frappes américano-israéliennes ont physiquement endommagé plusieurs installations nucléaires iraniennes. Cela change la dynamique de la vérification : il y a maintenant moins de capacités nucléaires à surveiller, mais aussi plus de zones potentiellement contaminées dont l'inspection est compliquée par les dommages structurels. L'**AIEA** devra avoir accès à ces sites pour évaluer l'état réel du programme nucléaire post-frappes — ce qui requiert une coopération iranienne que **Téhéran** pourrait utiliser comme levier de négociation.

Je reconnais ne pas savoir avec précision l'état actuel des installations nucléaires iraniennes après les frappes. Ces informations sont en partie classifiées, en partie contestées entre les services de renseignement américain, israélien et iranien. Ce que je peux dire, c'est que l'évaluation honnête de cette situation est un prérequis à toute négociation crédible — et que des évaluations trop optimistes des dommages infligés au programme iranien par les frappes pourraient mener à un accord qui sous-estime ce qui reste à contrôler.

*La vérification, c'est le moment de vérité de tout accord nucléaire. Pas les communiqués, pas les poignées de main, pas les conférences de presse. La question est simple : est-ce que les inspecteurs de l'AIEA peuvent aller où ils veulent, quand ils veulent, sans préavis ? Si la réponse à cette question n'est pas clairement oui dans l'accord final, ce n'est pas un accord — c'est une illusion.*

## La fenêtre de 60 jours — une chronologie irréaliste

### Pourquoi les experts ne croient pas à une résolution complète

Le mémorandum d'entente prévoit **60 jours** pour résoudre les questions non résolues. Les analystes cités par **The Guardian** expriment leur scepticisme : **«peu d'analystes croient qu'un règlement final peut être atteint en 60 jours»**. Pour mettre cette chronologie en perspective : le **JCPOA** de **2015** a nécessité **18 mois** de négociations intenses. Les négociations pour le **New START** entre les **États-Unis** et la **Russie** ont duré plusieurs années. Les accords d'Oslo entre **Israël** et les **Palestiniens**, négociés en secret pendant des années, n'ont jamais abouti à une paix définitive.

60 jours, c'est suffisant pour produire un accord de principe. Ce n'est pas suffisant pour construire la confiance, résoudre les désaccords techniques sur la vérification, obtenir les ratifications politiques nécessaires dans les deux capitales, et adresser les questions régionales plus larges que les deux parties ont tout intérêt à exclure d'une négociation déjà difficile. Le risque est que l'accord final après 60 jours soit aussi peu substantiel que le mémorandum qui l'a précédé — c'est-à-dire un accord sur le fait de continuer à négocier.

### Que se passe-t-il quand les 60 jours expirent ?

Le mémorandum ne détaille pas les conséquences de l'expiration de la fenêtre de **60 jours** sans accord substantiel. Plusieurs scénarios sont possibles : une prolongation du mémorandum par consentement mutuel, un retour des hostilités, une négociation directe à nouveau. La probabilité d'un retour immédiat à la guerre après **60 jours** sans accord est généralement considérée comme faible — les deux parties ont des raisons de préférer une extension plutôt qu'un retour immédiat à la confrontation. Mais un enchaînement d'extensions sans progrès substantiel finit par éroder la crédibilité du processus.

L'**Iran**, lui, a une expérience longue des négociations nucléaires : il sait utiliser le temps à son avantage, accumuler des gains partiels sur les sanctions tout en différant les concessions sur le programme nucléaire. Si ce schéma se répète dans les **60 jours**, l'accord ne sera pas un règlement — il sera le début d'un nouveau cycle de négociations interminables.

*60 jours pour résoudre deux décennies de méfiance, un programme nucléaire avancé, une architecture de proxies régionaux, et des divisions domestiques profondes dans les deux pays. C'est, diplomatiquement parlant, une fenêtre absurdement courte. Ce qui se passera probablement : une extension. Et une autre. Et une autre. Pendant ce temps, l'Iran reconstruit ce qu'il peut reconstruire.*

## La dimension régionale — Israël et l'Arabie saoudite dans l'équation

### Israël — le facteur qui change tout

**Israël** n'est pas formellement partie aux négociations actuelles, mais son rôle dans la configuration de cette crise est central : c'est une frappe américano-israélienne qui a déclenché la séquence ayant mené à ce mémorandum. La politique israélienne sur le nucléaire iranien est simple et explicite depuis des décennies : **Israël** ne peut pas accepter une **Iran** nucléaire. Cette position a conduit à plusieurs opérations secrètes contre le programme nucléaire iranien — sabotages, assassinats de scientifiques, cyberattaques (Stuxnet), et maintenant des frappes directes.

Pour **Israël**, tout accord qui ne garantit pas irréversiblement l'impossibilité pour l'**Iran** de construire une bombe est insuffisant. Cette position est compréhensible de son point de vue — mais elle établit une barre que les **États-Unis** ne peuvent pas forcément atteindre dans une négociation avec l'**Iran**. La divergence possible entre les conditions minimales américaines et les conditions minimales israéliennes d'un accord acceptable représente un risque de fracture dans la coalition alliée qui a mené les frappes.

### L'Arabie saoudite et les monarchies du Golfe

Les monarchies du **Golfe** — et en particulier l'**Arabie saoudite** — suivent ces négociations avec une anxiété particulière. Elles partagent avec **Israël** la préoccupation d'une **Iran** nucléaire. Mais elles ont aussi des intérêts économiques qui les poussent vers une normalisation régionale : une stabilité durable dans le **Golfe Persique** est la condition du maintien du flux pétrolier et des investissements internationaux. L'**Arabie saoudite**, qui avait amorcé des discussions de normalisation avec l'**Iran** en **2023** sous médiation chinoise, a été déstabilisée par la guerre et attend de voir si les négociations actuelles produiront quelque chose de durable.

La **Chine**, qui avait facilité la réconciliation saoudienne-iranienne en **2023**, n'est pas mentionnée dans le contexte de ces négociations, ce qui est notable. **Pékin** a un intérêt évident dans la stabilité régionale — c'est de là que vient une part significative de ses importations pétrolières. Sa position silencieuse dans cette phase de la crise est peut-être calculée : laisser les **États-Unis** gérer les conséquences d'une guerre qu'ils ont contribué à déclencher, tout en restant disponible comme médiateur alternatif si les négociations américano-iraniennes échouent.

*Israël a gagné la bataille des frappes. La question est : a-t-il gagné la guerre stratégique ? Un Iran affaibli mais toujours résolu à acquérir la bombe, dans un contexte régional où les partenaires arabes regardent avec anxiété, et avec un accord de 60 jours qui ne règle rien — c'est le paysage dans lequel Israël devra naviguer pour les prochaines années.*

## La Russie, la Corée du Nord et les transferts technologiques — le facteur sous-estimé

### Ce que l'Iran peut encore recevoir

L'un des angles les moins discutés dans les analyses de la situation nucléaire iranienne post-frappes est celui des transferts technologiques depuis la **Russie** et la **Corée du Nord**. Ces deux pays ont des intérêts à voir l'**Iran** maintenir une capacité de dissuasion nucléaire — l'**Iran** est un partenaire stratégique et un consommateur potentiel de technologies militaires et nucléaires que **Moscou** et **Pyongyang** souhaitent valoriser. Si les sanctions internationales contre la **Russie** et la **Corée du Nord** sont insuffisamment appliquées, la reconstruction du programme nucléaire iranien pourrait être accélérée par des transferts technologiques que les négociations américano-iraniennes ne peuvent pas contrôler.

Cette dimension est particulièrement importante dans le contexte actuel, où les relations entre la **Russie**, la **Corée du Nord** et l'**Iran** se sont renforcées depuis **2022**. La guerre ukrainienne a accéléré la coopération militaire entre ces acteurs — munitions nord-coréennes pour la **Russie**, drones iraniens pour la **Russie**, expertise russe pour l'**Iran** et la **Corée du Nord**. Ignorer cette dimension dans les négociations nucléaires, c'est négliger le système dont l'**Iran** fait partie.

### L'axe de prolifération global et ses implications

La question nucléaire iranienne n'est pas une question bilatérale **USA-Iran**. Elle s'inscrit dans un contexte de prolifération nucléaire globale où les régimes de non-prolifération sont sous pression sans précédent. La **Corée du Nord** est une puissance nucléaire de facto. L'**Iran** est proche de cette capacité. L'**Arabie saoudite** a déclaré qu'elle chercherait à acquérir des capacités nucléaires si l'**Iran** le fait. Plusieurs autres pays dans la région ont exprimé des intérêts similaires.

Dans ce contexte, un accord nucléaire iranien qui ne règle pas durablement la question est non seulement insuffisant pour la sécurité régionale — il représente un précédent qui fragilise l'ensemble du régime de non-prolifération mondial. Si un État peut mener son programme nucléaire jusqu'au seuil, subir des frappes militaires, et obtenir quand même un accord qui préserve une capacité résiduelle, quelle est la valeur dissuasive du régime de non-prolifération pour d'autres pays dans d'autres régions ?

*La vraie question n'est pas : est-ce que l'Iran aura la bombe ? La vraie question est : quel monde crée-t-on si on normalise la montée vers la capacité nucléaire comme stratégie de négociation internationale ? Ce que l'Iran a démontré — que les frappes ne détruisent pas un programme nucléaire dispersé et que la pression mène à des accords partiels — est une leçon que d'autres pays regardent attentivement.*

## La population iranienne — l'ingrédient absent de la négociation

### Ce que les Iraniens ordinaires vivent

Toutes ces analyses géopolitiques risquent d'oublier un acteur essentiel : les **90 millions d'Iraniens** qui vivent sous les conséquences de cette crise. Les sanctions ont eu un impact économique réel et douloureux sur la population civile iranienne : inflation chronique, dévaluation monétaire sévère, difficultés d'accès aux médicaments et aux équipements médicaux, chômage élevé parmi les jeunes. Les frappes militaires ont ajouté la dimension des destructions physiques et de l'incertitude sécuritaire.

La population iranienne n'est pas monolithique dans son soutien au programme nucléaire. Des sondages (avec toutes les limites que cela implique dans un contexte autoritaire) ont suggéré que beaucoup d'Iraniens préféreraient une normalisation économique à une confrontation nucléaire. Mais leur voix est largement absente des négociations, conduites entre gouvernements qui se représentent avant tout eux-mêmes. Un accord durable devra éventuellement intégrer la réalité que la politique iranienne pourrait évoluer sous la pression d'une population épuisée — ou qu'un gouvernement qui se sent sous pression existentielle pourrait au contraire se radicaliser pour maintenir sa légitimité nationaliste.

### Le régime iranien — l'ennemi de son peuple ou son défenseur ?

La distinction entre le régime iranien et la population iranienne est importante mais souvent effacée dans la rhétorique politique. Les sanctions qui étranglent l'économie iranienne frappent la population civile de façon disproportionnée — les dirigeants du régime ont des mécanismes d'évitement et des réseaux économiques qui leur permettent d'absorber les chocs bien mieux que les citoyens ordinaires. Cette réalité est moralement et stratégiquement problématique : on punit la population pour les choix d'un régime qu'elle n'a pas élu librement et dont beaucoup contestent la politique.

Mais l'alternative — lever les sanctions sans obtenir de concessions sur le nucléaire — enverrait le message que le chantage nucléaire fonctionne, encourageant d'autres États à suivre cette voie. C'est l'un des dilemmes les plus difficiles de la politique de sanctions : ses effets humanitaires sur les populations civiles sont réels et documentés, mais les alternatives sont encore moins acceptables du point de vue de la non-prolifération.

*Quatre décennies de sanctions contre l'Iran. Une population appauvrie, frustrée, privée des bénéfices d'une économie normale. Et un régime qui utilise cette frustration pour nourrir le nationalisme et justifier le programme nucléaire comme bouclier contre les puissances étrangères. C'est un cercle vicieux que les 60 jours du mémorandum ne sont pas conçus pour rompre.*

## L'accord qui pourrait marcher — et ses conditions impossibles

### À quoi ressemblerait un accord véritablement durable

Un accord véritablement durable entre les **États-Unis** et l'**Iran** sur le nucléaire nécessiterait au minimum cinq éléments que le mémorandum actuel ne contient pas et que les **60 jours** ne suffiront pas à produire. D'abord, un mécanisme de vérification sans précédent — des inspections sans préavis, une surveillance continue, et des conséquences automatiques en cas de violation. Ensuite, une limitation vérifiable de l'enrichissement à des niveaux compatibles avec un usage civil. Troisièmement, un accord sur les missiles balistiques — ou au moins un mécanisme de transparence qui réduise les risques. Quatrièmement, une feuille de route pour la levée progressive des sanctions liée à des étapes vérifiables, et non à des décisions discrétionnaires de l'exécutif américain. Et cinquièmement, une forme d'engagement sur la politique régionale iranienne.

Ces cinq éléments ensemble représentent une ambition diplomatique que la communauté internationale n'a jamais réussi à atteindre avec l'**Iran** malgré des décennies de tentatives. Le mémorandum de **60 jours** est censé préparer le terrain pour les atteindre. Les précédents ne sont pas encourageants. Mais les précédents ne déterminent pas l'avenir — ils l'informent.

### Le rôle des alliés européens

L'**Europe** a joué un rôle central dans la négociation du **JCPOA** de **2015** et a cherché à le maintenir après le retrait américain de **2018**, avec un succès limité. Dans le contexte actuel, les alliés européens pourraient être des acteurs importants d'une architecture d'accord plus robuste : leur crédibilité comme garants est plus durable que celle d'une administration américaine sujette aux changements de cycle électoral, et leur poids économique collectif est suffisamment important pour que des engagements européens sur les sanctions aient une valeur réelle pour l'**Iran**. La question est de savoir si cette consultation va avoir lieu et si les **États-Unis** sous **Trump** sont prêts à partager la conception et la conduite d'un accord qui impliquera forcément une forme de multilatéralisme.

C'est là que le facteur **Trump** reste un inconnu majeur : son administration préfère les accords bilatéraux aux architectures multilatérales. Si les **États-Unis** négocient seuls un accord avec l'**Iran** sans impliquer leurs alliés dans sa conception, cet accord sera plus vulnérable aux changements d'administration et moins légitime aux yeux des acteurs régionaux dont la coopération sera nécessaire à son application.

*L'Europe a une carte à jouer dans cette négociation — si Washington veut bien la laisser jouer. Un accord nucléaire avec l'Iran garanti par l'Europe serait plus durable qu'un accord bilatéral USA-Iran, parce que l'Europe est moins sujette à l'inconstance électorale trumpiste. Mais Trump préfère les accords qu'il peut mettre à son crédit. Ce conflit d'ego diplomatique pourrait coûter cher à la stabilité régionale.*

## Ce que la guerre a changé — et ce qu'elle n'a pas changé

### L'impact permanent des frappes sur la dynamique de la crise

Les frappes américano-israéliennes de **juin 2026** ont changé plusieurs éléments de la dynamique de la crise nucléaire iranienne. Elles ont démontré que les États-Unis et **Israël** sont capables et disposés à recourir à la force militaire pour prévenir une capacité nucléaire iranienne. Cette démonstration a une valeur dissuasive réelle — mais elle a aussi renforcé la conviction iranienne qu'une capacité nucléaire est la seule garantie ultime contre de futures agressions. C'est le paradoxe des frappes préventives sur des programmes nucléaires : elles peuvent retarder mais rarement éliminer la motivation qui les a engendrées.

Ce qu'elles n'ont pas changé : la volonté politique du **régime iranien** de maintenir une capacité d'enrichissement, sa défiance fondamentale envers les garanties américaines suite à l'abandon du **JCPOA**, et la géopolitique régionale dans laquelle l'**Iran** se perçoit comme une puissance assiégée par des adversaires qui bénéficient du soutien américain et israélien. Tant que ces perceptions et ces motivations profondes ne sont pas traitées, les accords techniques resteront fragiles.

### L'avenir incertain d'un accord de bonne foi

Il serait injuste de conclure que cet accord ne peut mener à rien. La diplomatie a produit des résultats dans des situations apparemment intractables. Le contact direct entre les parties, même dans le cadre d'un mémorandum limité, peut créer des dynamiques imprévisibles. Des personnalités politiques des deux côtés pourraient trouver intérêt à construire quelque chose de plus durable. L'épuisement de la population iranienne face aux sanctions et aux conflits pourrait créer une pression sur le régime pour des concessions plus substantielles.

Mais la probabilité reste que les **60 jours** produiront un accord-cadre plus formel que le mémorandum, suivi de mois ou d'années de négociations techniques interminables, avec le risque permanent d'un effondrement si une des parties juge que le rapport de force a changé en sa faveur. C'est le schéma historique des négociations nucléaires avec l'**Iran**. Et le mémorandum de **juin 2026**, pour bienvenu qu'il soit dans l'immédiat, n'a rien dans sa structure qui suggère qu'il brisera ce schéma.

*Je veux me tromper. Je veux que les 60 jours produisent quelque chose de durable. Mais l'honnêteté analytique exige de nommer ce que les précédents enseignent : quand les questions fondamentales ne sont pas résolues dans la structure d'un accord, elles reviennent. Toujours. Sous une forme ou une autre. C'est vrai pour l'Iran. C'est vrai pour toutes les crises que la diplomatie a tenté de gérer sans les résoudre.*

## Les implications pour l'Ukraine — une distraction dangereuse

### L'attention internationale comme ressource rare

Pendant que la crise iranienne dominait les unes internationales depuis les frappes de **juin 2026**, la guerre en **Ukraine** a continué. Les Russes n'ont pas fait de pause. Les missiles et les drones ont continué de tomber sur les villes et les infrastructures énergétiques ukrainiennes. Mais la bande passante attentionnelle des médias, des diplomates, et des décideurs politiques est limitée. Quand une crise au **Moyen-Orient** occupe tout l'espace, elle réduit mécaniquement l'espace pour les crises ukrainienne, taïwanaise, et nord-coréenne.

La **Russie** a d'ailleurs noté avec intérêt que le **G7** d'Évian, dominé par la crise iranienne, a accordé moins d'attention et de décisions concrètes à l'**Ukraine** que les sommets précédents. **Zelensky** lui-même a mentionné dans sa lettre ouverte à **Poutine** que **«les États-Unis, concentrés sur leur guerre contre l'Iran, ne prêtent pas attention à la guerre en Europe»**. C'est précisément l'effet de dispersion stratégique que la **Russie**, l'**Iran**, la **Chine** et la **Corée du Nord** tirent collectivement bénéfice de produire.

### L'interdépendance des crises comme vulnérabilité démocratique

L'une des faiblesses structurelles des démocraties dans la compétition géopolitique contemporaine est précisément cette difficulté à gérer simultanément plusieurs crises de haute intensité sans que l'une n'affecte négativement les autres. Les régimes autoritaires n'ont pas ce problème à la même échelle : ils concentrent les décisions dans un petit nombre de centres de pouvoir et maintiennent des cap stratégiques sur le long terme indépendamment des cycles électoraux et de l'attention médiatique.

L'accord **USA-Iran** est potentiellement positif — une guerre de moins. Mais sa gestion diplomatique ne devrait pas se faire au détriment de la cohérence du soutien à l'**Ukraine** ou de la vigilance face aux ambitions chinoises. Ce n'est pas un choix entre ces dossiers — c'est un impératif de capacité institutionnelle pour les gérer en parallèle avec la même rigueur.

*Zelensky a raison de s'inquiéter de la distraction américaine. Chaque mois où Washington est concentré sur l'Iran est un mois où Moscou peut consolider ses gains en Ukraine avec moins de pression. Ce n'est pas un complot — c'est de l'arithmétique stratégique. Et l'Occident doit être capable de marcher et de mâcher de la gomme en même temps.*

## L'après-60 jours — préparons-nous aux désillusions

### Le scénario probable : prolongation sans résolution

Le scénario le plus probable pour la fin des **60 jours** n'est ni un accord historique ni un retour à la guerre. C'est une extension du mémorandum, accompagnée d'un accord sur quelques points techniques pour permettre aux deux parties de présenter un résultat sans résoudre les questions fondamentales. Ce scénario est cohérent avec l'histoire des négociations nucléaires iranienne-américaines : des progrès partiels suffisants pour justifier la poursuite des discussions, mais insuffisants pour produire une stabilité durable.

Dans ce scénario, l'**Iran** aura gagné du temps pour évaluer les dommages de ses installations, tenter de reconstituer ce qui peut l'être, et négocier des allègements de sanctions. Les **États-Unis** auront présenté l'accord comme une victoire diplomatique. Et dans deux ou trois ans, le cycle reprendra : incident, escalade, frappes, accord, extension, escalade. À moins que quelque chose de fondamentalement différent ne soit construit dans ces **60 jours**.

### Ce que l'Ukraine enseigne sur les accords incomplets

Il existe un précédent cruel pour ce type de scénario : les **accords de Minsk** de **2014** et **2015**, négociés pour mettre fin aux combats dans le **Donbas**. Ces accords avaient produit une cessation partielle des hostilités — qui a duré jusqu'à ce que la **Russie** décide qu'elle n'avait plus intérêt à les respecter. La leçon n'est pas que les accords imparfaits sont inutiles — ils peuvent donner du temps, réduire les pertes immédiates. La leçon est que des accords imparfaits qui laissent les questions fondamentales non résolues finissent par s'effondrer dès que le rapport de force change.

C'est la réalité que devront affronter les négociateurs américains et iraniens dans ces **60 jours**. Soit ils produisent quelque chose de structurellement différent des précédents accords — ce qui exige du courage politique et des concessions des deux côtés. Soit ils produisent un accord de convenance qui reportera la prochaine crise à une date indéterminée. Le monde entier regarde pour savoir lequel de ces scénarios se concrétisera.

*Les accords de Minsk pour l'Ukraine. Le JCPOA pour l'Iran. Le pattern est tragiquement familier : des accords qui gèrent les symptômes sans résoudre les causes, qui durent jusqu'à ce que la partie la plus forte décide que ses intérêts sont mieux servis par leur abandon. Espérer que le mémorandum de 60 jours brise ce pattern est légitime. S'y attendre sans preuves serait naïf.*

## Ce que l'Occident doit exiger — et ce qu'il ne peut pas accepter

### Les lignes rouges qui ne doivent pas être franchies

Dans le cadre de ces négociations, les démocraties occidentales ont des lignes rouges qui ne doivent pas être cédées sous pression. La première : aucun allegement de sanctions substantiel sans progrès vérifiable sur l'enrichissement et le stock d'uranium. La deuxième : l'**AIEA** doit avoir un accès complet et sans restriction aux installations nucléaires iraniennes, y compris celles non précédemment déclarées. La troisième : tout accord doit être multilatateral et impliquant les alliés européens — pas seulement un deal bilatral américano-iranien qui peut être déchiré par le prochain président. Ces lignes rouges ne sont pas des positions de négociation. Ce sont des conditions minimales pour qu'un accord ait une chance d'être durable.

Ce que l'Occident ne peut pas accepter : un accord qui préserve une capacité d'enrichissement au-dessus de **5%** sans mécanisme de limitation vérifiable, ou un accord qui normalise la situation économique iranienne sans étape concrète sur le nucléaire. Ces compromis semblent attractifs à court terme — ils réduisent les tensions immédiates. Mais ils signalent aux autres pays du monde que la stratégie d'enrichir-jusqu'au-seuil-et-négocier est gagnante. C'est le précédent le plus dangereux que ces négociations pourraient établir.

### Ce que l'Iran doit décider pour lui-même

L'équation n'est pas unilatérale. L'**Iran** doit aussi faire des choix qui ne peuvent pas être imposés de l'extérieur. Il doit décider s'il veut être réintégré dans l'économie mondiale, avec les bénéfices considérables que cela représenterait pour sa population — ou s'il préfère maintenir sa stratégie de dissuasion nucléaire qui l'isole économiquement mais le protège militairement. Ce choix appartient aux **Iraniens** — et ultimement à leur gouvernement.

L'Occident peut créer les conditions qui rendent ce choix plus ou moins attractif dans un sens ou dans l'autre. Il ne peut pas le faire à la place de l'**Iran**. Et c'est pourquoi toute analyse honest de ce mémorandum de **60 jours** doit reconnaître que son succès dépend en partie d'une décision politique iranienne sur laquelle les **États-Unis** et leurs alliés ont une influence réelle mais limitée. On peut offrir des incitations. On ne peut pas forcer la volonté.

*La négociation nucléaire avec l'Iran n'est pas seulement une négociation technique. C'est une négociation sur l'identité stratégique d'un pays : l'Iran veut-il être une puissance régionale intégrée dans l'économie mondiale, ou une forteresse assiégée dont la survie dépend de la dissuasion nucléaire ? Tant que cette question identitaire n'est pas résolue en Iran, les accords techniques resteront précaires.*

## Conclusion : La paix est une destination, pas un communiqué

### Ce que signifie vraiment la cessation des hostilités

Le mémorandum d'entente **USA-Iran** de **juin 2026** est une cessation des hostilités — ce n'est pas la paix. La différence est fondamentale. Une cessation des hostilités arrête les combats sans résoudre les causes qui les ont engendrés. La paix exige une résolution durable des différends fondamentaux, construite sur la confiance réciproque et des mécanismes de vérification robustes. Pour l'**Iran** et les **États-Unis**, nous en sommes très loin.

Ce qui est accompli — le silence des armes, la fin de la fermeture du **détroit d'Ormuz**, la baisse des prix pétroliers qui prive la **Russie** de recettes de guerre — a une valeur réelle. Ce n'est pas rien. Mais l'appeler « accord » ou « paix » sans y associer la lucidité analytique sur ce qui reste non résolu, c'est faire une faveur à ceux qui préfèrent les belles histoires aux réalités inconfortables.

### L'impératif de la lucidité

Les questions non résolues — uranium enrichi, missiles balistiques, proxies régionaux, vérification, sanctions — sont précisément celles qui ont rendu tous les accords précédents fragiles. Le mémorandum de **juin 2026** n'a pas trouvé de réponse nouvelle à ces questions. Il a acheté du temps. Ce temps peut être utilisé pour construire quelque chose de durable — ou il peut être gaspillé dans des négociations qui reproduisent les mêmes impasses. La différence tiendra à la volonté politique des deux parties, à la cohérence de l'engagement américain, et à la capacité de la communauté internationale à maintenir une pression coordonnée sur les questions non résolues plutôt que de se satisfaire de l'apparence d'un accord.

*Le mémorandum de 60 jours est un début. Peut-être. Si toutes les parties le traitent comme tel — pas comme une solution, mais comme l'occasion de construire une vraie solution. La paix avec l'Iran, si elle est possible, se gagnera dans les détails des mécanismes de vérification, pas dans les discours. C'est là, dans ces détails discrets, que se joue l'avenir.*

**Signé Maxime Marquette, chroniqueur**

## Encadré de transparence du chroniqueur

### Positionnement éditorial

Je ne suis pas journaliste, mais **chroniqueur et analyste**. Mon expertise réside dans l'observation et l'analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.

Je ne prétends pas à l'objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. **Je prétends à la lucidité analytique**, à l'interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d'offrir une lecture critique des événements.

### Méthodologie et sources

Ce texte respecte la distinction fondamentale entre **faits vérifiés et analyses interprétatives**. La règle de méthode est constante : une information factuelle n'est publiée que si une source vérifiable la porte, et les sources effectivement utilisées par cet article sont listées sous **Sources**, jamais ici.

**Familles de sources primaires** retenues par la publication, quand le dossier en comporte : communiqués officiels des gouvernements et institutions internationales, déclarations publiques des dirigeants politiques, rapports d'organisations intergouvernementales, dépêches d'agences de presse internationales reconnues.

**Familles de sources secondaires** : publications spécialisées, médias d'information reconnus internationalement, analyses d'institutions de recherche établies, rapports d'organisations sectorielles.

Quand un article cite des données statistiques, économiques ou géopolitiques, elles proviennent d'institutions productrices de données (organisations intergouvernementales, banques centrales, instituts statistiques nationaux), et l'institution exacte est nommée sous **Sources**.

### Nature de l'analyse

Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une **synthèse critique et contextuelle** basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d'experts cités dans les sources consultées.

Mon rôle est d'interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et économiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l'observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs globaux.

Cet article décrit un état documenté à sa date de publication, et non une prédiction : une évolution ultérieure peut en déplacer les perspectives. Aucune mise à jour n'est promise d'avance; lorsqu'un article est corrigé ou complété, la modification est datée dans le texte.

## Sources

### Sources primaires

- [The Guardian — US-Iran ceasefire offers welcome respite but true peace looks distant as ever, Jason Burke — 15 juin 2026](https://www.theguardian.com/world/2026/jun/15/us-iran-ceasefire-respite-true-peace-distant)

- [Axios — Analyses de la crise USA-Iran et ses implications pour le Moyen-Orient — juin 2026](https://www.axios.com/)

### Sources secondaires

- [Foreign Policy — Contexte historique des négociations nucléaires iranienne-américaines — juin 2026](https://foreignpolicy.com/)

- [Al Jazeera — Couverture de la crise Iran-USA et ses implications régionales — juin 2026](https://www.aljazeera.com/tag/ukraine-russia-crisis/)

- [Kyiv Independent — Impact de la crise iranienne sur le soutien occidental à l'Ukraine — juin 2026](https://kyivindependent.com/)

- [Euromaidanpress — L'impasse des négociations de paix Ukraine-Russie dans le contexte de la crise iranienne — juin 2026](https://euromaidanpress.com/)

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Source : Maxime Marquette, MadMax. Pour citer ce texte, nommer l’auteur et lier https://mad-max.co/fr/article/temoignage-l-accord-usa-iran-un-pansement-geant-sur-une-blessure-qui-n-est-pas-g
