# TÉMOIGNAGE : Ce que j'ai vu dans les chiffres de l'exercice Valiant Shield 2026

> Je n'étais pas à Guam. Je n'ai vu ni les avions décoller, ni les missiles frapper leur cible dans les eaux tièdes de la mer des Philippines.

- Auteur: Maxime Marquette
- Publication: MadMax (https://mad-max.co)
- Rubrique: Portrait
- Publié: 2026-07-20
- Adresse à citer: https://mad-max.co/fr/article/temoignage-ce-que-j-ai-vu-dans-les-chiffres-de-l-exercice-valiant-shield-2026

## Introduction : Un exercice qui parle plus fort que n'importe quel communiqué

### Dix jours dans le Pacifique qui changent la donne

Je n'étais pas à Guam. Je n'ai vu ni les avions décoller, ni les missiles frapper leur cible dans les eaux tièdes de la mer des Philippines. Ce texte n'est pas un reportage de terrain — c'est le témoignage d'un observateur qui, à distance, a suivi méticuleusement les communiqués, les rapports officiels et les analyses spécialisées sur l'exercice **Valiant Shield 2026**, mené du **22 juin au 1er juillet** autour de **Guam** et des îles Mariannes du Nord. Et ce que ces dix jours d'exercice révèlent mérite qu'on s'y arrête, sans filtre ni minimisation.

Selon le communiqué de la **Marine américaine**, cet exercice biennal a mobilisé des forces des **États-Unis, du Japon, du Canada, de l'Australie et de la Nouvelle-Zélande** autour d'un objectif affiché sans ambiguïté par le contre-amiral **Jay Clark**, directeur du groupe de contrôle de l'exercice : **« Ce que nous avons promis en préparation, nous l'avons prouvé en exécution. »** Une phrase simple, presque banale dans sa formulation militaire, mais qui résume l'essentiel de ce qui s'est joué dans le Pacifique cet été.

### Une alliance qui refuse de rester sur papier

Le **contre-amiral Clark** a poussé plus loin son analyse : **« Sur dix jours d'opérations intensives et de haut niveau, Valiant Shield a démontré que notre alliance n'est pas seulement un partenariat sur papier, mais une force unifiée et redoutable. »** Ce genre de déclaration officielle pourrait sembler être de la rhétorique militaire standard. Mais les faits rassemblés durant cet exercice donnent à cette phrase une substance rare : guerre anti-sous-marine trilatérale, essais de drones de pointe, frappe maritime multinationale coordonnée.

*Je ne prétendrai jamais avoir observé ces manœuvres depuis le pont d'un navire ou le cockpit d'un P-8 Poseidon. Mais j'ai passé suffisamment de temps à lire des communiqués militaires creux pour reconnaître quand un exercice produit des résultats concrets plutôt que de simples effets d'annonce. Valiant Shield 2026 appartient clairement à la seconde catégorie — celle qui compte vraiment.*

## Le moment Harpoon : la Nouvelle-Zélande entre dans la cour des grands

### Un tir qui n'avait jamais eu lieu auparavant

Le fait le plus significatif de cet exercice, à mes yeux, concerne un appareil de patrouille maritime néo-zélandais. Un **avion de patrouille maritime P-8 Poseidon** de la **Royal New Zealand Air Force (RNZAF)** a détecté, identifié et tiré **deux missiles guidés AGM-84 Harpoon** contre un navire cible désaffecté, selon le communiqué officiel de la Défense néo-zélandaise. Les deux missiles ont touché leur cible. C'était la **première participation d'un Poseidon néo-zélandais** à l'exercice Valiant Shield, et la première fois que cet appareil tirait un missile Harpoon en conditions d'exercice réel.

Ce n'est pas un détail technique mineur. Les **quatre Poseidon néo-zélandais** avaient été acquis sans armement de frappe, leur mission initiale étant centrée sur le **renseignement**, la **surveillance** et l'**acquisition maritime**. Le **plan de capacité de défense 2025** de la Nouvelle-Zélande avait pourtant identifié, dans ses investissements à court terme pour la période **2025-2028**, l'option d'armer cette flotte de missiles. Ce tir du 30 juin marque donc une transition concrète d'une capacité purement défensive vers une capacité de frappe active.

### Les missiles australiens qui ont rendu ce tir possible

Ce qui rend ce moment particulièrement révélateur de l'interopérabilité alliée, c'est que les **missiles Harpoon utilisés par l'appareil néo-zélandais provenaient de l'Australian Defence Force**. Autrement dit, un avion néo-zélandais a tiré des munitions australiennes, en coordination directe avec un Poseidon de la **Royal Australian Air Force** et deux Poseidon de la **marine américaine**. Le capitaine de l'appareil néo-zélandais, le **lieutenant d'escadron Michael Craies**, a résumé l'exploit avec sobriété : **« Quand le moment est venu pour notre tir, le professionnalisme des trois équipages de P-8A impliqués a permis d'acquérir rapidement la cible et de tirer quatre Harpoons en tout. »**

Quatre missiles Harpoon, tirés par trois nations alliées différentes, coordonnés en temps réel contre une seule cible désaffectée dans les eaux du Pacifique. C'est exactement le genre de démonstration qui compte lorsqu'un adversaire potentiel — chinois ou nord-coréen — observe, lui aussi, les capacités réelles de l'alliance indopacifique.

*Il y a une élégance stratégique dans le fait qu'un pays prête ses missiles à un autre pour un tir d'exercice coordonné. Ce n'est pas seulement une démonstration de matériel. C'est une démonstration de confiance mutuelle — celle qui, en temps de crise réelle, ferait toute la différence entre une coalition qui hésite et une coalition qui agit ensemble sans friction.*

## Le navire qui a coulé : la démonstration ultime de puissance de feu combinée

### L'USS Juneau, cible d'une frappe multi-domaines

L'exercice de tir réel, ou **SINKEX**, a ciblé le **navire de transport amphibie désarmé USS Juneau (LPD-10)**, coulé dans la **mer des Philippines**. Selon la Marine américaine, cet exercice a rassemblé des moyens **aériens, de surface et sous-marins** dans des frappes coordonnées, permettant aux équipages d'affiner leurs compétences critiques en matière d'emploi des armes et d'engagement de cibles dans des conditions réalistes qu'aucun simulateur ne peut reproduire pleinement.

Autour de ce navire condamné à disparaître sous les eaux du **Pacifique**, une **flotte impressionnante** s'est mobilisée : le **porte-avions USS George Washington** et son escadre aérienne embarquée, le croiseur **USS Robert Smalls**, les destroyers **USS Benfold** et **USS Shoup**, le sous-marin basé à Guam **USS Minnesota**, ainsi que des moyens japonais — le porte-hélicoptères **JS Kaga**, le destroyer **JS Fuyuzuki**, le pétrolier **JS Mashu** et le sous-marin **JS Jingei** — et la frégate canadienne **HMCS Charlottetown**.

### Le bombardier furtif qui a volé la vedette

Le moment le plus spectaculaire de ce SINKEX est venu du ciel : un **bombardier furtif B-2 Spirit** de l'armée de l'air américaine a participé à l'exercice en tirant un **missile antinavire à longue portée LRASM**. Le général **Kevin Schneider**, commandant des forces aériennes du Pacifique, a salué cette performance : **« La performance impressionnante du B-2 souligne l'engagement des forces armées américaines envers l'adaptabilité et la flexibilité face aux défis de sécurité émergents. »** Un bombardier stratégique conçu à l'origine pour la dissuasion nucléaire, engagé dans une frappe antinavire de précision : voilà un signal qui ne devrait échapper à aucun analyste sérieux de la région.

Cette combinaison de moyens — porte-avions, destroyers, sous-marins, bombardier furtif, avions de patrouille alliés — dans une seule opération coordonnée démontre une profondeur opérationnelle que peu d'alliances militaires dans le monde peuvent revendiquer avec autant de nations partenaires simultanément engagées.

*Un navire qui sombre sous les eaux du Pacifique n'est jamais qu'un morceau de ferraille condamné. Mais la manière dont il sombre — sous les coups combinés d'un porte-avions, d'un sous-marin, d'un bombardier furtif et de quatre Poseidon alliés — raconte une histoire bien plus large sur la préparation collective face à un adversaire qui, lui, observe et apprend de chaque exercice occidental publié.*

## La guerre anti-sous-marine : la discrétion qui compte le plus

### Une chasse silencieuse mais décisive

Moins spectaculaire que le SINKEX, la phase de **guerre anti-sous-marine trilatérale** de Valiant Shield 2026 constitue pourtant, selon plusieurs analystes de défense, l'aspect le plus stratégiquement déterminant de l'exercice. Le Poseidon néo-zélandais a également participé à cette phase, intégré dans une force opérationnelle chargée de **trouver, suivre et mener des attaques simulées à la torpille MK54** contre plusieurs sous-marins. Cette force incluait un Poseidon de la Royal Australian Air Force, des Poseidon de la marine américaine, la frégate canadienne Charlottetown, ainsi que le Kaga et le Fuyuzuki japonais.

Dans un contexte régional où la **Chine** développe activement sa **flotte sous-marine** et où la **Corée du Nord** teste ses propres capacités navales, la maîtrise collective de la détection et de l'engagement sous-marin par une coalition aussi large de nations alliées constitue un pilier de **dissuasion** souvent sous-estimé par le grand public, mais parfaitement compris par les états-majors régionaux.

### Un savoir-faire qui ne s'improvise pas

La détection d'un **sous-marin silencieux** dans les vastes étendues du Pacifique occidental exige une **coordination technique** d'une précision rare entre plusieurs types d'appareils, de navires et de systèmes de capteurs appartenant à des nations différentes, utilisant des protocoles parfois distincts. Le fait que cette coordination se soit déroulée sans incident rapporté, avec des résultats jugés positifs par les organisateurs de l'exercice, démontre un niveau de maturité opérationnelle construit sur des années d'entraînements conjoints répétés.

Ce type de compétence ne s'acquiert jamais en une seule campagne d'exercice. Il se construit patiemment, exercice après exercice, biennale après biennale — et c'est précisément cette continuité qui rend l'alliance indopacifique crédible face à des adversaires qui, eux, ne bénéficient pas du même niveau d'entraînement interallié multinational.

*On parle souvent des porte-avions et des bombardiers parce qu'ils sont visuellement impressionnants. Mais la vraie sophistication militaire, celle qui décide des guerres modernes, se cache souvent sous la surface de l'eau, dans une traque silencieuse que personne ne voit jamais à la télévision. C'est là que se joue une bonne partie de l'équilibre stratégique du Pacifique.*

## Le Japon, hôte discret d'une escalade technologique

### Typhon et HIMARS sur le sol japonais

Un volet moins médiatisé de Valiant Shield 2026 s'est déroulé sur la base aérienne japonaise de **Kanoya**, où les États-Unis ont déployé temporairement le **système de missiles Typhon** et le système d'artillerie mobile **HIMARS**, dans le cadre d'un entraînement conjoint de guerre antinavire intégrée mené du **22 au 23 juin**. Aucun tir réel n'a été effectué par ces deux systèmes durant cette phase, mais leur simple présence sur le territoire japonais, observée directement par de hauts responsables militaires, constitue un signal politique et stratégique de premier ordre.

Le **lieutenant-général Stephen Jost**, commandant des **forces américaines au Japon**, et le **général Hiroaki Uchikura**, chef d'état-major des **forces japonaises d'autodéfense**, se sont rendus sur la base de Kanoya pour observer ces activités et recevoir un briefing sur ces systèmes. Le bureau conjoint d'état-major japonais a résumé l'enjeu dans un communiqué : **« Le déploiement temporaire de moyens militaires américains hautement mobiles vers une installation des forces d'autodéfense japonaises, ainsi que la mise en œuvre d'un entraînement bilatéral, renforcent la capacité de déploiement rapide des forces américaines, ainsi que la préparation et l'interopérabilité des deux forces, contribuant ainsi au renforcement des capacités de dissuasion et de réponse de l'alliance nippo-américaine. »**

### Un message clair envoyé à Pékin et à Pyongyang

Le **déploiement** de ces systèmes n'était pas anodin dans le calendrier régional : il précédait directement l'exercice **Orient Shield** prévu en septembre, suggérant une continuité délibérée dans la démonstration de capacités de frappe mobiles sur le territoire japonais. Après leur retrait de Kanoya à la mi-octobre, ces systèmes devaient être stockés sur des bases américaines au Japon, prêts à être redéployés rapidement en cas de nécessité.

Cette **présence**, même temporaire et sans tir réel, s'inscrit dans une logique de **dissuasion élargie** face à une région où la **Chine** maintient une pression militaire constante autour de Taïwan et où la **Corée du Nord** multiplie ses propres essais d'armement. Le message envoyé est sans équivoque : les capacités de frappe américaines peuvent être projetées rapidement sur le sol japonais, avec l'accord et la participation active de Tokyo.

*Il ne faut jamais sous-estimer la portée symbolique d'un déploiement d'armes sans tir réel. Parfois, le message le plus fort n'est pas celui qu'on tire, mais celui qu'on positionne visiblement, pour que l'adversaire potentiel comprenne exactement ce qu'il affronterait en cas d'escalade. Le Japon, en accueillant Typhon et HIMARS, envoie ce message avec une clarté qui ne laisse aucune place au doute.*

## Ce que révèle vraiment cette démonstration d'interopérabilité

### Cinq nations, une seule ligne de conduite

Ce qui frappe le plus, en observant l'ensemble des éléments de Valiant Shield 2026, c'est la diversité des nations impliquées — **États-Unis, Japon, Canada, Australie, Nouvelle-Zélande** — et la fluidité avec laquelle leurs forces respectives ont opéré ensemble, sans les frictions logistiques ou doctrinales qui pourraient légitimement affecter une coalition aussi disparate. Cette fluidité ne relève pas du hasard. Elle est le produit de décennies de coopération militaire structurée, d'exercices bilatéraux et multilatéraux répétés, et d'une volonté politique partagée de préserver un **Indo-Pacifique libre et ouvert**, selon la formule employée par le contre-amiral Clark lui-même.

La participation active de la Nouvelle-Zélande, souvent perçue comme un partenaire de sécurité plus modeste dans la région, avec son premier tir Harpoon opérationnel, illustre combien même les nations aux capacités militaires plus limitées peuvent contribuer de façon significative à la dissuasion collective lorsqu'elles bénéficient du soutien matériel et de la coordination technique de leurs alliés plus puissants.

### Une réponse directe aux ambitions chinoises et nord-coréennes

Il serait naïf de prétendre que Valiant Shield 2026 se déroule dans un vide stratégique. Cet exercice survient alors que la **Chine** poursuit sa militarisation de la mer de Chine méridionale et intensifie ses activités navales autour de Taïwan, et alors que la **Corée du Nord** multiplie les essais de missiles et de systèmes navals, comme le montrent les tests récents de son destroyer Choe Hyon. Face à ces deux menaces conjuguées, la démonstration d'une coalition capable de mener des opérations complexes multi-domaines — anti-sous-marine, antinavire, aérienne — avec cinq nations différentes constitue une réponse stratégique directe, sans qu'aucune déclaration officielle n'ait besoin de le formuler explicitement.

**L'Occident et ses alliés indopacifiques n'ont pas besoin de menacer verbalement leurs adversaires potentiels. Il leur suffit de démontrer, exercice après exercice, qu'ils savent agir ensemble avec une efficacité redoutable.** C'est exactement ce que Valiant Shield 2026 vient d'accomplir, sous les yeux de quiconque prend la peine de lire les communiqués officiels au-delà des titres accrocheurs.

*Je reste convaincu que la dissuasion la plus efficace n'est jamais celle qui s'exprime en menaces publiques, mais celle qui se démontre froidement, en chiffres et en résultats vérifiables. Cinq nations, un navire coulé, quatre missiles Harpoon, un bombardier furtif engagé en frappe antinavire : voilà une dissuasion qui n'a besoin d'aucune rhétorique supplémentaire pour être comprise à Pékin comme à Pyongyang.*

## Le facteur Trump : continuité stratégique dans le Pacifique

### Une posture indopacifique maintenue sans rupture visible

Sur le plan strictement géopolitique et militaire, l'administration **Trump** a maintenu, voire renforcé, l'engagement américain dans les exercices multinationaux du Pacifique, dont Valiant Shield constitue l'un des piliers biennaux les plus visibles. La participation active de porte-avions, de bombardiers furtifs et de sous-marins américains dans cet exercice de 2026 confirme que la posture de dissuasion élargie envers la **Chine** et la **Corée du Nord** reste une priorité affichée de la politique de défense américaine dans la région, indépendamment des turbulences politiques intérieures que traverse par ailleurs l'administration.

Cette continuité stratégique dans le Pacifique mérite d'être reconnue, même par ceux qui, comme moi, restent critiques envers de nombreux aspects de la politique intérieure américaine actuelle. Sur ce dossier précis — la dissuasion face à des régimes autoritaires qui menacent directement l'ordre international fondé sur le droit — le maintien d'un engagement militaire américain robuste dans le Pacifique reste un facteur globalement positif pour la sécurité de la région.

### Une vigilance qui doit rester constante, au-delà des cycles électoraux

Le véritable test de cette **continuité** ne se mesure pas à un seul exercice, mais à la capacité de l'**alliance indopacifique** à maintenir ce niveau d'engagement sur plusieurs **cycles électoraux américains** successifs, indépendamment des priorités politiques changeantes à Washington. Les partenaires régionaux — Japon, Australie, Nouvelle-Zélande, Canada — ont un intérêt direct à voir cette continuité se prolonger, quelle que soit l'issue des prochains scrutins américains.

C'est précisément cette prévisibilité stratégique, plus que n'importe quelle déclaration ponctuelle, qui constitue le socle réel de la dissuasion occidentale dans le Pacifique.

*Je le dis sans complaisance particulière envers l'administration américaine actuelle sur ses nombreux dossiers intérieurs contestables : sur la présence militaire dans le Pacifique face à la Chine et à la Corée du Nord, la continuité affichée mérite d'être reconnue. Ce n'est pas un blanc-seing général, c'est une reconnaissance factuelle et ciblée.*

## Le Canada, partenaire discret mais présent sur tous les fronts

### La frégate Charlottetown, engagée sur deux phases distinctes

Parmi les nations participantes, le **Canada** occupe une place souvent sous-estimée dans les analyses de l'exercice Valiant Shield. La **frégate de la Marine royale canadienne HMCS Charlottetown** a participé à la fois à la phase de **guerre anti-sous-marine trilatérale** et aux opérations coordonnées autour du **SINKEX** visant l'USS Juneau. Ce double engagement, sur deux volets distincts et techniquement exigeants de l'exercice, illustre une contribution canadienne plus substantielle qu'on ne le suppose généralement lorsqu'on évoque la présence militaire occidentale dans l'Indo-Pacifique.

Le Canada ne dispose pas des mêmes moyens navals que les États-Unis, le Japon ou même l'Australie dans cette région. Mais sa participation constante à des exercices multinationaux comme Valiant Shield démontre un engagement politique clair envers la préservation d'un **Indo-Pacifique libre et ouvert**, aux côtés de ses alliés traditionnels.

### Une présence qui compte plus que son volume ne le suggère

La contribution canadienne à Valiant Shield 2026 rappelle une vérité souvent oubliée dans les analyses de puissance militaire : l'efficacité d'une coalition ne se mesure pas uniquement au tonnage des navires ou au nombre d'avions engagés, mais à la capacité de chaque partenaire à s'intégrer sans friction dans une architecture opérationnelle commune. La frégate Charlottetown, en opérant aux côtés du porte-avions américain George Washington et des destroyers japonais Kaga et Fuyuzuki, a démontré exactement ce type d'intégration réussie.

Cette contribution, même modeste en volume, envoie un message politique clair à Pékin comme à Pyongyang : la coalition occidentale dans le Pacifique ne se limite pas aux seules puissances régionales directement exposées. Elle inclut des partenaires transatlantiques qui choisissent délibérément d'y consacrer des ressources militaires limitées mais réelles.

*On sous-estime trop souvent la valeur symbolique d'une seule frégate engagée sur deux phases distinctes d'un exercice majeur. Ce n'est pas la taille de la contribution qui compte le plus, c'est le message politique qu'elle porte : même les alliés les plus éloignés géographiquement du Pacifique choisissent d'y investir des ressources réelles, plutôt que de se contenter de déclarations de soutien.*

## Conclusion : Une démonstration qui vaut mille discours

### Ce que cinq nations viennent de prouver ensemble

Valiant Shield 2026 restera, dans les analyses militaires à venir, comme l'exercice où la **Nouvelle-Zélande** a franchi un seuil symbolique en tirant ses premiers missiles Harpoon en conditions réelles, où l'**Australie** a démontré sa capacité à partager ses munitions les plus avancées avec un partenaire allié, et où l'ensemble de la coalition — États-Unis, Japon, Canada compris — a validé une interopérabilité multi-domaines qui dépasse largement les simples déclarations d'intention habituelles. Dix jours d'exercice, un navire coulé, quatre missiles Harpoon, un bombardier furtif engagé en frappe antinavire, et une chasse sous-marine trilatérale menée sans accroc.

Ces faits, pris ensemble, dessinent une alliance indopacifique qui ne se contente plus de signer des communiqués de coopération. Elle les exécute, concrètement, sous les yeux de tous ceux qui observent attentivement la région — y compris, très certainement, les états-majors de Pékin et de Pyongyang.

### Un signal qui doit se prolonger, exercice après exercice

La vraie mesure du succès de Valiant Shield 2026 ne se jugera pas seulement à l'aune de ces dix jours d'opérations réussies, mais à la capacité de cette coalition à maintenir cette cadence d'entraînement et cette interopérabilité dans les années à venir, face à des menaces qui, elles, ne montrent aucun signe de ralentissement. C'est un travail de long terme, sans fin spectaculaire, qui exige une constance que seules les démocraties alliées les plus déterminées peuvent offrir.

*Je conclus ce témoignage avec une certaine humilité : je n'ai vu aucun de ces missiles voler de mes propres yeux, et je ne prétendrai jamais le contraire. Mais j'ai vu suffisamment de communiqués militaires pour reconnaître la différence entre de la rhétorique creuse et une démonstration de capacité réelle. Valiant Shield 2026, sur la base des faits rassemblés, appartient clairement à la seconde catégorie.*

**Signé Maxime Marquette, chroniqueur**

## Encadré de transparence du chroniqueur

### Positionnement éditorial

Je ne suis pas journaliste, mais **chroniqueur et analyste**. Mon expertise réside dans l'observation et l'analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.

Je ne prétends pas à l'objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. **Je prétends à la lucidité analytique**, à l'interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d'offrir une lecture critique des événements.

### Méthodologie et sources

Ce texte respecte la distinction fondamentale entre **faits vérifiés et analyses interprétatives**. La règle de méthode est constante : une information factuelle n'est publiée que si une source vérifiable la porte, et les sources effectivement utilisées par cet article sont listées sous **Sources**, jamais ici.

**Familles de sources primaires** retenues par la publication, quand le dossier en comporte : communiqués officiels des gouvernements et institutions internationales, déclarations publiques des dirigeants politiques, rapports d'organisations intergouvernementales, dépêches d'agences de presse internationales reconnues.

**Familles de sources secondaires** : publications spécialisées, médias d'information reconnus internationalement, analyses d'institutions de recherche établies, rapports d'organisations sectorielles.

Quand un article cite des données statistiques, économiques ou géopolitiques, elles proviennent d'institutions productrices de données (organisations intergouvernementales, banques centrales, instituts statistiques nationaux), et l'institution exacte est nommée sous **Sources**.

### Nature de l'analyse

Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une **synthèse critique et contextuelle** basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d'experts cités dans les sources consultées.

Mon rôle est d'interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et économiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l'observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs globaux.

Cet article décrit un état documenté à sa date de publication, et non une prédiction : une évolution ultérieure peut en déplacer les perspectives. Aucune mise à jour n'est promise d'avance; lorsqu'un article est corrigé ou complété, la modification est datée dans le texte.

## Sources

### Sources primaires

- [Les États-Unis et leurs partenaires concluent l'exercice Valiant Shield — USNI News, 1er juillet 2026](https://news.usni.org/2026/07/01/u-s-partners-wrap-exercise-valiant-shield)

- [Pacific Update : interopérabilité alliée à Valiant Shield — Ben Morgan's Substack, 5 juillet 2026](https://benmorganmil.substack.com/p/pacific-update-5-july-2026)

- [L'Australie rejoint l'exercice Valiant Shield 26 dans le Pacifique — Defence Australia, 23 juin 2026](https://www.defence.gov.au/news-events/releases/2026-06-23/australia-joins-exercise-valiant-shield-26-pacific)

### Sources secondaires

- [Le travail d'équipe ANZAC coule une cible — Defence Australia, 3 juillet 2026](https://www.defence.gov.au/news-events/news/2026-07-03/anzac-teamwork-sinks-target)

- [La Nouvelle-Zélande dote sa flotte de Poseidon d'une capacité de frappe Harpoon — IN Defence, 3 juillet 2026](https://indefencemag.com/new-zealand-brings-harpoon-strike-to-poseidon-fleet/)

- [USNI News Western Pacific Pulse — U.S. Naval Institute, 3 juillet 2026](https://news.usni.org/2026/07/03/usni-news-western-pacific-pulse-july-3-2026)

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Source : Maxime Marquette, MadMax. Pour citer ce texte, nommer l’auteur et lier https://mad-max.co/fr/article/temoignage-ce-que-j-ai-vu-dans-les-chiffres-de-l-exercice-valiant-shield-2026
