# REPORTAGE : Poltava attaquée deux fois. 42 secouristes déployés, zéro victime cette fois

> Dans le district de Poltava, une frappe russe nocturne a endommagé une unité de pompiers et de secours ainsi que des stations-service, selon le Service d'urgence de l'État d'Ukraine, cité par Ukrinform.

- Auteur: Maxime Marquette
- Publication: MadMax (https://mad-max.co)
- Rubrique: Reportage
- Publié: 2026-07-25
- Adresse à citer: https://mad-max.co/fr/article/reportage-poltava-attaquee-deux-fois-42-secouristes-deployes-zero-victime-cette

## Une nuit d'attaque, une unité de secours visée

Dans le district de Poltava, une **frappe russe nocturne** a endommagé une unité de pompiers et de secours ainsi que des stations-service, selon le Service d'urgence de l'État d'Ukraine, cité par **Ukrinform**. « **As a result of a nighttime Russian attack, a fire and rescue unit and gas stations in the Poltava district were damaged** », a rapporté l'agence sur la base d'un message publié sur Facebook par le service. **Aucune victime n'a été rapportée** dans cet épisode précis — un résultat qui, dans le contexte documenté de la région, relève presque de l'exception plutôt que de la norme.

*Une frappe qui rate ses victimes humaines n'est pas une frappe sans conséquence : elle laisse une trace matérielle, une facture énergétique, et une question qui ne se referme jamais tout à fait — pourquoi viser, précisément, ceux qui viennent éteindre le feu.*

*Zéro victime cette nuit-là. Le compteur, lui, ne repart jamais de zéro.*

### Les moyens déployés cette nuit-là

Selon Ukrinform, **42 secouristes** et **12 pièces d'équipement** du Service d'urgence de l'État ont été mobilisés sur les lieux. Les **incendies ont été rapidement éteints**, précise l'agence. Ce chiffre — 42 personnes envoyées pour une seule frappe sur une unité de secours et des stations-service — donne une mesure concrète de l'ampleur logistique que mobilise chaque incident de ce type dans la région.

### Un précédent daté à cinq jours d'écart

Le même rapport d'Ukrinform note qu'un **drone ennemi s'est écrasé** le matin du **20 juillet** sur le terrain d'une entreprise privée de la région de Poltava, provoquant un incendie distinct. **Ce n'est donc pas un épisode isolé** : la région accumule, en quelques jours, plusieurs incidents impliquant drones, incendies et interventions de secours.

## Ce que le mot « double-tap » désigne précisément

Le terme **double-tap** décrit une frappe secondaire délibérément programmée pour toucher les secouristes, pompiers ou civils venus porter assistance après un premier impact. Selon l'organisation ukrainienne de documentation **Truth Hounds**, au moins **200 incidents** de ce type ont été recensés depuis le début de l'invasion à grande échelle, causant **20 morts et 108 blessés** parmi le seul personnel d'urgence. **Dans la majorité des cas analysés, aucun objet militaire ou à double usage n'a été identifié dans un rayon de 300 mètres** autour des sites frappés — un indice, selon l'organisation, que l'infrastructure de secours elle-même est délibérément visée.

### Le bilan cumulé du Service d'urgence depuis 2022

Toujours selon les données du Service d'urgence de l'État citées par Truth Hounds, **au moins 111 secouristes ukrainiens ont été tués** et **plus de 550 blessés** par des frappes russes depuis 2022. *Ce chiffre ne concerne pas des combattants : il concerne des pompiers, des ambulanciers, des techniciens venus après le premier impact, pas avant.*

### Kharkiv, 15 juin : le précédent le plus documenté

Le 15 juin, à Kharkiv, une frappe russe a tué **cinq personnes**, dont **quatre pompiers du 6e détachement d'État** — Dmytro Boiko, Danylo Tishchenko, Serhii Makovetskyi et Vadym Zinchenko — ainsi qu'un employé du service des situations d'urgence de la mairie, selon le Kyiv Independent et Ukrainska Pravda. Les enquêteurs du parquet régional de Kharkiv ont ouvert une instruction pour **crime de guerre** au titre de l'article 438 du Code criminel ukrainien, notant que « **l'ennemi a attendu l'arrivée des services d'urgence avant de lancer une nouvelle attaque contre ceux qui sauvaient des vies** ».

### Poltava, 5 mai : le précédent le plus proche géographiquement

Le 5 mai, toujours dans la région de Poltava, un missile a frappé des secouristes en train d'éteindre un incendie sur une installation gazière. **Deux secouristes et trois employés de Naftogaz ont été tués**, et **23 autres personnes blessées**, selon RBC-Ukraine, qui cite le ministère de l'Intérieur ukrainien. Le ministère a qualifié l'attaque de « **frappe délibérée sur ceux qui sauvent des vies** », précisant documenter **chaque crime de guerre commis par la Russie**.

## Le statut juridique des secouristes en droit international humanitaire

Le **Protocole additionnel I** aux Conventions de Genève de 1949 encadre précisément cette question. Son **article 62** dispose que « **les organismes civils de protection civile ainsi que leur personnel doivent être respectés et protégés** », et qu'ils « **ont le droit de s'acquitter de leurs tâches de protection civile, sauf en cas de nécessité militaire impérieuse** », selon le texte du protocole déposé auprès des Nations unies. Cette protection s'étend explicitement aux **tâches de lutte contre l'incendie et de secours**, telles que définies à l'article 61 du même protocole.

### Ce que le Comité international de la Croix-Rouge précise

Le **CICR** souligne que cette protection ne cesse **que si le personnel de protection civile commet des actes hostiles à l'ennemi**, et seulement après un avertissement resté sans effet. Les bâtiments et le matériel de protection civile **ne peuvent être ni détruits ni détournés de leur usage**, sauf par l'État auquel ils appartiennent. **Rien, dans les éléments disponibles sur l'incident de Poltava documenté ici, n'indique que le personnel visé ait commis un acte le faisant sortir de cette protection.**

### La qualification juridique établie par les organisations de terrain

Selon l'analyse de Truth Hounds, une seconde frappe visant spécifiquement des secouristes arrivés après un premier impact constitue un **crime de guerre** au regard des articles 8(2)(b)(i), 8(2)(b)(ii) et 8(2)(b)(xxiv) du **Statut de Rome** — sauf si ces secouristes sont eux-mêmes des combattants, ce qui n'est documenté dans aucun des cas cités ici. **Un rapport de mai 2024 du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme confirme**, selon la même source, que les frappes russes en double-tap sur des cibles civiles en Ukraine constituent un crime de guerre.

## Ce qui n'est pas vérifié indépendamment dans ce dossier

Il faut le dire avec précision : l'incident de Poltava documenté par Ukrinform provient d'une **source unique, le Service d'urgence de l'État d'Ukraine**, relayée sur Facebook. **Aucune vérification indépendante par un observateur tiers, journaliste sur le terrain ou organisation internationale n'a été rapportée pour cet épisode spécifique** au moment de la publication de ce texte. Le bilan « zéro victime » lui-même provient de la même source institutionnelle ukrainienne, sans confirmation externe distincte.

### Ce que cela signifie pour la lecture de ce texte

Cette réserve ne remet pas en cause la plausibilité du récit — les Nations unies et Reuters ont documenté, mois après mois depuis l'automne 2025, une intensification systématique des frappes russes sur l'infrastructure civile ukrainienne. **Mais elle impose une règle simple : les chiffres précis de cet incident — 42 secouristes, 12 équipements, zéro victime — doivent être attribués explicitement à leur source unique, et non présentés comme un fait établi de manière indépendante.**

### Le silence russe, une fois de plus

Aucune déclaration du ministère russe de la Défense concernant cet incident précis n'a été identifiée dans le cadre de cette recherche. **Ce silence, comme dans la plupart des frappes attribuées aux forces russes sur l'infrastructure civile ukrainienne, ne constitue ni un aveu ni un démenti — il laisse le récit ukrainien seul face au public.**

## La guerre déclarée aux stations-service

Les stations-service touchées à Poltava ne sont pas un dommage périphérique isolé. Selon **UNITED24 Media**, la Russie a détruit environ **200 stations-service ukrainiennes depuis le printemps 2026**, dont **près de 50 au seul mois de juin**. **Début juillet, plusieurs complexes de stations-service ont été détruits dans les régions de Poltava et de Kyiv**, précise la même source, qui note que les distributeurs de carburant ont commencé à suspendre leurs opérations nocturnes par crainte de nouvelles frappes.

### Le rôle oublié des « points d'invincibilité »

Nombre de ces stations servaient de **« points d'invincibilité »** — des lieux où les civils pouvaient trouver électricité et services essentiels pendant les coupures de courant. *Une pompe à essence n'est jamais seulement une pompe à essence dans un pays en guerre : elle est parfois le seul endroit chauffé, éclairé, connecté, à trois kilomètres à la ronde.*

### Une extension géographique documentée depuis juin

UNITED24 Media précise que les régions les plus touchées ont d'abord été **Soumy, Kharkiv, Donetsk, Dnipropetrovsk, Zaporijjia et Mykolaïv**, près de la ligne de front, avant que la géographie des attaques ne s'étende à l'**Ukraine centrale** à partir de juin. **Jusqu'à 20 attaques hebdomadaires contre des stations-service** ont été recensées en juillet seul, selon la même source.

### Le 1er juillet à Dnipropetrovsk : un précédent mortel comparable

Le 1er juillet, selon **Reuters**, la Russie a frappé **cinq stations-service** dans la région de Dnipropetrovsk en une seule nuit, tuant une femme et blessant trois autres personnes, dont une femme enceinte. La même nuit, quatre stations supplémentaires ont été touchées dans la région de Tchernihiv. **Ce sont des attaques quasi quotidiennes**, selon les autorités régionales citées par Reuters, dans plusieurs oblasts à la fois.

## L'infrastructure énergétique comme cible d'hiver devenue cible d'été

Reuters rapporte que, le **7 février 2026**, la Russie a lancé une attaque massive impliquant **plus de 400 drones et environ 40 missiles** contre le réseau électrique ukrainien, visant spécifiquement **la production, la distribution et les postes de transformation**. Le ministre ukrainien de l'Énergie, **Denys Chmyhal**, avait alors déclaré que « **les agresseurs russes ont exécuté une nouvelle attaque à grande échelle contre l'infrastructure énergétique de l'Ukraine** ».

### La condamnation du Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme

En janvier 2026, le haut-commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, **Volker Türk**, avait qualifié ces frappes de **« cruelles »** et de **violation claire du droit international**, après que des attaques nocturnes eurent coupé le chauffage et l'électricité à des centaines de milliers de civils par des températures largement négatives. « **Cibler les civils et l'infrastructure civile est une violation claire des règles de la guerre. Cela doit cesser** », avait-il déclaré, selon les Nations unies. À Kyiv seulement, **5 635 immeubles résidentiels** s'étaient retrouvés sans chauffage un seul matin de janvier, selon le maire de la capitale.

### Du réseau électrique à la pompe à essence : une continuité stratégique

**Le glissement de cible, de la centrale électrique vers la station-service de quartier, n'est pas un changement de nature mais une extension de la même logique** : priver la population civile des moyens matériels de continuer à fonctionner normalement, qu'il s'agisse de chauffage en hiver ou de mobilité et d'accès à l'énergie en été.

## Ce que l'Ukraine répond de son côté

Le 10 juillet, selon **Al Jazeera**, l'armée ukrainienne a revendiqué des frappes sur **deux grandes raffineries russes**, un terminal pétrolier et un dépôt, ainsi que sur **dix pétroliers** en mer d'Azov. La raffinerie d'Ilsky, dans la région de Krasnodar, et le complexe de Oust-Louga, dans la région de Léningrad, ont pris feu selon l'état-major ukrainien. **Kyiv qualifie cette campagne de « verrouillage logistique »** visant à limiter l'approvisionnement en carburant des troupes russes et à isoler la Crimée occupée depuis 2014.

### Une guerre énergétique symétrique dans ses cibles, asymétrique dans son droit

*Les deux camps frappent aujourd'hui l'infrastructure énergétique adverse. Mais frapper une raffinerie qui alimente un effort militaire et frapper une station-service qui alimente une ambulance civile ne relèvent pas du même régime juridique — même si les deux impliquent des flammes, du carburant et des communiqués de victoire.*

## Pourquoi la répétition documentée change la qualification

Un incident isolé pourrait, en théorie, relever de l'erreur de ciblage ou du hasard de la guerre. **Mais l'accumulation documentée — Kharkiv en juin, Poltava en mai, Dnipro en juin, Kyiv en janvier, Poltava de nouveau en juillet — déplace la question de l'accident vers le système.** Truth Hounds parle explicitement d'un **schéma**, pas d'occurrences séparées.

### Le rôle de la preuve cumulée dans la qualification de crime de guerre

En droit international, la répétition d'un même mode opératoire — frapper, attendre, frapper de nouveau les secouristes — constitue un élément de preuve pour établir l'**intention**, condition nécessaire à la qualification de crime de guerre plutôt que de dommage collatéral. **Ce n'est pas l'incident de Poltava documenté ici, pris isolément, qui suffirait à établir cette intention devant une juridiction — c'est son inscription dans une série de plus de 200 cas recensés.**

## Ce que l'incident de Poltava, en lui-même, permet et ne permet pas d'affirmer

Ce que l'on peut affirmer, à partir de la source disponible : une frappe russe nocturne a endommagé une unité de secours et des stations-service dans le district de Poltava ; 42 secouristes et 12 équipements ont été mobilisés ; aucune victime n'a été rapportée cette fois. **Ce que l'on ne peut pas affirmer avec la même certitude : s'il s'agissait d'une frappe visant spécifiquement les secouristes déjà sur place, ou d'une frappe touchant une zone où des secouristes se trouvaient déjà pour d'autres raisons.** Le communiqué du Service d'urgence, tel que rapporté, ne précise pas la chronologie exacte entre l'arrivée des secours et l'impact.

### La différence entre un « double-tap » confirmé et une frappe simultanée

Cette distinction n'est pas cosmétique. Un double-tap confirmé, comme à Kharkiv le 15 juin ou à Poltava le 5 mai, exige une **chronologie documentée** entre un premier impact, l'arrivée des secours, puis un second impact ciblé. **Rien dans le rapport d'Ukrinform sur l'incident présenté ici ne permet, à lui seul, d'établir cette chronologie en deux temps.** Ce texte se garde donc d'affirmer une qualification que la source ne permet pas de confirmer pour cet épisode précis.

## Le signe distinctif que le droit prévoit et que la guerre ignore

Le Protocole additionnel I prévoit un **signe distinctif international** pour la protection civile : un **triangle bleu équilatéral sur fond orange**, réservé exclusivement aux organismes et au matériel de protection civile. Ce signe existe précisément pour permettre à un assaillant, même en pleine confusion de combat, d'identifier ceux qu'il ne doit pas viser. **Rien n'indique que ce signe ait été ignoré dans le cas précis de Poltava** — mais son existence même souligne que le droit international a anticipé ce risque depuis des décennies.

### Une distinction qui suppose une vue dégagée du ciel

*Un triangle peint sur un camion ne protège personne contre un missile guidé depuis des kilomètres, ni contre un drone lancé avant même que les secours n'arrivent sur zone.*

*Le droit international a prévu le signe. Il n'a pas prévu la distance qui rend ce signe invisible depuis un poste de pilotage à des kilomètres.*

## Ce que les images satellite ne montrent pas toujours

Les images satellite permettent souvent de confirmer l'ampleur d'un incendie ou l'étendue d'un dommage matériel, mais elles ne permettent presque jamais d'établir **l'intention** derrière une frappe. **C'est précisément cette limite qui rend chaque témoignage de secouriste survivant si précieux pour les enquêtes de crimes de guerre** — et si rare, puisque les victimes directes de double-tap ne peuvent, par définition, plus témoigner.

*Une photo satellite montre un cratère. Elle ne montre jamais le moment où quelqu'un a appuyé sur un bouton en sachant qui approchait.*

## Le coût répété pour les familles de secouristes

Derrière chaque nom cité à Kharkiv — **Boiko, Tishchenko, Makovetskyi, Zinchenko** — se trouve une unité entière qui continue de répondre aux appels le lendemain. Le ministre ukrainien de l'Intérieur, **Ihor Klymenko**, a qualifié les secouristes tombés de **« héros sans armes »**, ajoutant que **l'Ukraine continue de perdre ceux qui sauvent des vies**. Une des rescapées de l'attaque de Kharkiv, **Oleksandra Chtchebilova**, entrée au Service d'urgence en 2026, **a perdu son bras droit** durant cette même frappe, selon le Kyiv Independent.

### Ce que ces noms ajoutent au chiffre brut

**111 secouristes tués** depuis 2022 n'est pas seulement une statistique : c'est une accumulation de noms, de familles, d'unités locales qui doivent repartir en intervention le jour même ou le lendemain, sachant que la prochaine scène d'incendie peut aussi être un piège.

## Ce que ce dossier révèle, au-delà d'un communiqué

Une frappe sans victime peut sembler un non-événement. **Elle ne l'est pas** quand elle s'inscrit dans une région qui a déjà perdu des secouristes en mai, alors que le pays entier a déjà perdu 111 secouristes depuis 2022, alors que 200 incidents de double-tap ont déjà été recensés, et alors que 200 stations-service ont déjà été détruites depuis le printemps. **Le zéro victime de cette nuit-là à Poltava n'efface pas le compteur : il le suspend, pour une fois.**

*Ce que révèle vraiment ce dossier, ce n'est pas une frappe de plus. C'est la normalisation, chiffre après chiffre, d'une guerre où venir éteindre un incendie est devenu, en soi, un acte à risque documenté.*

*Une normalisation ne fait jamais de bruit. Elle s'installe, chiffre après chiffre, jusqu'à devenir la routine qu'on n'interroge plus.*

*Ce texte ne clot rien. Il ajoute une nuit de plus à un registre qui reste ouvert.*

### Ce qui reste à établir

*Ce qui manque ici n'est pas la plausibilité du récit. C'est sa confirmation par une deuxième source, indépendante de la première.*

Sans confirmation indépendante de l'incident précis de Poltava documenté ici, sans déclaration russe sur cette frappe particulière, et sans chronologie publique en deux temps, ce dossier reste ce qu'il est : **un bilan matériel rapporté par une seule institution, cohérent avec un schéma plus large déjà établi par des dizaines d'incidents comparables, mais non encore corroboré de manière indépendante pour cette nuit précise.**

## La condamnation internationale reste, pour l'instant, verbale

Ni le Conseil de sécurité de l'ONU, ni la Cour pénale internationale n'ont, à ce jour, prononcé de décision contraignante spécifique aux frappes en double-tap contre les secouristes ukrainiens. **La condamnation existe — elle vient du haut-commissaire aux droits humains, elle vient d'organisations de documentation, elle vient des ministères ukrainiens — mais elle reste, pour l'instant, de nature déclaratoire plutôt que judiciaire.**

### Le décalage entre documentation et sanction

*Documenter un schéma n'est pas le sanctionner. Entre les deux se trouve tout le travail, lent et incertain, des tribunaux internationaux.*

*Un dossier bien documenté n'est pas encore un jugement. Mais un jugement sans dossier documenté n'arrive jamais.*

## Poltava dans la carte plus large de la guerre énergétique

La région de Poltava concentre, à elle seule, plusieurs des éléments clés de ce dossier : **installations gazières**, **stations-service**, et **unités de secours** régulièrement mobilisées. **Ce n'est pas une région de première ligne au sens strictement militaire**, ce qui rend d'autant plus notable la fréquence des frappes qui s'y concentrent sur des cibles énergétiques et civiles.

### Une région loin du front, pas loin des frappes

**La distance géographique avec la ligne de front ne protège plus l'infrastructure civile** : les drones à longue portée et les missiles de croisière rendent cette distance largement théorique pour les stations-service, les installations gazières et les unités de secours de Poltava.

*La géographie protégeait autrefois les villes de l'arrière. Elle ne protège plus grand-chose depuis que le ciel est devenu la vraie ligne de front.*

**Signé Maxime Marquette, chroniqueur**

## Encadré de transparence du chroniqueur

### Positionnement éditorial

Je ne suis pas journaliste, mais **chroniqueur et analyste**. Mon expertise réside dans l'observation et l'analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.

Je ne prétends pas à l'objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. **Je prétends à la lucidité analytique**, à l'interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d'offrir une lecture critique des événements.

### Méthodologie et sources

Ce texte respecte la distinction fondamentale entre **faits vérifiés et analyses interprétatives**. La règle de méthode est constante : une information factuelle n'est publiée que si une source vérifiable la porte, et les sources effectivement utilisées par cet article sont listées sous **Sources**, jamais ici.

**Familles de sources primaires** retenues par la publication, quand le dossier en comporte : communiqués officiels des gouvernements et institutions internationales, déclarations publiques des dirigeants politiques, rapports d'organisations intergouvernementales, dépêches d'agences de presse internationales reconnues.

**Familles de sources secondaires** : publications spécialisées, médias d'information reconnus internationalement, analyses d'institutions de recherche établies, rapports d'organisations sectorielles.

Quand un article cite des données statistiques, économiques ou géopolitiques, elles proviennent d'institutions productrices de données (organisations intergouvernementales, banques centrales, instituts statistiques nationaux), et l'institution exacte est nommée sous **Sources**.

### Nature de l'analyse

Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une **synthèse critique et contextuelle** basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d'experts cités dans les sources consultées.

Mon rôle est d'interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et économiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l'observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs globaux.

Cet article décrit un état documenté à sa date de publication, et non une prédiction : une évolution ultérieure peut en déplacer les perspectives. Aucune mise à jour n'est promise d'avance; lorsqu'un article est corrigé ou complété, la modification est datée dans le texte.

## Sources

### Sources primaires et officielles

- [CICR — Protocole additionnel I aux Conventions de Genève](https://www.icrc.org/sites/default/files/external/doc/en/assets/files/other/icrc_002_0321.pdf)

- [Nations unies — Condamnation des frappes russes sur l'infrastructure énergétique](https://news.un.org/en/story/2026/01/1166798)

### Sources secondaires

- [Ukrinform — Frappe russe sur une équipe de secours et des stations-service à Poltava](https://www.ukrinform.net/rubric-ato/4147800-in-poltava-region-russian-forces-strike-emergency-service-team-and-gas-stations.html)

- [UNITED24 Media — 111 secouristes ukrainiens tués depuis 2022](https://united24media.com/war-in-ukraine/russian-strikes-kill-111-ukrainian-emergency-workers-and-injure-over-550-since-2022-18547)

- [UNITED24 Media — 200 stations-service ukrainiennes détruites en 2026](https://united24media.com/war-in-ukraine/russia-destroyed-200-ukrainian-gas-stations-in-2026-turning-civilian-fuel-stops-into-targets-20621)

- [Kyiv Independent — Frappe en double-tap tue 4 secouristes à Kharkiv](https://kyivindependent.com/ukraine-war-latest-russian-double-tap-strike-kills-4-rescuers-in-kharkiv-amid-large-scale-attack-on-ukraine/)

- [RBC-Ukraine — Frappe sur des secouristes à Poltava le 5 mai](https://newsukraine.rbc.ua/news/russian-forces-strike-rescuers-again-in-poltava-1777967326.html)

- [Reuters — Frappes sur des stations-service à Dnipropetrovsk](https://www.reuters.com/world/russia-attacks-retail-fuel-stations-ukraine-killing-one-official-says-2026-07-01/)

- [Reuters — Attaque massive contre le réseau électrique ukrainien](https://www.reuters.com/business/energy/russia-launches-massive-attack-ukraines-energy-system-zelenskiy-says-2026-02-07/)

- [Al Jazeera — Frappes ukrainiennes sur des raffineries russes](https://www.aljazeera.com/news/2026/7/10/russian-attacks-kill-four-as-ukraine-continues-to-target-oil-infrastructure)

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Source : Maxime Marquette, MadMax. Pour citer ce texte, nommer l’auteur et lier https://mad-max.co/fr/article/reportage-poltava-attaquee-deux-fois-42-secouristes-deployes-zero-victime-cette
