# REPORTAGE : Le prix plafond du pétrole russe prolongé jusqu'en 2027

> Un décret signé en silence, un plafond abaissé sans fanfare : la guerre économique autour du pétrole russe ne se joue plus dans les grands discours, mais dans la mécanique discrète des textes réglementaires.

- Auteur: Maxime Marquette
- Publication: MadMax (https://mad-max.co)
- Rubrique: Reportage
- Publié: 2026-07-20
- Adresse à citer: https://mad-max.co/fr/article/reportage-le-prix-plafond-du-petrole-russe-prolonge-jusqu-en-2027

## Introduction

*Un décret signé en silence, un plafond abaissé sans fanfare : la guerre économique autour du pétrole russe ne se joue plus dans les grands discours, mais dans la mécanique discrète des textes réglementaires.* Le **26 juin 2026**, Vladimir Poutine a prolongé jusqu'à la fin de **2027** le décret russe encadrant le plafond des prix du pétrole, selon **Interfax**. Ce geste, présenté comme une simple reconduction administrative, s'inscrit en réalité dans un **bras de fer** vieux de plusieurs années entre Moscou et les capitales occidentales autour du prix auquel le pétrole russe peut légalement circuler sur les marchés mondiaux.

Quelques mois plus tôt, le **15 janvier 2026**, la **Commission européenne** avait abaissé son propre plafond à **44,10 dollars le baril**, avec une entrée en vigueur au **1er février 2026**. Ce nouveau chiffre n'est plus fixe : il repose désormais sur un **mécanisme dynamique**, calé à **15% sous le prix du marché**. Ce reportage retrace la **chronologie** de cette confrontation réglementaire, ses **objectifs déclarés** et ses **limites documentées**.

## Le décret russe du 26 juin 2026, un signal plus que une rupture

### Une prolongation qui confirme la durée de la confrontation

La décision de **Vladimir Poutine** de prolonger jusqu'à fin **2027** le décret russe sur le plafond des prix du pétrole, rapportée par **Interfax** le 26 juin 2026, envoie un message clair : Moscou ne s'attend pas à une résolution rapide de la **guerre des prix** engagée avec les pays occidentaux depuis l'invasion de l'Ukraine. *Prolonger un décret jusqu'en 2027, c'est admettre, sans le dire, qu'aucune des deux parties n'anticipe de sortie de crise avant plusieurs années.*

Ce texte russe, en miroir des mesures occidentales, illustre une **stratégie d'adaptation** plutôt que de **confrontation frontale**. Il ne s'agit pas d'un décret offensif, mais d'un **outil défensif** destiné à structurer la **réponse russe** face aux restrictions imposées par le **G7** et l'**Union européenne** depuis **2022**.

### Un texte qui répond indirectement aux mécanismes occidentaux

Selon **Interfax**, ce décret russe répond indirectement aux mécanismes occidentaux de plafonnement des prix, sans toutefois révéler publiquement les modalités précises de son application. Cette **opacité**, courante dans la communication économique russe depuis le début de la guerre, complique l'**évaluation indépendante** de son efficacité réelle.

Il serait toutefois excessif d'affirmer que ce décret constitue une réponse strictement symétrique au plafond occidental. *Un décret qui n'est jamais rendu public dans ses détails opérationnels ressemble moins à une politique qu'à une carte que l'on garde volontairement cachée.* Les **analystes occidentaux** qui suivent le dossier notent que la portée réelle du texte reste, à ce stade, difficile à vérifier de manière **indépendante**.

## Le nouveau plafond européen, une mécanique dynamique

### 44,10 dollars le baril, un chiffre calculé et non arbitraire

Le plafond fixé par la **Commission européenne** à **44,10 dollars le baril**, entré en vigueur le **1er février 2026**, n'est pas un chiffre choisi au hasard. Il découle d'un **mécanisme dynamique** fixé à **15% sous le prix du marché**, une méthode censée éviter que le plafond ne devienne obsolète à mesure que les cours mondiaux fluctuent, comme cela avait été reproché à l'ancien plafond fixe de 60 dollars.

Cette **évolution méthodologique**, documentée par la **Commission européenne** le 15 janvier 2026, marque une **rupture technique** avec l'approche initiale adoptée en 2022. *Passer d'un chiffre fixe à un pourcentage mobile, c'est reconnaître, implicitement, que le premier plafond avait perdu sa capacité de frappe face à un marché en mouvement constant.*

### Un objectif déclaré : limiter les revenus sans provoquer de choc

Selon la **Commission européenne**, ce plafond vise à limiter les **revenus pétroliers russes** sans provoquer de choc sur l'**offre mondiale** de pétrole, un équilibre délicat entre pression économique et stabilité des marchés énergétiques internationaux. L'objectif n'est pas d'interdire totalement les **exportations russes**, mais de les rendre **moins rentables** pour le Kremlin tout en maintenant un flux suffisant pour éviter une **flambée des prix mondiaux**.

Cette logique, qui distingue clairement la **pression économique ciblée** de la **rupture d'approvisionnement généralisée**, structure l'ensemble de la **politique occidentale de sanctions énergétiques** depuis 2022, avec des ajustements réguliers pour tenir compte de l'évolution du marché et des stratégies de contournement russes.

## L'effet mesurable des sanctions sur les revenus pétroliers

### Un rapport du Trésor américain qui documente un recul réel

Un rapport du **Trésor américain**, cité par **Reuters** le 17 novembre 2025, a établi que les sanctions ont contribué à réduire les **revenus pétroliers russes**. Ce constat, formulé par une administration américaine elle-même partie prenante du dispositif de sanctions, apporte une **validation externe** à l'efficacité au moins partielle des mécanismes de plafonnement mis en place depuis 2022.

*Quand l'administration qui impose les sanctions publie elle-même les preuves de leur effet, la crédibilité de la mesure change de nature ; elle cesse d'être une promesse politique pour devenir un résultat mesuré.* Ce type de **documentation officielle** reste toutefois rare, et les **chiffres exacts** du recul des revenus n'ont pas été intégralement rendus publics.

### Une pression qui s'ajoute à d'autres mesures ciblées

Cette **réduction des revenus pétroliers** ne résulte pas uniquement du plafonnement des prix. Elle s'ajoute aux sanctions directes contre des entreprises comme **Rosneft** et **Lukoil**, imposées par le **Trésor américain** en octobre 2025, créant un **effet cumulatif** que les analystes ont de plus en plus de mal à décomposer précisément entre ses différentes causes.

Cette accumulation de mesures distinctes, mais convergentes, illustre une **stratégie occidentale multicouche** visant à réduire les capacités financières du Kremlin par plusieurs canaux simultanés plutôt que par un seul instrument isolé, qu'il s'agisse du plafonnement des prix, des **sanctions bancaires** ou des **restrictions technologiques**.

## Les limites documentées du dispositif de plafonnement

### La flotte fantôme, principal outil de contournement identifié

Le plafonnement des prix occidental n'a jamais été présenté comme une mesure infaillible. La **flotte fantôme** de pétroliers, documentée par plusieurs **enquêtes journalistiques**, permet à la Russie de **contourner partiellement** ce plafonnement en transportant le pétrole russe via des navires immatriculés dans des juridictions opaques, souvent sans assurance occidentale conforme.

Cette réalité, reconnue implicitement par la **Commission européenne** elle-même dans sa communication du 15 janvier 2026, explique en partie pourquoi le mécanisme a évolué vers un **plafond dynamique** plutôt que de rester figé, dans une tentative de rester pertinent face à des **pratiques de contournement** en constante évolution.

### Un jeu d'ajustements permanents entre sanctionneurs et sanctionnés

*Chaque ajustement occidental du plafond appelle, presque mécaniquement, une nouvelle méthode de contournement russe ; c'est une course dont ni l'issue ni la durée ne sont fixées d'avance.* Ce jeu d'ajustements mutuels, documenté depuis 2022, illustre la nature évolutive de la confrontation économique autour du pétrole russe, où chaque camp adapte continuellement ses outils face aux stratégies de l'autre.

Cette dynamique rend difficile toute **évaluation définitive** de l'efficacité du plafonnement, un exercice qui nécessiterait un accès à des données que ni Moscou ni les administrations occidentales ne rendent intégralement publiques, pour des raisons de **sécurité économique** autant que de **communication stratégique**.

## Les sanctions ciblées contre Rosneft et Lukoil, un complément structurel

### Une première sous l'administration Trump, en octobre 2025

Le **22 octobre 2025**, le **Trésor américain** a sanctionné **Rosneft** et **Lukoil**, une première sous ce mandat présidentiel. Cette décision, distincte du mécanisme de plafonnement des prix, cible directement les deux plus grandes entreprises pétrolières russes, dans une approche complémentaire visant leurs **capacités opérationnelles** plutôt que seulement leurs **marges bénéficiaires**.

Le délai accordé pour la vente des actifs de **Lukoil** a par ailleurs été prolongé jusqu'au **30 mai 2026**, selon **Reuters**, afin de faciliter des **négociations complexes**. Cette prolongation, documentée le 29 avril 2026, révèle les difficultés pratiques de faire respecter des sanctions dans un marché où les **acheteurs potentiels** sont eux-mêmes soumis à des **pressions réglementaires contradictoires**.

### Un budget russe construit sur des hypothèses désormais fragilisées

Le budget russe pour 2026 prévoyait des revenus pétroliers et gaziers de **8,9 billions de roubles**, un chiffre que **The Moscow Times** jugeait déjà optimiste dès le 28 octobre 2025, avant même la pleine mesure des **effets cumulés** des sanctions sur Rosneft et Lukoil et du **nouveau plafond européen dynamique**.

*Construire un budget national sur une hypothèse de revenus qualifiée d'optimiste avant même l'entrée en vigueur des mesures qui doivent la réduire, c'est parier sur l'incertitude plutôt que sur la prudence.* Cette **fragilité budgétaire structurelle** éclaire, en creux, l'importance stratégique que revêt pour Moscou chaque décret destiné à préserver un minimum de marge de manœuvre financière.

## La dimension diplomatique de la prolongation russe

### Un geste qui s'adresse autant à l'intérieur qu'à l'extérieur

La prolongation du décret russe jusqu'en 2027 ne s'adresse pas uniquement aux marchés internationaux. Elle constitue également un **signal politique interne**, destiné à rassurer les acteurs économiques russes sur la stabilité du cadre réglementaire dans un contexte de **guerre prolongée** et de **sanctions cumulatives croissantes**.

Cette double fonction, à la fois économique et politique, caractérise une grande partie des décisions réglementaires prises par le Kremlin depuis 2022, où chaque texte doit à la fois répondre à une **contrainte externe** et projeter une image de **maîtrise** face à l'**opinion publique russe**.

### Une manœuvre qui n'efface pas les vulnérabilités structurelles

Malgré cette prolongation présentée comme une continuité maîtrisée, les **vulnérabilités structurelles** de l'économie pétrolière russe documentées par ailleurs, qu'il s'agisse des **capacités de raffinage endommagées** ou des sanctions sur Rosneft et Lukoil, restent entières et ne sont en rien résolues par ce seul texte administratif.

*Un décret peut prolonger une posture juridique ; il ne peut pas reconstruire une raffinerie endommagée ni rouvrir un compte bancaire gelé par des sanctions étrangères.* Cette distinction entre la **forme réglementaire** et la **réalité industrielle** demeure essentielle pour évaluer correctement la portée de cette décision.

## La comparaison des deux mécanismes de plafonnement

### Deux logiques différentes pour un même objet

Le plafond européen, fixé à **44,10 dollars le baril** selon un mécanisme dynamique, et le décret russe prolongé jusqu'en 2027 ne poursuivent pas les mêmes objectifs. Le premier vise à **réduire les revenus** d'un producteur étranger ; le second vise à **encadrer et stabiliser** la réponse d'un État sous pression économique prolongée.

Cette **asymétrie fondamentale** explique pourquoi les deux textes, bien que liés dans leur contexte, ne peuvent être analysés comme des mesures strictement symétriques ou en miroir parfait, malgré la tentation journalistique de les présenter comme un simple **duel réglementaire** entre deux blocs.

### Un rapport de force qui reste favorable aux sanctionneurs occidentaux

Malgré les stratégies de contournement documentées, notamment via la flotte fantôme, le rapport de force global reste, selon les données disponibles, favorable aux pays qui imposent les sanctions. La **réduction mesurée** des revenus pétroliers russes, confirmée par le Trésor américain lui-même, en constitue l'indicateur le plus tangible actuellement accessible publiquement.

Cette asymétrie de moyens, entre des économies occidentales qui peuvent absorber le coût administratif du plafonnement et une économie russe qui doit reconstruire ses capacités de contournement en temps de guerre, façonne la **trajectoire probable** de cette confrontation pour les mois à venir.

## La chronologie complète, de 2022 à la prolongation de 2026

### Un dispositif né dans l'urgence de l'invasion de 2022

Le mécanisme initial de plafonnement des prix du pétrole russe, mis en place par le **G7** et l'**Union européenne** dans les mois suivant l'invasion de l'Ukraine en 2022, répondait à une urgence politique autant qu'économique. Ce **premier plafond**, fixé de manière rigide à **60 dollars le baril**, visait à concilier deux objectifs jugés difficilement compatibles : réduire les recettes de guerre du Kremlin sans provoquer de pénurie mondiale de pétrole.

Cette **contrainte double** a façonné, dès l'origine, un dispositif nécessairement imparfait, conçu comme un **compromis** entre efficacité punitive et stabilité des marchés énergétiques internationaux, plutôt que comme une **arme de rupture totale** contre les exportations russes.

### Une évolution progressive vers plus de précision

Le passage, documenté par la **Commission européenne** le 15 janvier 2026, d'un plafond fixe à un **mécanisme dynamique** ancré à 15% sous le prix du marché marque une étape de maturation de cet outil réglementaire. *Il aura fallu près de quatre ans aux régulateurs occidentaux pour admettre qu'un chiffre fixe ne pouvait pas suivre un marché mondial en mouvement constant.*

Cette **maturation technique**, bien qu'arrivée tardivement selon certains analystes, illustre aussi la difficulté inhérente à construire un instrument de sanction économique suffisamment souple pour rester pertinent sur plusieurs années de conflit, sans pour autant nécessiter une **renégociation politique complète** à chaque ajustement.

## Les acteurs économiques pris entre deux feux réglementaires

### Les compagnies pétrolières internationales sous double contrainte

Les grandes compagnies pétrolières internationales, qu'elles soient **européennes**, **américaines** ou originaires de pays tiers, doivent naviguer entre les exigences du plafonnement occidental et les réalités opérationnelles d'un marché où le pétrole russe continue de circuler, parfois via des circuits de transport et d'assurance non conformes aux standards occidentaux.

Cette situation crée un **risque de conformité** pour toute entreprise ayant un lien, même indirect, avec le commerce du pétrole russe, un risque que les **directions juridiques** de ces groupes doivent désormais intégrer systématiquement à leur **gestion des risques internationaux**.

### Les assureurs maritimes, acteurs discrets mais déterminants

Le secteur de l'**assurance maritime**, en particulier les **grands syndicats** basés à Londres, joue un rôle déterminant mais peu visible dans l'application effective du plafonnement des prix. Un navire transportant du pétrole russe au-delà du prix plafond perd, en théorie, accès aux polices d'assurance occidentales conformes, ce qui explique en partie le **recours croissant** à la flotte fantôme.

*Le véritable champ de bataille de cette guerre économique n'est pas seulement un port pétrolier, c'est aussi un bureau d'assurance à Londres où se décide, chiffre par chiffre, qui peut légalement transporter quoi.*

## Les précédents historiques de plafonnement des prix de matières premières

### Un instrument rarement utilisé à cette échelle

Le plafonnement coordonné des prix d'une matière première stratégique par un groupe de pays représente un instrument de politique économique rarement déployé à une telle échelle dans l'histoire récente. Les **précédents comparables**, plus limités en portée, n'avaient jamais visé une économie de la taille de celle de la Russie, ni un produit aussi central pour les marchés mondiaux que le pétrole brut.

Cette absence de précédent direct explique en partie les ajustements réguliers observés depuis 2022 : les régulateurs occidentaux ont dû, dans une certaine mesure, **inventer les règles** au fur et à mesure de la mise en œuvre du dispositif, en tirant les leçons des **premières failles** observées sur le terrain.

### Une expérimentation en temps réel aux conséquences incertaines

Cette dimension expérimentale, documentée implicitement par les révisions successives du plafond européen, rend particulièrement difficile toute prédiction fiable sur l'évolution du dispositif au-delà de l'échéance de 2027 fixée par le décret russe. *On ne peut pas prétendre connaître l'issue d'un instrument que ses propres créateurs continuent d'ajuster à mesure qu'ils en découvrent les failles.*

Cette incertitude méthodologique n'invalide pas pour autant l'utilité du dispositif ; elle invite simplement à la prudence dans toute évaluation définitive de son succès ou de son échec, une prudence que les **administrations occidentales** elles-mêmes semblent adopter dans leur communication publique.

## La position ukrainienne face à ce dispositif financier

### Un soutien constant à un renforcement des sanctions

Kyiv a constamment plaidé pour un **renforcement** du plafonnement des prix, considérant que chaque dollar de revenu pétrolier soustrait au budget russe se traduit, directement ou indirectement, par une capacité militaire réduite sur le front. Cette position, exprimée à de multiples reprises par les **autorités ukrainiennes**, s'appuie sur le lien documenté entre **recettes énergétiques** et **financement de l'effort de guerre russe**.

Cette insistance ukrainienne pour un plafond plus sévère n'a pas toujours été pleinement suivie par l'ensemble des partenaires occidentaux, certains états membres de l'**Union européenne** exprimant des réserves liées à leur propre exposition économique aux marchés énergétiques mondiaux. *Il y a une forme d'ironie amère dans le fait que les pays les plus exposés aux marchés pétroliers mondiaux soient parfois les plus réticents à durcir un plafond dont l'objectif est pourtant de les protéger d'un choc futur plus grave.*

### Une convergence progressive malgré des réticences initiales

Le passage au **mécanisme dynamique** en janvier 2026 peut être lu, en partie, comme une réponse tardive à cette pression ukrainienne, même si la Commission européenne présente officiellement cette évolution comme une simple amélioration technique plutôt que comme une concession politique directe à Kyiv.

## Les scenarios plausibles pour la suite du dispositif

### Un renforcement conditionné à l'évolution du conflit

Plusieurs scénarios demeurent ouverts pour l'évolution de ce dispositif de plafonnement au cours des prochaines années. Un **renforcement** supplémentaire du plafond dynamique européen reste possible si la pression militaire ukrainienne continue de révéler de nouvelles vulnérabilités dans l'appareil énergétique russe, comme cela a été le cas avec les **frappes sur les raffineries** en 2026. *Chaque nouvelle vulnérabilité russe révélée sur le terrain devient, presque mécaniquement, un argument supplémentaire pour resserrer le plafond à Bruxelles.*

### Un statu quo prolongé si le conflit s'installe durablement

À l'inverse, un maintien du statu quo réglementaire actuel, sans nouveau resserrement majeur, reste également plausible si la confrontation militaire s'installe dans une forme de **stabilisation prolongée** ne générant pas de **nouvelle urgence politique** justifiant une révision supplémentaire du dispositif avant l'échéance fixée par le décret russe pour 2027.

## Ce que ce dossier révèle sur la nature de la guerre économique actuelle

### Une guerre qui se joue autant dans les textes que sur le terrain

*Il y a quelque chose de profondément révélateur dans le fait qu'un décret présidentiel russe et une communication technique de la Commission européenne pèsent, chacun à leur manière, aussi lourd dans cette guerre qu'une frappe de drone sur une raffinerie.* Cette dimension réglementaire de la confrontation, moins spectaculaire que les images de frappes militaires, façonne pourtant durablement les capacités financières des deux camps.

Cette réalité invite à ne pas réduire l'**analyse de la guerre en Ukraine** à ses seules dimensions militaires visibles, mais à intégrer systématiquement cette bataille réglementaire et financière, qui se joue dans des bureaux à Bruxelles, Washington et Moscou, loin des **lignes de front** mais avec des conséquences tout aussi réelles sur la **durée du conflit**.

### Des ajustements qui continueront probablement au-delà de 2027

Rien, à ce stade, ne permet d'exclure que de nouveaux ajustements interviennent avant même l'échéance de 2027 fixée par le décret russe. L'**historique de cette confrontation**, marqué par des révisions régulières du plafond européen depuis 2022, suggère une **adaptation continue** plutôt qu'une stabilisation durable des règles du jeu.

Cette instabilité réglementaire permanente, bien que difficile à anticiper précisément, constitue elle-même un facteur de pression supplémentaire pour les acteurs économiques russes, qui doivent composer avec un cadre susceptible d'évoluer à chaque nouvelle **escalade diplomatique ou militaire**.

## Conclusion

La prolongation du décret russe jusqu'en **2027**, annoncée le 26 juin 2026, et le nouveau **plafond dynamique européen** de 44,10 dollars le baril entré en vigueur en février 2026 dessinent les contours d'une confrontation réglementaire appelée à durer bien au-delà des prévisions initiales de 2022. Le rapport du Trésor américain confirmant une réduction réelle des revenus pétroliers russes offre l'une des rares validations externes de l'efficacité au moins partielle de ce dispositif.

Mais cette efficacité reste partielle, contournée en partie par la flotte fantôme et compliquée par un budget russe construit sur des hypothèses déjà jugées optimistes avant même l'entrée en vigueur des dernières mesures. *Un plafond qui tient depuis 2022 sans effondrer ni l'économie russe ni les marchés mondiaux n'est ni un échec ni un triomphe ; c'est un outil de pression lente, dont l'efficacité se mesure en années, pas en mois.*

**Signé Maxime Marquette, chroniqueur**

## Encadré de transparence du chroniqueur

### Positionnement éditorial

Je ne suis pas journaliste, mais **chroniqueur et analyste**. Mon expertise réside dans l'observation et l'analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.

Je ne prétends pas à l'objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. **Je prétends à la lucidité analytique**, à l'interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d'offrir une lecture critique des événements.

### Méthodologie et sources

Ce texte respecte la distinction fondamentale entre **faits vérifiés et analyses interprétatives**. La règle de méthode est constante : une information factuelle n'est publiée que si une source vérifiable la porte, et les sources effectivement utilisées par cet article sont listées sous **Sources**, jamais ici.

**Familles de sources primaires** retenues par la publication, quand le dossier en comporte : communiqués officiels des gouvernements et institutions internationales, déclarations publiques des dirigeants politiques, rapports d'organisations intergouvernementales, dépêches d'agences de presse internationales reconnues.

**Familles de sources secondaires** : publications spécialisées, médias d'information reconnus internationalement, analyses d'institutions de recherche établies, rapports d'organisations sectorielles.

Quand un article cite des données statistiques, économiques ou géopolitiques, elles proviennent d'institutions productrices de données (organisations intergouvernementales, banques centrales, instituts statistiques nationaux), et l'institution exacte est nommée sous **Sources**.

### Nature de l'analyse

Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une **synthèse critique et contextuelle** basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d'experts cités dans les sources consultées.

Mon rôle est d'interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et économiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l'observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs globaux.

Cet article décrit un état documenté à sa date de publication, et non une prédiction : une évolution ultérieure peut en déplacer les perspectives. Aucune mise à jour n'est promise d'avance; lorsqu'un article est corrigé ou complété, la modification est datée dans le texte.

## Sources

### Sources primaires

- [Commission européenne — Nouveau mécanisme de plafond dynamique — 15 janvier 2026](https://finance.ec.europa.eu/news/new-dynamic-mechanism-lower-price-cap-russian-crude-oil-4410-barrel-2026-01-15_en)

- [Reuters — Impact des sanctions sur les revenus pétroliers — 17 novembre 2025](https://www.reuters.com/business/energy/us-treasury-says-russian-oil-revenues-cut-by-sanctions-rosneft-lukoil-2025-11-17/)

- [Département du Trésor américain — Sanctions contre Rosneft et Lukoil — 22 octobre 2025](https://home.treasury.gov/news/press-releases/sb0290)

### Sources secondaires

- [Interfax — Prolongation du décret sur le plafond des prix — 26 juin 2026](https://interfax.com/newsroom/top-stories/118239/)

- [The Moscow Times — Prévisions budgétaires 2026 jugées optimistes — 28 octobre 2025](https://www.themoscowtimes.com/2025/10/28/what-new-us-sanctions-on-rosneft-and-lukoil-mean-for-russias-oil-trade-a90957)

- [Reuters — Interdiction du diesel, contexte de la crise énergétique russe — 8 juillet 2026](https://www.reuters.com/business/energy/russia-bans-diesel-exports-increase-domestic-supply-says-deputy-pm-2026-07-08/)

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Source : Maxime Marquette, MadMax. Pour citer ce texte, nommer l’auteur et lier https://mad-max.co/fr/article/reportage-le-prix-plafond-du-petrole-russe-prolonge-jusqu-en-2027
