# REPORTAGE : Kherson dans le noir : la guerre énergétique frappe les civils occupés

> Le 26 juin 2026, Vladimir Saldo, le gouverneur installé par Moscou dans la région de Kherson, confirmait sur Telegram ce que les habitants savaient déjà depuis des heures : l'électricité était totalement ou partiellement coupée dans toute la partie de la région sous contrôle russe, qui borde la Crimée. Pas de lumière. Pas de réfrigération. Pas de pompes à eau. Pour les milliers

- Auteur: Maxime Marquette
- Publication: MadMax (https://mad-max.co)
- Rubrique: Reportage
- Publié: 2026-06-28
- Adresse à citer: https://mad-max.co/fr/article/reportage-kherson-dans-le-noir-la-guerre-energetique-frappe-les-civils-occupes

## Introduction : Le noir total comme arme de guerre dans la région de Kherson

### Quand l'électricité disparaît sous l'occupation russe

Le **26 juin 2026**, **Vladimir Saldo**, le gouverneur installé par Moscou dans la région de **Kherson**, confirmait sur Telegram ce que les habitants savaient déjà depuis des heures : l'électricité était **totalement ou partiellement coupée** dans toute la partie de la région sous contrôle russe, qui borde la **Crimée**. Pas de lumière. Pas de réfrigération. Pas de pompes à eau. Pour les milliers de civils coincés derrière les lignes de front, cette coupure n'était pas une panne technique — c'était une nouvelle bataille dans une guerre qui se mène désormais autant sur les infrastructures que sur les champs de bataille.

À **Sébastopol**, la plus grande ville de **Crimée** annexée par la Russie en **2014**, les autorités d'occupation ont restreint l'approvisionnement en électricité pour « éviter une surcharge du réseau fragilisé ». Cette fragilité est directement liée aux **attaques de drones ukrainiens** qui ont également provoqué une **crise du carburant** dans la péninsule. En quelques jours, **Sergueï Aksionov**, gouverneur installé par Moscou en Crimée, a ordonné la suspension des colonies de vacances estivales pour enfants et annoncé une **réduction progressive** des trains vers la péninsule.

### Une infrastructure détruite depuis deux ans

La situation énergétique à Kherson n'est pas nouvelle — elle est le résultat d'une destruction systématique des infrastructures civiles depuis la reconquête partielle de la région par l'Ukraine en novembre **2022**. Depuis lors, la ligne de front longe le **Dniepr** : **Kherson-ville** est ukrainienne, la rive droite est russe. Les civils coincés côté russe — dans des villes comme **Oleshky**, **Hola Prystan**, **Nova Zburivka** — vivent depuis lors dans des conditions que le ministère ukrainien des Affaires étrangères qualifie de « **crise humanitaire grave** ».

En mai **2026**, le **Kyiv Independent** documentait la situation à **Oleshky**, ville frontière occupée : environ **2 000 civils** y sont piégés, sans eau potable, sans électricité, sans gaz, sans approvisionnement alimentaire régulier. La population est tombée de **24 000 à 2 000 habitants** — les autres ont fui ou ont été déplacés de force. Plus de **220 demandes d'évacuation directes** ont été reçues par le ministère ukrainien des Affaires étrangères, mais les forces russes minent les routes et interrogent les conducteurs aux barrages.

*Il y a quelque chose d'insupportable dans ces chiffres. Une ville de 24 000 personnes réduite à 2 000 survivants, sans eau, sans lumière, sans nourriture garantie. La guerre énergétique russe ne vise pas que les transformateurs et les centrales — elle vise les humains, leur résistance psychologique, leur capacité à rester. C'est une politique de dépopulation déguisée en opération militaire.*

## La géographie de la guerre énergétique : Kherson entre deux feux

### La spécificité de la zone de Kherson occupée

La région de **Kherson** occupée a une géographie particulière qui en fait un cas unique dans cette guerre. Coincée entre la rive gauche du **Dniepr** et la **Crimée**, cette zone est à la fois militairement exposée — les forces ukrainiennes tirent depuis l'autre rive — et logistiquement isolée, car les ponts ont été détruits et les voies d'approvisionnement sont constamment sous pression. Les infrastructures énergétiques, déjà en mauvais état avant la guerre, ont été systématiquement frappées par les deux camps au fil des combats.

La région comptait avant la guerre une centrale nucléaire à **Enerhodar**, la centrale nucléaire de **Zaporizhzhia** — la plus grande d'Europe — qui se trouve en territoire occupé mais demeure sous surveillance internationale intense. Les six réacteurs sont à l'arrêt depuis **2022**, privant la région d'une source d'énergie considérable. Autour de la centrale, des milliers de travailleurs et leurs familles sont coincés dans ce qui est devenu une **zone grise** entre occupation militaire et nécessité industrielle.

### Les attaques ukrainiennes sur la Crimée et leurs effets en cascade

Les **attaques de drones ukrainiens** sur la **Crimée** au cours des semaines précédant le **26 juin 2026** ont eu des effets en cascade sur tout le système énergétique régional. En frappant des dépôts de carburant, des installations portuaires et des infrastructures militaires, les drones ukrainiens ont indirectement fragilisé l'approvisionnement électrique de zones civiles dépendantes des mêmes réseaux. Le **25 juin 2026**, un drone ukrainien a tué une personne en Crimée, près du passage vers la partie de Kherson tenue par les Russes.

À **Sébastopol**, la restriction électrique pour « éviter la surcharge » traduit en réalité une capacité de production et de distribution gravement entamée par des mois d'attaques ukrainiennes. La flotte russe de la **mer Noire**, decimée depuis **2022**, a été contrainte de replier la majeure partie de ses navires restants vers **Novorossiysk** — signe que même la base navale principale n'est plus sûre, avec des effets directs sur les priorités énergétiques militaires qui empiètent sur le civil.

*La guerre contre les infrastructures énergétiques est à double tranchant. L'Ukraine frappe les installations énergétiques russes pour réduire la capacité militaire de Moscou — c'est une logique militaire défendable. Mais les civils ukrainiens sous occupation paient aussi le prix de cette stratégie. Ce n'est pas une critique de Kyiv — c'est la réalité brutale de ce que signifie libérer des territoires occupés.*

## Oleshky, symbole de l'abandon : témoignages d'une ville fantôme

### De 24 000 à 2 000 habitants : un exode forcé

La ville d'**Oleshky**, sur la rive gauche du **Dniepr**, face à **Kherson**-ville ukrainienne, est devenue le symbole le plus cru de ce que signifie vivre sous **occupation russe** dans une zone de front. Sa population est passée de **24 000 habitants** avant la guerre à environ **2 000 survivants**. Ceux qui restent sont souvent des personnes âgées, des personnes à mobilité réduite — quelque **200 enfants** — qui n'ont pas pu ou voulu partir.

Un habitant d'**Oleshky** qui avait réussi à s'évader en avril **2026** témoignait au **Kyiv Independent** : « **Si la situation ne s'améliore pas, les gens vont simplement mourir de faim là-bas**. Parce qu'il n'y a pas d'issue, pas d'approvisionnement alimentaire qui entre. » Les forces russes minent les routes menant à la ville et interrogent les conducteurs aux barrages de contrôle. Les résidents qui tentent d'acheter de la nourriture ou de fuir en voiture privée sont ciblés par les **drones russes**.

### Pas d'eau, pas de lumière, pas d'avenir

La liste de ce qui manque à **Oleshky** est vertigineuse : **pas d'électricité**, **pas de gaz**, **pas d'eau potable**, **pas de nourriture garantie**, **pas d'options d'évacuation sûres**. Les infrastructures critiques sont détruites. La présence militaire russe est omniprésente. Le ministère ukrainien des Affaires étrangères décrit la situation comme une « **crise humanitaire grave** » causée par la violation par la Russie du droit international humanitaire.

Sur les plus de **6 000 personnes** qui pourraient avoir besoin d'une aide humanitaire dans la zone — incluant les localités de **Hola Prystan**, **Stara Zburivka** et **Nova Zburivka** —, seules quelques dizaines ont pu être évacuées. Le **2 mai 2026**, environ **30 résidents** avaient été évacués d'Oleshky. À ce rythme, l'évacuation de l'ensemble des personnes coincées prendrait des années — des années que beaucoup n'ont pas.

*Trente personnes évacuées sur des milliers qui en ont besoin. Ce chiffre dit tout sur le cynisme de l'occupation russe et l'impuissance des organisations humanitaires face à une armée qui utilise délibérément les civils comme boucliers ou comme variables d'ajustement stratégique. Ce n'est pas une conséquence regrettable de la guerre — c'est une politique.*

## La guerre énergétique comme stratégie systématique

### La doctrine russe de frappe sur les infrastructures civiles

Depuis le début de la guerre totale en **2022**, la **Russie** a développé une doctrine cohérente de frappe sur les infrastructures énergétiques ukrainiennes — centrales thermiques, transformateurs, lignes haute tension, stations de pompage d'eau. Cette doctrine a deux objectifs complémentaires : affaiblir la capacité industrielle et militaire de l'Ukraine en coupant son électricité, et exercer une pression psychologique insoutenable sur la population civile pour l'inciter à fuir ou à se soumettre.

L'**ISW** a documenté **28 frappes** sur des infrastructures pétrolières ukrainiennes en juin **2026** seulement. L'**Institut d'économie de l'énergie de Vienne** estimait fin **2025** que la Russie avait détruit ou gravement endommagé plus de **60 %** de la capacité de production électrique ukrainienne depuis le début du conflit. Dans les territoires occupés, cette destruction est encore plus systématique — car les Russes ne cherchent pas à maintenir des infrastructures qu'ils envisagent de conserver, mais à vider les zones de leur population.

### Zaporizhzhia : la bombe à retardement nucléaire

Au-delà de Kherson, la situation de la centrale nucléaire de **Zaporizhzhia** représente la menace énergétique et humanitaire la plus grave. La plus grande centrale nucléaire d'**Europe**, avec ses **six réacteurs**, est sous occupation russe depuis **mars 2022**. Elle est à l'arrêt depuis lors, ses réacteurs maintenu en « **mode de refroidissement sûr** » par des techniciens ukrainiens sous contrainte. L'IAEA a documenté des dizaines d'incidents liés aux combats aux abords de la centrale.

Le **26 juin 2026**, des missiles russes et des drones ont mis le feu à **Zaporizhzhia-ville** — la ville, pas la centrale — causant au moins **9 blessés**. La ville et ses environs continuent d'être frappés régulièrement, dans une zone où la proximité d'une centrale nucléaire sous pression devrait théoriquement imposer une retenue militaire minimale. Il n'en est rien.

*Une centrale nucléaire sous occupation militaire, à portée de tirs d'artillerie, dans une guerre qui ne connaît pas de zones interdites. Si quelqu'un avait décrit ce scénario en 2021, on lui aurait dit qu'il exagérait. Et pourtant. La facilité avec laquelle Moscou a banalisé l'utilisation d'une centrale nucléaire comme pion stratégique restera l'un des actes les plus irresponsables de cette guerre.*

## Les civils sous double pression : occupation et bombardements

### La réalité des habitants dans les zones grises

La situation des civils dans les territoires occupés de **Kherson** est celle de personnes prises entre deux feux — littéralement. D'un côté, les forces russes d'occupation qui contrôlent leurs mouvements, leurs communications, leur accès à la nourriture. De l'autre, les frappes ukrainiennes qui visent les installations militaires russes mais touchent parfois des zones habitées. Cette double pression crée une forme de **désorientation totale** pour des gens qui ne savent plus d'où vient le danger le plus immédiat.

Le **Parlement européen** a documenté dans une résolution de **2026** que l'année **2025** avait été « **la plus meurtrière pour les civils depuis le début de l'invasion totale** », avec plus de **2 500 morts civils** et plus de **12 000 blessés** — une hausse de plus de **30 %** par rapport à **2024**. Depuis le début de la guerre totale, au moins **14 534 morts civils** ont été documentés par la mission de surveillance des droits de l'homme de l'**ONU**, avec le nombre réel vraisemblablement bien supérieur. Plus de **10,8 millions** d'Ukrainiens ont besoin d'une aide humanitaire.

### L'impossible aide humanitaire dans les zones occupées

L'accès humanitaire aux zones occupées est quasi-inexistant. Les organisations internationales comme le **CICR** ont des possibilités d'action extrêmement limitées dans les territoires sous contrôle russe. La **Russie** n'autorise pas les convois humanitaires qui ne sont pas contrôlés par ses autorités d'occupation. Et ces autorités d'occupation ne sont pas motivées à faciliter l'aide aux civils ukrainiens — leur objectif est plutôt de pousser ces derniers à l'exil ou à l'assimilation forcée.

Dans ce contexte, les initiatives ukrainiennes d'évacuation depuis la rive libre — tentant de faire passer des personnes à travers les lignes de front via des couloirs spéciaux — sont limitées par la présence militaire russe, les mines, et les tirs directs. Les **220 demandes d'évacuation** reçues par le ministère des Affaires étrangères ukrainien représentent la partie visible d'un besoin bien plus vaste. Des milliers de personnes n'ont même pas les moyens de communiquer leur situation à l'extérieur.

*220 demandes d'évacuation. Chaque numéro derrière ce chiffre est une histoire humaine, une famille, une personne âgée seule dans un appartement sans lumière ni eau. Je ne peux pas écrire ces lignes sans une forme de colère. Non pas une colère performative — une colère réelle devant l'indifférence avec laquelle une grande puissance peut traiter les vies civiles comme des variables négligeables dans un calcul géopolitique.*

## La réponse ukrainienne : frapper les sources d'énergie russes

### La logique de la contre-guerre énergétique

Face à la guerre énergétique russe, l'Ukraine a développé sa propre doctrine de **contre-frappes énergétiques** en profondeur sur le territoire russe. En frappant les stations de pompage de pétrole, les raffineries, les dépôts de carburant, l'Ukraine cherche à la fois à réduire les ressources disponibles pour l'armée russe et à imposer à la population russe un coût visible de la guerre. La station de pompage de **Vtorovo**, frappée pour la **deuxième fois** en juin **2026**, représente exactement ce type de cible : un nœud logistique crucial du système pétrolier russe.

Selon le **SBU** (Service de sécurité ukrainien), la station de **Vtorovo** est l'un des hubs logistiques clés du système d'oléoducs de produits pétroliers russes, acheminant du carburant vers les grands dépôts autour de **Moscou** et vers les ports de la **Baltique** pour l'exportation. En frappant ce type d'infrastructure à **700 km** des lignes de front, l'Ukraine démontre sa capacité à mener une guerre économique à longue portée qui va bien au-delà du front tactique.

### Le bilan de la campagne de frappes profondes

Le bilan de la campagne ukrainienne de frappes profondes sur les infrastructures énergétiques russes est impressionnant. L'**ISW** a comptabilisé **210 frappes intermédiaires** ukrainiennes en mai **2026** et **145 en juin**. En mai, l'état-major général ukrainien confirmait **18 frappes réussies** contre des installations pétrolières et gazières russes — le bilan mensuel le plus élevé de l'année. En juin **2026**, la campagne de frappes profondes a touché des installations dans les oblasts de **Vladimir**, **Volgograd**, **Yaroslavl**, **Voronej**, **Tioumen**, **Krasnodar**, et même la **raffinerie de Moscou** pour la deuxième fois en une semaine le **16-18 juin**.

Ces frappes ont des effets documentés : restriction des ventes de carburant en Russie, réduction de la capacité de raffinage, pression sur les marges budgétaires d'une économie de guerre déjà sous tension. L'**Economist** notait que la campagne de frappes profondes ukrainienne avait atteint une cadence sans précédent en juin **2026**, forçant les autorités russes à prendre des mesures d'urgence sur la distribution de carburant.

*Il y a une ironie amère dans le fait que l'Ukraine, dont les infrastructures énergétiques sont systématiquement détruites par les Russes, ait développé l'une des capacités de frappe énergétique à longue portée les plus efficaces du monde. La nécessité est mère de l'innovation. Et la guerre de drones ukrainienne est une réponse adaptative à une menace existentielle qui n'a aucun équivalent dans l'histoire récente.*

## L'hiver comme arme : la dynamique saisonnière de la guerre énergétique

### Le précédent de l'hiver 2024-2025

La guerre énergétique en Ukraine obéit à une logique saisonnière bien établie. Chaque automne-hiver, la **Russie** intensifie ses frappes sur les infrastructures de chauffage, d'électricité et d'eau des villes ukrainiennes pour maximiser l'impact humanitaire sur des populations déjà épuisées. L'hiver **2024-2025** avait été particulièrement brutal : les frappes ciblées sur les centrales thermiques avaient privé des millions d'Ukrainiens d'électricité pendant des heures quotidiennes dans un froid glacial.

Le président **Zelensky** l'a dit explicitement dans son interview à **CBS News** du **31 mai 2026** : la fenêtre de négociation avec la Russie reste ouverte « **jusqu'au prochain hiver, quand Moscou devrait à nouveau s'en prendre aux infrastructures énergétiques critiques d'Ukraine** ». L'hiver est pour la Russie un multiplicateur de force militaire — des températures en dessous de zéro transforment chaque coupure électrique en arme létale, particulièrement pour les personnes âgées et vulnérables.

### La course contre l'hiver 2026

L'Ukraine est donc dans une course contre la montre. Avant l'arrivée du froid — prévu pour octobre-novembre **2026** — elle doit soit trouver une solution diplomatique permettant un cessez-le-feu, soit renforcer suffisamment sa capacité de résilience énergétique pour résister à une nouvelle campagne de destructions russes. Les investissements massifs dans des **générateurs décentralisés**, des systèmes de chauffage d'appoint, des micro-réseaux locaux, représentent une forme d'adaptation qui a des limites claires.

Dans les territoires occupés, cette course est perdue d'avance. Les civils de **Kherson** occupé, d'**Oleshky**, de **Hola Prystan** ne peuvent pas bénéficier des programmes ukrainiens de résilience énergétique. Ils dépendent entièrement des autorités d'occupation russes — dont la priorité est la guerre, pas le bien-être civil des populations qu'elles contrôlent. Pour ces populations, l'hiver prochain s'annonce aussi sombre que les précédents.

*Quand je pense à l'hiver 2026 qui arrive, je pense aux 2 000 personnes d'Oleshky. Je pense aux personnes âgées qui ont refusé de partir parce qu'elles ne pouvaient pas, ou parce qu'elles espéraient que ça passerait. Pour elles, la guerre énergétique n'est pas un concept géopolitique — c'est la question de savoir si elles survivront à janvier. Cette réalité ne doit jamais quitter nos esprits quand on parle de stratégie militaire.*

## L'impact de la coupure sur la Crimée et les militaires russes

### Une Crimée de plus en plus vulnérable

La **Crimée** est depuis l'automne **2022** sous une pression énergétique croissante. La destruction du **pont de Kertch** en **octobre 2022**, puis ses dommages répétés, ont coupé la principale voie d'approvisionnement depuis le continent russe. Les lignes électriques venant du continent sont vulnérables aux frappes. Les dépôts de carburant en Crimée ont été frappés à plusieurs reprises, alimentant la crise du carburant mentionnée par les autorités d'occupation.

Pour la garnison militaire russe en **Crimée** — estimée à des dizaines de milliers de soldats — ces problèmes énergétiques ont des implications opérationnelles directes. La maintenance des équipements militaires, les communications, la logistique : tout dépend d'une alimentation électrique fiable que les autorités d'occupation ont de plus en plus de mal à garantir. La réduction du trafic ferroviaire vers la péninsule impacte à la fois l'approvisionnement civil et les rotations militaires.

### La flotte de la mer Noire en déroute

L'un des aspects les plus spectaculaires de la guerre en mer Noire est la destruction partielle de la flotte russe. Les drones maritimes ukrainiens ont coulé ou gravement endommagé plusieurs navires russes, forçant le déplacement de la flotte de **mer Noire** de **Sébastopol** vers **Novorossiysk**. Cette retraite navale a des conséquences énergétiques : les besoins militaires des installations navales de Sébastopol ont changé, mais les civils de la ville n'en pâtissent pas moins des restrictions électriques imposées par la « **surcharge du réseau** ».

En réalité, cette « surcharge » est le résultat d'une infrastructure énergétique en Crimée qui n'a jamais été conçue pour supporter à la fois les besoins civils normaux et ceux d'une présence militaire massive en temps de guerre. La Russie a occupé la Crimée en **2014** sans prévoir l'impact à long terme sur les infrastructures énergétiques de la péninsule — un exemple supplémentaire de l'improvisation stratégique qui caractérise l'occupation russe en Ukraine.

*La flotte russe de la mer Noire contrainte de fuir Sébastopol vers Novorossiysk : c'est une défaite stratégique que personne n'avait anticipée en 2022. Les drones maritimes ukrainiens artisanaux ont accompli ce que des décennies de marine de guerre n'auraient peut-être pas pu faire. Et pendant ce temps, les civils de Sébastopol vivent avec des coupures électriques. C'est la guerre dans toute sa complexité absurde.*

## Les témoignages du terrain : journalisme en zone de conflit

### Les difficultés d'accès à l'information

Couvrir la situation dans les territoires occupés de **Kherson** est un exercice journalistique périlleux. L'accès direct est quasi-impossible pour les journalistes indépendants — les autorités d'occupation russes contrôlent strictement les entrées dans ces zones. Les informations disponibles proviennent essentiellement de trois sources : les témoignages de civils ayant réussi à fuir, les communications interceptées ou publiées sur les réseaux sociaux, et les rapports des organisations humanitaires qui maintiennent un contact limité avec ces populations.

Le **Kyiv Independent** a documenté le témoignage d'un habitant d'**Oleshky** évadé en avril **2026** — un exemple rare d'information directe en provenance de cette zone. Ces témoignages sont précieux mais nécessairement partiels. Ils donnent un aperçu de conditions de vie que les statistiques humanitaires ne peuvent pas entièrement capturer. La réalité des quelque **2 000 personnes** restées dans cette ville de front est probablement encore plus difficile que ce qui est documenté.

### L'information comme acte de résistance

Dans ce contexte d'accès limité, l'information elle-même devient un acte de résistance. Les civils qui parviennent à sortir des zones occupées et à témoigner — à des journalistes, au ministère des Affaires étrangères, aux organisations humanitaires — contribuent à maintenir une pression internationale sur la Russie pour ses violations du droit humanitaire. Chaque témoignage documenté, chaque demande d'évacuation enregistrée, est une preuve supplémentaire qui pourra être utilisée dans le cadre d'éventuelles poursuites pour **crimes de guerre**.

Le ministère ukrainien des Affaires étrangères collecte systématiquement ces informations. La mission de surveillance des droits de l'homme de l'**ONU** documente les violations. Ces archives patiemment construites constituent un corpus de preuves qui a déjà conduit à des **mandats d'arrêt de la CPI** — notamment contre **Vladimir Poutine** pour la déportation forcée d'enfants ukrainiens. La guerre énergétique dans les territoires occupés pourrait bientôt s'y ajouter.

*Je suis convaincu que l'histoire retiendra ce que Poutine a fait à Kherson — pas comme un épisode de guerre, mais comme une politique délibérée de destruction et d'expulsion d'une population. Les archives se constituent. Les preuves s'accumulent. Et un jour, devant la justice internationale ou devant les livres d'histoire, ces témoignages d'Oleshky, de Hola Prystan, de Nova Zburivka parleront.*

## Les réponses internationales : insuffisantes mais présentes

### Les sanctions et leur impact limité sur la situation humanitaire

La **communauté internationale** a répondu aux exactions russes dans les territoires occupés par des **sanctions** et des résolutions diplomatiques. L'**Union européenne** a adopté en juin **2026** son **21e paquet de sanctions** contre la Russie, incluant des mesures sur l'énergie, la finance, les cryptomonnaies, la « **flotte fantôme** » de navires russes transportant du pétrole, et le renforcement du price cap sur le pétrole russe à **44,10 dollars le baril**.

Ces sanctions ont des effets documentés sur l'économie russe — le prix du pétrole Oural est tombé à **44,3 dollars le baril** contre **109,7 dollars** au début avril — mais leur impact immédiat sur la situation des civils à Kherson est nul. Les habitants d'**Oleshky** n'ont pas l'électricité que les sanctions auront peut-être contribué à rétablir dans cinq ans en affaiblissant suffisamment l'économie de guerre russe. La géopolitique et l'humanitaire se meuvent à des vitesses incompatibles.

### L'aide humanitaire de l'ONU : insuffisante face aux besoins

L'**ONU** estimait en **2026** avoir besoin de **2,3 milliards de dollars** pour fournir une aide à **4,1 millions d'Ukrainiens** prioritaires. À la mi-**2026**, le financement ne couvrait que **12 %** des besoins projetés — un déficit de **2 milliards de dollars** qui se traduit directement par moins de nourriture, moins de médicaments, moins d'abri pour les populations les plus vulnérables. Dans les territoires occupés, même ce financement limité ne peut atteindre les personnes qui en ont besoin.

Le **Parlement européen**, dans sa résolution de **2026**, a appelé à une aide humanitaire renforcée et à une pression accrue sur la Russie pour garantir l'accès humanitaire aux zones occupées. Ces appels sont légitimes mais restent pour l'instant sans effet pratique sur le terrain. La Russie n'autorise pas l'accès humanitaire indépendant dans les zones qu'elle contrôle, et aucune puissance n'est en mesure de l'y contraindre sans risquer une escalade militaire.

*Douze pour cent. C'est la part des besoins humanitaires ukrainiens financés par la communauté internationale selon les données ONU. Dans un monde où les mêmes gouvernements allient peuvent mobiliser 60 milliards de dollars pour des armes, trouver 2 milliards pour l'aide humanitaire ne devrait pas être un problème insurmontable. Et pourtant. Les budgets de la guerre et ceux de l'humanitaire opèrent dans des sphères politiques séparées — c'est une absurdité institutionnelle.*

## La guerre énergétique dans la doctrine militaire contemporaine

### Un précédent pour les conflits futurs

La guerre en Ukraine a transformé notre compréhension de la **guerre énergétique**. Ce conflit a démontré que les infrastructures énergétiques — centrales électriques, gazoducs, stations de pompage, raffineries — sont des cibles militaires de premier ordre dans une guerre moderne à grande échelle. Cette doctrine ne disparaîtra pas avec la fin du conflit ukrainien. Elle a déjà été intégrée dans la planification militaire de nombreux acteurs étatiques.

Pour l'**OTAN** et ses alliés, la leçon ukrainienne implique une révision profonde de la protection des infrastructures critiques. La **résilience énergétique** est désormais une composante essentielle de la doctrine de défense — pas seulement pour l'Ukraine, mais pour tous les pays qui pourraient se trouver confrontés à un conflit de haute intensité. Les investissements dans des micro-réseaux, des capacités de production décentralisées, des réserves stratégiques d'énergie ont pris une signification nouvelle depuis **2022**.

### La différence entre territoires libres et occupés

Ce qui distingue la situation des civils ukrainiens sous occupation russe de celle de leurs concitoyens dans les territoires libres, c'est précisément leur incapacité à bénéficier de la résilience construite par l'Ukraine libre. À **Kyiv**, à **Lviv**, à **Odessa**, des systèmes de sauvegarde existent : générateurs de quartier, abris antiatomiques équipés, programmes de distribution de groupes électrogènes, réseaux de chaleur modernisés. Ces investissements de résilience ne peuvent pas franchir les lignes d'occupation.

Pour les habitants d'**Oleshky** ou de **Hola Prystan**, la « **résilience énergétique** » est un concept aussi lointain que la paix. Ils survivent avec des bougies, des téléphones à batterie solaire chargés lors d'interruptions aléatoires de courant, des provisions constituées quand les routes sont encore praticables. Cette adaptabilité désespérée est admirable — mais ce n'est pas une stratégie, c'est une survie au jour le jour.

*La résilience n'est pas la même chose pour tout le monde. Pour l'Ukraine libre, c'est une politique, un investissement, une capacité institutionnelle. Pour les civils sous occupation, c'est juste la capacité de tenir encore un jour. Cette différence fondamentale doit être au cœur de toute discussion sur la reconstruction d'après-guerre — et sur la justice que l'Ukraine mérite.*

## Perspectives d'avenir : libération ou normalisation du désastre

### La question de la libération des territoires occupés

La question à long terme pour les civils de **Kherson** occupé est celle de leur libération. Si l'Ukraine parvient à libérer ces territoires militairement — comme elle l'a fait avec Kherson-ville en novembre **2022** — les civils pourront accéder aux programmes de reconstruction, d'aide humanitaire et de normalisation de la vie quotidienne. Mais cette perspective suppose que l'Ukraine maintienne sa capacité offensive et que la communauté internationale continue à la soutenir.

Si, en revanche, un accord de paix géle les lignes de front actuelles — une hypothèse que Zelensky ne peut pas totalement exclure dans sa recherche d'une paix avant l'hiver **2026** — les civils de ces zones occupées seraient abandonnés à leur sort pour une durée indéfinie. L'expérience du Donbass depuis **2014** montre ce que cela signifie : une occupation qui dure, une population qui diminue, une normalisation progressive du désastre.

### La reconstruction comme horizon indispensable

Dans tous les scénarios, la **reconstruction** des infrastructures énergétiques sera un défi colossal. La **Banque mondiale** estimait fin **2025** que la reconstruction de l'Ukraine nécessiterait plus de **500 milliards de dollars** sur plusieurs décennies. Les infrastructures énergétiques représentent une part majeure de ce chiffre — des centrales thermiques à reconstruire, des réseaux de distribution à moderniser, des systèmes de transport du gaz à réparer.

Dans les territoires actuellement occupés, cette reconstruction ne peut pas commencer avant la libération. Chaque mois de plus sous occupation est un mois de dégradation supplémentaire des infrastructures, un mois de souffrance civile supplémentaire, un mois de population déplacée qui ne reviendra peut-être jamais. La guerre énergétique à **Kherson** n'est pas qu'une bataille militaire — c'est une course entre la destruction systématique et la résilience humaine.

*500 milliards de dollars pour reconstruire l'Ukraine. C'est le prix de ce qu'une seule décision de Poutine — envahir un pays souverain — a coûté à l'humanité. Ce chiffre devrait être rappelé chaque fois que quelqu'un parle de "compromis" ou de "réalisme" face à l'agression russe. Il n'y a pas de compromis raisonnable avec quelqu'un qui a décidé de détruire un pays entier.*

## Les drones ukrainiens contre l'infrastructure énergétique russe : la réciprocité offensive

### Frapper les sources d'énergie ennemies en réponse

Face à la destruction systématique de son infrastructure énergétique par les frappes russes, l'**Ukraine** a adopté une stratégie de réciprocité offensive : frapper les sources d'énergie russes pour imposer un coût symétrique. La campagne de **deep-strike ukrainienne**, intensifiée depuis début **2026**, cible délibérément les **raffineries de pétrole**, les **dépôts de carburant** et les **stations de pompage** russes — avec l'objectif de réduire la capacité russe à financer et à alimenter sa machine de guerre. L'**ISW** documentait dans son évaluation du **22 juin 2026** que **28 frappes sur des infrastructures pétrolières** russes avaient été menées rien qu'en juin — une cadence sans précédent qui illustre l'intensification de cette dimension de la guerre.

Cette stratégie n'est pas seulement symbolique — elle a des effets économiques mesurables. Les **Urals**, pétrole de référence russe, se négocient à environ **44 dollars le baril** en juin **2026**, en partie en raison des interruptions de production causées par les frappes ukrainiennes sur les raffineries. La destruction de capacités de raffinage prive la **Russie** de revenus pétroliers et complique l'approvisionnement en carburant de ses forces armées. Chaque raffinerie ukrainienne frappée par les missiles russes est aussi une raffinerie russe frappée par les drones ukrainiens — une réciprocité qui transforme la guerre énergétique en bataille d'usure dont l'issue dépend des capacités de production et de résilience respectives des deux camps.

### La campagne des 40 jours : une offensive énergétique coordonnée

Le **25 juin 2026**, **Zelensky** approuvait une opération d'influence de **40 jours** destinée à maximiser la pression sur la **Russie** avant les négociations potentielles de l'hiver. Dans ce cadre, la composante énergétique de la campagne de frappes ukrainiennes est particulièrement significative : **660 drones** ont été lancés en une semaine selon les rapports disponibles, dont une partie ciblait directement l'infrastructure pétrolière russe. Cette campagne vise à démontrer que l'**Ukraine** peut imposer des coûts économiques réels à la **Russie** — au-delà des destructions sur le front — et à créer une pression supplémentaire sur le **Kremlin** pour qu'il envisage sérieusement des négociations depuis une position de faiblesse économique croissante.

Pour les habitants de **Kherson** et des territoires occupés qui vivent sans électricité depuis des mois, cette réciprocité offensive a une dimension particulière : leur souffrance quotidienne devient l'argument moral et stratégique de la campagne ukrainienne. Les Ukrainiens frappent les raffineries russes non par désir de vengeance, mais pour forcer **Moscou** à comprendre que la guerre a un coût réel pour les **Russes ordinaires** aussi — et peut-être, si la pression s'accumule, pour créer les conditions d'un changement dans le calcul politique du **Kremlin**.

*La réciprocité offensive ukrainienne est une réponse logique à la guerre énergétique russe. Si Moscou utilise le froid et les ténèbres comme armes, alors Kyiv a le droit — et la capacité — de répondre sur le même terrain. Ce n'est pas une vengeance aveugle. C'est une stratégie visant à imposer un coût économique qui convainque Poutine que cette guerre ne lui rapporte pas assez pour valoir la peine d'être continuée.*

## La solidarité internationale et ses limites : ce que Kherson nous apprend

### L'aide humanitaire face à la destruction systématique

La réponse internationale à la guerre énergétique dans la région de **Kherson** illustre à la fois la mobilisation remarquable des démocraties occidentales et ses limites structurelles. Des **générateurs** fournis par l'**Union européenne**, les **États-Unis** et des organisations humanitaires permettent de maintenir des fonctions minimales dans les zones contrôlées par l'Ukraine. Des équipes de réparation ukrainiennes, travaillant sous la menace constante de nouvelles frappes, s'efforcent de rétablir l'électricité quelques heures après chaque attaque. Cette résilience opérationnelle — réparer aussi vite que les Russes détruisent — est admirable, mais elle ne résout pas le problème fondamental : tant que les frappes continuent, les populations vivent dans une instabilité énergétique permanente.

Les organisations humanitaires internationales documentent l'impact dévastateur de cette guerre énergétique sur les **civils** de **Kherson** et des zones adjacentes. Des hôpitaux qui fonctionnent à l'énergie de générateur, des systèmes d'eau potable interrompus, des enfants qui ne peuvent pas étudier faute d'électricité, des personnes âgées qui meurent d'hypothermie en hiver — ce sont les victimes invisibles de la guerre énergétique, celles dont les noms n'apparaissent pas dans les bilans de combats mais dont la vie quotidienne est détruite méthodiquement par les frappes russes. La communauté internationale ne peut pas reconstruire aussi vite que la Russie détruit.

### L'Ukraine comme modèle de résilience pour les démocraties

Paradoxalement, la façon dont l'**Ukraine** fait face à cette guerre énergétique systématique est devenue un modèle de résilience étudié par les démocraties occidentales. Les **systèmes de défense antiaérienne** protégeant les infrastructures critiques ukrainiennes, les procédures de réparation rapide développées par **DTEK** et les opérateurs de réseaux ukrainiens, la décentralisation de la production d'énergie par des microcentrales et des générateurs distribués — toutes ces adaptations sont documentées et analysées par les planificateurs de la résilience en **Europe** et en **Amérique du Nord**. La **Suède, la Finlande, les Pays baltes** — des pays qui se savent potentiellement dans la ligne de mire russe — tirent les leçons opérationnelles de l'expérience ukrainienne.

Ce transfert de savoir-faire est une forme de solidarité moins visible que les livraisons d'armes, mais tout aussi précieuse sur le long terme. L'**Ukraine** de **2026**, avec ses réseaux d'énergie partiellement détruits mais toujours en fonctionnement, avec ses opérateurs qui réparent sous les bombes, avec ses civils qui s'adaptent à des conditions que personne n'aurait imaginées possibles il y a quatre ans, est un exemple de ce que la résilience démocratique peut accomplir face à une agression qui mise précisément sur l'épuisement moral et physique. **Kherson** dans le noir — mais **Kyiv** debout.

*Kherson dans le noir, Kyiv debout. Cette formule résume quelque chose d'essentiel sur cette guerre : même dans les pires conditions de destruction systématique, l'Ukraine refuse de plier. Ce n'est pas de la bravoure naïve — c'est une stratégie délibérée de résilience qui vise à survivre jusqu'au moment où la pression sur Moscou deviendra insoutenable. Je crois qu'elle y arrivera.*

## Conclusion : Kherson, miroir d'une Europe qui doit choisir

### La guerre énergétique, symbole de l'enjeu de cette guerre

La situation de **Kherson** occupé — ses coupures d'électricité, ses civils piégés, ses villes vidées de leur population — est un miroir concentré de ce que signifie perdre contre la Russie. Ce n'est pas une guerre de territoire abstraite. C'est une guerre contre des populations, contre des infrastructures, contre la capacité même des gens à vivre. Chaque nuit sans lumière à **Oleshky**, chaque famille qui ne peut pas réchauffer ses enfants, chaque personne âgée qui manque de médicaments : ce sont les visages concrets de ce conflit.

L'**Europe** doit choisir. Soit elle soutient l'Ukraine avec suffisamment de détermination pour que cette guerre se termine par une restauration de la souveraineté ukrainienne, soit elle laisse s'installer un précédent catastrophique où la destruction d'une démocratie est récompensée par la conservation des gains territoriaux. Les coupures d'électricité à **Kherson** ne sont pas un problème ukrainien — elles sont le symptôme d'un ordre international qui se défait si on ne le défend pas activement.

### L'urgence de l'action avant l'hiver

L'hiver **2026** approche. La fenêtre diplomatique identifiée par **Zelensky** se ferme. Chaque semaine qui passe sans avancée vers la paix est une semaine de plus d'obscurité pour les civils de **Kherson** occupé. L'urgence n'est pas abstraite — elle est mesurable en degrés Celsius, en kilowattheures manquants, en bouteilles d'eau à trouver. L'Occident a les moyens d'agir : continuer à armer l'Ukraine pour qu'elle négocie en position de force, et maintenir la pression diplomatique sur **Moscou** pour obtenir un accès humanitaire minimum pour les civils des zones occupées. Ce n'est pas beaucoup demander à des démocraties riches face à une tragédie si documentée.

*Kherson est le miroir de cette guerre — une guerre qui détruit des vies ordinaires, des familles, des maisons, des rêves, pour les ambitions imperiales d'un seul homme à Moscou. L'Europe ne peut pas rester indifférente face à cela. Elle ne le peut moralement, et elle ne le peut stratégiquement. Si Kherson tombe dans l'oubli, c'est l'Europe entière qui sera menacée demain. Ce choix nous appartient.*

**Signé Maxime Marquette, chroniqueur**

## Encadré de transparence du chroniqueur

### Positionnement éditorial

Je ne suis pas journaliste, mais **chroniqueur et analyste**. Mon expertise réside dans l'observation et l'analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.

Je ne prétends pas à l'objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. **Je prétends à la lucidité analytique**, à l'interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d'offrir une lecture critique des événements.

### Méthodologie et sources

Ce texte respecte la distinction fondamentale entre **faits vérifiés et analyses interprétatives**. La règle de méthode est constante : une information factuelle n'est publiée que si une source vérifiable la porte, et les sources effectivement utilisées par cet article sont listées sous **Sources**, jamais ici.

**Familles de sources primaires** retenues par la publication, quand le dossier en comporte : communiqués officiels des gouvernements et institutions internationales, déclarations publiques des dirigeants politiques, rapports d'organisations intergouvernementales, dépêches d'agences de presse internationales reconnues.

**Familles de sources secondaires** : publications spécialisées, médias d'information reconnus internationalement, analyses d'institutions de recherche établies, rapports d'organisations sectorielles.

Quand un article cite des données statistiques, économiques ou géopolitiques, elles proviennent d'institutions productrices de données (organisations intergouvernementales, banques centrales, instituts statistiques nationaux), et l'institution exacte est nommée sous **Sources**.

### Nature de l'analyse

Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une **synthèse critique et contextuelle** basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d'experts cités dans les sources consultées.

Mon rôle est d'interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et économiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l'observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs globaux.

Cet article décrit un état documenté à sa date de publication, et non une prédiction : une évolution ultérieure peut en déplacer les perspectives. Aucune mise à jour n'est promise d'avance; lorsqu'un article est corrigé ou complété, la modification est datée dans le texte.

## Sources

### Sources primaires

- [Reuters/US News — Kherson occupé sans électricité, confirme le gouverneur pro-russe Saldo — 25 juin 2026](https://www.usnews.com/news/world/articles/2026-06-25/russia-controlled-areas-of-ukraines-kherson-left-with-no-power-moscow-official-says)

- [Kyiv Independent — Crise humanitaire grave dans la partie occupée de Kherson, Oleshky — 7 mai 2026](https://kyivindependent.com/ukraine-condemns-severe-humanitarian-crisis-in-occupied-part-of-kherson-oblast-calls-for/)

- [Parlement européen — Résolution sur les victimes civiles en Ukraine : 14 534 morts documentés, 2025 année la plus meurtrière — 2026](https://www.europarl.europa.eu/doceo/document/B-10-2026-0143_EN.html)

- [ISW — Évaluation de la campagne offensive russe, 26 juin 2026, frappes sur Zaporizhzhia](https://understandingwar.org/research/russia-ukraine/russian-offensive-campaign-assessment-june-26-2026/)

### Sources secondaires

- [RBC-Ukraine — Ukraine frappe à nouveau la station de pompage Vtorovo — 27 juin 2026](https://newsukraine.rbc.ua/news/ukraine-repeats-strike-on-fuel-infrastructure-1782550352.html)

- [Euromaidan Press — Rutte : 60 milliards nécessaires pour l'Ukraine en 2026 — 15 avril 2026](https://euromaidanpress.com/2026/04/15/rutte-at-ramstein-nato-allies-need-60-billion-more-for-ukraine-in-2026/)

- [Ukrainska Pravda — Ukraine frappe deux stations de pompage pétrolières russes à 700 km — 10 juin 2026](https://www.pravda.com.ua/eng/news/2026/06/10/8038633/)

- [Straits Times — Ukraine frappe usine de défense Volgograd, missiles Flamingo — 27 juin 2026](https://www.straitstimes.com/world/europe/ukraine-hits-defence-plant-in-russias-volgograd-region-zelenskiy-says)

- [Euronews — Kyiv et Moscou échangent des frappes, Ukraine touche usine d'armes en profondeur — 27 juin 2026](https://www.euronews.com/my-europe/2026/06/27/kyiv-and-moscow-trade-strikes-as-ukraine-hits-arms-factory-deep-in-russia)

---

Source : Maxime Marquette, MadMax. Pour citer ce texte, nommer l’auteur et lier https://mad-max.co/fr/article/reportage-kherson-dans-le-noir-la-guerre-energetique-frappe-les-civils-occupes
