# RÉCIT : Un feu surveillé toute la journée, un vent qui tourne, quatre soldats qui ne rentrent pas

> Il est environ 16 h. Heure des Rocheuses. Samedi 17 octobre. La base de Wainwright, en Alberta. Un exercice de tir réel. Il s'appelle Apollo Shooter.

- Auteur: Maxime Marquette
- Publication: MadMax (https://mad-max.co)
- Rubrique: Reportage
- Publié: 2026-10-24
- Adresse à citer: https://mad-max.co/fr/article/recit-un-feu-surveille-toute-la-journee-un-vent-qui-tourne-quatre-soldats-qui-ne

## Seize heures, un samedi d'octobre

### L'heure

Il est environ **16 h**. Heure des Rocheuses. Samedi 17 octobre.

La base de Wainwright, en Alberta. Un exercice de tir réel. Il s'appelle Apollo Shooter.

Un feu brûle déjà. Depuis des heures. Sur un champ de tir.

Les militaires le savent. Ils le surveillent. Ils ne l'éteignent pas. Ils ne peuvent pas.

Le vent tourne. Il forcit. Le feu bondit. Près d'un kilomètre. En moins d'une minute. Vers des soldats rassemblés.

Quatre d'entre eux ne rentreront pas. Trente-neuf sont blessés. En quelques minutes. Le premier ministre l'a dit aux Communes. Ce lundi.

### Ce que ce récit ne fera pas

Ce récit n'invente rien. Aucun cri. Aucune course décrite que personne n'a rapportée. Les faits viennent des enquêteurs, des généraux, du premier ministre. Rien d'autre.

Il ne juge pas les soldats. Il regarde la chaîne des décisions. Un feu connu. Un exercice maintenu. Un vent. Quatre morts.

Un feu qu'on surveille pendant des heures sans l'éteindre, sur un champ interdit aux pompiers, pendant qu'on continue à tirer à côté, est une décision.

Cette décision a un propriétaire. L'enquête doit le nommer. Nous attendrons. Mais nous n'oublierons pas.

*Un feu surveillé, un vent, quatre soldats.*

## Le champ de tir où tout commence

### Le lance-grenades

Le feu part d'un champ de tir au lance-grenades automatique. La brigadière-générale Vanessa Hanrahan l'a confirmé jeudi.

Elle est grande prévôt des Forces canadiennes. Elle dirige la police militaire. Elle a parlé jeudi soir.

"L'enquête a confirmé que le feu a pris lors d'un événement d'entraînement" sur ce champ.

Activités de routine. Le mot est le sien. De la routine.

Le feu reste dans la zone de danger permanent numéro 2. C'est une zone clôturée.

Des munitions non explosées peuvent s'y trouver. Sous l'herbe. Sous les pas.

Les pompiers ne peuvent pas y entrer. Même après la fin du tir. Une munition pourrait exploser. Alors on regarde. Toute la journée. De loin.

### Ce que "surveillé" veut dire

Le communiqué de la police militaire emploie le mot.

Le feu "a donc été surveillé tout au long de la journée". Surveillé, donc. Pas combattu. Pas éteint.

Le major-général Wade Rutland commande la 1re Division.

Il a dit que les officiers savaient depuis des heures. Qu'ils le croyaient contenu. Que l'entraînement a continué. À côté.

Puis "un changement de direction et de vitesse du vent" a augmenté l'intensité.

Et la vitesse. Les mots sont ceux de la police militaire. Pas les nôtres.

Un feu qu'on ne peut pas éteindre et qu'on choisit de regarder brûler n'est pas sous contrôle, il est en attente de vent.

Le vent est venu. Vers 16 h. Il a tout pris.

## Un kilomètre en moins d'une minute

### Deux champs de tir

Il y a deux zones ce jour-là. La première : le champ de lance-grenades.

C'est là que le feu naît. La seconde : un champ de tir en binôme. Plus loin.

En binôme, deux soldats attaquent une cible. L'un couvre. L'autre avance. Puis ils échangent. Radio-Canada décrit l'exercice. C'est de l'infanterie de base. Le métier.

Environ **84 soldats** de la compagnie Charlie s'y entraînent. Avec des réservistes. À un kilomètre du feu. À peu près.

Le feu est de l'autre côté. Il brûle. On le regarde. Un kilomètre, cela paraît loin. Dans une prairie sèche, ce n'est rien. Une minute.

### Le saut

Le vent change. Direction et vitesse. Les flammes passent les coupe-feu.

La Presse canadienne dit qu'elles les ont "contournés". Elles filent vers le champ en binôme. Droit dessus.

Puis elles envahissent la zone administrative de l'unité. La Défense nationale emploie ces mots.

C'est là que les soldats sont rassemblés. Tous ensemble. Près d'un kilomètre. Moins d'une minute.

Rutland pose la question ouverte. Le vent a-t-il porté les flammes au-dessus des coupe-feu ?

Ou le feu a-t-il couru sous la végétation ? Un feu invisible. Jusqu'au bout.

Puis le feu sort de la base. Il brûle au-delà. Les secours civils et militaires l'arrêtent. Côte à côte.

Personne ne sait encore combien de temps a duré le saut.

Un feu qui franchit un kilomètre en moins d'une minute ne laisse à personne le temps de décider, la décision devait être prise avant.

Avant, il y avait des heures. Après, une minute. Pas plus.

## Les quatre noms

### Trois soldats

Aidan Goulding. Simple soldat. **23 ans**. De North Vancouver. Il répondait à chaque épreuve par une blague.

Quand d'autres peinaient, il portait plus que sa part. On ne le lui demandait pas.

Shaun Farrell. Simple soldat. 23 ans. De Prince Albert, en Saskatchewan.

Son bataillon l'appelait le grand maître des échecs. Il voulait faire carrière dans les Forces. Toute sa vie.

Hayden Lykkemark. Simple soldat. 19 ans. De Langley, en Colombie-Britannique. Il savait alléger une journée dure.

Il rêvait de police. Farrell et lui étaient inséparables. Deux amis.

Trois soldats. Du 3e Bataillon du Princess Patricia's Canadian Light Infantry. Basé à Edmonton.

Les portraits sont ceux du premier ministre. Lus aux Communes. Un par un.

### Un sergent

Morgan Wong. Sergent, lui. 26 ans. Il vient d'Edmonton. Du Loyal Edmonton Regiment. Un régiment de réserve. Il servait avec le 3e Bataillon. Un réserviste.

Il avait déjà servi en Lettonie. Avec l'OTAN. Il préparait sa deuxième mission en Europe.

Sa famille dit qu'il était toujours là. Pour quiconque en avait besoin. Toujours là.

Le plus vieux des quatre a 26 ans. Le plus jeune, 19.

Deux étaient meilleurs amis. Ils s'entraînaient pour la Lettonie. Au printemps prochain. Face à la Russie.

Quatre jeunes hommes qui apprenaient à défendre un flanc de l'OTAN sont morts dans une prairie d'Alberta à cause d'un vent et d'une décision.

Leurs noms sont ici. Ils resteront ici.

## Les trente-neuf autres

### Le compte

Trente-neuf blessés. Vendredi, **27** sont encore à l'hôpital. Douze sont sortis. La Défense nationale a publié le compte. Ce vendredi.

Jeudi, 13 étaient dans un état critique. La Presse canadienne tient le chiffre. Des brûlures graves. Des semaines de soins. Des mois. Peut-être des années.

Quatre hôpitaux. Edmonton, Calgary, Red Deer, Wainwright. Des officiers de liaison accompagnent les familles. Des aumôniers. Des équipes de santé mentale. Quatre villes.

Pierre Poilievre est le député de Wainwright. Le chef conservateur.

Il a dit que la vie de plusieurs blessés ne serait "peut-être plus jamais la même".

### Ceux qui ont couru vers le feu

Poilievre rapporte des récits. Des soldats qui ont couru vers les flammes. Pour aider leurs camarades.

Il parle "d'actes de courage extraordinaires". Nous ne les décrirons pas. Nous ne les avons pas vus. Nous n'y étions pas.

Il avait rencontré Goulding. À la fête du Canada. En juillet. Sur la base.

Un groupe de jeunes soldats voulait une photo. Quelqu'un lui a renvoyé la photo. Après le feu.

Le feu a aussi franchi les limites de la base. Il a brûlé au-delà. Des champs.

Les secours militaires et civils l'ont contenu. Les infrastructures de la base sont intactes. Les bâtiments tiennent.

Vingt-sept lits d'hôpital pour un exercice de tir, c'est le chiffre qui dira longtemps ce que coûte une après-midi d'octobre.

Les lits se vident lentement. Les questions, non.

*Vingt-sept lits, quatre noms, aucune réponse.*

## Ce que disent les ordres permanents

### Avant 10 h

La base a des ordres permanents pour ses champs de tir. La Presse canadienne les a lus.

Entre **août et octobre**, les unités doivent planifier leurs tirs tôt le matin.

Le risque de feu est alors "normalement assez bas pour permettre le tir de la plupart des munitions".

Avant 10 h environ. C'est écrit. Noir sur blanc.

Le feu a été signalé sur le champ de lance-grenades. L'heure exacte n'est pas publique.

Mais les soldats tiraient encore à 16 h. Six heures après la fenêtre. Au moins.

Un document qui recommande de tirer avant 10 h et une tragédie à 16 h posent une question simple.

Qui a décidé l'après-midi ?

### L'officier de sécurité

Le règlement militaire est clair. L'officier de sécurité du champ de tir décide si l'exercice continue.

Et dans quelles conditions. CBC le rappelle. Une seule personne décide.

Rutland dit que les responsables au sol considèrent la météo. La sécheresse.

Le type de munitions. Ce jour-là, ils ont considéré. Et ils ont continué. Jusqu'à 16 h.

La décision de tenir un tir réel en pleine saison de feu fera partie de l'enquête.

La Presse canadienne l'écrit. C'est le cœur du dossier. Tout le reste suit.

Quand les ordres disent "le matin" et que l'exercice se tient l'après-midi, quelqu'un a signé un écart, et un écart a un nom.

Le nom est dans un dossier. Pas encore public. Un jour.

## Ce que la générale a dit

### Le feu comme réalisme

Jennie Carignan est cheffe d'état-major de la Défense. Elle a parlé à CBC lundi.

Sa première entrevue. Elle a dit une chose. Elle mérite d'être pesée.

Il est normal, dit-elle, de continuer à s'entraîner quand un feu de broussailles brûle à proximité.

Cela ajoute des conditions réalistes. Celles du combat. Il y a des limites. La sécurité prime. C'est elle qui le dit.

"Les gens sur le terrain déterminent comment cela peut affecter l'entraînement, et des mesures d'atténuation sont mises en place." C'est sa phrase. Mot pour mot.

Un feu à côté de l'exercice n'est donc pas une anomalie. C'est une pratique.

Assumée par la plus haute gradée du pays. Trois jours après. À froid.

### Le cœur brisé

Elle a aussi dit avoir "le cœur brisé". Elle a offert ses condoléances.

"Je sais que les mots ne peuvent pas soulager votre chagrin." Nous la croyons. Sur ce point.

Elle promet de rendre publiques les conclusions de la commission d'enquête. Une fois terminée. Aucune date. Lundi, elle rédigeait encore le mandat.

Si de nouvelles mesures de sécurité sont nécessaires, les Forces les appliqueront "immédiatement". La Presse canadienne rapporte l'engagement. Nous le gardons.

Une armée qui tient le feu voisin pour un réalisme utile devra expliquer où passe la limite entre le réalisme et quatre cercueils.

La générale a promis la vérité. Nous notons la promesse. Avec la date.

## Trois enquêtes, cinquante enquêteurs

### Les trois

Première enquête : la police militaire. Indépendante de la chaîne de commandement.

Elle cherche si les règles ont été suivies. Ou s'il y a eu négligence. Trente policiers au sol. Jeudi.

Deuxième : une commission d'enquête. Un processus administratif. Elle demande si les règles elles-mêmes sont bonnes. Elle recommande. Elle ne punit pas. Pas une fois.

Troisième : le Bureau du médecin légiste en chef de l'Alberta. Une enquête civile.

Il intervient pour les morts soudaines ou violentes. La GRC l'assiste. À sa demande.

Au total, **50 enquêteurs**. Le premier ministre l'a dit lundi. Le Service national des enquêtes mène. La GRC appuie. Cinquante personnes.

### Le délai

Rutland parlait d'un mois dimanche. Il s'est repris. Il faudra "au moins un mois".

Peut-être plus. Les munitions seront examinées. Les mesures de sécurité aussi. Les ordres aussi.

Hanrahan n'écarte rien. Pas même la piste criminelle. Elle "ne peut pas encore être écartée". Toutes les pistes restent ouvertes. Toutes les pistes.

Elle a aussi fermé une porte. Aucune infrastructure de gaz naturel n'est impliquée. Ni touchée. La rumeur est morte jeudi. Tant mieux.

Cinquante enquêteurs pour une prairie et une après-midi, c'est beaucoup, et c'est le minimum que quatre familles peuvent exiger.

Le compte des enquêteurs est bon. Le compte des réponses commence.

## La commission qui ne cherche pas de coupable

### Le règlement changé

Rory Fowler est colonel à la retraite. Ancien avocat militaire.

Il explique une chose que peu de gens savent. CBC l'a interrogé. Il a répondu net. Directement.

Une commission d'enquête n'est pas faite pour trouver une faute. Il y a un peu plus de dix ans, le règlement a été modifié.

L'article qui demandait de nommer un fautif a été retiré. Rayé du texte.

La faute, s'il y en a une, passera par la justice militaire. Ou la discipline.

Pas par la commission. "Son but est la gouvernance des Forces", dit Fowler.

Une commission d'enquête qui a perdu le droit de nommer un fautif rendra un rapport sans nom, et les familles liront un rapport sans nom.

### Ce que les familles ont le droit de savoir

Michel Drapeau est aussi colonel à la retraite. Expert en droit militaire. Très écouté.

Il appelle la promesse de Carignan "un premier pas". Puis il demande plus. Beaucoup plus.

Des audiences publiques. Où les familles peuvent s'asseoir. Et entendre. "La sécurité nationale n'est pas en jeu ici.

La famille a le droit de savoir, et le public canadien aussi."

Il réclame depuis longtemps un inspecteur général. Un poste indépendant. Fowler le rejoint à moitié.

Il y a "du mérite" à vouloir un vrai mécanisme d'enquête publique.

Deux colonels à la retraite disent la même chose. C'est un signal. Le système actuel protège l'institution. Pas la vérité. Pas les familles.

Les familles veulent un nom. Le système offre un rapport. Anonyme.

## Carney aux Communes

### La minute de silence

Lundi, la Chambre des communes a fait silence. Une minute. Puis Mark Carney a parlé.

Les chefs d'opposition aussi. Pas de partisanerie ce jour-là. Pas un mot.

"Un incendie s'était déclaré sur la zone d'entraînement." "Poussé par des vents violents, l'incendie a bondi de près d'un kilomètre en moins d'une minute." Ses mots.

"La cause initiale de l'incendie n'est pas encore connue." Lundi, c'était vrai. Jeudi, Hanrahan l'a donnée. Le lance-grenades. Trois jours.

Il a lu les quatre portraits. La blague de Goulding. Les échecs de Farrell. Le rêve de Lykkemark. La Lettonie de Wong. Quatre vies.

### Ce que le pays doit

"Ils s'entraînaient pour défendre le Canada. Pour servir le Canada. Maintenant, le Canada les sert." La phrase est de Carney. Dite dimanche. Redite lundi.

Les drapeaux sont en berne. Partout au pays. La tour de la Paix comprise. Jusqu'à nouvel ordre. Encore aujourd'hui.

Il promet des réponses "aussi rapidement et aussi transparentes que nécessaire". Et toutes les ressources à l'armée. Pour enquêter. Aucune limite.

Un premier ministre qui promet la transparence devant une commission qui ne nomme pas de fautif promet ce que le système ne sait pas livrer.

La promesse est sincère. Le mécanisme, lui, est limité.

## À Wainwright, une tour qui a vu un autre feu

### Le monument

Wainwright a un monument de guerre. Âgé de cent ans. Une tour de pierre.

Avec une horloge. Elle honore les soldats morts dans d'autres guerres. Loin d'ici.

Des fleurs y ont été déposées. Cette semaine. Par la ville.

La tour a survécu à un incendie. Celui qui a ravagé le centre-ville. En 1929.

La ville est à l'est d'Edmonton. Elle vit avec la base. Au quotidien.

L'une des plus actives du pays, dit Rutland. Les soldats font partie des rues. Des visages connus.

Une tour qui a traversé le feu de 1929 reçoit les fleurs de 2026, et la ville recompte ses soldats.

### L'entraînement a repris

L'entraînement a repris sur la base. Dans les jours suivants.

Rutland insiste : un type d'entraînement "complètement différent". Pas de tir réel du même genre. Pas encore.

L'armée sait qu'elle doit revoir ses règles. Elle l'admet. Il le dit. De sa bouche.

"Si nos procédures, nos entraînements, nos équipements ou nos politiques doivent changer, elles changeront."

Et cette phrase : le risque du métier "n'enlève pas la responsabilité de comprendre ce qui s'est passé et d'apprendre toutes les leçons possibles".

La phrase est juste. Elle engage. Elle oblige. Nous la garderons. Pour le jour du rapport. Il viendra.

La base tire encore. D'une autre façon. Pour l'instant.

## Ce qu'on ne sait pas encore

### Les trous

À quelle heure le feu a-t-il été signalé le matin ? Qui a décidé de poursuivre ?

Quelles mesures d'atténuation ? Combien de pompiers sur place ? Quel équipement ? À quel endroit ?

Le feu a-t-il été poussé par le vent au-dessus des coupe-feu ?

Ou a-t-il couru sous la végétation, invisible ? Rutland pose la question lui-même. Il n'a pas la réponse.

Pourquoi un tir réel à 16 h en octobre, quand les ordres disent le matin ? La réponse n'existe pas encore. Pas en public.

Hanrahan le dit sans détour.

"Tout autre aspect de ce qui s'est passé" entre le départ du feu et la tragédie "est encore sous enquête". Tout le reste.

### Ce que ce récit retient

Un feu connu depuis des heures. Un champ interdit aux pompiers.

Un exercice qui continue. Un vent qui tourne. Un kilomètre en une minute. Quatre noms. Trente-neuf blessés.

La chaîne a cinq maillons. Un seul était imprévisible. Le vent. Les quatre autres étaient des choix. Des choix humains.

Quatre maillons sur cinq sont des décisions humaines, la tragédie n'est pas un accident, c'est une suite de choix révélés par le vent.

Le vent n'a pas de nom. Les choix, oui. À chaque fois.

## Ce que nous exigeons

### Trois choses

Un rapport public. Un rapport complet. Avec les heures. Avec les décisions.

Avec les noms des fonctions qui ont décidé. Pas seulement des recommandations. Des faits.

Des audiences publiques. Où les familles peuvent s'asseoir. Comme Drapeau le demande. Comme Fowler l'admet.

Rien dans ce dossier ne touche la sécurité nationale. Un champ de tir. Un vent. Une décision. Rien de secret.

Une règle claire. En saison de feu, un feu actif dans une zone interdite aux pompiers arrête le tir réel voisin.

Point final. Que le réalisme attende. Il attendra.

Nous soutenons l'armée. Nous soutenons la Lettonie. Avec force.

C'est pour cela que nous exigeons la vérité. Une armée qu'on respecte, on lui demande des comptes. À chaque fois.

### Pour les quatre

Goulding, 23 ans. Farrell, 23 ans. Lykkemark, 19 ans. Wong, 26 ans.

Ils partaient pour la Lettonie au printemps. Pour tenir une ligne de l'OTAN. Face à la Russie. Quatre de moins.

Ils sont morts dans une prairie de l'Alberta. Un samedi à 16 h. Pendant que le feu, surveillé depuis des heures, attendait son vent.

*Un feu surveillé, un vent, quatre soldats.*

Un feu surveillé toute la journée, un vent qui tourne, quatre soldats qui ne rentrent pas.

Et vous, accepteriez-vous qu'un rapport sans nom soit la seule réponse donnée aux familles de ces quatre soldats ?

**Signé Maxime Marquette, chroniqueur**

## Encadré de transparence du chroniqueur

### Positionnement éditorial

Je ne suis pas journaliste, mais **chroniqueur et analyste**. Mon expertise réside dans l'observation et l'analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.

Je ne prétends pas à l'objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. **Je prétends à la lucidité analytique**, à l'interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d'offrir une lecture critique des événements.

### Méthodologie et sources

Ce texte respecte la distinction fondamentale entre **faits vérifiés et analyses interprétatives**. La règle de méthode est constante : une information factuelle n'est publiée que si une source vérifiable la porte, et les sources effectivement utilisées par cet article sont listées sous **Sources**, jamais ici.

**Familles de sources primaires** retenues par la publication, quand le dossier en comporte : communiqués officiels des gouvernements et institutions internationales, déclarations publiques des dirigeants politiques, rapports d'organisations intergouvernementales, dépêches d'agences de presse internationales reconnues.

**Familles de sources secondaires** : publications spécialisées, médias d'information reconnus internationalement, analyses d'institutions de recherche établies, rapports d'organisations sectorielles.

Quand un article cite des données statistiques, économiques ou géopolitiques, elles proviennent d'institutions productrices de données (organisations intergouvernementales, banques centrales, instituts statistiques nationaux), et l'institution exacte est nommée sous **Sources**.

### Nature de l'analyse

Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une **synthèse critique et contextuelle** basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d'experts cités dans les sources consultées.

Mon rôle est d'interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et économiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l'observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs globaux.

Cet article décrit un état documenté à sa date de publication, et non une prédiction : une évolution ultérieure peut en déplacer les perspectives. Aucune mise à jour n'est promise d'avance; lorsqu'un article est corrigé ou complété, la modification est datée dans le texte.

## Sources :

### Sources Primaires :

- [Défense nationale — déclaration de la grande prévôt des Forces canadiennes sur l'enquête en cours concernant l'incident à la BFC Wainwright, 22 octobre 2026](https://www.canada.ca/en/department-national-defence/news/2026/10/statement-from-the-canadian-forces-provost-marshal-on-the-ongoing-investigation-into-the-incident-at-cfb-wainwright.html)

- [Défense nationale — les Forces armées canadiennes font le point sur l'incident à la base de Wainwright, 27 membres encore hospitalisés, 23 octobre 2026](https://www.canada.ca/en/department-national-defence/news/2026/10/canadian-armed-forces-provides-update-on-incident-at-canadian-forces-base-wainwright.html)

- [Cabinet du premier ministre — allocution de Mark Carney à la Chambre des communes à la suite de la tragédie de la BFC Wainwright, 19 octobre 2026](https://www.pm.gc.ca/fr/nouvelles/discours/2026/10/19/premier-ministre-carney-prononce-allocution-la-chambre-des-communes)

### Sources Secondaires :

- [La Presse — incendie sur une base militaire en Alberta, un exercice de tir de grenades à l'origine du feu, 22 octobre 2026](https://www.lapresse.ca/actualites/national/2026-10-22/incendie-sur-une-base-militaire-en-alberta/un-exercice-de-tir-de-grenades-a-l-origine-du-feu.php)

- [Radio-Canada — tragédie de Wainwright, le feu s'est déclaré sur un champ de tir, 22 octobre 2026](https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2295214/wainwright-incendie-cause-champ-tir)

- [La Presse canadienne via National Newswatch — météo et heure de la journée au cœur de l'enquête sur l'incendie de la base de Wainwright, 22 octobre 2026](https://www.nationalnewswatch.com/2026/10/22/weather-time-of-day-factors-in-probe-of-deadly-wainwright-military-base-fire)

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Source : Maxime Marquette, MadMax. Pour citer ce texte, nommer l’auteur et lier https://mad-max.co/fr/article/recit-un-feu-surveille-toute-la-journee-un-vent-qui-tourne-quatre-soldats-qui-ne
