# RÉCIT : Les 14 milliards bloqués — comment Trump a transformé les armes de Taiwan en monnaie d'échange

> Quatorze milliards de dollars d'armes transformés en «monnaie d'échange». Si quelqu'un a encore un doute sur la façon dont Trump conçoit les alliances, cette phrase devrait suffire à le dissiper. Les

- Auteur: Maxime Marquette
- Publication: MadMax (https://mad-max.co)
- Rubrique: Reportage
- Publié: 2026-07-02
- Adresse à citer: https://mad-max.co/fr/article/recit-les-14-milliards-bloques-comment-trump-a-transforme-les-armes-de-taiwan-en

## Introduction : La livraison qui n'est pas venue

### Mai 2026 : le secrétaire de la Marine met tout en attente

**Taiwan** attendait les armes. L'île — qui vit depuis des décennies sous la menace d'une invasion chinoise — avait finalement obtenu l'approbation d'un contrat d'armement de **14 milliards de dollars**. Missiles, intercepteurs **Patriot PAC-3**, systèmes sol-air. Exactement les équipements dont elle a besoin pour résister à une attaque aérienne de masse. Et en mai **2026**, le secrétaire de la Marine des **États-Unis**, **Hung Cao**, a mis la livraison en pause. Officiellement, les stocks américains actuels étaient «suffisants». Officieusement, la raison était beaucoup plus embarrassante.

La vérité, selon les analyses disponibles : les **États-Unis** manquent d'intercepteurs **Patriot PAC-3**. Pas parce qu'ils ont mal planifié — mais parce que la guerre contre l'**Iran** a consommé des réserves que l'industrie de défense ne peut pas recompléter aussi vite que les batailles les épuisent. **Taiwan** avait commandé ces intercepteurs. Les intercepteurs avaient été alloués. Et soudainement, ils n'étaient plus disponibles — non pas parce que le contrat avait changé, mais parce que la géopolitique de l'**Indo-Pacifique** est désormais concurrencée par la géopolitique du **Moyen-Orient** dans les entrepôts du Pentagone.

### Taiwan «furieux» : ce que la pause signifie vraiment

**Taipei** est **«furieux»**. Ce n'est pas de la rhétorique diplomatique — c'est la description factuelle de la réaction d'un gouvernement qui a payé pour des armes, qui les attendait, et qui réalise que la fiabilité de son principal allié et garant de sécurité vient d'être mise en doute de manière concrète. Et pas seulement à cause des pénuries industrielles. À cause de quelque chose de plus profond et de plus troublant : **Trump** a appelé ce contrat d'armement une **«monnaie d'échange»** dans ses négociations avec la **Chine**.

Le récit qui suit est celui d'une décision de **mai 2026** qui révèle quelque chose d'important sur la façon dont l'administration **Trump** conçoit sa relation avec **Taiwan** : non plus comme un partenariat stratégique fondé sur des valeurs partagées et des intérêts de sécurité communs, mais comme une variable ajustable dans la négociation avec **Pékin**. Ce changement de paradigme mérite d'être examiné sans complaisance.

## Les pénuries de la guerre d'Iran : la contrainte cachée

### Pourquoi les Patriot PAC-3 manquent

La guerre américaine contre l'**Iran** a eu des conséquences sur les stocks de munitions et d'intercepteurs américains que l'administration **Trump** n'a pas publiquement reconnues. Les systèmes **Patriot PAC-3** — des intercepteurs de missiles balistiques de haute performance — sont au cœur de la défense aérienne avancée américaine. Ils ont été utilisés de manière intensive dans le cadre des opérations contre les capacités balistiques iraniennes. Et leur cadence de production ne suit pas leur taux de consommation.

Cette pénurie n'est pas spécifique aux **Patriot PAC-3**. C'est un problème structurel de l'industrie de défense américaine : la base industrielle n'a pas été dimensionnée pour soutenir des conflits multiples simultanés. La guerre en **Ukraine** avait déjà révélé cette contrainte — les livraisons d'obus d'artillerie à **Kyiv** étaient limitées par la capacité de production, pas par la volonté politique. La guerre iranienne a ajouté une nouvelle demande sur des stocks déjà tendus. Et **Taiwan** se retrouve en bout de chaîne.

### Ce que «stocks suffisants» signifie vraiment

Le **secrétaire Hung Cao** a déclaré que les stocks américains actuels de missiles étaient «suffisants». Suffisants pour quoi ? Pour les missions actuelles en **Asie-Pacifique** ? Pour une confrontation hypothétique avec la **Chine** ? Pour les deux en même temps ? La formulation est délibérément vague — parce qu'elle couvre une réalité moins flatteuse : les **États-Unis** ont consommé dans la guerre iranienne des intercepteurs qui avaient été destinés à **Taiwan**, et ils ne peuvent pas les recompléter assez vite pour honorer le contrat dans les délais prévus.

Cette contrainte industrielle est réelle — et elle soulève des questions stratégiques profondes sur la capacité des **États-Unis** à jouer simultanément dans plusieurs théâtres. Si l'**Iran** et la **Chine** coordonnaient leurs actions offensives, les capacités de défense américaine seraient soumises à une tension que les déclarations officielles sur «l'adéquation des stocks» ne permettent pas d'évaluer honnêtement.

## Trump et Xi : la «monnaie d'échange» révélée

### Ce que Trump a dit en privé — puis en public

L'aspect le plus troublant de ce récit n'est pas la pénurie d'intercepteurs — c'est ce que **Trump** a dit à propos du contrat d'armement. Dans une interview après une rencontre avec le président chinois **Xi Jinping**, **Trump** a décrit le paquet d'armements de **14 milliards** pour **Taipei** comme une **«bonne monnaie d'échange»** qu'il maintenait «en attente». Sa condition : **Xi Jinping** doit faire des concessions sur les droits humains — pour **le Tibet**, **Hong Kong**, les **Ouïghours**. Si **Xi** bouge sur ces dossiers, les armes sont livrées. Si **Xi** ne bouge pas — ou si Trump décide que les armes sont plus utiles comme levier que comme livraison — **Taiwan** attend.

Le secrétaire d'État **Marco Rubio**, qui a toujours affiché une position ferme contre la **Chine** sur les droits humains, a sa propre logique sur ce dossier : il exige que **Pékin** améliore son bilan sur les droits des minorités avant que les conditions géopolitiques puissent progresser. Mais la synchronisation de ce message avec la posture de **Trump** — qui utilise les mêmes armes comme levier commercial plutôt que comme engagement de sécurité — crée une incohérence qui n'échappe pas à **Taipei**.

### Les «six assurances» et leur érosion

**Taiwan** a toujours soutenu la politique américaine des **«six assurances»** — un cadre qui garantit notamment que les **États-Unis** ne subordonnent pas les ventes d'armes à **Taipei** aux discussions avec **Pékin**. Cette assurance, formulée sous l'administration **Reagan**, est l'un des piliers de la relation de sécurité **États-Unis—Taiwan**. Elle dit explicitement que les armes ne sont pas une monnaie d'échange avec la **Chine**.

Interrogé lors d'une audition du sous-comité des Affaires étrangères de la **Chambre des représentants**, le sous-secrétaire d'État pour les Affaires de l'Asie de l'Est et du Pacifique, **Michael DeSombre**, a été invité à confirmer que la décision de pause ne dépendait pas des discussions avec **Pékin**. Sa réponse : un laconique **«Exact.»** Mais la contradiction entre cette affirmation officielle et les déclarations publiques de **Trump** — qui a lui-même décrit les armes comme une monnaie d'échange — est un exemple textbook de la communication contradictoire de cette administration.

## La Chine qui sourit : le calcul de Pékin

### Ce que Beijing tire de la situation

Le titre de l'article du **19FortyFive** dit tout : **«La Chine sourit.»** Et c'est vrai. La pause dans la livraison des armes à **Taiwan**, quelle qu'en soit la raison officielle, produit un résultat que **Pékin** ne pouvait qu'espérer : elle fragilise la confiance de **Taipei** dans son principal allié, elle crée une fenêtre pendant laquelle les capacités défensives taïwanaises ne progressent pas comme prévu, et elle envoie au reste de la région un signal sur la fiabilité des engagements américains.

**Xi Jinping** a par ailleurs une raison supplémentaire de surveiller ce dossier attentivement : si la vente d'armes peut être suspendue une fois, elle peut l'être à nouveau. Et si **Trump** décide un jour que les relations commerciales avec la **Chine** valent plus que la défense de **Taiwan** — ou que la transaction avec **Xi** vaut le sacrifice d'un contrat d'armements — le précédent sera établi. **Pékin** n'a pas besoin d'attaquer **Taiwan** si la stratégie de désarmement économique et diplomatique progresse plus vite que la résistance taïwanaise.

### Le signal régional : ce que les voisins observent

La pause dans les livraisons d'armes à **Taiwan** est observée attentivement par tous les alliés régionaux des **États-Unis** : le **Japon**, la **Corée du Sud**, les **Philippines**, l'**Australie**. Chacun d'entre eux a conclu des accords d'armements et de sécurité avec **Washington**. Chacun d'entre eux évalue maintenant la fiabilité de ces accords à l'aune de ce qui se passe avec **Taiwan**. Si une île stratégiquement cruciale peut se voir retenir ses armes commandées et payées à cause d'une combinaison de pénuries industrielles et de calculs diplomatiques trumpiens — qu'est-ce que cela signifie pour les propres engagements de chaque pays dans la région ?

Le diplomate américain **Michael DeSombre** avait affirmé lors d'une visite à **Taipei** en juillet **2026** que **Taiwan** avait besoin de **drones «nid de frelons»** pour dissuader un conflit — en référence aux stratégies de défense asymétrique qui permettent de multiplier les coûts pour un attaquant numériquement supérieur. Mais l'efficacité de cette stratégie asymétrique dépend d'un flot constant de matériel. Et ce flot vient de se tarir.

## La stratégie asymétrique de Taiwan : ce que les drones changent

### La doctrine des «drones nid de frelons» face aux pénuries

Dans ce contexte, la stratégie défensive de **Taiwan** a évolué. La doctrine des **«drones nid de frelons»** — un concept défendu par des analystes militaires et désormais promu par le diplomate américain lui-même lors de sa visite à **Taipei** — mise sur la prolifération de petits drones d'attaque bon marché pour saturer et déborder les capacités défensives d'un attaquant. C'est une approche qui réduit la dépendance aux systèmes d'armes sophistiqués et coûteux — comme les Patriot PAC-3 — au profit d'une masse critique de moyens moins chers mais efficaces collectivement.

Cette doctrine est prometteuse — et elle est directement inspirée par les leçons ukrainiennes de l'utilisation des drones dans une guerre asymétrique. Mais elle ne remplace pas entièrement les systèmes de défense antimissile haute performance. **Taiwan** fait face à une menace qui combine des missiles balistiques de longue portée, des drones de croisière, des avions furtifs et une flotte de surface massive. Les drones de frelons peuvent compliquer une invasion — ils ne peuvent pas, seuls, protéger **Taipei** d'une frappe balistique de saturation.

### Ce que Taiwan fait en attendant les livraisons

**Taiwan** accélère ses propres programmes de défense locaux — développement de missiles propres, expansion de ses forces de drones, renforcement des défenses côtières. Mais l'île est confrontée à un défi structurel que toutes les nations de taille moyenne face à une superpuissance connaissent bien : la capacité industrielle de défense d'un pays de **23 millions d'habitants** ne peut pas compenser à elle seule le retard créé par les pénuries américaines et les calculs diplomatiques de **Trump**.

La situation actuelle crée une fenêtre de vulnérabilité. Pas nécessairement une fenêtre d'opportunité immédiate pour la **Chine** — les coûts d'une invasion restent prohibitifs et la résistance taïwanaise serait formidable. Mais une fenêtre dans laquelle les calculs de dissuasion évoluent défavorablement pour **Taipei**. Et dans la stratégie de dissuasion, la perception de vulnérabilité peut être aussi dangereuse que la vulnérabilité réelle.

## Les signaux contradictoires de l'administration Trump

### Un gouvernement qui ne se coordonne pas

L'une des caractéristiques les plus déstabilisantes de l'administration **Trump** pour ses alliés est la désynchronisation des messages entre ses différentes composantes. **Rubio** est un faucon anti-chinois. **DeSombre** affirme que la pause n'est pas liée à **Pékin**. **Trump** lui-même dit le contraire en entretien. **Hung Cao** invoque des raisons industrielles. Cette cacophonie institutionnelle — décrite par une analyse comme des **«signaux mixtes venant de l'équipe de sécurité nationale de Trump»** — n'est pas un accident. C'est le mode de fonctionnement d'une administration où la politique étrangère est souvent définie par l'impulsion présidentielle du moment plutôt que par un processus délibératif coordonné.

Pour **Taiwan**, cette désynchronisation est directement dangereuse. Quand un allié ne peut pas anticiper de manière fiable la politique de son garant de sécurité, sa propre planification défensive est compromise. Les décisions d'investissement en défense, les doctrines d'emploi des forces, les négociations diplomatiques — tout cela repose sur des hypothèses de fiabilité alliée. Quand ces hypothèses deviennent incertaines, la marge de manœuvre stratégique de **Taiwan** se réduit.

### L'ambiguïté stratégique à l'ère Trump

La politique américaine envers **Taiwan** a toujours reposé sur le concept d'**«ambiguïté stratégique»** : les **États-Unis** ne s'engagent ni à défendre **Taiwan** ni à l'abandonner en cas de conflit, maintenant une incertitude calculée pour dissuader à la fois une déclaration d'indépendance taïwanaise et une attaque chinoise. Ce concept supposait une cohérence minimale dans le comportement américain — une prévisibilité dans l'imprévisibilité, si l'on veut.

Sous **Trump**, l'ambiguïté stratégique est devenue une ambiguïté transactionnelle. Ce n'est plus une doctrine calculée — c'est le résultat d'une politique où la décision du jour dépend de qui a parlé à **Trump** en dernier et quel accord il espère conclure avec **Xi**. Cette transformation est profonde : elle remplace une logique stratégique par une logique marchande. Et les conséquences pour la dissuasion pourraient être désastreuses si **Pékin** décide d'en tester les limites.

## Le Congrès américain et la pression pour reprendre les livraisons

### Les parlementaires face à l'incohérence de l'exécutif

L'audition du **Congrès** lors de laquelle le sous-secrétaire **DeSombre** a affirmé que la pause ne dépendait pas des discussions avec **Pékin** n'est pas un événement anodin. Elle révèle que des membres du **Congrès** — y compris dans des commissions qui supervisent la politique étrangère — sont préoccupés par cette suspension et cherchent à en comprendre les raisons réelles. Ce contrôle parlementaire est sain et nécessaire. Il signale que même au sein du système politique américain, la décision de **Hung Cao** et la rhétorique de **Trump** sur les «monnaies d'échange» ne font pas consensus.

Plusieurs membres de la commission des Affaires étrangères ont soutenu par le passé des positions fermes en faveur de la sécurité de **Taiwan** et de la **Taiwan Relations Act** — la loi qui oblige les **États-Unis** à fournir à **Taipei** les moyens défensifs nécessaires pour se protéger. Cette loi ne donne pas à un secrétaire de la Marine ou à un président le droit discrétionnaire de suspendre ces livraisons pour des raisons de négociation diplomatique. Elle oblige à maintenir un flot d'armes défensives vers **Taiwan**. La question légale posée par cette pause est réelle — et elle devra être tranchée.

### La Taiwan Relations Act face aux pénuries et à la diplomatie

La **Taiwan Relations Act** de **1979** est l'un des textes fondateurs de la relation **États-Unis—Taiwan**. Elle est explicite sur le devoir américain de fournir à **Taiwan** des armes défensives — pas à sa discrétion, pas conditionnellement, mais comme obligation légale. Les pénuries d'intercepteurs créées par la guerre iranienne peuvent justifier des retards techniques. Mais les déclarations de **Trump** selon lesquelles les armes sont maintenues «en abeyance» dans l'attente de concessions chinoises sur les droits humains constituent une utilisation de la livraison d'armes comme levier diplomatique qui est fondamentalement incompatible avec les obligations de la **Taiwan Relations Act**.

Ce conflit entre la loi et la posture présidentielle est l'une des tensions institutionnelles les plus profondes de ce dossier. Il invite à une question que les juristes constitutionnels américains commencent à soulever : est-ce que l'exécutif peut légalement conditionner les livraisons d'armes prévues par la **Taiwan Relations Act** à des concessions d'un tiers ? Si la réponse est non — et des arguments sérieux existent dans ce sens — alors la pause de **Hung Cao** est potentiellement inconstitutionnelle, quelle qu'en soit la raison avancée.

## Ce que cela signifie pour la stabilité dans le Pacifique

### La Chine qui modernise, Taiwan qui attend

Pendant que **Taiwan** attend ses livraisons d'armes américaines, la **Chine** continue de moderniser son arsenal militaire à un rythme sans précédent. **Xi Jinping** a réaffirmé en juillet **2026** son engagement envers la **«réunification»** de **Taiwan** et exhorté l'**Armée populaire de libération** à accélérer sa modernisation. Les capacités balistiques chinoises, les forces navales, les capacités aériennes — tout progresse selon une trajectoire qui réduit progressivement l'avantage qualitatif taïwanais et américain.

Dans ce contexte, chaque mois de retard dans les livraisons d'armes à **Taiwan** est un mois pendant lequel le rapport de force évolue défavorablement. Ce n'est pas un argument pour déclencher précipitamment une confrontation — c'est un argument pour ne pas laisser les fenêtres de vulnérabilité se créer par inadvertance, notamment en transformant des contrats d'armements en instruments de négociation diplomatique.

### Le paradoxe de la dissuasion affaiblie

La stabilité dans le **détroit de Taiwan** repose sur une dissuasion crédible — la conviction de **Pékin** que le coût d'une invasion militaire serait prohibitif. Cette dissuasion a plusieurs composantes : la résistance taïwanaise elle-même, la présence militaire américaine dans la région, les alliances régionales, et la capacité de **Taiwan** à tenir suffisamment longtemps pour que des renforts arrivent. La pause dans les livraisons d'armes affecte directement la dernière composante — et indirectement la première, en fragilisant la confiance de la population taïwanaise dans ses capacités défensives.

La stabilité n'est pas garantie par l'absence de provocations. Elle est garantie par la clarté des signaux. Et les signaux que **Trump** envoie à **Pékin** en appelant les armes de **Taiwan** une «monnaie d'échange» ne sont pas des signaux de fermeté. Ce sont des invitations à négocier les conditions de la sécurité taïwanaise avec l'adversaire même que cette sécurité est censée dissuader.

## Conclusion : 14 milliards en attente et une île qui regarde l'horizon

### Ce que la pause révèle du moment actuel

Le récit de ces **14 milliards de dollars** d'armes en pause révèle une convergence de trois forces qui définissent la géopolitique américaine de **2026** : les limites industrielles d'une puissance qui s'est surestimée dans sa capacité à mener des conflits multiples simultanés, la logique transactionnelle d'un président qui traite les alliances comme des positions de négociation commerciale, et l'incertitude stratégique qui en résulte pour tous les partenaires de sécurité des **États-Unis** dans la région **indo-pacifique**.

**Taiwan** n'est pas sans ressources. L'île a une armée capable et déterminée, une économie qui lui permet de financer ses propres développements défensifs, et une population qui comprend la nature de la menace qu'elle affronte. Mais elle ne peut pas compenser seule la pénurie d'intercepteurs balistiques de haute performance que seule l'industrie américaine peut produire en quantités suffisantes. Et elle ne peut pas compenser la déstabilisation politique créée par un président américain qui annonce publiquement que ses armes sont une monnaie d'échange.

### La seule certitude : rien n'est certain

Le sous-secrétaire **DeSombre** a assuré le **Congrès** que la pause ne dépendait pas des discussions avec **Pékin**. Les armes pourraient être livrées demain si les stocks le permettent. La situation des stocks américains pourrait se rétablir plus vite que prévu. **Trump** pourrait décider que ses intérêts géopolitiques à long terme dans le **Pacifique** l'emportent sur toute transaction à court terme avec **Xi**. Rien n'est irréversible dans cette histoire.

Mais ce qui est irréversible, c'est l'information que **Taiwan** — et tous les alliés régionaux — a obtenue de cet épisode : qu'un contrat d'armement signé, payé et approuvé peut être suspendu par un secrétaire de la Marine pour des raisons qui n'ont rien à voir avec les besoins de **Taiwan**. Que le président des **États-Unis** peut, en entretien, décrire ces mêmes armes comme une monnaie d'échange. Et que la fiabilité des engagements américains dans le **Pacifique** est désormais une question ouverte — pas une certitude.

**Signé Maxime Marquette, chroniqueur**

## Encadré de transparence du chroniqueur

### Positionnement éditorial

Je ne suis pas journaliste, mais **chroniqueur et analyste**. Mon expertise réside dans l'observation et l'analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.

Je ne prétends pas à l'objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. **Je prétends à la lucidité analytique**, à l'interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d'offrir une lecture critique des événements.

### Méthodologie et sources

Ce texte respecte la distinction fondamentale entre **faits vérifiés et analyses interprétatives**. La règle de méthode est constante : une information factuelle n'est publiée que si une source vérifiable la porte, et les sources effectivement utilisées par cet article sont listées sous **Sources**, jamais ici.

**Familles de sources primaires** retenues par la publication, quand le dossier en comporte : communiqués officiels des gouvernements et institutions internationales, déclarations publiques des dirigeants politiques, rapports d'organisations intergouvernementales, dépêches d'agences de presse internationales reconnues.

**Familles de sources secondaires** : publications spécialisées, médias d'information reconnus internationalement, analyses d'institutions de recherche établies, rapports d'organisations sectorielles.

Quand un article cite des données statistiques, économiques ou géopolitiques, elles proviennent d'institutions productrices de données (organisations intergouvernementales, banques centrales, instituts statistiques nationaux), et l'institution exacte est nommée sous **Sources**.

### Nature de l'analyse

Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une **synthèse critique et contextuelle** basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d'experts cités dans les sources consultées.

Mon rôle est d'interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et économiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l'observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs globaux.

Cet article décrit un état documenté à sa date de publication, et non une prédiction : une évolution ultérieure peut en déplacer les perspectives. Aucune mise à jour n'est promise d'avance; lorsqu'un article est corrigé ou complété, la modification est datée dans le texte.

## Sources

### Sources primaires

- [19FortyFive — China Is Smiling: US holds back $14B in arms to Taiwan — 26 juin 2026](https://www.19fortyfive.com/2026/06/china-is-smiling-u-s-holds-back-14-billion-worth-of-arms-deliveries-to-taiwan-forces-due-to-major-iran-war-induced-shortages/)

- [Reuters — Taiwan needs hornets-nest drones to deter conflict, US diplomat says — 2 juillet 2026](https://www.reuters.com/world/china/taiwan-needs-hornets-nest-drones-deter-conflict-us-diplomat-says-2026-07-02/)

- [ISW — China-Taiwan Update June 26, 2026 — 26 juin 2026](https://understandingwar.org/research/china-taiwan/china-taiwan-update-june-26-2026/)

### Sources secondaires

- [South China Morning Post — South China Sea coverage — juillet 2026](https://www.scmp.com/topics/south-china-sea)

- [India Today — Xi Jinping urges PLA modernisation and reaffirms Taiwan — 1er juillet 2026](https://www.indiatoday.in/world/story/xi-jinping-urges-pla-modernisation-reaffirms-taiwan-reunification-push-ptag-2938355-2026-07-01)

- [Foreign Policy — Pacific coverage — juin-juillet 2026](https://foreignpolicy.com/tag/pacific-ocean/)

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Source : Maxime Marquette, MadMax. Pour citer ce texte, nommer l’auteur et lier https://mad-max.co/fr/article/recit-les-14-milliards-bloques-comment-trump-a-transforme-les-armes-de-taiwan-en
