# Juin, le mois où l’artillerie russe a payé le prix fort en Ukraine

> Introduction : un mois de juin qui restera gravé dans les statistiques de guerre

- Auteur: Maxime Marquette
- Publication: MadMax (https://mad-max.co)
- Rubrique: Reportage
- Publié: 2026-07-03
- Adresse à citer: https://mad-max.co/fr/article/recit-juin-le-mois-ou-lartillerie-russe-a-paye-le-prix-fort-en-ukraine

## Introduction : un mois de juin qui restera gravé dans les **statistiques** de guerre

### Un chiffre qui claque comme un coup de **canon**

Il y a des mois qui se racontent en **chiffres** parce que les mots ne suffisent plus. **Juin 2026** est de ceux-là. Selon l’**État-major** général des forces armées d’**Ukraine**, **2 074 systèmes d’artillerie** russes ont été frappés en un seul mois, du ja**mai**s-vu depuis le début de l’**invasion** à grande échelle lancée par **Vladimir Poutine** en février 2022 (RBC-Ukraine, 3 **juillet** 2026).

Ce n’est pas une anecdote statistique noyée dans un communiqué. C’est un **record**, confirmé par le ministère de la Défense ukrainien, qui parle des **pertes les plus lourdes** jamais enregistrées pour cette catégorie d’armement depuis le début de la guerre. En mai, l’Ukraine avait déjà frappé **1 993 pièces d’artillerie**. Le mois suivant, la barre a été franchie encore plus haut. Ce n’est pas un hasard : c’est une **stratégie** qui porte ses fruits.

### Pourquoi ce récit mérite d’être raconté maintenant

Je choisis de vous raconter ce mois de juin parce qu’il illustre, mieux que n’importe quel discours, ce que **l’endurance ukrainienne** peut produire face à une armée d’**occupation** qui se croyait invincible. Pendant que les chancelleries débattent de calendriers de paix et de lignes de **front** figées, les artilleurs et les opérateurs de **drones** ukrainiens, eux, ont continué de **détruire méthodiquement** la machine de guerre russe, pièce par pièce, tube par tube.

Ce récit n’est pas un exercice de **propagande**. Il s’appuie sur des **données vérifiables**, croisées entre les communiqués officiels ukrainiens et les analyses indépendantes de l’**Institute for the Study of War**, qui documente depuis des années, avec rigueur, chaque évolution du **front** (ISW, 1er juillet 2026).

## Le contexte d'une **invasion** qui dure depuis **quatre ans**

### Rappel des origines de cette guerre

Il faut se souvenir que rien de tout cela n'aurait existé sans la décision unilatérale de **Vladimir Poutine** de lancer, en **février 2022**, une invasion à grande échelle contre un pays **souverain** et démocratique. Cette guerre d'agression, condamnée par l'immense majorité de la **communauté internationale**, entre désormais dans sa **quatrième année** complète.

Chaque statistique de **pertes russes** documentée aujourd'hui découle directement de ce choix initial. L'**Ukraine** ne fait que défendre son territoire, ses villes et sa **population civile** contre une agression que rien ne justifiait sur le plan du droit international.

### Une guerre suivie de près par les **analystes** occidentaux

Des organismes comme l'**ISW** à Washington documentent, jour après jour, l'évolution du front, la **logistique** des deux camps et les pertes matérielles. Ce travail méthodique permet de dépasser la simple **propagande** de guerre, qu'elle vienne de Moscou ou de **Kyiv**, pour établir un tableau aussi fiable que possible de la réalité militaire.

C'est sur ce travail rigoureux que s'appuie cette **chronique**, en croisant systématiquement les chiffres ukrainiens officiels avec les analyses indépendantes disponibles publiquement.

## Le décompte brut : artillerie, **blindés**, véhicules

### Une saignée **logistique** sans précédent

Au-delà de l’artillerie, le bilan de juin est vertigineux sur toute la ligne. **12 878 véhicules russes** ont été détruits ou désactivés durant le mois, contre **8 612 unités** de matériel automobile et de camions-citernes en mai (RBC-Ukraine). On parle ici de camions de ravitaillement, de véhicules de transport de troupes, de citernes de **carburant** : le squelette logistique sans lequel aucune armée moderne ne peut avancer.

À cela s’ajoutent **103 chars**, **197 véhicules blindés** de combat et **60 systèmes de défense aérienne** russes mis hors d’usage en un seul mois. Pour la défense aérienne, c’est le chiffre le plus élevé en **deux ans**, et le deuxième plus haut depuis le début de la guerre.

### Le chiffrage indépendant de l’ISW confirme la tendance

L’**ISW** corrobore ces chiffres avec sa propre méthodologie: **2 053 systèmes d’artillerie** russes perdus en **juin 2026**, contre **1 243** en juin 2025, soit une hausse de **1,65 fois** d’une année sur l’autre. Les pertes de **drones russes** ont explosé: **60 849** unités en juin 2026 contre **4 581** un an plus tôt, une multiplication par **13,3**.

Ces chiffres ne sont pas de simples statistiques abstraites. Ils traduisent une réalité opérationnelle: chaque pièce d’artillerie détruite, c’est un village ukrainien qui reçoit un peu moins d’**obus** le lendemain. Chaque camion-citerne incendié, c’est une colonne russe qui reste bloquée plus longtemps sur une route boueuse du **Donbass**.

## La logistique russe, cible prioritaire de l’Ukraine

### Le programme « Logistic Lockdown »

Le ministère de la Défense ukrainien a confirmé le lancement d’un programme baptisé **« Logistic Lockdown »**, destiné à intensifier les capacités de frappe à moyenne portée et à détruire systématiquement la logistique russe: entrepôts, équipements, postes de commandement et voies de ravitaillement en profondeur opérationnelle.

Ce choix stratégique n’est pas anodin. Depuis plusieurs mois, l’armée ukrainienne a compris qu’il valait souvent mieux **tarir la source** que de multiplier les affrontements frontaux coûteux en **vies humaines**. Frapper un dépôt de **carburant** à l’arrière, c’est immobiliser des dizaines de véhicules à l’avant.

### Des frappes qui remontent jusqu’au territoire russe

Dans la nuit du **2 juillet**, les forces de défense ukrainiennes ont frappé la **raffinerie de pétrole Lukoil-Nizhegorodnefteorgsintez** à Kstovo, ainsi qu’un pont ferroviaire et d’autres cibles ennemies, provoquant un incendie sur le site de la **raffinerie**. Quelques jours plus tôt, dans la nuit du **27 juin**, des **missiles** ukrainiens **Flamingo** avaient touché l’entreprise **Titan-Barrikady** à Volgograd.

Ces frappes en profondeur illustrent une évolution majeure de la doctrine ukrainienne: ne plus se contenter de défendre, mais aller chercher la capacité industrielle et logistique russe là où elle se trouve, y compris loin derrière la ligne de front.

## Ce que dit l’ISW sur le ralentissement de l’offensive russe

### Une avancée russe réduite à sa plus simple expression

Les chiffres de terrain confirment le récit des statistiques d’**attrition**. Selon l’ISW, les forces russes n’ont saisi ou infiltré que **30,42 kilomètres carrés** en juin 2026, soit un rythme moyen de **1,01 km² par jour**. En juin 2025, à la même période, l’avancée russe atteignait **481,25 km²**, soit **16,04 km² par jour**. La chute est vertigineuse: un rapport de plus de seize contre un.

Autrement dit, l’**armée russe** paie proportionnellement de plus en plus cher chaque mètre carré conquis. L’ISW calcule que les pertes russes s’élèvent désormais à environ **1 298 pertes par kilomètre carré** saisi en juin 2026, contre **68 pertes par kilomètre** un an plus tôt: une multiplication par plus de **19**.

### **Kostyantynivka**, le symbole d’une **guerre d’usure**

La direction principale des gains russes reste concentrée autour de **Kostyantynivka**, dans l’oblast de Donetsk, où les forces d’**occupation** ont réalisé près de **77 %** de leurs gains territoriaux de juin. Mais ces gains sont lents, coûteux, et obtenus dans un environnement urbain particulièrement destructeur pour les troupes assaillantes.

Malgré le déploiement d’au moins une **armée interarmes**, un **corps d’armée** et des éléments d’au moins quatre autres formations, les Russes ne contrôlent toujours qu’environ **37 %** de la ville. C’est le prix d’une guerre où chaque rue se transforme en piège.

## Le mur du **recrutement** russe

### Une armée qui ne parvient plus à se régénérer

L’ISW le souligne sans détour: la **Russie** peine désormais à recruter suffisamment de soldats pour compenser ses pertes actuelles. Ce constat rejoint celui d’autres analyses occidentales évoquant un taux de pertes mensuel qui dépasserait le rythme de recrutement de nouvelles recrues.

Ce déséquilibre structurel n’est pas nouveau, mais il s’aggrave. Une armée qui perd des dizaines de milliers d’hommes par mois, sans pouvoir les remplacer au même rythme, finit inévitablement par s’étioler, même si elle continue, pour l’instant, d’avancer par à-coups sur certains axes limités.

### Une durabilité offensive mise en doute par les experts

L’ISW pose la question centrale: combien de temps la Russie peut-elle encore soutenir son tempo offensif actuel, compte tenu de son taux de pertes? Aucune réponse définitive n’existe, mais le doute lui-même est révélateur d’un basculement stratégique majeur par rapport aux premières phases de la guerre.

Le rythme d’avance de l’armée russe diminue de façon continue depuis **novembre 2025**. Sur les six premiers mois de 2026, les gains territoriaux russes ne représentent que **622,60 km²**, contre **2 189,87 km²** sur la même période en 2025, soit à peine plus d’un quart du rythme précédent.

## Les contre-attaques ukrainiennes qui tiennent le front

### **Kupyansk** et **Oleksandrivka**, deux dossiers qui résistent

Selon l’ISW, les forces russes n’ont pas réussi à inverser les **contre-attaques ukrainiennes réussies** dans les directions de **Kupyansk** et **Oleksandrivka**. Ces secteurs, souvent moins médiatisés que **Kostyantynivka**, illustrent la capacité ukrainienne à reprendre l’initiative locale, même dans un contexte de pression continue.

Ce sont ces **victoire**s locales, discrètes mais réelles, qui empêchent l’effondrement redouté du front et qui maintiennent une dynamique psychologique favorable à Kyiv, malgré la fatigue accumulée après plus de quatre années de guerre totale.

### Une dépendance russe croissante aux importations de carburant

L’ISW documente également une **dépendance croissante** de la Russie aux exportations de brut et aux importations étrangères d’essence, notamment depuis l’**Inde**, avec au moins **60 000 tonnes métriques** déjà envoyées, dans le cadre d’un plan d’importation visant **400 000 tonnes par mois** depuis plusieurs pays, dont le Bélarus.

Cette dépendance confirme l’efficacité des frappes ukrainiennes sur les raffineries russes: en attaquant la capacité de raffinage plutôt que les seuls champs pétroliers, l’Ukraine crée un goulot d’étranglement que même les excédents de brut russe ne suffisent pas à combler.

## La dimension humaine derrière les statistiques militaires

### Des chiffres qui cachent des vies

Il serait facile de s’en tenir aux tableaux de pertes matérielles. Mais derrière chaque **char** détruit, chaque **pièce d’artillerie** réduite au silence, il y a des **soldats russes**, souvent mal entraînés, mal équipés, envoyés au front par un régime qui traite leur vie comme une variable d’ajustement budgétaire.

Je ne minimise jamais cette réalité humaine, même quand je célèbre les succès **tactique**s ukrainiens. La guerre reste une tragédie, y compris pour les conscrits russes trompés ou contraints. Mais la responsabilité de cette tragédie repose entièrement sur les épaules de **Vladimir Poutine** et de son état-major, pas sur celles des artilleurs ukrainiens qui défendent leur sol.

### Une population ukrainienne qui continue de payer le prix

Pendant que ces statistiques militaires s’accumulent, la population civile ukrainienne continue de subir des frappes de **missiles** et de **drones** sur ses villes, comme on l’a encore vu ces derniers jours à Kyiv. La **résilience** du pays repose sur cette double réalité: une armée qui inflige des pertes croissantes à l’agresseur, et une société civile qui encaisse, nuit après nuit, les représailles de la terreur russe.

C’est cette combinaison qui rend le combat ukrainien à la fois héroïque et profondément injuste. L’Ukraine se défend, l’Ukraine gagne du terrain statistique sur l’**attrition**, mais l’Ukraine continue de payer un tribut civil disproportionné pour le simple fait d’exister en tant que nation souveraine.

## Le rôle décisif du soutien occidental en armement

### Sans munitions occidentales, pas de **record**s ukrainiens

Ces performances ukrainiennes ne sortent pas de nulle part. Elles reposent en grande partie sur la **livraison continue d’armements occidentaux**: systèmes de défense aérienne, munitions guidées de précision, drones de reconnaissance et de frappe fournis par les pays de l’**OTAN** et leurs partenaires.

Sans ce soutien matériel, l’armée ukrainienne n’aurait tout simplement pas les moyens de frapper avec une telle précision les colonnes logistiques russes en profondeur. C’est un rappel utile pour tous ceux, en **Occident**, qui commencent à se lasser du coût financier de cette guerre.

### Un investissement stratégique, pas une charité

Chaque dollar, chaque euro investi dans l’effort de guerre ukrainien rapporte un dividende stratégique majeur: l’affaiblissement méthodique de l’armée russe, sans qu’un seul soldat occidental ne mette le pied sur le front. C’est, économiquement et militairement, l’un des investissements de défense les plus rentables de l’histoire récente de l’**Occident**.

Il est temps que les opinions publiques occidentales comprennent cette équation simple: chaque système d’artillerie russe détruit par un obus payé par les contribuables occidentaux, c’est une menace en moins pour la **sécurité européenne** à moyen terme.

## Le facteur **Trump** dans l’équation stratégique

### Une administration américaine ambivalente mais pas totalement absente

Le contexte politique américain reste complexe. L’administration de **Donald Trump** a multiplié les signaux contradictoires sur son soutien à l’Ukraine, entre pressions pour des **négociation**s rapides et maintien, ponctuel, de certaines livraisons d’équipement critique.

Je ne fais pas semblant de considérer Trump comme un allié naturel de Kyiv. Ce n’est clairement pas le cas. Mais dans un monde où les alternatives politiques disponibles côté américain sont parfois pires pour la cohésion occidentale, son maintien au pouvoir demeure, pour l’instant, un **mal nécessaire** tant que les institutions américaines continuent, tant bien que mal, de fonctionner.

### L’**Europe** doit combler les manques

Face à cette incertitude américaine, les **capitales européennes** n’ont d’autre choix que d’augmenter leur propre production de munitions et de systèmes de défense antiaérienne. Les records ukrainiens de juin ne doivent pas endormir la vigilance occidentale: ils doivent au contraire accélérer la mobilisation industrielle européenne.

Chaque report de livraison, chaque hésitation budgétaire à Bruxelles ou dans une capitale nationale se traduit, sur le terrain, par des soldats ukrainiens en sous-effectif de munitions face à un ennemi qui, malgré ses pertes, reste numériquement supérieur.

## La menace chinoise en toile de fond

### Pékin observe, apprend et se prépare

Il serait naïf de croire que cette guerre d’attrition ne concerne que l’**Europe** de l’Est. La **Chine** observe attentivement chaque leçon tactique de ce **conflit**, notamment l’usage massif de drones bon marché contre des cibles logistiques coûteuses, une doctrine qui pourrait s’avérer redoutable dans un scénario de confrontation autour de **Taïwan**.

Chaque record ukrainien en matière de destruction d’artillerie ou de véhicules blindés constitue, indirectement, un manuel d’apprentissage pour les états-majors chinois, russes, iraniens et nord-coréens, qui échangent de plus en plus ouvertement leurs enseignements militaires.

### Un front qui dépasse largement l’Ukraine

C’est pourquoi je considère que soutenir l’Ukraine n’est jamais un dossier purement régional. C’est un test de crédibilité pour l’ensemble de l’architecture de sécurité occidentale, un signal envoyé simultanément à Moscou, Pékin, Téhéran et Pyongyang sur la détermination réelle de l’**Occident** à défendre ses valeurs et ses alliés.

Un échec ukrainien enverrait un message dévastateur: que la force brute peut encore, en 2026, redessiner les frontières européennes par la violence. Un succès ukrainien, au contraire, confirme que la **résistance** organisée et le soutien occidental peuvent faire plier même la deuxième armée conventionnelle du monde.

## Les limites de l’euphorie statistique

### Un record ne fait pas une victoire

Il faut se garder d’une lecture trop triomphaliste de ces chiffres. Détruire un nombre record de pièces d’artillerie russes en un mois ne signifie pas que la guerre touche à sa fin. La Russie conserve une capacité de production industrielle considérable et continue, malgré tout, de lancer des offensives coûteuses mais réelles sur certains segments du front.

Je préfère l’honnêteté à l’enthousiasme facile: ces statistiques sont encourageantes, elles montrent une tendance structurelle favorable à l’Ukraine, mais elles ne garantissent en rien un effondrement rapide de l’effort de guerre russe.

### La guerre reste une course de fond, pas un sprint

Le vrai enjeu, pour l’Ukraine et ses alliés occidentaux, est de transformer cette tendance mensuelle en avantage stratégique durable, capable de forcer, à terme, une **négociation** sur des bases favorables à Kyiv, et non l’inverse.

Cela suppose de maintenir, mois après mois, le même niveau de soutien logistique, financier et politique qui a permis ces résultats en juin. Le pire scénario serait un relâchement occidental précisément au moment où la pression sur la Russie commence à porter ses fruits concrets.

## Ce que ce mois de juin annonce pour la suite

### Un été 2026 potentiellement décisif

Si la tendance de juin se confirme en juillet et en août, l’armée russe pourrait se retrouver dans une situation d’attrition insoutenable sur le long terme, avec un recrutement incapable de compenser les pertes et une logistique de plus en plus perturbée par les frappes ukrainiennes en profondeur.

Les prochaines semaines seront déterminantes pour évaluer si ce record de juin constitue un pic ponctuel ou le début d’une accélération durable de l’effritement militaire russe sur le terrain ukrainien.

### Une fenêtre stratégique à ne pas gaspiller

Pour Kyiv et ses partenaires occidentaux, cette période représente une fenêtre stratégique précieuse. C’est précisément maintenant, alors que les statistiques penchent en faveur de l’Ukraine, qu’il faut intensifier, et non réduire, l’appui militaire et financier au pays agressé.

L’histoire jugera sévèrement les dirigeants occidentaux qui auraient laissé passer cette fenêtre par lassitude budgétaire ou par calcul électoral à court terme, au moment précis où la balance commençait à pencher du bon côté.

## Le prix payé par la société russe elle-même

### Une **économie de guerre** à bout de souffle

Ces pertes matérielles massives ont un coût économique considérable pour la Russie, dont l’**industrie de défense** peine à remplacer, au même rythme, l’équivalent de plusieurs milliers de véhicules et de systèmes d’artillerie chaque mois. Les **sanctions** occidentales, combinées aux frappes ukrainiennes sur les infrastructures pétrolières, aggravent cette pression économique.

Le régime de Poutine continue de présenter cette guerre comme une opération limitée et maîtrisée à sa population, alors même que les usines de défense tournent à plein régime pour tenter, sans y parvenir totalement, de compenser l’hémorragie matérielle documentée par l’ISW et le **renseignement** ukrainien.

### Une propagande de moins en moins crédible

Plus les statistiques de pertes s’accumulent, plus il devient difficile pour le **Kremlin** de maintenir la fiction d’une opération militaire spéciale rapide et peu coûteuse. Le décalage entre le discours officiel russe et la réalité des pertes matérielles documentées devient chaque mois plus flagrant.

C’est peut-être là, à terme, le véritable talon d’Achille du régime: non pas une **défaite** militaire spectaculaire et soudaine, mais une érosion lente, méthodique, statistique, qui finit par rendre la poursuite de la guerre politiquement et économiquement intenable pour Moscou.

## Conclusion : un mois qui compte, une guerre qui continue

### Un signal fort, pas une fin annoncée

Le mois de juin 2026 restera dans les archives militaires comme un tournant statistique majeur: **2 074 systèmes d’artillerie** russes frappés, **12 878 véhicules** détruits ou désactivés, une avancée territoriale russe réduite à une peau de chagrin par rapport à l’année précédente. Ces chiffres, corroborés par plusieurs sources indépendantes, dessinent le portrait d’une armée d’occupation à bout de souffle logistique.

Mais je refuse de céder à l’euphorie facile. Cette guerre n’est pas terminée. Elle continue de tuer, de détruire, de déplacer des populations entières. Le mérite de ce récit n’est pas de proclamer une victoire, mais de documenter, avec des sources solides, une tendance réelle et encourageante pour la résistance ukrainienne.

### Ce que l’Occident doit en retenir

La leçon la plus importante de ce mois de juin, pour les décideurs occidentaux, est simple: le soutien matériel à l’Ukraine fonctionne, il produit des résultats mesurables et documentés. Le réduire maintenant serait une erreur stratégique majeure, au moment précis où la pression sur la Russie commence à porter ses fruits les plus tangibles depuis le début de la guerre.

L’histoire de ce conflit continuera de s’écrire mois après mois, statistique après statistique, frappe après frappe. Juin 2026 n’est qu’un chapitre, mais c’est un chapitre qui mérite d’être raconté, compris et surtout, prolongé par des choix politiques occidentaux à la hauteur de l’enjeu.

**Signé Maxime Marquette, chroniqueur**

## Encadré de transparence du chroniqueur

### Positionnement éditorial

Je ne suis pas journaliste, mais **chroniqueur et analyste**. Mon expertise réside dans l'observation et l'analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.

Je ne prétends pas à l'objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. **Je prétends à la lucidité analytique**, à l'interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d'offrir une lecture critique des événements.

### Méthodologie et sources

Ce texte respecte la distinction fondamentale entre **faits vérifiés et analyses interprétatives**. La règle de méthode est constante : une information factuelle n'est publiée que si une source vérifiable la porte, et les sources effectivement utilisées par cet article sont listées sous **Sources**, jamais ici.

**Familles de sources primaires** retenues par la publication, quand le dossier en comporte : communiqués officiels des gouvernements et institutions internationales, déclarations publiques des dirigeants politiques, rapports d'organisations intergouvernementales, dépêches d'agences de presse internationales reconnues.

**Familles de sources secondaires** : publications spécialisées, médias d'information reconnus internationalement, analyses d'institutions de recherche établies, rapports d'organisations sectorielles.

Quand un article cite des données statistiques, économiques ou géopolitiques, elles proviennent d'institutions productrices de données (organisations intergouvernementales, banques centrales, instituts statistiques nationaux), et l'institution exacte est nommée sous **Sources**.

### Nature de l'analyse

Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une **synthèse critique et contextuelle** basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d'experts cités dans les sources consultées.

Mon rôle est d'interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et économiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l'observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs globaux.

Cet article décrit un état documenté à sa date de publication, et non une prédiction : une évolution ultérieure peut en déplacer les perspectives. Aucune mise à jour n'est promise d'avance; lorsqu'un article est corrigé ou complété, la modification est datée dans le texte.

## Sources

### Sources primaires

- [RBC-Ukraine — Ukrainian forces hit record number of Russian artillery in June, 3 juillet 2026](https://newsukraine.rbc.ua/news/ukrainian-forces-hit-record-number-of-russian-1783035140.html)

- [Institute for the Study of War — Russian Offensive Campaign Assessment, 1er juillet 2026](https://understandingwar.org/research/russia-ukraine/russian-offensive-campaign-assessment-july-1-2026/)

- [Kyiv Independent — couverture continue du front ukrainien, juillet 2026](https://www.kyivindependent.com/)

### Sources secondaires

- [Reuters — Europe/Ukraine coverage, juillet 2026](https://www.reuters.com/world/europe/)

- [The Guardian — Ukraine live coverage, juillet 2026](https://www.theguardian.com/world/ukraine)

- [Military Times — analyses militaires, juillet 2026](https://www.militarytimes.com/)

---

Source : Maxime Marquette, MadMax. Pour citer ce texte, nommer l’auteur et lier https://mad-max.co/fr/article/recit-juin-le-mois-ou-lartillerie-russe-a-paye-le-prix-fort-en-ukraine
