# RÉCIT : 1 395 790 soldats russes — le compteur de la mort qui ne s'arrête plus

> Le 24 juin 2026, l'État-Major général des forces armées ukrainiennes a publié son rapport quotidien sur les pertes russes. Le chiffre cumulé depuis le 24 février 2022 : 1 395 790 soldats russes tués, blessés ou capturés. Ce jour-là seul, la Russie a perdu 1 260 hommes. Un millier deux cent soixante existences humaines englouties par une guerre que Vladimir Poutine avait promise

- Auteur: Maxime Marquette
- Publication: MadMax (https://mad-max.co)
- Rubrique: Reportage
- Publié: 2026-06-29
- Adresse à citer: https://mad-max.co/fr/article/recit-1-395-790-soldats-russes-le-compteur-de-la-mort-qui-ne-s-arrete-plus

## Introduction : Un chiffre qui dépasse l'entendement

### Quand le quotidien de la guerre se mesure en milliers de morts

Le **24 juin 2026**, l'État-Major général des forces armées ukrainiennes a publié son rapport quotidien sur les pertes russes. Le chiffre cumulé depuis le **24 février 2022** : **1 395 790 soldats russes** tués, blessés ou capturés. Ce jour-là seul, la **Russie** a perdu **1 260 hommes**. Un millier deux cent soixante existences humaines englouties par une guerre que **Vladimir Poutine** avait promise comme une « opération militaire spéciale » de quelques jours. Quatre ans plus tard, les chiffres ont une brutalité qui défie les narrations officielles.

Ces données sont publiées quotidiennement par l'**État-Major ukrainien** depuis le début de l'invasion à grande échelle. Elles incluent les tués au combat, les blessés et les prisonniers de guerre — selon la méthodologie ukrainienne, confirmée partiellement par des sources indépendantes occidentales et des publications des services de renseignement alliés. Si la précision exacte de chaque chiffre peut être débattue, l'ordre de grandeur est reconnu par les analystes militaires sérieux comme reflétant une réalité catastrophique pour l'armée russe.

### La mécanique des pertes : 1 260 en un seul jour

Comment perd-on **1 260 soldats en une seule journée** ? Par l'artillerie qui cible les concentrations d'infanterie en attaque. Par les drones FPV ukrainiens qui interceptent les véhicules d'assaut et les groupes en mouvement. Par les contre-attaques ukrainiennes qui déciment les formations avancées. Par les tirs de précision des brigades défendant le secteur de **Pokrovsk**, de **Kostiantynivka**, de **Lyman**. Le secteur de **Pokrovsk** reste parmi les plus meurtriers pour les forces russes — **32 assauts en une journée**, tous repoussés selon l'État-Major ukrainien.

La **Russie** ne publie pas ses propres chiffres de pertes, ou publie des données si manifestement sous-estimées qu'elles ne constituent pas un contre-récit crédible. Cela laisse les données ukrainiennes comme la référence principale pour les observateurs internationaux. Des sources indépendantes — enquêtes journalistiques russes publiées à l'étranger, données des registres d'état civil russes, témoignages de familles de soldats — confirment des pertes massives, même si les totaux exacts restent difficiles à vérifier de manière indépendante.

*1 260 morts en un jour. Je veux que ce chiffre reste concret. Ce ne sont pas des statistiques — ce sont des fils, des pères, des frères russes que Poutine a envoyés mourir pour une guerre de conquête qu'une majorité d'entre eux ne comprenaient probablement pas pleinement. Et chaque mort russe correspond à une défense ukrainienne tenue, à un assaut repoussé, à une ville qui n'est pas tombée. L'horreur est double.*

## Le contexte militaire : juin 2026 sur le front ukrainien

### Le front de Pokrovsk, épicentre des pertes

Les données de pertes du **24 juin 2026** s'inscrivent dans un contexte de combats intenses dans plusieurs secteurs clés. Le front de **Pokrovsk** — où les forces russes ont lancé **32 attaques en une seule journée** — reste l'axe où les forces ukrainiennes infligent les pertes les plus lourdes. La combinaison de positions défensives préparées, de systèmes de drones tactiques intensifs et de l'artillerie ukrainiennes créent des conditions extrêmement défavorables pour l'infanterie russe en attaque frontale.

En **juin 2026**, les forces russes ont également subi des pertes importantes dans les secteurs de **Kostiantynivka** — où une bataille urbaine difficile se déroule — et de **Lyman**, où des contre-attaques ukrainiennes ont complexifié les positions russes. Le rapport de l'**ISW** du **24 juin** note que les avances russes sont **significativement plus lentes qu'en hiver 2026**, suggérant que les pertes humaines et matérielles subies par les forces russes commencent à peser sur leur capacité offensive.

### L'équipement perdu : un bilan matériel tout aussi lourd

Aux pertes humaines s'ajoutent des pertes matérielles considérables documentées par l'État-Major ukrainien. Au **24 juin 2026**, les forces russes auraient perdu depuis le début de la guerre : plus de **9 700 chars**, plus de **19 000 véhicules blindés de combat**, plus de **22 000 systèmes d'artillerie**, **369 avions**, **328 hélicoptères**, et plus de **3 600 drones**. Ces chiffres, là encore issus de sources ukrainiennes, illustrent l'ampleur du gaspillage matériel d'une armée engagée dans une guerre d'attrition qu'elle ne gagnait pas à la vitesse prévue.

La capacité de la **Russie** à remplacer ces équipements est limitée par les sanctions occidentales sur les technologies clés — semi-conducteurs, composants d'optique, systèmes de navigation — mais la mobilisation industrielle de guerre russe a compensé une partie de ces pertes via une production de matériels simplifiés et le recours à des stocks soviétiques restaurés. L'équation pertes-remplacements est l'une des variables cruciales qui détermineront la durée du conflit.

*9 700 chars perdus. Pour donner une échelle : toute l'armée française compte environ 200 chars opérationnels. La Russie a perdu l'équivalent de 48 armées françaises en véhicules blindés. Et pourtant, l'armée russe continue de fonctionner. C'est la mesure terrifiante de ce que représente une économie de guerre totale mobilisée sur la durée.*

## Le recrutement forcé : combler les pertes à tout prix

### La mobilisation de l'ombre et ses méthodes

Pour maintenir ses capacités offensives malgré des pertes de cette ampleur, la **Russie** a mis en place un système de recrutement massif qui combine enrôlement volontaire à prix élevé, mobilisation forcée dans les régions les plus vulnérables (minorités ethniques, régions économiquement défavorisées), et recrutement dans les prisons via des contrats militaires. Les primes d'enrôlement offertes aux volontaires ont atteint des niveaux considérables — plus de **200 000 roubles par mois** dans certaines régions, soit plusieurs fois le salaire moyen russe — témoignant de la difficulté à recruter suffisamment de volontaires malgré la propagande d'État.

Des rapports d'organisations de défense des droits humains et de journalistes d'investigation russes documentent des pratiques d'enrôlement forcé, particulièrement dans des régions comme le **Daguestan**, la **Bouriatie**, la **Tchétchénie** et d'autres régions à forte proportion de minorités ethniques. Cette répartition des pertes humaines soulève des questions sur l'équité de la mobilisation russe et sur les tensions sociales que cette guerre engendre au sein même de la **Fédération de Russie**.

### Les « hommes sur contrat » : une armée de précaires

Une part croissante des troupes russes envoyées en première ligne sont des **« contractants »** — des soldats engagés pour des durées limitées, souvent des hommes à faibles revenus, des personnes sans emploi, ou des prisonniers libérés sous conditions. Ce profil diffère significativement de l'armée de conscrits traditionnelle et explique en partie la qualité variable des troupes russes observée sur le terrain. Des unités d'élite — les **VDV parachutistes**, certaines brigades de la Garde nationale — maintiennent un niveau de compétence élevé, mais les unités d'assaut ordinaires souffrent souvent d'un manque de formation, d'équipement et de motivation qui se traduit directement en pertes.

Les données démographiques des pertes russes telles que documentées par des organisations russes indépendantes basées à l'étranger montrent une surreprésentation des hommes de moins de **35 ans** originaires de régions économiquement défavorisées. Cette répartition illustre que la guerre de **Poutine** est portée de manière disproportionnée par les plus vulnérables de la société russe — ceux que la propagande d'État atteint le mieux et que les perspectives économiques rendent les plus réceptifs aux primes d'enrôlement.

*Il y a une injustice structurelle dans la manière dont la Russie mène cette guerre : les fils de Moscou et de Saint-Pétersbourg ne meurent pas en aussi grande proportion que les fils du Daguestan ou de la Bouriatie. C'est la même injustice qu'on voit dans toutes les guerres impériales : les métropoles envoient les périphéries se battre. Poutine perpétue un pattern aussi vieux que l'empire russe.*

## L'impact stratégique des pertes russes

### Des pertes qui ralentissent les offensives

Les analystes militaires de l'**ISW** et d'autres centres de recherche stratégique notent une corrélation entre l'accumulation des pertes et le ralentissement des avances russes. L'intensité des attaques reste élevée — **232 engagements de combat** ont été enregistrés le **25 juin 2026** selon l'État-Major ukrainien — mais le rythme des gains territoriaux a nettement diminué par rapport à l'hiver **2025-2026**. Cette décélération est attribuée à plusieurs facteurs : épuisement des unités d'assaut, difficultés logistiques, et renforcement des défenses ukrainiennes dans certains secteurs.

La question clé pour les stratèges est de savoir si ces pertes sont compensées par de nouvelles recrues suffisamment formées et équipées pour maintenir la pression. La **Russie** semble, pour l'instant, capable de remplacer les pertes quantitativement — en mobilisant assez d'hommes pour maintenir une présence sur le front. Mais la qualité des remplaçants se dégrade progressivement, ce qui explique en partie l'augmentation des pertes russes dans des assauts qui auraient été mieux exécutés par des unités plus aguerries.

### L'asymétrie des pertes comme victoire ukrainienne

Dans une guerre d'attrition, l'asymétrie des pertes est un indicateur stratégique crucial. Si la **Russie** perd significativement plus d'hommes et d'équipements que l'**Ukraine** par unité de terrain conquis, la guerre d'usure tourne en faveur de la défense. Les analystes ukrainiens et occidentaux estiment que les pertes russes sont plusieurs fois supérieures aux pertes ukrainiennes en termes de tués au combat — bien que les deux côtés subissent des pertes considérables. Cette asymétrie, si elle se confirme sur la durée, pourrait éroder la capacité offensive russe à un rythme que même la mobilisation de masse ne peut compenser indéfiniment.

Le total de **1 395 790 pertes** représente également une pression politique interne en **Russie**. La propagande d'État maintient une façade d'unanimité nationale, mais les enquêtes d'opinion indépendantes russes — publiées par des organisations comme **Levada Centre** — documentent une fatigue croissante et une inquiétude économique liée à la guerre. Une enquête citée par **Ukrainska Pravda** fin juin **2026** montrait que **80 % des Russes** anticipent une crise économique.

*Le chiffre de 1,4 million de pertes russes — même avec toutes les nuances méthodologiques qu'on peut y apporter — dit quelque chose de fondamental : cette guerre coûte à la Russie bien plus que Poutine n'avait prévu. Et chaque mort supplémentaire est un argument pour la paix — si quelqu'un en Russie a encore le droit de le dire.*

## Les drones ukrainiens : le multiplicateur de pertes

### 800 000 cibles russes neutralisées par des drones ukrainiens

Pour comprendre comment l'**Ukraine** inflige ces pertes malgré son infériorité numérique, il faut regarder les données sur les drones. Selon **United24 Media**, les drones ukrainiens ont frappé plus de **800 000 cibles militaires russes** dans le premier semestre **2026** seulement. Ce chiffre révèle l'industrialisation de la guerre drone ukrainienne : des milliers d'appareils déployés quotidiennement, des équipes spécialisées qui neutralisent des véhicules, des dépôts de munitions, des concentrations de personnel, des systèmes d'artillerie. Le drone FPV ukrainien est devenu l'arme qui explique le mieux les pertes russes élevées dans les secteurs où l'infanterie russe tente d'avancer.

Cette supériorité ukrainienne dans la guerre des drones est le résultat d'un investissement massif depuis **2022-2023** dans la production nationale, la formation des équipes et le développement de tactiques d'emploi innovantes. Les drones ukrainiens ne se contentent pas de reconnaître — ils frappent. Ils ne se contentent pas de signaler les mouvements russes — ils interceptent les convois de ravitaillement, les véhicules de commandement, les concentrations d'artillerie. C'est cette capacité offensive des drones qui explique une partie significative du bilan de **1 260 pertes russes en une journée**.

### La contre-mesure russe et ses limites

La **Russie** a développé des contre-mesures à la menace drone ukrainienne : guerre électronique pour brouiller les liaisons de contrôle, déploiement de « chasseurs de drones » spécialisés, couverture des convois par des dômes de filets anti-drone. Ces mesures ont réduit l'efficacité de certains types de drones ukrainiens dans certains secteurs. Mais la réponse ukrainienne a été d'innover en permanence — nouveaux modèles de drones résistants au brouillage, nouvelles tactiques d'attaque en essaim, drones autonomes guidés par intelligence artificielle. La guerre technologique des drones est une course permanente à l'adaptation.

Le secteur de **Pokrovsk** illustre parfaitement cette dynamique : l'**ISW** note que les deux camps utilisent massivement les drones dans cette zone, créant la « zone de mort » évoquée plus haut. La saturation drone des deux côtés signifie que chaque mouvement de forces est scruté, chaque concentration est une cible potentielle. Dans cet environnement, les pertes des deux côtés sont élevées — mais les données disponibles suggèrent que les pertes russes restent disproportionnellement plus élevées, en partie parce que les forces russes doivent attaquer des positions défensives préparées.

*800 000 cibles neutralisées par drones en six mois. L'Ukraine a transformé sa faiblesse relative en armes lourdes en une supériorité dans la guerre asymétrique technologique. Ce n'est pas un accident — c'est le résultat d'un choix stratégique délibéré de Zelensky et de ses équipes de défense de miser sur l'innovation là où ils ne pouvaient pas rivaliser par les quantités. C'est de la stratégie à l'état pur.*

## Le compteur continuera de tourner : projections

### Vers 1,5 million avant la fin 2026 ?

Au rythme de pertes observé en **juin 2026** — environ **1 200 à 1 300 par jour** selon les données ukrainiennes — le compteur des pertes russes devrait franchir le seuil de **1,5 million** dans les prochains mois. Ce chiffre symbolique, s'il est atteint, représentera une accumulation de souffrance humaine à une échelle que peu de guerres modernes ont égalée. Pour comparaison, les **États-Unis** ont perdu environ **58 000 soldats** au **Vietnam** sur dix ans. La **Russie** perd davantage en quelques mois d'une guerre qu'elle a choisie d'engager.

Ces projections supposent que le rythme des combats se maintient à un niveau comparable. Plusieurs facteurs pourraient l'accélérer — une offensive russe de grande ampleur qui se heurterait aux défenses ukrainiennes renforcées — ou le ralentir — un cessez-le-feu partiel, une réduction des combats pendant l'été. Les négociations géopolitiques en cours, notamment autour du sommet de l'**OTAN** à **Ankara** et des éventuelles discussions impliquant les **États-Unis**, pourraient modifier la dynamique du conflit dans les prochaines semaines.

### La question de la soutenabilité russe

La question fondamentale que posent ces chiffres de pertes est celle de la soutenabilité à long terme de l'effort de guerre russe. Une armée peut absorber des pertes importantes si elle dispose d'un vivier de recrutement suffisant et d'une capacité de remplacement des équipements. La **Russie**, avec une population de **140 millions**, a théoriquement la capacité humaine de continuer cette guerre pendant des années. Mais à quel coût social, économique et politique ? Les enquêtes documentent une **inquiétude économique croissante** dans la population russe, une inflation persistante, des pénuries de certains biens. La guerre durable a un coût intérieur que la propagande peut atténuer mais pas éliminer.

Pour l'**Ukraine**, la question miroir est tout aussi pressante : comment maintenir ses propres forces, ses capacités défensives et la cohésion sociale face à des pertes réelles — moins documentées publiquement que les pertes russes, mais tout aussi lourdes à porter humainement ? La réponse ukrainienne passe par le soutien occidental continu, la production nationale d'armements et la mobilisation d'une société qui a, jusqu'ici, maintenu une résilience remarquable face à une agression qu'elle n'a pas choisie.

*La soutenabilité russe face à ces pertes est la grande inconnue stratégique de cette guerre. Poutine peut mobiliser des hommes tant que la peur du régime dépasse la peur du front. Mais il y a un point de rupture. Personne ne sait exactement où il est. Ce que je sais, c'est que 1,4 million de morts, c'est un fardeau que même les sociétés les plus résignées finissent par sentir.*

## Les familles russes face au silence d'État

### La dissimulation systématique des pertes en Russie

En **Russie**, parler des morts de la guerre est devenu un acte de résistance. Les autorités russes ont criminalisé la diffusion de « fausses informations » sur l'armée — une loi utilisée pour poursuivre quiconque évoque des pertes réelles. Des journalistes, des militants, des simples citoyens ont été condamnés à des peines de prison pour avoir mentionné les morts de leurs propres proches sur les réseaux sociaux. Cette répression a créé un silence organisé autour des pertes de guerre qui contraste avec la réalité que des centaines de milliers de familles russes vivent.

Des organisations russes basées à l'étranger — **Mediazona**, **iStories**, le collectif **Meduza** — s'efforcent de documenter les pertes russes réelles en consultant les avis de décès publiés dans les registres locaux, les publications sur les réseaux sociaux de familles endeuillées, les commandes de pierres tombales dans les cimetières. Ces enquêtes indépendantes confirment des pertes massives, même si leurs totaux ne peuvent pas être comparés directement aux données ukrainiennes car elles mesurent partiellement les mêmes choses.

### Les cimetières qui s'agrandissent

Des images satellitaires analysées par des organismes de vérification indépendants ont documenté l'expansion significative de cimetières dans plusieurs régions russes depuis **2022**. Ces images — incontestables par nature — constituent une preuve visuelle indépendante des pertes massives qui contredit les chiffres officiels russes. Des villes entières de certaines régions — **Bouriatie**, **Daguestan** — ont leurs cimetières transformés par des rangées de tombes récentes, nombreuses et portant des dates de **2022** à **2026**.

Ce corpus de preuves visuelles et journalistiques, pris ensemble avec les données ukrainiennes officielles et les confirmations partielles des services de renseignement occidentaux, dresse un portrait cohérent d'une armée russe qui paie un prix humain extraordinairement élevé. Ce prix n'est pas seulement une statistique dans le rapport quotidien de l'État-Major ukrainien — c'est une réalité vécue par des dizaines de millions de Russes qui ont perdu un proche ou connaissent quelqu'un qui en a perdu un.

*Les cimetières ne mentent pas. Quand les images satellites montrent des dizaines de nouvelles rangées de tombes dans une ville de province russe, aucune propagande ne peut effacer cette réalité. Les familles russes savent. Elles font le deuil en silence, sous la pression d'un État qui leur demande d'appeler cela de la « gloire ». C'est une violence supplémentaire imposée à des gens qui subissent déjà la pire des pertes.*

## L'Ukraine compte aussi ses morts : la réalité des deux côtés

### Les pertes ukrainiennes : une réalité moins publiée mais tout aussi réelle

Si cet article documente principalement les pertes russes — données plus accessibles publiquement car publiées quotidiennement par l'**État-Major ukrainien** — il serait intellectuellement malhonnête de ne pas reconnaître que l'**Ukraine** paye elle aussi un prix humain considérable. Le gouvernement ukrainien ne publie pas ses propres pertes par mesure de sécurité opérationnelle et pour des raisons de moral national. Des estimations occidentales suggèrent des dizaines de milliers de morts ukrainiens, d'autres évoquent des chiffres plus élevés. Les défenseurs d'une nation en guerre paient toujours un prix.

Cette réalité n'annule pas la responsabilité russe pour ce conflit. La **Russie** a choisi d'envahir l'**Ukraine** — une nation souveraine qui n'avait pas attaqué la **Russie**. Les pertes ukrainiennes sont le résultat direct de cette agression. Reconnaître les pertes des deux côtés, c'est reconnaître le coût réel d'une guerre que **Poutine** a choisie et que l'**Ukraine** n'a pas. Cette distinction morale fondamentale ne doit jamais être noyée dans une fausse équivalence des deux camps.

### La fraternité improbable des chiffres

Il existe une ironie douloureuse dans ces chiffres de pertes : Russes et Ukrainiens sont des peuples proches — historiquement, linguistiquement, familialement pour beaucoup. Des soldats ukrainiens et russes ont des cousins du côté adverse. Des frontières familiales ont été tracées par cette guerre à l'intérieur de familles étendues. Cette proximité rend la guerre d'autant plus tragique et absurde. Ce n'est pas une guerre entre des peuples qui se haïssaient depuis toujours — c'est une guerre qu'un homme a imposée à deux peuples frères pour des raisons qui n'ont rien à voir avec les souhaits de la majorité ni des Russes ni des Ukrainiens.

Les **1 395 790** pertes russes et les dizaines de milliers de pertes ukrainiennes sont le legs que **Vladimir Poutine** laisse au monde slave. C'est une criminalité historique qui mérite d'être nommée comme telle — non pas par haine des peuples russes et ukrainiens, mais par amour de la vérité et par respect pour ceux qui meurent pendant que les décideurs survivent.

*Je pense parfois à ces familles — ukrainiennes et russes — qui vivent le deuil de cette guerre simultanément, des deux côtés d'une frontière que Poutine a tracée dans leur chair. Ce sont des victimes de la même décision prise par un homme. Et ni les unes ni les autres ne méritent ça.*

## Conclusion : Ce que dit le compteur à 1 395 790

### Une guerre qui se mesure en tragédies individuelles

Le chiffre **1 395 790** est à la fois une statistique et un récit. Statistique des pertes militaires d'une armée envoyée combattre une nation souveraine pour satisfaire les ambitions d'un régime autocratique. Récit de **1 260 histoires individuelles** en une seule journée du **24 juin 2026** — des jeunes hommes qui ne rentreront pas chez eux, des familles qui recevront une notification officielle minimisée, des régions entières de **Russie** qui paient le prix d'une guerre qu'elles n'ont pas demandée. Ces individualités, noyées dans l'abstraction du grand nombre, méritent d'être rappelées.

Pour l'**Ukraine**, ce compteur représente la mesure de sa résistance. Chaque perte russe documentée est le témoignage qu'une position a été défendue, qu'un assaut a été repoussé, qu'une ville n'est pas tombée ce jour-là. Le rapport de **1 260 pertes russes en une journée** publié par l'État-Major ukrainien le **24 juin 2026** n'est pas un chiffre triumphant — c'est le relevé comptable d'une défense nationale conduite avec des ressources humaines et matérielles inférieures à celles de l'agresseur, depuis plus de quatre ans, sans avoir rompu.

### La fin que personne ne peut encore voir

Ce récit n'a pas de conclusion narrative satisfaisante parce que la guerre n'en a pas encore. Le compteur continuera de tourner — aujourd'hui, demain, dans une semaine. Les **1 395 790** deviendront **1 400 000**, puis davantage. Jusqu'à ce qu'une décision politique — à **Moscou**, à **Kyiv**, à **Washington** — change les termes du conflit. Ce que le compteur dit avec une clarté absolue, c'est que chaque journée supplémentaire de guerre a un coût humain précisément mesurable. C'est peut-être son utilité la plus fondamentale : forcer le monde à ne pas regarder ailleurs.

*1 395 790. Je ne laisserai pas ce chiffre être juste un nombre. C'est la mesure de la résistance ukrainienne, la mesure du prix de la guerre de Poutine, et la mesure de notre responsabilité collective à ne pas détourner le regard. Tant que le compteur tourne, nous devons compter.*

**Signé Maxime Marquette, chroniqueur**

## Encadré de transparence du chroniqueur

### Positionnement éditorial

Je ne suis pas journaliste, mais **chroniqueur et analyste**. Mon expertise réside dans l'observation et l'analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.

Je ne prétends pas à l'objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. **Je prétends à la lucidité analytique**, à l'interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d'offrir une lecture critique des événements.

### Méthodologie et sources

Ce texte respecte la distinction fondamentale entre **faits vérifiés et analyses interprétatives**. La règle de méthode est constante : une information factuelle n'est publiée que si une source vérifiable la porte, et les sources effectivement utilisées par cet article sont listées sous **Sources**, jamais ici.

**Familles de sources primaires** retenues par la publication, quand le dossier en comporte : communiqués officiels des gouvernements et institutions internationales, déclarations publiques des dirigeants politiques, rapports d'organisations intergouvernementales, dépêches d'agences de presse internationales reconnues.

**Familles de sources secondaires** : publications spécialisées, médias d'information reconnus internationalement, analyses d'institutions de recherche établies, rapports d'organisations sectorielles.

Quand un article cite des données statistiques, économiques ou géopolitiques, elles proviennent d'institutions productrices de données (organisations intergouvernementales, banques centrales, instituts statistiques nationaux), et l'institution exacte est nommée sous **Sources**.

### Nature de l'analyse

Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une **synthèse critique et contextuelle** basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d'experts cités dans les sources consultées.

Mon rôle est d'interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et économiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l'observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs globaux.

Cet article décrit un état documenté à sa date de publication, et non une prédiction : une évolution ultérieure peut en déplacer les perspectives. Aucune mise à jour n'est promise d'avance; lorsqu'un article est corrigé ou complété, la modification est datée dans le texte.

## Sources

### Sources primaires

- [Kyiv Independent — General Staff: Russia has lost 1,395,790 troops in Ukraine since Feb. 24, 2022 — 2026-06-24](https://kyivindependent.com/general-staff-russia-has-lost-1-395-790-troops-in-ukraine-since-feb-24-2022/)

- [Ukrainska Pravda — General Staff confirms Russian losses June 23 — 2026-06-23](https://www.pravda.com.ua/eng/news/2026/06/23/8040667/)

### Sources secondaires

- [Ukrainska Pravda — Ukraine frontline update June 28 2026 — 2026-06-28](https://www.pravda.com.ua/eng/news/2026/06/28/8041443/)

- [United24 Media — Ukrainian drones hit over 800,000 Russian military targets in first half of 2026 — 2026-06-28](https://united24media.com/war-in-ukraine/ukrainian-drones-hit-over-800000-russian-military-targets-in-first-half-of-2026-20066)

- [ISW — Russian Offensive Campaign Assessment, June 24, 2026 — 2026-06-24](https://understandingwar.org/research/russia-ukraine/russian-offensive-campaign-assessment-june-24-2026/)

- [Ukrainska Pravda — 232 clashes over past day, most in Pokrovsk — 2026-06-25](https://www.pravda.com.ua/eng/news/2026/06/25/8041011/)

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Source : Maxime Marquette, MadMax. Pour citer ce texte, nommer l’auteur et lier https://mad-max.co/fr/article/recit-1-395-790-soldats-russes-le-compteur-de-la-mort-qui-ne-s-arrete-plus
