# PORTRAIT : les 70 milliards d'Ankara pour Kiev

> Un chiffre, à lui seul, ne fait pas un portrait. Mais quand ce chiffre — 70 milliards d'euros — devient le point de convergence de 32 gouvernements réunis à Ankara les 7 et 8 juillet 2026, il mérite d'être décortiqué…

- Auteur: Maxime Marquette
- Publication: MadMax (https://mad-max.co)
- Rubrique: Portrait
- Publié: 2026-07-23
- Adresse à citer: https://mad-max.co/fr/article/portrait-les-70-milliards-d-ankara-pour-kiev

## Introduction

Un chiffre, à lui seul, ne fait pas un portrait. Mais quand ce chiffre — **70 milliards d'euros** — devient le point de convergence de 32 **gouvernements** réunis à **Ankara** les 7 et 8 juillet 2026, il mérite d'être décortiqué comme on décortique un personnage complexe : ses origines, ses composantes, ses tensions internes, et ce qu'il révèle de ceux qui l'ont fait naître. Ce portrait s'attache à ce montant précis, promis pour l'**aide militaire** à l'**Ukraine** en 2026, avec la promesse d'« au moins autant » pour 2027.

Ce chiffre n'est pas tombé du ciel. Il s'inscrit dans une trajectoire **budgétaire** plus large — une hausse cumulée de **258 milliards de dollars** des dépenses de défense européennes et canadiennes sur 2025-2026, un budget **cumulé** de l'**OTAN** qui a franchi le seuil symbolique de **1,5 billion** de dollars en 2026. *Un portrait budgétaire, comme un portrait humain, ne se comprend jamais isolé de son contexte et de son histoire.*

Ce texte cherche à répondre à une **question** simple mais rarement posée avec la rigueur nécessaire : qui compose réellement ce chiffre de 70 milliards, comment se répartit-il entre les **alliés**, et quelle part en a déjà été effectivement **livrée** plutôt que simplement promise sur papier lors du **sommet**.

## L'anatomie du chiffre annoncé à Ankara

### 30 milliards via une facilité de crédit européenne

Le montant de 70 **milliards d'euros** ne provient pas d'une seule source budgétaire. Environ **30 milliards d'euros** proviennent d'une **facilité de crédit** commune de l'Union européenne, un **mécanisme** qui mutualise une partie du **financement** plutôt que de le laisser à la seule discrétion bilatérale de chaque capitale. Ce portrait retient cette structure hybride comme la **preuve** d'une volonté de partager le fardeau plutôt que de le concentrer sur quelques contributeurs historiques.

Le reste de l'enveloppe, environ **40 milliards d'euros**, provient d'**engagements** bilatéraux directs annoncés par plusieurs **capitales** alliées, dont l'ampleur varie considérablement d'un pays à l'autre selon son poids économique et sa **priorité** politique interne.

### « Au moins autant » pour 2027, une promesse ouverte

*Une promesse ouverte, sans plafond fixé, ressemble à un chèque en blanc signé par 32 signataires ; sa valeur réelle dépendra entièrement de la volonté politique de chacun d'eux au **moment** de l'encaisser.* Ce portrait retient cette formule comme l'élément le plus audacieux, et le plus incertain, de l'**engagement** d'Ankara.

Cette promesse pour 2027 n'a, à ce stade, aucune ventilation détaillée par pays. Ce portrait note que cette absence de détail pourrait devenir, dans les mois suivants, une source de **friction** entre alliés au moment de répartir concrètement l'effort **budgétaire** supplémentaire.

## Le portrait des contributeurs, capitale par capitale

### L'Allemagne, portrait d'un contributeur en tête

Selon les données de l'**Institut Kiel**, l'**Allemagne** a inscrit **11,5 milliards d'euros** à son budget 2026 dédié au soutien militaire à l'**Ukraine**, un chiffre qui la place en tête des contributeurs européens. Ce portrait retient ce montant comme le symbole d'un changement de **posture** historique pour un pays longtemps réticent à assumer un rôle militaire de premier plan sur le continent.

Le Royaume-Uni suit avec environ **4,4 milliards d'euros**, tandis que la **Norvège** consacre **7,6 milliards d'euros**, dont environ 80 % directement affectés à l'achat d'armements plutôt qu'à d'autres formes d'assistance. Ce portrait retient cette proportion norvégienne comme un exemple de ciblage particulièrement direct de l'effort **budgétaire**.

### La Suède et les contributeurs de second rang

La **Suède** a annoncé une **hausse** supplémentaire d'au moins **un milliard d'euros**, un montant plus modeste en valeur absolue mais significatif au regard de la taille de son économie. *Un portrait collectif se compose rarement de héros uniques ; il se compose de contributions inégales qui, additionnées, dessinent une image plus nuancée que celle du communiqué de **sommet**.*

Ce portrait retient que ces contributions de second rang, souvent négligées dans la couverture médiatique dominée par les grands chiffres allemands ou américains, constituent néanmoins une part substantielle de l'effort collectif affiché à **Ankara**.

## Le contraste avec l'écart entre promesse et livraison

### 10 milliards livrés sur 140 promis cumulativement

Ce portrait retient un chiffre qui nuance considérablement l'image flatteuse du **sommet** : selon l'Institut Kiel, environ **10 milliards d'euros** seulement avaient été effectivement livrés au **30 avril 2026**, sur les 140 milliards promis cumulativement à l'Ukraine à travers plusieurs **engagements** successifs. Cet écart constitue le contrepoint indispensable à tout portrait honnête de l'**aide** occidentale.

*Un portrait qui ne montrerait que le visage du communiqué de **sommet**, sans montrer aussi le visage plus terne du **décaissement** réel, ne serait qu'une moitié de portrait, la moitié la plus flatteuse.* Ce texte refuse cette demi-mesure.

### Ce que cet écart révèle sur la nature des engagements de sommet

Cet écart ne signifie pas nécessairement une mauvaise foi des **capitales** signataires : les procédures **budgétaires** nationales, les **négociations** parlementaires et les contraintes industrielles expliquent une partie substantielle de ce délai. Ce portrait retient néanmoins que cette explication, bien que légitime, ne dispense pas les alliés de rendre compte régulièrement de la progression réelle de leurs engagements.

C'est précisément ce type de reddition de comptes qui permettra, dans les mois suivants, de savoir si les 70 milliards annoncés à **Ankara** suivront le même chemin que les 140 milliards antérieurs, ou s'ils bénéficieront d'un suivi plus rigoureux.

## Le forum industriel, portrait d'un volet souvent négligé

### 50 milliards de dollars de nouveaux contrats signés

En marge du **sommet**, le NATO Summit Defence Industry Forum a permis la signature de plus de **50 milliards de dollars** de nouveaux contrats industriels de défense. Ce portrait retient ce chiffre comme un indicateur utile, mais partiel : un contrat signé n'est pas un équipement livré, et le délai de **production** industrielle reste, pour l'essentiel, mesuré en années plutôt qu'en mois.

*Un contrat **industriel** signé aujourd'hui dessine le visage futur d'une armée, pas son visage présent ; c'est un portrait en devenir, pas un portrait achevé.* Ce texte retient cette nuance temporelle comme essentielle pour comprendre la portée réelle de ce volet du **sommet**.

### La fragmentation industrielle, trait persistant du portrait européen

Ce portrait retient un trait structurel qui complique la mise en œuvre de ces contrats : la fragmentation persistante entre douze modèles de chars européens différents, contre un seul modèle américain, selon des analyses économiques indépendantes portant sur l'**industrie** de **défense** continentale. Cette fragmentation limite les **économies** d'échelle et allonge les délais de production.

Les 50 milliards de nouveaux contrats pourraient, à terme, contribuer à réduire cette fragmentation si les **capitales** choisissent des standards industriels communs plutôt que de protéger leurs propres **champions** nationaux, un choix politique qui reste, à ce jour, incertain.

## Le portrait américain, un contributeur à part

### Sept milliards de dollars, chute d'une aide autrefois généreuse

Selon le **Pew Research Center**, l'aide étrangère américaine globale a fortement chuté sous la seconde administration **Trump**, avec environ **7 milliards de dollars** seulement distribués au 1er juillet 2026. Ce portrait retient ce chiffre comme le contraste le plus frappant avec l'ambition affichée à **Ankara** par les **alliés** européens.

Le Sénat américain a néanmoins approuvé, le 20 juillet 2026, une **hausse** ponctuelle de l'**aide** militaire spécifique à l'Ukraine, faisant passer l'enveloppe de **300 à 500 millions de dollars** pour l'exercice 2026. *Un geste isolé, même généreux dans son intention, ne redessine pas à lui seul le portrait d'un retrait **budgétaire** documenté sur plusieurs mois consécutifs.*

### La licence Patriot, trait distinctif du portrait américain

Le président américain **Donald Trump** a accordé, le 18 juillet 2026, une licence permettant à l'Ukraine de fabriquer elle-même des systèmes de défense aérienne **Patriot**. Ce portrait retient cette décision comme une exception notable qui contraste avec la tendance **générale** de retrait **budgétaire** américain documentée par le Pew Research Center.

Cette annonce reste, à ce stade, une décision politique rapportée, non un fait opérationnel pleinement vérifié sur le terrain. Ce portrait la retient néanmoins comme la **preuve** qu'une volonté politique précise peut encore produire un équipement critique, même dans un contexte **budgétaire** américain globalement moins généreux.

## Le précédent PURL, un détail révélateur du portrait

### 15 milliards demandés, 4,3 milliards reçus

Le **mécanisme** **PURL** (Prioritized Ukraine Requirements List) illustre, à une échelle plus modeste que les grandes enveloppes de **sommet**, le même écart structurel : **Kyiv** avait demandé **15 milliards de dollars** pour ce mécanisme en 2026, mais n'en avait reçu que **4,3 milliards de dollars** en 2025.

*Un détail à petite échelle, dans un portrait **budgétaire**, révèle parfois davantage sur le caractère réel du sujet que le grand geste photographié pour le communiqué officiel.* Ce portrait retient ce **précédent** comme un avertissement pour l'exécution future des 70 milliards d'Ankara.

### Ce que ce précédent enseigne sur le suivi nécessaire

Ce mécanisme, contrairement aux grandes enveloppes de **sommet**, permet un suivi relativement précis entre le montant demandé et le montant effectivement livré. Ce portrait retient cette **transparence** comme un modèle possible pour évaluer, dans les mois à venir, si l'engagement d'Ankara se traduit en versements réels ou en simple ligne de communiqué.

Sans un **mécanisme** de suivi comparable pour l'ensemble de l'**engagement** d'Ankara, ce portrait prévient que la distinction entre promesse et **réalité** budgétaire restera, pour l'essentiel, invérifiable pour le grand public.

## La reddition de comptes, trait de caractère indispensable

### Le seize juillet devant le Parlement européen

L'OTAN a présenté son **objectif** de dépenses de défense devant un comité du **Parlement européen** le 16 juillet 2026, une **audience** où plusieurs élus ont interrogé directement la fiabilité du **calendrier** de livraison plutôt que de se satisfaire des chiffres d'**engagement** annoncés. Ce portrait retient cette audience comme un trait de caractère institutionnel indispensable à la crédibilité du chiffre de 70 milliards.

*Un **chiffre** annoncé sans reddition de comptes régulière reste un portrait flatteur mais incomplet ; c'est l'**audience** **parlementaire** qui ajoute les ombres nécessaires pour rendre le portrait honnête.*

### Ce que l'absence de suivi coûterait au portrait global

Sans une pression **parlementaire** constante, ce portrait estime que la tentation budgétaire naturelle d'un **gouvernement** confronté à d'autres priorités internes serait de traiter l'**engagement** d'Ankara comme un objectif souple plutôt que comme une promesse ferme. C'est précisément ce glissement que la reddition de comptes régulière cherche à empêcher.

La différence entre les deux approches ne se mesurera pas dans les discours de **sommet**, mais dans les votes de crédits nationaux qui suivront, mois après mois, jusqu'à la fin de l'exercice budgétaire 2026 puis 2027.

## Le reflet taïwanais dans ce portrait occidental

### Une cohérence observée depuis loin

Taïwan a signalé, le 20 juillet 2026, une hausse significative de l'activité navale chinoise près de l'île, un contexte dans lequel plusieurs observateurs de sécurité surveillent la manière dont l'Occident honore ses propres **engagements** envers l'**Ukraine**. Ce portrait n'établit aucun lien de causalité direct entre les deux théâtres, mais retient que la **crédibilité** occidentale se mesure sur plusieurs fronts simultanément, aux yeux de tout observateur international attentif.

*Un portrait occidental qui tiendrait ses **promesses** à **Kyiv**, mais faillirait ailleurs, resterait un portrait incohérent ; c'est la cohérence globale, plus que la générosité isolée, qui construit une réputation durable.*

### Un test qui dépasse le seul dossier ukrainien

Ce portrait retient que le chiffre de 70 milliards, s'il se traduit en **livraisons** réelles, aurait une portée qui dépasse largement le seul théâtre ukrainien, en renforçant la **crédibilité** **générale** de la dissuasion occidentale ailleurs dans le monde, y compris dans le détroit de Taïwan.

C'est cette dimension plus large qui distingue un portrait complet d'un simple gros plan sur un seul **sommet** et un seul chiffre isolé de son contexte géopolitique global.

## Le poids relatif des économies du sud de l'Europe

### La France, l'Italie et l'Espagne, contributeurs plus discrets

Ce portrait retient un trait souvent sous-éclairé dans la couverture des grands sommets : les contributions annoncées par la **France**, l'**Italie** et l'**Espagne** restent, en proportion de leur poids économique respectif, sensiblement plus modestes que celles de l'**Allemagne**, du Royaume-Uni ou des pays nordiques. Ce décalage alimente, depuis plusieurs sommets consécutifs, un débat récurrent sur l'équité du partage du fardeau **budgétaire** au sein de l'Alliance.

*Un portrait collectif honnête doit montrer aussi les visages qui restent en retrait, pas seulement ceux qui posent au premier plan pour la photographie officielle du **sommet**.* Ce texte retient ce déséquilibre comme un trait de caractère persistant du portrait européen.

### Les contraintes budgétaires internes comme explication partielle

Ces trois **économies** font face, chacune à sa manière, à des contraintes budgétaires internes substantielles, entre dette publique élevée et **priorités** sociales concurrentes, qui expliquent en partie, sans les justifier entièrement, la modération relative de leurs engagements envers l'**Ukraine**.

Ce portrait retient que cette explication **budgétaire**, bien que réelle, n'efface pas l'écart persistant entre le discours de **solidarité** affiché à Ankara et la répartition réelle du fardeau financier entre les 32 capitales signataires.

## Ce que le sommet révèle de la cohésion politique européenne

### Une unité de façade plus fragile qu'elle ne paraît

Le **sommet** d'Ankara a affiché une unité politique de façade entre 32 signataires, mais ce portrait retient que cette unité masque des divergences réelles sur le rythme, l'ampleur et la nature exacte de l'**aide** à fournir, divergences qui émergent régulièrement lors des **négociations** **budgétaires** nationales qui suivent chaque sommet.

*Une photographie de groupe au **sommet** dessine un portrait d'unité ; les votes de crédits qui suivent, capitale par capitale, dessinent souvent un portrait bien plus fragmenté.*

### Le rôle de la pression américaine dans cette cohésion

Une partie de cette cohésion européenne affichée à Ankara s'explique par la pression exercée par le retrait **budgétaire** américain documenté par le Pew Research Center : confrontés à un partenaire historique moins présent, plusieurs **gouvernements** européens ont choisi d'accentuer leur propre effort plutôt que de laisser un vide sécuritaire s'installer.

Ce portrait retient cette dynamique comme une explication structurelle plausible, sans prétendre épuiser toutes les motivations politiques internes propres à chaque **capitale** signataire.

## Le portrait industriel, entre promesse et fragmentation persistante

### Douze modèles de chars, un symbole de la fragmentation

Ce portrait revient sur un **chiffre** déjà évoqué mais qui mérite d'être approfondi : la coexistence de douze modèles de chars européens différents, contre un seul modèle américain standardisé, illustre une fragmentation industrielle qui ralentit la **production** et augmente les coûts de **maintenance** à long terme pour l'ensemble des armées européennes.

*Un portrait **industriel** fragmenté produit, inévitablement, un portrait militaire plus lent à se déployer que ne le suggère le chiffre flatteur d'un contrat signé en marge d'un **sommet**.*

### Les 50 milliards de contrats comme occasion de standardisation

Les 50 **milliards de dollars** de nouveaux contrats signés au Forum **industriel** de défense d'Ankara offrent, en théorie, une occasion de réduire cette fragmentation si les capitales choisissent des standards industriels communs plutôt que de protéger leurs propres **champions** nationaux respectifs.

Ce portrait retient que cette occasion reste, à ce stade, hypothétique : aucun engagement ferme de standardisation industrielle n'a été annoncé publiquement lors du **sommet**, seulement une intention **générale** de coopération renforcée.

## Ce que l'histoire récente enseigne sur la durée des engagements

### Douze ans pour respecter l'objectif de 2 % du PIB

Ce portrait rappelle un **précédent** utile : l'**objectif** de 2 % du **PIB** consacré à la défense, fixé en 2014, a mis plus d'une décennie à être pleinement respecté par la majorité des membres de l'**Alliance**. La nouvelle cible de 5 % du PIB, plus ambitieuse encore, s'étend jusqu'en 2035.

*Un portrait budgétaire honnête doit intégrer le temps comme variable centrale ; un **engagement** annoncé en 2026 ne devient une réalité vérifiée qu'après plusieurs cycles **budgétaires** et **électoraux** successifs.*

### La discipline institutionnelle, condition ultime de réussite

Ce portrait retient que la réussite durable du chiffre de 70 milliards dépendra moins du **sommet** lui-même que de la discipline institutionnelle capable de survivre aux changements de **gouvernement** dans chacune des 32 capitales signataires, indépendamment des étiquettes partisanes qui alterneront au pouvoir au fil des années à venir.

C'est cette même discipline qui a fini par faire respecter, avec plus d'une décennie de **retard**, l'**objectif** antérieur de 2 % ; rien ne garantit qu'elle s'imposera plus rapidement pour la **cible** plus exigeante de 5 %.

## Ce que le précédent des drills taïwanais ajoute au portrait

### Un contexte de tension parallèle, pas une preuve de causalité

Taïwan a annoncé des exercices de défense civile prévus les 10 et 13 août 2026, touchant 14 villes et comtés et environ 70 % de la **population**, dans un contexte de pression militaire chinoise croissante documentée par plusieurs agences de presse. *Ce portrait retient ce parallèle comme un rappel que la **crédibilité** occidentale, mesurée à **Ankara**, résonne jusque dans des théâtres géographiquement éloignés, là où la mémoire des promesses tenues ou rompues voyage plus vite que les diplomates eux-mêmes.*

Aucune **preuve** directe ne relie les deux théâtres de manière causale ; ce portrait se limite à constater que les observateurs de sécurité internationaux surveillent simultanément les deux dossiers pour évaluer la cohérence globale de la **posture** occidentale.

### Un rappel final sur la portée du chiffre d'Ankara

Ce portrait retient, en dernier lieu, que le chiffre de 70 **milliards d'euros** ne se jugera pas seulement à l'aune du **dossier** ukrainien : sa **crédibilité** réelle contribuera, ou nuira, à la perception globale de la fiabilité occidentale face à toute pression extérieure, y compris celle observée simultanément en Asie-Pacifique.

C'est cette portée élargie qui justifie, aux yeux de ce portrait, l'attention soutenue portée au suivi réel de cet engagement dans les mois à venir, bien au-delà du seul **cycle** médiatique du **sommet** lui-même.

## Conclusion

Le portrait de ces 70 **milliards d'euros** promis à Ankara révèle un visage composite : une **Allemagne** qui assume désormais un rôle de premier contributeur, des pays nordiques qui ciblent leur effort avec précision, de grandes **économies** comme la **France**, l'Italie ou l'Espagne encore en retrait relatif, et un **partenaire américain** dont la générosité se concentre sur des gestes ponctuels plutôt que sur un engagement budgétaire global stable.

Ce portrait ne sera complet que lorsque les 10 milliards livrés jusqu'ici sur 140 promis auront cédé la place à un chiffre qui se rapproche enfin de la promesse initiale. *Un portrait budgétaire, comme tout portrait honnête, doit accepter de vieillir avec son sujet ; celui d'Ankara ne prendra tout son sens que dans les mois et les années qui suivront ce **sommet**, pas dans la photographie officielle du jour même.*

**Signé Maxime Marquette, chroniqueur**

## Encadré de transparence du chroniqueur

### Positionnement éditorial

Je ne suis pas journaliste, mais **chroniqueur et analyste**. Mon expertise réside dans l'observation et l'analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.

Je ne prétends pas à l'objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. **Je prétends à la lucidité analytique**, à l'interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d'offrir une lecture critique des événements.

### Méthodologie et sources

Ce texte respecte la distinction fondamentale entre **faits vérifiés et analyses interprétatives**. La règle de méthode est constante : une information factuelle n'est publiée que si une source vérifiable la porte, et les sources effectivement utilisées par cet article sont listées sous **Sources**, jamais ici.

**Familles de sources primaires** retenues par la publication, quand le dossier en comporte : communiqués officiels des gouvernements et institutions internationales, déclarations publiques des dirigeants politiques, rapports d'organisations intergouvernementales, dépêches d'agences de presse internationales reconnues.

**Familles de sources secondaires** : publications spécialisées, médias d'information reconnus internationalement, analyses d'institutions de recherche établies, rapports d'organisations sectorielles.

Quand un article cite des données statistiques, économiques ou géopolitiques, elles proviennent d'institutions productrices de données (organisations intergouvernementales, banques centrales, instituts statistiques nationaux), et l'institution exacte est nommée sous **Sources**.

### Nature de l'analyse

Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une **synthèse critique et contextuelle** basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d'experts cités dans les sources consultées.

Mon rôle est d'interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et économiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l'observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs globaux.

Cet article décrit un état documenté à sa date de publication, et non une prédiction : une évolution ultérieure peut en déplacer les perspectives. Aucune mise à jour n'est promise d'avance; lorsqu'un article est corrigé ou complété, la modification est datée dans le texte.

## Sources

### Sources primaires

- [OTAN — Le soutien de l'OTAN à l'Ukraine, sommet d'Ankara — juillet 2026](https://www.nato.int/en/what-we-do/partnerships-and-cooperation/natos-support-for-ukraine)

- [Institut Kiel — Suivi du soutien militaire à l'Ukraine — juillet 2026](https://www.kielinstitut.de/topics/war-against-ukraine/ukraine-support-tracker/)

- [Brussels Times — L'OTAN affirme son objectif ambitieux de hausse des dépenses de défense devant un comité de l'UE — 16 juillet 2026](https://www.brusselstimes.com/2233264/nato-affirms-ambitious-goal-to-boost-defence-spending-before-eu-committee)

### Sources secondaires

- [RBC-Ukraine — L'Ukraine peut-elle réellement recevoir les 140 milliards de l'OTAN — 19 juillet 2026](https://newsukraine.rbc.ua/news/can-ukraine-really-receive-nato-s-140-billion-1784442951.html)

- [Pew Research Center — L'aide étrangère américaine plonge sous la seconde administration Trump — 21 juillet 2026](https://www.pewresearch.org/short-reads/2026/07/21/us-foreign-aid-is-plunging-in-second-trump-administration/)

- [Militarnyi — Le Sénat américain approuve 500 millions de dollars d'aide militaire pour l'Ukraine en 2026 — 20 juillet 2026](https://militarnyi.com/en/news/us-senate-approves-500m-in-military-aid-for-ukraine-in-2026/)

- [Army Recognition — Licence Trump pour les missiles Patriot vers l'Ukraine — 18 juillet 2026](https://www.armyrecognition.com/news/army-news/2026/trump-ukraine-patriot-missile-license-nato-summit)

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Source : Maxime Marquette, MadMax. Pour citer ce texte, nommer l’auteur et lier https://mad-max.co/fr/article/portrait-les-70-milliards-d-ankara-pour-kiev
