# L'économie de guerre russe, un colosse qui commence à craqueler

> Introduction : l'endgame que Moscou refuse de voir

- Auteur: Maxime Marquette
- Publication: MadMax (https://mad-max.co)
- Rubrique: Portrait
- Publié: 2026-07-03
- Adresse à citer: https://mad-max.co/fr/article/portrait-leconomie-de-guerre-russe-un-colosse-qui-commence-a-craqueler

## Introduction : l'endgame que Moscou refuse de voir

### Un institut allemand tire la sonnette d'alarme

L'**Institut de Kiel**, l'un des centres de recherche économique les plus respectés d'**Allemagne**, a publié un rapport documentant les signes d'**épuisement structurel** de l'**économie** de **guerre** russe après plus de quatre années de conflit contre l'**Ukraine**. Le titre du rapport, **« Endgame »**, ne laisse guère de place à l'ambiguïté sur le diagnostic posé par les chercheurs.

Selon la haute représentante de l'**Union européenne**, **Kaja Kallas**, les **sanctions** occidentales cumulées auraient déjà coûté à la **Russie** entre **1 000 et 1 300 milliards d'euros**, une saignée économique colossale qui illustre l'ampleur du prix payé par le régime de **Vladimir Poutine** pour poursuivre son invasion.

### Un constat nuancé mais implacable

Le **Kiel Institute** ne prétend pas que l'**économie** russe est au bord de l'effondrement immédiat: le rapport parle plutôt d'un système **« structurellement épuisé mais pas encore brisé »**, une distinction cruciale qui explique pourquoi **Poutine** peut encore financer son effort de **guerre** malgré des signaux économiques de plus en plus préoccupants.

Cette nuance rejoint l'analyse publiée par **The Economist**, qui titre que l'**économie** de **guerre** russe **« a des problèmes mais n'est pas sur le point de s'effondrer »**, un équilibre fragile entre résilience apparente et fragilité profonde qui caractérise désormais le modèle économique du **Kremlin**.

## Le keynésianisme militaire à son point de rupture

### Une croissance artificielle nourrie par les canons

Selon **Foreign Affairs Forum**, l'**économie** russe a été maintenue à flot ces dernières années grâce à ce que plusieurs analystes qualifient de **« keynésianisme militaire poussé à l'extrême »**: des dépenses publiques massives dans l'industrie de défense qui créent une illusion de croissance tout en épuisant progressivement les **réserves** financières et les capacités productives civiles du pays.

Cette stratégie, qui consiste à transformer l'**économie** civile en **économie** de **guerre** permanente, produit des résultats de plus en plus contrastés: certains secteurs liés directement à l'armement affichent une activité soutenue, tandis que l'économie civile ordinaire montre des signes croissants de ralentissement structurel.

### Un PIB qui trahit les faiblesses cachées

Le **PIB russe** s'est contracté de **0,2 %** au premier trimestre **2026** par rapport à l'année précédente, selon les chiffres cités par **Foreign Affairs Forum**, tandis que le **Fonds monétaire international (FMI)** a revu à la baisse sa prévision de croissance annuelle à seulement **0,8 %** pour l'ensemble de l'année.

Le **ministère russe du Développement économique** projette de son côté une croissance de **1,3 %**, un chiffre qui, une fois ajusté à l'**inflation** galopante que subit le pays, correspond en réalité à une quasi-stagnation économique inquiétante pour les planificateurs du **Kremlin**.

## La proposition explosive du tarif de soutien à l'Ukraine

### Frapper le commerce résiduel avec Moscou

L'**Institut de Kiel** propose une mesure inédite baptisée **« Ukraine Support Tariff »**, un tarif douanier qui viserait spécifiquement le commerce résiduel encore actif entre la **Russie** et certains marchés européens, notamment dans les secteurs du **gaz naturel liquéfié (GNL)**, des produits chimiques et des engrais russes toujours importés par certains pays de l'**Union européenne**.

Cette proposition part du constat que malgré quatre années de **sanctions**, certains flux commerciaux stratégiques persistent entre **Moscou** et l'**Europe**, offrant au régime russe des revenus en devises étrangères qui contribuent directement au financement de son effort de **guerre** contre l'**Ukraine**.

### Un instrument pour fermer les dernières failles

Selon les chercheurs de **Kiel**, ce tarif ciblé permettrait de fermer certaines des dernières failles significatives du régime de **sanctions** occidental, en particulier dans des secteurs où la dépendance européenne résiduelle envers les exportations russes reste plus élevée que ce que la plupart des observateurs politiques reconnaissent publiquement.

La mise en œuvre d'une telle mesure nécessiterait cependant un consensus politique difficile à obtenir au sein de l'**Union européenne**, certains pays membres restant plus dépendants que d'autres de certaines importations russes spécifiques, notamment dans le secteur énergétique.

## Les lignes de vie extérieures qui maintiennent Moscou debout

### La Chine, fournisseur technologique indispensable

Selon **Foreign Affairs Forum**, l'**économie** de **guerre** russe reste fortement dépendante de lignes de vie extérieures, notamment les approvisionnements technologiques chinois qui permettent à **Moscou** de contourner partiellement les **sanctions** occidentales visant les composants électroniques et les technologies duales utilisées dans la production d'armements.

Cette dépendance croissante envers **Pékin** transforme progressivement la relation entre les deux pays, la **Chine** gagnant un levier économique et diplomatique considérable sur une **Russie** de plus en plus isolée du reste du monde occidental depuis le début de l'invasion à grande échelle de l'**Ukraine**.

### Les revenus pétroliers du Golfe en appoint

Les **revenus pétroliers exceptionnels** générés par les tensions au **Moyen-Orient**, notamment autour du **Golfe**, ont également offert un appoint financier bienvenu à **Moscou**, compensant partiellement les pertes causées par le plafonnement du prix du **pétrole** russe imposé par les pays occidentaux depuis plusieurs années.

Cette dépendance à des facteurs externes volatils, qu'il s'agisse de la bonne volonté chinoise ou des fluctuations du marché pétrolier mondial, illustre la fragilité structurelle sous-jacente d'une **économie** russe qui ne contrôle plus entièrement son propre destin financier.

## Le plafond pétrolier et la vingt-et-unième salve de sanctions

### Quarante-quatre dollars, la limite qui tient encore

L'**Union européenne** propose de maintenir le plafonnement du prix du **pétrole** russe à **44 dollars le baril** jusqu'en **janvier**, dans le cadre de son **vingt-et-unième paquet de sanctions** actuellement en préparation à **Bruxelles**, une mesure qui continue de priver le **Kremlin** d'une partie significative des revenus pétroliers qu'il pourrait autrement engranger aux prix du marché mondial.

Ce nouveau paquet de **sanctions** vise également, pour la première fois, le secteur de la pêche russe, ainsi que les banques et les entreprises de cryptomonnaies utilisées par certains réseaux russes pour contourner les restrictions financières occidentales existantes depuis 2022.

### Une pression qui s'accumule sans faire plier Poutine

Malgré l'ampleur cumulée de ces **sanctions** successives, **Vladimir Poutine** n'a montré aucun signe de volonté d'accepter un cessez-le-feu véritable, préférant poursuivre son offensive militaire malgré le coût économique croissant que cela impose à son propre pays et à sa population civile.

Cette résistance du **Kremlin** face à la pression économique soulève des questions légitimes sur l'efficacité réelle des **sanctions** comme unique levier de pression, renforçant l'argument de ceux qui plaident pour un soutien militaire occidental encore plus massif à l'**Ukraine** en complément des mesures économiques existantes.

## L'inflation, ennemi invisible du quotidien russe

### Le coût de la vie explose loin du front

Au-delà des statistiques macroéconomiques abstraites, l'**inflation galopante** touche directement le quotidien des citoyens russes ordinaires, avec des hausses de prix significatives sur les produits alimentaires de base, le logement et les biens de consommation courante, une réalité que la propagande d'État russe peine de plus en plus à dissimuler complètement.

Cette **inflation** persistante érode progressivement le pouvoir d'achat des ménages russes, créant des tensions sociales latentes que le régime de **Poutine** tente de contenir par un contrôle strict de l'information et une répression accrue de toute forme de contestation publique liée aux difficultés économiques.

### Les taux d'intérêt, arme à double tranchant

La **Banque centrale russe** a dû maintenir des taux d'intérêt extrêmement élevés pour tenter de contenir cette **inflation**, une politique monétaire restrictive qui, si elle limite partiellement la hausse des prix, étouffe également l'investissement privé et la croissance économique civile en dehors du secteur de la défense militaire.

Ce dilemme entre lutte contre l'**inflation** et soutien à la croissance illustre parfaitement l'impasse structurelle dans laquelle se trouve désormais l'**économie** russe, prisonnière de choix de politique monétaire tous plus douloureux les uns que les autres pour la population civile.

## La main-d'œuvre, ressource de plus en plus rare

### Une pénurie de travailleurs aggravée par la mobilisation

La mobilisation militaire continue et les pertes humaines considérables subies par l'armée russe depuis le début de l'invasion ont créé une pénurie de main-d'œuvre significative dans plusieurs secteurs économiques civils, forçant certaines entreprises russes à augmenter les salaires de manière artificielle pour attirer des travailleurs de plus en plus rares sur le marché du travail.

Cette pénurie structurelle contribue directement à l'**inflation** salariale observée dans certains secteurs, créant une spirale économique complexe où la **guerre** draine simultanément les ressources humaines et financières nécessaires au fonctionnement normal de l'**économie** civile russe.

### L'exode des cerveaux qui continue de saigner le pays

Depuis le début de l'invasion à grande échelle en 2022, un nombre significatif de professionnels qualifiés russes, notamment dans les secteurs technologiques et financiers, ont quitté le pays pour éviter la mobilisation ou par désaccord politique avec la **guerre** menée par **Vladimir Poutine**, une fuite des cerveaux qui prive l'**économie** russe de compétences essentielles à sa modernisation future.

Cet exode continu, combiné à la pénurie de main-d'œuvre causée par la mobilisation militaire, compromet sérieusement les perspectives de croissance à long terme de l'**économie** russe, bien au-delà de la seule durée du conflit actuel avec l'**Ukraine**.

## Le secteur bancaire russe sous tension croissante

### Des créances douteuses qui s'accumulent

Plusieurs analystes financiers occidentaux observent une accumulation préoccupante de créances douteuses au sein du système bancaire russe, résultat direct des difficultés croissantes rencontrées par certaines entreprises civiles incapables de rembourser leurs emprunts dans un contexte de taux d'intérêt élevés et de ralentissement économique généralisé.

Cette fragilisation du secteur bancaire, bien que partiellement masquée par les autorités russes soucieuses de projeter une image de stabilité financière, pourrait constituer l'un des points de rupture les plus significatifs si la pression économique occidentale continue de s'intensifier dans les mois à venir.

### Les réserves souveraines qui s'amenuisent

Le **Fonds national de bien-être russe**, longtemps présenté comme le coussin financier de sécurité du **Kremlin**, a vu ses **réserves** liquides diminuer significativement depuis le début du conflit, réduisant la marge de manœuvre budgétaire dont dispose **Moscou** pour continuer à financer simultanément son effort de **guerre** et les besoins sociaux de sa population civile.

Cette érosion progressive des **réserves** souveraines russes constitue l'un des indicateurs les plus surveillés par les analystes occidentaux pour évaluer la capacité réelle du régime de **Poutine** à maintenir son effort de **guerre** sur le long terme sans provoquer une crise financière majeure.

## Ce que les experts occidentaux prévoient pour 2027

### Une capacité de résistance jusqu'en 2027 et au-delà

Selon **Foreign Affairs Forum**, l'**économie** de **guerre** russe devrait pouvoir soutenir l'effort militaire actuel **« au minimum jusqu'en 2027 et potentiellement au-delà »**, un horizon temporel qui tempère les espoirs occidentaux d'un effondrement économique rapide susceptible de forcer **Poutine** à négocier la paix dans un avenir proche.

Cette projection prudente rappelle que les **sanctions** économiques, bien qu'efficaces pour affaiblir progressivement la **Russie**, ne constituent pas un instrument de résolution rapide du conflit, renforçant l'argument en faveur d'un soutien militaire occidental soutenu et prévisible à l'**Ukraine** sur le long terme.

### Le scénario du point de rupture différé

Plusieurs économistes occidentaux estiment que le véritable point de rupture de l'**économie** russe pourrait survenir non pas de manière soudaine et spectaculaire, mais progressivement, à travers une accumulation de faiblesses structurelles convergentes: **inflation** persistante, pénurie de main-d'œuvre, érosion des **réserves** souveraines et dépendance croissante envers des partenaires extérieurs peu fiables comme la **Chine**.

Ce scénario du déclin progressif plutôt que de l'effondrement brutal exige de l'**Occident** une patience stratégique et une constance dans l'application des **sanctions**, deux qualités qui ont parfois manqué aux démocraties occidentales confrontées à la lassitude de leurs opinions publiques respectives.

## Les voix dissidentes au sein même de la Russie

### Des économistes russes de plus en plus inquiets

Malgré la censure et la répression généralisée de toute critique publique envers la politique du **Kremlin**, certains économistes russes, s'exprimant parfois de manière voilée dans des publications spécialisées, expriment des inquiétudes croissantes quant à la soutenabilité à long terme du modèle économique actuel, reconnaissant implicitement les mêmes fragilités structurelles documentées par les instituts occidentaux.

Ces voix dissidentes, bien que marginalisées et souvent contraintes à une extrême prudence rhétorique, témoignent d'une prise de conscience croissante, même au sein de l'establishment économique russe, que la trajectoire actuelle n'est pas indéfiniment soutenable sans réformes structurelles majeures.

### Le silence assourdissant du Kremlin

Face à ces signaux d'alarme, le **Kremlin** continue officiellement de projeter une image de résilience économique inébranlable, refusant publiquement de reconnaître l'ampleur des défis structurels documentés par des institutions aussi reconnues que l'**Institut de Kiel** ou le **Fonds monétaire international**.

Ce déni officiel, caractéristique des régimes autoritaires confrontés à des réalités économiques inconfortables, pourrait à terme aggraver la crise en retardant les ajustements nécessaires que la situation économique réelle du pays exigerait pourtant de plus en plus urgemment.

## L'impact sur la capacité militaire russe à moyen terme

### Le lien direct entre économie et effort de guerre

L'affaiblissement progressif de l'**économie** russe a des répercussions directes sur la capacité du pays à maintenir son effort militaire actuel: la production d'armements, le recrutement de nouveaux soldats et l'entretien des équipements existants dépendent tous, in fine, de la santé financière globale du pays et de sa capacité à mobiliser des ressources sur le long terme.

Si les tendances économiques négatives documentées par l'**Institut de Kiel** se confirment dans les mois à venir, l'**Ukraine** et ses alliés occidentaux pourraient voir progressivement s'éroder la capacité russe à soutenir des opérations militaires de grande envergure sur l'ensemble du front actuel.

### Une fenêtre stratégique pour l'Ukraine et ses alliés

Cette fragilisation économique progressive de la **Russie** pourrait offrir à l'**Ukraine** et à ses partenaires occidentaux une fenêtre stratégique pour intensifier la pression militaire et diplomatique simultanément, dans l'espoir de convaincre **Vladimir Poutine** que la poursuite de la **guerre** devient économiquement insoutenable avant même qu'elle ne devienne militairement indéfendable.

Saisir cette fenêtre stratégique nécessitera cependant une coordination sans faille entre les livraisons d'armements occidentaux et le maintien, voire le renforcement, des **sanctions** économiques actuelles contre le régime du **Kremlin**.

## Le marché noir et les réseaux de contournement des sanctions

### Une flotte fantôme de plus en plus surveillée

La **Russie** continue de s'appuyer sur une **flotte fantôme** de pétroliers immatriculés sous des pavillons de complaisance pour contourner le plafonnement occidental du prix du **pétrole**, une pratique de plus en plus surveillée et sanctionnée par les autorités européennes et américaines depuis le début de l'invasion à grande échelle de l'**Ukraine**.

Chaque navire identifié et sanctionné par l'**Union européenne** réduit progressivement la marge de manœuvre logistique du **Kremlin** pour exporter son **pétrole** à des prix proches du marché mondial, renforçant l'efficacité cumulative du plafonnement imposé par les pays occidentaux depuis plusieurs années.

### Les cryptomonnaies, nouvelle frontière du contournement

Certains réseaux russes ont également recours aux **cryptomonnaies** pour contourner les restrictions bancaires occidentales, une pratique qui explique pourquoi le vingt-et-unième paquet de **sanctions** européen cible désormais explicitement les entreprises de cryptomonnaies souvent utilisées par ces réseaux de contournement financier.

Cette course permanente entre les régulateurs occidentaux et les réseaux russes de contournement illustre à quel point l'efficacité des **sanctions** dépend d'une vigilance constante et d'une capacité d'adaptation réglementaire rapide face à des acteurs qui trouvent sans cesse de nouvelles failles à exploiter.

## Les conséquences sociales invisibles pour la population russe

### Une jeunesse privée d'avenir économique

Au-delà des statistiques macroéconomiques, la jeunesse russe subit directement les conséquences de cette **économie** de **guerre** prolongée: opportunités d'emploi réduites dans les secteurs civils, accès limité aux technologies occidentales, et perspective constante d'une mobilisation militaire qui pèse lourdement sur les choix de vie de toute une génération de jeunes Russes.

Cette génération sacrifiée sur l'autel des ambitions territoriales de **Vladimir Poutine** pourrait porter les conséquences économiques et sociales de cette **guerre** bien au-delà de sa résolution éventuelle, un héritage négatif que le régime russe préfère ne pas évoquer publiquement.

### Le coût humain derrière les chiffres économiques

Les statistiques économiques froides documentant l'épuisement de l'**économie** de **guerre** russe masquent une réalité humaine bien plus sombre: familles endeuillées par les pertes militaires massives, communautés rurales vidées de leur population active mobilisée, et un tissu social russe profondément fragilisé par plus de quatre années de conflit ininterrompu.

Ce coût humain, largement occulté par la propagande d'État russe, constitue pourtant l'une des dimensions les plus tangibles et durables du prix payé par la société russe pour les ambitions personnelles d'un seul homme au sommet du **Kremlin**.

## Le pari risqué de Poutine sur la durée

### Miser sur la lassitude occidentale plutôt que sur la victoire militaire

Plusieurs analystes estiment que la stratégie ultime de **Vladimir Poutine** ne repose plus nécessairement sur une victoire militaire décisive sur le champ de bataille, mais plutôt sur un pari à long terme misant sur l'épuisement de la volonté politique occidentale de continuer à soutenir financièrement et militairement l'**Ukraine** indéfiniment.

Ce calcul stratégique explique en partie pourquoi le **Kremlin** semble prêt à accepter un coût économique croissant pour sa propre population, dans l'espoir que les élections à venir dans plusieurs pays occidentaux clés produisent des gouvernements moins favorables à un soutien continu envers **Kyiv**.

### Un pari que l'Institut de Kiel juge de plus en plus coûteux

Le rapport de l'**Institut de Kiel** suggère cependant que ce pari sur la durée devient chaque mois plus coûteux pour la **Russie** elle-même, l'épuisement économique structurel documenté risquant de compromettre la capacité militaire russe avant même que la lassitude occidentale escomptée par **Poutine** ne se concrétise pleinement sur le terrain politique.

Cette course contre la montre entre l'épuisement économique russe et la persévérance politique occidentale déterminera probablement l'issue finale de ce conflit, bien au-delà des seuls rapports de force militaires observés quotidiennement sur les lignes de front ukrainiennes.

## Conclusion : la patience stratégique comme seule voie viable

### Un colosse affaibli mais encore debout

Le rapport de l'**Institut de Kiel** confirme ce que de nombreux observateurs occidentaux pressentaient depuis des mois: l'**économie** de **guerre** russe montre des signes d'épuisement structurel indéniables après plus de quatre années de conflit, sans pour autant s'effondrer de manière spectaculaire et immédiate comme certains l'espéraient au début de l'invasion.

Cette réalité nuancée exige de l'**Occident** une stratégie de long terme combinant **sanctions** économiques soutenues, soutien militaire constant à l'**Ukraine**, et une patience stratégique suffisante pour laisser les faiblesses structurelles russes produire pleinement leurs effets sur la capacité de **Vladimir Poutine** à poursuivre son agression.

### Le prix de l'impatience occidentale

Toute impatience occidentale, qu'elle se traduise par un relâchement prématuré des **sanctions** ou par une réduction du soutien militaire à **Kyiv**, risquerait d'offrir à **Moscou** le répit nécessaire pour stabiliser son **économie** de **guerre** avant que les faiblesses structurelles documentées par l'**Institut de Kiel** n'atteignent leur plein effet cumulatif sur la capacité militaire russe.

**Signé Maxime Marquette, chroniqueur**

## Encadré de transparence du chroniqueur

### Positionnement éditorial

Je ne suis pas journaliste, mais **chroniqueur et analyste**. Mon expertise réside dans l'observation et l'analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.

Je ne prétends pas à l'objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. **Je prétends à la lucidité analytique**, à l'interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d'offrir une lecture critique des événements.

### Méthodologie et sources

Ce texte respecte la distinction fondamentale entre **faits vérifiés et analyses interprétatives**. La règle de méthode est constante : une information factuelle n'est publiée que si une source vérifiable la porte, et les sources effectivement utilisées par cet article sont listées sous **Sources**, jamais ici.

**Familles de sources primaires** retenues par la publication, quand le dossier en comporte : communiqués officiels des gouvernements et institutions internationales, déclarations publiques des dirigeants politiques, rapports d'organisations intergouvernementales, dépêches d'agences de presse internationales reconnues.

**Familles de sources secondaires** : publications spécialisées, médias d'information reconnus internationalement, analyses d'institutions de recherche établies, rapports d'organisations sectorielles.

Quand un article cite des données statistiques, économiques ou géopolitiques, elles proviennent d'institutions productrices de données (organisations intergouvernementales, banques centrales, instituts statistiques nationaux), et l'institution exacte est nommée sous **Sources**.

### Nature de l'analyse

Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une **synthèse critique et contextuelle** basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d'experts cités dans les sources consultées.

Mon rôle est d'interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et économiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l'observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs globaux.

Cet article décrit un état documenté à sa date de publication, et non une prédiction : une évolution ultérieure peut en déplacer les perspectives. Aucune mise à jour n'est promise d'avance; lorsqu'un article est corrigé ou complété, la modification est datée dans le texte.

## Sources

### Sources primaires

- [Kiel Institute — Endgame: Russia's war economy hits its limits](https://www.kielinstitut.de/publications/news/endgame-russias-war-economy-hits-its-limits/)

- [Kiel Institute — Ukraine Support Tariff, document complet](https://www.kielinstitut.de/fileadmin/Dateiverwaltung/IfW-Publications/fis-import/c35aae7f-c30b-4691-b71a-ce10df066171-KPB_212_EN.pdf)

### Sources secondaires

- [Foreign Affairs Forum — Russia's war economy has problems but is not about to crash, 23 juin 2026](https://www.faf.ae/home/2026/6/23/russias-war-economy-has-problems-but-is-not-about-to-crash-vladimir-putin-is-still-able-to-fund-his-aggression)

- [The Economist — Russia's war economy has problems but is not about to crash, 22 juin 2026](https://www.economist.com/finance-and-economics/2026/06/22/russias-war-economy-has-problems-but-is-not-about-to-crash)

- [The Guardian — EU G7 Ukraine live blog, citation de Kaja Kallas, 15 juin 2026](https://www.theguardian.com/world/live/2026/jun/15/eu-g7-ukraine-kyiv-russia-war-iran-zelenskyy-macron-trump-europe-latest-news-updates)

- [Kiel Institute — Sanctions and Russia's war economy, rapport complet](https://www.kielinstitut.de/fileadmin/Dateiverwaltung/IfW-Publications/fis-import/eef51261-68bf-4883-b1e9-ed0fb74a92ed-Kiel_Report_no3.pdf)

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Source : Maxime Marquette, MadMax. Pour citer ce texte, nommer l’auteur et lier https://mad-max.co/fr/article/portrait-leconomie-de-guerre-russe-un-colosse-qui-commence-a-craqueler
