# PORTRAIT : La Russie de Poutine — une économie de guerre qui dévore son avenir au premier trimestre 2026

> Au premier trimestre 2026, la Russie a consacré 5,9 billions de roubles — soit environ 81,4 milliards de dollars — à ses dépenses militaires. Ce montant représente 46% de toutes les dépenses budgétaires fédérales sur la période. En parallèle, les revenus de l'État russe pour les quatre premiers mois de 2026 s'élevaient à 8,3 billions de roubles (environ 114,5 milliards de dolla

- Auteur: Maxime Marquette
- Publication: MadMax (https://mad-max.co)
- Rubrique: Portrait
- Publié: 2026-06-29
- Adresse à citer: https://mad-max.co/fr/article/portrait-la-russie-de-poutine-une-economie-de-guerre-qui-devore-son-avenir-au-pr

## Introduction : 46% du budget à l'armée — le chiffre qui dit tout

### 5,9 billions de roubles en trois mois

Au premier trimestre **2026**, la **Russie** a consacré **5,9 billions de roubles** — soit environ **81,4 milliards de dollars** — à ses dépenses militaires. Ce montant représente **46% de toutes les dépenses budgétaires fédérales** sur la période. En parallèle, les revenus de l'État russe pour les quatre premiers mois de **2026** s'élevaient à **8,3 billions de roubles** (environ **114,5 milliards de dollars**). La dépense militaire représentait ainsi les **deux tiers des revenus budgétaires**. Ce n'est pas une économie de guerre au sens rhétorique. C'est une économie en état de mobilisation maximale — qui consomme ses réserves pour financer un conflit dont elle ne voit pas la fin.

L'**Institut pour l'étude de la guerre (ISW)**, qui a documenté ces chiffres, note que **Moscou** avait **promis de réduire ses dépenses militaires en 2026**. La réalité est diamétralement opposée : ces dépenses ont augmenté de **30% par rapport au premier trimestre 2025**. Les prévisions budgétaires initiales tablaient sur une baisse de **7,8% du PIB** (défense en **2025**) à **6,2% du PIB** (en **2026**). Au rythme du premier trimestre, ces projections s'annoncent très en dessous de la réalité.

### Une politique de défense qui dévore les fondements civils

La part des dépenses classifiées — qui comprennent environ **85% de dépenses militaires** — représentait **38,2% de toutes les dépenses fédérales** au premier trimestre, en hausse de **43%** par rapport à la même période en **2025**. Le total des dépenses gouvernementales russes sur les quatre premiers mois de **2026** était **15,7% au-dessus** du niveau de l'an dernier à la même époque. **Poutine** présente son économie comme **«forte et stable»** — l'**ISW** note sèchement que cette évaluation **« ignore les problèmes que l'économie affronte après plus de quatre ans de guerre totale »**.

L'analyste **Janis Kluge**, spécialiste de l'économie russe, soulève une mise en garde méthodologique importante : le **Ministère des finances** russe aurait pu reporter des dépenses militaires du quatrième trimestre **2025** vers le premier trimestre **2026** pour éviter de dépasser les contraintes budgétaires de **2025**. Ou bien la **Russie** a simplement **frontloadé davantage ses dépenses classifiées** cette année. Dans les deux cas, la trajectoire est claire : la **Russie** dépense plus, pas moins.

*Quand un État consacre 46% de son budget à l'armée, il ne finance plus seulement une guerre. Il choisit de sacrifier son avenir économique et social pour maintenir une machine militaire dont personne ne peut prédire quand et comment elle s'arrêtera. C'est le portrait d'un régime qui a fait le pari de tout miser sur la force.*

## Les revenus qui baissent, les dépenses qui explosent

### La tenaille budgétaire russe

Ce qui est particulièrement révélateur dans les données du premier trimestre **2026**, c'est la combinaison de **revenus en baisse** et de **dépenses militaires en hausse**. La **Russie** dépense davantage pour sa guerre au moment même où ses revenus se contractent. Cette dynamique est insoutenable à terme — mais **«à terme»** peut signifier des mois ou des années, selon la profondeur des réserves accumulées et la capacité de l'économie à s'adapter.

Les revenus pétroliers — colonne vertébrale des finances publiques russes — subissent la double pression des **sanctions occidentales** et de la baisse des prix mondiaux consécutive à l'accord **USA-Iran** de juin **2026**. Le brut russe **Oural**, qui avait culminé à **120 dollars le baril** lors du pic de la crise avec l'**Iran**, est retombé sous **65 dollars**. C'est une réduction massive des recettes pour un budget dont le pétrole représente encore une part essentielle.

### Les régions russes sous pression record

L'**ISW** souligne que les **régions russes** enregistrent des déficits budgétaires records que **Moscou** veut faire couvrir par les contribuables régionaux. C'est un signal de la pression qui s'accumule sur la périphérie de l'État russe. Les gouverneurs régionaux, confrontés à des budgets de plus en plus tendus, doivent gérer simultanément les attentes locales de services publics et les prélèvements croissants du centre fédéral pour financer la guerre.

Cette pression régionale est l'un des indicateurs les moins visibles mais les plus significatifs de la soutenabilité de l'économie de guerre russe. Une **Russie** dont les régions accumulent des déficits et dont les gouverneurs locaux perdent des marges de manœuvre est une **Russie** dont la cohésion interne se fragilise progressivement — sans que cela soit nécessairement visible à l'extérieur dans le court terme.

*Moscou prélève sur les régions pour financer sa guerre. Les régions résistent en silence, avec leurs déficits. C'est un empire qui se finance en écrasant sa propre périphérie — un schéma historiquement familier pour la Russie, et historiquement jamais porteur de stabilité durable.*

## La campagne de drones ukrainiens — saignée des revenus pétroliers

### Frapper les raffineries pour assécher le budget de guerre

L'**ISW** note explicitement que la **campagne de drones ukrainienne** contre les infrastructures pétrolières et de transport russes continue de saigner les revenus pétroliers qui financent la guerre. Les données de **juin 2026** indiquent que les frappes ukrainiennes ont réduit la capacité de raffinage russe d'environ **25%**. Ce chiffre traduit concrètement l'impact stratégique de la campagne ukrainienne à longue portée : elle ne cible pas seulement les dépôts de munitions et les postes de commandement — elle attaque les flux financiers qui permettent à la **Russie** de financer sa machine militaire.

La corrélation entre les frappes ukrainiennes sur les raffineries et la contraction des revenus pétroliers russes est directe et mesurable. Pour la **Russie**, cette dimension de la guerre est peut-être la plus douloureuse à admettre : ses infrastructures économiques, que le régime présentait comme intouchables, sont vulnérables à des drones ukrainiens opérant depuis des centaines de kilomètres à travers la frontière.

### La chaîne causale : drones → raffineries → revenus → dépenses militaires

La logique stratégique de la campagne ukrainienne contre les raffineries russes crée une **chaîne causale** directe : les frappes réduisent la capacité de raffinage, ce qui diminue les volumes exportables, ce qui comprime les revenus pétroliers, ce qui ajoute de la pression sur un budget déjà tendus par des dépenses militaires en hausse de **30%**. Cette chaîne ne conduira pas à l'effondrement immédiat de l'économie russe — les réserves accumulées et les mécanismes de contournement des sanctions donnent à **Moscou** une résilience significative.

Mais elle s'additionne à d'autres pressions : les pénuries de carburant en **Crimée occupée**, les tensions dans les chaînes d'approvisionnement, le recrutement forcé de main-d'œuvre qualifiée dans le secteur civil pour alimenter l'industrie de défense. Ce n'est pas une économie qui s'effondre — c'est une économie qui se fissure progressivement sous le poids de choix insoutenables.

*La stratégie ukrainienne de frapper les raffineries russes est brillante. Elle transforme la dépendance russe aux revenus pétroliers en vulnérabilité stratégique. Chaque raffinerie touchée est un argument économique contre la guerre autant qu'un objectif militaire. Zelensky l'a compris bien avant la plupart des analystes.*

## Poutine contre la réalité — le portrait d'un déni institutionnalisé

### La communication économique du Kremlin

**Vladimir Poutine** a tenté à plusieurs reprises de **présenter la performance économique russe comme forte et stable**. Les données du premier trimestre **2026** — des dépenses militaires absorbant **46%** du budget fédéral, des revenus qui reculent, des régions en déficit record — dessinent un portrait très différent. Il ne s'agit pas seulement de propagande domestique : ces déclarations visent aussi les partenaires économiques de la **Russie** — la **Chine**, l'**Inde**, les pays du **Golfe** — que **Moscou** cherche à rassurer sur la solidité à long terme de leurs partenariats économiques avec la **Fédération de Russie**.

Mais les chiffres sont accessibles. Les économistes indépendants — notamment **Kluge** pour l'**ISW**, les chercheurs du **CREA** qui traquent les flux pétroliers russes — produisent des analyses qui contredisent le récit officiel du **Kremlin**. L'économie russe n'est pas en effondrement, mais elle n'est pas non plus dans la santé que **Poutine** prétend.

### Les indicateurs que Moscou ne publie pas

La **Russie** a progressivement restreint la publication de ses données économiques depuis le début de l'invasion à grande échelle. Certains indicateurs qui étaient jadis accessibles publiquement ont disparu ou sont publiés avec des délais importants. Cette opacité croissante est elle-même un signal : un régime qui réduit la transparence économique en temps de guerre cache quelque chose qu'il préfère que ses partenaires et adversaires ne voient pas.

Ce que les économistes savent reconstituent depuis d'autres sources — les statistiques douanières des partenaires commerciaux, les données sur les flux pétroliers, les statistiques d'emploi indirectes — suggère que la réalité économique russe est significativement plus sombre que ce que le **Kremlin** présente officiellement. La dépense militaire à **46%** du budget est un chiffre que **Moscou** ne peut pas cacher entièrement — et c'est peut-être l'un des chiffres les plus révélateurs que nous ayons sur la situation réelle de la **Russie**.

*Poutine est connu pour ses chiffres triomphaux sur l'économie russe. Mais 46% du budget à l'armée, c'est lui qui signe ces documents. Il ne peut pas les nier. Et ces 46% disent tout ce qu'on a besoin de savoir sur l'état d'un régime qui a décidé de gagner à tout prix — même en achetant cette victoire au crédit de son propre avenir.*

## Les limites structurelles de l'économie de guerre russe

### La main-d'œuvre qualifiée — une ressource non renouvelable

L'économie de guerre russe souffre d'une contrainte que les dépenses militaires ne peuvent pas résoudre : la **pénurie de main-d'œuvre qualifiée**. La mobilisation de centaines de milliers d'hommes a prélevé dans la population active civile des ressources humaines dont certains secteurs économiques ne peuvent pas se passer. L'industrie de défense, elle-même, cherche des techniciens, des ingénieurs, des opérateurs de machines spécialisés que la mobilisation militaire a déplacés.

La **Russie** a tenté de compenser par plusieurs mécanismes : des salaires de guerre élevés pour attirer des travailleurs civils vers les usines de défense, des exemptions de mobilisation pour certaines catégories d'industries critiques, et une importation de main-d'œuvre depuis des pays d'**Asie centrale**. Ces mécanismes fonctionnent partiellement — mais ils créent leurs propres tensions, notamment salariales et inflationnistes dans certains secteurs.

### L'inflation industrielle et la pression sur les prix civils

L'économie de guerre russe génère une inflation structurelle dans les secteurs civils : les salaires militaires élevés et les primes de l'industrie de défense créent une pression sur les salaires civils, ce qui alimente l'inflation. La **Banque centrale de Russie** maintient des taux d'intérêt élevés pour tenter de la contrôler — mais des taux élevés en temps de guerre écrasent l'investissement civil et la capacité d'adaptation de l'économie civile aux nouvelles contraintes.

C'est un autre aspect du portrait économique russe que **Poutine** préfère ne pas montrer : que les **46%** du budget consacrés à l'armée viennent avec un coût diffus mais réel sur le reste de l'économie — une inflation persistante, un sous-investissement civil, une pression salariale qui nourrit d'autres déséquilibres. Ce n'est pas une économie à l'agonie. C'est une économie qui paie progressivement et massivement la facture d'une guerre qu'elle ne peut pas gagner rapidement.

*L'économie russe n'est pas morte. Elle souffre. Elle paie la facture d'une guerre que Poutine ne peut pas arrêter sans admettre l'échec. Et le pire, c'est que cette souffrance est distribuée inégalement : les oligarques du régime absorbent les profits de la reconversion industrielle, pendant que la classe moyenne russe absorbe l'inflation et les deuils.*

## Ce que ces chiffres signifient pour la durée du conflit

### L'horizon de soutenabilité de l'économie de guerre

La question que posent les économistes qui suivent les finances russes est celle-ci : jusqu'à quand la **Russie** peut-elle maintenir ce niveau de dépenses militaires ? La réponse dépend de plusieurs variables : le niveau des réserves du **Fonds national de richesse** (qui s'est significativement contracté depuis **2022**), l'évolution des prix pétroliers, l'efficacité des sanctions occidentales et leur maintien, et la capacité de la **Russie** à continuer de financer son déficit par la création monétaire sans provoquer une inflation incontrôlable.

Le consensus des analystes indépendants est que l'économie russe est plus résiliente que ce que les premières sanctions semblaient promettre — mais qu'elle accumule des vulnérabilités structurelles qui deviendront de plus en plus contraignantes avec le temps. Les **46% du budget** consacrés à l'armée au premier trimestre **2026** sont peut-être soutenables sur un ou deux ans. Sur cinq ou dix ans, c'est une autre histoire.

### Ce que l'Ukraine doit faire de cette information

Pour l'**Ukraine** et ses alliés, ces données économiques sont des munitions. Elles doivent alimenter la stratégie de pression économique sur la **Russie** : maintien des sanctions sur le pétrole, soutien aux frappes ukrainiennes sur les infrastructures économiques russes, blocage des tentatives de contournement des sanctions via des pays tiers. Chaque point de pression économique sur la **Russie** allonge l'horizon de la soutenabilité pour l'**Ukraine** et raccourcit celui de la **Russie**.

La guerre économique est souvent moins visible que la guerre cinétique. Mais ses effets — graduels, cumulatifs, irrévocables — peuvent être décisifs sur le long terme. Les **46%** au premier trimestre **2026** ne sont pas encore une crise. Mais ils sont le signe que la **Russie** se rapproche progressivement du moment où ses choix budgétaires devront changer — volontairement ou non.

*Je ne veux pas promettre que l'économie russe va s'effondrer dans six mois. Je l'ai entendu dire trop souvent depuis 2022 pour le répéter sans honte. Mais je peux dire ceci : une économie qui consacre 46% de son budget à l'armée pendant que ses revenus baissent est une économie dont les choix se rétrécissent. Et quand les choix se rétrécissent, les régimes font des erreurs.*

## La Chine et l'Inde — sauveteurs ou profiteurs de la Russie en guerre

### Le contournement des sanctions par les partenaires économiques

L'une des variables clés de la résilience économique russe est le rôle de la **Chine** et de l'**Inde** comme débouchés alternatifs pour le pétrole russe exclu des marchés occidentaux. Ces deux pays ont considérablement augmenté leurs importations de pétrole russe depuis **2022**, acheté à des prix nettement inférieurs aux cours mondiaux. Cette réorientation des flux pétroliers russes a partiellement compensé l'impact des sanctions occidentales — permettant à **Moscou** de maintenir des revenus suffisants pour financer sa guerre.

Mais cette relation n'est pas symétrique. **Pékin** et **New Delhi** négocient des rabais substantiels sur le brut russe. Ils profitent de la vulnérabilité de la **Russie** pour extraire des conditions favorables. Ce n'est pas une alliance — c'est une transaction intéressée. Et à mesure que les réserves russes s'épuisent et que la pression des sanctions s'intensifie, le rapport de force dans cette transaction risque de se déplacer encore davantage au désavantage de **Moscou**.

### Les exportations d'armements — la co-dépendance nord-coréenne et iranienne

La **Russie** échange des armes contre des ressources avec ses alliés autoritaires. Avec la **Corée du Nord**, elle a reçu des obus en échange de devises et de technologie militaire. Avec l'**Iran**, elle utilise des drones **Shahed** en échange d'un soutien diplomatique et financiére. Ces échanges réduisent la pression sur le budget russe pour certaines lignes d'acquisition — mais ils créent une dépendance envers des partenaires qui ont leurs propres agendas et leurs propres vulnérabilités.

La baisse des prix pétroliers consécutive à l'accord **USA-Iran** de juin **2026** réduit ainsi indirectement les recettes russes **ET** les revenus pétroliers iraniens simultanément. Cette synchronisation des pressions sur l'axe autoritaire n'est pas un hasard — c'est le résultat d'une diplomatie américaine qui a compris la dimension économique de la confrontation stratégique.

*La Russie, la Corée du Nord, l'Iran — trois économies sous pression, trois régimes qui s'achètent mutuellement du temps. L'accord USA-Iran réduit le prix du pétrole, affaiblit les deux à la fois. C'est de la stratégie économique intelligente. Mais elle ne remplace pas le soutien militaire direct à l'Ukraine.*

## Les sanctions — efficaces mais insuffisantes seules

### Ce que les sanctions ont accompli

Les **sanctions occidentales** contre la **Russie** ont produit des effets réels : expulsion du système **SWIFT**, blocage des réserves de la **Banque centrale** (environ **300 milliards de dollars** gelés en **Occident**), restrictions sur les exportations technologiques, plafonnement du prix du brut russe. Ces mesures ont contraint la **Russie** à reconfigurer ses flux commerciaux, à dépenser davantage pour contourner les restrictions, et à opérer dans un environnement financiére international dégradé.

Mais elles n'ont pas empêché la **Russie** de dépenser **46% de son budget** à l'armée. Elles n'ont pas empêché la production de **chars**, de **drones**, d'**obus**. Les sanctions sont nécessaires mais non suffisantes seules. Elles doivent s'inscrire dans une stratégie plus large qui inclut le soutien militaire direct à l'**Ukraine**, la fermeture des brèches de contournement via les pays tiers, et le maintien de la pression diplomatique sur les alliés de la **Russie**.

### Les nouvelles sanctions nécessaires en 2026

L'expiration du **waiver américain** sur le pétrole russe en **juin 2026** est un pas dans la bonne direction. La prochaine étape devrait être un renforcement du plafonnement du prix du brut russe pour le rendre plus contraignant, une intensification des sanctions sur les importations chinoises de pétrole russe, et des pressions accrues sur les pays qui permettent à la **Russie** de contourner les restrictions sur les biens à double usage. Chaque milliard de revenus pétroliers bloqué est un milliard de moins pour les **5,9 billions de roubles** de dépenses militaires du trimestre suivant.

Le temps joue contre la **Russie** si les sanctions sont maintenus et renforcés avec cohérence. Il joue pour elle si l'**Occident** hésite, allège ou fragmente sa politique. La décision de laisser expirer le **waiver américain** est un signal positif. Il doit être suivi d'autres.

*Les sanctions russes ont été annoncées avec des superlatifs : «sans précédent», «dévastatrices», «réduire le rouble en ruines». Puis la Russie a continué de bombarder l'Ukraine. Les sanctions sont un outil — un bon outil, mais un outil. Elles n'ont jamais été une arme à elle seule. C'est important de ne pas l'oublier.*

## Conclusion : Portrait d'une économie qui brûle pour ne pas perdre

### Un régime qui a fait le choix de la guerre

Le portrait économique de la **Russie** au premier trimestre **2026** est celui d'un État qui a choisi la guerre comme horizon principal de toutes ses décisions budgétaires, institutionnelles et sociales. **46%** du budget à l'armée. Des revenus qui reculent. Des régions en déficit. Une main-d'œuvre qualifiée sous pression. Une inflation structurelle. Et **Poutine** qui déclare tout va bien.

Ce portrait n'est pas celui d'un régime sur le point de s'effondrer. C'est celui d'un régime déterminé à financer sa guerre coûte que coûte — même en hypothéquant son propre avenir économique. Et c'est précisément parce que ce régime est prêt à payer ce prix que l'**Ukraine** a besoin d'un soutien occidental durable : pas jusqu'à l'effondrement russe, mais jusqu'à ce que la **Russie** n'ait plus d'autre choix que de négocier depuis une position de faiblesse réelle.

### L'obligation des alliés face à cette réalité

Les alliés de l'**Ukraine** doivent lire ces données économiques comme une feuille de route. Chaque sanction maintenue, chaque fourniture d'armes, chaque système de défense antiaérienne déployé contribue à accélérer la date où les chiffres de la guerre russe deviendront insoutenables. Ce n'est pas une stratégie d'effondrement immédiat — c'est une stratégie de pression cumulée qui doit être maintenue avec constance et cohérence.

L'**Ukraine** ne peut pas gagner seule contre une économie militarisée à **46%**. Mais l'**Ukraine** soutenue par l'**Occident** peut gagner contre une **Russie** dont les choix économiques insoutenables se transforment progressivement en contraintes militaires réelles.

*Ce portrait économique de la Russie — 46% du budget militaire, revenus en baisse, régions en déficit — n'est pas une prédiction de sa chute. C'est une carte de ses vulnérabilités. Et une carte, entre les mains de qui sait s'en servir, est une arme.*

**Signé Maxime Marquette, chroniqueur**

## Encadré de transparence du chroniqueur

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Je ne suis pas journaliste, mais **chroniqueur et analyste**. Mon expertise réside dans l'observation et l'analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.

Je ne prétends pas à l'objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. **Je prétends à la lucidité analytique**, à l'interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d'offrir une lecture critique des événements.

### Méthodologie et sources

Ce texte respecte la distinction fondamentale entre **faits vérifiés et analyses interprétatives**. La règle de méthode est constante : une information factuelle n'est publiée que si une source vérifiable la porte, et les sources effectivement utilisées par cet article sont listées sous **Sources**, jamais ici.

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**Familles de sources secondaires** : publications spécialisées, médias d'information reconnus internationalement, analyses d'institutions de recherche établies, rapports d'organisations sectorielles.

Quand un article cite des données statistiques, économiques ou géopolitiques, elles proviennent d'institutions productrices de données (organisations intergouvernementales, banques centrales, instituts statistiques nationaux), et l'institution exacte est nommée sous **Sources**.

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Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une **synthèse critique et contextuelle** basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d'experts cités dans les sources consultées.

Mon rôle est d'interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et économiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l'observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs globaux.

Cet article décrit un état documenté à sa date de publication, et non une prédiction : une évolution ultérieure peut en déplacer les perspectives. Aucune mise à jour n'est promise d'avance; lorsqu'un article est corrigé ou complété, la modification est datée dans le texte.

## Sources

### Sources primaires

- [Euromaidanpress — Russie : 46% du budget militaire au T1 2026 (ISW) — 14 juin 2026](https://euromaidanpress.com/2026/06/14/russia-poured-46-of-its-budget-into-the-military-in-early-2026-even-as-revenue-fell-isw/)

- [Moscow Times — Expiration du waiver sur le pétrole russe — 17 juin 2026](https://www.themoscowtimes.com/2026/06/17/white-house-allows-russian-oil-sanctions-waiver-to-expire-for-third-time-a93037)

### Sources secondaires

- Foreign Policy — Les limites de l'économie de guerre russe — juin 2026

- Kyiv Independent — Les dépenses de défense russes en 2026 — juin 2026

- [ISW — Évaluation de la campagne offensive russe — 14 juin 2026](https://www.understandingwar.org/backgrounder/russian-offensive-campaign-assessment-june-14-2026)

- [Kiel Institut — L'économie de guerre russe atteint ses limites — 2026](https://www.kielinstitut.de/publications/news/endgame-russias-war-economy-hits-its-limits/)

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Source : Maxime Marquette, MadMax. Pour citer ce texte, nommer l’auteur et lier https://mad-max.co/fr/article/portrait-la-russie-de-poutine-une-economie-de-guerre-qui-devore-son-avenir-au-pr
