# Merci, Bulgarie, de prouver que l'OTAN peut encore tenir parole

> Introduction : une visite qui mérite plus qu'un entrefilet

- Auteur: Maxime Marquette
- Publication: MadMax (https://mad-max.co)
- Rubrique: Lettre ouverte
- Publié: 2026-07-04
- Adresse à citer: https://mad-max.co/fr/article/merci-bulgarie-de-prouver-que-lotan-peut-encore-tenir-parole

## Introduction : une visite qui mérite plus qu'un entrefilet

### Ce qui s'est passé à Sofia

Cher lecteur, laissez-moi vous parler d'une visite diplomatique qui n'a fait la une nulle part en Amérique du Nord, mais qui mérite pourtant toute notre attention. Le **général Alexus Grynkewich**, nouveau **commandant suprême des forces alliées en Europe** (**SACEUR**), s'est rendu en **Bulgarie** les **1er et 2 juillet 2026**, à l'invitation du chef d'état-major bulgare, l'**amiral Emil Eftimov**. Il y a rencontré le **président Roumen Radev** et le **ministre de la Défense Dimitar Stoyanov**.

Cette visite s'est déroulée à un moment charnière: juste avant le **sommet de l'OTAN à Ankara**, prévu les **7 et 8 juillet 2026**, où près de **100 délégations** sont attendues. Le message envoyé depuis **Sofia** était limpide: le flanc sud-est de l'**Alliance** se prépare, se modernise et se coordonne.

### Pourquoi je vous écris cette lettre ouverte

Je choisis la forme de la **lettre ouverte** parce que ce genre d'histoire mérite d'être racontée directement, sans filtre bureaucratique, à vous qui suivez la guerre en **Ukraine** et la posture de l'**Occident** depuis des années. La **Bulgarie**, souvent perçue comme un maillon secondaire de l'**OTAN**, vient de démontrer quelque chose d'important: les petits pays peuvent tenir parole quand les grands doutent.

Cette lettre s'adresse autant aux **citoyens bulgares** qui financent cet effort de défense qu'aux lecteurs occidentaux plus largement, qui ont parfois l'impression que l'**OTAN** n'est qu'une addition de promesses non tenues.

*Je l'avoue: je m'attendais à un énième communiqué creux sur "le renforcement du partenariat stratégique". Ce que j'ai trouvé en creusant m'a agréablement surpris, et ça mérite d'être dit tel quel.*

## Ce que le général Grynkewich a dit, mot pour mot

### Une reconnaissance rare et méritée

Selon les propos rapportés par **Fakti.bg**, le **général Grynkewich** a livré une évaluation remarquablement élogieuse de la **Bulgarie** comme allié: **«Une Bulgarie plus forte contribue à une Europe plus forte et une OTAN plus forte»**, a-t-il déclaré, avant d'ajouter que le pays **«non seulement respecte ses engagements pris à La Haye en 2025, mais a déjà dépassé l'exigence de 2 % du PIB pour la défense»**.

Ce n'est pas un détail anodin. Dans une **Alliance** où plusieurs membres peinent encore à atteindre le seuil des **2 %**, voir un pays comme la **Bulgarie** le dépasser, avec une trajectoire vers **5 % du PIB d'ici 2035**, mérite d'être souligné haut et fort.

### Les preuves concrètes derrière les mots

Le **général** a rappelé que la **Bulgarie** a déjà reçu sa première tranche de **huit chasseurs F-16 Block 70** et attend la livraison de **183 véhicules de combat Stryker**. Ce ne sont pas des promesses lointaines: ce sont des livraisons en cours, documentées, vérifiables.

Cette modernisation matérielle s'accompagne d'un travail moins visible mais tout aussi crucial: l'augmentation de l'**interopérabilité** de l'armée bulgare au sein des structures de commandement de l'**OTAN**, un chantier qui prend des années à porter ses fruits.

*Ce genre de déclaration officielle sonne parfois creux dans la bouche de certains dirigeants. Ici, les chiffres suivent les mots, et c'est précisément ce qui distingue un allié sérieux d'un allié qui se contente de bons communiqués.*

## La sécurité de la mer Noire, priorité stratégique assumée

### Un théâtre trop souvent oublié

Les discussions à **Sofia** ont largement porté sur la **sécurité de la mer Noire**, un théâtre stratégique qui reste, à mon avis, sous-couvert par les **médias** occidentaux comparé à d'autres fronts. Pourtant, c'est là que se joue une partie cruciale de la capacité de l'**Occident** à contenir les ambitions russes dans la région.

Le renforcement des **missions conjointes** entre la **Bulgarie**, la **Roumanie** et la **Turquie** pour protéger les infrastructures sous-marines critiques constitue une réponse directe aux incidents de sabotage suspectés sur des câbles et pipelines observés ces dernières années dans la région.

### Une coordination trilatérale qui prend forme

Cette coopération entre trois pays riverains de la **mer Noire**, chacun avec ses propres priorités nationales, n'est pas une évidence diplomatique. Le fait qu'elle progresse concrètement, avec des missions conjointes déjà en discussion active, illustre une maturité stratégique régionale qui mérite d'être saluée plutôt que tenue pour acquise.

Cette dynamique trilatérale pourrait, à terme, devenir un modèle pour d'autres zones sensibles de l'**flanc oriental** de l'**OTAN**, où la coordination entre voisins reste souvent plus compliquée qu'annoncée.

*La mer Noire ne fait pas les manchettes autant que d'autres fronts, mais c'est précisément le genre de **dossier** discret où se joue la crédibilité réelle de l'Occident face à Moscou.*

## L'exemple bulgare face au retard de certains alliés

### Un contraste qui dérange, mais qu'il faut nommer

Il faut le dire sans détour: tous les membres de l'**OTAN** ne se comportent pas comme la **Bulgarie**. Plusieurs alliés historiques, plus riches et plus peuplés, peinent encore à atteindre les seuils de dépenses de défense fixés collectivement, ce qui alimente depuis des années les critiques, notamment celles de **Donald Trump**, sur le partage inégal du fardeau au sein de l'**Alliance**.

Sur ce point précis, je dois admettre que la critique de **Trump** envers certains partenaires européens jugés trop timides sur leurs budgets de défense n'était pas sans fondement, même si sa méthode de communication a souvent été jugée brutale par les diplomates européens.

### Ce que la Bulgarie prouve concrètement

La trajectoire bulgare démontre qu'un pays aux ressources économiques plus limitées que celles de l'**Allemagne** ou de la **France** peut, avec une volonté **politique** claire, dépasser ses obligations envers l'**Alliance**. Cela retire un argument facile à ceux qui prétendent que l'effort de défense occidental est structurellement impossible à soutenir.

Ce contraste devrait, en toute logique, servir d'aiguillon pour les capitales européennes qui traînent encore des pieds sur leurs engagements budgétaires envers l'**OTAN**.

*Je crédite Trump sur ce point précis: il a eu raison de pousser fort sur le partage du fardeau militaire, même si je n'aime pas toujours la manière dont il le fait. Ici, sur le militaire, la fermeté paie.*

## Le sommet d'Ankara en toile de fond

### Une visite calculée dans le calendrier

Le moment choisi pour cette visite n'est pas anodin. Se rendre en **Bulgarie** juste avant le **sommet d'Ankara** des **7 et 8 juillet 2026** permet au **SACEUR** d'arriver à la table des discussions avec des exemples concrets de réussite à présenter aux autres membres de l'**Alliance**.

La **Turquie**, hôte du sommet, a exprimé des attentes claires en matière d'unité et de solidarité entre alliés, un message que la visite bulgare vient renforcer par l'exemple plutôt que par le seul discours.

### Ce que l'on peut espérer d'Ankara

Sans céder à un optimisme naïf, il est raisonnable d'espérer que le sommet d'**Ankara** consolidera davantage les engagements pris à **La Haye en 2025**, notamment sur la trajectoire vers les **5 % du PIB** consacrés à la défense d'ici **2035**, un objectif ambitieux mais désormais jugé atteignable par plusieurs capitales.

La présence de près de **100 délégations** à ce sommet témoigne de l'ampleur diplomatique de l'événement, dans un contexte géopolitique où chaque signal de cohésion occidentale compte face aux ambitions de **Moscou**, de **Pékin** et de **Téhéran**.

*Je reste prudent sur les grands sommets, qui produisent souvent plus de photos que de résultats concrets. Mais le contexte de celui-ci, avec la guerre en Ukraine toujours active, laisse peu de place à l'indulgence pour les alliés qui traîneraient encore les pieds.*

## La modernisation militaire bulgare, un chantier de fond

### Des avions aux véhicules blindés

Au-delà des **F-16 Block 70** déjà livrés, la **Bulgarie** s'engage dans une refonte complète de ses capacités terrestres avec l'arrivée annoncée de **183 véhicules Stryker**. Cette modernisation touche donc à la fois la composante aérienne et la composante terrestre de son armée, un effort rarement mené aussi simultanément par un pays de cette taille.

Cette transformation matérielle s'inscrit dans un cadre budgétaire plus large où la **Bulgarie** a su transformer des ressources financières en capacités de combat réelles, selon les propos mêmes du **général Grynkewich** lors de sa visite.

### Le rôle des fonds européens dans cette transformation

Cette modernisation ne se fait pas en vase clos. Les discussions à **Sofia** ont également porté sur l'utilisation plus efficace des **instruments financiers** de l'**Alliance** et de l'**Union européenne** en matière de défense, notamment pour élargir la connectivité régionale entre pays voisins du flanc sud-est.

Cette articulation entre **financement** européen et objectifs militaires de l'**OTAN** illustre une convergence institutionnelle croissante entre les deux organisations, longtemps critiquée pour ses redondances bureaucratiques.

*Voir enfin les fonds européens et les objectifs de l'OTAN converger plutôt que se chevaucher inutilement, c'est exactement le genre de progrès technocrate qu'on ne célèbre jamais assez fort.*

## L'ombre portée de la guerre en Ukraine sur cette visite

### Un flanc sud-est qui regarde vers l'est avec inquiétude

Impossible de comprendre cette visite sans la replacer dans le contexte de la guerre menée par la **Russie** contre l'**Ukraine** depuis **2022**. La **mer Noire** est directement touchée par ce conflit, que ce soit par les tensions sur le trafic maritime, les incidents impliquant des mines dérivantes, ou les manœuvres militaires russes dans la région.

Renforcer le flanc sud-est de l'**OTAN** n'est donc pas un exercice théorique: c'est une réponse directe à un voisinage devenu objectivement plus dangereux depuis l'invasion russe.

### Le président Zelensky, référence morale de cette période

Dans ce contexte, la résistance ukrainienne portée depuis des années par le **président Volodymyr Zelensky** continue de servir de référence morale pour l'ensemble des pays du flanc oriental de l'**OTAN**, la **Bulgarie** y compris, qui voient dans la fermeté militaire une condition de survie plutôt qu'une option diplomatique parmi d'autres.

Cette solidarité de fait entre pays du flanc sud-est et l'**Ukraine** assiégée illustre une prise de conscience régionale que la sécurité collective ne se négocie plus à la marge.

*Zelensky reste, à mes yeux, l'une des rares **figures** politiques contemporaines dont le courage physique et politique dépasse largement la rhétorique. Le voir cité en filigrane dans les discussions de sécurité régionale n'a rien d'un hasard.*

## Les critiques légitimes qu'il ne faut pas balayer

### Le scepticisme raisonnable sur les objectifs à long terme

Il serait malhonnête de présenter cette visite comme une success story sans nuance. Certains analystes de la région, cités par plusieurs **médias** bulgares, restent sceptiques quant à la capacité réelle de la **Bulgarie** à maintenir sa trajectoire de dépenses jusqu'en **2035**, notamment en cas de ralentissement économique ou de changement politique interne.

Ce scepticisme mérite d'être entendu plutôt qu'écarté d'un revers de main: les engagements budgétaires à quinze ans restent, par nature, plus fragiles que les livraisons matérielles déjà réalisées.

### Les tensions politiques internes bulgares à surveiller

La **Bulgarie** traverse par ailleurs des débats internes sur certaines propositions régionales de coopération navale, notamment autour d'une proposition roumaine de force navale conjointe qui a suscité des divisions entre le **premier ministre** et le **président Radev**, selon des rapports de **Novinite**.

Ces tensions internes rappellent que la cohésion affichée lors des visites officielles ne doit pas masquer des débats politiques bien réels sur la meilleure manière de concrétiser ces engagements de défense.

*Je refuse de transformer ce texte en publicité sans nuance pour la diplomatie bulgare. Les tensions internes sont réelles, et les taire reviendrait à trahir l'exigence de rigueur que je me suis fixée.*

## Ce que cela signifie pour le reste de l'Europe de l'Est

### Un exemple à suivre pour la Roumanie et la Grèce

La trajectoire bulgare pourrait servir de modèle pour d'autres pays du flanc sud-est comme la **Roumanie** et la **Grèce**, tous deux confrontés à des défis similaires de modernisation militaire face à un environnement régional plus instable qu'il y a dix ans.

Cette dynamique régionale, si elle se maintient, pourrait transformer progressivement l'ensemble du flanc sud-est de l'**OTAN** en une zone de dissuasion crédible plutôt qu'un maillon perçu comme secondaire par **rapport** au flanc nord-est plus médiatisé.

### Le rôle de la Turquie comme hôte et acteur clé

La **Turquie**, en accueillant le sommet d'**Ankara**, se positionne également comme un acteur central de cette dynamique régionale, malgré des relations parfois tendues avec certains partenaires occidentaux sur d'autres dossiers diplomatiques.

Cette capacité de la **Turquie** à jouer un rôle fédérateur sur les questions de sécurité du flanc sud-est, tout en maintenant des positions distinctes sur d'autres enjeux internationaux, illustre la complexité mais aussi la résilience des équilibres internes de l'**Alliance**.

*La Turquie reste un allié compliqué, parfois frustrant pour les chancelleries occidentales, mais son rôle de pivot géographique sur ce **dossier** précis est difficilement contestable.*

## Pourquoi cette histoire mérite votre attention, à vous, lecteur

### Contre la fatigue médiatique sur l'OTAN

Je sais que beaucoup d'entre vous ressentent une forme de lassitude face aux annonces répétées de renforcement de l'**OTAN**, tant elles se ressemblent souvent d'un communiqué à l'autre. C'est précisément pour cette raison que je tenais à isoler cette visite bulgare: parce qu'elle contient des chiffres vérifiables, des livraisons concrètes, et une reconnaissance publique méritée plutôt qu'un simple exercice de communication.

Dans un monde saturé d'annonces creuses, distinguer les engagements tenus des promesses vides me semble être un devoir journalistique minimal, particulièrement quand il s'agit de sujets aussi cruciaux que la sécurité collective occidentale.

### Un rappel utile face aux rivaux de l'Occident

Alors que la **Chine**, l'**Iran**, la **Russie** et la **Corée du Nord** continuent de tester la cohésion occidentale sur plusieurs fronts simultanément, chaque exemple concret de solidarité effective au sein de l'**OTAN** mérite d'être documenté et salué, plutôt que noyé dans le flot continu des mauvaises nouvelles géopolitiques.

La **Bulgarie** nous rappelle, à sa échelle, que la fermeté occidentale reste possible quand la volonté politique existe réellement, au-delà des discours.

*Je préfère de loin écrire sur une réussite vérifiable et modeste que sur une catastrophe spectaculaire mais creuse. Cette lettre est ma façon d'insister sur ce qui fonctionne, sans naïveté sur ce qui reste fragile.*

## Les leçons à tirer pour les prochains sommets de l'OTAN

### La transparence comme outil de crédibilité

L'un des enseignements les plus utiles de cette visite bulgare est la valeur de la **transparence** chiffrée: donner des pourcentages précis, des dates de livraison concrètes, des objectifs mesurables à long terme. Cette approche renforce la crédibilité de l'**Alliance** bien plus efficacement que des formules diplomatiques vagues sur «le renforcement continu du partenariat».

Les prochains sommets de l'**OTAN**, y compris celui d'**Ankara**, gagneraient à généraliser cette pratique de communication chiffrée et vérifiable pour l'ensemble des pays membres, plutôt que de la réserver aux bons élèves ponctuels.

### La nécessité d'un suivi rigoureux dans le temps

Il faudra suivre, dans les années à venir, si la **Bulgarie** maintient effectivement sa trajectoire vers les **5 % du PIB en 2035**, et si d'autres pays du flanc sud-est parviennent à s'aligner sur cet exemple plutôt que de se contenter d'admirer la performance bulgare de loin.

Ce suivi rigoureux, sur plusieurs années, sera le véritable test de la sincérité de cet engagement, bien au-delà de la seule visite protocolaire du **général Grynkewich** à **Sofia**.

*Je promets, en tant que chroniqueur, de revenir sur ce **dossier** dans les années à venir pour vérifier si la trajectoire bulgare tient ses promesses, plutôt que de publier cette lettre et de passer à autre chose.*

## Ce que je retiens personnellement de cette visite

### Une fierté prudente, pas un triomphalisme

Je referme cette lettre avec une forme de fierté prudente pour la **Bulgarie**, sans pour autant sombrer dans un triomphalisme déplacé. Un pays de **6,5 millions d'habitants** environ qui dépasse ses obligations envers l'**Alliance** mérite d'être cité en exemple, sans que cela efface les défis structurels qui demeurent, notamment économiques et démographiques.

Cette fierté prudente s'accompagne d'une vigilance nécessaire: les engagements pris aujourd'hui devront être honorés année après année, dans un contexte budgétaire qui pourrait se durcir.

### Un message d'espoir mesuré pour l'ensemble de l'Occident

Si un pays aux ressources plus limitées que ses voisins occidentaux plus riches peut tenir ce rythme d'investissement en défense, cela devrait inspirer une forme d'espoir mesuré pour l'ensemble du camp occidental face aux défis posés simultanément par la **Russie**, la **Chine**, l'**Iran** et la **Corée du Nord**.

C'est cet espoir mesuré, fondé sur des faits vérifiables plutôt que sur des vœux pieux, que je voulais partager avec vous par cette lettre ouverte.

*S'il fallait résumer cette lettre en une phrase: parfois, les bonnes nouvelles géopolitiques existent vraiment, il suffit de creuser un peu au-delà des grands titres pour les trouver.*

## Ce que cela change concrètement pour la dissuasion occidentale

### Une pièce supplémentaire dans un puzzle plus large

La modernisation bulgare ne change pas, à elle seule, l'équilibre stratégique global face à la **Russie**. Mais elle constitue une pièce supplémentaire, concrète et vérifiable, dans un puzzle de dissuasion collective qui ne fonctionne que si chaque maillon tient sa position.

Cette logique de dissuasion cumulative, où chaque contribution nationale compte, est précisément ce qui distingue l'**OTAN** d'une simple alliance de papier: c'est une somme d'engagements concrets, vérifiables pays par pays.

### Le signal envoyé à Moscou

Pour **Moscou**, chaque exemple de renforcement crédible sur le flanc sud-est représente un signal supplémentaire que la fenêtre d'opportunité pour une escalade régionale se referme progressivement, à mesure que les capacités occidentales se renforcent concrètement plutôt que symboliquement.

C'est cette accumulation de signaux, plus que n'importe quelle déclaration isolée, qui façonne réellement le calcul stratégique du **Kremlin** sur ses marges de manœuvre futures.

*Je crois profondément que la dissuasion se construit par petites briques vérifiables plutôt que par grands discours, et cette visite bulgare en est une illustration presque parfaite.*

## Ce que les alliés occidentaux devraient retenir de cet exemple

### Un modèle de communication militaire assumable

Trop souvent, les communiqués de défense occidentaux se noient dans un jargon technocratique impossible à relayer auprès du grand public. Le style direct adopté par le **général Grynkewich**, avec des chiffres précis et des objectifs datés, offre un modèle de communication que d'autres officiers supérieurs de l'**OTAN** gagneraient à reproduire lors de leurs propres visites bilatérales.

Cette clarté de communication n'est pas un détail cosmétique: elle renforce la compréhension du grand public occidental envers des dépenses de défense parfois perçues comme abstraites ou déconnectées de leur quotidien.

### Une invitation à documenter les succès autant que les échecs

Les **médias** occidentaux, y compris ceux alignés sur une ligne éditoriale pro-**Ukraine** et pro-**OTAN** comme le nôtre, ont parfois tendance à se concentrer davantage sur les crises et les échecs diplomatiques que sur les réussites concrètes comme celle documentée à **Sofia**.

Corriger ce déséquilibre, sans tomber dans la propagande béate, me semble essentiel pour maintenir la confiance du public envers les institutions de défense collective occidentales sur la durée.

*Je crois qu'on sous-estime à quel point documenter sérieusement les réussites, sans complaisance, est aussi nécessaire que dénoncer les échecs. L'équilibre entre les deux fait toute la différence pour la crédibilité du journalisme de défense.*

## Conclusion : une lettre de gratitude prudente envers un allié qui livre

### Ce qu'il faut retenir de cette visite

Cette visite du **général Grynkewich** en **Bulgarie**, les **1er et 2 juillet 2026**, restera un exemple concret et documenté de ce que peut accomplir un allié déterminé de l'**OTAN**: dépassement des objectifs budgétaires, livraisons matérielles vérifiables, et coordination régionale renforcée sur la **mer Noire**.

À l'approche du sommet d'**Ankara**, ce genre d'exemple mérite d'être mis en lumière, non pas comme une fin en soi, mais comme un rappel que la fermeté occidentale reste possible quand la volonté politique existe véritablement.

### Ce qu'il faudra continuer à surveiller

Reste à voir si cette dynamique se maintient dans les années à venir, si d'autres pays du flanc sud-est suivent cet exemple, et si les tensions internes bulgares sur certaines propositions régionales trouvent une résolution constructive plutôt que paralysante.

*Je referme cette lettre avec la conviction que le journalisme de défense a le devoir de célébrer, avec la même rigueur qu'il dénonce, les alliés qui tiennent parole. La Bulgarie vient de mériter cette reconnaissance.*

**Signé Maxime Marquette, chroniqueur**

## Encadré de transparence du chroniqueur

### Positionnement éditorial

Je ne suis pas journaliste, mais **chroniqueur et analyste**. Mon expertise réside dans l'observation et l'analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.

Je ne prétends pas à l'objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. **Je prétends à la lucidité analytique**, à l'interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d'offrir une lecture critique des événements.

### Méthodologie et sources

Ce texte respecte la distinction fondamentale entre **faits vérifiés et analyses interprétatives**. La règle de méthode est constante : une information factuelle n'est publiée que si une source vérifiable la porte, et les sources effectivement utilisées par cet article sont listées sous **Sources**, jamais ici.

**Familles de sources primaires** retenues par la publication, quand le dossier en comporte : communiqués officiels des gouvernements et institutions internationales, déclarations publiques des dirigeants politiques, rapports d'organisations intergouvernementales, dépêches d'agences de presse internationales reconnues.

**Familles de sources secondaires** : publications spécialisées, médias d'information reconnus internationalement, analyses d'institutions de recherche établies, rapports d'organisations sectorielles.

Quand un article cite des données statistiques, économiques ou géopolitiques, elles proviennent d'institutions productrices de données (organisations intergouvernementales, banques centrales, instituts statistiques nationaux), et l'institution exacte est nommée sous **Sources**.

### Nature de l'analyse

Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une **synthèse critique et contextuelle** basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d'experts cités dans les sources consultées.

Mon rôle est d'interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et économiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l'observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs globaux.

Cet article décrit un état documenté à sa date de publication, et non une prédiction : une évolution ultérieure peut en déplacer les perspectives. Aucune mise à jour n'est promise d'avance; lorsqu'un article est corrigé ou complété, la modification est datée dans le texte.

## Sources

### Sources primaires

- [Fakti.bg — NATO's Europe chief continues his key visit to Bulgaria — 2 juillet 2026](https://fakti.bg/en/bulgaria/1064863-nato-s-europe-chief-continues-his-key-visit-to-bulgaria)

- [BTA — NATO Supreme Allied Commander Europe Gen. Alexus Grynkewich to visit Bulgaria — 30 juin 2026](https://www.bta.bg/en/news/world/1158051-nato-supreme-allied-commander-europe-gen-alexus-grynkewich-to-visit-bulgaria)

- [BTA — By end of 2026, Bulgaria will have 12 pilots capable of flying F-16 Block 70](https://www.bta.bg/en/news/bulgaria/1120271-by-end-of-2026-bulgaria-will-have-12-pilots-capable-of-flying-f-16-block-70-fig)

### Sources secondaires

- [Novinite — Romania's Joint Naval Force Proposal Leaves Bulgaria PM, President Divided](https://www.novinite.com/articles/174940/Romania)

- [Brussels Times — NATO praises Bulgaria's defence strides as Black Sea tension takes centre stage — 29 mai 2026](https://www.brusselstimes.com/eu-affairs/2161605/nato-praises-bulgarias-defence-strides-as-black-sea-tension-takes-centre-stage)

- [BNR — Two transport corridors are a priority to deploy NATO forces](https://bnr.bg/en/post/101935487/two-transport-corridors-are-a-priority-to-deploy-nato-forces)

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Source : Maxime Marquette, MadMax. Pour citer ce texte, nommer l’auteur et lier https://mad-max.co/fr/article/merci-bulgarie-de-prouver-que-lotan-peut-encore-tenir-parole
