# BILLET : Madyar a compté les corps — 53 Russes morts pour 3 Ukrainiens chaque jour à Kostyantynivka

> Le 23 juin 2026, le commandant adjoint du 19e Corps d'armée ukrainien, le colonel Yuriy Madyar, a livré un chiffre qui aurait semblé invraisemblable il y a encore deux ans : sur la direction de Kostyantynivka, les forces russes subissent environ 53 pertes par jour contre environ

- Auteur: Maxime Marquette
- Publication: MadMax (https://mad-max.co)
- Rubrique: Billet
- Publié: 2026-06-27
- Adresse à citer: https://mad-max.co/fr/article/madyar-a-compte-les-corps-53-russes-morts-pour-3-ukrainiens-chaque-jour-a-kostya

## À retenir

- Madyar a déclaré le 23 juin 2026, selon le rapport ISW, que les forces russes subissent environ 53 pertes par jour contre environ 3 côté ukrainien sur ce secteur.
- Le chroniqueur précise que ce chiffre est une revendication ukrainienne pour un secteur précis, difficile à vérifier de façon indépendante.
- Les Russes doivent marcher 20 à 30 kilomètres pour approcher la ville, et leur ravitaillement dépend partiellement de drones, ce qui révèle une fragilité logistique.
- Le ratio est replacé dans des données plus larges : CSIS, décompte BBC Russia et Mediazona de plus de 229 000 morts russes identifiés.
- L'auteur y voit une défense en profondeur (la « ceinture forteresse ») conçue pour maximiser l'attrition, plus que pour arrêter toute infiltration.

## Introduction : un ratio qui dit tout sur la stratégie d'attrition ukrainienne

### Un chiffre sorti d'un terrain en feu

Le **23 juin 2026**, le commandant adjoint du **19e Corps d'armée ukrainien**, le colonel **Yuriy Madyar**, a livré un chiffre qui aurait semblé invraisemblable il y a encore deux ans : sur la direction de **Kostyantynivka**, les forces russes subissent environ **53 pertes par jour** contre environ **3 pertes ukrainiennes**. Un ratio de **53 contre 3** — soit **17 soldats russes pour 1 Ukrainien**. Ces données proviennent du rapport d'évaluation de l'**Institut pour l'étude de la guerre (ISW)** du **23 juin 2026**, qui relaie les déclarations directes de Madyar sur la situation tactique.

Ce chiffre n'est pas présenté ici comme une vérité absolue — les statistiques de pertes en zone de guerre sont intrinsèquement difficiles à vérifier avec précision, et Madyar parle d'un secteur spécifique, pas de l'ensemble du front. Mais il illustre quelque chose d'important sur la nature de la bataille de **Kostyantynivka** et sur ce que la stratégie d'attrition ukrainienne peut accomplir quand elle est bien exécutée dans des positions défensives préparées.

### Kostyantynivka : une ville symbole du Donbass

**Kostyantynivka** est une ville industrielle du **Donbass ukrainien**, dans la région de Donetsk, avec une population d'avant-guerre d'environ **70 000 habitants**. Elle est devenue l'un des théâtres les plus intenses de la guerre depuis que les forces russes ont avancé dans cette direction après la chute de **Bakhmout** en **2023** et la prise d'**Avdiivka** en **2024**. Les forces russes cherchent à percer vers cette ville comme étape dans leur progression vers **Kramatorsk** et **Sloviansk**, villes stratégiques du Donbass ukrainien.

*Je n'ai pas de moyen de vérifier personnellement les chiffres de Madyar — je ne suis pas sur place et je ne dispose d'aucune source indépendante qui puisse confirmer ce ratio précis. Ce que je peux faire, c'est les contextualiser dans d'autres données disponibles et evaluer leur cohérence globale. C'est ce que je fais dans ce billet.*

## Ce que Madyar dit précisément sur le terrain

### La progression ukrainienne sur le flanc sud de la ville

Selon le rapport ISW du **23 juin 2026**, Madyar a déclaré que les forces ukrainiennes avaient dégagé les zones au **sud de Kostyantynivka**, avec un «nombre minimum» de militaires russes restant dans la zone. Les forces ukrainiennes commençaient des opérations pour repousser les soldats russes du **centre et de l'ouest** de la ville. Cette description est cohérente avec les évaluations indépendantes de la progression des combats dans ce secteur.

Madyar a également contredit directement les affirmations russes d'encerclement des forces ukrainiennes dans la ville — déclarant que le nombre de soldats ukrainiens à **Kostyantynivka est bien supérieur** à celui des Russes présents. Cette réfutation est significative : les communiqués russes et les blogueurs militaires pro-Kremlin avaient annoncé un encerclement imminent, une affirmation que le commandant de terrain ukrainien rejette catégoriquement.

### Les Russes marchent 20 à 30 kilomètres

Un détail révélateur fourni par Madyar : les soldats russes doivent **marcher de 20 à 30 kilomètres** pour se rapprocher de Kostyantynivka, parce que les forces ukrainiennes frappent massivement les zones environnantes, rendant les approches motorisées trop dangereuses. Ce chiffre illustre concrètement la pression que les frappes d'artillerie, de drones et les opérations de contre-batterie ukrainiennes exercent sur la logistique et les rotations russes. Un soldat qui marche **30 kilomètres avant d'entrer au combat** n'est pas dans les meilleures conditions physiques pour combattre. Et un ravitaillement qui ne peut plus se faire par véhicules motorisés est structurellement fragile.

*Ces 20 à 30 kilomètres de marche sont une victoire stratégique ukrainienne dont on parle peu. Contraindre l'ennemi à exposer ses hommes pendant leur approche, à les épuiser avant même le contact, à rendre chaque rotation coûteuse en temps et en énergie — c'est de la contre-batterie et du contrôle de terrain qui vaut mieux que bien des offensives spectaculaires.*

## Le ratio 53 contre 3 : cohérence avec d'autres données disponibles

### Ce que les sources indépendantes disent sur les pertes globales

Le ratio spécifique à Kostyantynivka de **53 contre 3** correspond-il à des tendances documentées ailleurs ? Partiellement, oui. Selon le **CSIS (Centre d'études stratégiques et internationales)**, le ratio global russo-ukrainien de victimes serait d'environ **2,5:1 ou 2:1** depuis le début de la guerre. Le président **Zelensky** avait évoqué en **mars 2026** un ratio allant jusqu'à **1:8 dans certains secteurs**, et l'agence **RBC-Ukraine** rapporte que le chef d'état-major ukrainien estime que dans certaines zones du front, le ratio peut atteindre **1:8 en faveur de l'Ukraine**. La commandante en chef des forces armées ukrainiennes précise par ailleurs que **62 % des pertes russes seraient des tués et 38 % des blessés** — un ratio tué/blessé inhabituel suggérant des conditions de combat particulièrement défavorables aux soldats russes.

Le chiffre de **53:3 pour Kostyantynivka** est donc plus favorable à l'Ukraine que la moyenne globale, mais pas incompatible avec ce que d'autres sources indiquent pour des secteurs spécifiques où l'Ukraine défend des positions préparées depuis longtemps. La **«ceinture forteresse»** (Fortress Belt) mentionnée dans le rapport ISW désigne précisément le réseau de défenses en profondeur que l'Ukraine a construit dans le Donbass pour maximiser l'attrition russe.

### Les données du BBC et de Mediazona

Au **26 juin 2026**, le décompte documenté des décès russes par les équipes journalistiques de **BBC Russia** et de **Mediazona** atteignait **229 254 soldats et contractuels russes identifiés**. Ces chiffres ne représentent que les morts identifiés nominalement — les analystes estiment que le total réel des tués russes pourrait se situer entre **417 000 et 509 500** en extrapolant à partir des données partielles. À titre de comparaison, les pertes militaires américaines dans toute la guerre du Viêtnam s'élèvent à **58 000 soldats**. La Russie a donc probablement perdu dix fois ce nombre en un peu plus de quatre ans.

*Ces chiffres devraient provoquer un débat politique intense en Russie. Ils ne le font pas — du moins pas publiquement. Le contrôle de l'information par le Kremlin, la propagande d'État, et la criminalisation de l'opposition aux médias indépendants créent un vaccin politique contre la conscience des pertes. C'est une des tragedies les plus sombres de cette guerre : les familles russes ne savent pas toujours ce que leur pays paie réellement.*

## Ce que le ratio révèle sur la doctrine d'attrition ukrainienne

### La «Fortress Belt» comme multiplicateur de force

Le rapport ISW note que les infiltrations russes dans **Kostyantynivka** «ne constituent pas un contrôle du terrain au sens doctrinal» et «n'entraîneront pas une percée opérationnelle rapide contre la Fortress Belt dans son ensemble». Cette évaluation est fondamentale pour comprendre la stratégie ukrainienne. L'Ukraine ne cherche pas à empêcher physiquement toute infiltration — elle cherche à faire payer chaque infiltration d'un prix prohibitif en termes de vies et d'équipements russes, tout en maintenant une présence suffisante pour prévenir toute percée décisive.

Cette doctrine d'attrition défensive en profondeur — souvent comparée aux défenses élastiques de la doctrine soviétique réinterprétée — est fondamentalement différente de la résistance statique ligne à ligne. Elle accepte que l'ennemi gagne du terrain localement, mais s'assure qu'il perd des ressources humaines et matérielles à un taux insoutenable. Le ratio **53:3** est la traduction quantitative de cette stratégie.

### Les frappes de drone et le rôle de Madyar

Le **colonel Madyar** est le commandant des **Forces de systèmes sans pilote ukrainiennes** — la branche spécialisée dans les opérations de drones de l'armée ukrainienne. Son rapport sur les pertes russes dans le secteur de Kostyantynivka ne peut être dissocié de cette spécialisation. Les **2 096 victimes russes** documentées lors des **six premiers jours de juin 2026** seules — soit **1 006 tués et 1 090 blessés** selon **Euromaidan Press** — reflètent en grande partie l'efficacité des opérations de drones ukrainiens contre les concentrations de troupes et les lignes de ravitaillement russes.

*La guerre des drones en Ukraine a changé la nature de l'attrition. Autrefois, infliger des pertes massives à l'ennemi nécessitait des offensives couteuses en hommes et en munitions. Aujourd'hui, un essaim de drones FPV coûtant quelques centaines de dollars peut détruire des véhicules et tuer des soldats à des kilomètres de la ligne de contact, 24 heures sur 24. C'est une mutation fondamentale dans l'économie de la guerre d'attrition.*

## Le contexte géographique de Kostyantynivka dans la guerre du Donbass

### Une ville dans la ligne de mire depuis des mois

**Kostyantynivka** fait partie de ce que les stratèges ukrainiens appellent la **«ceinture forteresse»** (Fortress Belt) du **Donbass**. Cette ceinture est un réseau de défenses en profondeur construites depuis **2022** à travers la région de **Donetsk**, comprenant des **tranchées**, des **bunkers souterrains**, des **zones minées**, des positions d'artillerie dissimulées et des réseaux de communication durcis. L'objectif est de transformer chaque kilomètre de terrain en terrain de tuerie pour l'assaillant, ralentissant suffisamment l'avance russe pour permettre à l'Ukraine d'infliger des pertes dévastatrices.

**Kostyantynivka** se trouve à environ **50 kilomètres** au nord-ouest de **Donetsk** — ville que la Russie contrôle depuis **2014** et dont elle cherche à étendre le contrôle vers l'ouest et le nord. La ville est un nœud logistique important : elle connecte **Kramatorsk** et **Sloviansk** — les deux plus grandes villes ukrainiennes encore sous contrôle de Kyiv dans la région de Donetsk. Si la Russie prenait **Kostyantynivka**, elle se retrouverait en position de menacer ces deux villes vitales.

*Chaque ville dans le Donbass est une pièce dans un puzzle géographique que la Russie cherche à assembler. Kostyantynivka n'est pas une fin en soi — c'est une étape vers Kramatorsk, et Kramatorsk est une étape vers le contrôle complet de la région de Donetsk que Poutine a officiellement «annexée» en 2022. La falsification juridique de l'annexion n'a pas changé les réalités militaires — mais elle a figé les ambitions territoriales russes dans le marbre de la propagande d'État.*

### La logistique russe et ses failles chroniques

Les **20 à 30 kilomètres de marche** que Madyar décrit pour les soldats russes s'approchant de Kostyantynivka illustrent un problème structurel que la Russie n'a pas résolu en **quatre ans de guerre** : la **fragilité logistique tactique**. Les forces russes dépendent fortement de la route et du rail pour leur ravitaillement en munitions, carburant et vivres. Quand ces lignes sont menacées par les frappes ukrainiennes — drones FPV, artillerie, frappes de missiles — les soldats et les unités avancées se retrouvent isolés.

La confirmation par un **blogueur militaire pro-russe** que les forces près de **Kostyantynivka** dépendent des **livraisons par drones** pour leur ravitaillement est particulièrement révélatrice. Les drones logistiques peuvent transporter des quantités limitées. Un soldat a besoin de plusieurs kilos de ravitaillement par jour en conditions de combat. La **dépendance aux drones logistiques** signifie que les unités avancées russes opèrent en dessous de leurs besoins en munitions et en soutien, ce qui affecte directement leur capacité combattante — et explique partiellement le ratio catastrophique de pertes.

## Ce que le ratio dit de la stratégie russe et de ses limites

### Les problèmes de ravitaillement confirmés

L'ISW note qu'un blogueur militaire russe (une source pro-Kremlin, donc peu suspecte d'exagérer les difficultés russes) a signalé que les forces russes près du nord de Kostyantynivka **«ont du mal à ravitailler leurs positions et recourent aux livraisons par drones»**. Cette information corrobore l'évaluation de Madyar sur les distances de marche et illustre un problème logistique structurel que la Russie n'a pas résolu après quatre ans de guerre : **la chaîne logistique tactique reste vulnérable aux frappes ukrainiennes**.

La mobilisation permanente des ressources humaines russes a permis au Kremlin de maintenir un rythme d'offensive, mais au prix d'une qualité décroissante des troupes déployées. Le **CSIS** estimait en début d'année que les pertes russes atteignaient environ **35 000 par mois**, et que pour la première fois depuis le début de l'invasion, la Russie perdrait plus de soldats qu'elle n'en recrutait — avec des objectifs de recrutement journaliers de **1 100 à 1 150** non atteints, à environ **940 recrues par jour**.

### Mobilisation russe : des chiffres qui ne rentrent plus dans les équations

Ce que le ratio de Madyar soulève implicitement est la question de la soutenabilité de la stratégie russe dans le temps. Si les pertes russes se maintiennent à un niveau supérieur au recrutement, et si les pertes ukrainiennes restent fractionnellement plus basses, l'équation démographique et militaire se déplace progressivement. Le **président Zelensky** avait fixé comme objectif **50 000 pertes russes par mois** en **janvier 2026** — un chiffre ambitieux mais qui n'est pas totalement éloigné des tendances documentées par des sources indépendantes.

*Je veux être honnête sur les limites de ce que ces chiffres disent. Un ratio favorable d'attrition ne garantit pas la victoire militaire — Poutine peut perdre 10 soldats pour 1 Ukrainien et quand même gagner si il mobilise suffisamment. La question n'est pas seulement le ratio — c'est la capacité politique et économique de la Russie à soutenir ces pertes dans le temps face à une société qui commence, malgré le contrôle informatif, à ressentir les absences.*

## La «victoire» de la défense dans la doctrine militaire contemporaine

### Ce que Kostyantynivka enseigne sur la guerre de position

Le type de combat que décrit Madyar à Kostyantynivka est représentatif d'une réalité plus large de la guerre en Ukraine : **la défense bien préparée coûte infiniment moins cher que l'attaque** dans un environnement de guerre de haute intensité avec surveillance aérienne permanente. Chaque tentative russe d'avancer dans une ville défendue dans le Donbass se traduit par des pertes disproportionnées parce que l'Ukraine a eu des années pour préparer ses défenses — bunkers, réseaux de tunnels, positions d'artillerie dissimulées, renseignements par drones.

Cette asymétrie défense/attaque est une leçon que tous les planificateurs militaires occidentaux devraient intégrer. La guerre en Ukraine démontre que dans un conflit entre armées équipées de drones, d'artillerie de précision et de capteurs électroniques, **l'attaque frontale dans un environnement urbain ou semi-urbain préparé est une forme de consommation de vies humaines sans équivalent moderne**. Les Russes refont à grande échelle les erreurs de tactique que les doctrines militaires modernes étaient supposées avoir éliminées.

### Le moral et la variable humaine

Un dernier élément que les chiffres ne capturent pas complètement : le **moral**. Les soldats russes qui marchent **30 kilomètres** pour entrer dans une ville qui les broie à un ratio de **53:3**, qui savent que leurs camarades sont tués par des drones qu'ils ne peuvent pas voir, qui se font ravitailler par des livraisons de drones parce que les routes sont surveillées — ces soldats paient un prix psychologique que les statistiques de pertes ne mesurent pas. Les témoignages de soldats russes capturés et les communications interceptées documentent une démoralisation croissante dans certaines unités. C'est une dimension de la guerre que Madyar connaît et que ses chiffres commencent à refléter.

*Les guerres ne se gagnent pas seulement par les chiffres. Mais quand les chiffres sont aussi déséquilibrés que 53:3 sur un secteur spécifique, ils commencent à parler d'une vérité plus large : une armée qui perd à ce rythme, dans les mêmes conditions, sur suffisamment de secteurs, finit par manquer d'hommes capables de se battre. La Russie n'en est pas encore là. Mais la trajectoire est visible.*

## Les implications pour la durée de la guerre et les scénarios de résolution

### Quand l'attrition devient une stratégie de victoire

Les données de pertes que documente ce billet posent une question stratégique fondamentale : **l'attrition peut-elle devenir une stratégie de victoire pour l'Ukraine ?** La logique est la suivante : si la Russie perd des hommes à un rythme supérieur à sa capacité de recrutement, si ses meilleures unités ont été décimées et remplacées par des recrues moins bien formées, si sa logistique est chroniquement défaillante — alors à un moment, la progression russe devrait ralentir, s'arrêter, puis potentiellement s'inverser.

Les données du **CSIS** suggèrent que ce point d'inflexion pourrait être atteint. Pour la première fois depuis le début de l'invasion, la Russie semble perdre plus de soldats qu'elle n'en recrute sur une base mensuelle. Si cette tendance se maintient, si les livraisons d'armes occidentales permettent à l'**Ukraine** de maintenir la pression, et si les sanctions économiques continuent d'éroder la base industrielle russe — alors l'attrition pourrait effectivement devenir la voie vers un résultat favorable. **Mais ce «si» porte le poids de beaucoup d'incertitudes.**

*Je veux résister à la tentation du triomphalisme — les données de pertes favorables à l'Ukraine ne signifient pas que la victoire est imminente ou même probable à court terme. La Russie a mobilisé des réserves humaines colossales et peut continuer de sacrifier des hommes à un rythme que des démocraties ne pourraient pas maintenir politiquement. L'attrition est une stratégie de long terme, et le long terme est incertain.*

### Ce que le monde observateur doit retenir du ratio Madyar

Au-delà du débat stratégique, le ratio **53:3** dit quelque chose d'important sur la résilience ukrainienne. Quatre ans après le début de l'invasion à grande échelle — après **Bakhmout**, **Avdiivka**, les offensives de **Kharkiv** et l'interminable bataille du **Donbass** — les forces ukrainiennes maintiennent leur cohésion, leur capacité combattante, et infligent des pertes disproportionnées à un ennemi qui les surpasse en **nombre de chars**, en **pièces d'artillerie** et en **effectifs mobilisés**. C'est un testament à la doctrine, à la motivation, et à la préparation défensive ukrainienne.

Ce résultat n'est pas survenu par accident. Il est le résultat de **quatre ans d'investissements alliés** en formation, en équipements, en renseignement et en soutien économique. Il est le résultat des décisions tactiques de commandants comme **Madyar** qui ont su utiliser les capacités disponibles — drones, artillerie, défenses préparées — de manière cohérente avec la stratégie d'ensemble. Et il est le résultat du courage des soldats ukrainiens qui tiennent des positions sous pression constante.

## Conclusion : l'attrition comme doctrine de survie

### Ce que Madyar nous dit vraiment

Le ratio **53:3** annoncé par Madyar pour la direction de Kostyantynivka n'est pas un bilan de victoire — c'est un indicateur de méthode. L'Ukraine, confrontée à une Russie qui mobilise massivement et avance lentement mais continûment, a fait le choix stratégique de maximiser le coût humain pour l'agresseur à chaque étape de l'avance. Ce n'est pas une stratégie glorieuse — c'est une stratégie nécessaire dictée par les réalités démographiques et les contraintes d'armement. Et dans le secteur de Kostyantynivka au moins, cette stratégie produit des résultats.

### Ce que cela dit de la guerre dans son ensemble

La guerre en Ukraine est une guerre d'attrition à grande échelle — la plus grande depuis la Seconde Guerre mondiale en termes de pertes humaines totales. Les données agrégées — **plus de 229 000 morts russes identifiés**, des pertes totales potentiellement au-delà de **500 000 hommes** côté russe — dressent le portrait d'un conflit qui consume les ressources humaines russes à un rythme que peu d'analystes avaient anticipé en **février 2022**. Madyar a compté les corps. L'histoire retiendra ces chiffres, quel que soit le résultat final de la guerre.

*Les chiffres de Madyar seront contestés, nuancés, et peut-être partiellement infirmés par des analyses ultérieures. Ce qui ne sera pas contesté, c'est la réalité de cette guerre : des centaines de milliers d'hommes morts ou blessés, des villes détruites, une nation qui résiste depuis quatre ans contre une invasion que le monde entier était supposé empêcher. Les chiffres sont importants — mais derrière chaque chiffre, il y a une vie.*

**Signé Maxime Marquette, chroniqueur**

## Encadré de transparence du chroniqueur

### Positionnement éditorial

Je ne suis pas journaliste, mais **chroniqueur et analyste**. Mon expertise réside dans l'observation et l'analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.

Je ne prétends pas à l'objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. **Je prétends à la lucidité analytique**, à l'interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d'offrir une lecture critique des événements.

### Méthodologie et sources

Ce texte respecte la distinction fondamentale entre **faits vérifiés et analyses interprétatives**. La règle de méthode est constante : une information factuelle n'est publiée que si une source vérifiable la porte, et les sources effectivement utilisées par cet article sont listées sous **Sources**, jamais ici.

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Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une **synthèse critique et contextuelle** basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d'experts cités dans les sources consultées.

Mon rôle est d'interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et économiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l'observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs globaux.

Cet article décrit un état documenté à sa date de publication, et non une prédiction : une évolution ultérieure peut en déplacer les perspectives. Aucune mise à jour n'est promise d'avance; lorsqu'un article est corrigé ou complété, la modification est datée dans le texte.

## Sources

### Sources primaires

- [ISW — Évaluation de la campagne offensive russe, 23 juin 2026 — 23 juin 2026](https://understandingwar.org/research/russia-ukraine/russian-offensive-campaign-assessment-june-23-2026/)

- [Euromaidan Press — Plus de 2 000 pertes russes en six jours de juin selon Madyar — 7 juin 2026](https://euromaidanpress.com/2026/06/07/over-2000-russian-casualties-in-first-six-days-of-june/)

- [RBC Ukraine — La mobilisation russe ne compense plus les pertes — 26 juin 2026](https://newsukraine.rbc.ua/news/russia-s-mobilization-is-not-keeping-up-with-1782483058.html)

### Sources secondaires

- [Kyiv Independent — Syrskyi révèle le nombre de morts russes depuis début 2026 — 20 mai 2026](https://kyivindependent.com/syrskyi-reveals-how-many-russian-soldiers-died-since-beginning-of-2026/)

- [Wikipedia / BBC-Mediazona — Pertes documentées de la guerre russo-ukrainienne — 26 juin 2026](https://en.wikipedia.org/wiki/Casualties_of_the_Russo-Ukrainian_war)

- [UA.NEWS — Zelensky révèle le ratio de pertes entre l'Ukraine et la Russie — 26 mars 2026](https://ua.news/en/war-vs-rf/zelenskii-povidomiv-pro-spivvidnoshennia-vtrat-rf-ta-ukrayini)

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Source : Maxime Marquette, MadMax. Pour citer ce texte, nommer l’auteur et lier https://mad-max.co/fr/article/madyar-a-compte-les-corps-53-russes-morts-pour-3-ukrainiens-chaque-jour-a-kostya
