# LETTRE OUVERTE : Madame von der Leyen, l'Europe doit choisir entre la Chine et elle-même

> Madame la Présidente, permettez-moi de commencer par un chiffre. En 2025, l'Union européenne a enregistré son plus grand déficit commercial jamais mesuré avec la Chine : 360 milliards d'euros. Un milliard d'euros par jour, tous les jours, pendant toute l'année. Pour la première fois dans l'histoire, chaque État membre de l'UE — tous les vingt-sept — a terminé l'année avec un dé

- Auteur: Maxime Marquette
- Publication: MadMax (https://mad-max.co)
- Rubrique: Lettre ouverte
- Publié: 2026-06-27
- Adresse à citer: https://mad-max.co/fr/article/lettre-ouverte-madame-von-der-leyen-l-europe-doit-choisir-entre-la-chine-et-elle

## Introduction : La lettre que l'Europe n'ose pas écrire à elle-même

### 360 milliards d'euros — un chiffre qui dit tout

Madame la Présidente, permettez-moi de commencer par un chiffre. En **2025**, l'**Union européenne** a enregistré son **plus grand déficit commercial jamais mesuré avec la Chine** : **360 milliards d'euros**. Un milliard d'euros par jour, tous les jours, pendant toute l'année. Pour la première fois dans l'histoire, chaque État membre de l'**UE** — tous les vingt-sept — a terminé l'année avec un déficit commercial envers **Pékin**. Vous l'avez dit vous-même, lors du sommet du **G7** à Évian le **15 juin 2026** : « Ce n'est pas un modèle soutenable. »

Vous avez raison, Madame la Présidente. Et pourtant, l'**Union européenne** s'est séparée du **Conseil européen de Bruxelles** du **19 juin 2026** sans mesures concrètes, sans liste de secteurs protégés, sans mécanisme de réciprocité doté de calendrier. Les dirigeants ont « demandé à la Commission d'explorer des défenses commerciales renforcées ». Merci. Pendant ce temps, les importations chinoises dans l'**UE** ont augmenté de **45 %** en cinq ans. Je prends ma plume — symboliquement — pour vous demander : quand passons-nous de l'analyse à la doctrine ?

### Ce que cette lettre n'est pas

Cette lettre ouverte n'est pas un appel au découplage irresponsable. Elle n'est pas une lettre anti-chinoise. La **Chine** est un partenaire commercial réel, avec des interdépendances que ni l'**Europe** ni **Pékin** ne peuvent ignorer. Elle n'est pas non plus une attaque personnelle contre votre leadership — votre engagement sur ce dossier est réel, votre analyse lucide, et votre volonté de doter l'**Europe** d'outils de défense commerciale plus robustes est légitime.

Cette lettre est un appel à la cohérence entre ce que l'**Europe** dit et ce qu'elle fait. Entre le diagnostic et le remède. Entre la déclaration de **Bruxelles** et la doctrine de réciprocité que nous n'avons pas encore formalisée. Elle est écrite par quelqu'un qui croit profondément que l'**Europe** unie est la meilleure réponse aux défis du siècle — et qui s'inquiète que l'**Europe** soit en train de perdre sa capacité à s'unir sur ce qui compte.

*Je ne suis pas commissaire européen, pas économiste, pas diplomate. Je suis chroniqueur. Et parfois, la distance qu'offre ce rôle permet de voir ce que la proximité du pouvoir obscurcit. Ce que je vois, c'est une Europe qui sait précisément ce qui lui arrive mais qui se retrouve paralysée entre la lucidité du diagnostic et la difficulté d'une prescription douloureuse.*

## Le déficit commercial comme symptôme d'une dépendance structurelle

### 360 milliards ne racontent qu'une partie de l'histoire

Madame la Présidente, le chiffre de **360 milliards d'euros** de déficit commercial est révélateur, mais il ne dit pas tout. Ce que les statistiques d'**Eurostat** montrent également, c'est la nature de ce déficit : en valeur, le déficit a plus que doublé en dix ans, mais en volume, il a été multiplié par **cinq** sur la même période. Cela signifie que nous importons beaucoup plus de marchandises chinoises, dont le prix unitaire a baissé. Ce sont des produits bon marché, massivement subventionnés par l'État chinois, qui entrent à des prix inférieurs à leurs coûts de production — ce que le droit commercial international appelle « dumping » — et qui érodent notre base industrielle.

À la fin du premier trimestre **2026**, le déficit avait déjà atteint **98 milliards d'euros** — le plus élevé depuis le troisième trimestre **2022**. La trajectoire n'est pas une question de conjoncture. C'est structurelle. Les **29 millions d'emplois** que la **Banque centrale européenne** estime « à très haut risque dans les prochains mois en raison du déficit commercial » ne sont pas une métaphore politique. Ce sont des familles, des régions, des économies locales.

### Les dépendances critiques que le chiffre ne montre pas

Au-delà du déficit brut, il y a la question des **dépendances critiques**. Selon l'**Institut Allianz**, l'**Europe** a aujourd'hui environ **400 dépendances critiques** envers la **Chine**, contre **253** en **2016**. Un tiers des importations chinoises en **Europe** concerne des produits pour lesquels nous n'avons pas d'alternative raisonnablement accessible à court terme — terres rares, batteries, certains composants électroniques. Cette dépendance signifie que dans un scénario de tension géopolitique majeure — un conflit à **Taïwan**, par exemple — l'**Europe** ne pourrait pas maintenir son économie à sa capacité actuelle pendant une période prolongée.

Vous avez utilisé l'expression juste : **« de-risking, pas decoupling »**. Mais le de-risking requiert un inventaire précis des risques et un plan de réduction sur un calendrier défini. La question que je vous pose est simple : existe-t-il, quelque part dans les tiroirs de la Commission, un plan avec des objectifs précis de réduction des dépendances critiques, secteur par secteur, avec des jalons et des budgets ? Si oui, pourquoi n'est-il pas public ? Si non, pourquoi ?

*Je vous pose cette question sans malice, Madame la Présidente. La transparence sur ces plans n'est pas un luxe — elle est la condition de la mobilisation des forces qui permettront de les exécuter. Les citoyens européens et les entreprises ont besoin de visibilité pour adapter leurs stratégies. L'opacité de la planification stratégique européenne est elle-même une vulnérabilité.*

## La politique de « de-risking » : belle doctrine, exécution insuffisante

### Depuis 2023, des mots et peu de mesures

Madame la Présidente, depuis votre discours emblématique de **2023** sur le « de-risking » — qui a marqué un vrai tournant dans le positionnement de la Commission sur la **Chine** — que s'est-il passé concrètement ? L'**UE** a imposé des droits de douane sur les véhicules électriques chinois — une mesure bienvenue, mais sur un seul secteur. Elle a lancé **18 enquêtes anti-dumping et anti-subventions** dont **18 ciblent des producteurs chinois** — c'est significatif. Elle a adopté le **Foreign Subsidies Regulation** — un outil utile mais dont la mise en œuvre est encore naissante.

Et dans le même temps, le déficit commercial avec la **Chine** a continué d'augmenter. Les importations chinoises ont continué de croître. Les investissements directs européens en **Chine** — et vice-versa — ont continué de tisser des interdépendances que toute vraie politique de de-risking devra éventuellement traiter. Le décalage entre la rhétorique et les faits économiques n'est pas un problème de communication. C'est un problème de gouvernance.

### Le verrou politique : les 27 qui ne s'accordent pas

Je ne vous apprendrai rien, Madame la Présidente : une partie importante du problème est la difficulté d'unir **27 États membres** autour d'une politique commerciale cohérente envers la **Chine**. L'**Allemagne** — qui a longtemps été la championne du commerce avec **Pékin** — a récemment changé de ton, notamment depuis les déclarations du **chancelier Merz** sur le déficit « pas sain ». Mais les pays plus petits ou plus dépendants des investissements chinois — la **Hongrie** de Orbán en tête — persistent à bloquer les mesures les plus ambitieuses.

La solution institutionnelle n'est pas simple. Mais le **Conseil européen de juin 2026** a donné à la **Commission** un mandat pour développer de nouveaux outils de défense commerciale. C'est un signal. La question est de savoir si la **Commission** va l'utiliser avec la détermination qui s'impose — en proposant des mesures concrètes avant le discours sur l'État de l'Union en **septembre 2026** — ou si elle va l'utiliser pour produire un rapport de plus qui recommandera d'étudier la question.

*Je comprends la complexité politique des 27. Je comprends que forcer l'unanimité sur des mesures protectionnistes contre la Chine peut fracasser des coalitions nécessaires sur d'autres sujets. Mais il y a des moments où le leadership exige de prendre position clairement même quand ce n'est pas confortable. Ce moment, Madame la Présidente, c'est maintenant.*

## Le modèle d'interdépendance actuel est une bombe à retardement

### Les enseignements du gaz russe

Madame la Présidente, l'**Europe** a appris — douloureusement — ce que signifiait dépendre d'une puissance autocratique pour une ressource stratégique. La dépendance au **gaz russe**, construite sur des décennies de calculs économiquement rationnels mais stratégiquement aveugles, s'est transformée en vulnérabilité existentielle quand **Moscou** a décidé d'utiliser l'énergie comme arme après le **24 février 2022**. La transition énergétique forcée de **2022-2023** a coûté des centaines de milliards d'euros à l'économie européenne.

La dépendance à la **Chine** pour les composants industriels critiques, les terres rares, les batteries et certaines technologies de transition énergétique est le **gaz russe du XXIe siècle**. Ce n'est pas une métaphore alarmiste — c'est une analyse structurelle. Si **Pékin** décidait, dans un contexte de tension autour de **Taïwan** ou sur tout autre sujet, d'utiliser ses exportations comme levier de pression, l'**Europe** se trouverait dans une position de vulnérabilité analogue à celle qu'elle a connue avec le gaz. La différence, c'est qu'on ne peut pas remplacer des terres rares chinoises aussi vite qu'on peut ouvrir un terminal de **GNL**.

### Les secteurs les plus à risque

Les secteurs où la dépendance critique envers la **Chine** est la plus aiguë, selon les analyses disponibles, incluent : les **aimants permanents et terres rares** (essentiels pour les moteurs électriques, les éoliennes, et les systèmes de défense), les **batteries pour véhicules électriques** (où la **Chine** contrôle l'ensemble de la chaîne de valeur des matériaux à l'assemblage), les **panneaux solaires** (plus de **80 %** des composants viennent de **Chine**), et certaines **molécules pharmaceutiques actives**. Dans chacun de ces secteurs, une décision politique de **Pékin** de restreindre les exportations créerait une crise immédiate pour l'industrie et la défense européennes.

La **Chine** a d'ailleurs démontré sa volonté d'utiliser ce levier. Les **restrictions chinoises sur les exportations de gallium et de germanium** en **2023**, suivies des restrictions sur le **graphite** en **2024**, ont constitué des avertissements explicites. **Pékin** ne cache pas qu'il dispose de ces instruments. La question est de savoir si l'**Europe** va continuer à les ignorer jusqu'à ce qu'ils soient utilisés contre elle.

*Je me souviens du débat en 2019 sur la dépendance gazière envers la Russie. Les mêmes arguments circulaient : « Les Russes ont besoin de nos euros autant que nous avons besoin de leur gaz. » « L'interdépendance crée la stabilité. » « Le découplage coûterait trop cher. » En février 2022, ces arguments se sont effondrés en quelques jours. Je ne voudrais pas avoir à écrire cet éditorial dans dix ans en disant que la même chose s'est produite avec la Chine.*

## La réciprocité comme doctrine : pourquoi c'est juste et nécessaire

### Le principe fondamental : égalité des armes

Madame la Présidente, la doctrine de réciprocité commerciale n'est pas du protectionnisme — c'est l'application du principe fondamental de **l'égalité des armes dans le commerce international**. L'**UE** offre à la **Chine** un accès à son marché de **450 millions de consommateurs** parmi les plus riches du monde. En retour, les entreprises européennes font face en **Chine** à des barrières tarifaires et non-tarifaires significatives, à des exigences de transfert de technologie, à des restrictions sur la propriété étrangère dans des secteurs stratégiques, et à une concurrence avec des entreprises d'État qui bénéficient de subventions que leurs homologues européens ne peuvent pas égaler.

Ce n'est pas une relation de marché libre — c'est une asymétrie structurelle. La réponse appropriée n'est pas le découplage total, qui serait économiquement coûteux et diplomatiquement contre-productif. La réponse appropriée est de conditionner le maintien de l'accès au marché européen à des **progrès vérifiables** sur l'accès réciproque au marché chinois. Non comme punition, mais comme logique de base : les marchés ouverts méritent des marchés ouverts en retour.

### Les outils existent déjà — il faut les utiliser

L'**UE** dispose déjà d'un arsenal d'instruments commerciaux : les mesures **anti-dumping**, les droits compensateurs, l'**Instrument de défense internationale** (IDS), le **Foreign Subsidies Regulation**, l'**Anti-Coercion Instrument** (ACI). Ces outils ont été développés précisément pour répondre à des situations comme celle-ci. Mais leur utilisation est encore trop timide, trop lente, et trop fragmentée pour constituer une doctrine cohérente de réciprocité.

Ce que nous demandons — ce que beaucoup d'observateurs, d'économistes, et d'industriels européens demandent — n'est pas l'invention de nouveaux outils. C'est leur mobilisation systématique, coordonnée, et rapide dans le cadre d'une stratégie explicite. Donnez-nous la stratégie. Publiez-la. Rendez-la visible. Les citoyens européens et les entreprises ont le droit de savoir comment leur continent entend gérer cette relation commerciale asymétrique.

*Il y a quelque chose d'ironique dans le fait que l'Europe dispose des outils mais hésite à les utiliser, pendant que la Chine utilise les siens sans hésitation — et sans les appeler protectionnisme. La politique industrielle est une pratique normale pour toutes les grandes puissances sauf, semble-t-il, pour l'Union européenne qui a transformé le libre-échange en dogme au point d'oublier qu'il doit être défendu activement.*

## L'enjeu géopolitique : entre commerce et géopolitique

### Le commerce et la guerre en Ukraine

Madame la Présidente, il y a un lien direct entre le déficit commercial de l'**UE** avec la **Chine** et la guerre en **Ukraine**. La **Chine** est le principal partenaire économique de la **Russie** depuis que les sanctions occidentales ont isolé Moscou des marchés financiers et commerciaux internationaux. **Pékin** achète le pétrole et le gaz russes que les **Européens** ont cessé d'importer. Il fournit à la **Russie** les biens à double usage dont son économie de guerre a besoin. Il maintient en vie une économie russe que les sanctions auraient dû faire suffoquer.

En continuant à enrichir **Pékin** à hauteur d'un milliard d'euros par jour, l'**Europe** finance indirectement l'économie qui soutient la machine de guerre russe. Je pose la question directement : l'**UE** a-t-elle jamais calculé précisément quel pourcentage de ses dépenses de défense supplémentaires en soutien à l'**Ukraine** sont compensées par les revenus que la **Chine** retire de son commerce avec l'**Europe** et reverse à la **Russie** ? La réponse m'intéresserait.

### Xi Jinping et les puissances moyennes

En juin **2026**, plus d'une douzaine de dirigeants mondiaux ont fait le déplacement à **Pékin** pour rencontrer **Xi Jinping**. Ces visites — du nouveau premier ministre bangladais **Tarique Rahman** au **premier ministre canadien Mark Carney** — s'inscrivent dans une stratégie délibérée de **Xi** pour repositionner la **Chine** comme pôle d'attraction alternatif pour les « puissances moyennes » qui cherchent à naviguer dans un monde où l'**Amérique** de **Trump** est moins prévisible. Cette stratégie fonctionne partiellement à cause des faiblesses de la réponse occidentale.

Si l'**Europe** veut rester un pôle attractif pour ces mêmes puissances moyennes — et pour les nations du **Sud Global** — elle doit offrir une alternative crédible, pas seulement une rhétorique de valeurs. La crédibilité de cette alternative passe en partie par la démonstration que l'**Europe** gère sa propre relation avec la **Chine** avec intelligence et fermeté, plutôt que de subir l'asymétrie sans y répondre.

*Il y a une profonde ironie à voir des dirigeants de pays en développement choisir Pékin comme partenaire préféré non pas par adhésion à l'autoritarisme chinois, mais par désillusion envers une Europe qui dit beaucoup et fait peu. L'attraction de la Chine est en partie le reflet de notre propre manque de détermination.*

## Ce que la réciprocité devrait concrètement signifier

### Trois piliers d'une doctrine de réciprocité

Madame la Présidente, permettez-moi de proposer trois piliers concrets pour une doctrine de réciprocité commerciale avec la **Chine**. Premier pilier : **l'accès conditionnel**. Les marchés publics européens, les grands contrats d'infrastructure, et les appels d'offres dans les secteurs stratégiques devraient être conditionnels à l'accès équivalent des entreprises européennes aux marchés publics chinois. Ce principe de réciprocité simple est déjà appliqué par certains États membres de façon ad hoc — il devrait devenir une politique commune.

Deuxième pilier : **la transparence des subventions**. Le **Foreign Subsidies Regulation** européen est un outil prometteur, mais son application doit être accélérée et systématisée pour couvrir tous les secteurs où des entreprises chinoises bénéficiant de subventions d'État participent à des appels d'offres européens. Troisième pilier : **la diversification active**. L'**UE** doit financer activement des chaînes d'approvisionnement alternatives pour les **400 dépendances critiques** identifiées — avec des budgets, des délais, et des responsabilités clairs. Ce n'est pas du luxe stratégique. C'est de la sécurité nationale.

### Ce que la réciprocité n'est pas

La réciprocité n'est pas du protectionnisme aveugle. Nous ne cherchons pas à fermer nos marchés à toutes les marchandises chinoises — cela serait économiquement irrationnel et diplomatiquement suicidaire. Nous cherchons à corriger une asymétrie qui n'est pas le résultat d'un marché libre mais d'un système délibérément conçu pour favoriser les exportateurs chinois au détriment des producteurs européens. Distinguer la concurrence équitable de la compétition déloyale n'est pas du nationalisme économique — c'est du bon sens commercial.

La réciprocité n'est pas non plus un isolement de la **Chine**. L'**Europe** a besoin de la **Chine** pour des enjeux globaux — le **changement climatique**, la régulation de l'**IA**, la prévention des pandémies. Couper les ponts diplomatiques avec **Pékin** serait une erreur. Ce que nous demandons, c'est de gérer la relation commerciale avec la fermeté que sa dimension économique requiert, tout en maintenant les canaux diplomatiques nécessaires sur les enjeux planétaires.

*Il y a une conversation que l'Europe a du mal à tenir : comment être ferme sur le commerce avec la Chine sans déclencher une guerre commerciale qui nous coûterait plus cher qu'elle ne lui coûterait ? Je n'ai pas de réponse facile. Mais je sais que la peur de cette guerre commerciale ne peut pas être une raison de renoncer à défendre nos intérêts fondamentaux.*

## Le calendrier politique : la fenêtre se referme

### Septembre 2026 : le discours sur l'État de l'Union

Madame la Présidente, votre **discours sur l'État de l'Union en septembre 2026** représente une fenêtre d'opportunité politique majeure. C'est le moment où vous pouvez annoncer non pas une étude de plus, mais une **doctrine commerciale europé**enne claire, avec des secteurs prioritaires, des mécanismes de mise en œuvre, et un calendrier. Ce serait un signal fort aux entreprises européennes, aux États membres, à nos partenaires commerciaux, et à **Pékin** lui-même : l'**Europe** a décidé de gérer cette relation avec sérieux.

Le timing politique est favorable. Le **Conseil européen** vous a donné un mandat. L'opinion publique européenne est, selon les sondages disponibles, largement favorable à une posture plus ferme envers la **Chine**. Même les milieux d'affaires, longtemps opposés à toute mesure susceptible de perturber les relations commerciales sino-européennes, commencent à comprendre que l'environnement actuel est insoutenable. La fenêtre d'opportunité politique est là. Elle ne restera pas ouverte indéfiniment.

### Ce qui se passera si l'Europe ne choisit pas

Si l'**Europe** ne formule pas une doctrine claire de réciprocité dans les prochains mois, voici ce qui va probablement se produire. Le déficit commercial avec la **Chine** va continuer d'augmenter. Des secteurs industriels européens supplémentaires vont subir la concurrence déloyale des exportateurs chinois subventionnés. Les pressions sur les États membres pour agir unilatéralement vont s'intensifier, menant à une fragmentation de la réponse européenne. Et la **Chine** — qui ne manque pas de stratèges à long terme — va continuer d'approfondir ses dépendances pour les rendre plus difficiles à démanteler.

L'histoire économique montre que les asymétries structurelles ne se résolvent pas d'elles-mêmes. Elles s'accumulent jusqu'au point de rupture — qui prend alors la forme d'une crise plutôt que d'une transition planifiée. L'**Europe** a encore la possibilité de gérer cette transition de façon ordonnée. Cette possibilité existe aujourd'hui. Elle n'existera pas toujours.

*Je ne suis pas catastrophiste par nature. Mais l'expérience de la dépendance gazière envers la Russie a appris à beaucoup d'Européens qu'il vaut mieux prévenir que guérir dans les dépendances stratégiques. Cette leçon, si durement apprise, mérite d'être appliquée avant que la prochaine crise force la main plutôt que la tête.*

## L'enjeu pour les citoyens européens

### Les emplois industriels en première ligne

Madame la Présidente, derrière les chiffres macro-économiques se trouvent des travailleurs. Les **29 millions d'emplois** que la **BCE** estime à risque ne sont pas des statistiques abstraites — ce sont des usines dans les **Midlands** britanniques qui ferment face aux voitures électriques chinoises moins chères, des aciéries en **Allemagne** sous pression des aciers subventionnés, des fabricants de panneaux solaires en **Espagne** et en **Italie** qui ne peuvent pas concurrencer les prix chinois. Ce sont des votes populistes qui se forment dans ces vallées industrielles, et qui finissent par éroder la coalition pro-européenne si les institutions européennes ne montrent pas qu'elles défendent les intérêts de leurs citoyens.

La crise du populisme en **Europe** n'est pas étrangère à la mondialisation non gérée. Les forces nationalistes qui cherchent à fragiliser le projet européen se nourrissent du sentiment que **Bruxelles** protège les intérêts des grandes entreprises et des traités de libre-échange plutôt que ceux des travailleurs. Démontrer que l'**Union européenne** est capable de défendre ses intérêts commerciaux de façon ferme et efficace est aussi une façon de défendre le projet européen contre ses adversaires internes.

### Le consommateur européen face à des prix bas qui cachent des coûts élevés

Il y a un argument fréquent contre les mesures de réciprocité commerciale : les consommateurs bénéficient des prix bas des importations chinoises. C'est vrai à court terme. Un **panneau solaire chinois** à **100 euros** est moins cher qu'un **panneau européen** à **200 euros**. Un **véhicule électrique chinois** à **25 000 euros** est moins cher que son équivalent européen à **40 000 euros**. Mais ces prix bas cachent des coûts que le consommateur paie autrement : par les impôts qui financent les aides aux industries menacées, par le chômage dans les régions désindustrialisées, et par la vulnérabilité stratégique d'une économie qui a perdu sa capacité à produire des biens essentiels.

Le calcul économique complet — qui intègre les externalités sociales et stratégiques — ne penche pas aussi clairement en faveur du libre-échange avec une **Chine** qui ne joue pas selon les règles du marché libre. L'**Europe** a le droit — et la responsabilité — de faire ce calcul complet et d'agir en conséquence.

*Je reconnais la tension réelle entre protéger les consommateurs à court terme et protéger les industries stratégiques à long terme. Il n'y a pas de solution sans coût. Mais le coût de l'inaction — la perte des capacités industrielles, la dépendance stratégique croissante — me semble bien supérieur au coût d'une transition gérée vers une réciprocité commerciale effective.*

## L'Europe et la Chine : le dialogue qui doit avoir lieu autrement

### Parler fermement ne signifie pas ne pas parler

Madame la Présidente, une doctrine de réciprocité commerciale doit s'accompagner d'un dialogue diplomatique soutenu avec **Pékin**. Ces deux éléments ne sont pas contradictoires — ils se renforcent mutuellement. La **Chine** respecte les partenaires qui connaissent leurs intérêts et les défendent clairement. Elle navigue habilement dans les ambiguïtés et les hésitations occidentales. Une position européenne claire, cohérente, et maintenue dans la durée est plus susceptible d'aboutir à des concessions chinoises qu'une posture vague qui oscille entre engagement et menace.

Le sommet **UE-Chine** de **juillet 2025** à **Pékin**, que vous avez décrit comme « un point d'inflexion », a montré la possibilité d'un dialogue direct sur les déséquilibres commerciaux. Ce dialogue doit se poursuivre, mais avec des résultats concrets mesurables. Le « de-risking » ne peut pas rester un concept — il doit se traduire en engagements mutuels sur l'accès aux marchés, les subventions d'État, et la propriété industrielle.

### La coordination avec les partenaires : G7 et au-delà

L'**Europe** ne doit pas agir seule. La coordination avec les **États-Unis**, le **Japon**, le **Canada**, et les autres membres du **G7** est essentielle pour maximiser l'impact des politiques de réciprocité. Le **G7 d'Évian** de **juin 2026** a mis les déséquilibres économiques mondiaux — dont le déséquilibre avec la **Chine** — à l'ordre du jour. C'est un début.

Mais la coordination avec l'**Amérique de Trump** a ses limites et ses risques propres. Sous **Trump**, les **États-Unis** cherchent aussi à défendre leurs propres intérêts industriels — parfois aux dépens des alliés européens, comme en témoignent les menaces de tarifs à **100 %** sur les taxes numériques européennes. L'**Europe** doit construire sa propre politique vis-à-vis de la **Chine**, avec les **États-Unis** quand c'est possible, seule quand c'est nécessaire. La souveraineté économique européenne ne peut pas être sous-traitée à **Washington**.

*La relation transatlantique est essentielle, mais elle ne peut pas être notre seule réponse à la montée en puissance chinoise. L'Europe doit avoir sa propre doctrine, ses propres outils, ses propres lignes rouges. Pas contre les États-Unis — mais indépendamment d'eux. C'est ce que la souveraineté stratégique exige.*

## La souveraineté technologique : le dossier le plus urgent

### L'IA, les puces, et la dépendance numérique

Madame la Présidente, parmi tous les domaines de dépendance envers la **Chine**, la **technologie numérique** est peut-être la plus urgente. Alors que **Pékin** bâtit une grille nationale de centres de données IA de **295 milliards de dollars** avec **80 % de puces domestiques**, l'**Europe** ne dispose pas d'un champion national dans les processeurs d'**IA**. L'initiative **European Chips Act**, avec ses **43 milliards d'euros**, est un début — mais les délais industriels signifient que les premières usines ne seront pas pleinement opérationnelles avant la fin de la décennie.

Le risque est que pendant cette fenêtre de vulnérabilité, l'infrastructure numérique de **l'Europe** soit construite sur des fondements qui créent des dépendances difficiles à démanteler. Les câbles sous-marins, les équipements de réseaux, les serveurs de données : autant de domaines où les choix de fournisseurs faits aujourd'hui auront des conséquences stratégiques sur dix ans. L'**UE** doit appliquer à ces secteurs la même rigueur de souveraineté qu'elle applique maintenant, tardivemert, à l'énergie.

### La protection des données comme enjeu de souveraineté

L'**UE** a établi avec le **RGPD** un cadre de protection des données personnelles qui est l'un des plus rigoureux au monde. C'est une fierté légitime. Mais le défi de la souveraineté des données va au-delà de la protection des données personnelles — il concerne la localisation des données économiques, industrielles et gouvernementales dans des infrastructures qui ne sont pas contrôlées par des acteurs soumis à des législations extraterritoriales incompatibles avec le droit européen. **Pékin** exige que les données générées en **Chine** y restent — il est temps que l'**Europe** exige la même chose pour ses données stratégiques.

La mise en œuvre d'un **cloud européen souverain** — un projet qui avance encore trop lentement — est une condition de la souveraineté numérique européenne. Les entreprises et les administrations qui stockent leurs données sensibles dans des infrastructures dépendantes de législations étrangères créent des vulnérabilités que nos adversaires — la **Chine** et la **Russie** en tête — savent exploiter.

*L'Europe a créé le RGPD — et c'est bien. Mais la protection des données personnelles n'est que la partie visible de l'iceberg de la souveraineté numérique. L'enjeu plus profond est de savoir qui contrôle l'infrastructure sur laquelle notre économie et notre démocratie reposent. Sur ce point, nous avons encore beaucoup de chemin à faire.*

## La politique d’investissement étranger : quand Pékin achète ce que l’Europe ne protège pas

### Les acquisitions stratégiques chinoises en Europe : un bilan inquiétant

Madame la Présidente, permettez-moi de citer quelques chiffres que vos services connaissent mieux que moi. Entre 2015 et 2025, les investissements directs chinois en Europe ont totalisé près de **300 milliards d’euros**, selon les données du groupe de réflexion **Rhodium Group**. Une part significative de ces investissements a visé des secteurs stratégiques : **robotique industrielle**, **semi-conducteurs**, **médecine de précision**, **intelligence artificielle**. Ces achats ne sont pas des opérations financières ordinaires. Ce sont des transferts de savoir-faire et d’infrastructure vers une puissance rivale.

Le mécanisme européen de filtrage des investissements étrangers, adopté en 2019, a représenté un progrès réel. Mais il est insuffisant. Il est facultatif pour les États membres. Il est incomplet dans ses définitions sectorielles. Et il n’est pas rétroactif. Des entreprises clés — comme **Kuka** en Allemagne ou **Pirelli** en Italie — sont passées sous contrôle chinois avant même que ce mécanisme n’existe. Le cheval est sorti. La écurie n’a toujours pas de verrou solide.

### Le retrait progressif des capacités industrielles européennes

Au-delà des acquisitions directes, le phénomène plus insidieux est la délocalisation progressive de capacités industrielles vers la Chine. L’industrie automobile européenne en est l’exemple le plus frappant : les constructeurs allemands, français et italiens ont investi massivement en Chine pour y produire localement. Ils ont formé des partenaires locaux. Ils ont transféré de la technologie. Et aujourd’hui, ces partenaires deviennent leurs concurrents sur les marchés tiers.

C’est le paradoxe de la stratégie industrielle européenne des vingt dernières années : en cherchant à bénéficier du marché chinois, nos entreprises ont contribué à créer les champions qui les défient aujourd’hui. **BYD**, **CATL**, **Xiaomi** n’ont pas surgi du néant. Ils ont absorbé, adapté et amélioré ce que l’Europe leur a enseigné.

*Il n’y a pas de coupable unique dans cette histoire. Les entreprises européennes ont pris des décisions rationnelles dans un contexte de libre échange mondial. Le résultat est une vulnérabilité stratégique construite à coups de décisions individuellement rationnelles. C’est la tragédie des communs appliquée à la géopolitique.*

## Le modèle de gouvernance chinois comme défi systémique pour les démocraties européennes

### La compétition des systèmes : démocratie contre capitalisme d’État

Madame la Présidente, il faut nommer clairement ce qui est en jeu. Ce n’est pas seulement une guerre commerciale. C’est une **compétition entre deux modèles de gouvernance**. Le modèle chinois — capitalisme d’État, planification stratégique à long terme, mobilisation nationale des ressources — a produit en quarante ans le développement économique le plus rapide de l’histoire humaine. Ce n’est pas le hasard. C’est une méthode.

Nos démocraties ont leurs forces propres : liberté d’innover, marchés dynamiques, État de droit, créativité individuelle. Mais elles ont aussi leurs faiblesses structurelles dans cette compétition : cycles électoraux courts, incapacité à planifier sur trente ans, fragmentation décisionnelle entre vingt-sept États membres. La Chine joue aux échecs pendant que nous jouons au football. Pas la même temporalité.

### La défense des droits humains comme composante stratégique

L’Europe tend à traiter la question des **droits humains en Chine** comme un enjeu séparé de la stratégie économique. C’est une erreur analytique. Le maintien d’une main-d’œuvre privée de droits syndicaux, d’une société civile étouffée, d’une presse sous contrôle étatique constitue un **avantage concurrentiel structurel** pour le capitalisme d’État chinois. Ce n’est pas de la morale. C’est de l’économie politique.

Exiger des progrès sur les droits humains dans les négociations commerciales n’est pas une position idéaliste. C’est une position stratégique cohérente avec les intérêts européens à long terme. Un système économique basé sur la coercition produit des biens à des prix que le travail libre ne peut pas concurrencer sans s’aligner sur la même coercition. Et ce n’est pas l’Europe que nous voulons bâtir.

*Madame la Présidente, la défense des droits humains et la stratégie économique ne sont pas deux langages différents. Ce sont deux dimensions d’un même combat pour un ordre mondial où les sociétés libres peuvent procéder sans subventionner leur propre défaite.*

## La voie européenne : une politique industrielle ambitieuse comme seule réponse cohérente

### Le New Deal industriel européen : conditions de succès

Ce dont l’Europe a besoin n’est pas une réaction. C’est une **vision industrielle**. Les États-Unis ont compris cela avec l’**Inflation Reduction Act** et le **CHIPS Act**. Ces lois signalent aux entreprises et aux investisseurs une direction stratégique claire et durable. L’Europe a besoin de l’équivalent européen : un **Chips and Science Act européen**, un **Industrial Policy Act**, un **Data Sovereignty Framework** avec de véritables mécanismes d’exécution.

Ces instruments ne sont pas du protectionnisme. Ils sont une réponse symétrique à ce que la Chine pratique depuis trente ans avec succès. L’Europe n’a pas à copier le modèle chinois. Elle doit créer son propre modèle de **capitalisme organisé démocratique** — qui concilie marché, planification stratégique et libertés fondamentales.

### La solidarité européenne comme condition sine qua non

Madame la Présidente, aucune de ces politiques ne pourra réussir si les vingt-sept États membres continuent de négocier bilatéralement avec Pékin. La **Hongrie** qui accueille des investissements chinois sans transparence, l’**Allemagne** qui protège ses exportateurs automobiles au détriment de la stratégie commune : ces décisions nationales minent la stratégie collective. La Chine le sait. Elle utilise cette fragmentation comme arme de négociation.

La **solidarité stratégique européenne** n’est pas un idéal philosophique. C’est une condition de survie économique. Pékin négocie avec l’Europe comme si elle était vingt-sept pays. L’Europe doit négocier comme si elle était un seul. Ce n’est pas une ambition. C’est une nécessité.

*Il y a quelque chose de profondément frustrant dans le spectacle d’une Europe qui diagnostique correctement ses problèmes depuis des années sans jamais parvenir à les résoudre. Les rapports Draghi, Letta, les discours de la Sorbonne… les mots sont là. Il manque la volonté politique de les transformer en actes contraignants.*

*Madame la Présidente, j’écris cette lettre sans illusions sur la politique institutionnelle. Mais j’écris avec la conviction que les mots ont un poids, que les pressions publiques ont un effet, et que l’histoire retiendra qui, dans ce moment décisif, a eu le courage d’appeler les choses par leur nom.*

## Le moment de la décision, Madame la Présidente

### Ce que l'histoire jugera

Madame la Présidente, vous avez hérité d'une commission dans un moment de vérité pour le projet européen. La **guerre en Ukraine** a démontré que l'**Europe** pouvait, quand elle le voulait, agir avec une unité et une détermination que ses critiques niaient. Le défi chinois est d'une nature différente — pas une urgence militaire immédiate, mais une érosion lente et systémique qui exige une réponse soutenue sur le long terme.

L'histoire jugera votre mandat sur plusieurs critères. Mais sur le dossier chinois, elle posera cette question : en juin **2026**, quand le déficit atteignait **360 milliards d'euros** par an et les dépendances critiques **400**, la Commission européenne a-t-elle formulé une doctrine claire de réciprocité et les outils pour l'appliquer ? Ou a-t-elle produit un rapport de plus recommandant d'étudier la question ?

### L'appel final

Je terminerai cette lettre par ce que j'espère en avoir fait : un appel à l'action, pas un réquisitoire. L'**Europe** a les institutions, les ressources, et le poids économique pour gérer sa relation avec la **Chine** de façon à la fois ferme et constructive. Ce qu'elle manque parfois, c'est la volonté politique de mobiliser ces atouts de façon cohérente et visible. C'est cette volonté que vous avez le pouvoir d'incarner. Le **déficit de 360 milliards** n'attend pas. Les dépendances critiques ne se réduisent pas seules. La fenêtre d'action est ouverte. Passez-la.

**Signé Maxime Marquette, chroniqueur**

## Encadré de transparence du chroniqueur

### Positionnement éditorial

Je ne suis pas journaliste, mais **chroniqueur et analyste**. Mon expertise réside dans l'observation et l'analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.

Je ne prétends pas à l'objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. **Je prétends à la lucidité analytique**, à l'interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d'offrir une lecture critique des événements.

### Méthodologie et sources

Ce texte respecte la distinction fondamentale entre **faits vérifiés et analyses interprétatives**. La règle de méthode est constante : une information factuelle n'est publiée que si une source vérifiable la porte, et les sources effectivement utilisées par cet article sont listées sous **Sources**, jamais ici.

**Familles de sources primaires** retenues par la publication, quand le dossier en comporte : communiqués officiels des gouvernements et institutions internationales, déclarations publiques des dirigeants politiques, rapports d'organisations intergouvernementales, dépêches d'agences de presse internationales reconnues.

**Familles de sources secondaires** : publications spécialisées, médias d'information reconnus internationalement, analyses d'institutions de recherche établies, rapports d'organisations sectorielles.

Quand un article cite des données statistiques, économiques ou géopolitiques, elles proviennent d'institutions productrices de données (organisations intergouvernementales, banques centrales, instituts statistiques nationaux), et l'institution exacte est nommée sous **Sources**.

### Nature de l'analyse

Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une **synthèse critique et contextuelle** basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d'experts cités dans les sources consultées.

Mon rôle est d'interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et économiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l'observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs globaux.

Cet article décrit un état documenté à sa date de publication, et non une prédiction : une évolution ultérieure peut en déplacer les perspectives. Aucune mise à jour n'est promise d'avance; lorsqu'un article est corrigé ou complété, la modification est datée dans le texte.

## Sources

### Sources primaires

- [EU trade relations with China — Commission européenne (Eurostat) — 24 juin 2026](https://policy.trade.ec.europa.eu/eu-trade-relationships-country-and-region/countries-and-regions/china_en)

- [EU recorded a record trade deficit with China of 360 billion euros — von der Leyen — UNN — 15 juin 2026](https://unn.ua/en/news/eu-recorded-a-record-trade-deficit-with-china-of-360-billion-euros-von-der-leyen)

- [EU leaders poised for battle — Euronews — 19 juin 2026](https://www.euronews.com/my-europe/2026/06/19/newsletter-eu-leaders-poised-for-battle-over-cash)

### Sources secondaires

- [EU leaders stop short of China trade crackdown — Brussels Signal — 19 juin 2026](https://brusselssignal.eu/2026/06/eu-leaders-stop-short-of-china-trade-crackdown-despite-mounting-deficit/)

- [EU looks to bolster trade defences as China threatens key sectors — Straits Times — 29 mai 2026](https://www.straitstimes.com/world/europe/eu-looks-to-bolster-defences-as-china-threatens-key-sectors)

- [Xi Jinping hosts world leaders, middle powers look beyond the US — The Guardian — 26 juin 2026](https://www.theguardian.com/world/2026/jun/26/xi-jinping-china-host-of-world-leaders-middle-powers)

- [Europe Trade Analysis — Allianz Economic Research — février 2026](https://www.allianz.com/content/dam/onemarketing/azcom/Allianz_com/economic-research/publications/specials/en/2026/february/2026_02_24_EuropeTrade.pdf)

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Source : Maxime Marquette, MadMax. Pour citer ce texte, nommer l’auteur et lier https://mad-max.co/fr/article/lettre-ouverte-madame-von-der-leyen-l-europe-doit-choisir-entre-la-chine-et-elle
