# LETTRE OUVERTE : Macron, Merz, Starmer — l'Europe doit dire non au désengagement américain sur l'Ukraine

> Le 24 juin 2026, les dirigeants des cinq plus grandes puissances européennes se sont réunis à Berlin dans le format dit E5 : le chancelier allemand Friedrich Merz, le président français Emmanuel Macron, la première ministre italienne Giorgia Meloni, le premier ministre polonais Donald Tusk, et le premier ministre britannique Keir Starmer. Ils ont confirmé collectivement leur en

- Auteur: Maxime Marquette
- Publication: MadMax (https://mad-max.co)
- Rubrique: Lettre ouverte
- Publié: 2026-06-29
- Adresse à citer: https://mad-max.co/fr/article/lettre-ouverte-macron-merz-starmer-l-europe-doit-dire-non-au-desengagement-ameri

## Introduction : Berlin, juin 2026 — cinq dirigeants, une promesse

### Le format E5 : une réponse structurée à Trump

Le **24 juin 2026**, les dirigeants des cinq plus grandes puissances européennes se sont réunis à **Berlin** dans le format dit **E5** : le chancelier allemand **Friedrich Merz**, le président français **Emmanuel Macron**, la première ministre italienne **Giorgia Meloni**, le premier ministre polonais **Donald Tusk**, et le premier ministre britannique **Keir Starmer**. Ils ont confirmé collectivement leur engagement à continuer de soutenir l'**Ukraine** et à « présenter un front uni au sommet de l'OTAN à Ankara ».

Cette réunion n'est pas un geste symbolique de plus. Elle s'inscrit dans un contexte précis : la politique américaine envers l'**Ukraine** reste ambiguë sous **Donald Trump**, et l'**Europe** est en train de construire une architecture de soutien à **Kyiv** qui ne peut pas attendre les humeurs de la **Maison Blanche**. Le format **E5** est l'expression institutionnelle de cette réalité : quand **Washington** vacille, **Berlin**, **Paris**, **Londres**, **Rome** et **Varsovie** doivent tenir.

### Macron et la convergence avec Washington

Ce qui a retenu l'attention, c'est la déclaration de **Macron** : « après le sommet du G7, il y a une convergence des positions entre les **États-Unis** et les partenaires européens ». C'est un signal positif — et intentionnellement mesuré. Après le **G7 d'Évian**, où **Trump** et **Zelensky** se sont rencontrés et où les alliés ont remis l'**Ukraine** en tête de l'agenda américain, l'ambiance est moins hostile qu'elle ne l'était quelques semaines plus tôt.

Mais « convergence » n'est pas « alignement ». L'**Europe** doit se souvenir que les positions de **Trump** fluctuent — parfois en quelques heures. La leçon de ces deux dernières années est que le soutien européen à l'**Ukraine** doit être construit sur des bases structurelles — des engagements légaux, des financements pluriannuels, des livraisons d'armes à long terme — qui ne peuvent pas être remis en question par un tweet ou une déclaration improvisée de **Mar-a-Lago**.

*Je m'adresse aux dirigeants réunis à Berlin : la convergence momentanée avec Trump ne suffit pas. L'Ukraine a besoin de certitudes, pas de convergences. Elle a besoin de contrats d'armements, pas de communiqués. Et elle a besoin que l'Europe soit en mesure d'agir seule si Washington décide, demain matin, de changer de cap à nouveau.*

## Ce que Merz a dit — et ce qu'il faut maintenant faire

### Le signal clair à envoyer à Moscou

Le chancelier **Merz** a déclaré que les alliés avaient l'intention « d'envoyer un signal clair à la **Russie** concernant la poursuite de l'aide à **Kyiv** ». Il a ajouté que **Moscou** « doit comprendre que le moment est venu de revenir aux négociations, sur la base de la force de l'**Ukraine** et de ses partenaires ». Ces mots sont bien choisis — et ils contiennent un message précis : il n'y aura pas de paix dictée par la **Russie**. Il y aura une paix négociée depuis une position de force ukrainienne et occidentale.

**Merz** a également détaillé cinq signaux clés que les pays européens comptent transmettre au sommet de l'**OTAN d'Ankara** : soutien à une Alliance forte et unie, augmentation des dépenses de défense, renforcement de la coopération transatlantique, et soutien à long terme à l'**Ukraine**. Ces cinq points forment une doctrine européenne cohérente — qui mérite d'être soutenue non seulement en paroles, mais en actes concrets.

### Tusk : la solidarité polonaise comme ancre de l'est européen

La présence de **Donald Tusk** au format **E5** est particulièrement significative. La **Pologne** est le pays qui a le plus à perdre d'une défaite ukrainienne — géographiquement, stratégiquement, historiquement. Elle consacre maintenant plus de **4 % de son PIB** à la défense, le plus haut pourcentage de l'**OTAN**. Elle a accueilli des centaines de milliers de réfugiés ukrainiens. Elle fournit des armes, du soutien logistique, un accès à ses ports et à ses infrastructures. **Tusk** a dit l'essentiel : « **La Pologne n'abandonnera pas son soutien à Kyiv malgré les disputes entre les deux pays**, et il appelle à maintenir l'unité de la communauté européenne et transatlantique face à la menace russe. »

Cette déclaration a d'autant plus de poids que les relations polono-ukrainiennes traversent des tensions historiques et politiques — notamment sur des questions d'histoire mémorielle complexes. Le fait que **Tusk** choisisse explicitement de les mettre de côté pour affirmer la solidarité avec **Kyiv** est un acte de statesmenship rare dans le paysage politique actuel.

*Tusk dit que la Pologne ne lâchera pas l'Ukraine malgré les disputes. Merz dit que la Russie doit négocier depuis la force ukrainienne. Macron dit qu'il y a convergence avec Washington. Ce sont de bonnes paroles. Ma question est simple : combien de missiles supplémentaires, de munitions, de systèmes d'artillerie ont été mis en route vers l'Ukraine depuis Berlin ce soir-là ?*

## Ce que l'Europe doit comprendre sur la nature de ce conflit

### La guerre d'Ukraine est la guerre de sécurité de l'Europe

J'écris cette lettre ouverte avec une conviction qui n'a pas varié depuis **2022** : la guerre en **Ukraine** n'est pas la guerre de l'**Ukraine**. C'est la guerre de sécurité de l'**Europe**. Si la **Russie** gagnait en **Ukraine** — si elle parvenait à imposer un accord de paix qui lui permette de consolider ses gains territoriaux, d'absorber le **Donbas** et la **Crimée**, et de maintenir une armée en mesure de frapper à nouveau dans quelques années — ce serait l'**Europe** qui paierait le prix suivant.

Les **États baltes**, la **Pologne**, la **Finlande**, la **Suède** — ces pays qui ont récemment rejoint ou renforcé leur position dans l'**OTAN** — le savent. Leurs planifications militaires intègrent ce scénario comme une probabilité, pas comme une hypothèse d'école. La défense de l'**Ukraine** est donc, concrètement, la défense du flanc oriental de l'**OTAN**. Et tout ce qui affaiblit l'**Ukraine** affaiblit l'**OTAN**.

### L'autonomie stratégique européenne : maintenant ou jamais

Cette guerre a aussi mis en lumière quelque chose que beaucoup de dirigeants européens refusaient d'admettre : la dépendance européenne envers les **États-Unis** pour la sécurité collective est structurellement risquée. Quand **Washington** décide de réduire son soutien — pour des raisons politiques internes qui n'ont rien à voir avec la sécurité européenne — l'**Europe** se retrouve dans une position de vulnérabilité inacceptable.

La réponse n'est pas l'anti-américanisme — les **États-Unis** restent un allié indispensable. La réponse est l'**autonomie stratégique** : développer des capacités européennes de défense suffisamment robustes pour que l'**Europe** puisse agir indépendamment si nécessaire. Les missiles britanniques **Crossbow**, **Tigershark** et **SkyLance** — délibérément conçus sans composants américains — sont un symbole de cette orientation. **Eurosatory 2026** en a montré les progrès et les lacunes. **Berlin** doit en être le catalyseur politique.

*L'Europe a mis trente ans à construire sa dépendance sécuritaire aux États-Unis. Elle ne la défaira pas en trente mois. Mais elle peut commencer maintenant — avec des décisions concrètes, des budgets réels, des industries mobilisées. La réunion de Berlin était un signal. La question est de savoir si ce signal devient un programme.*

## Les cinq demandes que j'adresse aux dirigeants de l'E5

### Première demande : des engagements pluriannuels contraignants

Le soutien à l'**Ukraine** doit être structuré en **engagements pluriannuels contraignants** — des traités bilatéraux, des accords d'armements à long terme, des facilités de financement de l'**UE** qui ne peuvent pas être remis en question par un changement de gouvernement dans un pays membre. Le modèle des accords de sécurité de **dix ans** signés par plusieurs pays européens avec l'**Ukraine** en **2024** est le bon. Il doit être étendu et renforcé.

Ces engagements ne sont pas seulement une garantie pour l'**Ukraine** — ils sont un signal clair à **Moscou** que le soutien occidental ne faiblit pas avec le temps. La **Russie** parie sur la lassitude occidentale. Des engagements pluriannuels contraignants démontrent que ce pari est perdu.

### Deuxième demande : des munitions maintenant, pas dans cinq ans

L'**Ukraine** consomme des munitions à une cadence que les arsenaux européens peinent à suivre. Les décisions d'investissement dans les capacités de production de **munitions d'artillerie**, de **missiles air-sol**, de **systèmes de défense aérienne** prises depuis **2022** doivent se traduire en livraisons concrètes le plus vite possible. Chaque mois de délai se traduit en vies perdues sur le front. Les dirigeants de l'**E5** doivent exercer une pression réelle sur leurs industries de défense respectives pour accélérer les cadences de production et de livraison.

**Troisième demande** : intégrer les leçons ukrainiennes dans les programmes de développement d'armes européens. Des officiers ukrainiens, des ingénieurs militaires, des opérateurs de systèmes d'armes doivent être systématiquement consultés dans les processus de développement des industriels de défense européens. Ce n'est pas de la charité — c'est de l'intelligence stratégique.

*Cinq demandes pour cinq dirigeants. Des engagements contraignants. Des munitions maintenant. Des leçons ukrainiennes intégrées. Un fonds européen de reconstruction. Et une voix ukrainienne dans les décisions de paix. Ce ne sont pas des exigences idéalistes — ce sont les conditions minimales d'une politique européenne cohérente envers la guerre qui se joue à ses portes.*

## La question de la paix : les conditions non négociables

### Quatrième demande : aucune paix sans garanties de sécurité réelles

La tentation d'une paix rapide — même insuffisante — est compréhensible. Les populations européennes sont fatiguées. Les budgets de défense creusent des déficits. Les élections approchent partout. Mais une paix qui gèlerait les lignes actuelles de contact, permettrait à la **Russie** de conserver ses territoires conquis, et laisserait l'**Ukraine** sans garanties de sécurité contraignantes serait une catastrophe à terme. Ce serait une répétition des **Accords de Minsk** — une pause pour permettre à **Moscou** de se réarmer.

Les conditions minimales d'une paix acceptable doivent inclure : des **garanties de sécurité** équivalentes à une adhésion à l'**OTAN** ou à un accord bilatéral de défense collective, une **feuille de route** pour la restauration de l'intégrité territoriale ukrainienne, des **réparations russes** pour la reconstruction de l'**Ukraine**, et des **mécanismes de vérification** robustes pour tout cessez-le-feu. Sans ces conditions, toute paix n'est qu'une prochaine guerre en préparation.

### Cinquième demande : une voix ukrainienne centrale dans toute décision

Le format **E5** de **Berlin** a réuni cinq dirigeants européens. Aucun Ukrainien n'était à la table. Je comprends les raisons diplomatiques et les formats établis. Mais je pose la question qui doit être posée : comment cinq dirigeants peuvent-ils décider du futur du soutien à l'**Ukraine** sans **Zelensky** dans la pièce ? Les négociations futures de paix, les décisions sur les conditions d'un cessez-le-feu, les contours d'un accord politique — tout cela doit être décidé avec l'**Ukraine**, pas pour l'**Ukraine**.

C'est la leçon de toutes les guerres de l'histoire : les accords de paix imposés de l'extérieur sur des peuples qui n'ont pas participé à leur négociation créent des ressentiments qui alimentent les conflits suivants. Si l'**Europe** veut une paix durable, elle doit s'assurer que l'**Ukraine** soit un acteur, pas un objet, de toute négociation.

*Cinq dirigeants européens décident de l'avenir de l'Ukraine sans qu'un seul Ukrainien soit dans la salle. Je ne dis pas que c'est mal intentionné. Je dis que c'est structurellement insuffisant. L'Ukraine a le droit de parler en son propre nom dans toutes les décisions qui la concernent. Ce n'est pas une revendication — c'est un principe.*

## Ce que l'histoire nous enseigne sur ce moment

### Munich 1938 comme avertissement permanent

Les historiens qui suivent ce conflit avec attention soulignent tous un parallèle que personne ne devrait ignorer : **Munich 1938**. À l'époque, les démocraties occidentales ont cru qu'elles pouvaient acheter la paix en concédant à **Hitler** une partie du territoire d'un État voisin — la **Tchécoslovaquie**. Cette concession n'a pas acheté la paix — elle a affaibli la résistance et encouragé l'agresseur. Le résultat, tout le monde le connaît.

Je ne fais pas de comparaisons historiques faciles. Chaque époque est unique. Mais la logique de base — que l'apaisement d'un agresseur territorial ne produit pas de paix durable — est une leçon historique suffisamment bien établie pour qu'on refuse de l'ignorer. Toute concession à la **Russie** sur le territoire ukrainien, sans garanties de sécurité réelles, sans mécanismes de vérification robustes, sans engagement contraignant de non-agression futur, est une invitation à la prochaine guerre.

### L'Ukraine comme test de la démocratie mondiale

Ce conflit est aussi un test de la capacité des démocraties à défendre leurs valeurs fondamentales quand cela coûte quelque chose. Soutenir l'**Ukraine** coûte de l'argent, des armes, de l'énergie diplomatique, et parfois des compromis politiques internes difficiles. La facilité serait de se lasser, de trouver des rationalisations pour réduire l'aide, de chercher une sortie de la situation qui évite de confronter directement l'agression russe.

Mais cette facilité a un prix différé — un prix que les **États baltes**, la **Pologne**, la **Finlande** connaissent par cœur. Ce prix, c'est la prochaine guerre. Et la prochaine fois, elle n'aura peut-être pas lieu dans un pays situé confortablement à l'est — elle pourrait avoir lieu à l'est de l'**Allemagne**, à l'est de la **France**, ou directement chez ceux qui auront pensé pouvoir s'en tenir à l'écart.

*L'Ukraine se bat pour ses terres, son indépendance, sa survie. Elle se bat aussi pour que la règle de base de l'ordre international — qu'on ne conquiert pas le territoire d'un voisin par la force — reste une règle. Défendre cette règle, c'est défendre les fondements de la coexistence pacifique. Les dirigeants de Berlin le savent. Maintenant ils doivent l'incarner.*

## Le sommet OTAN d'Ankara : ce que l'Europe doit y apporter

### Les cinq signaux de Merz pour Ankara

Le chancelier **Merz** a annoncé que les pays européens comptent transmettre cinq messages clés au sommet de l'**OTAN d'Ankara** : soutien à une Alliance forte et unie, augmentation des dépenses de défense, renforcement de la coopération transatlantique, et soutien à long terme à l'**Ukraine**. Le cinquième signal n'a pas été publiquement précisé — mais il est probable qu'il concerne les conditions d'un éventuel cessez-le-feu ou les garanties de sécurité pour l'**Ukraine**.

Ankara sera un test crucial. Si l'**Europe** arrive unie, avec des positions coordonnées et des engagements concrets, elle renforcera sa crédibilité comme acteur de sécurité autonome. Si elle arrive divisée — avec des capitales qui tirent dans des directions différentes sur les conditions d'une paix possible — elle sera affaiblie face à la fois à **Moscou** et à **Washington**. La réunion de **Berlin** était la répétition. **Ankara** est la performance.

### Les dépenses de défense : un engagement qui doit se traduire en capacités

L'engagement des membres de l'**OTAN** à consacrer **2 % de leur PIB** à la défense — longtemps resté théorique pour beaucoup de membres européens — est maintenant largement dépassé dans certains pays. La **Pologne** est à plus de **4 %**. Les pays **baltes** dépassent les **3 %**. L'**Allemagne** a réalisé son **Zeitenwende** avec un fonds spécial de défense considérable. La **France** a augmenté ses dépenses militaires de façon significative.

Ces chiffres sont importants — mais ils ne se traduisent pas automatiquement en capacités utilisables immédiatement. Il y a un décalage de plusieurs années entre la décision budgétaire et la livraison d'un système d'armes. C'est ce décalage qu'**Ankara** doit s'attaquer. Des mécanismes d'acquisition rapide, de partage de capacités entre alliés, et de priorisation des besoins ukrainiens actuels doivent être institutionnalisés — pas seulement annoncés.

*4 % du PIB polonais en défense. Des fonds spéciaux allemands. Des lois de programmation militaire françaises ambitieuses. Ces chiffres sont réels — et ils sont bons. Mais un missile qui prend trois ans à construire et livrer ne protège pas l'Ukraine aujourd'hui. La vitesse est la seule métrique qui compte. Et sur la vitesse, l'Europe doit encore progresser significativement.*

## La reconstruction de l'Ukraine : l'investissement que l'Europe doit planifier maintenant

### Le plan Marshall ukrainien : une nécessité, pas une option

La reconstruction de l'**Ukraine** après la guerre — quelle que soit la forme que prend la fin du conflit — sera l'un des défis économiques les plus importants de l'histoire européenne récente. Les estimations des dommages s'élèvent à des centaines de milliards d'euros : infrastructures, logements, industries, réseaux énergétiques, hôpitaux, écoles. Une **Ukraine** économiquement dévastée est une **Ukraine** instable — et une **Ukraine** instable est un risque sécuritaire pour toute l'**Europe**.

La décision intelligente est de commencer à planifier cette reconstruction maintenant — pas après la fin de la guerre, mais pendant. Des fonds européens de reconstruction, des garanties de prêts, des programmes d'investissement bilatéraux doivent être structurés dès aujourd'hui, pour être prêts à être déployés dès que les conditions le permettront. Cette planification est aussi un signal à l'**Ukraine** : l'**Europe** croit en son futur, pas seulement en sa résistance présente.

### L'adhésion à l'UE comme horizon concret

Le processus d'adhésion de l'**Ukraine** à l'**Union européenne** a connu des avancées significatives depuis **2022**. Le statut de candidat a été accordé. Des négociations d'adhésion ont été ouvertes. Mais des obstacles subsistent — notamment des questions de réforme de l'État de droit, de lutte contre la corruption, et des résistances de certains membres actuels. La réunion de **Berlin** ne traitait pas directement de l'adhésion ukrainienne à l'**UE** — mais elle en est le contexte.

Accélérer le processus d'adhésion ukrainienne à l'**UE** — en maintenant les exigences de réforme tout en reconnaissant les circonstances exceptionnelles de la guerre — est l'un des investissements stratégiques les plus importants que l'**Europe** puisse faire. Une **Ukraine** ancrée dans l'**UE** est une **Ukraine** stabilisée économiquement et institutionnellement. C'est aussi une réponse durable à l'ambition impériale russe.

*La reconstruction de l'Ukraine n'est pas de la charité — c'est de l'investissement stratégique. Une Ukraine reconstruite, stable, intégrée à l'UE et à l'OTAN, c'est un tampon permanent contre l'expansionnisme russe. Chaque euro investi dans cette reconstruction est un euro qui évite un euro de défense militaire dans dix ans. Cette logique devrait être celle de tout décideur européen raisonnable.*

## Conclusion : Berlin n'est pas suffisant, mais c'est nécessaire

### Un pas dans la bonne direction

La réunion **E5** de **Berlin** du **24 juin 2026** est un pas dans la bonne direction. Cinq dirigeants qui s'engagent publiquement à continuer de soutenir l'**Ukraine**, à présenter un front uni à **l'OTAN**, à envoyer un signal clair à la **Russie** — c'est mieux que le silence ou la division. Après les turbulences de la politique trumpienne, après les doutes sur la cohésion occidentale, cette réunion dit : l'**Europe** tient.

Mais tenir ne suffit pas. L'**Ukraine** a besoin que l'**Europe** avance. Avance dans ses capacités de défense. Avance dans ses livraisons d'armes. Avance dans la construction d'une architecture de sécurité qui ne dépend pas exclusivement de la bonne volonté d'un seul dirigeant américain imprévisible. Le sommet de l'**OTAN d'Ankara** sera le prochain test.

### L'histoire jugera

Dans dix ans, les historiens écriront sur ce moment. Ils noteront que l'**Europe** a choisi de soutenir l'**Ukraine** dans sa lutte pour la survie. Ou ils noteront qu'elle a hésité, tergiversé, puis capitulé devant la lassitude et les pressions de court terme. Je crois — je veux croire — que la première version de l'histoire s'écrira. Et des réunions comme celle de **Berlin**, le **24 juin 2026**, en sont les fondations.

*Cette lettre ouverte n'a pas de destinataire unique. Elle s'adresse à chacun des cinq dirigeants de Berlin, à chaque parlementaire qui vote des budgets de défense, à chaque citoyen européen qui se demande si cette guerre le concerne. Elle le concerne. Elle nous concerne tous. Et la façon dont nous y répondons définira qui nous sommes — et ce que nos valeurs valent vraiment quand les temps sont difficiles.*

**Signé Maxime Marquette, chroniqueur**

## Encadré de transparence du chroniqueur

### Positionnement éditorial

Je ne suis pas journaliste, mais **chroniqueur et analyste**. Mon expertise réside dans l'observation et l'analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.

Je ne prétends pas à l'objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. **Je prétends à la lucidité analytique**, à l'interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d'offrir une lecture critique des événements.

### Méthodologie et sources

Ce texte respecte la distinction fondamentale entre **faits vérifiés et analyses interprétatives**. La règle de méthode est constante : une information factuelle n'est publiée que si une source vérifiable la porte, et les sources effectivement utilisées par cet article sont listées sous **Sources**, jamais ici.

**Familles de sources primaires** retenues par la publication, quand le dossier en comporte : communiqués officiels des gouvernements et institutions internationales, déclarations publiques des dirigeants politiques, rapports d'organisations intergouvernementales, dépêches d'agences de presse internationales reconnues.

**Familles de sources secondaires** : publications spécialisées, médias d'information reconnus internationalement, analyses d'institutions de recherche établies, rapports d'organisations sectorielles.

Quand un article cite des données statistiques, économiques ou géopolitiques, elles proviennent d'institutions productrices de données (organisations intergouvernementales, banques centrales, instituts statistiques nationaux), et l'institution exacte est nommée sous **Sources**.

### Nature de l'analyse

Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une **synthèse critique et contextuelle** basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d'experts cités dans les sources consultées.

Mon rôle est d'interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et économiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l'observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs globaux.

Cet article décrit un état documenté à sa date de publication, et non une prédiction : une évolution ultérieure peut en déplacer les perspectives. Aucune mise à jour n'est promise d'avance; lorsqu'un article est corrigé ou complété, la modification est datée dans le texte.

## Sources

### Sources primaires

- [UNN — At the E5 meeting in Berlin, European leaders pledged not to stop supporting Ukraine — 25 juin 2026](https://unn.ua/en/news/at-the-e5-meeting-in-berlin-european-leaders-pledged-not-to-stop-supporting-ukraine)

- [The Kyiv Independent — European support for Ukraine, E5 format — juin 2026](https://kyivindependent.com/)

- [Euromaidan Press — European unity on Ukraine post-G7 — juin 2026](https://euromaidanpress.com/)

### Sources secondaires

- [Ukrinform — E5 Berlin meeting and OTAN Ankara context — juin 2026](https://www.ukrinform.net/)

- [Foreign Policy — European strategic autonomy and Ukraine — juin 2026](https://foreignpolicy.com/)

- [The Aviationist — UK one-way effectors without US components — 25 juin 2026](https://theaviationist.com/2026/06/25/uk-one-way-effectors/)

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Source : Maxime Marquette, MadMax. Pour citer ce texte, nommer l’auteur et lier https://mad-max.co/fr/article/lettre-ouverte-macron-merz-starmer-l-europe-doit-dire-non-au-desengagement-ameri
