# LETTRE OUVERTE : M. Miller, votre mémo sur l'habeas corpus est la preuve d'une tentation autoritaire

> Le 29 avril 2026, le secrétaire d'état du personnel de la Maison-Blanche, Will Scharf, a rédigé un mémo interne à l'attention de la cheffe de cabinet Susie Wiles. Ce document, obtenu par les journalistes Maggie Haberman et Jonathan Swan du New York Times pour leur livre à paraître Regime Change: Inside the Imperial Presidency of Donald Trump, décrit les implications légales et

- Auteur: Maxime Marquette
- Publication: MadMax (https://mad-max.co)
- Rubrique: Lettre ouverte
- Publié: 2026-06-29
- Adresse à citer: https://mad-max.co/fr/article/lettre-ouverte-m-miller-votre-memo-sur-l-habeas-corpus-est-la-preuve-d-une-tenta

## Introduction : Le mémo du 29 avril qui révèle tout

### Un document daté du 29 avril 2026

Le **29 avril 2026**, le secrétaire d'état du personnel de la Maison-Blanche, **Will Scharf**, a rédigé un mémo interne à l'attention de la **cheffe de cabinet Susie** Wiles. Ce document, obtenu par les journalistes **Maggie Haberman** et **Jonathan Swan** du **New York Times** pour leur livre à paraître **Regime Change: Inside the Imperial Presidency of Donald Trump**, décrit les implications légales et historiques de la **suspension de l'habeas corpus** en matière d'immigration. Le mémo Scharf n'est pas une lettre d'encouragement. C'est un avertissement interne : ce que votre conseiller Stephen Miller propose n'a été fait qu'en **situation de guerre ou de rébellion armée**, et même alors, les tribunaux ont maintenu des protections minimales.

Ce mémo est rendu public dans un contexte précis : l'administration Trump était alors engagée dans une bataille judiciaire explosive pour déporter des dizaines d'hommes vénézuéliens vers des prisons salvadoriennes brutales, invoquant l'**Alien Enemies Act** — une loi de 1798. Les tribunaux résistaient. Des **centaines de requêtes d'habeas corpus** inondaient les dossiers fédéraux chaque semaine. Et **Stephen Miller**, le père intellectuel de la politique migratoire de Trump, suggérait une solution radicale : suspendre entièrement le **droit à l'habeas corpus** pour les immigrants, empêchant toute contestation judiciaire de leur détention ou déportation.

### Ce que signifie l'habeas corpus

L'**habeas corpus** — littéralement **« que tu aies le corps »** en latin — est l'un des fondements les plus anciens du droit occidental. Il **protège tout individu d'une détention arbitraire** par l'État. Il force le gouvernement à présenter une personne détenue devant un tribunal et à justifier légalement sa détention. Il existe dans le droit anglais depuis la **Magna Carta de 1215**. Il a été suspendu en droit américain seulement **quatre fois** dans l'histoire des États-Unis : lors de la **guerre civile** par Abraham Lincoln, lors de **la rébellion des Philippines**, en **Hawaii après Pearl Harbor**, et lors d'une rébellion en **Caroline du Sud** en 1871. Dans chacun de ces cas, le pays faisait face à une **rebellion armée ou à une situation de guerre**. Ce n'est pas ce à quoi l'Amérique fait face en 2026.

*Je m'adresse ici directement à Stephen Miller, même si je sais qu'il ne lira probablement pas ces lignes. M. Miller : quand même Will Scharf — votre propre appareil administratif — vous dit que cette idée n'a été exécutée que dans "les circonstances les plus graves de l'histoire américaine", c'est peut-être un signal que vous devriez écouter. La question n'est pas seulement légale. Elle est morale. Et cette question mérite une réponse honnête.*

## Will Scharf : un avertissement depuis l'intérieur

### Le secrétaire d'état qui a dit la vérité

Il faut rendre à **Will Scharf** le crédit qui lui revient : il a rédigé un mémo honnête. Il n'a pas dit à ses supérieurs que l'idée de Miller était brillante. Il a écrit que la suspension de l'habeas corpus **« n'a été effectuée que dans les circonstances les plus graves »**, qu'elle **« empêche effectivement les acteurs gouvernementaux de détenir, emprisonner ou exécuter arbitrairement des individus »**, et que **« même quand le Congrès a explicitement suspendu les droits habeas corpus, la Cour Suprême a maintenu qu'un processus alternatif doit être fourni aux défendeurs, avec des garanties procédurales semblables à l'habeas corpus »**.

Ce dernier point est crucial. Même dans les cas historiques où l'habeas corpus a été suspendu, les tribunaux américains ont refusé de laisser le gouvernement détenir des gens de manière totalement arbitraire. L'affaire de **George W. Bush** sur les détenus de **Guantanamo Bay** en est la preuve : en 2008, la Cour Suprême a statué que les détenus avaient **le droit constitutionnel** de déposer des requêtes d'habeas corpus malgré les affirmations de l'administration que les tribunaux américains n'avaient pas juridiction. Si Bush n'a pas pu complètement suspendre l'habeas corpus pour des **présumés terroristes** étrangers à Guantanamo, Miller ne peut pas le faire pour des immigrants en Louisiane.

### L'avis interne contre Miller — ignoré

Scharf a partagé ce mémo avec **Susie Wiles**, la cheffe de cabinet. La réaction des aides de la Maison-Blanche, selon Haberman et Swan, a été sans ambiguïté : l'idée était **« insensée »**. Ce mot — **insane** dans le texte original anglais — est particulièrement révélateur quand il vient de collaborateurs directs d'une administration qui a poussé les **limites constitutionnelles** de manière systématique. Si même les personnes qui soutiennent la politique la plus agressive en matière d'immigration trouvent l'idée folle, c'est que le thermomètre interne de l'administration a senti quelque chose d'inhabituellement dangereux.

Pourtant, une semaine après la date du mémo, le **9 mai 2026**, **Stephen Miller** s'est exprimé publiquement devant les journalistes en disant que l'administration **« examinait »** des moyens de contourner l'habeas corpus. Il a cité la Constitution : **« Le privilège du writ d'habeas corpus peut être suspendu en temps d'invasion. »** Et il a affirmé que l'immigration non autorisée constituait précisément une telle **« invasion »**.

*L'argument de Miller que l'immigration non autorisée constitue une "invasion" au sens constitutionnel du terme est une **manipulation rhétorique** qui devrait être nommée clairement. Une invasion, dans le droit constitutionnel américain, désigne une attaque armée par des **forces étrangères**. Appeler "invasion" l'entrée de personnes cherchant un meilleur avenir économique ou fuyant des persécutions, c'est utiliser le langage de la guerre pour justifier des **pouvoirs d'exception**. C'est précisément ce type de **manipulation sémantique** qui a conduit, historiquement, à des abus massifs des **droits humains**.*

## La déclaration de Miller : l'invasion et la Constitution

### L'**article I** de la Constitution et ses conditions

L'article I, section 9 de la **Constitution américaine** stipule : **« Le privilège du writ d'habeas corpus ne sera pas suspendu, sauf quand, en cas de rébellion ou d'invasion**, la sécurité publique l'exige. » Cette formulation est restrictive par design. Les **rédacteurs de la Constitution** connaissaient les abus du pouvoir exécutif en Europe. Ils ont délibérément posé deux **conditions cumulatives** : une rébellion ou une invasion **ET** une nécessité de sécurité publique. La suspension n'est pas discrétionnaire. Elle est une **mesure d'exception codifiée**.

Il existe une deuxième question : qui a le pouvoir de suspendre l'habeas corpus ? L'article I, qui régit le Congrès, contient cette clause. Cela suggère que les rédacteurs pensaient que c'était au **Congrès**, pas à l'exécutif, de prendre cette décision. **Abraham Lincoln** est le seul président qui ait jamais tenté de suspendre l'habeas corpus sans **approbation du Congrès** — et il l'a fait au début de la **Guerre Civile**, lors d'une **session de recess** du Congrès, face à une véritable rébellion armée. La Cour Suprême, en 1866 dans **Ex parte Milligan**, a limité ces pouvoirs.

### La Cour Suprême a maintenu les protections minimales

Le mémo de Scharf souligne un point que les défenseurs de la suspension oublient souvent : **même dans les cas où la suspension a été accordée**, la Cour Suprême a maintenu que des garanties procédurales alternatives doivent exister. En 2008, dans **Boumediene v. Bush**, une majorité a statué que les **détenus de Guantanamo** — des individus capturés sur des champs de bataille étrangers dans le cadre d'une guerre active — avaient un droit constitutionnel à l'habeas corpus. Si la Cour a maintenu ce droit pour des combattants ennemis présumés, il est difficile de voir comment elle permettrait sa suspension totale pour des immigrants sans papiers en Louisiane ou au Texas.

La doctrine légale est donc non seulement contraire à la proposition de Miller — elle est catégoriquement différente de ce que l'administration Trump prétend pouvoir faire. La question n'est pas seulement si Trump **voulait** suspendre l'habeas corpus. C'est si les tribunaux auraient permis que cette suspension survive à une contestation judiciaire. La réponse, basée sur un siècle de jurisprudence, est clairement non.

*Il est significatif que même le mémo interne de l'administration — rédigé par Will Scharf, un fidèle de Trump — reconnaisse implicitement que cette idée est légalement intenable. Ce n'est pas un document d'opposition. C'est une note d'un collaborateur qui dit : je dois vous avertir que cela ne tiendra pas devant les tribunaux. Et Miller a quand même parlé publiquement d'"examiner" l'option. Ce découplage entre l'avis juridique interne et les déclarations publiques révèle un mépris assumé pour la légalité.*

## Trump parle publiquement : la piste d'Abrego Garcia

### Le lendemain du mémo : Trump mentionne l'option

Le lendemain de la divulgation du mémo Scharf, **Donald Trump** lui-même a publiquement évoqué pour la première fois la possibilité de suspendre l'habeas corpus. Il a fait référence à **Kilmar Abrego Garcia**, le migrant salvadorien illégalement déporté vers El Salvador dont la Cour Suprême avait ordonné le retour aux États-Unis. Trump a dit : **« Il y a une façon qui a été utilisée par trois présidents très respectés »** et **« Mais nous espérons ne pas avoir à aller par cette voie. »**

Cette déclaration est remarquable à plusieurs égards. Trump ne nomme pas explicitement la suspension de l'habeas corpus — mais le contexte est sans ambiguïté après les déclarations de Miller. Il présente cette option comme un outil de présidents **« très respectés »**, ce qui est une **manipulation historique** : Lincoln a utilisé ce pouvoir en pleine guerre civile armée, pas pour déporter des immigrants. La suggestion que la situation migratoire actuelle est comparable à la Guerre Civile ou à Pearl Harbor ne résiste pas à l'examen des faits.

### Kristi Noem et la définition de l'habeas corpus

La controverse a pris une tournure particulièrement révélatrice lors d'une audition parlementaire où l'alors-secrétaire à la Sécurité intérieure **Kristi Noem** a été interrogée par la sénatrice démocrate **Maggie Hassan**. Hassan a demandé à Noem de **définir** l'habeas corpus. Noem a répondu que c'est **« un droit constitutionnel que le président a pour pouvoir retirer des personnes du pays »**. Hassan a dit : **« C'est incorrect. »** Noem a ensuite dit qu'elle **« soutient »** ce droit constitutionnel tout en affirmant que **« le président des États-Unis a l'autorité sous la Constitution de décider si cela devrait être suspendu ou non »**.

Cette séquence — la cheffe du département chargé d'appliquer les lois d'immigration qui **ne comprend pas** la définition de l'habeas corpus — est soit une ignorance authentique, soit une performance délibérée de confusion. Ni l'une ni l'autre n'est rassurante. Qu'une secrétaire du cabinet d'une grande démocratie ne sache pas définir le droit fondamental contre la détention arbitraire — l'un des piliers de l'État de droit occidental — est une information en soi sur la qualité du gouvernement qui gère les lois d'immigration.

*Je n'accuse pas Kristi Noem de mauvaise foi spécifiquement. Je note un fait : la personne chargée de diriger le département qui détient des dizaines de milliers de personnes n'a pas su définir le droit fondamental contre la détention arbitraire. Ce n'est pas anecdotique. C'est symptomatique d'une approche du gouvernement qui priorise la **loyauté politique** sur la **compétence institutionnelle**. Et dans le domaine de la détention de personnes, cette incompétence a des conséquences humaines réelles.*

## L'avalanche de requêtes d'habeas corpus

### Des dizaines de nouvelles requêtes par semaine

Le mémo Scharf a été rédigé dans un contexte de surcharge judiciaire réelle. Au printemps 2026, les tribunaux fédéraux américains étaient inondés de requêtes d'habeas corpus déposées par des immigrants détenus. Selon les informations publiées, **des dizaines de nouvelles requêtes** atterrissaient sur les dossiers des juges **chaque semaine**. Les **procureurs gouvernementaux** étaient débordés ou démissionnaient en masse. Les juges **rédigeaient des ordonnances furieuses** avec des avertissements dramatiques sur le sort de la démocratie. Les immigrants, eux, languissaient en détention ou étaient libérés après des jours ou des mois, leurs vies renversées.

C'est cette réalité que Miller voulait résoudre par la suspension de l'habeas corpus. Sa logique était brutalement simple : si les immigrants ne peuvent pas déposer de requêtes judiciaires, le problème de la surcharge judiciaire disparaît. C'est comme résoudre un problème de santé publique en fermant les hôpitaux. Le problème réel — l'application des lois à une échelle humainement et juridiquement insoutenable — ne disparaît pas. Il est juste rendu invisible.

### La politique de détention obligatoire et ses conséquences

En parallèle, **ICE** avait mis en place une politique de **détention obligatoire** pour tous les immigrants arrêtés à l'intérieur des États-Unis. Cette politique renversait des décennies de précédent. Elle maintenait des gens en détention **pendant des semaines ou des mois**, peu importe depuis combien de temps ils vivaient dans le pays ou s'ils avaient un casier judiciaire. Les tribunaux fédéraux ont répété que cette politique **« va à l'encontre du 4e Amendement »**. L'administration a ignoré ces décisions et continué à arrêter des **dizaines de milliers de personnes**.

Les juges d'immigration avaient reçu l'ordre de **refuser la caution** et de **rejeter virtuellement tout dossier** quand les immigrants se présentaient à des audiences obligatoires. Cette politique rendait les immigrants immédiatement vulnérables à l'arrestation et à la déportation avant qu'ils puissent faire appel. Dans ce contexte, la proposition de Miller de suspendre l'habeas corpus n'était pas une idée isolée. C'était l'étape logiquement suivante d'une série de politiques qui avaient déjà érodé les protections judiciaires des immigrants à chaque étape.

*Chaque politique que j'ai décrite dans ce paragraphe — détention obligatoire, refus systématique de caution, injonctions d'immigration — a déjà été contestée devant les tribunaux et certaines ont été partiellement bloquées. Ce que Miller proposait était une façon de court-circuiter tout ce processus d'un seul coup. C'est la différence entre démonter graduellement une maison et la faire exploser. L'effet est le même. La méthode révèle quelque chose sur les intentions.*

## Les États-Unis à la croisée des chemins constitutionnels

### Trump contre les juges : une guerre déclarée

L'administration Trump a développé une rhétorique systématique de conflit avec le judiciaire fédéral. Les juges qui bloquent les déportations sont des **« activistes »**. Les décisions de la Cour Suprême qui imposent des protections aux immigrants détenus sont des obstacles politiques. Les requêtes d'habeas corpus sont des **« abus »** du système judiciaire. Cette rhétorique prépare politiquement l'opinion publique à accepter des mesures d'exception qui seraient autrement inacceptables.

C'est exactement la trajectoire que les critiques et les juristes qualifient de **« croisée constitutionnelle dangereuse »**. Quand l'exécutif déclare que les tribunaux qui s'opposent à ses politiques constituent eux-mêmes une menace pour la sécurité nationale, il crée les conditions discursives qui peuvent, dans un environnement politique particulièrement polarisé, rendre la désobéissance aux ordonnances judiciaires politiquement défendable.

### Abraham Lincoln vs. Stephen Miller : une comparaison impossible

**Abraham Lincoln** a suspendu l'habeas corpus en 1861 lors d'une session de recess du Congrès, face à la sécession armée de onze États, une guerre civile active, et des émeutes dans les villes du Maryland. Il l'a fait pour quelques semaines, dans un périmètre géographique limité. Il en a informé le Congrès dès sa session suivante. La Cour Suprême, dans **Ex parte Merryman**, a statué que Lincoln n'avait pas l'autorité de le faire sans le Congrès — et Lincoln a simplement continué, puis demandé la ratification du Congrès, qu'il a obtenue.

Comparer cette situation à l'immigration en 2026 n'est pas seulement une erreur d'analyse. C'est une manipulation rhétorique délibérée. Il n'y a pas de rébellion armée. Il n'y a pas d'invasion militaire. Il y a une **vague d'immigration** — un phénomène aussi vieux que les États-Unis eux-mêmes — gérée de manière délibérément maximale pour créer une **crise politique**. Présenter cela comme une urgence de niveau Guerre Civile est une distorsion de l'histoire qui devrait être nommée comme telle.

*Je veux m'adresser directement, une fois encore, à ceux qui soutiennent la proposition de Miller. Je comprends votre frustration face à une immigration massive et à des tribunaux qui semblent bloquer chaque mesure. Mais la solution à une crise d'exécution des lois n'est pas de suspendre les droits fondamentaux qui protègent chaque personne de la détention arbitraire — y compris vous. L'habeas corpus ne protège pas seulement les immigrants. Il protège tout le monde. Et une fois qu'on accepte de le suspendre pour "eux", il devient beaucoup plus facile de le suspendre pour "nous".*

## Lettre aux législateurs : une responsabilité qui n'a pas été assumée

### Où était le Congrès pendant tout ce temps ?

La proposition de suspendre l'habeas corpus appartient formellement au **Congrès** — pas à l'exécutif. La Constitution assigne cette autorité à la branche législative. Si Miller et Trump voulaient légalement explorer cette option, ils auraient dû s'adresser au Congrès. Ils ne l'ont pas fait. Ils ont discuté de l'option en interne, puis Miller l'a évoquée publiquement comme un pouvoir présidentiel. Cette approche — traiter une autorité constitutionnellement assignée au Congrès comme une décision unilatérale présidentielle — est elle-même un signal d'alarme sur la conception du pouvoir que l'administration Trump opère.

Le Congrès, lui, était largement silencieux. Des sénateurs démocrates ont interrogé Noem sur la définition de l'habeas corpus. Des voix républicaines critiques ont été rares et discrètes. La question n'a pas fait l'objet d'un vrai débat législatif. Dans un pays où la suspension de l'habeas corpus est en discussion — même informellement — ce silence législatif est une défaillance de la fonction de contrôle que le Congrès est censé exercer sur l'exécutif.

### La presse comme dernier garde-fou

**Maggie Haberman** et **Jonathan Swan** ont obtenu ce mémo et en ont révélé l'existence. Sans cette révélation, le public n'aurait pas su que l'administration Trump avait sérieusement discuté de la suspension d'un droit fondamental vieux de huit siècles pour accélérer les déportations. Cette information — obtenue par des journalistes d'investigation, publiée malgré des pressions possibles, portée à l'attention du public — est un exemple de ce que la presse libre est censée faire dans une démocratie. Elle ne fait pas que rapporter les faits. Elle rend visible ce qui se déciderait autrement dans l'ombre.

Dans un environnement médiatique où des parties de la presse américaine sont soit affiliées à l'administration Trump, soit soumises à des pressions légales et économiques croissantes, le travail d'investigation rigoureux est de plus en plus précieux et de plus en plus rare. Ce mémo — et ce qu'il révèle sur les intentions de l'administration — est exactement le type d'information que le public a besoin de connaître pour exercer son rôle dans une démocratie.

*Je pense à tous les juristes, les professeurs de droit constitutionnel, les anciens juges, les organisations de défense des **droits civils** qui ont dû lire les déclarations de Miller et se sentir profondément alarmés. Leurs avertissements — que l'administration Trump franchissait des lignes constitutionnelles — étaient précis et documentés. Le mémo Scharf confirme que même à l'intérieur de l'administration, ces lignes étaient reconnues. Ce n'est pas rassurant. C'est exactement l'inverse.*

## L'impact sur les immigrants : la détention comme arme

### Des milliers de personnes en détention

Pendant que ces discussions se déroulaient à la Maison-Blanche, des **dizaines de milliers de personnes** se trouvaient dans des centres de détention ICE à travers les États-Unis. Certains depuis des semaines. D'autres depuis des mois. Leurs familles ne savaient pas toujours où ils se trouvaient. Leurs avocats avaient du mal à les rejoindre. Les juges d'immigration recevaient des ordres de rejeter les dossiers. Et l'habeas corpus — ce droit fondamental à demander à un tribunal de justifier votre détention — était leur dernier recours.

C'est précisément ce dernier recours que Miller voulait éliminer. Une fois l'habeas corpus suspendu, il n'y aurait plus de mécanisme judiciaire pour contester la légalité d'une détention ICE. Les personnes détenues ne pourraient plus demander à un juge fédéral d'examiner si leur arrestation était légale, si leurs droits avaient été respectés, si la procédure suivait les règles. Elles seraient livrées entièrement à la discrétion administrative d'une agence dont nous avons vu, dans les cas d'Akram Omar et d'Adriana Zapata, comment elle peut exercer cette discrétion.

### Les avocats qui luttent et démissionnent

Les procureurs gouvernementaux, selon les informations disponibles, étaient **débordés ou quittaient leurs postes en masse**. C'est révélateur. Des professionnels du droit qui représentent l'État dans les **tribunaux d'immigration** — des gens dont le travail est de défendre les politiques d'expulsion — démissionnaient plutôt que de continuer. Soit parce que les politiques qu'on leur demandait de défendre dépassaient les limites légales qu'ils pouvaient accepter. Soit parce que la charge de travail était insoutenable. Soit les deux. Ce n'est pas un signe de bonne santé institutionnelle.

Les avocats de la défense des immigrants, eux, se battaient pour rester à flot. Le volume de dossiers était écrasant. Les procédures d'urgence se multipliaient. Les délais pour déposer des contestations se resserraient à mesure que l'administration accélérait les déportations. Dans ce contexte, la proposition de supprimer l'habeas corpus n'était pas une mesure de gestion administrative. C'était une capitulation de l'État de droit devant la pression politique.

*J'ai passé du temps à essayer de me mettre dans la tête de Will Scharf quand il rédigeait ce mémo. Il savait ce qu'il faisait. Il documentait, pour la cheffe de cabinet, pourquoi une idée défendue par le conseiller politique le plus puissant de l'administration ne tiendrait pas constitutionnellement. Il le faisait sachant que Miller continuerait probablement à pousser cette idée. Et c'est exactement ce qui s'est passé. Ce mémo est la preuve qu'il y avait des gens compétents dans cette administration qui ont dit la vérité en interne — et ont été ignorés.*

## La proposition de Miller dans le contexte international

### Ce que pense le reste du monde démocratique

Les démocraties occidentales regardent les débats américains sur l'habeas corpus avec un mélange de stupéfaction et d'inquiétude. En **Europe**, la **Convention européenne des droits de l'homme** garantit le droit à l'habeas corpus dans son **article 5**. La **Charte canadienne des droits et libertés** le garantit dans son **article 10**. Ces droits ne sont pas suspendus en cas de politique migratoire agressive. Ils sont considérés comme des fondements absolus du droit démocratique.

L'idée que les États-Unis — longtemps présentés comme le modèle de la démocratie libérale — discutent sérieusement de suspendre l'habeas corpus pour des raisons d'immigration envoie un signal catastrophique aux régimes autoritaires du monde entier. Chaque dictature qui détient des opposants politiques sans procès peut pointer vers les États-Unis et dire : même l'Amérique envisage ça. C'est un cadeau stratégique inestimable offert à la Chine, à la Russie, à l'Iran, et à tous ceux qui veulent démontrer l'hypocrisie américaine sur les droits humains.

### Le signal envoyé aux alliés de l'Occident

Les alliés de l'**OTAN**, les partenaires du **Quad**, les membres du **G7** — tous regardent ces développements avec inquiétude. L'autorité morale américaine dans les négociations sur les droits humains et la démocratie dépend d'un minimum de cohérence entre ce que l'Amérique prêche et ce qu'elle pratique. Quand cette cohérence s'effondre — quand les États-Unis qui condamnent la Chine pour la détention arbitraire de musulmans dans le **Xinjiang** envisagent de suspendre le droit fondamental contre la détention arbitraire chez eux — le message est dévastateur pour la **crédibilité américaine**.

L'Occident, que je soutiens fermement comme centre du monde démocratique, tire sa légitimité de ses principes autant que de sa puissance militaire. L'**OTAN** n'est pas seulement une alliance militaire — c'est une alliance de valeurs. Et quand l'État le plus puissant de cette alliance discute de suspendre des droits fondamentaux pour accélérer les déportations, ces valeurs sont affaiblies pour tout le monde.

*Je suis pro-Occident. Je suis pro-OTAN. Je crois que l'**alliance des démocraties libérales** est la meilleure protection que nous ayons contre les régimes autoritaires qui veulent remodeler le monde à leur image. C'est précisément pour ça que je m'oppose à cette proposition de Miller avec une telle netteté. Chaque fois que les démocraties adoptent les méthodes des régimes autoritaires pour régler leurs problèmes intérieurs, elles affaiblissent l'argument qui dit que notre modèle est meilleur. Et cet argument, aujourd'hui, est trop important pour être sacrifié sur l'autel de la politique migratoire.*

## La portée institutionnelle du débat

### Quand la politique devient une arme contre les institutions

L'affaire du mémo Scharf révèle quelque chose de structurel dans l'administration Trump : la tendance à traiter les institutions de l'État de droit non pas comme des contraintes légitimes, mais comme des obstacles politiques à surmonter. Les tribunaux sont des obstacles. Les juges sont des activistes. L'habeas corpus est un abus de procédure. Cette rhétorique, répétée systématiquement, finit par réduire la légitimité des institutions dans la conscience publique.

Le **renseignement américain**, le **Département de Justice**, et maintenant les tribunaux fédéraux d'immigration sont tous, selon cette rhétorique, des institutions que l'administration doit **contourner** plutôt que respecter. Quand l'exécutif traite systématiquement les autres branches du gouvernement comme des ennemis politiques, la **démocratie constitutionnelle** est en danger — pas de manière théorique et abstraite, mais de manière pratique et immédiate.

### Les précédents que nous créons

Chaque mesure prise par l'administration Trump dans ce domaine crée un précédent. Un précédent que la prochaine administration — quelle que soit sa couleur politique — pourra invoquer. Si Trump peut utiliser l'habeas corpus comme variable d'ajustement de sa politique migratoire, qui empêche une future administration démocrate d'invoquer le même précédent pour des raisons différentes ? Les principes constitutionnels ne fonctionnent que si on les défend universellement. Le moment où on commence à les appliquer de manière conditionnelle — seulement pour les personnes qu'on aime, seulement pour les situations qu'on approuve — est le moment où ils cessent d'être des principes.

*Le précédent est le fondement du droit américain. Je veux que les républicains qui soutiennent la suspension de l'habeas corpus pour les immigrants réfléchissent à ce que signifie créer ce précédent. Parce que la prochaine fois qu'une administration invoquera ce précédent, elle ne sera peut-être pas de leur bord. Et si les principes ne s'appliquent que quand ils servent vos intérêts, ce ne sont pas des principes. Ce sont des outils politiques.*

## Vers une conclusion : ce que ce mémo devrait déclencher

### Un appel à la vigilance démocratique

Le mémo de Will Scharf du 29 avril 2026 devrait déclencher trois choses dans une démocratie fonctionnelle. Premièrement, une **enquête parlementaire** sur l'étendue des discussions sur la suspension de l'habeas corpus au sein de l'administration Trump — pas pour trouver des coupables, mais pour créer un **enregistrement public** de ce qui a été discuté et pourquoi. Deuxièmement, un **débat législatif** sérieux sur les limites des pouvoirs exécutifs en matière d'immigration. Troisièmement, un **engagement public** de la Cour Suprême à réaffirmer les protections habeas corpus même dans le contexte de la politique migratoire actuelle.

Aucune de ces trois choses ne semble susceptible de se matérialiser dans le contexte politique de 2026. Ce qui devrait être une **alarme constitutionnelle** majeure est traité par beaucoup comme une news cycle item parmi d'autres. Cette normalisation est peut-être le danger le plus profond : que nous devenions si habitués aux affronts constitutionnels de l'administration Trump que nous cessons de les voir comme des affronts.

### Lettre aux citoyens américains

Cette lettre ouverte se termine par une adresse directe aux citoyens américains — particulièrement ceux qui soutiennent les politiques migratoires agressives de Trump. Je vous demande de considérer une seule question : si demain, pour des raisons que vous ne pouvez pas prévoir aujourd'hui, vous vous retrouviez face à une détention gouvernementale injuste, voudriez-vous avoir le droit de demander à un juge d'examiner si cette détention est légale ? C'est l'habeas corpus. C'est votre droit aussi. Et une fois qu'on accepte de le suspendre pour certains, il devient beaucoup plus facile de le suspendre pour tous.

*Je ne nais pas de la certitude que l'administration Trump aurait vraiment suspendu l'habeas corpus si les aides n'avaient pas dit que c'était "insensé". Peut-être que Scharf et Wiles ont réussi à bloquer cette idée. Peut-être que Miller a reculé face à la résistance interne. Ce que je sais, c'est que l'idée a été sérieusement discutée. Et que le fait qu'elle ait été discutée — même si elle n'a pas été mise en œuvre — en dit long sur les **limites morales** et constitutionnelles de cette administration.*

## Les conséquences d'une détention arbitraire de masse

### ICE et la politique de détention sans limites

Parallèlement aux discussions sur l'habeas corpus, ICE a mis en place une politique de détention obligatoire d'une portée sans précédent. Des **dizaines de milliers de personnes** ont été arrêtées — certains avec des casiers judiciaires, beaucoup sans — et maintenues en détention pendant des semaines ou des mois. Ces détentions avaient lieu dans des installations qui n'étaient pas conçues pour des séjours prolongés, dans des conditions que des juges fédéraux ont décrites comme violant le **4e Amendement** sur l'interdiction des détentions déraisonnables.

La politique de détention obligatoire est le contexte dans lequel il faut comprendre la proposition de Miller. Si l'habeas corpus n'existait pas ou était suspendu, toutes ces détentions ne pourraient être contestées que par les **voies administratives** d'ICE elle-même — une agence qui, comme nous l'avons vu dans l'affaire Omar, a ignoré deux ordonnances judiciaires de libération. Sans **recours judiciaire**, il n'y aurait plus de mécanisme de **contrôle externe**.

### Les familles en otages du système

Derrière chaque personne détenue par ICE, il y a une famille. Un conjoint qui ne sait pas où est son partenaire. Des enfants qui attendent le retour d'un parent. Des parents qui voient leur enfant emporté par des agents fédéraux. Ces familles — des millions d'entre elles dans l'Amérique de 2026 — vivent dans une **insécurité permanente**. Cette insécurité est en partie l'objectif affiché de la politique Trump : créer une atmosphère de peur qui décourage l'immigration non autorisée. Mais cette atmosphère de peur ne discrimine pas entre ceux qui ont un dossier migratoire compliqué et les résidents légaux comme Akram Omar. Elle touche tout le monde.

*Je pense aux enfants de ces familles. Ceux qui vont à l'école le matin sans savoir si leur père ou leur mère sera à la maison le soir. Ceux qui ont entendu parler des ICE au point de développer des cauchemars, selon les témoignages d'enseignants et de pédiatres. Ces enfants sont américains ou futurs Américains. Les traumatiser maintenant pour envoyer un signal politique sur les frontières, c'est hypothéquer leur santé mentale et leur relation avec les institutions américaines pour des générations.*

## Conclusion : L'habeas corpus est le minimum, pas le maximum

### Ce droit n'est pas négociable

L'habeas corpus n'est pas une protection de luxe. Ce n'est pas un obstacle bureaucratique inventé par des juges libéraux pour bloquer l'application des lois. C'est le **plancher minimal** sous lequel aucun État démocratique ne devrait descendre : le droit de tout individu de demander à un tribunal de justifier sa détention. La Magna Carta. Huit siècles. Quatre suspensions en temps de guerre ou de rébellion armée dans l'histoire américaine. C'est le minimum.

Si l'administration Trump avait suspendu l'habeas corpus pour les immigrants, elle n'aurait pas élevé la barre de la **protection des Américains**. Elle l'aurait abaissée pour tout le monde. Parce que dans la logique des précédents, ce qui peut être fait pour certains peut toujours être étendu à d'autres. C'est pour ça que ce mémo — ce document interne qui dit "c'est insensé" — est si important. Il est la preuve qu'il reste, à l'intérieur même de cette administration, des gens qui comprennent pourquoi certaines lignes ne doivent pas être franchies.

### La lettre que Scharf n'a pas eu à écrire mais a quand même écrite

Will Scharf n'avait peut-être pas à rédiger un mémo aussi complet et honnête sur les limites légales et historiques de la suspension de l'habeas corpus. Il aurait pu dire simplement : voici comment faire. Il a choisi de dire : voici pourquoi cela ne tient pas. Ce choix — dans une administration où la loyauté politique prime souvent sur l'honnêteté institutionnelle — mérite d'être reconnu. Ce n'est pas de l'héroïsme. C'est du **professionnalisme minimal**. Mais dans le contexte de 2026, le professionnalisme minimal ressemble parfois à de la résistance.

*Je regarde le mémo Scharf et je me demande combien d'autres documents similaires existent dans les archives de cette administration — des **avertissements internes** que personne n'a entendus, des **notes juridiques** qui ont été ignorées, des voix raisonnables noyées par la pression politique. L'histoire de ces papiers non lus est aussi importante que l'histoire des décisions qui ont finalement été prises. Ce sont les traces d'une **résistance institutionnelle** fragile et souvent inefficace — mais réelle.*

## Conclusion : Ce que cette lettre demande

### Des comptes à rendre — sur l'histoire

Cette lettre ouverte n'a pas le pouvoir de changer la politique de l'administration Trump. Elle n'a pas le pouvoir de convoquer un Congrès qui débattrait sérieusement des limites constitutionnelles de la politique migratoire. Ce qu'elle peut faire, c'est s'inscrire dans l'enregistrement historique. Dire, pour les archives, que dans l'Amérique de juin 2026, l'administration Trump a sérieusement discuté de suspendre l'un des droits fondamentaux de la civilisation occidentale pour accélérer les déportations — et que ce n'était pas acceptable.

### L'Amérique qui résiste et l'Amérique qui capitule

Il y a une Amérique qui résiste : le juge Jackson qui a ordonné la libération d'Omar deux fois. L'avocat Mayeaux qui a déposé une motion d'urgence. Les journalistes Haberman et Swan qui ont obtenu le mémo. Il y a une Amérique qui capitule : l'ICE qui ignore les ordonnances, le Miller qui parle de suspension constitutionnelle, le Noem qui ne sait pas définir l'habeas corpus. Ces deux Amériques coexistent. Et l'issue dépend de laquelle l'emporte dans les mois et les années qui viennent.

*Je suis ni naïf ni désespéré. Je pense que les institutions américaines — malgré leurs défaillances profondes et systémiques — ont une résilience que ni Trump ni Miller ne peuvent entièrement détruire. Mais cette résilience n'est pas automatique. Elle exige un effort actif : des juges qui continuent d'ordonner la libération, des journalistes qui continuent de révéler les mémos, des citoyens qui continuent de s'informer et d'exiger des comptes. L'habeas corpus ne se défend pas tout seul. Il faut des gens pour le défendre.*

## Conclusion finale : La dernière ligne de défense

### Le droit comme limite au pouvoir

Le mémo Scharf du 29 avril 2026 est un document qui dit, en substance : il y a des limites. Pas par choix idéologique. Par nécessité constitutionnelle et historique. Ces limites — l'habeas corpus, la **séparation des pouvoirs**, l'**indépendance judiciaire** — ne sont pas des obstacles à la bonne gouvernance. Elles sont les conditions de possibilité d'une gouvernance qui reste légitime. Une administration qui suspend ces droits ne gouverne plus selon le droit. Elle gouverne selon sa propre volonté. Et ça, dans une démocratie, c'est précisément ce contre quoi toutes ces institutions ont été construites.

### Ce que l'histoire retiendra

L'histoire retiendra que dans l'Amérique de 2026, sous la présidence de Donald Trump, l'option de suspendre l'habeas corpus pour accélérer les déportations a été sérieusement discutée. Elle retiendra que des aides de la Maison-Blanche ont dit que c'était insensé. Elle retiendra que Miller l'a quand même mentionné publiquement. Et elle retiendra que le public américain — éclairé par des journalistes d'investigation et des avocats qui résistaient — a su ce qui se passait. Ce que l'histoire ne peut pas encore savoir, c'est la suite. Ça, c'est entre les mains des institutions — et des citoyens qui décident si elles valent la peine d'être défendues.

*Je ferme cette lettre ouverte avec la conviction que nommer les choses clairement est la première condition pour les défendre. L'habeas corpus n'est pas un jargon juridique obscur. C'est la garantie que le gouvernement ne peut pas vous enfermer sans avoir à s'en justifier devant un juge. Défendre ce principe, c'est défendre la condition minimale de toute société qui prétend être libre. Et cette défense-là, on peut la mener même depuis les pages d'un journal. Même à l'autre bout du monde. Même sans avoir le pouvoir de rien changer directement. On la mène en disant la vérité.*

**Signé Maxime Marquette, chroniqueur**

## Encadré de transparence du chroniqueur

### Positionnement éditorial

Je ne suis pas journaliste, mais **chroniqueur et analyste**. Mon expertise réside dans l'observation et l'analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.

Je ne prétends pas à l'objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. **Je prétends à la lucidité analytique**, à l'interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d'offrir une lecture critique des événements.

### Méthodologie et sources

Ce texte respecte la distinction fondamentale entre **faits vérifiés et analyses interprétatives**. La règle de méthode est constante : une information factuelle n'est publiée que si une source vérifiable la porte, et les sources effectivement utilisées par cet article sont listées sous **Sources**, jamais ici.

**Familles de sources primaires** retenues par la publication, quand le dossier en comporte : communiqués officiels des gouvernements et institutions internationales, déclarations publiques des dirigeants politiques, rapports d'organisations intergouvernementales, dépêches d'agences de presse internationales reconnues.

**Familles de sources secondaires** : publications spécialisées, médias d'information reconnus internationalement, analyses d'institutions de recherche établies, rapports d'organisations sectorielles.

Quand un article cite des données statistiques, économiques ou géopolitiques, elles proviennent d'institutions productrices de données (organisations intergouvernementales, banques centrales, instituts statistiques nationaux), et l'institution exacte est nommée sous **Sources**.

### Nature de l'analyse

Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une **synthèse critique et contextuelle** basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d'experts cités dans les sources consultées.

Mon rôle est d'interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et économiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l'observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs globaux.

Cet article décrit un état documenté à sa date de publication, et non une prédiction : une évolution ultérieure peut en déplacer les perspectives. Aucune mise à jour n'est promise d'avance; lorsqu'un article est corrigé ou complété, la modification est datée dans le texte.

## Sources

### Sources primaires

- [Inkl/New York Times — Trump team wanted to suspend Constitutional right to deport more immigrants, memo reveals — 15 juin 2026](https://www.inkl.com/news/trump-team-wanted-to-suspend-constitutional-right-to-deport-more-immigrants-memo-reveals)

- [Newsmax — Contexte politique de l'administration Trump — janvier 2026](https://www.newsmax.com/newsfront/michael-cohen-donald-trump-courts/2026/01/17/id/1242495/)

### Sources secondaires

- [The Lens NOLA — ICE et les ordonnances judiciaires d'immigration — juin 2026](https://thelensnola.org/2026/06/10/ice-defies-federal-judge-by-re-detaining-elderly-louisiana-man-rushing-him-to-deportation-flight/)

- [New York Times — Déportations vers des pays tiers sous Trump — juin 2026](https://www.nytimes.com/2026/06/08/world/africa/trump-deportation-us-judge-congo-colombia.html)

- [Democracy Docket — Contexte judiciaire fédéral administration Trump — 2026](https://www.democracydocket.com/news-alerts/judge-probes-whether-trump-defrauded-the-court-to-create-1-8-billion-anti-weaponization-fund/)

- [Foreign Policy — Politique migratoire et droits fondamentaux 2026](https://foreignpolicy.com/)

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Source : Maxime Marquette, MadMax. Pour citer ce texte, nommer l’auteur et lier https://mad-max.co/fr/article/lettre-ouverte-m-miller-votre-memo-sur-l-habeas-corpus-est-la-preuve-d-une-tenta
