# LETTRE OUVERTE : Monde, ne détourne pas les yeux d'El-Obeid comme tu l'as fait d'El-Fasher

> Introduction : une ville assiégée, un monde qui regarde ailleurs

- Auteur: Maxime Marquette
- Publication: MadMax (https://mad-max.co)
- Rubrique: Lettre ouverte
- Publié: 2026-07-03
- Adresse à citer: https://mad-max.co/fr/article/lettre-ouverte-lettre-ouverte-monde-ne-detourne-pas-les-yeux-del-obeid-comme-tu-las-fait-del-fasher

## Introduction : une ville assiégée, un monde qui regarde ailleurs

### À vous qui lisez ces lignes depuis un endroit sûr

Je vous écris cette lettre ouverte depuis mon bureau, loin des combats, conscient du privilège que représente cette distance alors que **500 000 habitants** d'**El-Obeid**, capitale de l'État du **Kordofan-Nord** au **Soudan**, vivent aujourd'hui sous la menace directe d'une offensive terrestre des **Forces de soutien rapide**, mieux connues sous l'acronyme **RSF**.

Le **20 juin 2026**, le **Conseil de sécurité des Nations unies** a exprimé son alarme face à des rapports faisant état de renforts militaires substantiels du **RSF** autour de la ville, avertissant explicitement d'un **risque imminent d'atrocités de masse** si l'offensive redoutée venait à se concrétiser.

### Pourquoi cette lettre, pourquoi maintenant

J'écris cette lettre parce que le monde a déjà vu ce scénario se dérouler il y a quelques mois à peine à **El-Fasher**, dans la région du **Darfour**, où un siège de **dix-huit mois** s'est terminé en octobre dernier par des tueries qui ont coûté la vie à environ **6 000 personnes** en trois jours seulement, des actes que l'**ONU** et plusieurs observateurs des droits humains ont qualifiés d'une gravité comparable aux pires crimes de l'histoire moderne.

Cette lettre s'adresse à quiconque croit encore que la diplomatie internationale peut prévenir l'horreur avant qu'elle ne se produise, plutôt que de se contenter, comme trop souvent, de la déplorer une fois le mal accompli.

## Ce qui s'est réellement passé à El-Fasher

### Dix-huit mois de siège avant l'effondrement

La ville d'**El-Fasher**, dans le **Darfour**, est devenue synonyme d'atrocités de masse après avoir subi un siège de **dix-huit mois** imposé par les forces du **RSF**, un blocus qui a progressivement affamé et isolé une population civile prise au piège entre deux factions armées sans considération pour la vie humaine.

Lorsque la ville est finalement tombée à la fin du mois d'**octobre 2025**, les combattants du **RSF** ont tué environ **6 000 personnes** en l'espace de trois jours à peine, une vitesse d'exécution qui témoigne d'une intention systématique plutôt que d'un simple débordement de violence de guerre.

### Des estimations qui varient mais qui restent accablantes

Les estimations du bilan humain de l'ensemble de la guerre civile soudanaise varient considérablement, allant de **40 000** à **250 000 morts** selon les sources, un écart qui illustre à quel point il demeure difficile d'obtenir des chiffres fiables dans un pays où les combats se poursuivent sans relâche depuis **avril 2023**.

Ce qui demeure incontestable, en revanche, c'est que plus de **14 millions de personnes** ont été déplacées à l'intérieur du **Soudan** et dans les pays voisins selon les Nations unies, faisant de cette guerre la plus vaste crise humanitaire et de déplacement au monde à l'heure actuelle.

## El-Obeid, prochaine cible d'un scénario déjà écrit

### Une ville stratégique au carrefour du pays

**El-Obeid** occupe une position stratégique cruciale au carrefour du **Soudan** central, entre **Khartoum** et la région occidentale du **Darfour**, ce qui en fait une plaque tournante essentielle pour les mouvements de troupes ainsi que pour l'acheminement des fournitures militaires et humanitaires.

La ville, sous le contrôle des **Forces armées soudanaises** depuis **février 2025**, abrite une base militaire importante ainsi qu'un aérodrome militaire, des infrastructures qui expliquent l'intérêt stratégique majeur que représente sa capture éventuelle pour le **RSF**.

### Un intérêt qui dépasse la simple logique militaire

Selon l'analyste **Hager Ali**, de l'institut allemand **GIGA**, si le **RSF** parvenait à reprendre **El-Obeid**, il profiterait non seulement de ses infrastructures urbaines et de son lucratif commerce de gomme arabique, mais pourrait également transformer la ville en base arrière stratégique pour le lancement de **drones** vers d'autres cibles à travers le pays.

Cette dimension logistique explique pourquoi l'arrivée de la **saison des pluies** en **juillet** rend la situation encore plus urgente: la trajectoire des drones de combat devient moins prévisible durant cette période, poussant le **RSF** à vouloir sécuriser une base opérationnelle plus proche de ses cibles avant que les conditions météorologiques ne compliquent ses opérations.

## Les voix qui refusent le silence

### L'avertissement du secrétaire général de l'ONU

Le porte-parole du secrétaire général des **Nations unies**, **António Guterres**, a averti au début du mois de **juin** que le monde ne devait pas permettre que les horreurs d'**El-Fasher** se répètent à **El-Obeid**, une déclaration qui traduit une inquiétude sincère mais qui, à elle seule, ne suffira jamais à arrêter un assaut si les acteurs armés décident de passer à l'action.

Cette mise en garde s'inscrit dans une série d'avertissements similaires émis par le **Conseil de sécurité**, plusieurs pays européens et les **États-Unis**, qui ont tous signalé le **risque imminent d'atrocités de masse** à mesure que les effectifs du **RSF** se concentraient autour de la ville.

### Kenneth Roth et l'accusation d'intention délibérée

**Kenneth Roth**, ancien directeur exécutif de **Human Rights Watch**, a affirmé sans détour qu'il existe toutes les raisons de craindre que le **RSF** poursuive ses atrocités de masse s'il parvient à s'emparer d'**El-Obeid**, ajoutant que ce groupe armé a démontré un mépris total pour la vie civile, au point où tuer délibérément un grand nombre de civils semble constituer son objectif premier plutôt qu'un simple dommage collatéral.

Ces propos, d'une gravité extrême, ne sont pas ceux d'un activiste isolé mais d'un expert reconnu internationalement pour son travail rigoureux de documentation des crimes de guerre à travers le monde, ce qui devrait suffire à alarmer n'importe quel gouvernement occidental encore hésitant à agir.

## Le cri d'alarme soudanais que personne n'écoute vraiment

### Le même scénario, encore et encore

**Amgad Fareid Eltayeb**, conseiller politique et des affaires étrangères auprès du Conseil souverain de transition du **Soudan**, a résumé avec une lucidité glaçante ce sentiment de répétition tragique en affirmant que le monde observe le même scénario se reformer autour d'**El-Obeid**, avec le même vocabulaire d'alarme et la même phrase de clôture rappelant que le monde regarde.

Selon lui, les avertissements précédents ont échoué non pas par manque de preuves, mais parce qu'ils n'ont jamais été véritablement conçus pour devenir de la prévention, une accusation dévastatrice envers l'ensemble de l'architecture diplomatique internationale censée protéger les populations civiles.

### Une dénonciation directe des complicités extérieures

**Eltayeb** va plus loin en affirmant que chaque déclaration de la communauté internationale qui déplore l'atrocité à venir sans nommer son financier ne constitue pas un pas vers la prévention, mais un pas pour l'éviter, une critique cinglante qui vise implicitement les soutiens extérieurs du **RSF**, notamment les **Émirats arabes unis**, accusés par plusieurs organisations de financer et d'armer ce groupe.

**Philippe Dam**, directeur du plaidoyer européen de **Human Rights Watch**, a directement demandé que les responsables de ce financement soient sanctionnés, affirmant que les **Émirats arabes unis** portent une responsabilité prouvée dans l'alimentation du conflit et des atrocités commises par le **RSF**.

## Les sanctions occidentales, un outil sous-utilisé

### Ce qui a déjà été fait, timidement

Les **États-Unis** ont sanctionné les deux généraux rivaux, **Abdel Fattah al-Burhan** des **Forces armées soudanaises** et **Mohamed Hamdan Dagalo**, surnommé **Hemedti**, à la tête du **RSF**, dès **janvier 2025**, une mesure qui s'est ensuite étendue à plusieurs individus liés aux deux factions.

L'**Union européenne** a également sanctionné des individus et des entités liées aux deux camps du conflit, mais les **Nations unies** elles-mêmes n'ont jamais sanctionné les deux généraux ni leurs organisations respectives dans leur ensemble, une lacune institutionnelle majeure qui limite considérablement la portée de la pression internationale.

### Ce qu'il faudrait faire, immédiatement

**Philippe Dam** soutient que des sanctions immédiates pourraient encore aider à protéger les civils et à prévenir de nouvelles atrocités, une position partagée par **Eltayeb**, qui va jusqu'à réclamer la désignation officielle du **RSF** comme organisation terroriste afin de compliquer davantage le soutien financier que lui apportent ses bailleurs extérieurs.

Ces demandes, aussi raisonnables soient-elles sur le plan moral, se heurtent systématiquement aux calculs géopolitiques et économiques des puissances régionales impliquées, un obstacle qui explique pourquoi le monde continue de répéter les mêmes erreurs face à des crises humanitaires pourtant parfaitement documentées.

## Les armes du silence: drones et désinformation

### Une guerre de drones qui tue sans discernement

Les **drones** sont devenus une arme centrale pour les deux factions du conflit soudanais, et selon l'agence des droits humains des **Nations unies**, plus de **1 000 civils** ont été tués dans des frappes de drones entre **janvier et mai 2026** seulement, un chiffre qui illustre l'ampleur de la violence infligée à une population qui n'a rien demandé de tout cela.

Cette escalade technologique rend la protection des civils encore plus difficile, les drones pouvant frapper des cibles éloignées avec une précision qui, paradoxalement, ne semble jamais épargner les populations civiles malgré les capacités techniques qui permettraient pourtant d'éviter ce type de dommage.

### Deux gouvernements qui revendiquent tous deux le pays entier

**Hemedti** a établi son propre **gouvernement de paix et d'unité** dans les zones sous son contrôle en **2025**, revendiquant, à l'instar du général **al-Burhan**, une juridiction sur l'ensemble du **Soudan**, une division institutionnelle qui complique davantage toute perspective de résolution négociée du conflit.

Le **Conseil de sécurité** a explicitement réitéré son rejet de toute autorité gouvernante parallèle dans les zones contrôlées par le **RSF**, une position ferme sur le plan diplomatique mais qui reste, en pratique, sans effet concret sur le terrain où les combats se poursuivent.

## L'appel humanitaire ignoré du Conseil de sécurité

### Des demandes précises restées sans réponse

Le **Conseil de sécurité des Nations unies** a explicitement demandé que le **RSF** cesse immédiatement son assaut sur **El-Obeid**, exigeant également que toutes les parties au conflit protègent les civils et respectent le droit international humanitaire, conformément aux engagements pris dans le cadre de la **Déclaration de Jeddah** signée en **mai 2023**.

Le Conseil a également appelé à ce que tous les abus et violations fassent l'objet d'enquêtes et que les responsables soient tenus de rendre des comptes, une demande qui, malgré sa légitimité, n'a jusqu'à présent produit aucun mécanisme de justice réellement fonctionnel pour les victimes de cette guerre.

### L'accès humanitaire, une question de vie ou de mort

Les Nations unies ont rappelé que toutes les parties doivent permettre et faciliter un accès humanitaire sûr et sans entrave, ainsi qu'un passage sécurisé pour les civils souhaitant fuir les zones de combat, conformément au droit international, une exigence de base qui devrait pourtant aller de soi dans n'importe quel conflit armé.

Le Conseil a par ailleurs exhorté l'ensemble des États membres des **Nations unies** à s'abstenir de toute ingérence extérieure susceptible d'alimenter le conflit et l'instabilité, un appel qui vise directement les puissances régionales soupçonnées de fournir des armes et des financements aux belligérants.

## Le silence complice des grandes puissances régionales

### Des soutiens extérieurs qui alimentent les deux camps

Les **Forces armées soudanaises** bénéficient officiellement du soutien de l'**Égypte**, de la **Turquie**, de la **Russie** et de l'**Iran**, un réseau d'alliances qui illustre à quel point ce conflit soudanais, en apparence local, s'inscrit en réalité dans une compétition géopolitique bien plus large impliquant des puissances autoritaires hostiles aux valeurs occidentales.

De leur côté, les **Émirats arabes unis** nient catégoriquement toute implication dans la guerre ou tout soutien apporté au **RSF**, des dénégations qui contrastent fortement avec les accusations répétées d'organisations de défense des droits humains reconnues internationalement pour la rigueur de leurs enquêtes.

### Une hypocrisie qui coûte des vies humaines

Cette configuration géopolitique complexe, où la **Russie** et l'**Iran** apparaissent du côté des **Forces armées soudanaises**, rappelle une fois de plus que ces régimes autoritaires n'hésitent jamais à s'insérer dans des conflits lointains lorsque leurs intérêts stratégiques ou économiques sont en jeu, indépendamment du coût humain qui en résulte pour les populations civiles.

Face à cette réalité, l'**Occident** ne peut se permettre de traiter le **Soudan** comme une crise secondaire, car chaque conflit où la **Russie** et l'**Iran** étendent leur influence sans opposition ferme constitue un précédent dangereux pour l'ordre international que les démocraties occidentales prétendent défendre.

## Ce que l'histoire d'El-Fasher devrait nous avoir appris

### Les mêmes signaux d'alarme, ignorés une fois de plus

Dans les semaines précédant la chute d'**El-Fasher**, les mêmes types d'avertissements avaient été émis par les mêmes organisations internationales, avec le même vocabulaire d'alarme, et pourtant la ville est tombée, suivie de tueries qui ont choqué le monde entier pendant quelques jours avant de disparaître des grands titres de presse.

Cette répétition presque mécanique des avertissements internationaux, sans que jamais des mesures préventives concrètes ne soient déployées à temps, constitue l'une des accusations les plus graves que l'on puisse porter contre le système multilatéral actuel, incapable de transformer la connaissance d'un danger imminent en action décisive.

### El-Obeid comme test de crédibilité pour la communauté internationale

La situation actuelle à **El-Obeid** représente ainsi un test crucial de crédibilité pour l'ensemble de la communauté internationale: si les mêmes erreurs se répètent, si les mêmes avertissements restent sans suite concrète, alors il deviendra impossible de prétendre que le système des Nations unies dispose encore d'une quelconque capacité de prévention réelle des atrocités de masse.

C'est précisément pour cette raison que chaque voix, aussi modeste soit-elle, compte dans cette bataille pour maintenir l'attention du monde sur une ville de **500 000 habitants** qui risque de connaître le même sort tragique qu'**El-Fasher** si rien ne change dans les prochaines semaines.

## Ce que l'Occident doit exiger maintenant

### Des sanctions ciblées et immédiates

L'**Occident** doit exiger l'imposition immédiate de sanctions ciblées contre les dirigeants du **RSF** ainsi que contre leurs principaux soutiens financiers extérieurs, notamment en clarifiant publiquement le rôle exact que jouent certains États du **Golfe** dans l'alimentation de ce conflit dévastateur.

Ces sanctions doivent s'accompagner d'une pression diplomatique constante sur les **Nations unies** pour qu'elles adoptent enfin des mesures collectives contre les deux généraux rivaux et leurs organisations respectives, plutôt que de se contenter de déclarations de préoccupation renouvelées à chaque nouvelle crise.

### Un engagement humanitaire à la hauteur de l'urgence

Au-delà des sanctions, les démocraties occidentales doivent également renforcer substantiellement leur soutien humanitaire aux **14 millions de personnes déplacées** par ce conflit, en garantissant un financement adéquat aux organisations qui opèrent sur le terrain dans des conditions d'une difficulté extrême.

Cet engagement humanitaire ne doit pas être perçu comme une simple charité, mais comme un investissement essentiel dans la stabilité régionale à long terme, car un **Soudan** effondré et livré aux puissances autoritaires ne servira jamais les intérêts de sécurité de l'**Occident** dans cette partie stratégique de l'**Afrique**.

## Ce que je ne peux pas vous promettre dans cette lettre

### L'incertitude qui demeure sur l'issue de cette crise

Je ne peux pas vous garantir, en écrivant ces lignes, que l'offensive redoutée du **RSF** contre **El-Obeid** se concrétisera effectivement, ni que les scénarios les plus sombres évoqués par les experts et les organisations humanitaires se réaliseront dans les semaines à venir.

Cette incertitude, bien réelle, ne diminue en rien la gravité des signaux d'alarme actuellement observés sur le terrain, mais elle m'oblige à la prudence dans mes affirmations plutôt que de céder à une dramatisation qui desservirait la crédibilité de cette mise en garde.

### Une chose demeure certaine, cependant

Ce qui demeure certain, en revanche, c'est que le monde dispose aujourd'hui de toutes les informations nécessaires pour agir de manière préventive, contrairement à la situation qui prévalait avant la chute d'**El-Fasher**, où l'ampleur du danger n'était peut-être pas aussi clairement documentée qu'elle ne l'est actuellement pour **El-Obeid**.

Cette différence devrait, en toute logique, se traduire par une réponse internationale plus rapide et plus décisive, mais l'histoire récente de la diplomatie face aux crises soudanaises invite malheureusement à un scepticisme prudent quant à cette perspective.

## La comparaison avec l'Ukraine que personne n'ose faire

### Deux guerres, deux niveaux d'attention radicalement différents

Il est impossible d'écrire sur le **Soudan** sans confronter une vérité inconfortable: la guerre en **Ukraine**, avec ses **bombardements russes** quotidiens contre des civils, bénéficie d'une couverture médiatique et d'un engagement diplomatique occidental sans commune mesure avec ce que reçoit le conflit soudanais, pourtant tout aussi meurtrier et tout aussi urgent.

Cette disparité d'attention ne diminue en rien la légitimité du soutien massif accordé à **Kyiv** face à l'agression de **Vladimir Poutine**, mais elle révèle une hiérarchisation implicite des souffrances humaines selon la proximité géographique et stratégique avec l'**Occident**, une réalité que je refuse de justifier même si je la comprends.

### Pourquoi les deux causes ne s'excluent pas mutuellement

Défendre **l'Ukraine** face à la **Russie** et exiger une action concrète pour **El-Obeid** ne constituent pas des priorités concurrentes mais deux facettes du même engagement fondamental envers la protection des populations civiles contre la violence armée, peu importe qui en sont les auteurs ou où elle se produit sur la carte du monde.

Les démocraties occidentales disposent des ressources diplomatiques, financières et institutionnelles nécessaires pour soutenir simultanément ces deux causes, à condition de faire preuve d'une volonté politique qui, jusqu'à présent, semble malheureusement réservée aux conflits jugés géopolitiquement prioritaires.

## Ce que les citoyens ordinaires peuvent encore faire

### Au-delà du désespoir, des gestes concrets existent

Face à l'ampleur apparemment insurmontable de la crise soudanaise, il serait facile de céder au désespoir et de conclure qu'aucune action individuelle ne peut avoir le moindre impact sur le sort d'**El-Obeid**, mais cette résignation elle-même constitue une forme de complicité passive avec l'indifférence générale que je dénonce dans cette lettre.

Soutenir financièrement les organisations humanitaires qui opèrent directement auprès des **14 millions de personnes déplacées**, interpeller ses élus locaux sur la nécessité de sanctions ciblées, et simplement refuser de laisser cette crise disparaître des conversations publiques représentent des gestes modestes mais réels à la portée de chacun.

### Le pouvoir cumulatif de l'attention publique

L'histoire récente démontre que la pression citoyenne, lorsqu'elle s'accumule et se maintient dans la durée, peut effectivement influencer les priorités diplomatiques des gouvernements occidentaux, même sur des dossiers initialement considérés comme secondaires par les cercles de pouvoir traditionnels.

C'est cette conviction, aussi fragile soit-elle, qui justifie la publication de cette lettre ouverte: non pas l'illusion qu'un seul texte changera le cours des événements à **El-Obeid**, mais l'espoir que chaque voix supplémentaire contribue à maintenir cette crise dans le champ de vision d'un monde trop souvent distrait par ses propres priorités.

## Conclusion : une dernière chance d'agir avant l'irréparable

### Le monde a encore le temps, mais plus pour longtemps

La situation à **El-Obeid** n'a pas encore atteint le point de non-retour observé à **El-Fasher**, ce qui signifie qu'il reste encore, techniquement, une fenêtre d'opportunité pour que la pression diplomatique et les sanctions ciblées puissent réellement dissuader le **RSF** de lancer l'offensive redoutée contre cette ville de **500 000 habitants**.

Cette fenêtre, cependant, se referme rapidement à mesure que les renforts militaires du **RSF** continuent de s'accumuler autour de la ville, rendant chaque jour de retard diplomatique plus coûteux en termes de vies humaines potentiellement épargnées ou perdues.

### Un appel final à ne pas répéter les erreurs du passé

Je termine cette lettre ouverte en implorant les dirigeants occidentaux, les Nations unies et l'ensemble de la communauté internationale de ne pas répéter, une fois de plus, l'erreur tragique qui a précédé la chute d'**El-Fasher**, car les Soudanais d'**El-Obeid** ne méritent pas de payer, eux aussi, le prix de l'indifférence internationale.

L'**histoire** jugera sévèrement quiconque avait entre les mains les informations nécessaires pour prévenir une nouvelle tragédie et qui a choisi, malgré tout, de détourner le regard.

**Signé Maxime Marquette, chroniqueur**

## Encadré de transparence du chroniqueur

### Positionnement éditorial

Je ne suis pas journaliste, mais **chroniqueur et analyste**. Mon expertise réside dans l'observation et l'analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.

Je ne prétends pas à l'objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. **Je prétends à la lucidité analytique**, à l'interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d'offrir une lecture critique des événements.

### Méthodologie et sources

Ce texte respecte la distinction fondamentale entre **faits vérifiés et analyses interprétatives**. La règle de méthode est constante : une information factuelle n'est publiée que si une source vérifiable la porte, et les sources effectivement utilisées par cet article sont listées sous **Sources**, jamais ici.

**Familles de sources primaires** retenues par la publication, quand le dossier en comporte : communiqués officiels des gouvernements et institutions internationales, déclarations publiques des dirigeants politiques, rapports d'organisations intergouvernementales, dépêches d'agences de presse internationales reconnues.

**Familles de sources secondaires** : publications spécialisées, médias d'information reconnus internationalement, analyses d'institutions de recherche établies, rapports d'organisations sectorielles.

Quand un article cite des données statistiques, économiques ou géopolitiques, elles proviennent d'institutions productrices de données (organisations intergouvernementales, banques centrales, instituts statistiques nationaux), et l'institution exacte est nommée sous **Sources**.

### Nature de l'analyse

Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une **synthèse critique et contextuelle** basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d'experts cités dans les sources consultées.

Mon rôle est d'interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et économiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l'observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs globaux.

Cet article décrit un état documenté à sa date de publication, et non une prédiction : une évolution ultérieure peut en déplacer les perspectives. Aucune mise à jour n'est promise d'avance; lorsqu'un article est corrigé ou complété, la modification est datée dans le texte.

## Sources

### Sources primaires

- [Deutsche Welle — Le Soudan face au risque de nouvelles atrocités de masse — 25 juin 2026](https://www.dw.com/en/sudan-warnings-mount-over-the-risk-of-new-mass-atrocities/a-77709377)

- [UN News — Le Conseil de sécurité avertit d'un risque d'atrocités de masse à El-Obeid — 20 juin 2026](https://news.un.org/en/story/2026/06/1167773)

### Sources secondaires

- [Council on Foreign Relations — Traceur du conflit soudanais — 2026](https://www.cfr.org/global-conflict-tracker/conflict/power-struggle-sudan)

- [Wikipedia — Siège d'El-Fasher, chronologie et bilan — 2026](https://en.wikipedia.org/wiki/Siege_of_El_Fasher)

- [Al Jazeera — Couverture des conflits internationaux — 2026](https://www.aljazeera.com/tag/ukraine-russia-crisis/)

- [Foreign Policy — Analyses de politique étrangère — 2026](https://foreignpolicy.com/)

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Source : Maxime Marquette, MadMax. Pour citer ce texte, nommer l’auteur et lier https://mad-max.co/fr/article/lettre-ouverte-lettre-ouverte-monde-ne-detourne-pas-les-yeux-del-obeid-comme-tu-las-fait-del-fasher
