# LETTRE OUVERTE : à Damas, une bombe rappelle que la paix syrienne reste un mirage

> Introduction : une explosion qui parle plus fort que les discours

- Auteur: Maxime Marquette
- Publication: MadMax (https://mad-max.co)
- Rubrique: Lettre ouverte
- Publié: 2026-07-03
- Adresse à citer: https://mad-max.co/fr/article/lettre-ouverte-lettre-ouverte-a-damas-une-bombe-rappelle-que-la-paix-syrienne-reste-un-mirage

## Introduction : une explosion qui parle plus fort que les discours

### Un café, une rue, un pays qui retient son souffle

Cher lecteur, j'écris cette lettre ouverte les yeux rivés sur une photo insoutenable: le sol taché de sang d'un **café** de la rue al-Nasser, dans le quartier d'al-Marjah, en plein cœur de **Damas**. Jeudi, vers 15h24 heure locale, un engin explosif y a été déclenché, tuant au moins **neuf personnes** et en blessant vingt autres, selon le **ministère de la Santé syrien** cité par **Al Jazeera**. L'endroit se trouvait à environ quarante mètres du **Palais de justice**, où se tenaient cette semaine les procès de hauts responsables de l'ancien régime de **Bachar al-Assad**, dont celui de l'ex-grand mufti Ahmad Badr al-Din Hassoun.

Je ne prétends pas tout savoir de ce qui s'est joué dans cette rue commerçante. Aucune revendication crédible n'avait été confirmée au moment d'écrire ces lignes, et je me refuse à vous servir des certitudes que je n'ai pas. Mais je sais une chose: ce carnage ne surgit pas du néant. Il s'inscrit dans une trajectoire de **violence** que les observateurs suivaient déjà, semaine après semaine, bien avant que les caméras ne braquent leurs objectifs sur ce **café** dévasté.

### Pourquoi je vous écris directement, à vous qui suivez la Syrie de loin

Je m'adresse à vous en lettre ouverte parce que la tentation, en **Occident**, est grande de classer la **Syrie** dans la case des **conflits oubliés**. Depuis la chute d'**al-Assad** en décembre **2024**, on nous a vendu un récit de transition apaisée, de **parlement naissant**, de **reconstruction** en marche. Le nouveau **parlement syrien**, avec ses 210 membres, doit d'ailleurs prêter serment lundi. Cette bombe tombe un jour après l'annonce des 70 derniers législateurs nommés par le président intérimaire **Ahmad al-Sharaa**. Le hasard du calendrier est glaçant.

Je vous écris donc pour dire une vérité simple: la stabilité syrienne n'est pas acquise, elle se négocie chaque semaine, dans le sang parfois. Et cette réalité doit nous obliger, nous en **Occident**, à ne pas détourner le regard sous prétexte que d'autres crises — **Ukraine**, Gaza, Soudan — monopolisent l'attention médiatique.

## La photographie d'une violence qui refuse de disparaître

### Ce que disent les chiffres du suivi hebdomadaire

Le bulletin de suivi publié le 1er juillet par l'analyste **Charles Lister** sur **Syria Weekly** dresse un tableau nuancé, mais préoccupant. Sur la période du 16 au 30 juin **2026**, le rapport comptabilise **27 décès confirmés** liés à la **violence** à travers le pays, dont environ **15% attribuables à des engins explosifs non explosés (UXO)** — l'héritage empoisonné de plus d'une décennie de guerre civile. Le niveau global de **violence** est redescendu à une moyenne d'environ **13 morts par semaine**, un chiffre comparable à la période de février à fin mai **2026**, après un pic à **19 morts par semaine** observé durant la première moitié de juin.

Ces statistiques, aussi froides soient-elles, racontent une histoire: la **Syrie** n'a jamais quitté un état de **violence** de basse intensité, chronique, qui n'attend qu'une étincelle pour s'embraser à nouveau. Le rapport évoque aussi une persistance du **vigilantisme**, des opérations israéliennes qui pourraient s'étendre, une **région** de **Suwayda** qui continue de se déstabiliser, même si le tempo opérationnel de l'**État islamique** reste à un niveau historiquement bas.

### Suwayda, la faille qui ne se referme pas

Je m'attarde sur **Suwayda** parce que cette province à majorité druze est devenue, ces derniers mois, un symptôme de la fragilité structurelle du nouveau pouvoir syrien. Les tensions communautaires n'y ont jamais vraiment cessé depuis les affrontements meurtriers de l'an dernier, et chaque nouvel incident renforce la méfiance envers **Damas** chez une partie de la **population** druze qui doute de la capacité — ou de la volonté — du **gouvernement** central à la protéger.

C'est cette juxtaposition qui m'inquiète: un pouvoir central qui organise des élections parlementaires et se présente devant les **chancelleries occidentales** comme un partenaire fréquentable, tout en peinant à contrôler la **violence** intercommunautaire dans ses propres provinces périphériques.

## Le Palais de justice, symbole visé ou simple coïncidence géographique

### Des procès qui dérangent

Le choix — ou le hasard — du lieu mérite qu'on s'y arrête. Le **Palais de justice de Damas** abrite depuis plusieurs semaines les procès de figures emblématiques de l'ancien régime. Cette semaine encore, l'ex-grand mufti **Ahmad Badr al-Din Hassoun**, une figure religieuse compromise avec l'appareil répressif d'al-Assad, y comparaissait. Ces procès sont suivis de près par les familles de **victimes**, par les organisations de défense des droits humains, mais aussi par tous ceux qui, dans l'ombre, redoutent que la **justice** transitionnelle syrienne ne remonte trop loin dans la chaîne des responsabilités.

Le gouverneur de **Damas**, **Maher Marwan**, a tenu à rassurer: la situation sécuritaire dans la capitale se serait améliorée ces derniers mois, a-t-il affirmé, tout en admettant qu'il faudra du temps avant que l'**État syrien** puisse garantir une stabilité complète. C'est un aveu rare de la part d'un responsable officiel, et je choisis de le noter à son crédit: il n'a pas cédé à la tentation du déni.

### Ce que je ne peux pas affirmer

Je dois être honnête avec vous: au moment d'écrire ces lignes, aucune organisation n'a revendiqué l'**attentat**, et les autorités syriennes elles-mêmes disent ne pas encore disposer de preuves suffisantes pour identifier un auteur. Toute affirmation catégorique sur un commanditaire — qu'il s'agisse de cellules dormantes de l'État islamique, de loyalistes de l'ancien régime ou d'acteurs **région**aux — relèverait de la spéculation, pas du journalisme. Je refuse de vous fournir une explication rassurante mais fabriquée.

## Le fantôme de l'attentat de l'église, un an plus tard

### Une mémoire encore à vif

Cette **explosion** réveille un souvenir douloureux: l'attaque suicide contre une **église de Damas** en juin **2025**, qui avait fait **25 morts** et avait été revendiquée par un groupe islamiste sunnite, même si les autorités avaient pointé du doigt l'État islamique. Ce précédent illustre une réalité que les nouvelles autorités syriennes peinent à contenir: la capitale, malgré son statut de vitrine du nouveau pouvoir, demeure une cible privilégiée pour quiconque cherche à démontrer que la transition post-Assad reste vulnérable.

Un survivant cité par les médias locaux a raconté avoir couru sur les lieux et vu des corps «étendus sur le sol, entourés de flaques de sang partout», ajoutant que la scène rappelait les **explosion**s vécues par **Damas** durant les presque quatorze années de guerre civile. Cette phrase, à elle seule, dit tout: la mémoire traumatique syrienne n'a pas eu le temps de cicatriser qu'elle est déjà rouverte.

### Une capitale sous surveillance renforcée mais jamais totalement sécurisée

Les forces de **sécurité** ont rapidement bouclé le secteur, redoutant une seconde **explosion** — un scénario classique dans les **attentat**s coordonnés. Cette réaction rapide témoigne d'une professionnalisation certaine des services syriens depuis la chute d'al-Assad, mais elle ne suffit pas à garantir l'imperméabilité de la capitale face à des acteurs déterminés.

## L'ombre portée d'Israël sur le territoire syrien

### Des opérations qui inquiètent au-delà des frontières

Le rapport de **Syria Weekly** évoque des **opérations israéliennes** qui laissent entrevoir une possible expansion. Depuis la chute d'al-Assad, **Israël** a multiplié les frappes contre des cibles militaires syriennes, justifiant son action par la volonté d'empêcher que l'arsenal de l'ancien régime ne tombe entre des mains hostiles, notamment celles de groupes proches de l'**Iran**. Cette dynamique complique davantage la **reconstruction** d'une souveraineté syrienne pleine et entière.

Je le dis avec la nuance que ce dossier exige: comprendre les motivations sécuritaires israéliennes n'équivaut pas à cautionner chaque frappe, ni à minimiser l'impact que ces opérations ont sur une **population** syrienne déjà épuisée par des années de guerre.

### La Syrie, théâtre d'influences croisées

Entre les ambitions israéliennes, les intérêts turcs au nord, les vestiges d'influence iranienne à l'est, et une présence occidentale qui reste timide, la **Syrie** demeure un échiquier **région**al où la souveraineté du **gouvernement** de **Damas** se négocie constamment avec des puissances extérieures. Ce contexte géopolitique alourdit chaque incident sécuritaire d'une portée qui dépasse largement les frontières nationales.

## Pourquoi l'Occident doit rester engagé, sans naïveté

### Le risque du désengagement précoce

Je m'adresse maintenant directement aux **chancelleries occidentales**: le réflexe de vouloir «passer à autre chose» après la chute d'al-Assad serait une erreur stratégique majeure. L'histoire récente du **Moyen-Orient** regorge d'exemples où un désengagement prématuré a permis à des groupes **extrémistes** de se regrouper dans le vide laissé par des transitions politiques inachevées. La **Syrie** post-Assad a besoin d'un accompagnement patient, exigeant, mais constant.

Cela ne signifie pas un blanc-seing pour le **gouvernement** d'**Ahmad al-Sharaa**. Les procès en cours contre les responsables de l'ancien régime doivent être suivis de près pour garantir qu'ils respectent des standards minimaux de **justice** équitable, et non qu'ils deviennent de simples règlements de comptes politiques déguisés en procédure judiciaire.

### Un test de crédibilité pour le nouveau pouvoir syrien

Cette bombe est, d'une certaine manière, un test grandeur nature pour les nouvelles autorités. Sauront-elles enquêter avec rigueur, communiquer avec transparence, et éviter la tentation de désigner un bouc émissaire commode pour clore rapidement le dossier? La réponse à ces questions déterminera en grande partie la confiance que la **communauté internationale** — et surtout les **Syrie**ns eux-mêmes — accorderont à ce **gouvernement** dans les mois à venir.

## Le parallèle qui dérange: quand la démocratie avance sous la menace

### Un parlement qui prête serment sous le choc

L'ironie tragique de ce moment est saisissante: le nouveau **parlement syrien**, composé de 210 membres — 140 élus au cours des huit derniers mois et 70 nommés directement par le président intérimaire — doit prêter serment lundi, quatre jours à peine après cette attaque meurtrière. Ce contraste entre l'avancée institutionnelle et la persistance de la **violence** terroriste illustre à quel point la **transition syrienne** avance sur une corde raide.

Je choisis de saluer, malgré tout, la tenue de ce processus électoral et parlementaire. Ce n'est pas rien, dans un pays qui sortait à peine d'un demi-siècle de dictature dynastique. Mais je refuse de céder à l'euphorie facile: un parlement ne vaut que par sa capacité à produire de la **sécurité** et de la **justice** pour les citoyens qu'il représente.

### La responsabilité de la représentation nationale

Les nouveaux législateurs syriens hériteront d'un dossier sécuritaire explosif — au sens propre. Leur crédibilité dépendra de leur capacité à exiger des comptes des services de **sécurité**, sans pour autant transformer chaque enquête en chasse aux sorcières politique.

## Ce que la Syrie nous apprend sur la fragilité des transitions post-autoritaires

### Un schéma qui se répète ailleurs

La trajectoire syrienne rappelle d'autres transitions post-autoritaires observées ailleurs dans le monde: une chute rapide du régime, un enthousiasme international, puis une phase beaucoup plus longue et douloureuse de **reconstruction** institutionnelle, ponctuée de **violence**s résiduelles. La différence, en **Syrie**, c'est l'ampleur du traumatisme accumulé après plus d'une décennie de guerre civile ayant fait des centaines de milliers de morts.

Cette réalité doit nous rendre humbles face aux prédictions optimistes formulées au lendemain de la chute d'al-Assad. La **reconstruction** d'un **État syrien** fonctionnel, capable de garantir la **sécurité** de ses citoyens sur l'ensemble du territoire, se compte en années, pas en mois.

### L'héritage empoisonné des munitions non explosées

Le chiffre est glaçant: 15% des décès violents recensés récemment en **Syrie** sont attribuables à des **engins explosifs non explosés**, vestiges directs de la guerre civile. Cela signifie que même sans nouvel **attentat**, sans nouvelle offensive militaire, la **Syrie** continuera de tuer ses propres **civils** pendant des années, simplement à cause des munitions abandonnées sur son sol. Le déminage devrait être une priorité absolue de la **communauté internationale**, au même titre que le soutien institutionnel.

## Le rôle ambigu des puissances régionales

### La Turquie, parrain discret mais influent

La **Turquie** demeure l'un des soutiens les plus actifs du nouveau pouvoir syrien, ayant investi massivement dans les relations avec **Damas** depuis la chute d'al-Assad. Cette proximité turque n'est pas neutre: elle s'inscrit dans une stratégie **région**ale plus large visant à contenir l'influence kurde dans le nord-est syrien, une **région** qui demeure elle aussi une source potentielle d'**instabilité**.

Cette dépendance croissante envers Ankara pose une question légitime: la **Syrie** post-Assad parvient-elle réellement à construire une politique étrangère souveraine, ou devient-elle progressivement un protectorat turc de facto?

### L'Iran, absent mais jamais loin

Bien que largement chassé de Syrie après la chute de son allié al-Assad, l'**Iran** continue de représenter une menace latente. Les frappes israéliennes visant à empêcher la reconstitution de réseaux pro-iraniens sur le sol syrien témoignent de la persistance de cette inquiétude, partagée par la plupart des **chancelleries occidentales**.

## Les leçons que Kyiv et Damas partagent, malgré tout

### Deux nations, une même vulnérabilité face à la terreur

Il peut sembler audacieux de comparer la Syrie à l'**Ukraine**, mais un fil conducteur les relie: toutes deux illustrent comment des **population**s civiles paient le prix fort d'ambitions géopolitiques qui les dépassent. Comme les Ukrainiens sous les bombardements russes, les Syriens de **Damas** savent que la normalité peut voler en éclats en une fraction de seconde, dans un **café**, un marché, une église.

Cette comparaison n'efface pas les différences fondamentales entre les deux conflits — l'un marqué par une invasion étrangère massive orchestrée par **Vladimir Poutine**, l'autre par un effondrement interne suivi d'une transition chaotique. Mais elle rappelle une vérité universelle: la **sécurité** civile est le socle sans lequel aucune **reconstruction** n'est possible.

### Le prix de l'indifférence sélective

Je m'inquiète de voir l'attention occidentale se répartir selon une hiérarchie implicite des souffrances, où l'**Ukraine** occupe (à raison) le sommet de l'agenda diplomatique, tandis que la **Syrie**, le Soudan ou d'autres crises glissent progressivement vers l'oubli médiatique. Cette hiérarchisation, aussi compréhensible soit-elle stratégiquement, a un coût humain que nous refusons trop souvent de regarder en face.

## Ce que devrait faire, concrètement, la communauté internationale

### Un soutien conditionnel mais réel à la justice transitionnelle

L'**Occident** devrait accompagner les procès en cours contre les responsables de l'ancien régime, en insistant sur des standards internationaux de procédure équitable, tout en fournissant une expertise technique en matière d'enquête antiterroriste. Ce soutien ne doit pas être un chèque en blanc, mais un partenariat exigeant.

Un financement accru pour le déminage humanitaire, coordonné avec des organisations spécialisées, sauverait des vies immédiatement, sans attendre la résolution des équilibres politiques plus larges.

### Une diplomatie qui parle aux Syriens, pas seulement à leurs dirigeants

Trop souvent, la diplomatie occidentale se concentre sur les élites au pouvoir sans véritablement écouter les communautés locales, druzes de **Suwayda**, chrétiennes de **Damas**, kurdes du nord-est. Une paix durable exige que chacune de ces voix soit entendue, pas seulement instrumentalisée dans des calculs géopolitiques.

## Le silence assourdissant des grandes puissances rivales

### Moscou, absent mais pas neutre

La **Russie**, ancien parrain militaire d'al-Assad, observe la situation syrienne avec un mélange d'opportunisme et de prudence. Ayant perdu son influence directe après la chute de son allié, **Vladimir Poutine** pourrait néanmoins chercher à exploiter toute nouvelle **instabilité** pour réaffirmer une présence stratégique, notamment autour de ses bases navales sur la côte méditerranéenne syrienne.

Cette realpolitik cynique, typique du **Kremlin**, mérite d'être surveillée de près par les **chancelleries occidentales**, qui ne devraient jamais sous-estimer la capacité de Moscou à se réinviter dans un dossier qu'on croyait clos.

### Pékin, spectateur intéressé

La **Chine**, de son côté, observe la Syrie principalement sous l'angle de ses intérêts économiques **région**aux et de sa volonté plus large de présenter un modèle de stabilité autoritaire comme alternative aux transitions démocratiques chaotiques. Ce narratif chinois, dangereux pour l'ordre international libéral, doit être combattu par une Syrie post-Assad qui prouve, malgré ses difficultés, que la transition vers un État de droit reste possible.

## La responsabilité individuelle face à l'information sur la Syrie

### Résister à la simplification

En tant que chroniqueur, je vous invite à résister à la tentation de tout expliquer par une seule cause. Cette **explosion** pourrait avoir des motivations multiples et enchevêtrées: vengeance liée aux procès en cours, action de cellules dormantes de l'État islamique, ou même conflit local sans lien direct avec la politique nationale. Prétendre connaître la vérité avant l'enquête serait malhonnête.

Je vous encourage à suivre des sources vérifiées, à consulter directement les rapports d'organisations spécialisées comme **Syria Weekly**, et à vous méfier des récits trop nets, trop rapidement diffusés sur les réseaux sociaux dans les heures suivant un **attentat**.

### Le devoir de mémoire pour les victimes anonymes

Les neuf personnes tuées dans ce **café** de la rue al-Nasser ne sont pas des statistiques. Elles avaient des noms, des familles, des habitudes, peut-être un **café** favori qu'elles commandaient chaque jeudi après-midi. Le devoir de mémoire commence par refuser de les réduire à un chiffre dans un bulletin de **sécurité**.

## Le poids spécifique de la diaspora syrienne en Occident

### Des voix qui refusent l'oubli

La **diaspora syrienne**, dispersée entre l'Allemagne, la France, la Suède et les États-Unis, joue un rôle trop souvent sous-estimé dans le maintien de l'attention occidentale sur le dossier syrien. Ce sont ces communautés, souvent elles-mêmes traumatisées par des années d'exil forcé, qui continuent d'alerter les parlements européens et américains sur la fragilité persistante de la transition à **Damas**.

Leur mobilisation citoyenne, à travers pétitions, témoignages devant des commissions parlementaires et campagnes de sensibilisation, mérite d'être reconnue comme un contrepoids essentiel à la fatigue médiatique généralisée envers la Syrie. Sans elles, cette attaque du **café** d'al-Marjah serait probablement déjà reléguée en quelques lignes dans les pages internationales.

### Le rôle des ONG humanitaires sur le terrain

Des organisations comme le **Croissant-Rouge syrien** et diverses ONG internationales continuent d'opérer dans des conditions précaires pour documenter les **violence**s, porter secours aux blessés et alerter sur les besoins criants en matière de déminage. Leur travail, souvent invisible dans les grands médias occidentaux, constitue pourtant la colonne vertébrale de toute réponse humanitaire crédible face à une crise qui, je le répète, est loin d'être terminée.

## Conclusion : la Syrie mérite mieux que notre indifférence

### Un appel à ne pas détourner le regard

Cette lettre ouverte n'a pas de conclusion rassurante à vous offrir. La Syrie post-Assad demeure un chantier immense, traversé de lignes de fracture communautaires, **région**ales et internationales. L'**explosion** du **café** d'al-Marjah n'est ni la première ni, hélas, probablement la dernière alerte de ce type. Mais elle doit nous rappeler que l'histoire syrienne ne s'est pas arrêtée avec la chute d'un tyran.

Je vous demande, à vous qui me lisez depuis l'**Occident**, de ne pas laisser ce dossier glisser vers l'oubli médiatique au prochain cycle d'actualité. Les vies syriennes valent notre attention constante, pas seulement nos gros titres occasionnels.

### Une exigence de vigilance, pas de désespoir

Je termine sur une note d'exigence plutôt que de désespoir: la **transition syrienne** peut encore réussir, à condition que ses dirigeants choisissent la transparence plutôt que le déni, et que la **communauté internationale** maintienne un engagement patient et critique. C'est cette vigilance partagée, syrienne et internationale, qui déterminera si **Damas** connaîtra un jour une paix réelle, et non simplement l'absence provisoire de la prochaine **explosion**.

**Signé Maxime Marquette, chroniqueur**

## Encadré de transparence du chroniqueur

### Positionnement éditorial

Je ne suis pas journaliste, mais **chroniqueur et analyste**. Mon expertise réside dans l'observation et l'analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.

Je ne prétends pas à l'objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. **Je prétends à la lucidité analytique**, à l'interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d'offrir une lecture critique des événements.

### Méthodologie et sources

Ce texte respecte la distinction fondamentale entre **faits vérifiés et analyses interprétatives**. La règle de méthode est constante : une information factuelle n'est publiée que si une source vérifiable la porte, et les sources effectivement utilisées par cet article sont listées sous **Sources**, jamais ici.

**Familles de sources primaires** retenues par la publication, quand le dossier en comporte : communiqués officiels des gouvernements et institutions internationales, déclarations publiques des dirigeants politiques, rapports d'organisations intergouvernementales, dépêches d'agences de presse internationales reconnues.

**Familles de sources secondaires** : publications spécialisées, médias d'information reconnus internationalement, analyses d'institutions de recherche établies, rapports d'organisations sectorielles.

Quand un article cite des données statistiques, économiques ou géopolitiques, elles proviennent d'institutions productrices de données (organisations intergouvernementales, banques centrales, instituts statistiques nationaux), et l'institution exacte est nommée sous **Sources**.

### Nature de l'analyse

Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une **synthèse critique et contextuelle** basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d'experts cités dans les sources consultées.

Mon rôle est d'interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et économiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l'observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs globaux.

Cet article décrit un état documenté à sa date de publication, et non une prédiction : une évolution ultérieure peut en déplacer les perspectives. Aucune mise à jour n'est promise d'avance; lorsqu'un article est corrigé ou complété, la modification est datée dans le texte.

## Sources

### Sources primaires

- [Syria Data Update: violence, Suwayda et opérations israéliennes — Charles Lister, 1er juillet 2026](https://www.syriaweekly.com/p/syria-data-update-july-1-2026)

- [Explosion dans un café de Damas, au moins neuf morts — Al Jazeera, 2 juillet 2026](https://www.aljazeera.com/news/2026/7/2/explosion-heard-in-syrias-capital-damascus-state-media)

### Sources secondaires

- [Bomb Explodes at Damascus Cafe, Killing at Least 6 — The New York Times, 2 juillet 2026](https://www.nytimes.com/2026/07/02/world/middleeast/damascus-cafe-bomb.html)

- [Damascus explosion caused by bomb, state TV says — Euronews, 2 juillet 2026](https://www.euronews.com/2026/07/02/explosion-heard-in-damascus-syrian-state-tv-reports)

- [UN report warns of war crimes in Sudan's El Fasher (contexte régional des transitions violentes) — UN News, 13 février 2026](https://news.un.org/en/story/2026/02/1166960)

- [Contexte des rivalités de puissances observant les transitions fragiles — Reuters, 1er juillet 2026](https://www.reuters.com/world/asia-pacific/china-urges-us-handle-taiwan-issue-with-utmost-caution-2026-07-01/)

---

Source : Maxime Marquette, MadMax. Pour citer ce texte, nommer l’auteur et lier https://mad-max.co/fr/article/lettre-ouverte-lettre-ouverte-a-damas-une-bombe-rappelle-que-la-paix-syrienne-reste-un-mirage
