# LETTRE OUVERTE : Au régime iranien — le MOU du 17 juin n'absout pas vos proxies

> Le 17 juin 2026, l'Iran et les États-Unis ont signé un mémorandum d'entente qui a mis fin aux opérations militaires entre les

- Auteur: Maxime Marquette
- Publication: MadMax (https://mad-max.co)
- Rubrique: Lettre ouverte
- Publié: 2026-06-26
- Adresse à citer: https://mad-max.co/fr/article/lettre-ouverte-au-regime-iranien-le-mou-du-17-juin-n-absout-pas-vos-proxies

## Introduction : Pourquoi écrire cette lettre ouverte maintenant

### Au lendemain d'un accord qui change la donne — mais pas tout

Le **17 juin 2026**, l'**Iran** et les **États-Unis** ont signé un **mémorandum d'entente** qui a mis fin aux opérations militaires entre les deux pays et rouvert le **Détroit d'Ormuz**. C'est un événement diplomatique réel, dont je ne nierai pas l'importance. Mais il y a une conversation que personne ne semble vouloir avoir publiquement — et c'est celle sur les **proxies iraniens** : le **Hezbollah** au Liban, les **Houthis** au Yémen, les milices chiites en Irak et en Syrie. Ces organisations ne font pas partie du MOU comme acteurs signataires, et pourtant le MOU exige leur désarmement de facto.

Je vous écris, dirigeants de la **République islamique d'Iran**, pour poser une question directe et sans détour : êtes-vous réellement prêts à neutraliser vos proxies régionaux en échange de **300 milliards de reconstruction** et d'une levée des sanctions ? Et si oui, pourquoi le 20 juin, à peine trois jours après la signature du MOU, l'**Iran** a-t-il **refermé brièvement le Détroit d'Ormuz** en réponse à de présumées frappes israéliennes au Liban ? Ce geste n'est pas celui d'un partenaire prêt à respecter ses engagements.

### Ce que le MOU dit sur les opérations militaires — et ce que ça signifie pour vos proxies

Le texte du MOU que vous avez signé est explicite : il exige la **cessation immédiate et permanente de toutes les opérations militaires sur tous les fronts**, incluant le **Liban**. La formulation est sans ambiguïté. Toutes les opérations, tous les fronts. Cela inclut le Hezbollah, qui mène des opérations militaires régulières depuis le Liban contre Israël. Cela inclut les Houthis, qui ont ciblé la navigation internationale en mer Rouge. Cela inclut toutes les milices que vous financez, armez et dirigez à travers le Moyen-Orient.

Soit vous contrôlez vos proxies et vous pouvez imposer cette cessation — ce qui signifie que vous devrez l'imposer pour honorer votre signature. Soit vous ne les contrôlez pas entièrement — ce qui signifie que vous avez signé un engagement que vous n'êtes pas en mesure de tenir. Dans les deux cas, la question mérite une **réponse publique honnête**, non des déclarations à géométrie variable selon l'audience.

*Je ne suis pas naïf sur la diplomatie internationale. Je sais que les accords comportent toujours des zones d'ombre et des interprétations contradictoires. Mais quand un accord dit explicitement "tous les fronts" et qu'on ferme le Détroit trois jours plus tard, on n'est plus dans la zone d'ombre — on est dans la violation délibérée.*

## La réalité des proxies : qui décide vraiment de ce que font le Hezbollah et les Houthis ?

### L'architecture du commandement des forces de résistance iranienne

Pour comprendre pourquoi la question des proxies est centrale, il faut comprendre l'architecture du **commandement iranien des forces de résistance**. Les **Gardiens de la Révolution (IRGC)**, et plus spécifiquement leur unité **Force Qods**, coordonnent, financent et équipent les organisations proxies iraniennes à travers le Moyen-Orient. Cette structure de commandement est documentée par des dizaines d'analyses et de rapports de **renseignement**.

Le **Hezbollah libanais** est financé par des centaines de millions de dollars annuels provenant d'**Iran**. Ses arsenaux — des dizaines de milliers de roquettes et de missiles — ont été livrés par l'Iran via la Syrie. Les **Houthis du Yémen** ont reçu des technologies de missiles balistiques et des systèmes de **drones** iraniens qui leur ont permis de cibler des navires en mer Rouge. Ces faits sont documentés et incontestables.

### La doctrine de la distance stratégique : Téhéran peut-il vraiment dire non ?

La question délicate est la suivante : les proxies iraniens obéissent-ils réellement à Téhéran lorsque Téhéran leur donne un ordre qui contredit leurs propres intérêts ? La réponse honnête est : **probablement oui pour les grands ordres stratégiques, mais pas nécessairement pour les opérations tactiques quotidiennes**. Le Hezbollah a ses propres dirigeants, sa propre base de soutien libanaise, ses propres calculs politiques internes. Il n'est pas une marionnette qui obéit mécaniquement à chaque instruction de Téhéran.

Mais la doctrine iranienne de la distance stratégique — maintenir une plausible dénégation par rapport aux actions des proxies — est une chose. Signer un accord international qui exige la cessation de leurs opérations en est une autre. Vous ne pouvez pas simultanément prétendre ne pas contrôler le Hezbollah et signer un accord qui engage l'**Iran** à arrêter ses opérations. Ces deux positions sont **mutuellement incompatibles**.

*La dénégation plausible, c'est un outil de politique étrangère. Mais quand vous signez un accord qui s'applique "à tous les fronts", vous avez choisi votre camp — vous avez accepté la responsabilité. On ne peut pas signer un accord et continuer à prétendre ne pas contrôler ses alliés quand ça vous arrange.*

## La question du Liban : ce que la fermeture du 20 juin révèle

### Trois jours après le MOU, l'Iran ferme le Détroit — pourquoi ?

Le **20 juin 2026**, soit trois jours seulement après la signature du MOU, l'**Iran** a **fermé brièvement le Détroit d'Ormuz** en réponse à ce que Téhéran présentait comme de présumées **frappes israéliennes au Liban**. Cette décision unilatérale de fermer le Détroit — qui transgresse directement les termes du MOU sur la cessation des opérations militaires — mérite une réponse sérieuse.

Si des frappes israeliennes au Liban justifient la fermeture du Détroit, alors le MOU n'a aucune valeur. Il devient un document conditionnel : l'Iran le respectera tant qu'Israël ne frappera pas ses proxies. Mais Israël n'est pas signataire du MOU. Il a ses propres droits d'autodéfense face aux opérations du Hezbollah. Si chaque frappe israeliennes contre le Hezbollah autorise l'Iran à violer le MOU, alors cet accord est condamné à mort dès sa naissance.

### La question directe sur le Hezbollah

Voici la question directe que je vous pose, dirigeants de Téhéran : êtes-vous prêts à exiger du **Hezbollah** qu'il cesse ses opérations militaires contre Israël, comme le MOU l'exige ? Pas dans six mois, pas progressivement, pas avec des conditions. Maintenant. Parce que c'est ce que vous avez signé. L'accord dit **cessation immédiate et permanente**. Ces deux mots — immédiate et permanente — ne laissent pas beaucoup de place à l'interprétation créative.

Si la réponse est non — si vous n'êtes pas prêts à imposer la cessation des opérations du Hezbollah — alors soyez honnêtes à ce sujet. Dites à Washington que le MOU exclut implicitement le théâtre libanais. Dites-le publiquement. Parce que signer un accord en sachant que vous ne pouvez ou ne voulez pas respecter une de ses clauses centrales est une **mauvaise foi diplomatique** qui fragilise non seulement cet accord, mais tous les futurs accords avec vous.

*La transparence diplomatique n'est pas une faiblesse. Parfois, dire clairement ce qu'on ne peut pas faire est plus utile que de signer un accord qu'on sait ne pas pouvoir respecter. L'honnêteté des limites permet de construire des accords réalistes. Le mensonge des engagements intenables détruit la confiance pour des décennies.*

## Les Houthis au Yémen : une autre zone d'ombre du MOU

### La mer Rouge, les navires commerciaux et la promesse de cessation

Si le Hezbollah est la principale force proxy iranienne au Liban, les **Houthis** au Yémen sont la principale menace iranienne à la navigation internationale. Depuis fin 2023, les Houthis ont ciblé des dizaines de navires commerciaux en **mer Rouge**, perturbant les routes commerciales mondiales et forçant des détournements coûteux autour du Cap de Bonne Espérance. Ces attaques ont été rendue possibles par les technologies de missiles et de drones fournis par l'**Iran**.

Le MOU du 17 juin exige la cessation de **toutes les opérations militaires sur tous les fronts**. Cela inclut théoriquement les attaques houthies contre la navigation en mer Rouge. Mais depuis la signature du MOU, aucune annonce publique n'a été faite sur une instruction iranienne aux Houthis de cesser leurs opérations maritimes. Ce silence est lui aussi un message — et ce message est préoccupant pour la durabilité de l'accord.

### Les fonds gelés comme levier pour les proxies : la logique de Téhéran

Il y a une logique dans la position iranienne sur les proxies que je veux reconnaître honnêtement. Les **fonds gelés iraniens** et la levée des sanctions dépendent d'un accord final. Tant que cet accord final n'est pas signé, Téhéran garde ses proxies comme **police d'assurance** — si les négociations échouent, il peut reprendre la pression régionale. C'est une logique de négociation compréhensible, même si elle est moralement inacceptable pour les populations civiles qui paient le prix des opérations des proxies.

Je vous demande de reconnaître publiquement cette logique et de proposer une solution alternative. Si vous voulez que Washington vous fasse confiance, montrez que vous pouvez respecter vos engagements **avant** d'avoir reçu la totalité des concessions. Un geste de bonne foi unilatéral — une instruction publique au Hezbollah de suspendre ses opérations pendant les 60 jours de négociation — serait la démonstration la plus puissante de votre sérieux.

*Garder ses proxies comme police d'assurance, c'est la logique d'un négociateur méfiant. C'est compréhensible. Mais c'est aussi la raison pour laquelle personne n'a confiance dans les accords avec l'Iran. La confiance se construit par des actes, pas par des textes. Un geste unilatéral aurait plus de valeur que dix rounds de négociation.*

## Ce que les 300 milliards de reconstruction signifient vraiment pour votre peuple

### La réalité économique iranienne en juin 2026

Je m'adresse maintenant à la question centrale pour la population iranienne : les **sanctions** ont causé des souffrances réelles et documentées au peuple iranien. L'**inflation**, la pénurie de médicaments, la chute du **rial iranien**, les difficultés d'accès aux technologies médicales — ce sont des réalités que des millions d'Iraniens vivent au quotidien. La promesse de **300 milliards de reconstruction** est une perspective économique transformatrice pour un pays qui en a désespérément besoin.

Mais cette promesse reste conditionnelle à un accord final sur le nucléaire. Et la principale obstruction à cet accord final, aujourd'hui, ce sont vos proxies régionaux et votre refus apparent de respecter pleinement la clause de cessation de toutes les opérations. En maintenant cette obstruction, vous privez votre peuple d'une perspective économique réelle. Ce n'est pas Washington qui obstrue la reconstruction iranienne — c'est votre propre politique des proxies.

### L'impasse entre le peuple iranien et le régime des mollahs sur les priorités

Voici ce qui est documenté : les **soulèvements populaires** en Iran depuis 2019, et en particulier depuis les protestations de **2022-2023** après la mort de **Mahsa Amini**, ont montré que des millions d'Iraniens veulent la liberté, la prospérité et la normalité — pas la guerre régionale permanente. Le soutien de la majorité de la population iranienne au financement du Hezbollah et des Houthis est loin d'être acquis. Beaucoup de vos citoyens préféreraient que ces milliards de dollars aillent à leur santé, leur éducation et leur infrastructure.

En refusant de respecter les termes du MOU sur les proxies, vous faites le choix de la **politique régionale autoritaire** contre la volonté économique et sociale de votre peuple. C'est votre droit souverain, aussi regrettable soit-il. Mais ne prétendez pas que ce choix sert l'intérêt du peuple iranien — il sert l'intérêt du régime des **Gardiens de la Révolution**.

*Le peuple iranien mérite mieux que d'être pris en otage entre un régime qui utilise ses proxies comme outil de puissance régionale et des sanctions occidentales qui punissent l'ensemble de la population pour les choix d'une élite. La paix et la reconstruction sont possibles — si le régime choisit son peuple plutôt que ses milices.*

## La Corée du Nord et la Russie regardent : les implications globales

### Un précédent dangereux si les proxies ne sont pas contrôlés

La **Corée du Nord** et la **Russie** observent attentivement les termes accordés à Téhéran dans le MOU. Si l'Iran parvient à obtenir la levée des sanctions et **300 milliards de reconstruction** tout en maintenant ses proxies actifs et en refusant de démanteler son programme d'enrichissement nucléaire, cela envoie un message catastrophique à tous les acteurs de l'axe autoritaire global : l'escalade récompense, la confrontation paie, et les démocraties occidentales cèdent sous la pression.

Pyongyang tirera la leçon que sa **nucléarisation** est la meilleure garantie de sa survie et le meilleur instrument de négociation avec Washington. Moscou se rappellera que maintenir la pression militaire en Ukraine peut éventuellement forcer une négociation avantageuse. Et Pékin calculera que la fermeté paie mieux que la coopération. C'est le monde que vous créez si vous ne respectez pas les termes du MOU.

### La crédibilité de l'Occident en jeu

L'**Occident** a lui aussi des responsabilités dans cette équation. Si Washington offre à l'Iran des concessions majeures — levée des sanctions, **300 milliards** — sans obtenir des garanties sérieuses sur les proxies et le nucléaire, c'est la crédibilité de toute la politique de sanctions occidentale qui est fragilisée. Les alliés qui ont maintenu des positions difficiles sur l'Iran se retrouveront face à une trahison de leur confiance. Et les futurs accords de contrôle des armements avec d'autres acteurs deviendront encore plus difficiles à négocier.

La **crédibilité des engagements internationaux** est un bien commun qui se construit sur des décennies et se détruit en quelques mauvaises décisions. Un accord Iran-USA qui ne respecte pas ses propres termes sur les proxies sera pire qu'une absence d'accord — il créera l'illusion d'une solution sans en fournir la substance.

*Le prix de la complaisance occidentale avec les violations des accords iraniens sera payé non pas par Washington mais par les populations qui vivent sous la menace des proxies : les Libanais, les Yéménites, les Israéliens. Et à terme, par la crédibilité de toute architecture internationale de contrôle des armements. Le coût de la naïveté diplomatique est toujours payé par les populations civiles.*

## Ce que le MOU exige concrètement — et pourquoi c'est possible

### Les 60 jours comme fenêtre pour un changement de comportement visible

Je terminerai cette lettre ouverte sur une note non pas de condamnation mais d'invitation. Les **60 jours** qui suivent la signature du MOU sont une fenêtre réelle pour démontrer votre sérieux. Une **instruction publique au Hezbollah de suspendre ses opérations** pendant les 60 jours serait un signal puissant. Un engagement iranien formel à ne pas interférer avec la navigation en mer Rouge pendant les négociations serait un autre signal. Ces gestes ne coûtent rien sur le plan nucléaire — ils ne préjugent pas de l'issue des négociations sur l'enrichissement.

Ce qu'ils achèteraient, en revanche, est considérable : la crédibilité que vous n'avez pas aux yeux de Washington, de Bruxelles et de Jérusalem. La confiance qui conditionne le déblocage des **avoirs iraniens gelés**. Et la démonstration à votre propre peuple que vous choisissez la reconstruction sur la confrontation. Ces gestes sont à votre portée. La question est de savoir si vous avez la volonté politique de les poser.

### L'alternative : un accord mort-né et un retour à la confrontation

L'alternative est claire. Si vous maintenez vos proxies actifs, si vous continuez à interpréter le MOU de manière à exclure vos obligations sur les fronts libanais et yéménite, si vous fermez le Détroit à chaque provocation perçue d'Israël — le MOU mourra de sa propre mort dans les **60 jours**. Washington n'aura pas d'autre choix que de revenir aux sanctions renforcées. Vos 300 milliards s'évaporeront. Et l'Iran retournera à l'isolement — plus méfiant, plus armé, et avec moins d'options diplomatiques qu'aujourd'hui.

Ce n'est pas l'avenir que votre peuple souhaite. Ce n'est pas l'avenir que je vous souhaite. Mais c'est l'avenir que votre politique actuelle des proxies prépare activement.

*Je n'écris pas cette lettre pour condamner. J'écris pour interpeller. Les 60 jours sont une chance réelle — peut-être la dernière avant longtemps. La choisir, c'est choisir son peuple contre son appareil de pouvoir régional. C'est un choix difficile. Mais c'est le bon choix.*

## La crédibilité internationale de l'Iran : ce qui se joue au-delà du Moyen-Orient

### Le regard de la communauté internationale sur Téhéran en juin 2026

Il y a quelque chose d'irréversible dans la manière dont **la réputation internationale de l'Iran** s'est construite depuis 2020. Chaque **attaque des Houthis en mer Rouge**, chaque **opération du Hezbollah au Liban**, chaque fermeture menaçante du **Détroit d'Ormuz** a ajouté une couche supplémentaire de méfiance dans les chancelleries occidentales. Ce n'est pas une question d'idéologie — c'est une question de calcul stratégique. Les diplomates européens, américains, même arabes modérés se posent tous la même question : **l'Iran peut-il être un partenaire fiable ?** La réponse, aujourd'hui, est un non retentissant dans la plupart des salles de réunion que je connais.

Le **MOU signé le 17 juin 2026** a ouvert une brèche dans ce mur de méfiance. Une brèche étroite, provisoire, conditionnelle — mais une brèche. **Les 300 milliards de dollars de reconstruction** évoqués lors des négociations ne sont pas un chèque en blanc : ils sont conditionnés à des comportements. Le **Détroit d'Ormuz rouvert**, qui achemine **20 % des approvisionnements mondiaux en pétrole**, est devenu en une journée le symbole de ce que l'Iran pourrait être s'il choisissait la coopération plutôt que la confrontation. Mais une journée ne fait pas une doctrine. Et c'est là que réside le défi central de votre crédibilité à reconstruire.

### Ce que les alliés de l'Iran pensent vraiment du MOU

Il serait naïf de croire que la **Russie, la Chine et la Corée du Nord** voient le MOU comme une bonne nouvelle pour leurs intérêts. Moscou a besoin d'un Iran engagé dans la confrontation avec l'Occident pour maintenir la pression géopolitique qui dilue les sanctions russo-ukrainiennes. **Pékin** calcule froidement : un Iran normalisé, c'est potentiellement un Iran moins dépendant des routes commerciales chinoises. **Pyongyang** surveille parce que tout accord qui légitime la pression américaine sur les États voyous fragilise son propre modèle de résistance. Ces trois capitales n'encourageront pas Téhéran à honorer le MOU. Elles feront le contraire : elles alimenteront les factions iraniennes qui voient dans l'accord une capitulation.

C'est pourquoi, dans cette lettre, je vous demande d'écouter non pas Moscou ou Pékin, mais votre propre peuple. Les **Iraniens qui font la queue pour l'essence**, qui voient leur **monnaie s'effondrer**, qui lisent les chiffres de l'**inflation alimentée par la guerre et les sanctions** — ce sont eux qui paient le prix de votre politique régionale. **Les proxies coûtent cher**. Le Hezbollah coûte cher. Les Houthis coûtent cher. Et pendant que ces milliards partent financer des arsenaux à l'étranger, les villes iraniennes attendent des **investissements** qui ne viennent pas.

*Je ne prétends pas comprendre la complexité interne du pouvoir à Téhéran. Mais je comprends ce que signifie choisir l'appareil militaire sur le bien-être populaire. C'est un choix que des régimes ont fait avant l'Iran — et dont l'histoire n'a gardé que les ruines.*

### Le prix réel de l'ambiguïté sur les proxies pour les négociations futures

Une dernière pensée, avant la conclusion, sur les **négociations nucléaires** qui devront suivre le MOU. L'accord intérimaire de **60 jours** n'est qu'une première étape. Pour qu'un **accord permanent** voie le jour — un accord qui lève définitivement les sanctions, qui intègre l'Iran dans les circuits financiers internationaux, qui permette les **300 milliards d'investissements de reconstruction** — il faudra que Washington et ses alliés aient confiance dans la parole iranienne. Cette confiance ne se décrète pas. Elle se démontre, mois après mois, par des comportements cohérents. **Le silence de vos proxies pendant 60 jours serait la démonstration la plus puissante que vous pourriez offrir à la table des négociations.**

À l'inverse, si le **Hezbollah tire une seule roquette sur Israël** pendant la période du MOU, si les **Houthis reprennent leurs attaques en mer Rouge**, si le Détroit est de nouveau menacé — c'est l'accord entier qui s'effondre. Pas juste le volet énergie. Tout. Les **20 % du pétrole mondial** qui passent par Ormuz retourneront sous la menace. Les sanctions reprendront. Et l'Iran se retrouvera dans une position encore plus fragile qu'avant le 17 juin. Ce n'est pas une hypothèse théorique : c'est le scénario que préparent activement ceux qui, à Washington et à Tel Aviv, veulent voir le MOU échouer.

*L'histoire de la diplomatie est pleine d'accords qui auraient pu tenir si une seule partie avait choisi, au bon moment, de contrôler ses alliés plutôt que de les laisser agir. Le MOU est peut-être ce moment pour l'Iran. La question est : Téhéran l'a-t-il compris ?*

## Conclusion : Le MOU, une chance que vous pouvez saisir ou laisser passer

### L'appel au respect des engagements pris

Je vous appelle, dirigeants de la **République islamique d'Iran**, à respecter les engagements que vous avez signés le **17 juin 2026**. La cessation de toutes les opérations militaires sur tous les fronts — pas seulement quand ça vous arrange, pas seulement dans les zones où vous n'avez pas d'allié engagé. Sur tous les fronts. C'est ce que vous avez signé. C'est ce que le monde vous regarde faire, ou ne pas faire.

### Ce que j'espère — et ce que je crains

J'espère que les 60 jours permettront un vrai accord — nucléaire, proxies, reconstruction. J'espère que le peuple iranien verra les premières améliorations économiques réelles de ce tournant diplomatique. Mais je crains que la logique du régime ne l'emporte sur les intérêts du peuple. Et si c'est le cas, la responsabilité de l'échec de cet accord sera la vôtre — et vous devrez vivre avec ses conséquences, comme votre peuple devra vivre avec les sanctions renouvelées qui en découleront.

**Signé Maxime Marquette, chroniqueur**

## Encadré de transparence du chroniqueur

### Positionnement éditorial

Je ne suis pas journaliste, mais **chroniqueur et analyste**. Mon expertise réside dans l'observation et l'analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.

Je ne prétends pas à l'objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. **Je prétends à la lucidité analytique**, à l'interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d'offrir une lecture critique des événements.

### Méthodologie et sources

Ce texte respecte la distinction fondamentale entre **faits vérifiés et analyses interprétatives**. La règle de méthode est constante : une information factuelle n'est publiée que si une source vérifiable la porte, et les sources effectivement utilisées par cet article sont listées sous **Sources**, jamais ici.

**Familles de sources primaires** retenues par la publication, quand le dossier en comporte : communiqués officiels des gouvernements et institutions internationales, déclarations publiques des dirigeants politiques, rapports d'organisations intergouvernementales, dépêches d'agences de presse internationales reconnues.

**Familles de sources secondaires** : publications spécialisées, médias d'information reconnus internationalement, analyses d'institutions de recherche établies, rapports d'organisations sectorielles.

Quand un article cite des données statistiques, économiques ou géopolitiques, elles proviennent d'institutions productrices de données (organisations intergouvernementales, banques centrales, instituts statistiques nationaux), et l'institution exacte est nommée sous **Sources**.

### Nature de l'analyse

Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une **synthèse critique et contextuelle** basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d'experts cités dans les sources consultées.

Mon rôle est d'interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et économiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l'observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs globaux.

Cet article décrit un état documenté à sa date de publication, et non une prédiction : une évolution ultérieure peut en déplacer les perspectives. Aucune mise à jour n'est promise d'avance; lorsqu'un article est corrigé ou complété, la modification est datée dans le texte.

## Sources

### Sources primaires

- [Holland et Knight : US-Iran Interim MOU analysis — all fronts cessation — 18 juin 2026](https://www.hklaw.com/en/insights/publications/2026/06/us-iran-interim-agreement-implications-for-the-maritime-industry)

- [BBC : Iran closes Strait Hormuz Lebanon — 20 juin 2026](https://www.bbc.com/news/live/c9wq95g0lx2t)

- [19FortyFive : Iran deal — Russia, China and North Korea are watching — 19 juin 2026](https://www.19fortyfive.com/2026/06/the-iran-deal-doesnt-stop-at-iran-russia-china-and-north-korea-are-watching/)

### Sources secondaires

- [Claw Street Journal : Iran ceasefire and NATO realignment — 21 juin 2026](https://theclawstreetjournal.com/cyber-defense/2026/06/21/iran-ceasefire-china-nato-realignment.html)

- [Automatic Earth : MOU Iran details and proxies — 19 juin 2026](https://www.theautomaticearth.com/2026/06/debt-rattle-june-19-2026/)

- [The National : Russia oil Iran deal sanctions context — 19 juin 2026](https://www.thenationalnews.com/business/energy/2026/06/19/russias-oil-windfall-outlasts-the-uss-wartime-waiver/)

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Source : Maxime Marquette, MadMax. Pour citer ce texte, nommer l’auteur et lier https://mad-max.co/fr/article/lettre-ouverte-au-regime-iranien-le-mou-du-17-juin-n-absout-pas-vos-proxies
