# LETTRE OUVERTE : À ceux qui doutaient encore que l'Ukraine pouvait construire une industrie de guerre

> À vous, responsables politiques européens, journalistes sceptiques, experts qui répétiez depuis deux ans que l'Ukraine manquait de capacités industrielles pour soutenir une guerre d'attrition prolongée. Regardez la fumée noire qui s'élève au-dessus de Moscou depuis le district de

- Auteur: Maxime Marquette
- Publication: MadMax (https://mad-max.co)
- Rubrique: Lettre ouverte
- Publié: 2026-06-27
- Adresse à citer: https://mad-max.co/fr/article/lettre-ouverte-a-ceux-qui-doutaient-encore-que-l-ukraine-pouvait-construire-une

## Introduction : Moscou brûle et le monde doit comprendre pourquoi

### Le matin du 18 juin 2026 au-dessus de Kapotnya

À vous, responsables politiques européens, journalistes sceptiques, experts qui répétiez depuis deux ans que l'**Ukraine** manquait de capacités industrielles pour soutenir une guerre d'attrition prolongée. Regardez la fumée noire qui s'élève au-dessus de **Moscou** depuis le district de **Kapotnya**, à **15 kilomètres du Kremlin**. C'est de la raffinerie pétrolière de **Moscou** qu'elle monte — celle qui fournit jusqu'à **40 % des besoins en carburant de la région capitale russe**. Elle a été frappée le **16 juin 2026**, puis encore le **18 juin**. Deux fois en trois jours. Ce n'est pas une coïncidence, c'est une stratégie.

Cette frappe n'a pas été exécutée avec des missiles fournis par des alliés réticents. Elle a été réalisée avec des drones ukrainiens — des **FP-1 Lyutyi** et d'autres munitions rôdeuses fabriquées en **Ukraine**, selon les analyses d'images ouvertes relayées par **Militarnyi**. Des drones conçus, produits et lancés par une industrie de défense qui n'existait pratiquement pas sous sa forme actuelle il y a **dix-huit mois**. Voilà ce que cette fumée dit. Voilà ce que vous n'avez pas vu venir.

### La transformation industrielle que personne n'a crue possible

En juin **2024**, l'**Ukraine** produisait quelques centaines de drones militaires par mois. En juin **2026**, elle en produit des dizaines de milliers. Les forces ukrainiennes ont reçu des commandes de **150 000 drones** fabriqués en **Ukraine** — livrables avant la fin de l'année. Le **Pays-Bas** a signé un mémorandum de coopération pour financer à hauteur de **250 millions d'euros** la production de drones pour l'**Ukraine**. Ce n'est pas de la philanthropie : c'est la reconnaissance que l'**Ukraine** a développé une compétence industrielle que même les grandes puissances militaires de l'**OTAN** peinent à égaler en vitesse d'itération.

Cette montée en puissance n'est pas que quantitative — elle est qualitative. La frappe du **18 juin** contre la raffinerie de **Kapotnya** a impliqué des **drones Bars**, des missiles hybrides drone-croisière dont la portée estimée atteint entre **350 et 500 miles**, désormais opérationnels sur **Moscou**. Ce sont des systèmes que l'**Ukraine** développait encore en laboratoire il y a dix-huit mois. De la startup à l'arsenal, le cycle a été d'une rapidité stupéfiante.

*À ceux qui ont dit pendant des mois que l'**Ukraine** « ne pouvait pas » industrialiser sa guerre : la raffinerie de **Kapotnya** brûle. Je dis cela sans triomphalisme — des gens souffrent des deux côtés de cette guerre. Mais la réalité des faits impose une révision de tous les pronostics pessimistes sur la capacité ukrainienne à tenir et à frapper.*

## La doctrine industrielle ukrainienne : agile, décentralisée, radicale

### L'économie de l'urgence défensive

L'**Ukraine** a adopté après **2022** une doctrine industrielle de guerre que les économistes du conflit appellent « l'économie de l'urgence défensive ». Elle consiste à accepter des standards industriels moins rigides pour produire vite, à multiplier les sous-traitants et les startups, à déclassifier massivement les spécifications pour permettre l'innovation décentralisée, et à incorporer les retours du champ de bataille en temps quasi réel. Des ingénieurs ukrainiens ont témoigné de cycles d'amélioration de **deux à quatre semaines** — là où les industriels de défense occidentaux comptent en années.

Le nombre et la diversité des types de drones utilisés lors de la frappe du **18 juin** illustrent cette diversité industrielle. Les analystes d'images ouvertes ont identifié au moins **trois types distincts** de drones ukrainiens : **FP-1**, **Lyutyi** et des munitions de type Shahed ukrainien. Chaque type a été développé par une entreprise ou une cellule différente, souvent au départ sous forme de startup, et intégré ensuite dans les chaînes de production. Cette redondance est une force : si un type est neutralisé par des contre-mesures russes, les autres continuent de frapper.

### Les frappes sur Moscou comme banc d'essai à ciel ouvert

La raffinerie de **Kapotnya** est devenue en **2026** le banc d'essai à ciel ouvert de la doctrine ukrainienne des frappes profondes. Elle a été ciblée au moins **quatre fois** depuis **septembre 2024**. La frappe du **16 juin 2026** a endommagé l'unité de distillation primaire **ELOU-AVT-6**, forçant la fermeture de l'usine. La frappe du **18 juin** a aggravé les dégâts. Selon **Reuters**, cité par **Militarnyi**, la raffinerie est peu susceptible de reprendre sa production avant **2027**. Cette installation, qui traite **11,6 millions de tonnes de brut par an** et fournit **50 % du diesel de la région moscovite**, est hors service pour au moins six mois.

Les conséquences sont mesurables. En mai **2026**, **huit des dix plus grandes raffineries russes** avaient été frappées par des drones ukrainiens. La production pétrolière russe a chuté de **13 %** par rapport aux niveaux précédents. La **Russie** a dû envisager d'importer du carburant par voie maritime pour gérer sa pénurie d'essence. Dans un pays exportateur de pétrole, c'est une humiliation stratégique d'une ampleur considérable.

*Ces frappes ne sont pas symboliques. Elles touchent la capacité matérielle de la **Russie** à financer et conduire sa guerre. Chaque raffinerie hors service, c'est moins de recettes pétrolières pour **Moscou**, moins de carburant pour ses blindés, moins de kérosène pour ses avions. La stratégie ukrainienne des frappes économiques profondes est en train de prouver qu'elle fonctionne.*

## La logistique d'une frappe de masse : 200 drones sur Moscou

### La coordination d'une attaque à saturation

La frappe du **18 juin** a mobilisé selon les sources disponibles entre **190 et 200 drones** dirigés vers **Moscou** dans une même nuit. Le **ministère russe de la Défense** a annoncé avoir abattu **555 drones ukrainiens** à l'échelle nationale lors de cette même nuit. Même si ces chiffres sont à prendre avec précaution — la **Russie** a un historique de surestimation de ses interceptions — ils révèlent l'ampleur de l'opération. Organiser une telle frappe, coordonner des centaines de drones de types différents, partis de différents points de lancement, suivant des trajectoires variées pour saturer la défense aérienne — nécessite un commandement opérationnel sophistiqué.

Le **maire de Moscou Sergueï Sobyanine** a reconnu que plusieurs drones avaient atteint la raffinerie malgré l'interception de **194 appareils** en approche de la capitale. La défense en couches multiples de **Moscou** — considérée parmi les plus denses au monde — n'a pas suffi. C'est un message stratégique d'une puissance considérable : si **Moscou** n'est pas à l'abri, aucune infrastructure russe ne l'est.

### Le message politique de la fumée visible du Kremlin

Il y a dans la frappe du **18 juin** quelque chose qui dépasse la tactique militaire. La fumée noire de **Kapotnya**, visible depuis les fenêtres du **Kremlin**, est un message adressé à la population russe : votre dirigeant vous ment quand il vous dit que la guerre se passe loin de chez vous. Pour **Volodymyr Zelensky**, qui a présenté publiquement cette frappe comme une riposte directe à l'attaque russe sur **Kyiv**, c'est la concrétisation d'une doctrine de réciprocité stratégique : frapper la profondeur russe chaque fois que la profondeur ukrainienne est visée.

Cette doctrine a une double dimension. Sur le plan tactique, elle vise à dégrader les capacités économiques et logistiques russes. Sur le plan psychologique, elle vise à éroder le soutien populaire à la guerre en **Russie**. Les fermetures d'aéroports moscovites lors des attaques, les pénuries de carburant dans des régions aussi éloignées que le **Kamtchatka** — ces signaux rappellent à la population russe que la guerre la concerne aussi.

***Poutine** a bâti sa légitimité sur l'idée que la guerre était lointaine, propre, victorieuse. La fumée de **Kapotnya** réfute cette narrative de façon plus convaincante que n'importe quel discours. Et c'est l'**Ukraine** qui a allumé ce signal — avec des drones fabriqués chez elle.*

## Le soutien européen qui change la donne industrielle

### Le mémorandum néerlandais et le partenariat industriel

Lors d'une réunion à **Berlin** en juin **2026**, les leaders européens ont réaffirmé leur engagement en faveur d'une coopération de défense approfondie. Le mémorandum néerlandais de **250 millions d'euros** pour la production de drones ukrainiens en est l'exemple le plus récent. Les entreprises néerlandaises et ukrainiennes ont signé leurs premiers accords de production commune. C'est le début d'un partenariat industriel de défense qui dépasse la simple aide militaire — c'est une intégration des chaînes de production entre un pays **OTAN** et un pays partenaire en guerre.

L'**Ukraine** a montré quelque chose d'essentiel aux industriels de défense européens : que l'itération rapide, la tolérance au risque industriel et l'intégration des retours du combat peuvent produire des capacités que les procédures d'acquisition conventionnelles n'atteignent pas. Des entreprises comme le fabricant allemand **Helsing AI** ont livré leurs premiers drones **HX-2 Karma** dotés d'IA à l'**Ukraine**. L'alliance industrielle entre l'**Europe** et **Kyiv** devient un laboratoire d'innovation militaire unique au monde.

### Ce que les industriels européens apprennent de Kiev

Les grandes entreprises de défense européennes — **Rheinmetall**, **MBDA**, **Thales** — ont toutes établi des partenariats ou des programmes d'observation en **Ukraine** pour tirer des leçons du conflit. La vitesse d'itération ukrainienne contraste douloureusement avec les cycles de développement de **dix à quinze ans** qui caractérisent les programmes d'armement européens conventionnels. Certains dirigeants de l'industrie de défense ont commencé à parler ouvertement de « la leçon ukrainienne » comme d'un modèle à adopter partiellement. Ce n'est pas de l'humilité gratuite : c'est la reconnaissance que la guerre en temps réel enseigne ce que les laboratoires ne peuvent pas simuler.

Le programme de drones ukrainien illustre aussi un principe plus général : dans la guerre moderne, la quantité et la diversité peuvent supplanter la sophistication unitaire. Mille drones relativement simples qui saturent une défense valent parfois plus que dix missiles à précision extrême qui sont interceptés. Cette logique de saturation remodèle les doctrines militaires des membres de l'**OTAN** qui observent le conflit ukrainien.

*L'**Europe** n'a pas encore compris à quelle vitesse le monde militaire technologique change. Elle finance des programmes sur dix ans pendant que l'**Ukraine** crée des capacités en dix-huit mois. Ce décalage de rythme est la vraie vulnérabilité de la défense européenne — et ce n'est pas un problème de budget, c'est un problème de culture institutionnelle.*

## Zelensky et la doctrine de la réciprocité stratégique

### La logique des frappes profondes contre l'économie russe

**Volodymyr Zelensky** a articulé sa doctrine des frappes profondes autour d'une équation simple : si la **Russie** frappe l'**Ukraine** dans sa profondeur économique, l'**Ukraine** doit avoir la capacité de faire de même. Cette équation n'est pas seulement militaire — elle est politique. Elle répond à la fatigue des opinions publiques occidentales en montrant que l'**Ukraine** est capable d'agir, pas seulement de subir. Elle répond aussi au scepticisme des alliés sur la soutenabilité ukrainienne en prouvant que **Kyiv** peut infliger des coûts réels à **Moscou**.

Cette doctrine a une limite importante que je signale clairement : si l'**Ukraine** frappe désormais à **500 kilomètres** de ses frontières, elle ne dispose pas encore de missiles balistiques opérationnels en nombre suffisant pour s'en prendre aux installations militaires les plus protégées. Le ministère de la Défense ukrainien, **Mykhailo Fedorov**, a annoncé la préparation de frappes de missiles balistiques — mais ces systèmes sont encore en développement.

### Ce que la guerre industrielle n'est pas encore

La guerre industrielle n'est pas encore gagnée. Elle est en train d'être gagnée. La défense aérienne ukrainienne reste vulnérable aux salves de missiles russes, comme l'ont montré les attaques récentes sur **Kryvyi Rih** et d'autres villes. L'**Ukraine** subit encore des pertes civiles et infrastructurelles importantes. Ses raffineries, ses centrales électriques, ses installations portuaires ont été frappées de façon répétée depuis **2022**. La symétrie n'est pas parfaite — mais la tendance l'est : l'**Ukraine** monte en puissance, la **Russie** subit des dégradations industrielles croissantes.

Ce qui a changé en dix-huit mois, c'est la trajectoire. Et dans une guerre d'attrition, la trajectoire compte plus que l'état actuel des forces. Une armée qui monte en compétence industrielle bat une armée qui perd ses raffineries — à condition que ses alliés ne baissent pas les bras avant la ligne d'arrivée.

*Je choisis d'être honnête avec mes lecteurs : je ne sais pas comment cette guerre se terminera. Ce que je sais, c'est que les arguments de ceux qui présentaient l'**Ukraine** comme un État incapable de construire une industrie de guerre durable ont été réfutés par les faits. **Kapotnya** brûle. Et ça change tout dans le calcul stratégique russe.*

## Les limites à ne pas oublier et les risques d'escalade

### La réponse russe : adaptation et représailles

La **Russie** n'est pas passive face aux frappes ukrainiennes. Elle adapte ses contre-mesures de défense aérienne autour de **Moscou**, déplace des actifs industriels vers les zones moins accessibles au-delà des **Oural**, et intensifie ses frappes sur l'infrastructure ukrainienne. **Poutine** a aussi annoncé des investissements dans des capacités de brouillage électronique visant à neutraliser les drones ukrainiens. La course technologique est continue, et le temps joue contre les deux camps de façon différente.

Il y a aussi un risque d'escalade non calculée que je ne veux pas minimiser. Des frappes répétées contre des infrastructures civiles à proximité de **Moscou** — même si les cibles primaires sont industrielles — pourraient déclencher une réponse russe disproportionnée, voire le recours à des armes non conventionnelles. **Poutine** a posé publiquement cette menace à plusieurs reprises depuis **2022**. Jusqu'ici, il ne l'a pas mise à exécution. Mais chaque frappe sur **Kapotnya** réduit la marge de manœuvre de tous les acteurs.

### La question de la légalité internationale des frappes profondes

La doctrine des frappes profondes contre les infrastructures économiques russes soulève des questions de droit international humanitaire. Cibler une raffinerie pétrolière — même si elle soutient l'effort de guerre — peut être considéré comme une frappe sur une infrastructure civile à double usage. Les juristes du droit international sont divisés sur la licéité de ces frappes dans le contexte d'une guerre d'invasion. Je signale cette ambiguïté sans prétendre la trancher : ce n'est pas mon rôle de chroniqueur. Mais elle existe, et les alliés occidentaux de l'**Ukraine** doivent être conscients de la ligne qu'ils aident à tracer.

Ce que je peux dire avec certitude, c'est que la **Russie** a ciblé des infrastructures civiles ukrainiennes — hôpitaux, écoles, centrales électriques — depuis le premier jour de l'invasion de **2022**. La réciprocité ukrainienne, limitée aux installations industrielles à double usage, est bien en deçà de la brutalité des frappes russes sur les populations civiles. Ce contexte ne règle pas la question juridique, mais il éclaire le contexte moral.

*Je ne suis pas juriste en droit international. Mais il me semble qu'il y a quelque chose d'absurde à débattre de la légalité des frappes ukrainiennes sur les raffineries russes quand **Moscou** bombarde des hôpitaux ukrainiens depuis **1 500 jours**. La proportionnalité existe — et en l'espèce, elle favorise largement l'**Ukraine**.*

## Ce que l'Europe doit retenir pour sa propre défense

### La leçon ukrainienne pour les industriels de défense

L'**Europe** qui observe la guerre en **Ukraine** depuis **2022** devrait en sortir avec des conclusions industrielles révolutionnaires. Les programmes d'armement européens conventionnels durent **quinze à vingt ans** entre la conception et la livraison. Le **chasseur FCAS** franco-germano-espagnol a pris une décennie de retard. La frégate **F126** allemande n'a pas encore été livrée. Pendant ce temps, l'**Ukraine** a conçu, testé et produit en série un arsenal de drones en moins de deux ans. Le contraste est brutal.

La leçon ukrainienne n'est pas de copier le modèle de guerre d'urgence — l'**Europe** a le luxe de planifier sans la contrainte existentielle immédiate. Mais elle doit s'en inspirer pour accélérer ses cycles d'innovation, réduire sa bureaucratie d'acquisition, et créer des voies rapides pour les startups de défense qui ont des idées révolutionnaires. Des pays comme **l'Estonie** et la **Lettonie** ont déjà adopté des modèles d'acquisition accélérés inspirés de l'expérience ukrainienne. Le reste de l'**Europe** devrait faire de même.

### Financer l'Ukraine est financer sa propre sécurité

La question n'est pas de savoir si l'**Europe** peut se permettre de financer l'industrie de guerre ukrainienne. La question est de savoir si elle peut se permettre de ne pas le faire. Chaque million d'euros investi dans les drones ukrainiens est un million d'euros qui dégrade la capacité industrielle et militaire de la **Russie** — sans qu'un soldat européen soit exposé. C'est le meilleur retour sur investissement de sécurité que l'**Europe** puisse réaliser. Les **250 millions d'euros** néerlandais en sont une démonstration. Il faut que d'autres suivent.

Lorsque la fumée de **Kapotnya** se dissipera, elle laissera derrière elle une vérité que personne ne pourra nier : l'**Ukraine** a prouvé qu'elle peut frapper là où ça fait mal. Ce qu'il faut maintenant, c'est s'assurer qu'elle ait les moyens de continuer — pas seulement pour elle, mais pour l'ensemble de l'architecture de sécurité européenne qui dépend du résultat de cette guerre.

*L'**Europe** peut continuer à hésiter, à calculer, à conditionner son aide à des garanties que personne ne peut donner dans une guerre. Ou elle peut regarder la fumée de **Kapotnya** et comprendre que l'**Ukraine** se bat pour nous aussi. Ce n'est pas de la rhétorique. C'est la géographie et l'histoire qui le disent.*

## Les chiffres que Moscou ne veut pas que le monde voie

### L'impact économique documenté des frappes ukrainiennes

Pour comprendre la portée stratégique des frappes ukrainiennes sur les raffineries russes, voici les données économiques telles que disponibles dans les sources ouvertes. En **mai 2026**, **huit des dix plus grandes raffineries de Russie** avaient été frappées. La production pétrolière russe a reculé de **13 %** — une donnée calculée par des analystes spécialisés à partir des données de flux maritimes et des données douanières, pas un chiffre officiel russe, que je signale comme tel. La raffinerie de **Kapotnya** seule, hors service jusqu'en **2027**, représente une perte de traitement de **11,6 millions de tonnes de brut par an**. Ce sont des pertes concrètes, documentées, avec des conséquences sur les recettes de l'État russe.

Les recettes pétrolières et gazières représentent une part structurante du budget fédéral russe — entre **30 et 40 %** selon les années. Toute réduction significative de la production crée une tension budgétaire qui, à terme, contraint les dépenses militaires. Ce cercle vicieux — **Ukraine** frappe les raffineries, la **Russie** perd des recettes, la **Russie** a moins de ressources pour sa guerre — est précisément ce que la doctrine ukrainienne cherche à enclencher. Il fonctionne.

### Chiffres sourcés et chiffres à prendre avec précaution

Je dois être rigoureux ici : certains chiffres que je cite dans cet article méritent une note de prudence. La production de **150 000 drones** commandés est une donnée rapportée dans des sources ukrainiennes, non confirmée officiellement. Les estimations de réduction de **13 %** de la production pétrolière russe proviennent d'analystes du marché de l'énergie, pas de données gouvernementales vérifiées. La **Russie** ne publie plus de statistiques d'extraction pétrolière fiables depuis **2022**. Ces chiffres sont corroborés par des sources indépendantes multiples, mais ils restent des estimations. Je les cite avec cette précaution explicite.

Ce qui est certain, en revanche : la **raffinerie de Kapotnya est hors service**. Des images satellites et des témoignages de résidents le confirment. Le **maire de Moscou** l'a reconnu. **Reuters** l'a rapporté. Sur ce point, les faits sont incontestables. Et c'est sur les faits incontestables que je construis mon argument.

## Conclusion : Ce que la fumée de Moscou nous dit de l'avenir

### Une leçon industrielle pour toute l'Europe de défense

Ce que l'**Ukraine** a accompli en dix-huit mois n'est pas seulement une performance militaire. C'est une leçon industrielle pour une **Europe** qui peine à réarmer. La vitesse d'itération, l'intégration des retours du combat en temps réel, l'acceptation du risque d'innovation — tout cela, l'**Ukraine** l'a maîtrisé sous la contrainte existentielle. L'**Europe** peut en tirer des enseignements pour ses propres industries de défense, à condition d'avoir l'humilité de reconnaître que **Kyiv** a fait en dix-huit mois ce que des bureaucraties de défense n'ont pas fait en trente ans.

### La guerre d'attrition a un vainqueur industriel potentiel

Si la tendance actuelle se maintient — **Ukraine** produisant massivement, **Russie** subissant des dégradations profondes de ses infrastructures énergétiques — la question de la soutenabilité russe se posera de façon de plus en plus aiguë. Le **Kremlin** peut absorber des pertes humaines considérables. Mais la destruction d'une raffinerie qui ne reprendra pas avant **2027**, la pénurie de carburant dans des régions entières, les pertes pétrolières estimées à **13 %** de la production — ces contraintes s'accumulent. L'**Ukraine** l'a compris. Il reste à l'**Europe** à agir en conséquence.

*Cette lettre ouverte se conclut par une question que je pose à tous ceux qui, en **Europe**, hésitent encore sur le niveau d'aide à accorder à l'**Ukraine** : si vous ne soutenez pas l'**Ukraine** maintenant qu'elle prouve sa capacité industrielle, quand le ferez-vous ? Les drones de **Kapotnya** ont montré que l'**Ukraine** peut gagner. Reste à savoir si l'**Europe** choisira d'être à ses côtés quand ça compte.*

**Signé Maxime Marquette, chroniqueur**

## Encadré de transparence du chroniqueur

### Positionnement éditorial

Je ne suis pas journaliste, mais **chroniqueur et analyste**. Mon expertise réside dans l'observation et l'analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.

Je ne prétends pas à l'objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. **Je prétends à la lucidité analytique**, à l'interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d'offrir une lecture critique des événements.

### Méthodologie et sources

Ce texte respecte la distinction fondamentale entre **faits vérifiés et analyses interprétatives**. La règle de méthode est constante : une information factuelle n'est publiée que si une source vérifiable la porte, et les sources effectivement utilisées par cet article sont listées sous **Sources**, jamais ici.

**Familles de sources primaires** retenues par la publication, quand le dossier en comporte : communiqués officiels des gouvernements et institutions internationales, déclarations publiques des dirigeants politiques, rapports d'organisations intergouvernementales, dépêches d'agences de presse internationales reconnues.

**Familles de sources secondaires** : publications spécialisées, médias d'information reconnus internationalement, analyses d'institutions de recherche établies, rapports d'organisations sectorielles.

Quand un article cite des données statistiques, économiques ou géopolitiques, elles proviennent d'institutions productrices de données (organisations intergouvernementales, banques centrales, instituts statistiques nationaux), et l'institution exacte est nommée sous **Sources**.

### Nature de l'analyse

Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une **synthèse critique et contextuelle** basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d'experts cités dans les sources consultées.

Mon rôle est d'interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et économiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l'observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs globaux.

Cet article décrit un état documenté à sa date de publication, et non une prédiction : une évolution ultérieure peut en déplacer les perspectives. Aucune mise à jour n'est promise d'avance; lorsqu'un article est corrigé ou complété, la modification est datée dans le texte.

## Sources

### Sources primaires

- [European Relations — European Leaders Push for Stronger Defence Unity — 25 juin 2026](https://europeanrelations.com/quick-brief/european-leaders-push-for-stronger-defence-unity/)

- [Militarnyi — Moscow Refinery Unlikely To Resume Operations After Drone Strikes Until 2027 — 24 juin 2026](https://militarnyi.com/en/news/moscow-refinery-unlikely-to-resume-operations-after-drone-strikes-until-2027-reuters/)

- [Ukrainska Pravda — Ukrainian drones struck Moscow Oil Refinery in Kapotnya — 18 juin 2026](https://www.pravda.com.ua/eng/news/2026/06/18/8039880/)

### Sources secondaires

- [The Guardian — Moscow oil refinery on fire after large-scale Ukrainian drone strike — 18 juin 2026](https://www.theguardian.com/world/2026/jun/18/moscow-oil-refinery-on-fire-ukraine-drone-stikes)

- [Defense News — Ukraine hits Moscow refinery in major drone attack — 18 juin 2026](https://www.defensenews.com/global/europe/2026/06/18/ukraine-hits-moscow-refinery-in-major-drone-attack-on-russian-capital)

- [NBC News — Moscow refinery attack: Ukrainian drones hit Kapotnya — 18 juin 2026](https://www.nbcnews.com/world/russia/moscow-refinery-attack-ukrainian-drones-hit-kapotnya-russia-trump-war-rcna350665)

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Source : Maxime Marquette, MadMax. Pour citer ce texte, nommer l’auteur et lier https://mad-max.co/fr/article/lettre-ouverte-a-ceux-qui-doutaient-encore-que-l-ukraine-pouvait-construire-une
