# Le nouveau radar volant de l'OTAN sera suédois face à la Chine et la Russie

> Introduction : un choix qui redessine la surveillance aérienne de l'Alliance

- Auteur: Maxime Marquette
- Publication: MadMax (https://mad-max.co)
- Rubrique: Reportage
- Publié: 2026-07-04
- Adresse à citer: https://mad-max.co/fr/article/le-nouveau-radar-volant-de-lotan-sera-suedois-face-a-la-chine-et-la-russie

## Introduction : un choix qui redessine la **surveillance** aérienne de l'Alliance

### Un basculement annoncé au pire moment pour Washington

L'**OTAN** s'apprête à tourner une page **industrie**lle majeure. Selon des informations rapportées par **Reuters** le 2 juillet 2026, l'Alliance atlantique s'oriente vers le remplacement de sa **flotte** vieillissante d'avions **radar** **Boeing E-3 Sentry** par le système suédois **Saab GlobalEye**, une décision qui pourrait être officialisée dès le sommet de l'Alliance à **Ankara**, prévu les 7 et 8 juillet.

Ce choix, s'il se confirme, marquerait un revers cinglant pour l'**industrie** américaine de **défense**, quelques jours à peine après que **Washington** eut exhorté ses alliés européens à privilégier les équipements militaires américains. Il illustrerait aussi la montée en puissance d'une base industrielle européenne de **défense** de plus en plus déterminée à s'affranchir de sa dépendance historique envers les États-Unis.

### Une **flotte** qui a fait son temps

Les 14 **Boeing E-3A Sentry** actuellement basés à **Geilenkirchen**, en Allemagne, volent depuis 1982. Dérivés du Boeing 707, dont le premier vol remonte à 1957, ces appareils propulsés par des réacteurs **Pratt & Whitney TF33** devaient initialement rester en service jusque vers 2035, mais leur obsolescence technique et opérationnelle presse désormais l'Alliance à accélérer la transition.

*Voir enfin l'OTAN se décider à moderniser sérieusement ses **capacités** de **surveillance** aérienne, après des années d'atermoiements sur le dossier de succession des AWACS, constitue une nouvelle rassurante pour la crédibilité collective de la dissuasion occidentale face à des adversaires qui, eux, n'ont jamais cessé d'investir dans leurs propres **capacités** radar.*

## La chute du projet Wedgetail américain

### Un choix rapide devenu un fiasco industriel

En novembre 2023, l'**OTAN** avait sélectionné sans appel d'offres formel six **Boeing E-7A Wedgetail**, avec une mise en service espérée dès 2031. Ce choix, qualifié depuis de précipité par plusieurs observateurs de l'industrie de défense, s'est heurté à une série d'obstacles **budgétaire**s et politiques qui ont fini par l'enterrer.

En juin 2025, le Pentagone a purement et simplement annulé le programme américain d'**E-7** dans son plan **budgétaire** pour l'exercice 2026, privilégiant désormais les capteurs spatiaux et un renforcement de la flotte d'**E-2D Hawkeye**. Cette décision unilatérale a fragilisé la confiance des partenaires de l'Alliance envers l'engagement industriel américain sur ce dossier **stratégique**.

### Les alliés européens tournent le dos au projet

En novembre 2025, les nations partenaires de l'**OTAN** ont officiellement abandonné le projet d'achat groupé de six **Wedgetail**, laissant l'Alliance sans successeur crédible pour ses vénérables **E-3 Sentry**. Le directeur général de **Saab**, **Micael Johansson**, n'a pas manqué de souligner depuis l'effondrement du projet que la sélection initiale de 2023 avait été, selon ses mots, précipitée.

*Ce fiasco du Wedgetail illustre à merveille les dangers d'une dépendance excessive envers un seul fournisseur, aussi puissant soit-il: quand Washington change unilatéralement de priorités budgétaires, c'est toute l'Alliance qui se retrouve fragilisée. L'autonomie **stratégique** européenne n'est plus un luxe rhétorique, elle devient une nécessité opérationnelle.*

## Le **GlobalEye**, un appareil pensé pour la guerre moderne

### Une plateforme éprouvée sur un châssis d'affaires

Le **Saab GlobalEye** repose sur la cellule du biréacteur d'affaires **Bombardier Global 6000/6500**, dont la lignée remonte au **Global Express**, entré en service dès 1996. Cette base éprouvée offre une endurance de vol nettement supérieure à celle des plateformes militaires classiques, un atout stratégique majeur pour les missions prolongées de surveillance aérienne et maritime.

L'appareil est équipé du radar **Erieye ER** de **Saab**, capable de détecter des cibles à plus de 550 kilomètres de distance. Cette portée exceptionnelle permettrait à l'**OTAN** de couvrir des zones bien plus vastes qu'avec ses actuels **E-3**, un avantage tactique décisif face à la **modernisation** rapide des forces aériennes russes et chinoises.

### Un appareil déjà validé par plusieurs armées

Les **Émirats arabes unis** ont été les premiers à adopter le **GlobalEye**, avec cinq appareils déjà livrés et une utilisation opérationnelle depuis 2020. Ce retour d'expérience de plusieurs années constitue un gage de fiabilité technique important au moment où l'**OTAN** évalue sérieusement ce système pour ses propres besoins collectifs.

*Le fait que le **GlobalEye** ait déjà prouvé sa valeur opérationnelle depuis 2020 auprès d'un client exigeant comme les Émirats arabes unis me rassure profondément sur la maturité technologique de ce choix: l'OTAN ne s'apprête pas à parier sur un prototype, mais sur un système de combat déjà validé sous contrainte réelle.*

## La Suède, moteur discret du réarmement européen

### Des **commande**s accélérées après un geste envers l'Ukraine

La **Suède** a elle-même commandé trois **GlobalEye**, une accélération de calendrier survenue après que **Stockholm** eut fait don à l'**Ukraine** de deux de ses anciens avions radar **ASC 890**. Ce geste de solidarité concrète envers Kyiv a directement forcé la Suède à combler rapidement son propre déficit de capacités de surveillance aérienne.

Selon **Reuters**, la **Suède** prévoit par ailleurs de porter ses dépenses militaires à 2,8% du PIB dès 2026, avec un objectif de 3,5% du PIB d'ici 2030, un rythme de réarmement qui place le pays scandinave parmi les contributeurs les plus dynamiques de l'Alliance en matière budgétaire.

### Un système anti-drones déjà testé en zone de guerre

Le ministre suédois de la Défense, **Pal Jonson**, a confirmé début avril 2026 l'achat de systèmes de défense aérienne et anti-drones pour 8,7 milliards de couronnes suédoises, incluant une contribution de **Saab** évaluée à 2,6 milliards de couronnes pour le système **Gute II**, combinant radar et technologie de canon, déjà testé sur le terrain en **Ukraine** contre des drones de type **Shahed** employés par la **Russie** et l'**Iran**.

*Cette capacité suédoise à transformer aussi rapidement les leçons du champ de bataille ukrainien en équipements concrets et déployables mérite d'être saluée sans réserve: c'est exactement ce type d'agilité industrielle qui manquait cruellement à l'Occident dans les premières années de cette guerre.*

## La France et le Canada emboîtent le pas

### Paris signe pour deux appareils

La **France** a signé en décembre 2025 pour deux **GlobalEye**, avec des options ouvertes pour deux appareils supplémentaires. Cette commande française confirme la crédibilité croissante du système suédois auprès des grandes puissances militaires européennes, habituées à des standards d'exigence technique particulièrement élevés.

Ce choix parisien s'inscrit dans une tendance plus large de diversification des fournisseurs de défense observée chez plusieurs alliés européens, soucieux de ne plus dépendre exclusivement des géants industriels américains pour leurs capacités stratégiques les plus sensibles.

### Ottawa promet une production nationale

Le **Canada** a de son côté annoncé son intention d'acquérir six **GlobalEye**, le premier ministre **Mark Carney** ayant promis que ces appareils seraient assemblés directement sur le sol canadien. Cette exigence de contenu national illustre la volonté d'Ottawa de faire de cet investissement de défense un levier de développement industriel intérieur.

*Cette volonté canadienne de conditionner ses achats militaires à des retombées industrielles nationales me semble être une stratégie parfaitement légitime: pourquoi les contribuables occidentaux financeraient-ils leur propre sécurité sans qu'une partie de cette valeur économique ne reste chez eux?*

## Les Pays-Bas et le signal d'une Europe qui s'affranchit

### La Haye pointe du doigt le retrait américain

Le secrétaire d'État néerlandais à la Défense, **Gijs Tuinman**, a résumé avec une franchise inhabituelle l'esprit qui anime désormais plusieurs capitales européennes: le retrait américain du projet **Wedgetail** a souligné, selon lui, l'importance d'investir autant que possible dans l'industrie européenne de défense.

Cette déclaration, prononcée dans un contexte diplomatique déjà tendu entre **Washington** et plusieurs capitales européennes sur le partage du fardeau financier de l'**OTAN**, traduit une évolution profonde des mentalités au sein de l'Alliance, où l'autonomie industrielle devient un objectif stratégique assumé plutôt qu'un simple slogan politique.

### Un rapport de force qui se rééquilibre lentement

Le directeur général de **Saab**, **Micael Johansson**, avait déjà plaidé la cause du **GlobalEye** lors de la conférence de sécurité de **Berlin** en novembre 2025, affirmant que le commandement allié SHAPE avait conclu que l'appareil suédois comblerait efficacement le vide laissé par l'échec du Wedgetail, à condition d'être employé correctement.

*Ce rééquilibrage progressif du rapport de force industriel entre l'Europe et les États-Unis, aussi lent soit-il, constitue à mes yeux une évolution saine pour l'Alliance dans son ensemble: une OTAN moins dépendante d'un seul fournisseur est une OTAN plus résiliente face aux aléas politiques de Washington.*

## La riposte américaine et la bataille du budget

### Hegseth tente de relancer l'E-7 chez lui

Le secrétaire américain à la Défense, **Pete Hegseth**, s'efforce actuellement de ressusciter le programme **E-7** de son côté de l'Atlantique, malgré son annulation initiale par le Pentagone. La Chambre des représentants américaine a d'ailleurs soutenu un effort budgétaire de 1,55 milliard de dollars destiné à relancer ce programme sur le sol américain.

Cette bataille budgétaire interne à Washington illustre les tensions persistantes entre les priorités stratégiques du Pentagone, qui privilégie désormais les capteurs spatiaux, et les intérêts industriels de **Boeing**, dont le programme **E-7** représente des milliers d'emplois et des contrats à long terme.

### Un timing qui n'échappe à personne

L'éventuelle annonce du choix du **GlobalEye** au sommet d'**Ankara** surviendrait quelques jours seulement après que l'administration américaine eut pressé les membres de l'**OTAN** d'acheter davantage d'équipements américains, un télescopage diplomatique qui ne manquera pas d'alimenter les tensions transatlantiques déjà vives sur le partage du fardeau de défense.

*Il faut le reconnaître avec lucidité: ce timing embarrassant pour Washington n'est pas le fruit du hasard, mais bien la conséquence directe de choix budgétaires américains erratiques qui ont fini par pousser plusieurs alliés à chercher ailleurs la stabilité industrielle qu'ils ne trouvaient plus chez leur partenaire historique.*

## Geilenkirchen, future capitale du renseignement aérien allié

### Une base allemande au cœur du dispositif

Si la transition vers le **GlobalEye** se confirme, la base de **Geilenkirchen**, en Allemagne, pourrait devenir le site de la plus grande flotte de **GlobalEye** au monde, selon des informations rapportées dès avril 2026 par **Defense News**, qui évoquait alors l'acquisition potentielle de dix à douze appareils pour un coût unitaire avoisinant les 550 millions d'euros.

Cette concentration de capacités de surveillance aérienne sur le sol allemand renforcerait considérablement le rôle stratégique de **Berlin** au sein du dispositif de défense collective de l'**OTAN**, à un moment où l'Allemagne cherche par ailleurs à réaffirmer son leadership militaire en Europe.

### Un investissement chiffré à plusieurs milliards

Le programme global de remplacement des **E-3** par des **GlobalEye** pourrait dépasser les cinq milliards d'euros, un investissement colossal qui témoigne de l'ampleur de l'effort industriel désormais consenti par l'Alliance pour moderniser ses capacités de surveillance et de commandement aérien face à des **menace**s stratégiques en constante évolution.

*Ce chiffre de cinq milliards d'euros, aussi vertigineux soit-il, doit être mis en perspective avec le coût stratégique bien plus lourd d'une Alliance aveugle face à des adversaires qui, eux, investissent massivement dans leurs propres capacités de surveillance et de guerre électronique.*

## Les enjeux face à la Russie et la Chine

### Une portée radar pensée pour un contexte de guerre de haute intensité

La portée de détection de plus de 550 kilomètres offerte par le radar **Erieye ER** répond directement aux besoins d'une Alliance confrontée à la **modernisation** accélérée des capacités aériennes russes, notamment depuis le déclenchement de l'invasion à grande échelle de l'**Ukraine** en 2022, qui a démontré l'importance cruciale du renseignement aérien en temps réel.

La **Chine**, de son côté, poursuit un développement soutenu de ses propres capacités de surveillance et de guerre électronique dans le Pacifique, un facteur que plusieurs stratèges occidentaux intègrent désormais explicitement dans leurs réflexions sur la modernisation des capacités de commandement et de contrôle de l'**OTAN**.

### Une dissuasion qui se veut désormais globale

L'intérêt manifesté par des partenaires indo-pacifiques pour les technologies de surveillance aérienne occidentales illustre la dimension désormais globale de la compétition stratégique entre l'**Occident** et ses rivaux systémiques, la **Russie**, la **Chine**, l'**Iran** et la **Corée du Nord**, quatre puissances dont la coordination croissante inquiète légitimement les états-majors alliés.

*Cette convergence croissante entre les théâtres européen et indo-pacifique dans la réflexion stratégique occidentale me paraît être l'une des évolutions les plus significatives de cette décennie: la sécurité de Taïwan et celle de l'Ukraine ne sont plus des dossiers séparés, elles relèvent d'un seul et même bras de fer avec les puissances autoritaires.*

## Le rôle de la Turquie hôte d'un sommet stratégique

### Ankara, carrefour diplomatique et industriel

Le choix de la **Turquie** comme hôte du sommet où pourrait être officialisée cette décision n'est pas anodin. **Ankara** occupe une position géostratégique charnière au sein de l'**OTAN**, à la croisée de l'Europe, du Moyen-Orient et du Caucase, un carrefour où se jouent simultanément plusieurs dossiers de **sécurité collective** majeurs pour l'Alliance.

La Turquie développe par ailleurs sa propre industrie de défense à un rythme soutenu, une dynamique qui s'inscrit en résonance avec la volonté plus large de plusieurs membres de l'**OTAN** de réduire leur dépendance envers un nombre restreint de fournisseurs industriels historiques.

### Un symbole pour l'ensemble de l'Alliance

Si l'annonce se confirme à **Ankara**, elle enverra un signal fort à l'ensemble des vingt-douze membres de l'**OTAN**: celui d'une Alliance capable de prendre des décisions industrielles majeures de façon collective, même lorsque ces décisions bousculent les intérêts établis de son principal contributeur historique, les **États-Unis**.

*Voir la Turquie accueillir ce moment charnière de l'histoire industrielle de l'OTAN me semble particulièrement approprié: Ankara incarne mieux que quiconque la complexité géopolitique contemporaine de l'Alliance, tiraillée entre ses intérêts nationaux et sa loyauté collective envers la sécurité occidentale.*

## Les doutes qui subsistent sur le calendrier

### Aucun chiffre officiellement confirmé

Il convient de rappeler avec rigueur que **Reuters**, dans son reportage du 2 juillet 2026, ne fournit aucun chiffre officiellement confirmé sur le nombre exact d'appareils qui seraient commandés, ni sur le calendrier précis de **livraison**. Ni l'**OTAN** ni **Saab** n'ont répondu aux demandes de commentaires formulées par l'agence de presse.

Cette prudence factuelle s'impose face à un dossier encore mouvant, où les négociations diplomatiques et industrielles peuvent évoluer rapidement dans les jours précédant un sommet aussi attendu que celui d'**Ankara**.

### Le précédent Wedgetail incite à la retenue

L'échec cinglant du projet **Wedgetail**, sélectionné rapidement en 2023 avant de s'effondrer sous son propre poids budgétaire et politique, doit inciter à une certaine retenue analytique: rien ne garantit, à ce stade, que le processus de sélection du **GlobalEye** ne rencontrera pas lui aussi des obstacles imprévus avant sa concrétisation définitive.

*Cette prudence n'est pas du pessimisme, c'est de la rigueur journalistique élémentaire: après le fiasco du Wedgetail, l'OTAN ne peut plus se permettre d'annoncer des choix industriels majeurs sans garantir, cette fois, leur exécution concrète jusqu'au bout.*

## Ce que révèle ce dossier sur l'avenir de l'Alliance

### Une Europe qui prend enfin ses responsabilités industrielles

Ce basculement potentiel vers le **GlobalEye** s'inscrit dans une tendance de fond bien plus large: celle d'une Europe de la défense qui, depuis l'invasion russe de l'**Ukraine** en 2022, a considérablement accéléré ses investissements dans ses propres capacités industrielles, réduisant progressivement sa dépendance historique envers les équipements américains.

Cette dynamique se retrouve également dans d'autres dossiers d'armement majeurs, des systèmes de défense antimissile aux drones de combat, où plusieurs pays européens misent désormais sur leurs propres champions industriels plutôt que sur des importations systématiques en provenance des **États-Unis**.

### Une dissuasion qui gagne en crédibilité

Au-delà des seules considérations industrielles, le remplacement des **E-3** vieillissants par des appareils modernes comme le **GlobalEye** renforcerait concrètement la crédibilité opérationnelle de l'**OTAN** face à des adversaires stratégiques déterminés, à un moment où la guerre en **Ukraine** a démontré sans équivoque l'importance vitale du renseignement aérien en temps réel pour la survie des forces sur le terrain.

*Ce dossier du GlobalEye, bien au-delà de sa dimension technique, raconte une histoire plus vaste: celle d'un Occident qui, contraint par les circonstances, réapprend enfin à investir sérieusement dans sa propre **sécurité collective** plutôt que de compter indéfiniment sur la seule protection américaine.*

## Les leçons industrielles tirées de la guerre en Ukraine

### Un conflit qui a rebattu les cartes de la surveillance aérienne

La guerre déclenchée par l'invasion russe à grande échelle de l'**Ukraine** en 2022 a profondément transformé la façon dont les états-majors occidentaux conçoivent désormais leurs besoins en matière de surveillance aérienne et de renseignement en temps réel. Les leçons tirées du théâtre ukrainien, où la détection précoce des drones et des missiles de croisière s'est révélée décisive, pèsent lourd dans les arbitrages actuels de l'**OTAN**.

Les dons d'équipements de surveillance consentis par plusieurs alliés à **Kyiv**, dont les deux **ASC 890** suédois, ont directement contribué à créer des besoins de remplacement urgents chez les donateurs eux-mêmes, accélérant paradoxalement la modernisation des capacités de l'ensemble de l'Alliance plutôt que de l'affaiblir.

### Une guerre électronique de plus en plus déterminante

Au-delà de la seule détection des cibles aériennes classiques, la guerre en **Ukraine** a également démontré l'importance croissante de la guerre électronique et du brouillage des communications, des domaines où les capacités du **GlobalEye** et de son radar **Erieye ER** pourraient offrir à l'**OTAN** un avantage technologique déterminant face à des adversaires de plus en plus sophistiqués.

*Cette capacité de l'Alliance à transformer aussi rapidement les leçons douloureuses du champ de bataille ukrainien en choix industriels concrets constitue, à mes yeux, l'un des rares motifs d'optimisme stratégique de cette guerre: l'Occident apprend, même s'il apprend souvent trop lentement au goût de ceux qui se battent sur le terrain.*

## Les inquiétudes de l'industrie américaine face à ce revers

### Boeing sous pression après une série de déconvenues

Pour **Boeing**, ce possible basculement vers le **GlobalEye** suédois représenterait un nouveau revers dans une série de déconvenues industrielles et commerciales qui fragilisent depuis plusieurs années la position du géant américain de l'aéronautique de défense sur les marchés internationaux, particulièrement européens.

Plusieurs analystes de l'industrie de défense estiment que ce dossier pourrait accélérer une tendance plus large de diversification des fournisseurs chez les alliés européens de l'**OTAN**, qui cherchent de plus en plus à répartir leurs investissements militaires entre plusieurs partenaires industriels plutôt que de dépendre d'un seul fournisseur dominant.

### Un signal d'alarme pour Washington

Ce dossier du **GlobalEye** pourrait également servir de signal d'alarme pour l'administration américaine, qui devra désormais composer avec des alliés européens plus autonomes dans leurs choix industriels de défense, une évolution qui complique la diplomatie commerciale américaine mais renforce paradoxalement la résilience collective de l'**Alliance** atlantique.

*Je ne vais pas pleurer sur le sort de Boeing dans ce dossier: une industrie de défense américaine qui a laissé filer sa crédibilité par des choix budgétaires erratiques n'a qu'à s'en prendre à elle-même. La confiance des alliés se mérite, elle ne se décrète pas depuis Washington.*

## Conclusion : Ankara comme symbole d'une Alliance qui se réinvente

### Un choix qui dépasse la seule dimension technique

Le remplacement annoncé des **E-3 Sentry** par le **Saab GlobalEye** dépasse largement la seule question technique du choix d'un appareil radar. Il illustre une transformation plus profonde des équilibres industriels au sein de l'**OTAN**, où l'Europe assume désormais un rôle de premier plan dans la modernisation de ses propres capacités de défense collective.

Cette évolution, si elle se confirme au sommet d'**Ankara**, marquera une étape importante dans la trajectoire de réarmement conventionnel entamée par l'Alliance depuis l'invasion russe de l'**Ukraine**, une trajectoire dont dépend directement la crédibilité de la dissuasion occidentale face à la **Russie**, la **Chine**, l'**Iran** et la **Corée du Nord**.

### Un dossier à suivre de près dans les prochains jours

Les prochains jours, jusqu'au sommet des 7 et 8 juillet à **Ankara**, seront déterminants pour confirmer ou infirmer cette orientation industrielle majeure. Quelle que soit l'issue précise de ce dossier, il aura déjà révélé les lignes de faille et les nouvelles ambitions qui traversent aujourd'hui l'Alliance atlantique.

*Je referme ce dossier avec une conviction: peu importe le nom exact de l'appareil qui remplacera un jour les vieux E-3, ce qui compte vraiment, c'est que l'Occident ait enfin retrouvé le réflexe d'investir collectivement dans sa propre capacité à voir venir le danger avant qu'il ne frappe.*

**Signé Maxime Marquette, chroniqueur**

## Encadré de transparence du chroniqueur

### Positionnement éditorial

Je ne suis pas journaliste, mais **chroniqueur et analyste**. Mon expertise réside dans l'observation et l'analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.

Je ne prétends pas à l'objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. **Je prétends à la lucidité analytique**, à l'interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d'offrir une lecture critique des événements.

### Méthodologie et sources

Ce texte respecte la distinction fondamentale entre **faits vérifiés et analyses interprétatives**. La règle de méthode est constante : une information factuelle n'est publiée que si une source vérifiable la porte, et les sources effectivement utilisées par cet article sont listées sous **Sources**, jamais ici.

**Familles de sources primaires** retenues par la publication, quand le dossier en comporte : communiqués officiels des gouvernements et institutions internationales, déclarations publiques des dirigeants politiques, rapports d'organisations intergouvernementales, dépêches d'agences de presse internationales reconnues.

**Familles de sources secondaires** : publications spécialisées, médias d'information reconnus internationalement, analyses d'institutions de recherche établies, rapports d'organisations sectorielles.

Quand un article cite des données statistiques, économiques ou géopolitiques, elles proviennent d'institutions productrices de données (organisations intergouvernementales, banques centrales, instituts statistiques nationaux), et l'institution exacte est nommée sous **Sources**.

### Nature de l'analyse

Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une **synthèse critique et contextuelle** basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d'experts cités dans les sources consultées.

Mon rôle est d'interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et économiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l'observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs globaux.

Cet article décrit un état documenté à sa date de publication, et non une prédiction : une évolution ultérieure peut en déplacer les perspectives. Aucune mise à jour n'est promise d'avance; lorsqu'un article est corrigé ou complété, la modification est datée dans le texte.

## Sources

### Sources primaires

- [NATO's Next Radar Jet Is Swedish — MiGFlug, 3 juillet 2026](https://migflug.com/jetflights/nato-saab-globaleye-replace-e-3-awacs-2026/)

- [Saab receives order for counter-unmanned aerial system from Sweden — Saab, 2026](https://www.saab.com/newsroom/press-releases/2026/saab-receives-order-for-counter-unmanned-aerial-system-from-sweden)

- [Saab receives order for three submarines for Poland — Saab, 2026](https://www.saab.com/newsroom/press-releases/2026/saab-receives-order-for-three-submarines-for-poland)

### Sources secondaires

- [Saab secures SEK 1.2bn contract to bolster Swedish air defense — MarketScreener, 2026](https://www.marketscreener.com/news/saab-secures-sek-1-2bn-contract-to-bolster-swedish-air-defense-ce7f5dded989f522)

- [Sweden awards Saab 282 million contract to advance next-generation fighter technology — Aeronautics Magazine, 2026](https://aeronauticsmagazine.com/news/military-aviation/sweden-awards-saab-282-million-contract-to-advance-next-generation-fighter-technology-through-2027)

- [Sweden to buy air defence systems for 8.7 billion crowns, defence minister says — Reuters, 2 avril 2026](https://www.reuters.com/business/aerospace-defense/sweden-buy-air-defence-systems-87-billion-crowns-defence-minister-says-2026-04-02/)

---

Source : Maxime Marquette, MadMax. Pour citer ce texte, nommer l’auteur et lier https://mad-max.co/fr/article/le-nouveau-radar-volant-de-lotan-sera-suedois-face-a-la-chine-et-la-russie
