# FACT-CHECK : L'Iran et Oman — vérifier la géographie de la complicité diplomatique

> Affirmer qu'Oman est le canal diplomatique incontournable pour toute médiation avec l'Iran est devenu un lieu commun des analyses géopolitiques du Moyen-Orient. Mais les lieux communs méritent d'être vérifiés, surtout quand les enjeux sont aussi élevés que la gestion du détroit d

- Auteur: Maxime Marquette
- Publication: MadMax (https://mad-max.co)
- Rubrique: Analyse
- Publié: 2026-06-27
- Adresse à citer: https://mad-max.co/fr/article/l-iran-et-oman-verifier-la-geographie-de-la-complicite-diplomatique

## À retenir

- Oman a servi de canal secret pour les négociations américano-iraniennes menant au JCPOA, mais le Qatar et la Suisse jouent aussi des rôles de médiation.
- Le rapport de l'ISW du 24 juin 2026 ne documente pas de demande formelle de péages : un diplomate anonyme dit seulement que l'Iran «pourrait» réclamer des frais.
- Le Qatar se dit ouvert à discuter de plans iraniens de co-administration, mais rejette tout contrôle du Golfe Persique.
- L'auteur estime que l'Iran utilise ses canaux diplomatiques pour réduire l'influence américaine, et que le détroit sert de levier.
- Le détroit transporte environ 20 % du pétrole mondial, et l'auteur juge que la durabilité d'un accord dépend de garanties difficiles à obtenir avec Téhéran.

## Introduction : Oman, le passage obligé que tout le monde connaît mais que peu veulent nommer

### La thèse à vérifier

Affirmer qu'**Oman est le canal diplomatique incontournable pour toute médiation avec l'Iran** est devenu un lieu commun des analyses géopolitiques du Moyen-Orient. Mais les lieux communs méritent d'être vérifiés, surtout quand les enjeux sont aussi élevés que la gestion du **détroit d'Ormuz**, par lequel transite environ **20 % du pétrole mondial**. En **juin 2026**, cette relation prend une dimension critique : l'**Iran** utilise ses contacts omanais pour réinterpréter les termes d'un accord de cessez-le-feu négocié en Suisse avec les États-Unis, et tente de transformer une médiation ponctuelle en architecture régionale permanente qui lui octroierait un rôle de co-gestionnaire du détroit.

Ce fact-check examine trois affirmations couramment formulées sur la relation Iran-Oman : (1) Oman est le seul canal diplomatique fiable avec l'Iran ; (2) l'Iran cherche à obtenir des péages dans le détroit d'Ormuz ; (3) les négociations actuelles via Oman pourraient produire un accord durable. Chaque affirmation est examinée à la lumière des données disponibles au **26 juin 2026**.

### Le contexte factuel immédiat : Muscat, juin 2026

Le **23 juin 2026**, des officiels iraniens dont le président du Parlement et chef négociateur **Mohammad Bagher Ghalibaf** rencontraient leurs homologues omanais à **Muscat**. Le lendemain, le **24 juin**, des officiels qataris tenaient à leur tour des discussions avec Oman sur les conclusions de ces échanges relatifs à la gestion du détroit. Le **Qatar** y voyait une opportunité d'élargir les discussions à l'**Irak** et aux **États du Golfe**. Ces faits sont documentés par le rapport de l'**Institut pour l'étude de la guerre (ISW)** du **24 juin 2026** et par l'agence **Reuters**.

*Il faut regarder cette séquence diplomatique sans romantisme ni naïveté. Oman joue un rôle essentiel — mais il joue aussi pour ses propres intérêts. Muscat a besoin d'une stabilité régionale pour protéger ses investissements et son commerce. L'Iran le sait, et le prix diplomatique qu'Oman paiera pour maintenir ce rôle mérite d'être questionné.*

## Affirmation 1 : «Oman est le seul canal diplomatique fiable avec l'Iran»

### Ce qui est vrai : un rôle historique documenté

**PARTIELLEMENT VRAI.** L'affirmation d'un rôle exclusif d'Oman est exagérée, mais son importance centrale est bien réelle et documentée. Oman a effectivement servi de canal secret pour les négociations américano-iraniennes qui ont conduit au **JCPOA de 2015**. Des réunions secrètes se sont tenues à **Muscat** entre des diplomates américains et iraniens dès **2012**, bien avant les négociations multilatérales officielles. **Le sultan Qabous**, avant sa mort en **2020**, avait bâti cette position de médiateur sur plusieurs décennies de neutralité soigneusement cultivée — en maintenant des relations normales avec l'Iran tout en étant membre du **Conseil de Coopération du Golfe (CCG)**.

Mais Oman n'est pas le **seul** canal. Le **Qatar** a joué un rôle similaire dans des dossiers distincts — notamment dans les négociations sur Gaza et comme intermédiaire entre Washington et le Hamas. La **Suisse** a été le théâtre des négociations directes US-Iran de **juin 2026**, menées par le vice-président **JD Vance**. Ces canaux coexistent, se complètent, et parfois se concurrencent. Ce qui rend Oman particulièrement précieux, c'est sa combinaison de proximité géographique avec l'Iran, de relations établies de longue date, et d'une crédibilité de neutralité que le Qatar ne possède pas toujours aux yeux de Riyad et Abu Dhabi.

### Ce qui est moins certain : la pérennité du rôle

Depuis la mort du **sultan Qabous** et l'accession au pouvoir du **sultan Haitham bin Tariq** en **2020**, Oman a maintenu sa politique de médiation mais avec des ressources diplomatiques personnelles moins consolidées que son prédécesseur. Dans le contexte de juin 2026, le fait que **Ghalibaf** se rende personnellement à Muscat signale que Téhéran continue de considérer ce canal comme prioritaire. Mais le rôle d'Oman dans les discussions sur le détroit d'Ormuz dépasse la médiation traditionnelle — il implique qu'Oman accepte d'être l'intermédiaire d'une proposition iranienne qui dépasse les capacités de médiation habituelles.

*Oman est dans une position de plus en plus inconfortable. Jouer le rôle de médiateur neutral est une chose quand les enjeux sont limités. Devenir l'intermédiaire d'une revendication iranienne sur la gestion d'une voie d'eau internationale, c'est une tout autre nature de risque diplomatique. Je me demande si Muscat a pleinement mesuré l'exposition que ce rôle lui crée.*

## Affirmation 2 : «L'Iran cherche à percevoir des péages dans le détroit d'Ormuz»

### Ce qui est vrai : l'Iran veut un rôle institutionnel

**INEXACT DANS LA FORMULATION, FONDÉ DANS L'INTENTION.** L'**ISW** précise dans son rapport du **24 juin** que les États du Golfe planifient de **pousser pour qu'il n'y ait pas de «frais de transit»**, et qu'un diplomate anonyme a indiqué que l'Iran **«pourrait»** pousser pour des **frais environnementaux, de navigation ou de sécurité**. Le mot clé est «pourrait» — ce n'est pas une demande formelle documentée mais une intention perçue.

Ce que l'on peut affirmer avec certitude est que l'Iran cherche à obtenir un **rôle institutionnel dans la gestion du détroit** — ce qui est différent de la perception de «péages» au sens strict. Le détroit d'Ormuz est une **voie d'eau internationale** régie par l'**UNCLOS**, que l'Iran a ratifiée. Aucun État ne peut légalement imposer de péages sur ce type de voie d'eau. Ce qu'Iran vise, selon l'analyse de l'ISW, c'est de transformer les discussions sur le détroit en négociations sur une **«nouvelle architecture régionale dans le Golfe»** qui réduirait l'influence américaine et israélienne. Le détroit est le levier — pas la fin en soi.

### Ce qu'a dit le Qatar et ce que ça révèle

Le Premier ministre et ministre des Affaires étrangères qatari **Mohammed bin Abdulrahman al Thani** a déclaré le **24 juin** au **Financial Times** que le Qatar était ouvert à discuter des plans iraniens de co-administration du détroit avec Oman — mais a explicitement refusé tout plan qui **«contrôlerait»** le Golfe Persique, qualifié de **«porte de sortie vers le monde»**. Cette déclaration est révélatrice : **le Qatar n'a pas exclu toutes les modalités** — il a exclu un contrôle direct, laissant ouverte la porte à des arrangements plus subtils qui pourraient donner à l'Iran un rôle consultatif ou de supervision partielle.

*Le Qatar joue un jeu particulièrement délicat ici. Muscat et Doha se trouvent dans une position où refuser ouvertement les ambitions iraniennes sur le détroit risquerait de provoquer une escalade, mais accepter ces ambitions créerait un précédent dangereux pour la liberté de navigation mondiale. Ce n'est pas une position enviable.*

## La stratégie iranienne : du cessez-le-feu à l'architecture régionale

### Comment l'Iran transforme une défaite militaire en victoire diplomatique

L'Iran a subi des frappes militaires significatives lors du conflit récent avec les États-Unis et Israël. Sa capacité militaire directe a été dégradée — selon les sources d'analyse disponibles. Et pourtant, au **24 juin 2026**, c'est Téhéran qui semble dicter les termes du dialogue régional. Comment ? En liant le cessez-le-feu à des discussions sur une réforme plus large de l'architecture de sécurité du Golfe. L'accord de **60 jours** négocié en Suisse charge l'Iran de discuter avec Oman et les États du Golfe des modalités futures de la gestion du détroit — transformant une menace existentielle en opportunité diplomatique.

Le brigadier général iranien **Esmail Ahmadi Moghaddam** a déclaré le **24 juin** dans un discours qu'il souhaitait renforcer les relations stratégiques de l'Iran avec ses voisins dans la période post-guerre. Le ministre des Affaires étrangères **Abbas Araghchi** discutait simultanément avec son homologue saoudien **Faisal bin Farhan** du renforcement de la «coopération régionale». Cette simultanéité diplomatique est coordonnée — Téhéran travaille à remodeler l'image d'une Iran post-guerre en acteur incontournable de la stabilité régionale.

### L'argument iranien contre la présence militaire américaine

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères **Esmail Baghaei** a déclaré le **24 juin** que **«tant que les États-Unis interfèrent militairement dans la région, le Moyen-Orient n'atteindra jamais une paix durable»**. Cette position n'est pas nouvelle — elle est au cœur de la doctrine iranienne depuis des décennies. Mais dans le contexte des négociations actuelles, elle prend une valeur opérationnelle : l'Iran propose aux États du Golfe de troquer les garanties américaines contre une accommodation avec Téhéran. C'est une stratégie de substitution de tuteur, et l'ISW a raison de souligner que certains États du Golfe — épuisés par les conflits, anxieux pour leurs économies — pourraient être tentés d'y prêter une oreille.

*L'Iran a compris quelque chose que les stratèges occidentaux tardent à pleinement intégrer : les États du Golfe ne veulent pas d'une guerre permanente avec Téhéran, ils veulent la sécurité de leurs exportations et la stabilité de leur économie. Si l'Iran peut crédiblement promettre cette stabilité en échange d'un retrait américain, certains dans la région écouteront. C'est une menace existentielle pour la présence américaine dans le Golfe.*

## Affirmation 3 : «Les négociations via Oman peuvent produire un accord durable»

### Ce qui est plausible : une architecture de gestion concertée

**POSSIBLE MAIS TRÈS INCERTAIN.** Le précédent historique suggère qu'Oman peut servir de cadre pour des accords qui tiennent dans le temps — le rôle de Muscat dans les négociations du JCPOA l'a démontré. Un accord sur la gestion concertée du détroit d'Ormuz impliquant l'Iran, Oman, le Qatar, et d'autres États littoraux serait théoriquement possible si les intérêts de chaque partie sont satisfaits. Un tel accord pourrait inclure un mécanisme de surveillance multilatérale, des protocoles de communication d'urgence, et des engagements de non-militarisation du détroit.

La **Arabie Saoudite** prépare un «sommet de réconciliation» entre l'Iran et les États arabes du Golfe selon les informations de l'**AFP** du **24 juin**. Si Riyad s'implique directement, la dynamique change substantiellement — l'Arabie saoudite a le poids économique et politique pour imposer des conditions que l'Iran ne pourrait pas ignorer. Le rétablissement des relations diplomatiques saoudo-iraniennes en **2023**, facilité par la **Chine**, a montré que des rapprochements peuvent survenir rapidement quand les motivations sont suffisantes.

### Ce qui est suspect : les intentions réelles de Téhéran

L'ISW est explicite dans son évaluation : l'Iran cherche à **«exploiter ses engagements avec les États du Golfe pour glisser les discussions vers une réduction de l'influence et des partenariats américains et israéliens dans le Golfe»**. Autrement dit, les discussions sur le détroit sont un prétexte pour une conversation plus large sur le retrait américain de la région. Dans ce contexte, tout accord qui donne à l'Iran un rôle institutionnel dans la gestion du détroit sans garanties robustes sur la liberté de navigation risque de devenir un tremplin pour de nouvelles revendications.

*Je suis réservé sur la durabilité d'un accord avec l'Iran tant que le régime des Ayatollahs n'a pas changé de nature. Ce régime a violé le JCPOA, contourné les sanctions, financé des proxies qui ont attaqué des pays arabes alliés des États-Unis. Pourquoi un accord sur Ormuz serait-il différent ? La réponse honnête est : peut-être avec des garanties suffisantes, mais les garanties de ce type n'ont jamais été faciles à obtenir avec Téhéran.*

## La géopolitique énergétique du détroit : pourquoi tout le monde est otage

### Le pétrole du Golfe comme arme de négociation

Le **détroit d'Ormuz** est la bouteille par laquelle passe environ **20 % du pétrole mondial** et environ **25 % du gaz naturel liquéfié (GNL)** mondial. Les principaux importateurs de cette énergie sont la **Chine**, l'**Inde**, le **Japon** et la **Corée du Sud**. Ces pays ont des intérêts fondamentaux dans la libre circulation de l'énergie par ce détroit — ce qui leur confère une position dans les négociations autour de son statut futur, même s'ils ne sont pas directement impliqués dans les discussions actuelles.

L'**Iran** comprend cette dynamique et l'exploite. En menaçant de fermer ou de contrôler le détroit, Téhéran envoie un signal non seulement aux États-Unis mais aussi à la **Chine** et à l'**Inde** que leur approvisionnement énergétique dépend d'une accommodation avec **Téhéran**. La **Chine**, qui a rétabli les relations diplomatiques entre l'**Arabie Saoudite** et l'**Iran** en **2023**, se retrouve dans une position où ses intérêts énergétiques et ses ambitions géopolitiques la poussent à faciliter un accord régional — mais pas nécessairement un accord qui renforce la présence américaine.

*Le détroit d'Ormuz est le meilleur exemple de ce que j'appelle la «géopolitique de la vulnérabilité partagée». Tout le monde dépend de sa libre circulation. Tout le monde est otage de l'acteur qui peut le menacer. Et cet acteur — l'Iran — le sait parfaitement et joue cette carte avec une sophistication remarquable.*

### La variable chinoise dans les négociations sur Ormuz

La **Chine** importe environ **40 % de son pétrole** depuis la région du **Golfe Persique**, dont une fraction importante transite par le détroit d'Ormuz. Une perturbation prolongée de ce détroit coûterait à l'économie chinoise des dizaines de milliards de dollars par trimestre. Cette vulnérabilité donne à **Pékin** une motivation réelle pour s'impliquer dans la résolution du conflit autour du statut du détroit — mais dans un sens qui serve ses propres intérêts, pas nécessairement ceux de Washington.

L'implication de la **Chine** dans les discussions sur le détroit d'Ormuz est encore limitée dans les informations disponibles. Mais sa médiation dans la normalisation **saoudo-iranienne de 2023** a démontré que Pékin est prête à jouer un rôle actif dans la géopolitique du **Moyen-Orient** quand ses intérêts énergétiques sont en jeu. Si les discussions sur Ormuz s'enlisent dans les canaux américains et omanais, la **Chine** pourrait s'y inviter — ce qui compliquerait davantage l'équation américaine.

## Le droit international face aux ambitions iraniennes

### UNCLOS comme rempart juridique — et ses limites

Le **détroit d'Ormuz** bénéficie du régime de **«passage en transit»** prévu par l'**UNCLOS** — le droit de tous les navires à naviguer librement dans les détroits internationaux. Ce régime s'applique aux navires de tous les États, y compris les navires de guerre, et ne peut pas être suspendu ni soumis à des conditions par les États riverains. L'Iran et Oman sont tous deux parties à l'UNCLOS. En théorie, donc, aucune architecture de «gestion» du détroit ne peut légalement restreindre la liberté de navigation.

En pratique, la distinction entre une «gestion administrative» et une «restriction de navigation» peut être floue. Un accord qui créerait un mécanisme de signalement obligatoire, de coordination de trafic, ou d'«inspection environnementale» pourrait techniquement respecter l'UNCLOS tout en créant des frictions pratiques pour les navires non conformes. C'est précisément dans cette zone grise juridique que l'Iran cherche à s'insérer.

### La cohérence du droit international avec la réalité politique

Le rapport de l'ISW note avec clarté que **«toute tentative de placer le détroit sous le contrôle d'un État ou de plusieurs États éroderait les normes internationales établies de longue date et le droit maritime»**. Cette affirmation est juridiquement correcte. Mais le respect du droit maritime international dépend ultimement de la volonté des grandes puissances de le faire respecter. Les États-Unis ont déployé leur marine pour garantir la liberté de navigation dans le Golfe Persique depuis les années 1980. Si cette volonté venait à fléchir sous une administration américaine plus isolationniste, le droit international resterait intact sur le papier mais fragile dans les faits.

*Le droit international est une architecture admirable construite sur la coopération des États de bonne foi. L'Iran n'est pas un État de bonne foi dans ce dossier — il est un État qui utilise le droit de manière instrumentale pour faire avancer ses intérêts géopolitiques. Le qualifier autrement serait une naïveté que les faits ne permettent pas.*

## Oman et sa propre vulnérabilité dans ce rôle de médiateur

### Le prix du rôle de médiateur pour Muscat

**Oman** est un petit État — environ **4,5 millions d'habitants**, **309 000 km²**, fortement dépendant de ses exportations de **pétrole et de gaz**. Sa politique de neutralité soigneusement cultivée lui a permis de jouer des rôles diplomatiques bien au-delà de ce que sa taille géographique et économique suggérerait. Mais ce rôle a un coût : il expose Oman à la pression de toutes les parties impliquées, et en particulier à celle de l'Iran, dont Oman dépend en partie pour la gestion de ses propres tensions internes avec les communautés chiites.

Dans le contexte de **juin 2026**, **Oman** se retrouve dans la position délicate d'accueillir des discussions iraniennes sur un projet — la co-gestion du **détroit d'Ormuz** — que ses partenaires américains et certains voisins du **CCG** voient d'un mauvais œil. Si Muscat aide l'**Iran** à faire avancer ce projet tout en maintenant ses alliances avec **Riyad** et **Washington**, il marche sur une corde raide dont les conséquences en cas de déséquilibre pourraient être sévères.

*Oman a réussi l'improbable pendant des décennies : être l'ami de tout le monde dans une région où tout le monde est l'ennemi de quelqu'un. Mais les discussions sur le statut d'Ormuz pourraient forcer Muscat à choisir un camp d'une manière qu'il a toujours réussi à éviter. Ce serait une perte pour la diplomatie régionale tout entière.*

### Le futur d'Oman comme médiateur dans un contexte post-accord

Si l'accord américano-iranien de **60 jours** tient et évolue vers un accord plus permanent, le rôle d'**Oman** comme médiateur pourrait être institutionnalisé — Muscat pourrait devenir le siège d'une commission permanente de suivi des engagements. C'est un scénario favorable à Oman qui lui permettrait de consolider son rôle diplomatique unique. Mais cela dépend d'une chose que l'histoire des accords avec l'Iran enseigne à ne pas tenir pour acquise : la bonne foi de Téhéran dans l'exécution de ses engagements.

Le retour de l'Iran aux négociations sur son programme nucléaire après avoir accepté un **cessez-le-feu** est une évolution positive. Mais les précédents — le **JCPOA** de **2015** violé unilatéralement par les États-Unis en **2018**, puis partiellement contourné par l'Iran en réponse — montrent que les accords dans cette région peuvent s'effondrer pour des raisons sur lesquelles **Oman** n'a aucun contrôle. La vulnérabilité du médiateur est aussi celle de la médiation.

## Conclusion : ce que le fact-check confirme

### Les vérités confirmées

Le fait-check confirme les éléments suivants : **Oman joue un rôle diplomatique central mais pas exclusif** dans les relations avec l'Iran — VRAI. **L'Iran cherche un rôle institutionnel dans la gestion du détroit d'Ormuz** au-delà de simples «péages» — FONDÉ, avec nuances sur la forme. **Les négociations via Oman peuvent produire des accords** — POSSIBLE mais leur durabilité dépend de mécanismes de vérification robustes que le régime iranien a historiquement contournés.

### Ce que les faits révèlent sur la stratégie iranienne

Ce que le fact-check révèle le plus clairement n'est pas la nature des affirmations individuelles, mais la **logique stratégique globale de l'Iran** : utiliser chaque canal diplomatique disponible — Oman, Qatar, Arabie Saoudite — pour construire une présence institutionnelle dans la gouvernance du Golfe qui réduirait progressivement l'influence américaine. Cette stratégie est cohérente, patiente, et utilise les instruments légaux et diplomatiques de manière sophistiquée. La reconnaître clairement est le premier pas pour y répondre efficacement.

*Le fait-check est un outil utile dans la géopolitique du Golfe — une région où les affirmations sont souvent faites avec une confiance inversement proportionnelle à leur précision. Ce que j'espère avoir démontré ici, c'est que la vérité se situe toujours dans les nuances, et que les nuances dans cette région ont des conséquences vitales.*

**Signé Maxime Marquette, chroniqueur**

## Encadré de transparence du chroniqueur

### Positionnement éditorial

Je ne suis pas journaliste, mais **chroniqueur et analyste**. Mon expertise réside dans l'observation et l'analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.

Je ne prétends pas à l'objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. **Je prétends à la lucidité analytique**, à l'interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d'offrir une lecture critique des événements.

### Méthodologie et sources

Ce texte respecte la distinction fondamentale entre **faits vérifiés et analyses interprétatives**. La règle de méthode est constante : une information factuelle n'est publiée que si une source vérifiable la porte, et les sources effectivement utilisées par cet article sont listées sous **Sources**, jamais ici.

**Familles de sources primaires** retenues par la publication, quand le dossier en comporte : communiqués officiels des gouvernements et institutions internationales, déclarations publiques des dirigeants politiques, rapports d'organisations intergouvernementales, dépêches d'agences de presse internationales reconnues.

**Familles de sources secondaires** : publications spécialisées, médias d'information reconnus internationalement, analyses d'institutions de recherche établies, rapports d'organisations sectorielles.

Quand un article cite des données statistiques, économiques ou géopolitiques, elles proviennent d'institutions productrices de données (organisations intergouvernementales, banques centrales, instituts statistiques nationaux), et l'institution exacte est nommée sous **Sources**.

### Nature de l'analyse

Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une **synthèse critique et contextuelle** basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d'experts cités dans les sources consultées.

Mon rôle est d'interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et économiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l'observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs globaux.

Cet article décrit un état documenté à sa date de publication, et non une prédiction : une évolution ultérieure peut en déplacer les perspectives. Aucune mise à jour n'est promise d'avance; lorsqu'un article est corrigé ou complété, la modification est datée dans le texte.

## Sources

### Sources primaires

- [ISW — Rapport spécial Iran : Oman, détroit d'Ormuz et diplomatie régionale — 24 juin 2026](https://understandingwar.org/research/middle-east/iran-update-special-report-june-24-2026/)

- [Al Jazeera — États-Unis et Iran en désaccord sur la supervision nucléaire et le détroit d'Ormuz — 24 juin 2026](https://www.aljazeera.com/news/liveblog/2026/6/24/iran-war-live-trump-tehran-at-odds-over-nuclear-inspections-hormuz)

- [RFE/RL — Rubio conclut sa tournée dans le Golfe sur le message de liberté de navigation — 25 juin 2026](https://www.rferl.org/a/rubio-gulf-tour-iran-hormuz-us-allies/33788814.html)

### Sources secondaires

- [The Guardian — Rubio face aux alliés du Golfe sur l'accord de cessez-le-feu — 23 juin 2026](https://www.theguardian.com/world/2026/jun/23/marco-rubio-gulf-allies-us-iran-ceasefire-deal)

- [ITV News — Rubio aux Émirats pour dissiper le scepticisme sur l'accord iranien — 24 juin 2026](https://www.itv.com/news/2026-06-24/marco-rubio-arrives-in-uae-to-ease-gulf-states-scepticism-over-iran-deal)

- [Al Jazeera Inside Story — La tournée Rubio dans le Golfe a-t-elle rassuré les alliés américains ? — 25 juin 2026](https://www.aljazeera.com/video/inside-story/2026/6/25/has-marco-rubios-tour-of-the-gulf-reassured-us-allies)

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Source : Maxime Marquette, MadMax. Pour citer ce texte, nommer l’auteur et lier https://mad-max.co/fr/article/l-iran-et-oman-verifier-la-geographie-de-la-complicite-diplomatique
