# PORTRAIT : Kim Jong Un, régisseur de l'apocalypse — l'homme qui fait de la guerre une fête nationale

> Il y a des dates qui ne sont jamais de simples commémorations en Corée du Nord. Le 25 juin est l'une d'elles. C'est le 76e anniversaire du déclenchement de la guerre de Corée de 1950-1953 — un conflit que Pyongyang présente comme une «guerre d'agression américaine» victorieusemen

- Auteur: Maxime Marquette
- Publication: MadMax (https://mad-max.co)
- Rubrique: Portrait
- Publié: 2026-06-27
- Adresse à citer: https://mad-max.co/fr/article/kim-jong-un-regisseur-de-l-apocalypse-l-homme-qui-fait-de-la-guerre-une-fete-nat

## Introduction : Le 25 juin, la date qu'il attend toute l'année

### Soixante-seize ans après la guerre qui n'a jamais vraiment fini

Il y a des dates qui ne sont jamais de simples commémorations en **Corée du Nord**. Le **25 juin** est l'une d'elles. C'est le **76e anniversaire du déclenchement de la guerre de Corée de 1950-1953** — un conflit que **Pyongyang** présente comme une «**guerre d'agression américaine**» victorieusement repoussée, dont l'**armistice de 1953** n'a jamais été suivi d'un traité de paix. Pour **Kim Jong Un**, cette date n'est pas une occasion de deuil ni de réflexion : c'est une **scène**. Et lui en est le metteur en scène absolu.

Le **25 juin 2026**, conformément à cette tradition, le dirigeant nord-coréen s'est rendu sur un site d'essais d'armements pour superviser personnellement une série de tests de **systèmes d'armes clés**. L'agence de presse officielle **KCNA** a rapporté les résultats le lendemain, diffusant des photographies — sélectionnées avec soin — montrant **Kim Jong Un** aux côtés d'officiers supérieurs, entouré de colonnes de fumée, de missiles en trajectoire, et d'artillerie en action. Cette mise en scène est codifiée. Elle est calculée. Elle est redoutable dans sa précision symbolique.

### Les armes du 25 juin : un inventaire révélateur

Les systèmes testés le **25 juin 2026** ont été soigneusement choisis pour leur valeur symbolique et opérationnelle. Selon **KCNA**, repris par **Reuters** et **l'Agence Yonhap** de **Séoul**, les tests ont porté sur : une **version améliorée du lance-roquettes multiple de 240 mm à 24 tubes**, équipée d'un système de guidage de précision autonome avec une portée étendue à **90 kilomètres** ; des **missiles balistiques tactiques** dotés d'une ogive à «**mission spéciale**» ; et un **obusier automoteur de 155 mm** avec des obus à portée étendue de **65 kilomètres**.

Ces trois systèmes ciblent un ensemble de capacités spécifiques : le lance-roquettes de **240 mm amélioré** est conçu pour saturer des objectifs de niveau corps d'armée — bases aériennes, nœuds logistiques, concentrations de troupes — sur tout le territoire de la **Corée du Sud**. L'ogive à «mission spéciale» du missile balistique tactique est explicitement décrite par **KCNA** comme destinée à «**infliger des dommages létaux sur des cibles majeures incluant des aérodromes, des ports et des installations d'alimentation électrique de l'ennemi**» — l'ennemi étant, sans équivoque possible, la **Corée du Sud** et les forces américaines qui y stationnent.

*Il y a quelque chose de glacial dans la précision avec laquelle Kim Jong Un choisit sa date d'anniversaire pour ses démonstrations de puissance. Le 25 juin n'est pas une coïncidence — c'est une déclaration d'intention formulée en langage militaire, destinée autant à son audience interne qu'aux chancelleries étrangères. Et elle dit : «Je n'oublie pas. Je prépare. Je suis prêt.» C'est le portrait d'un homme qui a transformé la menace en identité nationale.*

## Qui est Kim Jong Un en 2026 : trente ans de pouvoir façonnés dans la peur

### Un héritier devenu souverain absolu

**Kim Jong Un** est né en **1984** selon les estimations les plus répandues — son année de naissance exacte n'est pas confirmée officiellement. Il a pris le pouvoir en **décembre 2011**, à l'âge approximatif de **27 ans**, après la mort de son père **Kim Jong Il**. À ses débuts, certains observateurs occidentaux avaient espéré qu'il pourrait s'avérer un réformateur : il avait étudié en **Suisse**, il semblait moins rigide que son père, il avait épousé une femme jeune et éduquée. Ces espoirs ont été, depuis lors, définitivement enterrés.

En **quinze ans** de règne, **Kim Jong Un** a procédé à des purges massives dans les élites nord-coréennes — dont l'exécution de son propre oncle **Jang Song-thaek** en **2013**, qui constituait l'un des piliers du régime. Il a accéléré de manière vertigineuse le programme nucléaire et balistique de la **Corée du Nord**, passant de missiles à portée régionale à des **missiles balistiques intercontinentaux (ICBM)** capables théoriquement d'atteindre le territoire américain. Il a consolidé sa prise en main personnelle de l'armée, transformant les généraux en exécutants plutôt qu'en décideurs.

### La présence physique comme instrument de pouvoir

Ce qui distingue **Kim Jong Un** de nombreux dirigeants autoritaires est son insistance à se montrer **personnellement présent** lors des tests d'armes et des exercices militaires. Contrairement à son grand-père **Kim Il-sung** ou même à son père, qui supervisaient parfois les tests depuis des documents ou des rapports, **Kim Jong Un** s'est rendu physiquement sur les sites de lancement, a posé à côté des missiles, a observé les explosions depuis des points d'observation. Cette présence n'est pas simplement symbolique : elle illustre une conception du pouvoir dans laquelle le dirigeant et la force militaire sont indissociables.

L'**Associated Press** a rapporté le **26 juin 2026** que **KCNA** avait cité **Kim Jong Un** appelant à renforcer la «**posture offensive meurtrière et destructrice**» de l'armée nord-coréenne — une formulation qui mérite d'être lue sans filtre. «**Faire en sorte que les ennemis ressentent une inquiétude et une peur constantes est un aspect important de l'exercice de la dissuasion de guerre**», a dit **Kim Jong Un**. Cette déclaration n'est pas de la propagande intérieure ordinaire : c'est une doctrine militaire formulée en termes clairs.

*Kim Jong Un est peut-être la figure la plus difficile à analyser honnêtement dans les relations internationales contemporaines. Il est à la fois cartoonesque dans son culte de la personnalité et profondément sérieux dans ses capacités militaires. Traiter le premier élément sans le second, ou l'inverse, conduit aux erreurs d'évaluation qui ont amené les gouvernements américains successifs à sous-estimer Pyongyang pendant trois décennies. Je préfère l'inconfort de la complexité à la simplification rassurante.*

## La modernisation militaire nord-coréenne : une course que personne ne prenait au sérieux

### De l'artisanat balistique aux systèmes automatisés de précision

Ce qui ressort des tests du **25 juin 2026**, c'est la nature spécifique des améliorations apportées aux systèmes conventionnels. L'**ancien lance-roquettes de 240 mm** était déjà un système redoutable en termes de portée brute et de saturation de surface. La **nouvelle version** y ajoute deux capacités transformatrices : un **système de guidage de précision autonome** et une **portée étendue à 90 km**, ce qui signifie que depuis des positions proches de la frontière nord-coréenne, ces roquettes peuvent atteindre pratiquement toute la zone de **Séoul** et sa banlieue de plus de **25 millions d'habitants**.

Le **Chosun Biz** de **Séoul** a rapporté que **KCNA** avait décrit le système comme «**entièrement automatisé, avec un système de guidage de précision autonome introduit**» — une déclaration qui, si elle correspond à la réalité, signifie que la **Corée du Nord** maîtrise désormais des systèmes d'armes conventionnelles qui intègrent de l'intelligence artificielle pour la précision de guidage. Ce serait un saut qualitatif significatif par rapport aux capacités précédentes.

### L'ogive à «mission spéciale» : une arme qui cible les bases américaines

L'expression «**ogive à mission spéciale**» utilisée par **KCNA** pour décrire la tête militaire du missile balistique tactique testé le **25 juin** est à décrypter soigneusement. Dans le jargon militaire nord-coréen, cette terminologie désigne généralement des ogives conçues pour des effets spécifiques : **pénétration de bunkers renforcés**, **destruction de systèmes radar**, ou dans certains contextes, **effets de zone** maximisés contre des concentrations de troupes et d'équipements. La description explicite des **aérodromes, ports et installations électriques** comme cibles prioritaires vise directement les **28 500 soldats américains** stationnés en **Corée du Sud** et leurs infrastructures de soutien.

En **mai 2026**, la **Corée du Nord** avait déjà annoncé des tests d'un mix de missiles balistiques tactiques, de roquettes d'artillerie et de **missiles de croisière guidés par intelligence artificielle** pour la «**guerre moderne**». La progression entre ces tests de mai et ceux du **25 juin** révèle une cadence d'innovation militaire remarquablement rapide pour un pays soumis à des sanctions internationales qui visent précisément à limiter ses capacités technologiques.

*L'ironie amère de la situation nord-coréenne : les sanctions internationales, au lieu d'empêcher le développement militaire du régime, l'ont en partie accéléré. Coupée du monde, la Corée du Nord a développé ses propres capacités industrielles de défense, souvent en coopération avec la Russie et l'Iran. Le résultat est un État qui, malgré une économie civil catastrophique, peut produire des systèmes d'armes de précision autonomes. La politique de sanctions comme unique outil de changement de comportement a montré ses limites depuis longtemps.*

## La signification stratégique du 25 juin : le calendrier comme message

### L'anniversaire de la guerre comme rituel de légitimation

Pour comprendre pourquoi **Kim Jong Un** a choisi le **25 juin** pour ses tests de **2026**, il faut comprendre la fonction symbolique de la **guerre de Corée** dans la mythologie du régime. La version officielle nord-coréenne — inculquée à chaque citoyen dès l'enfance — présente ce conflit comme une guerre d'agression américaine repoussée par le génie militaire du fondateur **Kim Il-sung** et la bravoure héroïque du peuple nord-coréen. Ce récit de victoire contre la puissance américaine est le **fondement identitaire** même du régime.

En organisant des tests d'armes majeurs le jour anniversaire du déclenchement de ce conflit, **Kim Jong Un** accomplit plusieurs actes symboliques simultanément : il s'inscrit dans la continuité de ses ancêtres (**Kim Il-sung** a «gagné» contre les Américains ; lui les surpasse technologiquement) ; il rappelle à la **Corée du Sud** et aux **États-Unis** que la guerre de **1950** n'est pas terminée dans les esprits ; et il offre à la population nord-coréenne, soumise à des privations économiques sévères, un spectacle de force nationale destiné à nourrir un orgueil de substitution.

### Le message à Séoul : du symbolisme à la menace concrète

La **Corée du Sud** a compris le message. Le même **25 juin 2026**, **Séoul** a annoncé une augmentation significative de ses capacités de guerre par drones — une réponse directe et calculée à la démonstration nord-coréenne. L'armée sud-coréenne, l'une des plus modernes d'**Asie**, surveille les tests nord-coréens avec une attention qui mêle professionnalisme analytique et inquiétude institutionnelle.

Les officiels militaires sud-coréens ont détecté les lancements du **25 juin** et ont confirmé les informations publiées par **KCNA** — la transparence nord-coréenne sur ses propres tests est d'ailleurs l'une des caractéristiques de ce régime : **Pyongyang** veut que ses adversaires sachent exactement ce dont il est capable. Ce n'est pas de l'arrogance gratuite : c'est une stratégie de dissuasion délibérée. Si l'ennemi sait avec précision ce qui l'attend en cas de conflit, il est moins susceptible d'en déclencher un.

*La logique de dissuasion de Kim Jong Un est, dans une certaine mesure, rationnelle. Je n'aime pas l'admettre parce que ça signifie reconnaître une cohérence stratégique derrière la brutalité du régime — mais les faits sont les faits. Pyongyang a mis fin aux grandes provocations militaires contre la Corée du Sud précisément parce que sa capacité nucléaire a rendu le coût d'une réponse militaire américaine trop élevé. C'est horrible, mais ça fonctionne comme stratégie de survie.*

## Kim Jong Un et Poutine : une alliance de l'apocalypse

### La livraison de munitions nord-coréennes et sa contrepartie technologique

Pour analyser le portrait de **Kim Jong Un** en **2026**, il est impossible d'ignorer son partenariat stratégique avec la **Russie** de **Vladimir Poutine**. La **Corée du Nord** a livré, selon les estimations des services de renseignement occidentaux, **des millions d'obus d'artillerie** et des **missiles balistiques à courte portée** à la **Russie** pour alimenter son offensive en **Ukraine**. Ces livraisons ont contribué de manière significative à la capacité russe de maintenir une cadence de frappes intensive contre les défenses ukrainiennes.

En échange, la **Russie** a fourni à la **Corée du Nord** des **transferts technologiques** dans les domaines de la **navigation inertielle**, des **moteurs pour missiles**, et de la **technologie des satellites militaires** — informations tirées des évaluations des services de renseignement américains et sud-coréens. L'**ISW** et d'autres institutions ont documenté comment cette coopération a contribué à accélérer la modernisation des capacités balistiques nord-coréennes. Les systèmes de guidage de précision autonome vantés par **KCNA** le **25 juin** pourraient partiellement bénéficier de ces transferts.

### Corée du Nord-Russie-Iran : le triangle des États hors normes

Au-delà de l'axe **Pyongyang-Moscou**, la **Corée du Nord** s'inscrit dans un réseau plus large d'États que les démocraties occidentales qualifient d'«**États voyous**» — une terminologie que je préfère remplacer par «**États qui rejettent les normes de l'ordre libéral international**». Ce réseau — **Corée du Nord, Russie, Iran, Chine** à un degré différent — constitue une force de disruption de l'ordre mondial qui opère avec une cohérence croissante.

Les **drones iraniens Shahed**, produits en masse pour la **Russie** puis utilisés contre l'**Ukraine**, et les **munitions nord-coréennes** qui alimentent la même offensive, illustrent une forme de **division du travail militaire** entre ces régimes. Pour **Kim Jong Un**, cette alliance n'est pas idéologique au sens strict — il n'a aucune affinité avec l'islamisme de **Téhéran** ou le nationalisme russe de **Poutine**. Ce qui les unit, c'est une opposition fonctionnelle à l'ordre occidental et la conviction que leur survie passe par une résistance collective à la pression américaine.

*L'axe Pyongyang-Moscou-Téhéran est l'un des développements les plus préoccupants de la décennie. Trois régimes autoritaires qui se soutiennent mutuellement, se transfèrent des technologies militaires, et coordonnent partiellement leurs actions pour affaiblir l'Occident. Ce n'est pas une coalition formelle avec des structures décisionnelles — c'est quelque chose de plus organique et donc de plus difficile à contrer. Et l'Occident n'a pas encore développé une réponse stratégique cohérente à cette nouvelle réalité.*

## L'état réel de l'armée nord-coréenne : puissance et limites

### Une armée de masse aux capacités conventionnelles massives

Avec une **armée active de 1,28 million de soldats** et des réserves estimées à plusieurs millions supplémentaires, la **Corée du Nord** dispose de l'une des armées les plus importantes du monde en termes d'effectifs. Cette force est massivement déployée le long de la frontière avec la **Corée du Sud** — plus de **70 % des forces terrestres** stationnent dans les **120 km au sud de Pyongyang**, selon les estimations du ministère américain de la Défense. Cette concentration représente une menace conventionnelle immédiate pour **Séoul**, qui se trouve à seulement **55 km de la frontière**.

Les armes testées le **25 juin** — notamment le lance-roquettes de **240 mm** à portée de **90 km** — sont conçues pour saturer les défenses de **Séoul** et sa périphérie industrielle dès les premières heures d'un conflit hypothétique, avant que les forces américaines ne puissent se déployer massivement depuis leurs bases au **Japon** et à **Guam**. Cette doctrine du «**blitz de l'heure zéro**» est au cœur de la pensée militaire nord-coréenne depuis des décennies.

### Les failles cachées : l'économie qui ne suit pas

Mais le portrait de **Kim Jong Un** serait incomplet sans ses vulnérabilités. L'économie nord-coréenne, après des années de sanctions, d'isolement, et de priorité absolue accordée aux dépenses militaires au détriment du développement civil, reste profondément défaillante. Les famines récurrentes, la pénurie chronique d'énergie, l'état délabré des infrastructures civiles — tout cela contraste brutalement avec les missiles brillants exposés lors des cérémonies militaires.

Les livraisons d'armes à la **Russie** ont certes apporté des revenues en devises et des transferts technologiques, mais elles ont aussi ponctionné des stocks d'artillerie qui n'ont pas toujours été remplacés rapidement. La capacité de la **Corée du Nord** à maintenir une guerre conventionnelle prolongée contre la **Corée du Sud** et les **États-Unis** — au-delà des premières semaines d'un conflit — reste fondamentalement limitée par une base économique et logistique structurellement faible.

*C'est la contradiction fondamentale du système nord-coréen : un État qui peut construire des missiles de précision guidés par intelligence artificielle, mais qui ne peut pas nourrir une partie significative de sa population. Ce paradoxe n'est pas accidentel — c'est le résultat de choix politiques délibérés qui favorisent systématiquement la puissance militaire sur le bien-être civil. Et c'est Kim Jong Un, seul, qui fait ces choix. Le portrait de cet homme, c'est aussi le portrait de ces millions de Nord-Coréens qui subissent ces choix sans avoir voix au chapitre.*

## La mise en scène du pouvoir : la presse du régime comme miroir déformant

### KCNA et la construction d'une légende vivante

L'agence de presse officielle **KCNA** est l'un des instruments de pouvoir les plus essentiels de **Kim Jong Un**. Chaque test d'arme, chaque visite d'inspection, chaque déclaration du dirigeant passe par ce filtre soigneusement contrôlé avant d'être diffusé au monde. Les photographies publiées le **26 juin 2026** montrant **Kim Jong Un** lors des tests de la veille ont été choisies pour maximiser l'impression de maîtrise et d'autorité : le dirigeant entouré d'officiers attentifs, les tirs capturés de multiples angles, les colonnes de feu et de fumée formant un arrière-plan dramatique.

Cette mise en scène est élaborée depuis des années par une équipe de propagandistes professionnels dont la mission est de construire l'image d'un souverain **omniscient, omnipotent, et militairement invincible**. Les images sont diffusées non seulement pour le public domestique nord-coréen mais aussi — et peut-être surtout — pour les médias étrangers qui les reproduisent et les amplifient involontairement. **Kim Jong Un** comprend parfaitement que les démocraties ont des médias libres qui reproduiront ses images sans qu'il n'ait à payer pour leur diffusion.

### La personnification de l'État dans un corps humain

Ce qui est frappant dans la couverture des tests du **25 juin**, c'est l'insistance de **KCNA** sur les réactions **émotionnelles personnelles** de **Kim Jong Un** : «**Il a exprimé sa satisfaction à l'égard des résultats des tests**» ; «**il a dit que les tests servaient à prouver et à confirmer les progrès technologiques significatifs**». Ce lexique de la satisfaction personnelle n'est pas anodin — il personnalise le programme d'armement comme une réalisation individuelle du leader, renforçant ainsi l'idée que son existence même garantit la sécurité nationale.

Dans la **Corée du Nord** de **2026**, **Kim Jong Un** n'est pas seulement le chef de l'État : il est l'État. Ses réussites sont les réussites de la nation ; ses humeurs sont les humeurs du ciel. Cette personnification totale du pouvoir, héritée de son grand-père et portée à un degré absolu sous son règne, crée une fragilité structurelle : si **Kim Jong Un** venait à disparaître — maladie, accident, assassinat — la structure de pouvoir qu'il a bâtie autour de sa personne n'aurait pas de mécanisme de succession clair et accepté.

*La succession est peut-être la plus grande vulnérabilité du système Kim. Il a une fille, Kim Ju-ae, qui apparaît régulièrement à ses côtés lors d'événements militaires depuis 2022 — une préparation possible à une succession dynastique. Mais l'histoire des successions dans les régimes autoritaires est jonchée d'implosions et de guerres de palais. Je ne prédis rien — je note simplement que l'éternité n'est pas un programme politique viable.*

## La réponse internationale : inefficace mais incontournable

### Les sanctions comme outil usé mais sans alternative

La réponse internationale aux tests nord-coréens suit depuis des années un schéma prévisible : condamnation du **Conseil de sécurité de l'ONU** (quand la **Chine** et la **Russie** le permettent), renforcement des sanctions existantes (quand elles peuvent être adoptées), déclarations de fermeté de la part des alliés régionaux. Ce schéma n'a pas empêché la **Corée du Nord** de développer une **capacité nucléaire** avérée ni d'améliorer continuellement ses systèmes conventionnels.

La raison fondamentale de cet échec est simple : la **Chine**, qui représente plus de **90 % du commerce extérieur nord-coréen**, n'a aucun intérêt à laisser le régime s'effondrer, ce qui produirait soit une **réunification coréenne** sous direction américaine à sa frontière, soit un état faillit chaotique avec des armes nucléaires non sécurisées et des flux de réfugiés massifs. Le soutien minimal mais vital que **Pékin** offre à **Pyongyang** neutralise l'essentiel de l'efficacité des sanctions.

### La Corée du Sud et le Japon : gérer l'inacceptable au quotidien

Pour la **Corée du Sud** et le **Japon**, les deux pays les plus directement exposés aux capacités nord-coréennes, la gestion de cette menace est un exercice permanent d'équilibre entre dissuasion et désescalade. **Séoul** a annoncé le **25 juin 2026** des investissements massifs dans ses capacités de guerre par drones — une réponse adaptative directe aux systèmes nord-coréens. Le **Japon** maintient ses systèmes antimissiles **PAC-3** et poursuit son développement de capacités de frappe en profondeur.

Ces deux pays ne peuvent pas permettre que la menace nord-coréenne déstabilise leurs sociétés — et ils ne peuvent pas non plus déclencher un conflit qui détruirait des villes de millions d'habitants et risquerait une escalade nucléaire. Cette **géométrie stratégique impossible** explique une partie de la frustration des alliés américains dans la région et leur soutien, parfois réticent, à des approches diplomatiques qui semblent systématiquement aboutir à des impasses.

*Il n'y a pas de bonne réponse à la Corée du Nord. Je le dis franchement parce que trop d'analystes prétendent avoir une solution — la pression maximale, l'engagement diplomatique, la coercition économique — alors que trente ans d'expérience ont démontré que chacune de ces stratégies a ses limites. L'honnêteté intellectuelle exige de reconnaître qu'on gère une situation sans solution parfaite, plutôt que de promettre des résultats que la réalité géopolitique ne permet pas d'atteindre.*

## Kim Jong Un devant l'histoire : le legs d'un homme qui mise sur la peur

### La doctrine de la «peur permanente» comme politique d'État

La déclaration de **Kim Jong Un** du **25 juin 2026** — «**Faire en sorte que les ennemis ressentent une inquiétude et une peur constantes est un aspect important de l'exercice de la dissuasion de guerre**» — est peut-être la formulation la plus directe et la plus honnête qu'il ait jamais offerte de sa doctrine stratégique. Cette doctrine repose sur une logique d'économie de la violence : en investissant dans la capacité de causer une destruction massive, on réduit la probabilité d'avoir à l'exercer.

Cette logique est celle de la **dissuasion nucléaire** dans sa forme classique — la même qui a, au sens propre, empêché une troisième guerre mondiale entre **États-Unis** et **Union soviétique** pendant la **Guerre froide**. Ce que **Kim Jong Un** fait, c'est transposer cette logique dans son contexte spécifique et l'étendre aux armes conventionnelles de précision. Si **Séoul** et **Washington** savent qu'une attaque contre la **Corée du Nord** se traduira immédiatement par une destruction massive de cibles sud-coréennes et américaines, alors le coût de toute action préventive ou préemptive est inacceptable.

### Le paradoxe de la modernisation dans l'isolement

Le paradoxe fondamental du programme d'armement de **Kim Jong Un** est celui-ci : plus il réussit à développer des capacités militaires avancées, moins il est probable qu'un acteur extérieur tente de le renverser par la force — ce qui, à court terme, renforce la sécurité de son régime. Mais en même temps, plus ses capacités militaires avancent, plus les démocraties développent leurs propres systèmes de défense et de dissuasion régionaux, et plus la course aux armements dans la région s'accélère.

La décision sud-coréenne du **25 juin 2026** d'investir massivement dans les drones — annoncée exactement le même jour que les tests nord-coréens — illustre cette dynamique. Chaque test de **Pyongyang** alimente un cycle d'investissement militaire chez ses voisins qui, à terme, augmente les risques de mauvais calcul et d'escalade accidentelle. **Kim Jong Un** gagne la bataille tactique de la dissuasion tout en contribuant à une architecture de sécurité régionale de plus en plus fragile.

*Je ne pense pas que Kim Jong Un soit suicidaire — je ne crois pas qu'il veuille vraiment déclencher une guerre qu'il sait ne pas pouvoir gagner entièrement. Mais les histoires de guerre nous apprennent que les conflits les plus dévastateurs commencent rarement par une décision consciente d'aller jusqu'au bout. Ils commencent par des provocations mal calibrées, des signaux mal lus, des escalades qui prennent leurs propres dynamiques. C'est ce risque-là qui me préoccupe le plus en Corée.*

## Les images du 25 juin : une esthétique de la destruction soigneusement construite

### La photographie militaire comme instrument de propagande d'État

Les photographies diffusées par **KCNA** le **26 juin 2026** montrant **Kim Jong Un** lors des tests de la veille sont l'objet d'une analyse systématique par les services de renseignement du monde entier. Chaque détail compte : la direction du regard de **Kim**, les uniformes des officiers à ses côtés, le type d'équipement visible en arrière-plan, les insignes et décorations portés par les participants. Ces images sont à la fois de la propagande destinée à un public interne et des messages codifiés destinés à des interlocuteurs extérieurs.

Ce qui est frappant dans la série du **25 juin**, c'est l'accent mis sur la **diversité des systèmes d'armes** testés — trois types distincts d'armements conventionnels, couvrant différentes portées et différents types de cibles. Ce n'est pas un seul système que **Pyongyang** a voulu montrer, mais une **gamme** — une démonstration de la profondeur et de la polyvalence de son arsenal. Le message est : nous ne sommes pas à court d'une seule innovation ; nous progressons sur tous les fronts simultanément.

### La mobilisation interne : un peuple prisonnier de sa propre propagande

Au-delà de la politique étrangère, les tests du **25 juin** remplissent une fonction essentielle sur le plan interne. Dans un pays où les privations économiques sont réelles et où la liberté d'expression est totalement absente, les démonstrations militaires servent de substitut à la prospérité et à la liberté. La fierté nationale manufacturée par le régime — «**notre dirigeant a construit des missiles que les Américains craignent**» — est un outil de contrôle social puissant qui compense partiellement l'absence de liberté et de bien-être matériel.

Cette instrumentalisation de la fierté militaire à des fins de contrôle domestique est l'un des éléments les plus cyniques du système **Kim**. Les Nord-Coréens ordinaires — ceux qui manquent d'électricité l'hiver, qui ne peuvent pas voyager librement, qui sont condamnés au **goulag** pour avoir regardé des séries sud-coréennes — n'ont aucun bénéfice réel de ces missiles. Mais ils sont encouragés à les voir comme leur propre réalisation collective, comme la preuve de leur valeur nationale.

*Il m'est impossible de parler de Kim Jong Un sans penser aux vingt-cinq millions de Nord-Coréens qui vivent sous son règne sans avoir choisi de le faire. Ces gens n'ont pas voté pour les missiles. Ils ne peuvent pas voter contre. Ils subissent un système qui les enferme dans un pays-prison tout en leur vendant l'idée qu'ils vivent dans une forteresse glorieuse. C'est le crime le plus profond de ce régime : non pas les missiles, mais le vol systématique de la dignité et de la liberté de ses propres citoyens.*

## Kim Jong Un et la diplomatie des armes : vendre la peur pour acheter la survie

### Un commerce d'État construit sur l'asymétrie de l'information

La **diplomatie des armes nord-coréenne** repose sur un paradoxe fondamental : vendre des capacités militaires à des régimes qui n'ont aucun autre fournisseur disposé à le faire. La **Corée du Nord** a construit une position de monopoliste dans certains créneaux de l'armement conventionnel — obus d'artillerie, missiles balistiques de courte portée — pour des clients comme la **Russie, l'Iran et certains proxies** qui ne peuvent pas acheter à l'Ouest.

Selon les données compilées par les services de renseignement occidentaux, la Corée du Nord a fourni à la Russie des **millions d'obus d'artillerie** depuis le début de la guerre en Ukraine. Ces transferts ont permis à **Moscou** de maintenir son rythme de tirs malgré l'épuisement progressif de ses propres stocks. Pour **Kim Jong Un**, c'est la démonstration que son programme d'armement a une valeur stratégique que les sanctions n'ont pas réussi à éliminer.

### Les prix et les termes de ces échanges

Les détails des transactions irano-nord-coréennes et russo-nord-coréennes restent largement opaques. Selon les analyses disponibles, les **termes de ces échanges** incluent des combinaisons de cash dans des devises qui contournent le système SWIFT, d'assistance technique, et possiblement de **céréales ou d'énergie** dans le cadre de transactions qui n'impliquent pas le dollar américain.

Ce que Kim Jong Un cherche à obtenir en priorité, c'est ce que la **Russie** peut lui offrir : des technologies de réentrée atmosphérique pour ses missiles, des technologies de sous-marins à propulsion nucléaire. Des rapports indiquent que ces transferts technologiques ont lieu. Si cette équation se confirme, Kim achète avec des obus une amélioration substantielle de sa posture nucléaire stratégique.

*Kim ne fait pas de charité. Chaque obus vendu à Moscou est une facture que la Russie paie en technologies que Pyongyang ne pourrait obtenir nulle part ailleurs. La vulnérabilité mutuelle crée une solidarité que les sanctions n'ont pas réussi à briser.*

## Le programme nucléaire tactique : une menace régionale immédiate

### Au-delà des ICBM : la miniaturisation nucléaire

Au-delà des missiles intercontinentaux qui menacent les États-Unis, le **programme nucléaire tactique nord-coréen** représente une menace plus immédiate pour la péninsule coréenne. Kim Jong Un a déclaré publiquement que la Corée du Nord dispose d'**armes nucléaires tactiques** miniaturisées — des ogives suffisamment petites pour être montées sur des missiles de courte portée ou des systèmes d'artillerie. Si cette capacité est réelle, elle change fondamentalement l'équation de sécurité régionale.

La **Corée du Sud** a répondu à cette menace en renforçant ses capacités de dissuasion et en approfondissant ses accords de sécurité avec les **États-Unis** et le **Japon**. Le déploiement de systèmes **THAAD** sur le sol sud-coréen et l'intégration de la planification nucléaire américaine dans les accords bilatéraux visent à compenser cette menace. Mais ces mesures ont un coût diplomatique : la **Chine** les voit comme un empiétement de la puissance américaine à ses frontières.

### Le trilemme nucléaire américain face à Pyongyang

Les États-Unis font face au «**trilemme nord-coréen**» : dissuader Pyongyang d'utiliser ses armes, empêcher leur prolifération, et éviter une guerre qui dévasterait **Séoul**. Ces trois objectifs sont en tension permanente. Toute action trop agressive risque de provoquer exactement la réponse nucléaire qu'elle cherche à prévenir. Toute passivité risque de signaler que la prolifération est acceptable.

L'axe de coopération entre la **Russie, l'Iran et la Corée du Nord** représente une menace structurelle pour l'ordre de sécurité international. Si la Russie transfère des technologies de missiles à la Corée du Nord en échange d'obus, et si l'Iran bénéficie de technologies nord-coréennes en échange de drones, on assiste à une **architecture de prolifération circulaire** qui contourne les mécanismes de contrôle occidental.

*L'arme nucléaire tactique nord-coréenne n'est pas seulement une menace pour Séoul — c'est un argument permanent contre toute tentative de dénucléarisation forcée. Si Kim possède des armes que personne ne peut localiser et neutraliser, une frappe préventive devient une option trop risquée. C'est le nœud gordien que personne à Washington n'a encore su défaire.*

## Les sanctions : un régime qui s'érode sans jamais plier Pyongyang

### Deux décennies de sanctions pour quel résultat

Le régime de **sanctions internationales** contre la Corée du Nord est l'un des plus étendus au monde. Des résolutions du **Conseil de sécurité de l'ONU**, des sanctions américaines, européennes et japonaises ciblant le programme nucléaire — tout cela est en place depuis plus de deux décennies. Et pourtant, la Corée du Nord a non seulement maintenu mais considérablement développé ses programmes d'armement pendant cette période.

Ce paradoxe s'explique notamment par la **Chine**, partenaire commercial incontournable de la Corée du Nord, qui a toujours appliqué les sanctions avec une sélectivité stratégique. **Pékin** ne veut pas voir un régime nord-coréen s'effondrer et créer une crise à sa frontière. Cette protection implicite a fourni à Pyongyang un tampon contre les effets les plus dévastateurs des sanctions.

### La Russie bloque la surveillance internationale

La coopération accrue avec la **Russie** depuis 2022 a fourni à Pyongyang un nouveau canal d'évasion des sanctions. La Russie a bloqué en 2024 le renouvellement du panel d'experts de l'**ONU** chargé de surveiller l'application des sanctions nord-coréennes. Sans ce mécanisme de surveillance, les violations des sanctions deviennent encore plus difficiles à documenter et à sanctionner.

Le régime nord-coréen a développé une expertise remarquable dans l'**évasion des sanctions** : transactions financières via des réseaux de sociétés écrans dans des juridictions opaques, transferts de technologies via des intermédiaires, échanges en nature qui contournent le système bancaire international. Ces mécanismes sont documentés par les experts mais difficiles à démanteler complètement.

*Les sanctions sont utiles pour signaler une norme internationale. Mais si la norme n'est appliquée qu'à moitié, elle devient un outil symbolique que Kim Jong Un affiche comme un trophée. La preuve, c'est qu'il a construit une bombe. Et qu'il en construit d'autres.*

## Le Nord-Coréen ordinaire : la population prise en otage d'un régime dynastique

### Vingt-cinq millions de personnes sous la plus totale des dictatures

Derrière les analyses géopolitiques et les calculs stratégiques, il y a **25 millions de Nord-Coréens** qui vivent dans l'une des dictatures les plus hermétiques et les plus brutales de l'histoire moderne. Le régime de Kim Jong Un maintient sa population dans une ignorance presque totale de la réalité mondiale, en utilisant des **camps de travail forcé**, des exécutions publiques et une surveillance omniprésente pour écraser toute dissidence.

Les témoignages de transfuges — ceux qui ont réussi à fuir la Corée du Nord — décrivent un système où la simple possession d'une clé USB avec du contenu étranger peut mener au camp. Où la famille entière d'un dissidents peut être emprisonnée. Où des millions de personnes souffrent de **malnutrition chronique** pendant que le régime investit des ressources colossales dans ses programmes nucléaires et balistiques.

### La question morale que l'Occident évite

Il y a une question que les analyses stratégiques évitent souvent d'aborder directement : au nom de la stabilité régionale, l'Occident a tacitement accepté de laisser **25 millions de Nord-Coréens** dans les griffes d'un régime criminel. Les tentatives de changement de régime sont jugées trop risquées. Les sanctions pénalisent la population autant que le régime. La diplomatie n'a produit aucun résultat en matière de droits humains.

Cette équation morale inconfortable mérite d'être nommée. Kim Jong Un n'est pas seulement une menace stratégique — c'est le geôlier de **millions de personnes** qui n'ont rien demandé à personne. Toute politique vis-à-vis de Pyongyang devrait intégrer cet aspect humain, même si les outils pour y répondre sont limités. L'indifférence internationale face aux conditions de vie nord-coréennes est aussi une forme de complicité.

*Je ne sais pas comment libérer le peuple nord-coréen. Personne ne le sait vraiment. Mais je sais qu'on ne peut pas parler de la menace nord-coréenne pendant des heures sans mentionner une seule fois que ce régime est aussi une tragédie humaine de grande ampleur. Le rappeler, c'est le minimum.*

## Conclusion : Un portrait en clair-obscur d'une menace réelle

### Ce que le 25 juin 2026 nous dit de l'homme et de ses ambitions

Les tests du **25 juin 2026** sont, à leur manière, un résumé complet du projet politique de **Kim Jong Un**. Un projet qui repose sur trois piliers : la **capacité de destruction** comme garantie de survie ; la **mise en scène permanente** de cette capacité comme outil de dissuasion et de légitimation ; et l'utilisation du **souvenir de la guerre** comme combustible idéologique pour maintenir une nation entière en état de mobilisation perpétuelle. Ces trois piliers se renforcent mutuellement et constituent une architecture de pouvoir qui a démontré, en quinze ans, une remarquable résilience.

**Kim Jong Un** n'est pas fou. Il n'est pas irraisonnable au sens où il agirait contre ses propres intérêts de survie. Il est, en revanche, profondément dangereux — précisément parce qu'il calcule froidement, qu'il comprend la logique de la dissuasion, et qu'il est prêt à faire peser sur des millions de personnes — les siennes et celles de ses voisins — le coût de cette stratégie. C'est un portrait en clair-obscur, et l'obscur l'emporte largement.

### La responsabilité du monde face à cette réalité

Le défi que représente **Kim Jong Un** pour la communauté internationale n'a pas de solution facile ou rapide. Il exige une combinaison de **dissuasion crédible** maintenue par les alliés régionaux et les **États-Unis**, de **canaux diplomatiques maintenus ouverts** même en l'absence d'espoir immédiat de progrès, de **soutien aux populations nord-coréennes** par les flux d'information et l'aide humanitaire quand elle est possible, et d'une vigilance analytique qui refuse de traiter **Pyongyang** comme une bizarrerie géopolitique folklorique. **Kim Jong Un** est un acteur sérieux dans un monde sérieux — et l'ignorer ou le caricaturer sont des luxes que les démocraties ne peuvent pas se permettre.

*Ce moment dans l'histoire ne se comprend pleinement qu'avec le recul. Ce que nous voyons se dérouler ici aura des conséquences qui dépassent largement les manchettes de demain.*

**Signé Maxime Marquette, chroniqueur**

## Encadré de transparence du chroniqueur

### Positionnement éditorial

Je ne suis pas journaliste, mais **chroniqueur et analyste**. Mon expertise réside dans l'observation et l'analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.

Je ne prétends pas à l'objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. **Je prétends à la lucidité analytique**, à l'interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d'offrir une lecture critique des événements.

### Méthodologie et sources

Ce texte respecte la distinction fondamentale entre **faits vérifiés et analyses interprétatives**. La règle de méthode est constante : une information factuelle n'est publiée que si une source vérifiable la porte, et les sources effectivement utilisées par cet article sont listées sous **Sources**, jamais ici.

**Familles de sources primaires** retenues par la publication, quand le dossier en comporte : communiqués officiels des gouvernements et institutions internationales, déclarations publiques des dirigeants politiques, rapports d'organisations intergouvernementales, dépêches d'agences de presse internationales reconnues.

**Familles de sources secondaires** : publications spécialisées, médias d'information reconnus internationalement, analyses d'institutions de recherche établies, rapports d'organisations sectorielles.

Quand un article cite des données statistiques, économiques ou géopolitiques, elles proviennent d'institutions productrices de données (organisations intergouvernementales, banques centrales, instituts statistiques nationaux), et l'institution exacte est nommée sous **Sources**.

### Nature de l'analyse

Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une **synthèse critique et contextuelle** basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d'experts cités dans les sources consultées.

Mon rôle est d'interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et économiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l'observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs globaux.

Cet article décrit un état documenté à sa date de publication, et non une prédiction : une évolution ultérieure peut en déplacer les perspectives. Aucune mise à jour n'est promise d'avance; lorsqu'un article est corrigé ou complété, la modification est datée dans le texte.

## Sources

### Sources primaires

- [US News/Reuters — North Korean Leader Kim Oversees Weapons Tests, KCNA Reports — 25 juin 2026](https://www.usnews.com/news/world/articles/2026-06-25/north-korean-leader-kim-oversees-weapons-tests-kcna-reports)

- [Associated Press — North Korea's Kim calls for 'deadly and destructive' military posture — 26 juin 2026](https://apnews.com/article/north-korea-kim-weapons-missiles-south-ec1e4cf695642d4a0fc39e78ad5bb44f)

- [Chosun Biz — Kim Jong-un marks June 25 with tests, orders rapid upgrade of strike systems — 26 juin 2026](https://biz.chosun.com/en/en-society/2026/06/26/SGDU4XLAEBBYHDTTAVUUNQZ6R4/?outputType=amp)

- [Yonhap News — N. Korea tests key weapons seen as aimed at S. Korea — 25 juin 2026](https://en.yna.co.kr/view/PYH20260626012700315)

### Sources secondaires

- [YouTube/Reuters — Kim Jong Un Oversees Weapons Tests on Korean War Anniversary — 26 juin 2026](https://www.youtube.com/watch?v=dYmFQfNlnhs)

- [ISW — Russian Offensive Campaign Assessment, June 23, 2026 (contexte Corée du Nord-Russie) — 23 juin 2026](https://understandingwar.org/research/russia-ukraine/russian-offensive-campaign-assessment-june-23-2026/)

- [Al Jazeera — Contexte régional et axe Iran-Russie-Corée du Nord — 24 juin 2026](https://www.aljazeera.com/news/liveblog/2026/6/24/iran-war-live-trump-tehran-at-odds-over-nuclear-inspections-hormuz)

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Source : Maxime Marquette, MadMax. Pour citer ce texte, nommer l’auteur et lier https://mad-max.co/fr/article/kim-jong-un-regisseur-de-l-apocalypse-l-homme-qui-fait-de-la-guerre-une-fete-nat
