# ESSAI : Manifestations à Kyiv, quand le peuple ukrainien fait plier Zelensky — et c'est une bonne nouvelle

> Il aura fallu moins d'une semaine à la foule rassemblée devant les bureaux du président Volodymyr Zelensky pour le faire changer de décision.

- Auteur: Maxime Marquette
- Publication: MadMax (https://mad-max.co)
- Rubrique: Essai
- Publié: 2026-07-25
- Adresse à citer: https://mad-max.co/fr/article/essai-manifestations-a-kyiv-quand-le-peuple-ukrainien-fait-plier-zelensky-et-c-e

## Introduction : des pancartes en carton contre le pouvoir présidentiel

### Le « Maidan de carton »

Il aura fallu moins d'une semaine à la foule rassemblée devant les bureaux du président **Volodymyr Zelensky** pour le faire changer de décision. Le 15 juillet 2026, Zelensky limoge son ministre de la Défense **Mykhaïlo Fedorov**, le technocrate qui avait numérisé l'État ukrainien, et nomme à sa place le général **Oleksandr Syrskyi**, le commandant à la formation soviétique que Fedorov avait justement poussé le président à écarter. Une semaine plus tard, Zelensky fait marche arrière, selon **Foreign Policy**.

Les Ukrainiens ont surnommé ce mouvement le « **Maidan de carton** » — en référence aux manifestations de 2014 qui avaient chassé un président corrompu. Chaque soir pendant une semaine, des foules se rassemblent près du bureau présidentiel, tenant des pancartes artisanales découpées dans des boîtes en carton, exigeant le départ de Syrskyi et le retour de Fedorov.

### Une question qui dépasse un simple remaniement ministériel

Ce n'est pas seulement un fait divers politique. C'est une question plus large, presque philosophique : une démocratie peut-elle continuer à se corriger elle-même en pleine invasion existentielle ? La réponse ukrainienne, cette semaine-là, est un « oui » retentissant.

*Je l'avoue avec une certaine émotion : voir des citoyens ukrainiens défiler dans la rue, sous la menace constante des missiles russes, pour défendre non pas leur survie immédiate mais la qualité de leur gouvernance, me bouleverse. C'est un acte de foi que peu de peuples auraient la force d'accomplir en temps de guerre.*

## Qui est Mykhaïlo Fedorov, l'homme qui a mobilisé les foules ?

### Le père du numérique ukrainien devenu ministre de la guerre technologique

Pour comprendre l'ampleur de la réaction populaire, il faut comprendre qui est Fedorov. Selon Foreign Policy, il s'est fait connaître comme le premier ministre ukrainien de la Transformation numérique, l'homme derrière l'application mobile **Diia**, qui a rendu accessibles passeports, permis de conduire et autres services publics dans un État longtemps marqué par la petite corruption. Ce succès lui a donné une popularité indépendante que peu d'autres membres de l'administration Zelensky possèdent.

Lorsqu'il prend la tête du ministère de la Défense en janvier 2026, Fedorov applique la même méthode à la guerre : davantage de **drones**, moins d'habitudes soviétiques. Selon un responsable ukrainien cité par Foreign Policy, ses deux grandes réussites sont d'avoir « désactivé Starlink pour les Russes » et étendu massivement l'usage des drones de frappe à moyenne portée.

### Un réformateur qui s'est fait des ennemis puissants

Mais Fedorov a aussi créé des adversaires redoutables. En coulisses, il joue un rôle clé dans la pression exercée sur Zelensky pour écarter **Andriy Yermak**, chef du cabinet présidentiel, qui démissionne en novembre 2025. Le second front, c'est le haut commandement militaire : il veut remplacer Syrskyi et les généraux de son entourage par des commandants plus jeunes.

*Un réformateur qui s'attaque à la fois au cabinet présidentiel et au haut commandement militaire ne peut pas faire l'unanimité : c'est le prix, souvent injuste, de vouloir vraiment changer les choses.*

## Diia, le symbole d'une modernisation qui a marqué les esprits

### Une popularité construite avant même la guerre

Le succès de Diia n'est pas un détail anecdotique : c'est le socle de la popularité personnelle de Fedorov, construite bien avant qu'il ne devienne ministre de la Défense. Pour des millions d'Ukrainiens, il incarne la preuve que l'État peut fonctionner autrement qu'à travers la bureaucratie héritée de l'ère soviétique.

Cette réputation technocratique explique pourquoi son limogeage a suscité une réaction aussi disproportionnée par rapport à un simple remaniement ministériel.

*Diia n'est pas qu'une application. C'est la preuve tangible qu'un État post-soviétique peut se moderniser sans corruption. Comment s'étonner alors que son créateur soit devenu intouchable aux yeux du peuple ?*

## Syrskyi, l'homme au cœur du conflit interne

### Un général crédité de succès majeurs, mais marqué par Bakhmout

Né en Russie et formé dans une académie militaire moscovite, Syrskyi a vécu toute sa vie adulte en Ukraine et s'est forgé une réputation dès le début de l'invasion, en dirigeant la défense de Kyiv puis la contre-offensive de Kharkiv en 2022 — le plus grand succès militaire ukrainien de cette guerre, selon Foreign Policy. Mais c'est la défense d'usure de **Bakhmout** qui a fixé sa réputation auprès des troupes : celle d'un commandant exigeant que les positions soient tenues à tout prix.

« Les gens reconnaissent que Syrskyi a de nombreuses réalisations à son actif », explique **Mykhaïlo Zhernakov**, directeur de la fondation kiévienne **DEJURE**, cité par Foreign Policy. « Mais beaucoup associent son nom à un ancien style de commandement. Le peuple ukrainien est très fatigué de l'ancien monde. »

### Un chiffre qui dit tout : l'effondrement de la confiance

Selon un sondage cité par Foreign Policy, réalisé juste avant l'annonce du limogeage, **72% des Ukrainiens** s'opposaient au renvoi de Fedorov, contre 5% qui le soutenaient. La confiance envers Fedorov a presque doublé, passant de 35% à 65%, tandis que celle envers Syrskyi s'est effondrée, de 39% à 23%. Une majorité de 55% souhaitaient le départ de Syrskyi — un basculement sans ambiguïté de l'opinion publique.

*Des chiffres aussi tranchés, en pleine guerre, me sidèrent encore. Le peuple ukrainien ne suit pas aveuglément son gouvernement : il juge, il tranche, il exige. C'est exactement ce qu'une démocratie doit faire, même sous les bombes.*

## Le rôle ambigu d'Andriy Yermak dans cette crise

### Un cabinet présidentiel affaibli par les départs successifs

La démission d'Andriy Yermak, chef du cabinet présidentiel, en novembre 2025, s'inscrit dans une série de recompositions internes qui ont fragilisé, petit à petit, le premier cercle de Zelensky. Fedorov a joué un rôle actif dans cette évolution, ce qui explique en partie l'hostilité que certains responsables lui portent aujourd'hui.

Cette dynamique interne, moins visible que les manifestations de rue, éclaire pourtant une partie du calcul politique derrière le limogeage initial de Fedorov.

*Ces guerres de couloirs, loin des caméras, me rappellent que même les démocraties en guerre restent traversées par des rivalités humaines, parfois mesquines. Cela ne les rend pas moins légitimes à mes yeux.*

## La rue comme seul contre-pouvoir qui fonctionne encore

### Un précédent qui remonte à l'été dernier

Ce n'est pas la première fois, depuis 2022, que les Ukrainiens défilent massivement dans la rue — et que Zelensky finit par céder. Selon Foreign Policy, en juillet de l'année précédente, lorsque le président avait signé une loi vidant de leur substance les agences anticorruption, des manifestations avaient suivi et il avait reculé en quelques jours. « La rue a appris que Zelensky écoute », résume l'article, « et même sous **loi martiale**, les manifestations restent le seul contre-pouvoir qui fonctionne. »

Dans un pays où les élections sont suspendues pour cause de guerre — une décision légitime — la capacité de la société civile à se mobiliser devient l'unique mécanisme démocratique encore pleinement opérationnel.

### Une ampleur inédite depuis le début de la guerre

Selon **France 24**, les manifestations du vendredi 24 juillet à Kyiv ont atteint une ampleur inédite depuis 2022, réclamant la réintégration de Fedorov, jugé indispensable par les manifestants. Ce dernier refuse toute autre offre de poste, et les organisateurs promettent de maintenir la pression.

*Je m'interroge souvent, en observant les démocraties occidentales bien installées, sur la paresse civique qui les caractérise parfois. Voir un peuple en guerre continuer d'exiger la reddition de comptes de ses dirigeants me pousse à une forme d'humilité. Nous, en Occident, devrions avoir honte de nous plaindre aussi peu, avec tant de sécurité.*

## Ce que les chiffres de confiance révèlent vraiment

### Un basculement d'opinion rarement observé en temps de guerre

Ce renversement de confiance — l'un en forte hausse, l'autre en chute libre — constitue un phénomène rarement observé dans une démocratie en guerre, où l'on s'attendrait plutôt à un réflexe d'union nationale autour du commandement militaire en place.

Ce basculement démontre que les Ukrainiens continuent d'exercer un jugement critique sur leurs dirigeants, plutôt que de céder à un patriotisme aveugle qui accepterait n'importe quelle décision au nom de l'unité nationale.

*Le patriotisme aveugle, celui qui refuse toute critique en temps de guerre, m'a toujours inquieté. Ce que fait le peuple ukrainien ici, c'est l'inverse : un patriotisme lucide, exigeant, et donc infiniment plus solide.*

## Le compromis de Zelensky : Drapatyi, oui — Fedorov, pas encore

### Une concession partielle, pas une capitulation totale

Zelensky les a entendus, au moins en partie. Il annonce le limogeage de Syrskyi et nomme le major-général **Mykhaïlo Drapatyi** comme nouveau chef de l'armée — un commandant qui a mené une percée blindée à Marioupol en 2014 et aidé à organiser la défense de Kryvyi Rih, selon Foreign Policy. Mais Zelensky n'a toujours pas tranché sur le pouvoir que Fedorov doit obtenir pour mener cette réforme militaire.

Le président a proposé à Fedorov des postes gouvernementaux vagues, mais les organisateurs affirment que les rassemblements continueront jusqu'à son retour au poste qu'il occupait. « Il a créé le passeport numérique, tout le numérique. C'est la seule bonne chose qui restera de nous une fois que nous ne serons plus au pouvoir », confie une source proche du président à Foreign Policy.

### Une décision qui ressemble à un aveu

Ce compromis à moitié assumé illustre une vérité inconfortable pour le pouvoir ukrainien : céder sur le commandement militaire est plus facile, politiquement, que céder sur le retour d'un rival dont la popularité dépasse déjà, dans certains sondages, celle de plusieurs figures historiques de cette guerre.

*Un compromis à moitié reste un compromis fragile. Zelensky a cédé sur l'essentiel militaire, mais élude la vraie question politique. La rue, elle, ne l'oubliera pas si vite.*

## Pourquoi Zelensky hésite tant sur le retour de Fedorov

### Un calcul politique autant que militaire

Le refus de Zelensky de réintégrer immédiatement Fedorov à son poste s'explique difficilement par la seule logique militaire. Il s'agit aussi, très probablement, d'un calcul politique : accepter le retour d'un ministre dont la popularité personnelle rivalise avec la sienne reviendrait à admettre publiquement une défaite face à la pression de la rue.

C'est cette dimension d'ego politique, rarement évoquée ouvertement, qui explique en partie la lenteur de la réponse présidentielle face à des revendications pourtant limpides et largement soutenues par l'opinion.

*Zelensky reste un héros à mes yeux, mais un héros humain, avec ses calculs et ses hésitations. Le reconnaître ne diminue en rien mon admiration pour ce qu'il représente pour l'Occident.*

## Le précédent Zaloujny : la peur du rival trop populaire

### Une histoire qui se répète

Ce n'est pas la première fois que Zelensky écarte une figure populaire de son propre camp. Selon Foreign Policy, le général **Valerii Zaloujny**, surnommé le « général de fer » et crédité d'avoir stoppé Moscou en 2022, voit sa popularité dépasser celle de Zelensky au début de 2024. Le président le démet alors, invoquant un besoin de renouveau, et l'envoie comme ambassadeur à Londres, où il s'est tenu éloigné de la politique d'opposition.

### Fedorov face au même dilemme

Fedorov fait face à un choix similaire, selon Foreign Policy : accepter l'offre de Zelensky avec un rôle à autorité réduite, basculer dans l'opposition pour transformer les manifestations en force politique, ou être réintégré. Dans une hypothétique élection présidentielle, il arriverait troisième avec 13,4%, derrière Zelensky à 22,3% et Zaloujny à 14,9%, selon Foreign Policy.

*Ces chiffres électoraux, en pleine guerre, me troublent presque autant qu'ils me rassurent : même sous les bombes, l'Ukraine pense déjà à l'après, à la compétition démocratique. C'est une force que Poutine ne comprendra jamais.*

## Les leçons du précédent Zaloujny pour comprendre l'avenir de Fedorov

### Un schéma qui semble se répéter presque à l'identique

Le parallèle avec Zaloujny est frappant : un responsable dont la popularité dépasse celle du président se retrouve écarté du pouvoir opérationnel, tout en conservant un rôle honorifique qui l'éloigne du centre de décision. Ce schéma répété interroge sur la capacité de Zelensky à tolérer des figures rivales au sein de son propre camp.

Reste à savoir si Fedorov acceptera le même sort que Zaloujny, ou choisira une voie plus confrontationnelle, compte tenu du soutien populaire massif dont il bénéficie dans la rue.

*J'espère sincèrement que Fedorov ne se contentera pas d'un exil doré comme Zaloujny. L'Ukraine a besoin de ses talents sur le terrain, pas relégués dans une ambassade lointaine.*

## Ce que révèle cette crise sur la nature de la guerre elle-même

### Une armée en pleine mutation doctrinale

Au-delà des personnalités, cette crise révèle une tension de fond sur la doctrine militaire ukrainienne. Fedorov avait un plan pour reconstruire l'armée autour de la technologie plutôt que des effectifs humains, avec une **ligne de drones** suffisamment solide pour que l'Ukraine se dresse comme une forteresse, avec ou sans accord de paix, selon Foreign Policy.

Cette vision se heurte à la culture plus traditionnelle incarnée par Syrskyi, façonnée par des décennies de doctrine soviétique où la masse humaine compense le déficit technologique. Ce choc n'est pas qu'une querelle de personnes : c'est un débat existentiel sur la manière dont l'Ukraine doit se défendre.

*Je penche, sans grande surprise pour qui me lit, du côté de la vision technologique portée par Fedorov. Une armée qui économise ses soldats en misant sur les drones me semble infiniment plus défendable, moralement, qu'une doctrine qui sacrifie des vies pour tenir des lignes symboliques. Mais cette conviction reste, en partie, un jugement de valeur.*

## Ce que cette querelle doctrinale signifie pour les soutiens occidentaux

### Un débat qui dépasse les frontières ukrainiennes

Ce débat entre doctrine technologique et doctrine traditionnelle ne concerne pas seulement l'Ukraine : il interpelle les capitales occidentales qui financent l'effort de guerre et doivent décider quel matériel soutenir en priorité.

Un choix clair de Kyiv en faveur de la vision de Fedorov enverrait un signal fort à ses alliés : celui d'une armée qui mise sur l'innovation plutôt que sur l'accumulation d'effectifs, une approche mieux adaptée aux capacités démographiques limitées du pays.

*L'Occident devrait écouter attentivement ce débat interne : soutenir l'innovation ukrainienne, c'est investir dans le modèle de défense qui nous concernera tous face aux menaces futures.*

## La réalité du front, toujours aussi implacable

### Des avancées ukrainiennes réelles, mais fragiles

Il serait malhonnête de laisser croire que cette crise politique se joue dans le vide, déconnectée des combats. Selon Foreign Policy, l'Ukraine a réussi à ralentir les avancées russes et affirme avoir repris **700 kilomètres carrés** de territoire cette année — un chiffre significatif, mais modeste à l'échelle du territoire occupé depuis 2022.

Simultanément, la Russie continue de marteler les villes ukrainiennes, et l'Ukraine peine face à des pénuries de défense aérienne, tandis que le problème des effectifs reste non résolu. La technologie ne peut pas remplacer des soldats — un constat qui rend d'autant plus urgent le débat sur la réforme militaire.

*Il serait indécent, de ma part, de me réjouir d'une crise politique sans jamais rappeler que des soldats ukrainiens meurent chaque jour sur ce front. La politique compte, mais jamais plus que ce sacrifice.*

## Le risque d'instrumentalisation de cette crise par Moscou

### Une vigilance nécessaire face à la propagande russe

Il serait naïf d'ignorer que le Kremlin observe cette crise avec un intérêt évident, cherchant probablement à l'exploiter dans sa propagande pour dépeindre une Ukraine divisée, incapable de maintenir un commandement stable en temps de guerre.

Je refuse pourtant cette lecture. Une démocratie qui se corrige elle-même n'est pas fragile — elle est vivante. C'est l'inverse du récit que Moscou voudrait imposer, et il faut le dire avec force.

*Je refuse catégoriquement de laisser le Kremlin réécrire ce récit à son avantage. Ce que Moscou appelle faiblesse, j'appelle ça de la vitalité démocratique — celle que la Russie de Poutine ne connaîtra jamais.*

## Pourquoi cette crise est, malgré tout, une bonne nouvelle

### La preuve que la démocratie ukrainienne résiste à la pression de la guerre

Je le maintiens : cette séquence de manifestations, de limogeages et de compromis politiques est une bonne nouvelle pour l'Ukraine et pour l'Occident qui la soutient. Elle démontre qu'un pays en guerre existentielle continue de fonctionner selon des mécanismes démocratiques, même partiels.

Comparons avec la Russie de **Vladimir Poutine** : aucune manifestation de cette ampleur n'y serait tolérée, et aucun locataire du Kremlin n'aurait à négocier avec la rue. Le contraste résume l'écart de nature entre les deux régimes engagés dans ce conflit.

### Un test qui ne fait que commencer

Cette crise n'est pas terminée. Le sort politique de Fedorov reste incertain, les manifestations continuent, et le Parlement demeure en pause estivale jusqu'à la mi-août. Mais le fait que cette pression populaire ait déjà produit un résultat concret — le remplacement de Syrskyi par Drapatyi — prouve que le système reste réactif.

*Rien n'est joué, je le sais. Mais un système capable de réagir à la pression populaire, même partiellement, mérite d'être soutenu bien plus qu'un régime qui n'écoute jamais personne.*

## Conclusion : ce que cette crise nous apprend sur l'Ukraine en guerre

### Une société qui refuse de choisir entre survie et exigence démocratique

Ce que cette semaine de manifestations à Kyiv m'a appris, c'est que le peuple ukrainien refuse catégoriquement l'idée selon laquelle la survie nationale devrait justifier un renoncement à toute exigence démocratique. C'est une leçon d'une force rare, venue d'un pays sous les bombes.

Cette leçon devrait résonner en Occident, où certains commentateurs, fatigués par la longueur de cette guerre, en viennent à minimiser l'importance de soutenir un pays qui continue à se comporter comme une démocratie vivante et exigeante — bien plus que son agresseur.

### Ce que je retiens, en tant que chroniqueur

Je referme cet essai avec une conviction renforcée : le soutien occidental à l'Ukraine ne doit pas seulement se justifier par des arguments géostratégiques froids, mais aussi par ce que ce pays démontre sur la résilience démocratique en temps de guerre — une résilience que beaucoup de nations occidentales auraient du mal à égaler.

Le « Maidan de carton » n'a pas obtenu tout ce qu'il réclamait. Mais il a rappelé à Zelensky, et au monde, que le peuple ukrainien reste un acteur de sa propre histoire — et non un simple spectateur de sa guerre.

*Je termine avec une pointe d'espoir sincère, rare dans mes chroniques sur cette guerre. Voir des pancartes en carton faire plier un pouvoir présidentiel en pleine invasion me rappelle pourquoi je continue de croire que l'Ukraine mérite notre soutien inconditionnel — non parce qu'elle se défend, mais parce qu'elle reste fidèle à elle-même.*

**Signé Maxime Marquette, chroniqueur**

## Encadré de transparence du chroniqueur

### Positionnement éditorial

Je ne suis pas journaliste, mais **chroniqueur et analyste**. Mon expertise réside dans l'observation et l'analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.

Je ne prétends pas à l'objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. **Je prétends à la lucidité analytique**, à l'interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d'offrir une lecture critique des événements.

### Méthodologie et sources

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Quand un article cite des données statistiques, économiques ou géopolitiques, elles proviennent d'institutions productrices de données (organisations intergouvernementales, banques centrales, instituts statistiques nationaux), et l'institution exacte est nommée sous **Sources**.

### Nature de l'analyse

Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une **synthèse critique et contextuelle** basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d'experts cités dans les sources consultées.

Mon rôle est d'interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et économiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l'observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs globaux.

Cet article décrit un état documenté à sa date de publication, et non une prédiction : une évolution ultérieure peut en déplacer les perspectives. Aucune mise à jour n'est promise d'avance; lorsqu'un article est corrigé ou complété, la modification est datée dans le texte.

## Sources :

### Sources Primaires :

- [France 24 — Ukraine : mobilisation à Kiev pour le retour de Mykhailo Fedorov, ex-ministre de la Défense](https://www.france24.com/fr/vid%C3%A9o/20260725-ukraine-mobilisation-%C3%A0-kiev-pour-le-retour-de-mykhailo-fedorov-ex-ministre-de-la-d%C3%A9fense)

- [RFI — Ukraine : face aux manifestations, Zelensky nomme un nouveau commandant en chef de l'armée](https://www.rfi.fr/fr/europe/20260722-ukraine-face-aux-manifestations-zelensky-nomme-un-nouveau-commandant-en-chef-de-l-arm%C3%A9e)

- [france24.com — Impasse sur le front ukrainien : vers une nouvelle mobilisation militaire russe ?](https://www.france24.com/fr/vid%C3%A9o/20260725-impasse-sur-le-front-ukrainien-vers-une-nouvelle-mobilisation-militaire-russe)

### Sources Secondaires :

- [Foreign Policy — Le « Maidan de carton » ukrainien montre que le peuple compte encore](https://foreignpolicy.com/2026/07/24/protest-fedorov-zelensky-firing-ukraine/)

- [Le Monde — Ukraine : Zelensky contraint de se séparer du général Oleksandr Syrsky](https://www.lemonde.fr/international/article/2026/07/22/ukraine-volodymyr-zelensky-contraint-de-se-separer-du-general-oleksandr-syrsky-commandant-en-chef-des-armees_6730005_3210.html)

- [Meduza — Le nouveau commandant en chef ukrainien suscite des réactions de Kyiv, Moscou et l'Occident](https://meduza.io/en/feature/2026/07/22/ukraine-s-new-commander-in-chief-mykhailo-drapatyi-draws-reactions-from-kyiv-moscow-and-the-west-including-visible-concern-from-russian-war-bloggers)

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Source : Maxime Marquette, MadMax. Pour citer ce texte, nommer l’auteur et lier https://mad-max.co/fr/article/essai-manifestations-a-kyiv-quand-le-peuple-ukrainien-fait-plier-zelensky-et-c-e
