# ESSAI : les 70 milliards d'Ankara pour Kiev (OTAN)

> Il existe une différence essentielle entre annoncer un chiffre et le tenir. Le sommet d'Ankara, réuni les 7 et 8 juillet 2026, a produit l'un des chiffres les plus commentés de cette guerre : 70 milliards d'euros par…

- Auteur: Maxime Marquette
- Publication: MadMax (https://mad-max.co)
- Rubrique: Essai
- Publié: 2026-07-23
- Adresse à citer: https://mad-max.co/fr/article/essai-les-70-milliards-d-ankara-pour-kiev-otan

## Introduction

Il existe une différence essentielle entre **annoncer** un **chiffre** et le tenir. Le **sommet d'Ankara**, réuni les 7 et 8 juillet 2026, a produit l'un des chiffres les plus commentés de cette guerre : **70 milliards d'euros** par an, pour 2026 et 2027, soit **140 milliards** sur deux ans, destinés au soutien militaire de l'**Ukraine**. Cet essai se propose d'examiner ce chiffre non pas comme une fin en soi, mais comme un révélateur de la manière dont l'**Alliance atlantique** a choisi, en 2026, de financer une guerre qui dure. *Un chiffre annoncé à la fin d'un sommet ressemble toujours à une conclusion ; il n'est, le plus souvent, que le début d'une longue **vérification**.*

La réflexion qui suit s'appuie sur le texte de la déclaration officielle d'**Ankara**, sur les analyses disponibles concernant sa composition financière réelle, et sur les données de suivi indépendantes publiées par des instituts comme le **Kiel Institute**. Elle cherche à comprendre ce que ce **chiffre** révèle des priorités, des contraintes et des limites de l'**engagement** occidental envers Kyiv à ce stade du conflit.

Ce n'est pas un exercice de célébration ni de dénonciation. C'est une tentative de lire, avec la rigueur que le sujet exige, ce que **70 milliards d'euros par an** signifient concrètement pour un pays qui combat depuis plus de quatre ans, et ce qu'ils ne signifient pas encore.

## La genèse d'un chiffre né de plusieurs pressions

### Une exigence américaine devenue condition de l'unité

Le montant de **70 milliards d'euros** annuels n'est pas apparu de nulle part. Il répond, pour une large part, à une exigence formulée depuis plusieurs mois par l'administration **Trump**, selon laquelle les alliés européens et le **Canada** devaient assumer une part croissante, sinon la totalité, du financement direct du soutien militaire à l'**Ukraine**. Selon plusieurs analyses diplomatiques publiées avant le **sommet**, cette exigence est devenue, au fil des négociations, une condition implicite du maintien de l'unité transatlantique. *Une pression extérieure peut produire un accord authentique, même lorsqu'elle n'était pas la motivation première de ceux qui l'ont finalement accepté.*

Le résultat, selon le texte final cité par le **Kyiv Independent**, est un **engagement** porté exclusivement par **31 alliés** — les membres européens et le **Canada** — sans contribution budgétaire directe des États-Unis à cette enveloppe précise, un choix structurel qui distingue **Ankara** des sommets précédents.

### Une réponse à un trou budgétaire déjà documenté

Ce chiffre répond aussi à une réalité budgétaire ukrainienne alarmante. Selon des informations rapportées par le **Kyiv Independent** avant même l'ouverture du sommet, l'**Ukraine** faisait face à un manque à gagner de près de **20 milliards d'euros** dans son budget de défense pour 2026, malgré un soutien européen déjà substantiel. L'enveloppe d'**Ankara**, si elle se concrétise intégralement, comblerait une part significative de ce trou budgétaire.

Cette dimension pratique du **chiffre** — combler un manque précis plutôt que simplement afficher une générosité symbolique — mérite d'être rappelée, car elle situe la décision d'**Ankara** dans une logique de **survie budgétaire** plutôt que de seule diplomatie d'affichage.

## Ce que le chiffre contient vraiment

### Une décomposition en trois blocs distincts

Selon une analyse détaillée publiée par Defence **Ukraine** peu après le sommet, l'enveloppe de **140 milliards d'euros** se décompose en trois blocs : environ **90 milliards d'euros** correspondant au prêt européen déjà approuvé, dont une fraction de **28,3 milliards** est fléchée vers la défense en 2026; environ **48 milliards d'euros** de report d'**engagements** bilatéraux préexistants; et seulement environ **2 milliards d'euros** de capital véritablement nouveau généré par les négociations d'**Ankara** elles-mêmes. *Un chiffre qui se décompose en trois blocs si inégaux perd, mécaniquement, une partie de la force qu'il projette lorsqu'il est prononcé comme un tout indivisible.*

Cette décomposition, si elle se confirme, change substantiellement la lecture **politique** du **sommet** : l'essentiel de la valeur ajoutée réelle d'**Ankara** ne résiderait pas dans l'argent lui-même, mais dans la **coordination formelle** de financements déjà existants sous une bannière commune plus visible et plus contraignante politiquement.

### Le rôle central du prêt garanti par les avoirs russes

Une partie du **prêt européen de 90 milliards** s'appuie sur des mécanismes liés aux avoirs russes gelés depuis le début de l'invasion, une architecture financière qui donne à cette portion du soutien occidental une dimension presque punitive à l'égard de l'agresseur, au-delà de sa seule fonction de financement.

Cette dimension symbolique ne dispense pas d'une vigilance sur la solidité juridique du montage, plusieurs capitales européennes ayant exprimé, selon des analyses financières publiées au printemps 2026, des réserves sur la pérennité de ce mécanisme face à d'éventuelles contestations légales internationales.

## La question de savoir si l'argent arrivera à temps

### Un précédent qui invite à la prudence

L'histoire récente du soutien occidental à l'**Ukraine** invite à ne pas confondre l'annonce d'un **chiffre** et sa **livraison** effective. Selon les données du **Kiel Institute**, seuls environ **10 milliards d'euros** avaient été effectivement livrés au 30 avril 2026 sur un total promis nettement supérieur pour l'année, un écart documenté qui rappelle que les mécanismes de décaissement restent, structurellement, plus lents que les annonces politiques qui les précèdent. *Un chiffre promis en juillet et un chiffre livré en décembre ne racontent jamais tout à fait la même histoire, même lorsqu'ils portent, sur le papier, le même montant.*

Le directeur du **Ukraine** Support Tracker, **Christoph Trebesch**, a lui-même souligné que la question déterminante n'est plus la volonté **politique** affichée, mais la vitesse à laquelle les **engagements** européens se traduiront en allocations d'aide réellement décaissées.

### Les mécanismes censés accélérer la livraison

Pour répondre à cette lenteur récurrente, plusieurs mécanismes ont été mis en avant lors du **sommet**, notamment le **Prioritized Ukraine Requirement List** (PURL), qui permet à des alliés non américains de financer l'achat d'équipements américains directement puisés dans les stocks existants, réduisant ainsi les délais de production. Selon un rapport du **Kiel Institute**, au moins **24 donateurs** avaient déjà confirmé leur participation à ce mécanisme fin 2025, pour un total d'au moins **3,7 milliards d'euros**.

Ce type de mécanisme, plus technique que spectaculaire, illustre une évolution notable dans la manière dont l'Occident cherche désormais à raccourcir le délai entre la **promesse** politique et la **livraison** matérielle, un enjeu au moins aussi important que le montant total annoncé à **Ankara**.

## Le poids spécifique de l'Allemagne dans cette équation

### Un contributeur qui change d'échelle

Parmi les **31 alliés** engagés dans le financement de l'enveloppe ukrainienne, l'**Allemagne** occupe une place particulière. Selon un projet de budget cité par **Reuters** avant le sommet, Berlin prévoit de doubler ses dépenses de défense pour dépasser **200 milliards d'euros** d'ici 2030, une **trajectoire** qui dépasse largement le seul cadre du soutien à l'**Ukraine** pour englober une refonte plus vaste de sa posture militaire nationale. *Quand le plus grand contributeur potentiel change lui-même d'échelle budgétaire, l'ensemble du dossier ukrainien en bénéficie presque mécaniquement, sans qu'un seul sommet supplémentaire soit nécessaire pour l'annoncer.*

Cette réforme allemande, rendue possible par une exemption constitutionnelle des **dépenses** militaires face aux limites strictes d'endettement public, constitue l'un des changements structurels les plus significatifs observés en **Europe** depuis le début de la guerre en **Ukraine**.

### Les pays nordiques et baltes, contributeurs disproportionnés

À l'inverse de l'Allemagne, dont le poids économique explique naturellement l'ampleur de sa contribution, les pays nordiques et baltes se distinguent par une contribution disproportionnée à leur taille. La **Norvège**, par exemple, consacre selon le **Kiel Institute** environ **80 %** de son enveloppe de soutien à des **livraisons** d'armement concrètes plutôt qu'à des **engagements** financiers différés, une proportion nettement supérieure à la moyenne des 31 contributeurs.

Cette générosité disproportionnée de petits pays proches géographiquement de la **Russie** contraste avec la prudence **budgétaire** plus mesurée de certains grands pays d'**Europe** occidentale, une asymétrie qui continue d'alimenter les débats internes sur l'équité du partage du **fardeau**.

## Ce que Kyiv attend réellement de ce financement

### Trois priorités précises exprimées par l'Ukraine

Selon des informations rapportées avant le **sommet**, l'**Ukraine** avait demandé au format Ramstein un financement additionnel d'environ **20 milliards de dollars** pour 2026, concentré sur trois priorités précises : les systèmes de **défense** aérienne et leurs intercepteurs, l'investissement dans la production nationale de **drones** et de missiles, et les munitions à portée intermédiaire. *Une armée qui formule des priorités aussi précises ne demande pas de la charité ; elle présente une liste d'achats dictée par l'expérience concrète du champ de bataille.*

La mesure dans laquelle l'enveloppe de **70 milliards** annuels répond précisément à ces trois priorités reste, à ce stade, difficile à évaluer de façon indépendante, faute d'une ventilation détaillée rendue publique par l'ensemble des 31 contributeurs.

### Le président Zelensky, entre gratitude et prudence

Le président **Volodymyr Zelensky**, présent à **Ankara** selon plusieurs comptes rendus du sommet, a salué l'**engagement** financier tout en rappelant, selon des propos cités par des **sources** diplomatiques, qu'une déclaration politique de financement futur ne remplace pas la capacité opérationnelle immédiate face aux frappes russes en cours. Cette prudence, attribuée directement au président ukrainien, illustre la tension permanente entre l'annonce diplomatique et l'urgence du terrain.

Cette phrase, si elle est fidèlement rapportée, résume peut-être mieux que tout autre commentaire la nature ambivalente de ce **chiffre** : un signal **politique** fort, mais qui ne remplace, à lui seul, aucune des capacités militaires immédiates dont l'**Ukraine** a besoin chaque jour sur le front.

## Les critiques internes à l'Alliance elle-même

### Des voix qui doutent de la définition du montant nouveau

Certaines critiques, documentées par des analyses spécialisées en **défense**, portent sur la définition même de ce qui constitue de l'argent réellement **nouveau**. En intégrant le prêt européen déjà approuvé et les **engagements** bilatéraux préexistants dans le total de 140 milliards, certains observateurs estiment que l'**Alliance** a présenté comme une avancée majeure ce qui relève surtout d'une **réorganisation comptable** de financements déjà décidés avant le sommet.

*Recompter un même argent sous une nouvelle bannière n'est pas nécessairement malhonnête ; c'est simplement moins impressionnant que ce que la manchette laisse entendre au premier regard.*

### La question de la transparence entre alliés

D'autres critiques portent sur l'absence de mécanisme de **coordination centralisée** garantissant une répartition équitable du **fardeau** entre les 31 contributeurs. Sans organe unique chargé de suivre précisément qui contribue quoi, le risque documenté par plusieurs analystes est celui d'une dilution progressive de la pression **politique** sur les pays les plus réticents à honorer pleinement leur part de l'**engagement**.

Cette lacune de transparence, si elle persiste, pourrait compliquer l'évaluation précise, dans les mois suivant **Ankara**, du respect effectif de l'**engagement** de 70 **milliards d'euros** annuels par chacun des 31 alliés concernés.

## Ce que révèle la comparaison avec les sommets précédents

### Une escalade progressive plutôt qu'une rupture soudaine

Comparé aux sommets antérieurs de l'**Alliance**, celui d'**Ankara** ne constitue pas une rupture soudaine mais l'aboutissement d'une escalade progressive des engagements financiers occidentaux envers l'Ukraine. Le **plancher** de **5 % du PIB** adopté à La Haye en 2025 avait déjà signalé une trajectoire d'augmentation continue des budgets de défense, qu'Ankara vient confirmer et préciser dans son volet spécifiquement consacré à l'Ukraine. *Les grandes décisions historiques ressemblent rarement à un basculement soudain ; elles ressemblent, le plus souvent, à une accumulation patiente de petits pas dont on ne mesure l'ampleur qu'après coup.*

Cette continuité, documentée par la comparaison des **textes officiels** successifs, contredit l'idée d'un **sommet** isolé qui aurait, à lui seul, transformé radicalement la posture occidentale envers l'**Ukraine**.

### Une accélération malgré tout mesurable

Cela ne signifie pas pour autant que rien n'a changé à **Ankara**. Le montant annuel spécifiquement dédié à l'**Ukraine**, distinct du **plancher** domestique de 5 %, constitue un instrument financier nouveau dans sa forme, même s'il puise largement dans des ressources déjà existantes. Cette distinction entre continuité de la tendance et nouveauté de l'instrument mérite d'être maintenue pour éviter les deux excès inverses : présenter Ankara comme une révolution, ou le réduire à un non-événement comptable.

La vérité, comme souvent dans ce dossier, se situe entre ces deux lectures extrêmes.

## Ce que ce chiffre dit de la nature de cette guerre en 2026

### Une guerre désormais financée à l'échelle continentale

Le simple fait qu'un **chiffre** de cette ampleur — **140 milliards d'euros** sur deux ans — puisse être négocié, annoncé et en partie mis en œuvre par une coalition de 31 pays illustre à quel point cette **guerre** a cessé d'être un conflit régional pour devenir un enjeu de financement continental durable. *On ne finance pas une guerre de cette ampleur sur cette durée sans que cela transforme, en retour, la structure économique et **politique** de ceux qui la financent.*

Cette dimension continentale du financement pose, en creux, la question de la soutenabilité à long terme d'un tel effort pour des économies européennes elles-mêmes confrontées à d'autres priorités **budgétaires** internes, sans qu'aucune source consultée ne permette d'affirmer que cette soutenabilité serait menacée à court terme.

### Une dépendance qui persiste malgré la diversification

Malgré cette montée en puissance du financement européen, une dépendance technologique envers certaines capacités américaines demeure, notamment pour les systèmes de **défense** aérienne **Patriot**, pour lesquels **Washington** conserve un rôle déterminant dans l'octroi de licences de fabrication à l'**Ukraine**, une annonce distincte évoquée séparément par le président Trump lors du sommet.

Cette dépendance résiduelle rappelle que le financement, aussi massif soit-il, ne remplace pas entièrement certaines capacités **industrielles** et technologiques qui restent, pour l'instant, concentrées ailleurs que sur le sol européen.

## Le rôle distinct joué par le Royaume-Uni et la France

### Deux puissances nucléaires, deux calendriers différents

Parmi les **31 contributeurs** à l'enveloppe d'**Ankara**, le **Royaume-Uni** et la **France** occupent une place singulière en tant que seules puissances nucléaires européennes de l'**Alliance**. Selon des déclarations gouvernementales britanniques relayées par la BBC, Londres prévoit d'atteindre environ **4,1 % du PIB** en dépenses de défense d'ici 2027, un calendrier jugé conforme à la trajectoire globale fixée à **La Haye**. *Posséder l'arme nucléaire n'exempte aucun pays de devoir, chaque année, justifier devant son parlement le coût réel de sa contribution à la défense collective.*

La France, de son côté, a également annoncé des hausses significatives de son **budget** militaire, sans pour autant publier le même niveau de détail chiffré que Londres sur le calendrier précis de sa contribution spécifique à l'enveloppe ukrainienne d'**Ankara**.

## Les doutes exprimés par certains parlements nationaux

### Une ratification qui n'est jamais automatique

L'**engagement** pris à **Ankara** par les chefs d'État et de gouvernement ne dispense aucun des **31 pays** concernés de faire valider les crédits correspondants par leurs propres parlements nationaux. Dans plusieurs capitales, selon des comptes rendus parlementaires disponibles, des voix minoritaires mais persistantes ont exprimé des réserves sur le rythme ou l'ampleur de cette contribution, sans pour autant remettre en cause le principe même du soutien à l'**Ukraine**.

Cette étape parlementaire, souvent traitée comme une formalité dans la couverture médiatique initiale du sommet, constitue pourtant le véritable test de la solidité politique de l'**engagement** d'**Ankara** dans les mois qui suivent. *Le silence d'un parlement sur un dossier de **défense** n'est jamais un vrai silence ; c'est, le plus souvent, une attente que la facture soit présentée plus clairement.*

## Ce que l'industrie de défense européenne observe de ce financement

### Plus de 50 milliards de nouveaux contrats annoncés

En marge des discussions politiques, le forum industriel organisé à l'occasion du sommet d'**Ankara** a permis d'annoncer plus de **50 milliards de dollars** de nouveaux contrats d'approvisionnement en matériel de **défense**, selon des chiffres relayés par plusieurs analystes du secteur. Cette dimension industrielle du sommet, moins commentée que le chiffre politique des 70 milliards annuels, reflète néanmoins une accélération concrète de la production militaire alliée. *Les contrats signés en marge d'un sommet en disent parfois plus long sur l'avenir réel d'un **engagement** que la déclaration officielle elle-même.*

Un nouveau programme baptisé **Drone Edge**, doté d'un **budget** annoncé de **40 milliards de dollars** sur cinq ans pour renforcer les capacités de contre-drone de l'**Alliance**, illustre cette dimension industrielle distincte du seul financement destiné à l'**Ukraine**.

## La comparaison avec l'aide américaine historique

### Une bascule progressive vers l'Europe documentée depuis 2024

La part européenne du financement total de la guerre en **Ukraine** a progressé de manière constante depuis 2024, selon les données cumulatives du **Kiel Institute**, au point de dépasser désormais la contribution historique des États-Unis sur plusieurs catégories d'aide. L'enveloppe d'**Ankara** confirme et accélère cette bascule déjà amorcée avant le sommet lui-même.

Cette évolution ne signifie pas un retrait américain total : Washington conserve un rôle déterminant dans certaines catégories d'équipement, notamment les systèmes de défense aérienne **Patriot**, même si le financement direct de l'enveloppe de 70 milliards annuels relève désormais exclusivement des 31 autres alliés. *Payer davantage ne signifie pas encore produire davantage ; c'est peut-être la leçon la plus inconfortable que cette bascule budgétaire impose à l'Europe.*

## Ce que cet engagement change pour la planification militaire ukrainienne

### Une visibilité budgétaire inédite sur deux ans

Pour l'état-major ukrainien, l'annonce d'un engagement chiffré sur **deux années consécutives** plutôt que sur une seule offre, selon plusieurs analystes militaires, une visibilité budgétaire inédite depuis le début du conflit, permettant en théorie une planification des besoins en munitions et en équipements sur un horizon plus long que les cycles d'annonce trimestriels observés précédemment. *Savoir combien on recevra dans un an change profondément la manière dont une armée planifie ses stocks, ses commandes et ses priorités industrielles.*

Cette visibilité accrue reste toutefois conditionnée à la matérialisation effective des versements, un point sur lequel les précédents documentés par le Kiel Institute recommandent une prudence méthodologique constante.

## Conclusion

Les **70 milliards d'euros par an** annoncés à Ankara méritent d'être lus pour ce qu'ils sont réellement : un engagement politique majeur, porté par 31 alliés sans contribution budgétaire directe des États-Unis, construit en grande partie à partir de ressources financières déjà existantes, et dont la traduction concrète en équipements livrés reste soumise aux mêmes lenteurs administratives documentées par les sommets précédents. Ce chiffre n'est ni une révolution ni une illusion comptable pure : il est, plus modestement, la confirmation institutionnelle d'une tendance déjà amorcée depuis 2025.

Ce que cet essai retient, au terme de cette lecture, c'est que la véritable mesure du succès d'Ankara ne se jouera pas dans les mois qui suivent le sommet, mais dans les données de suivi que des instituts comme le **Kiel Institute** continueront de publier, chiffre après chiffre, jusqu'à l'échéance de 2027. *Un engagement de guerre ne se juge jamais au moment où il est prononcé ; il se juge, toujours, au moment où quelqu'un, plus tard, vérifie s'il a été tenu.*

**Signé Maxime Marquette, chroniqueur**

## Encadré de transparence du chroniqueur

### Positionnement éditorial

Je ne suis pas journaliste, mais **chroniqueur et analyste**. Mon expertise réside dans l'observation et l'analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.

Je ne prétends pas à l'objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. **Je prétends à la lucidité analytique**, à l'interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d'offrir une lecture critique des événements.

### Méthodologie et sources

Ce texte respecte la distinction fondamentale entre **faits vérifiés et analyses interprétatives**. La règle de méthode est constante : une information factuelle n'est publiée que si une source vérifiable la porte, et les sources effectivement utilisées par cet article sont listées sous **Sources**, jamais ici.

**Familles de sources primaires** retenues par la publication, quand le dossier en comporte : communiqués officiels des gouvernements et institutions internationales, déclarations publiques des dirigeants politiques, rapports d'organisations intergouvernementales, dépêches d'agences de presse internationales reconnues.

**Familles de sources secondaires** : publications spécialisées, médias d'information reconnus internationalement, analyses d'institutions de recherche établies, rapports d'organisations sectorielles.

Quand un article cite des données statistiques, économiques ou géopolitiques, elles proviennent d'institutions productrices de données (organisations intergouvernementales, banques centrales, instituts statistiques nationaux), et l'institution exacte est nommée sous **Sources**.

### Nature de l'analyse

Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une **synthèse critique et contextuelle** basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d'experts cités dans les sources consultées.

Mon rôle est d'interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et économiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l'observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs globaux.

Cet article décrit un état documenté à sa date de publication, et non une prédiction : une évolution ultérieure peut en déplacer les perspectives. Aucune mise à jour n'est promise d'avance; lorsqu'un article est corrigé ou complété, la modification est datée dans le texte.

## Sources

### Sources primaires

- [Kyiv Independent — L'OTAN annonce un engagement de 70 milliards d'euros pour l'Ukraine — 8 juillet 2026](https://kyivindependent.com/nato-allies-pledge-70-billion-euros-in-defense-help-to-ukraine/)

- [OTAN — Le soutien de l'OTAN à l'Ukraine — 2026](https://www.nato.int/en/what-we-do/partnerships-and-cooperation/natos-support-for-ukraine)

- [Kiel Institute — Ukraine Support Tracker — 1 juin 2026](https://www.kielinstitut.de/topics/war-against-ukraine/ukraine-support-tracker/)

### Sources secondaires

- [Defence Ukraine — La question des 140 milliards, ce à quoi Ankara s'est vraiment engagé — 10 juillet 2026](https://www.defenceukraine.com/en/insights/ankara-nato-summit-outcomes-2026/)

- [RBC-Ukraine — L'Ukraine peut-elle vraiment recevoir les 140 milliards de l'OTAN — 19 juillet 2026](https://newsukraine.rbc.ua/news/can-ukraine-really-receive-nato-s-140-billion-1784442951.html)

- [Reuters — La poussée de défense de l'OTAN met déjà les budgets européens sous tension — 6 juillet 2026](https://www.reuters.com/world/europe/nato-defence-push-already-strains-europes-budgets-2026-07-06/)

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Source : Maxime Marquette, MadMax. Pour citer ce texte, nommer l’auteur et lier https://mad-max.co/fr/article/essai-les-70-milliards-d-ankara-pour-kiev-otan
