# ESSAI : Le «Big Beautiful Bill» en chiffres — 4 billions d'impôts, 11,8 millions sans Medicaid

> Le 4 juillet 2025 — date choisie avec soin, symbole patriotique maximisé — Donald Trump a signé le One Big Beautiful Bill.

- Auteur: Maxime Marquette
- Publication: MadMax (https://mad-max.co)
- Rubrique: Essai
- Publié: 2026-06-26
- Adresse à citer: https://mad-max.co/fr/article/essai-le-big-beautiful-bill-en-chiffres-4-billions-d-impots-11-8-millions-sans-m

## Introduction : La loi la plus transformatrice depuis 1965

### La signature qui change l'Amérique

Le **4 juillet 2025** — date choisie avec soin, symbole patriotique maximisé — **Donald Trump** a signé le **One Big Beautiful Bill**. Cette loi omnibus, présentée par ses partisans comme la réalisation la plus ambitieuse du second mandat trumpiste, rend permanentes les **baisses d'impôts de 2017**, taille profondément dans **Medicaid**, réduit les aides alimentaires du programme **SNAP**, et réorganise l'architecture de l'État fédéral selon la logique **DOGE** — moins d'administration, plus de marché.

Un an après, en juin 2026, les effets de cette loi commencent à se matérialiser dans les statistiques, les décisions judiciaires et les débats au Congrès. Et les chiffres sont brutaux. Le **Congressional Budget Office (CBO)** a estimé que **11,8 millions de personnes** perdront leur couverture Medicaid sur **dix ans**. C'est le plus grand recul de la couverture santé publique américaine depuis la création de Medicaid en **1965**. Voilà de quoi écrire un essai.

### Un texte législatif qui concentre des années de débat

Le **One Big Beautiful Bill** n'est pas né en un jour. Il concentre des décennies de volonté républicaine de **réduire l'État-providence américain**, de baisser les impôts des entreprises et des particuliers aisés, et de déplacer la responsabilité sociale vers les États fédérés et les individus. Trump a fourni le momentum politique. Les républicains du Congrès ont rédigé les détails. Le résultat est une loi qui transforme l'architecture sociale américaine plus profondément que tout texte depuis la Grande Société de Lyndon Johnson.

Cet essai ne cherche pas à être neutre. Il cherche à être **honnête avec les chiffres** — en mettant face à face les promesses et les réalités, les gagnants et les perdants, les effets à court terme et les conséquences à long terme d'une loi signée un 4 juillet sous les feux d'artifice de la fierté nationale.

*Signer la loi le 4 juillet — c'est du Trump pur. Envelopper un texte profondément inégalitaire dans le drapeau américain pour en faire un acte de patriotisme. Le symbolisme est habile. Les conséquences, elles, ne sont pas symboliques. 11,8 millions de personnes perdront leur assurance santé. Ce chiffre mérite plus qu'un feu d'artifice.*

## Medicaid : le grand démantèlement

### 1 trillion de coupes sur 10 ans

Le CBO a chiffré les réductions de Medicaid inscrites dans le Big Beautiful Bill à **1 trillion de dollars sur dix ans**. C'est un recul massif d'un programme créé en 1965 pour couvrir les personnes à faibles revenus, les personnes âgées en maison de soins et les personnes handicapées. Selon **Rize Recovery** (**21 juin 2026**), **11,8 millions de personnes** perdront leur couverture Medicaid sur cette période, et **3,1 millions supplémentaires** perdront leur accès via l'Affordable Care Act (ACA).

Pour donner une échelle à ce chiffre : c'est l'équivalent de retirer toute couverture médicale à la population combinée de Los Angeles et Chicago. Ce ne sont pas des abstractions budgétaires. Ce sont des **diabétiques qui ne pourront plus payer leurs médicaments**, des enfants sans vaccination, des femmes enceintes sans suivi prénatal, des personnes en rétablissement de dépendance qui perdent leur accès aux soins de santé comportementale — un secteur particulièrement fragilisé par ces coupes selon Rize Recovery.

### Les conditions de travail comme mécanisme d'exclusion

Le Big Beautiful Bill introduit des **conditions de travail obligatoires** pour bénéficier de Medicaid — une mesure qui semble raisonnable en surface mais exclut en pratique des catégories entières de personnes : **aidants familiaux, malades chroniques, travailleurs de l'économie informelle, personnes vivant dans des zones rurales sans emplois disponibles**. Ces conditions ont été présentées comme un moyen d'encourager l'emploi. Les données historiques suggèrent qu'elles fonctionnent principalement à exclure des bénéficiaires légitimes.

Le paradoxe est cruel : les personnes les plus susceptibles de perdre leur couverture Medicaid sous ce régime sont souvent **celles qui en ont le plus besoin** — non parce qu'elles refusent de travailler, mais parce que leurs conditions de vie les rendent incapables de satisfaire aux critères administratifs imposés par une bureaucratie fédérale qui, par ailleurs, est censée être réduite par DOGE.

*Les conditions de travail pour Medicaid — c'est une idée qui sonne bien dans un discours de campagne. Dans la réalité des quartiers pauvres, des zones rurales et des maisons de soins, c'est un mécanisme d'exclusion habillé en incitation. Les chiffres du CBO le démontrent. 11,8 millions de personnes le vivront.*

## SNAP et l'alimentation des plus vulnérables

### Le Farm Bill sénatorial maintient les coupes alimentaires

Le **23 juin 2026**, le Sénat américain a publié son projet de **Farm Bill** qui, selon **AL Reporter**, **maintient les coupes du SNAP** (Supplemental Nutrition Assistance Program) inscrites dans le Big Beautiful Bill. SNAP, anciennement connu sous le nom de «food stamps», fournit une aide alimentaire mensuelle à des dizaines de millions d'Américains à faibles revenus.

La décision de maintenir ces coupes dans le Farm Bill sénatorial — pourtant moins conservateur que la Chambre — révèle un consensus bipartisan fragile sur la nécessité de réduire les déficits. Mais ce consensus se fait sur le dos des **plus vulnérables** : familles monoparentales, personnes âgées vivant seules, travailleurs à temps partiel. La **sécurité alimentaire** de millions d'Américains est mise en jeu dans un calcul budgétaire fédéral.

### Les tensions bipartisanes autour du Farm Bill

Le Farm Bill est traditionnellement un texte de compromis, réunissant les **intérêts agricoles des États rouges** (soutiens aux agriculteurs, tarifs douaniers protecteurs) et les **programmes alimentaires des États bleus** (SNAP, aide aux banques alimentaires). Le Big Beautiful Bill a fracturé ce compromis historique. Des sénateurs démocrates ont refusé de voter un Farm Bill qui coupe l'aide alimentaire, tandis que des républicains ruraux résistaient aux réductions des soutiens agricoles.

Ce blocage illustre une tension profonde dans la politique américaine de 2026 : la coalition **trumpiste est incohérente** sur les questions économiques rurales. Elle promet de défendre l'Amérique profonde tout en coupant les programmes dont l'Amérique profonde dépend. Cette contradiction n'est pas encore politiquement fatale — mais elle crée des fractures qui méritent d'être observées.

*Le Farm Bill est un test de cohérence politique. Les républicains ont promis à l'Amérique rurale qu'ils la défendraient. Les coupes SNAP touchent précisément les familles rurales à faibles revenus que Trump a courtisées depuis 2015. Il y a une malhonnêteté politique là-dedans que je refuse de laisser passer sans la nommer.*

## Le logement bloqué : Trump contre le Housing Bill

### 85 à 5 au Sénat, mais vetoed par Trump

Le **25 juin 2026**, **Donald Trump** a refusé de signer le **Housing Bill** — un texte passé au Sénat avec un score bipartisan remarquable de **85 voix contre 5**. Selon **KCN Online**, le président conditionne sa signature à l'adoption préalable du **SAVE Act**, une législation controversée sur la vérification de la citoyenneté pour les élections fédérales. Trump utilise la crise du logement — qui frappe durement des millions d'Américains — comme **monnaie d'échange politique**.

Cette décision révèle une priorité claire : la **politique électorale avant le bien-être économique des électeurs**. Le Housing Bill aurait financé la construction de logements abordables, réduit des réglementations freinant la construction résidentielle et soutenu les premiers acheteurs. Le veto trumpien suspend ces mesures pour servir une agenda politique partisan. Le résultat sera payé par les familles américaines qui ne peuvent pas se loger à prix raisonnable.

### La crise du logement américaine comme ticking bomb

La crise du logement américaine est une des plus graves des pays développés. Les prix médians des maisons ont atteint des niveaux historiques. Les taux d'intérêt hypothécaires restent élevés. Les inventaires de logements disponibles sont à leur plus bas depuis des décennies. Le Housing Bill représentait une **réponse partielle et bipartisane** à cette urgence. Son blocage pour des raisons politiques aggravera une situation déjà critique.

Pour les millions d'Américains coincés dans une crise du logement — jeunes familles incapables d'acheter, locataires dont les loyers explosent, travailleurs qui font des heures de trajet car ils ne peuvent pas habiter près de leur emploi — le veto trumpien est un message clair : **l'agenda politique du président passe avant leurs besoins immédiats**.

*85-5 au Sénat. C'est un vote bipartisan rarissime dans l'Amérique de 2026. Et Trump refuse de signer pour forcer l'adoption d'une loi électorale contestée. Cette instrumentalisation du logement — un besoin humain fondamental — comme pion politique me révolte. C'est le contraire du service public.*

## DOGE, IRS et les coupes dans l'éducation

### 40 % du personnel d'aide aux étudiants fédéraux supprimé

**DOGE** — le département d'efficacité gouvernementale dirigé par Elon Musk pendant une partie du premier semestre 2026 — a coupé **40 % du personnel** chargé de l'**aide aux étudiants fédéraux**, selon **Benzinga** (**24 juin 2026**). Ces suppressions de postes affectent directement la gestion du **système de prêts étudiants de 1,7 trillion de dollars** — une dette colossale qui pèse sur des dizaines de millions d'Américains.

Les étudiants qui cherchent à **se refinancer, à bénéficier de programmes d'annulation partielle ou à simplement comprendre leurs options de remboursement** font désormais face à un système sous-staffé et dysfonctionnel. Les délais s'allongent, les erreurs se multiplient, et des millions d'emprunteurs se retrouvent dans l'incertitude sur leur situation réelle. DOGE a promis de l'efficacité — il a livré de la désorganisation.

### L'IRS affaiblie et les tarifs qui coûtent des emplois

Les coupes à l'**IRS** (fisc américain) — autre cible de DOGE — ont paradoxalement réduit les capacités de collecte fiscale au moment où les baisses d'impôts du Big Beautiful Bill réduisent les recettes. La saison fiscale 2025-2026 a certes été «largement réussie» selon **NOTUS** (**25 juin 2026**), mais avec une administration fiscale réduite, les **fraudes fiscales des grandes entreprises** seront moins détectées et moins poursuivies — un coût caché des coupes DOGE rarement mentionné par ses promoteurs.

Par ailleurs, une lettre signée par les sénateurs **Warren et Kelly** et citée par **CNBC** (**23 juin 2026**) recense **108 000 emplois manufacturiers perdus** dans la première année du second mandat de Trump, directement liés aux **tarifs douaniers**. Les tarifs avaient été présentés comme un moyen de ramener l'industrie en Amérique. En pratique, ils ont augmenté les coûts pour les entreprises américaines et entraîné des destructions d'emplois dans les secteurs les plus exposés.

*108 000 emplois manufacturiers perdus à cause des tarifs dans un an — pendant que le Big Beautiful Bill est présenté comme une victoire pour les travailleurs américains. Ce décalage entre le discours et les chiffres est caractéristique de la politique économique trumpiste : grande rhétorique, petits résultats pour les gens ordinaires.*

## Le bilan global : qui gagne, qui perd

### Les gagnants : corporations et ménages aisés

Le Big Beautiful Bill produit des gagnants clairs : les **entreprises et les ménages à hauts revenus** qui bénéficient de baisses d'impôts permanentes. La réduction du taux d'imposition des sociétés, déjà effective depuis 2017, est désormais gravée dans le droit permanent. Les familles gagnant au-dessus de **400 000 dollars annuels** voient leur charge fiscale durablement réduite.

Ces baisses se traduisent-elles par de l'investissement productif et des emplois mieux payés — comme le promet la théorie du «ruissellement»? Les données historiques depuis 2017 sont ambiguës. L'investissement des entreprises a augmenté dans certains secteurs, mais les inégalités de revenus ont continué de se creuser. La théorie du ruissellement est une hypothèse économique contestée, pas un fait établi.

### Les perdants : les classes moyennes et populaires

Les perdants du Big Beautiful Bill sont plus nombreux et moins bien représentés politiquement : les **11,8 millions de futurs ex-bénéficiaires de Medicaid**, les familles qui compteront sur SNAP pour se nourrir et verront leur aide réduite, les **étudiants endettés** face à un système d'aide sous-staffé, les **travailleurs des secteurs touchés par les tarifs**. Ces perdants ont souvent voté pour Trump — persuadés qu'il défendrait leurs intérêts économiques. Les chiffres de juin 2026 racontent une histoire différente.

L'écart entre la promesse et la réalité est la définition d'une **trahison politique**. Ce mot est fort. Ces chiffres le justifient. **11,8 millions de personnes** perdront leur assurance santé. Ce n'est pas une projection partisane — c'est le chiffre officiel du CBO, l'agence budgétaire bipartisane du Congrès américain.

*11,8 millions — c'est le chiffre du CBO, pas d'une ONG progressiste. Bipartisan, rigoureux, indépendant. Quand on me dit que le Big Beautiful Bill est une loi pour les travailleurs américains, je réponds : montrez-moi ces 11,8 millions. Et expliquez-leur pourquoi perdre Medicaid, c'est de la liberté.*

## DOGE et l'État réduit — quand l'efficacité cache un démantèlement idéologique

### DOGE : la promesse et la réalité

Le **Department of Government Efficiency (DOGE)** — le projet initié par **Elon Musk** au cours du second mandat **Trump** — promettait d'éliminer le gaspillage, de réduire la bureaucratie et de moderniser l'État fédéral américain. Sur le papier, ces objectifs sont légitimes. Un État plus efficace, moins bureaucratique et mieux adapté au **XXIe siècle** est une ambition que peu de gens contestent en principe. La question est celle de la méthode et des cibles choisies.

En pratique, **DOGE** a fonctionné comme un marteau budgétaire plutôt que comme un scalpel chirurgical. La suppression de **40 %** du personnel de l'aide aux étudiants fédéraux, les coupes à l'**IRS**, les réductions dans les agences de protection sociale — ces actions ont produit une désorganisation qui frappe les services les plus vulnérables. L'inefficacité bureaucratique est réelle. Mais la solution **DOGE** a créé plus de chaos qu'elle n'en a résolu, selon les témoignages compilés par **Benzinga** et **NOTUS** en **juin 2026**.

### L'IRS affaiblie et le paradoxe fiscal du BBB

La réduction des effectifs de l'**IRS** est particulièrement paradoxale dans le contexte du **Big Beautiful Bill**. D'un côté, le **BBB** réduit les recettes fiscales via des baisses d'impôts massives — environ **4 billions de dollars** sur dix ans selon les estimations. De l'autre, **DOGE** réduit la capacité de l'**IRS** à collecter les impôts qui restent dus. Ces deux mouvements convergent vers un même résultat : un déficit fédéral plus large que ce que les projections officielles indiquent. Les **108 000 emplois manufacturiers** perdus à cause des tarifs douaniers aggravent encore ce tableau.

Selon **NOTUS** (**25 juin 2026**), la saison fiscale **2025-2026** a été «largement réussie» malgré les coupes **DOGE**. Mais ce résultat cache une réalité préoccupante : les grandes fortunes et les entreprises, qui nécessitent des audits complexes et coûteux, sont moins contrôlées. Les fraudes fiscales des particuliers aisés et des corporations sont moins détectées. Le manque à gagner fiscal de ces non-contrôles n'est pas quantifié officiellement — mais les experts en fiscalité le savent réel et croissant dans un contexte de réduction des effectifs de l'agence.

*DOGE a coupé l'IRS pour économiser de l'argent. L'IRS affaiblie collecte moins d'impôts. Le déficit se creuse. Pendant ce temps, le Big Beautiful Bill réduit encore les recettes. C'est un cercle vicieux budgétaire habillé en programme d'efficacité gouvernementale. Le résultat sera une dette fédérale plus massive que jamais — payée par les générations futures.**Ce conflit continue d'évoluer à une vitesse que les analystes peinent à suivre. Chaque jour apporte de nouveaux faits, de nouvelles configurations, de nouveaux défis. Ce que je sais avec certitude : le soutien à l'Ukraine reste la priorité stratégique de l'Occident. Et cette certitude doit guider chacune de nos décisions collectives.*

Ce conflit continue d'évoluer à une vitesse que les analystes peinent à suivre. Chaque jour apporte de nouveaux faits, de nouvelles configurations, de nouveaux défis. Ce que je sais avec certitude : le soutien à l'Ukraine reste la priorité stratégique de l'Occident. Et cette certitude doit guider chacune de nos décisions collectives.

## Les conséquences géopolitiques du Big Beautiful Bill pour l'Alliance occidentale

### Une Amérique fragilisée affecte ses alliés

Les effets du **Big Beautiful Bill** ne s'arrêtent pas aux frontières américaines. Une **Amérique** dont **11,8 millions de citoyens** perdent leur couverture médicale, dont l'aide alimentaire est réduite, dont l'enseignement supérieur est désorganisé par les coupes **DOGE** — c'est une **Amérique moins cohésive**, plus polarisée, et potentiellement moins capable de maintenir des engagements internationaux à long terme. La politique intérieure américaine a des effets extérieurs directs sur la cohérence de l'**Alliance atlantique**.

L'**Europe** observe ces développements avec une inquiétude croissante. Les partenaires européens de l'**OTAN** ont besoin d'une **Amérique stable, engagée et fiable**. Un pays déchiré par des débats politiques intenses sur l'accès aux soins de santé, sur la sécurité alimentaire et sur la direction économique du pays est un pays dont l'attention et les ressources sont partiellement mobilisées en interne. Le soutien à l'**Ukraine**, les engagements de défense collective, les investissements dans l'**OTAN** — tous ces dossiers sont affectés par la qualité de la gouvernance intérieure américaine.

### La polarisation américaine comme menace systémique pour l'Occident

Au-delà du **BBB** spécifiquement, la tendance de fond est préoccupante : la polarisation politique américaine atteint des niveaux historiques. Le refus de **Trump** de signer le **Housing Bill** voté à **85-5** au Sénat — une majorité bipartisane remarquable dans l'Amérique actuelle — illustre une dérive où le calcul politique partisan prime sur les besoins réels de la population. Cette dynamique érode la crédibilité institutionnelle des **États-Unis** comme partenaire fiable dans les engagements multilatéraux.

Pour l'**Ukraine** et l'**Europe**, cette réalité renforce l'urgence de construire une capacité de défense et d'aide propre — moins dépendante des cycles électoraux américains, plus ancrée dans des engagements institutionnels européens durables. Le **Big Beautiful Bill** est un signal de plus que l'**Europe** doit compter sur elle-même. Le **prêt SAFE de 15 milliards**, les commandes de drones nationales, le **Military Schengen** — tout ça va dans le bon sens. Mais l'urgence est réelle.

*L'Amérique qui signe le BBB un 4 juillet, qui bloque le Housing Bill pour des raisons politiques, qui coupe l'aide aux étudiants et l'IRS simultanément — c'est une Amérique qui se parle à elle-même. Ses alliés doivent en tenir compte sans la juger. Et construire leur propre résilience. Ce n'est pas de l'anti-américanisme. C'est de la prudence stratégique.*

## Conclusion : L'Amérique que Trump dessine

### Un projet cohérent, pas une improvisation

Ce serait une erreur de présenter le Big Beautiful Bill comme une improvisation politique. C'est un **projet idéologique cohérent**, construit sur des décennies de pensée conservatrice américaine : réduire l'État, diminuer les impôts, responsabiliser les individus plutôt que les collectivités. Ce projet a des partisans sérieux et des arguments intellectuels. Il mérite d'être débattu honnêtement, pas seulement rejeté.

Mais un débat honnête exige de regarder les chiffres. **4 billions de réductions d'impôts** bénéficiant principalement aux plus aisés. **1 trillion de coupes Medicaid**. **11,8 millions de personnes** sans couverture santé. **108 000 emplois manufacturiers** perdus à cause des tarifs. Ces chiffres ne racontent pas la victoire d'un projet populaire — ils racontent un transfert de richesse vers le haut habillé en patriotisme.

### Le mal nécessaire et ses limites

La ligne éditoriale de ce texte considère Trump comme un «mal nécessaire» pour l'Occident — une formulation qui reconnaît son utilité géopolitique dans le confrontation avec la Russie et la Chine, tout en nommant les dommages collatéraux de sa politique intérieure. Le Big Beautiful Bill est précisément l'endroit où ce «mal» devient difficile à justifier. La politique américaine intérieure de juin 2026 **nuit aux Américains les plus vulnérables** — et une démocratie qui sacrifie ses plus vulnérables pour financer des baisses d'impôts perd quelque chose d'essentiel.

L'Amérique que Trump dessine avec le Big Beautiful Bill est plus inégale, moins protectrice, moins accessible. Elle est peut-être plus compétitive fiscalement — pour les entreprises et les riches. Le débat sur ce choix de société est légitime. Mais il doit se faire avec les vrais chiffres, pas avec les grandes promesses d'un discours du **4 juillet**.

**Signé Maxime Marquette, chroniqueur**

## Encadré de transparence du chroniqueur

### Positionnement éditorial

Je ne suis pas journaliste, mais **chroniqueur et analyste**. Mon expertise réside dans l'observation et l'analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.

Je ne prétends pas à l'objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. **Je prétends à la lucidité analytique**, à l'interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d'offrir une lecture critique des événements.

### Méthodologie et sources

Ce texte respecte la distinction fondamentale entre **faits vérifiés et analyses interprétatives**. La règle de méthode est constante : une information factuelle n'est publiée que si une source vérifiable la porte, et les sources effectivement utilisées par cet article sont listées sous **Sources**, jamais ici.

**Familles de sources primaires** retenues par la publication, quand le dossier en comporte : communiqués officiels des gouvernements et institutions internationales, déclarations publiques des dirigeants politiques, rapports d'organisations intergouvernementales, dépêches d'agences de presse internationales reconnues.

**Familles de sources secondaires** : publications spécialisées, médias d'information reconnus internationalement, analyses d'institutions de recherche établies, rapports d'organisations sectorielles.

Quand un article cite des données statistiques, économiques ou géopolitiques, elles proviennent d'institutions productrices de données (organisations intergouvernementales, banques centrales, instituts statistiques nationaux), et l'institution exacte est nommée sous **Sources**.

### Nature de l'analyse

Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une **synthèse critique et contextuelle** basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d'experts cités dans les sources consultées.

Mon rôle est d'interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et économiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l'observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs globaux.

Cet article décrit un état documenté à sa date de publication, et non une prédiction : une évolution ultérieure peut en déplacer les perspectives. Aucune mise à jour n'est promise d'avance; lorsqu'un article est corrigé ou complété, la modification est datée dans le texte.

## Sources

### Sources primaires

- [Rize Recovery — Big Beautiful Bill : coupes Medicaid et santé comportementale, chiffres CBO — 21 juin 2026](https://www.rizerecovery.com/newsroom/big-beautiful-bill-medicaid-behavioral-health-cuts-2026)

- [KCN Online — Trump bloque le Housing Bill en conditionnant sa signature au SAVE Act — 25 juin 2026](https://www.kcnonline.com/wp/2026/06/25/trump-spikes-housing-bill-over-voting-bill/)

### Sources secondaires

- [AL Reporter — Le projet sénatorial de Farm Bill maintient les coupes SNAP du Big Beautiful Bill — 25 juin 2026](https://www.alreporter.com/2026/06/25/senate-draft-of-farm-bill-retains-snap-cuts-from-one-big-beautiful-bill-act/)

- [NOTUS — Saison fiscale IRS avec coupes DOGE : résultats mitigés — 25 juin 2026](https://www.notus.org/agencies/tax-season-irs-doge-cuts)

- [CNBC — Tarifs Trump : 108 000 emplois manufacturiers perdus selon Warren et Kelly — 23 juin 2026](https://www.cnbc.com/2026/06/23/trump-tariffs-manufacturing-warren-kelly.html)

- [Benzinga — DOGE coupe 40 % du personnel d'aide aux étudiants fédéraux, alerte sur 1,7 trillion de prêts — 24 juin 2026](https://www.benzinga.com/news/education/26/06/60066601/trumps-doge-cuts-slashed-federal-student-aid-staff-by-40-and-its-raising-alarms-over-americas-1-7-trillion-loan-system)

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