# ESSAI : la vulnérabilité des semi-conducteurs taïwanais (Chine)

> Il existe, sur une île de 36 000 kilomètres carrés, une dépendance mondiale si totale qu'elle en devient presque irréelle : près de 90 % des puces les plus avancées au monde, selon la RAND Corporation, et 69,9 % du…

- Auteur: Maxime Marquette
- Publication: MadMax (https://mad-max.co)
- Rubrique: Essai
- Publié: 2026-07-23
- Adresse à citer: https://mad-max.co/fr/article/essai-la-vulnerabilite-des-semi-conducteurs-taiwanais-chine

## Introduction

Il existe, sur une île de 36 000 kilomètres carrés, une **dépendance mondiale** si totale qu'elle en devient presque irréelle : près de **90 %** des **puces** les plus avancées au monde, selon la RAND Corporation, et **69,9 %** du marché mondial de la fonderie, selon TrendForce relayé par le Taipei Times. Cet essai interroge ce que signifie, pour l'économie mondiale entière, le fait d'avoir laissé se concentrer une infrastructure aussi critique dans une zone aussi exposée géopolitiquement. *On construit rarement une **dépendance** par choix délibéré ; on la découvre, le plus souvent, au moment précis où elle devient un **risque** qu'on ne peut plus ignorer.*

**TSMC**, l'entreprise au cœur de cette **concentration**, n'a jamais cherché à devenir un enjeu géopolitique. Elle est devenue, par la seule accumulation de décennies d'excellence **industrielle** et d'investissements publics massifs, l'un des **points de défaillance uniques** les plus significatifs de l'économie **mondiale** contemporaine — un statut qu'elle n'a pas choisi mais qu'elle ne peut plus éviter.

Cet essai ne prétend pas résoudre cette **vulnérabilité** en quelques paragraphes. Il cherche à en documenter l'ampleur réelle, ses origines, ses tentatives de correction, et les questions qu'elle soulève sur la fragilité d'un monde qui a construit sa prospérité numérique sur une **concentration géographique** extrême, aujourd'hui mise sous pression par des tensions militaires et diplomatiques croissantes autour de **Taïwan**.

## Comment Taïwan est devenue indispensable

### Une histoire industrielle de plusieurs décennies

La position dominante de **TSMC** ne résulte pas d'un accident récent, mais d'un investissement industriel poursuivi depuis la fin des années 1980, quand **Taïwan** a fait le choix stratégique de se spécialiser dans la fonderie de **semi-conducteurs** plutôt que dans la conception. Cette spécialisation a permis à l'île de devenir, au fil des décennies, le partenaire de fabrication incontournable pour des entreprises de conception comme Apple, Nvidia ou Qualcomm.

Ce choix industriel, appuyé par des décennies de soutien étatique et d'investissement en recherche, a produit une **avance technologique** que ses concurrents, malgré des investissements considérables, n'ont pas encore réussi à combler pour les nœuds de fabrication les plus avancés.

### La spécialisation extrême comme force et comme risque

Cette spécialisation, longtemps présentée comme un modèle de réussite économique exemplaire, constitue aujourd'hui le cœur même de la **vulnérabilité** **mondiale** documentée dans cet essai. **Plus une infrastructure est concentrée**, plus elle devient efficace en temps normal, et plus elle devient fragile face à une perturbation localisée, qu'elle soit naturelle, économique ou militaire.

*Le paradoxe de l'excellence concentrée est cruel : elle rend le monde plus riche à chaque trimestre ordinaire, et plus vulnérable à chaque trimestre où l'ordinaire cesse d'être garanti.*

## L'ampleur exacte de la dépendance mondiale

### Les chiffres qui définissent le risque

La part de marché de **TSMC** dans la fonderie **mondiale** est passée de **64,4 %** en 2024 à **69,9 %** en 2025, selon TrendForce. Cette hausse continue, plutôt qu'une stabilisation, signifie que la **dépendance** mondiale ne se réduit pas avec le temps, contrairement à ce que suggéraient certains discours optimistes sur la **diversification** des chaînes d'approvisionnement après la pandémie.

**Taïwan** produit environ **90 %** des **semi-conducteurs** les plus avancés au monde, selon la RAND Corporation, une proportion qui concerne précisément les **puces** utilisées dans l'intelligence artificielle, les télécommunications avancées et les systèmes militaires les plus sophistiqués des puissances occidentales elles-mêmes.

### Une dépendance qui touche les industries militaires occidentales

Cette dépendance ne concerne pas seulement les biens de consommation grand public ; elle touche directement les **capacités de défense occidentales**, qui dépendent elles aussi de puces avancées fabriquées à **Taïwan** pour leurs systèmes d'armement les plus sophistiqués. Cette réalité crée une ironie stratégique rarement soulignée : les pays qui s'engagent à défendre **Taïwan** dépendent eux-mêmes de **Taïwan** pour fabriquer les systèmes qui leur permettraient de le faire efficacement. *Défendre une île dont on dépend pour fabriquer les moyens de sa propre défense crée une boucle stratégique que peu de doctrines militaires avaient pleinement anticipée.*

Cette interdépendance, documentée par plusieurs analystes de défense occidentaux, complique toute discussion simple sur la meilleure façon de répondre à une éventuelle crise, puisque la crise elle-même affecterait directement la capacité de réponse militaire occidentale.

## Le scénario du blocus et son impact industriel projeté

### Les probabilités calculées par le Swift Centre

Le **Swift Centre**, un institut de prévision indépendant, estime à **59 %** la probabilité qu'un blocus chinois prolongé entraîne l'arrêt d'au moins une usine **TSMC** pendant trois mois ou plus, contre seulement **3,7 %** en l'absence de blocus. Cet écart, d'un facteur supérieur à quinze, illustre à quel point la variable **géopolitique** dépasse, dans ce cas précis, toute autre variable de **risque** industriel traditionnel.

Ces projections, bien qu'elles reposent sur des modèles probabilistes et non sur des certitudes, offrent une **mesure quantifiée** rare dans un domaine où les discussions restent souvent purement qualitatives et impressionnistes.

### Ce qu'un arrêt de trois mois signifierait concrètement

Un arrêt de production de plusieurs mois dans une seule usine **TSMC** aurait des répercussions bien au-delà de **Taïwan** : ralentissement de la production de smartphones, de véhicules, de centres de données d'intelligence artificielle et d'équipements militaires à travers le monde entier, dans une chaîne de **dépendances** si imbriquée qu'aucun pays ne pourrait s'en isoler complètement.

*Une puce que personne ne voit jamais directement finit par déterminer si une voiture roule, si un hôpital fonctionne, si un missile guide correctement sa trajectoire ; c'est cette invisibilité qui rend la **vulnérabilité** si difficile à faire percevoir au grand public.*

## Les tentatives occidentales de diversification

### Les investissements américains et japonais

Les États-Unis et le Japon ont engagé des investissements considérables pour attirer une partie de la production de **semi-conducteurs** sur leur propre territoire, notamment via des usines **TSMC** construites en Arizona et à Kumamoto. Ces efforts, réels et documentés, représentent une tentative sincère de réduire la **concentration** géographique du **risque**.

Malgré ces investissements, **TSMC** prévoit de maintenir **87 %** de sa capacité de production sur l'île de **Taïwan** en 2027, contre seulement 7 % en **Chine**, 3 % au Japon et 1 % aux États-Unis, selon des projections rapportées par le bureau de représentation taïwanais. Ce chiffre révèle l'écart considérable entre l'ambition politique de **diversification** et sa réalisation industrielle effective.

### Pourquoi la diversification reste si lente

La lenteur de cette **diversification** ne relève pas d'un manque de volonté politique, mais de **contraintes techniques réelles** : la fabrication des **puces** les plus avancées exige un écosystème complet de fournisseurs spécialisés, de main-d'œuvre qualifiée et d'infrastructures qui ne se répliquent pas en quelques années, même avec des investissements massifs.

Cette lenteur structurelle signifie que la **vulnérabilité** documentée dans cet essai restera, selon toute vraisemblance, une réalité pour au moins la prochaine décennie, indépendamment des efforts de diversification actuellement en cours. *Une décennie de **vulnérabilité** annoncée n'est pas une décennie de fatalité acceptée ; c'est simplement le délai réel dont dispose le monde pour agir avant que le **risque** théorique ne devienne une facture concrète.*

## Ce que le contexte militaire actuel révèle sur l'urgence du problème

### Une accumulation d'incidents qui rend la question plus pressante

La question de la **vulnérabilité** des **semi-conducteurs** taïwanais n'est plus purement théorique en juillet 2026 : une hausse de **83 %** de l'activité des navires gouvernementaux chinois autour de **Taïwan** a été rapportée par Reuters, et un hélicoptère militaire chinois a franchi pour la première fois documentée la ligne médiane du détroit, selon Focus Taiwan. Ces incidents, pris ensemble, transforment un risque autrefois abstrait en **préoccupation immédiate** pour les décideurs industriels.

La sénatrice américaine **Tammy Duckworth** a explicitement averti, le 17 juillet, qu'un conflit dans le détroit de **Taïwan** pourrait coûter jusqu'à 10 000 milliards de dollars à l'économie mondiale, un chiffre qui, bien que non vérifiable dans le détail, s'appuie sur la réalité documentée de cette **concentration** **industrielle** extrême.

### Ce que cette urgence change dans le débat public

*Un **risque** qui reste théorique pendant des années finit, un jour, par devenir suffisamment concret pour que même les esprits les plus sceptiques cessent de le traiter comme une hypothèse d'école.*

Cette bascule progressive, de l'abstraction académique à l'inquiétude concrète des marchés et des gouvernements, constitue l'un des développements les plus significatifs de cette période, indépendamment de l'issue finale des tensions actuelles autour de **Taïwan**.

## La dimension éthique d'une dépendance non choisie

### Qui porte la responsabilité de cette concentration

Il serait injuste, sur le plan éthique, de reprocher à **Taïwan** sa propre réussite industrielle ou de laisser entendre que sa **vulnérabilité** géopolitique résulte d'un choix imprudent de sa part. La **concentration mondiale** des **semi-conducteurs** avancés résulte d'un choix collectif implicite des économies occidentales, qui ont préféré l'efficacité économique de court terme à la résilience stratégique de long terme.

Cet essai retient que la responsabilité de cette **vulnérabilité** est largement **partagée** entre les décideurs économiques occidentaux qui ont favorisé cette **concentration** pendant des décennies, et les circonstances **géopolitiques** qui la rendent aujourd'hui dangereuse.

### Ce que cette responsabilité partagée implique pour l'avenir

Reconnaître cette responsabilité partagée n'exonère personne des choix à venir : les gouvernements occidentaux, ayant contribué à créer cette **dépendance** par leurs propres décisions économiques passées, portent une **responsabilité renforcée** de contribuer activement à sa correction progressive, plutôt que de simplement dénoncer un **risque** qu'ils ont eux-mêmes largement toléré pendant des décennies.

Cette responsabilité, morale autant qu'économique, dépasse largement le cadre de la seule politique **industrielle** pour toucher à la question plus vaste de la **solidarité géopolitique** envers un partenaire démocratique dont la **vulnérabilité** sert, indirectement, les intérêts économiques de tous. *Bénéficier silencieusement des fruits d'une **dépendance** pendant des décennies, puis découvrir son coût au moment de la crise, n'est pas une position moralement neutre.*

## Ce que l'histoire des crises industrielles antérieures enseigne

### La pandémie comme répétition générale

La pandémie de **COVID-19** avait déjà révélé, à une échelle moindre, la fragilité des chaînes d'approvisionnement **mondiales** de **semi-conducteurs**, provoquant des pénuries qui ont ralenti la production automobile **mondiale** pendant plusieurs trimestres consécutifs. Cette crise, bien que de nature sanitaire plutôt que géopolitique, a servi de **répétition générale** pour ce qu'une perturbation plus sévère et plus durable pourrait produire.

Les leçons de cette période, largement documentées par les économistes, montrent que les chaînes d'approvisionnement **mondiales** réagissent avec un **décalage significatif** à toute perturbation, ce qui signifie que les effets d'une crise taïwanaise pourraient se prolonger bien après la résolution de sa cause immédiate.

### Pourquoi cette répétition n'a pas suffi à provoquer un changement radical

Malgré ces leçons documentées, les investissements de **diversification** engagés depuis la pandémie restent, comme démontré plus haut, largement insuffisants pour réduire significativement la **concentration** géographique du **risque**. *Une leçon apprise sur le papier et une leçon appliquée dans l'industrie réelle restent, trop souvent, deux choses distinctes séparées par des années d'inertie institutionnelle.*

Cette inertie, documentée et reconnue par les acteurs industriels eux-mêmes, constitue l'un des angles morts les plus significatifs de la réponse occidentale à une **vulnérabilité** pourtant identifiée depuis longtemps.

## Ce que les marchés financiers intègrent déjà, ou pas

### Une valorisation qui reflète mal le risque géopolitique

Les analystes financiers qui suivent **TSMC** et l'ensemble du secteur des **semi-conducteurs** continuent, pour la plupart, à valoriser l'entreprise principalement sur sa performance industrielle et ses marges, plutôt que sur une prime de **risque** géopolitique explicite liée aux tensions autour de **Taïwan**. Cet écart entre la **gravité documentée** du risque et sa faible intégration dans les modèles de valorisation constitue une anomalie notable.

Certains gestionnaires de fonds spécialisés commencent néanmoins à intégrer des scénarios de stress **géopolitique** dans leurs analyses de **risque**, une évolution encore minoritaire mais en progression constante depuis les tensions accrues de l'année en cours.

### Pourquoi cette sous-estimation persiste

Cette sous-estimation persistante s'explique en partie par la **difficulté inhérente** à quantifier un **risque** **géopolitique** dont la probabilité et le calendrier restent, par nature, incertains, contrairement aux **risques** industriels classiques qui se prêtent plus facilement à une modélisation actuarielle traditionnelle.

Cette difficulté méthodologique, réelle et reconnue par les spécialistes eux-mêmes, ne devrait cependant pas justifier une absence totale de prise en compte du **risque**, comme cet essai le soutient dans sa section suivante. *Un **risque** difficile à chiffrer reste un **risque** ; la difficulté mathématique d'une menace ne diminue en rien sa capacité réelle à se matérialiser un jour donné.*

## Ce que cette vulnérabilité révèle sur la mondialisation elle-même

### Un symptôme plus large qu'un problème isolé

La **vulnérabilité** des **semi-conducteurs** taïwanais n'est pas un phénomène isolé, mais un **symptôme révélateur** d'un modèle de mondialisation qui a privilégié, pendant des décennies, l'efficacité économique maximale au détriment de la résilience stratégique face aux chocs **géopolitiques** imprévus.

Cet essai suggère que d'autres secteurs critiques — terres rares, médicaments essentiels, composants électroniques divers — souffrent probablement de **concentrations** géographiques comparables, moins documentées médiatiquement mais tout aussi préoccupantes sur le plan structurel.

### Ce que cette réflexion plus large implique

***Taïwan** et ses **semi-conducteurs** ne sont peut-être que la partie la plus visible d'un iceberg de **dépendances** que la mondialisation a construites sans jamais vraiment s'interroger sur leur coût caché en cas de rupture.*

Cette réflexion plus large dépasse le cadre strict de cet essai, mais elle mérite d'être signalée comme l'une des questions structurelles les plus importantes que soulève, indirectement, la crise taïwanaise actuelle.

## Les scénarios de correction envisageables à moyen terme

### Une diversification accélérée mais coûteuse

Une accélération significative des investissements de **diversification**, au-delà des projets déjà annoncés en Arizona et à Kumamoto, permettrait théoriquement de réduire la **concentration** géographique du **risque** d'ici une décennie, moyennant des investissements publics et privés considérables que peu de gouvernements occidentaux ont, à ce jour, pleinement engagés.

Cette option, la plus directe sur le plan structurel, reste également la plus **coûteuse et la plus lente**, ce qui explique la réticence persistante de plusieurs gouvernements à l'adopter avec l'ampleur que la situation exigerait réellement.

### Une dissuasion renforcée comme alternative complémentaire

Une alternative complémentaire consiste à renforcer la **dissuasion militaire et diplomatique** autour de **Taïwan** elle-même, réduisant ainsi la probabilité d'un scénario de blocus ou de conflit plutôt que de chercher uniquement à en limiter les conséquences économiques par la **diversification** **industrielle**.

Ces deux approches, **diversification** et dissuasion, ne s'excluent pas mutuellement ; elles constituent, au contraire, les deux volets complémentaires d'une même stratégie de réduction du **risque** que peu de gouvernements occidentaux poursuivent aujourd'hui avec une cohérence suffisante. *Une stratégie cohérente exige rarement de choisir entre deux bonnes idées ; elle exige, plus souvent, le courage politique de financer les deux à la fois.*

## Ce que la comparaison avec d'autres îles stratégiques enseigne

### Singapour et le détroit de Malacca comme modèle partiel

D'autres territoires de petite taille ont, par le passé, transformé une position géographique étroite en levier économique mondial: **Singapour**, contrôlant l'accès au détroit de Malacca, a bâti sa prospérité sur une logique de neutralité commerciale acceptée par l'ensemble des grandes puissances régionales. Cette comparaison, imposée par la géographie plutôt que choisie, montre qu'une **petite île stratégique** peut, dans certaines conditions politiques stables, transformer sa **vulnérabilité** apparente en source de prospérité durable.

**Taïwan**, cependant, ne bénéficie pas de la même **neutralité acceptée** par ses voisins : sa souveraineté elle-même reste contestée par **Pékin**, ce qui rend la comparaison avec Singapour instructive mais fondamentalement limitée sur le plan stratégique.

### Ce que cette différence structurelle implique

Cette différence fondamentale explique pourquoi la **vulnérabilité taïwanaise** ne peut pas se résoudre par les seuls mécanismes économiques qui ont fonctionné pour Singapour ; elle exige une composante de **sécurité militaire et diplomatique** que la seule prospérité commerciale ne suffit pas à garantir dans un contexte de souveraineté contestée.

*Une île peut prospérer grâce à sa position géographique, à condition que personne ne conteste son droit fondamental à exister en tant qu'entité souveraine ; c'est précisément cette condition qui manque à Taïwan.*

## Ce que les entreprises technologiques occidentales font de leur côté

### Une diversification prudente de la clientèle vers plusieurs fondeurs

Certaines entreprises technologiques occidentales majeures ont commencé à diversifier prudemment leurs commandes entre plusieurs fondeurs, incluant des concurrents américains et sud-coréens de **TSMC**, même lorsque ces alternatives offrent des performances technologiques encore inférieures pour les nœuds de fabrication les plus avancés. Cette démarche, motivée explicitement par une volonté de **réduction du risque de concentration**, reste encore marginale par rapport au volume total de commandes confiées à Taïwan.

Ces efforts, documentés par plusieurs analyses sectorielles, témoignent d'une prise de conscience croissante au sein même du secteur privé, indépendamment des politiques gouvernementales de diversification déjà mentionnées plus haut dans cet essai.

### Les limites de cette diversification privée

Cette diversification privée reste limitée par une réalité technique incontournable : les **nœuds de fabrication les plus avancés**, essentiels pour les applications d'intelligence artificielle les plus exigeantes, restent, à ce jour, la spécialité quasi exclusive de TSMC, rendant toute diversification complète techniquement impossible à court terme.

*Vouloir diversifier une dépendance est une chose ; disposer réellement d'une alternative technologique équivalente en est une autre, et l'écart entre les deux définit, en pratique, la vitesse réelle de toute transition.*

## Ce qu'un scénario de résolution pacifique changerait

### La détente comme variable rarement modélisée

La plupart des modèles de risque examinés dans cet essai supposent implicitement une **trajectoire de tension continue** plutôt qu'une possible détente durable entre Pékin et Taipei. Un apaisement significatif et vérifiable des tensions réduirait mécaniquement les probabilités calculées par le **Swift Centre**, sans pour autant éliminer la vulnérabilité structurelle sous-jacente liée à la concentration géographique elle-même.

Cette distinction est essentielle : même dans un scénario optimiste de détente durable, la **concentration industrielle extrême** documentée dans cet essai resterait un risque structurel, simplement moins probable à court terme qu'en période de tension active comme celle observée depuis juillet 2026.

### Pourquoi la préparation reste justifiée même en cas de détente

Cet essai soutient qu'une **logique de précaution** justifie de poursuivre les efforts de diversification et de dissuasion même si les tensions actuelles s'apaisaient dans les mois à venir, puisque la vulnérabilité structurelle elle-même ne disparaîtrait pas avec un simple changement de climat diplomatique temporaire.

*Se préparer à un risque qui s'éloigne temporairement n'est jamais du temps perdu ; c'est précisément le moment le plus calme qui permet de bâtir, sans précipitation, les solutions qu'une crise ne laisserait plus le temps de construire.*

## Conclusion

Cet essai a cherché à documenter, sans dramatisation excessive mais sans minimisation non plus, l'ampleur réelle d'une **vulnérabilité structurelle** qui concerne l'ensemble de l'économie mondiale : une concentration industrielle extrême, construite sur plusieurs décennies d'excellence taïwanaise, aujourd'hui exposée à des tensions géopolitiques qui s'accumulent semaine après semaine autour de l'île. Cette vulnérabilité n'est ni une fatalité irréversible, ni un problème que la seule bonne volonté pourrait résoudre rapidement.

Elle est, plus modestement, un **rappel** que la prospérité économique mondiale contemporaine repose sur des fondations plus fragiles que ne le suggère leur fonctionnement quotidien apparemment fluide. *Une dépendance invisible pendant les années calmes devient, dans les années tendues, la mesure la plus honnête de ce qu'une économie mondiale a vraiment appris de ses propres crises passées.*

**Signé Maxime Marquette, chroniqueur**

## Encadré de transparence du chroniqueur

### Positionnement éditorial

Je ne suis pas journaliste, mais **chroniqueur et analyste**. Mon expertise réside dans l'observation et l'analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.

Je ne prétends pas à l'objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. **Je prétends à la lucidité analytique**, à l'interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d'offrir une lecture critique des événements.

### Méthodologie et sources

Ce texte respecte la distinction fondamentale entre **faits vérifiés et analyses interprétatives**. La règle de méthode est constante : une information factuelle n'est publiée que si une source vérifiable la porte, et les sources effectivement utilisées par cet article sont listées sous **Sources**, jamais ici.

**Familles de sources primaires** retenues par la publication, quand le dossier en comporte : communiqués officiels des gouvernements et institutions internationales, déclarations publiques des dirigeants politiques, rapports d'organisations intergouvernementales, dépêches d'agences de presse internationales reconnues.

**Familles de sources secondaires** : publications spécialisées, médias d'information reconnus internationalement, analyses d'institutions de recherche établies, rapports d'organisations sectorielles.

Quand un article cite des données statistiques, économiques ou géopolitiques, elles proviennent d'institutions productrices de données (organisations intergouvernementales, banques centrales, instituts statistiques nationaux), et l'institution exacte est nommée sous **Sources**.

### Nature de l'analyse

Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une **synthèse critique et contextuelle** basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d'experts cités dans les sources consultées.

Mon rôle est d'interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et économiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l'observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs globaux.

Cet article décrit un état documenté à sa date de publication, et non une prédiction : une évolution ultérieure peut en déplacer les perspectives. Aucune mise à jour n'est promise d'avance; lorsqu'un article est corrigé ou complété, la modification est datée dans le texte.

## Sources

### Sources primaires

- [Taipei Times — TSMC capte près de 70 % du marché mondial de la fonderie en 2025 — 14 mars 2026](https://www.taipeitimes.com/News/biz/archives/2026/03/14/2003853777)

- [RAND Corporation — Vulnérabilité de la chaîne d'approvisionnement des semi-conducteurs taïwanais](https://www.rand.org/content/dam/rand/pubs/research_reports/RRA2300/RRA2354-1/RAND_RRA2354-1.pdf)

- [Swift Centre — Prévisions de risques Chine, Taïwan et TSMC jusqu'en 2027](https://www.swiftcentre.org/publicforecasts/china-taiwan-and-tsmc-risks-to-2027)

### Sources secondaires

- [Reuters — Taïwan signale une hausse de l'activité des navires chinois — 20 juillet 2026](https://www.reuters.com/world/china/taiwan-says-chinese-vessel-activity-jumps-raising-fears-pacific-supply-routes-2026-07-20/)

- [Focus Taiwan — La sénatrice Duckworth avertit d'un possible blocus économique — 19 juillet 2026](https://focustaiwan.tw/politics/202607190004)

- [The Motley Fool — TSMC contrôle 72 % du marché mondial des puces — 22 mars 2026](https://www.fool.com/investing/2026/03/22/taiwan-semiconductor-controls-72-of-the-global-chi/)

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Source : Maxime Marquette, MadMax. Pour citer ce texte, nommer l’auteur et lier https://mad-max.co/fr/article/essai-la-vulnerabilite-des-semi-conducteurs-taiwanais-chine
