# ESSAI : La Russie a frappé Tchornobyl et des bateaux de sauvetage — peut-on encore parler de ligne rouge

> Dans la nuit du 6 au 7 juin 2026, les forces russes ont lancé 236 drones de types Shahed, Gerbera et Italmas contre l'Ukraine. Les forces ukrainiennes en ont abattu 215. Les 17 restants ont frappé 13 sites. Parmi ces frappes, deux résument mieux que n'importe quel discours ce que la guerre de Poutine signifie réellement.

- Auteur: Maxime Marquette
- Publication: MadMax (https://mad-max.co)
- Rubrique: Essai
- Publié: 2026-06-29
- Adresse à citer: https://mad-max.co/fr/article/essai-la-russie-a-frappe-tchornobyl-et-des-bateaux-de-sauvetage-peut-on-encore-p

## Introduction : La nuit du 6 au 7 juin 2026 — deux frappes qui résument tout

### Des drones contre des sauveteurs et un site nucléaire

Dans la nuit du **6 au 7 juin 2026**, les forces russes ont lancé **236 drones** de types **Shahed, Gerbera et Italmas** contre l'**Ukraine**. Les forces ukrainiennes en ont abattu **215**. Les **17** restants ont frappé **13 sites**. Parmi ces frappes, deux résument mieux que n'importe quel discours ce que la guerre de **Poutine** signifie réellement.

La première : dans la mer **Noire**, au large d'**Odessa**, deux **navires civils de sauvetage en mer ukrainiens** — propriété du **Service ukrainien de sauvetage maritime**, en mission humanitaire, couverts par le **droit international humanitaire** — ont été frappés. Selon un **blogueur militaire russe affilié au Kremlin**, les frappes auraient utilisé des **drones Geran télécommandés** — la variante russe du drone iranien Shahed, modifiée pour permettre des frappes de précision contre des **cibles mobiles**. La deuxième : à **02h10** le **7 juin**, un drone russe a frappé l'**Installation de stockage centralisé de combustible nucléaire usé** dans la **Zone d'exclusion de Tchornobyl**, provoquant un incendie et détruisant une partie du bâtiment.

### Ce que l'ISW dit de ces frappes

L'**Institut pour l'étude de la guerre (ISW)**, qui a documenté ces frappes le **7 juin 2026**, souligne que la frappe de la zone de **Tchornobyl** **«indique que le Kremlin a adopté une politique qui accepte des frappes de drones imprudentes et à haut risque, qu'elles soient accidentelles ou intentionnelles»**. C'est une conclusion significative : l'**ISW** ne dit pas que la frappe était intentionnelle. Il dit que **Poutine** a rendu l'intention non pertinente — il a choisi une doctrine qui accepte les deux comme résultats possibles.

Dans la même semaine précédant l'évaluation du **7 juin**, **Zelensky** avait documenté que les forces russes avaient lancé **88 missiles, plus de 3 250 drones** et environ **1 800 bombes planantes** contre l'**Ukraine**. En une semaine. Ces chiffres dépassent la capacité d'absorption d'un pays, quelle que soit sa résilience.

*Une installation de combustible nucléaire usé. Des bateaux de sauvetage en mission humanitaire. Si ces deux cibles ne définissent pas une ligne rouge, alors le concept de ligne rouge n'a plus de sens. Et c'est peut-être là le problème — Poutine a compris avant nous que nos «lignes rouges» n'en étaient pas.*

## La frappe de Tchornobyl — ce qu'on sait et ce qu'on ne sait pas

### L'installation touchée et ses implications nucléaires

L'**Installation de stockage centralisé de combustible nucléaire usé** touchée le **7 juin 2026** se trouve **près de Buryakivka, Oblast de Kyiv**, à **15 kilomètres** de la **centrale nucléaire de Tchornobyl**. L'**ISW** note que l'incendie consécutif à la frappe a détruit une partie du bâtiment. Un bâtiment administratif de l'**Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA)** a également été endommagé dans l'explosion.

Un point crucial : selon les informations disponibles au moment de la frappe, **aucun combustible nucléaire usé n'était stocké dans l'installation au moment de la frappe**. Ce fait est important pour évaluer l'impact radiologique immédiat — il était nul ou minimal. Mais il ne change pas la nature de la frappe : un site de stockage nucléaire, couvert par le **droit international**, a été ciblé. Que ce soit par accident ou intentionnellement, le résultat est le même : l'infrastructure nucléaire ukrainienne continue d'être dans la ligne de mire russe.

### Le précédent des frappes nucléaires russes depuis 2025

Ce n'est pas la première fois que la **Russie** frappe l'infrastructure nucléaire de **Tchornobyl**. En **février 2025**, des frappes russes avaient endommagé la **structure de confinement du réacteur numéro 4** — le fameux sarcophage. En **janvier 2026**, des sous-stations alimentant la centrale avaient été touchées. La frappe du **7 juin 2026** s'inscrit dans une escalade délibérée et progressive.

L'**ISW** interprète ce pattern comme la preuve que le **Kremlin** a adopté une **doctrine d'acceptation du risque nucléaire**. Cette doctrine — si on peut appeler ainsi un choix aussi irresponsable — ne vise pas nécessairement une catastrophe nucléaire. Elle vise à maintenir une pression maximale sur l'**Ukraine** et sur ses alliés, en signalant que **Moscou** n'a pas de limite supérieure dans le niveau de risque qu'il est prêt à imposer à la population ukrainienne et à la communauté internationale.

*La Russie frappe Tchornobyl. Pas une fois — trois fois en dix-huit mois. Chaque fois, l'Occident documente, condamne, et continue. Je ne suis pas en train de dire qu'il faut escalader militairement. Mais je me demande ce qu'il faudra pour que la communauté internationale comprenne que Poutine teste méthodiquement chaque limite qu'elle s'est fixée.*

## Les navires de sauvetage frappés — la violation du droit humanitaire

### La protection spéciale des navires humanitaires

Les deux navires civils frappés le **6 juin 2026** bénéficiaient d'une **protection spéciale en vertu du droit international humanitaire**, selon l'**ISW** — précisément parce qu'ils effectuaient une **mission de recherche et sauvetage**. Les navires humanitaires sont protégés par les **Conventions de Genève** et le **droit de la mer**. Les frapper constitue une violation grave du droit international.

La marine ukrainienne a procédé à l'évacuation des deux navires après les frappes. Des **victimes** ont été signalées mais leur nombre n'était pas précisé dans les sources disponibles au moment de l'évaluation. Ce qui est précisé, c'est que les drones utilisés — des **Geran télécommandés** — sont capables de frappes de précision contre des cibles mobiles. Ce n'est pas une frappe accidentelle sur des navires qui ressemblaient à des cibles militaires. Ce sont des navires identifiables comme humanitaires, frappés avec précision.

### La capacité des Geran télécommandés — une escalade technique

L'**ISW** souligne spécifiquement la capacité des **drones Shahed/Geran télécommandés** à conduire des **frappes de précision contre des cibles mobiles**. Cette capacité avait déjà été utilisée contre des locomotives ukrainiennes. Son utilisation contre des navires humanitaires représente une extension délibérée du ciblage vers des catégories supplémentaires de cibles protégées par le droit international.

Cette évolution technique et doctrinale mérite une attention particulière : la **Russie** développe activement ses capacités de frappe de précision contre des cibles mobiles dans la **mer Noire**. Ces capacités pourraient être utilisées demain contre des navires commerciaux, des navires de l'**OTAN** ou des opérations de livraison d'aide. L'utilisation actuelle contre des navires humanitaires est un test de capabilité autant qu'un acte de guerre.

*Des navires de sauvetage coulés avec précision par des drones télécommandés. Ce n'est pas une erreur de guerre — c'est une démonstration de capacité. La Russie montre qu'elle peut frapper ce qu'elle veut dans la mer Noire, quand elle le veut, avec la précision qu'elle choisit. Et nous devons prendre ce message au sérieux.*

## L'AIEA et la communauté internationale — la réponse institutionnelle

### Un bâtiment de l'AIEA endommagé — la symbolique est réelle

Que le bâtiment administratif de l'**AIEA** ait été endommagé dans la frappe du **7 juin** n'est pas une coïncidence sans importance. L'**AIEA** est l'organisation internationale chargée de surveiller la sécurité nucléaire mondiale. Sa présence physique dans la **Zone d'exclusion de Tchornobyl** est un symbole de la responsabilité internationale sur ce site. Endommager son infrastructure envoie un signal — intentionnel ou non — sur la relation de la **Russie** avec les institutions de sécurité internationale.

L'**AIEA** a maintenu une présence d'inspection permanente à la **centrale nucléaire de Zaporijjia**, occupée par la **Russie**, depuis **2022**. Cette présence n'a pas empêché les incidents répétés autour de la centrale. Elle a fourni une documentation et une pression internationale. Dans le cas de **Tchornobyl**, l'**AIEA** doit maintenant évaluer l'impact de la frappe sur son propre personnel et ses propres capacités de surveillance — une situation sans précédent.

### L'absence de réponse proportionnée

La communauté internationale a condamné ces frappes. Les organisations humanitaires ont exprimé leur outrage. Les gouvernements alliés ont déclaré leur préoccupation. Et les frappes continuent. Ce cycle de condamnation sans conséquence est précisément ce qui alimente l'audace croissante de la doctrine militaire russe. Chaque frappe contre une cible protégée qui ne déclenche pas de réponse substantielle est, de facto, une autorisation implicite de continuer.

Je ne prétends pas avoir la recette d'une réponse proportionnée. La complexité géopolitique est réelle. Mais je maintiens que nommer clairement ce qui se passe — une guerre de destruction systématique des infrastructures civiles et humanitaires, conduite délibérément et sciemment — est au moins la première étape indispensable pour que la réponse internationale soit à la hauteur.

*À chaque frappe sur une cible protégée sans réponse, Poutine teste une limite et la repousse. C'est une logique d'escalade progressive que les historiens reconnaissent bien — et que nous sommes en train de répéter en temps réel. Ce n'est pas du fatalisme. C'est un avertissement.*

## Les pénuries en Crimée — les contre-frappes ukrainiennes produisent des effets

### L'effet des frappes ukrainiennes sur la logistique de la Crimée occupée

L'évaluation du **7 juin 2026** de l'**ISW** note que les frappes ukrainiennes à **longue et moyenne portée** contre les **lignes de communication et de logistique russes** dans le sud et l'est de l'**Ukraine** occupée **continuent de perturber la logistique russe**. Plus significativement, des **pénuries d'essence en Crimée occupée** s'aggravent, et la **Crimée** commence à connaître des **pénuries de biens de base et de fournitures** au-delà du carburant.

Ce développement illustre l'efficacité croissante de la stratégie ukrainienne de frappes à longue portée. La **Crimée**, qui sert de base logistique et de profondeur stratégique à l'armée russe dans le sud de l'**Ukraine**, est progressivement étranglée par des frappes qui attaquent les lignes d'approvisionnement plutôt que les positions militaires elles-mêmes. C'est une stratégie de pression économique et logistique — similaire, dans sa logique, aux frappes sur les raffineries.

### Le mécontentement des blogueurs militaires russes

L'**ISW** note que les campagnes de frappes ukrainiennes à courte et longue portée **génèrent du mécontentement et de la panique dans la communauté des blogueurs militaires russes**. Cette communauté — qui sert de baromètre informel de l'opinion au sein des forces armées russes — montre des signes de démoralisation face aux effets cumulatifs des contre-frappes ukrainiennes.

Ce mécontentement interne est un indicateur partiel mais réel de l'impact des opérations ukrainiennes. Il ne doit pas être surestimé — les blogueurs militaires russes restent globalement favorables à la poursuite de la guerre. Mais leur anxiété croissante face aux succès tactiques ukrainiens dit quelque chose sur la réalité du terrain que la propagande officielle russe ne peut pas entièrement masquer.

*Les blogueurs militaires russes paniqués face aux frappes ukrainiennes, c'est peut-être la meilleure preuve que la stratégie de Kyiv fonctionne. Pas les communiqués officiels — les frustrations des pro-Kremlin qui ne comprennent pas pourquoi les succès russes annoncés ne se traduisent pas en victoires réelles.*

## Le droit international en temps de guerre — à quoi sert-il encore

### Les conventions ignorées, les principes bafoués

Les **Conventions de Genève**, le **droit de la mer**, les normes de l'**AIEA** sur la sécurité nucléaire — tout ce corpus de droit international humanitaire a été délibérément ou imprudemment violé par les frappes russes du **6-7 juin 2026**. Ce n'est pas la première violation. Ce ne sera pas la dernière. Mais chaque violation sans conséquence érode un peu plus la crédibilité de ce système légal.

Je suis profondément attaché au droit international. Non pas comme un idéalisme naïf, mais comme un système pragmatique qui réduit la violence dans les conflits. Ce système ne fonctionne que si ses violations ont des coûts. Quand elles n'en ont pas — ou quand les coûts sont supportables —, il cesse d'être dissuasif. Le défi pour la communauté internationale n'est pas seulement de condamner les violations russes. C'est de créer des mécanismes qui rendent ces violations coûteuses au-delà de la condamnation rhétorique.

### La documentation comme premier rempart

En attendant des mécanismes plus efficaces, la documentation est la première ligne de résistance. L'**ISW**, l'**AIEA**, les organisations de droit humanitaire, les journalistes sur le terrain — tous contribuent à construire un dossier irréfutable qui survivra au conflit et pourra être utilisé dans des procédures judiciaires futures. Le **Tribunal pénal international**, les cours spécialisées sur la guerre en **Ukraine** — ces institutions travaillent lentement mais elles travaillent.

La frappe du **7 juin 2026** est documentée. Les navires humanitaires frappés sont documentés. Ces faits sont dans les archives. **Poutine** et les officiers qui ont ordonné ces frappes seront tenus responsables — pas aujourd'hui, peut-être pas dans dix ans. Mais la mémoire institutionnelle du droit international est plus longue que les régimes.

*La justice internationale est lente. Parfois décourageante dans sa lenteur. Mais elle avance. Le mandat d'arrêt de la CPI contre Poutine existe. Il ne lui permet pas de voyager librement. Et un jour, il sera exécuté — ou ses successeurs seront jugés à sa place. La justice ne rend pas les morts. Elle empêche l'oubli.*

## La Crimée asphyxiée — l'efficacité de la stratégie ukrainienne de longue portée

### Un isolement logistique progressif

Depuis le début de **2026**, la stratégie ukrainienne de frappes à longue portée contre les infrastructures logistiques en **Crimée occupée** produit des effets concrets et documentables. Au **7 juin 2026**, selon l'**ISW**, les pénuries d'essence s'aggravent dans la **péninsule**, et des **pénuries de biens de base et de fournitures** au-delà du carburant commencent à apparaître. La **Crimée**, qui servait de base arrière logistique pour les forces russes dans le sud de l'**Ukraine**, devient une vulnérabilité plutôt qu'un avantage.

Cette évolution illustre la valeur stratégique des **systèmes de frappe à longue portée** fournis par les alliés à l'**Ukraine**. Chaque élévation du plafond de portée des armes mises à disposition de **Kyiv** — des premiers HIMARS jusqu'aux systèmes les plus récents — a ouvert de nouvelles cibles logistiques et de communication qui étaient précédemment hors d'atteinte. La légende selon laquelle la **Crimée** est un sanctuaire inattaquable est définitivement défaite.

### Les implications pour la défense russe du front sud

La dégradation logistique de la **Crimée** crée des tensions sur tout le front sud de la guerre. Les troupes russes qui dépendent de la **péninsule** comme point de transit pour leur ravitaillement doivent trouver des routes alternatives plus longues et plus vulnérables. Chaque détour imposé par les frappes ukrainiennes augmente les délais d'approvisionnement, les coûts en carburant et la complexité de la maintenance des positions du front.

L'**ISW** évalue que les effets opérationnels de la campagne de frappes ukrainiennes **« continueront vraisemblablement de mûrir dans un avenir proche »**. C'est un langage soigneux pour dire : cette stratégie fonctionne, elle s'approfondit, et ses effets cumulatifs seront de plus en plus visibles dans les semaines et mois à venir. C'est une des rares nouvelles stratégiquement positives dans une évaluation autérement sombre.

*La Crimée en penurie d'essence et de biens de base en juin 2026 — voilà le résultat concret de la stratégie ukrainienne de longue portée. Pas spectaculaire à la une des journaux. Mais stratégiquement décisif. L'Ukraine a compris que l'asphyxie logistique est une victoire aussi valable que la victoire terrestre. Ses alliés devraient lui fournir tous les moyens de continuer.*

## Zelensky face aux chiffres — la transparence comme arme politique

### 88 missiles, 3 250 drones, 1 800 bombes en une semaine

La déclaration de **Zelensky** sur les **88 missiles, plus de 3 250 drones de frappe** et environ **1 800 bombes planantes** lancés contre l'**Ukraine** dans la seule semaine du **31 mai au 6 juin 2026** est un acte politique autant qu'un bilan militaire. En rendant ces chiffres publics, **Zelensky** s'adresse directement aux opinions publiques et aux décideurs occidentaux : voici ce que l'**Ukraine** absorbe chaque semaine. Voici pourquoi vos livraisons de systèmes de défense antiaérienne ne sont pas un luxe mais une nécessité vitale.

Cette transparence sur les chiffres de la guerre est une stratégie de communication délibérée. Elle contraste avec l'opacité russe sur ses propres pertes et ses propres frappes. Elle oblige les gouvernements alliés à calibrer leur soutien sur des données réelles plutôt que sur des perceptions. Et elle maintient la pression sur les élus qui pourraient être tentés de réduire le soutien militaire pour des raisons budgétaires ou politiques internes.

### La guerre de l'information sur les pertes et les frappes

La guerre statistique est un champ de bataille spécifique de ce conflit. La **Russie** minimise ses pertes, exagère ses succès, et présente chaque frappe ukrainienne réussie comme un dégât marginal. L'**Ukraine** maintient des données détaillées et les publie régulièrement. Les organisations indépendantes — l'**ISW**, **ACLED**, les équipes d'analyse en source ouverte de **Bellingcat** — servent d'arbitres partiels dans cette guerre des chiffres.

Cette bataille statistique a des implications directes sur les décisions politiques occidentales. Des élus qui reçoivent des informations inexactes sur l'état de la guerre peuvent prendre des décisions incorrectes sur les livraisons d'armes, les négociations ou le maintien des sanctions. Maintenir l'intégrité de l'information sur la guerre est donc une composante essentielle du soutien à l'**Ukraine** — pas seulement une responsabilité journalistique.

*Zelensky publie ses chiffres. Poutine les cache. Cette différence est plus qu'une pratique de communication — c'est une différence de nature entre une démocratie qui doit rendre des comptes et un régime qui cache ses échecs. La transparence ukrainienne est une force politique. Elle mérite d'être soutenue, pas seulement appliquée.*

## Conclusion : Des lignes rouges qui n'en sont pas — l'urgence d'une réponse stratégique cohérente

### Ce que les frappes du 6-7 juin révèlent de la doctrine russe

Les frappes du **6-7 juin 2026** — contre des navires humanitaires, contre l'infrastructure nucléaire de **Tchornobyl** — révèlent une doctrine militaire russe qui a abandonné toute contrainte normative. Ce n'est pas de la barbarie incontrôlée — c'est une stratégie délibérée de destruction systématique de tout ce qui maintient l'**Ukraine** fonctionnelle et vivante : ses infrastructures énergétiques, ses réseaux logistiques, ses capacités de sauvetage, et même les symboles de la responsabilité internationale nucléaire.

Cette doctrine mérite d'être nommée clairement : c'est une guerre contre la population civile ukrainienne autant que contre ses forces armées. Une guerre dont l'objectif déclaré est d'épuiser la volonté de résistance en rendant la vie quotidienne insupportable. Et une guerre qui ne s'arrêtera pas d'elle-même — parce que les coûts que la **Russie** paie pour la mener restent, pour l'instant, inférieurs aux coûts que l'**Ukraine** paie pour résister.

### Ce que l'Occident doit faire

Face à cette réalité, la réponse occidentale doit être à la fois militaire et économique, immédiate et durable. Militaire : fournir les systèmes de défense antiaérienne capables d'intercepter les drones Shahed à grande échelle. Économique : intensifier les sanctions sur les ressources qui financent les frappes. Diplomatique : isoler davantage la **Russie** et ses alliés, en exposant publiquement les violations du droit international. Et humanitaire : soutenir massivement la **Marine Search and Rescue Service** ukrainienne et toutes les capacités de réponse civile que la **Russie** s'acharne à détruire.

Les lignes rouges ne se tracent pas dans les discours. Elles se tracent dans les conséquences réelles que les transgresseurs doivent payer. Le **7 juin 2026** est un rappel brutal de ce principe élémentaire.

*Des sauveteurs coulés. Une installation nucléaire frappée. Si vous cherchez une définition opérationnelle du crime de guerre, vous venez de la trouver dans les frappes du 7 juin 2026. Et si nous ne répondons pas à la hauteur, nous devenons complices — pas par complicité morale, mais par inaction calculée.*

**Signé Maxime Marquette, chroniqueur**

## Encadré de transparence du chroniqueur

### Positionnement éditorial

Je ne suis pas journaliste, mais **chroniqueur et analyste**. Mon expertise réside dans l'observation et l'analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.

Je ne prétends pas à l'objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. **Je prétends à la lucidité analytique**, à l'interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d'offrir une lecture critique des événements.

### Méthodologie et sources

Ce texte respecte la distinction fondamentale entre **faits vérifiés et analyses interprétatives**. La règle de méthode est constante : une information factuelle n'est publiée que si une source vérifiable la porte, et les sources effectivement utilisées par cet article sont listées sous **Sources**, jamais ici.

**Familles de sources primaires** retenues par la publication, quand le dossier en comporte : communiqués officiels des gouvernements et institutions internationales, déclarations publiques des dirigeants politiques, rapports d'organisations intergouvernementales, dépêches d'agences de presse internationales reconnues.

**Familles de sources secondaires** : publications spécialisées, médias d'information reconnus internationalement, analyses d'institutions de recherche établies, rapports d'organisations sectorielles.

Quand un article cite des données statistiques, économiques ou géopolitiques, elles proviennent d'institutions productrices de données (organisations intergouvernementales, banques centrales, instituts statistiques nationaux), et l'institution exacte est nommée sous **Sources**.

### Nature de l'analyse

Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une **synthèse critique et contextuelle** basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d'experts cités dans les sources consultées.

Mon rôle est d'interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et économiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l'observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs globaux.

Cet article décrit un état documenté à sa date de publication, et non une prédiction : une évolution ultérieure peut en déplacer les perspectives. Aucune mise à jour n'est promise d'avance; lorsqu'un article est corrigé ou complété, la modification est datée dans le texte.

## Sources

### Sources primaires

- [ISW — Évaluation de la campagne offensive russe, 7 juin 2026](https://www.criticalthreats.org/analysis/russian-offensive-campaign-assessment-june-7-2026)

- [Interfax Ukraine — Frappe russe sur l'installation nucléaire de Tchornobyl — 7 juin 2026](https://en.interfax.com.ua/news/general/1170912.html)

### Sources secondaires

- Kyiv Independent — Russie frappe l'installation de déchets nucléaires de Tchornobyl — 7 juin 2026

- [Euromaidanpress — Frappes russes sur Tchornobyl et navires de sauvetage — 7 juin 2026](https://euromaidanpress.com/2026/06/07/russia-strikes-chornobyl-rescue-vessels/)

- The Guardian — Frappe russe sur Tchornobyl — 7 juin 2026

- Al Jazeera — Guerre en Ukraine : frappes russes sur Tchornobyl et mer Noire — 7 juin 2026

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Source : Maxime Marquette, MadMax. Pour citer ce texte, nommer l’auteur et lier https://mad-max.co/fr/article/essai-la-russie-a-frappe-tchornobyl-et-des-bateaux-de-sauvetage-peut-on-encore-p
