# ENQUÊTE : Rosneft et Lukoil sous sanctions américaines, la manœuvre Trump

> Une signature au Trésor américain, deux logos pétroliers russes soudain marqués d'une croix rouge : ainsi commence, en octobre 2025, la première grande offensive économique de l'administration Trump contre le pétrole du…

- Auteur: Maxime Marquette
- Publication: MadMax (https://mad-max.co)
- Rubrique: Enquête
- Publié: 2026-07-20
- Adresse à citer: https://mad-max.co/fr/article/enquete-rosneft-et-lukoil-sous-sanctions-americaines-la-man-uvre-trump

## À retenir

- Le 22 octobre 2025, le Trésor américain sanctionne Rosneft et Lukoil, première grande salve de sanctions pétrolières de ce mandat présidentiel.
- Selon un rapport du Trésor cité par Reuters le 17 novembre 2025, ces sanctions ont contribué à réduire les revenus pétroliers russes, moins d'un mois après leur entrée en vigueur.
- Le délai de cession forcée des actifs de Lukoil a été prolongé jusqu'au 30 mai 2026, pour faciliter des négociations jugées complexes, car trouver des acheteurs conformes est rare.
- The Moscow Times jugeait déjà optimiste, dès le 28 octobre 2025, le budget russe 2026 qui prévoyait 8,9 billions de roubles de revenus pétroliers et gaziers.
- Aucun choc majeur et durable sur les prix mondiaux n'est documenté, mais la flotte fantôme permet à la Russie de contourner partiellement les sanctions.

## Introduction

*Une signature au Trésor américain, deux logos pétroliers russes soudain marqués d'une croix rouge : ainsi commence, en octobre 2025, la première grande offensive économique de l'administration Trump contre le pétrole du Kremlin.* Le **22 octobre 2025**, le **Trésor américain** a sanctionné **Rosneft** et **Lukoil**, les deux plus grandes compagnies pétrolières russes, dans ce qui constitue la **première salve** de sanctions pétrolières majeures prises sous ce mandat présidentiel.

Cette enquête retrace la **chronologie** de cette décision, ses **effets mesurés** sur les **revenus pétroliers russes**, et les **difficultés pratiques** rencontrées dans son application, notamment concernant la cession forcée des actifs de **Lukoil**, dont le délai a dû être prolongé jusqu'au **30 mai 2026** selon **Reuters**.

## La décision du 22 octobre 2025, anatomie d'une première salve

### Deux cibles choisies pour leur poids stratégique

Le choix de cibler simultanément **Rosneft** et **Lukoil** n'est pas anodin. Ces deux entreprises représentent, ensemble, une **part considérable** de la **production pétrolière russe** et de ses **capacités d'exportation**. En les sanctionnant conjointement, le **Trésor américain** visait un effet de **choc immédiat** sur la capacité financière du Kremlin plutôt qu'une **pression graduelle** et dispersée sur des **acteurs secondaires** du secteur.

Cette approche, documentée par le **Département du Trésor américain** le 22 octobre 2025, marque une **rupture de méthode** par rapport aux **sanctions plus ciblées** et progressives observées lors des premières années du conflit, entre 2022 et 2024, où l'**administration précédente** avait privilégié une **escalade prudente**.

### Une décision qui s'inscrit dans une stratégie de pression maximale

*Sanctionner d'un seul geste les deux piliers pétroliers d'un pays en guerre n'est pas une mesure administrative anodine ; c'est un signal politique destiné à être vu, compris et redouté au-delà du seul secteur énergétique.* Cette logique de **pression maximale**, régulièrement revendiquée par l'administration américaine, tranche avec les **approches plus mesurées** adoptées par certains **partenaires européens** sur le même dossier.

Cette **divergence de méthode** entre Washington et certaines capitales européennes, bien que rarement explicitée publiquement, façonne la **cohérence globale** du dispositif occidental de sanctions, un dispositif qui reste, malgré tout, largement **coordonné** sur le fond sinon sur le rythme.

## L'effet mesuré sur les revenus pétroliers russes

### Un rapport officiel qui documente un recul réel

Selon un rapport du **Trésor américain**, cité par **Reuters** le **17 novembre 2025**, ces sanctions ont **contribué à réduire** les revenus pétroliers russes. Ce constat, établi moins d'un mois après l'**entrée en vigueur des sanctions**, suggère un **effet rapide**, une rapidité qui n'est pas toujours observée dans l'application de **sanctions économiques complexes** visant de **grandes entreprises internationales**.

Cette rapidité d'effet, si elle se confirme sur la durée, distinguerait cette salve de sanctions d'autres mesures antérieures dont l'impact avait mis plusieurs mois, voire plusieurs années, à devenir mesurable dans les **statistiques officielles russes** ou dans les rapports d'**analystes indépendants** suivant le secteur.

### Une mesure qui s'ajoute à un dispositif déjà dense

Ces sanctions ciblées sur **Rosneft** et **Lukoil** ne s'appliquent pas dans un vide réglementaire. Elles s'ajoutent au **plafonnement des prix** déjà en vigueur depuis 2022 et au mécanisme dynamique européen entré en vigueur en janvier 2026, créant un **effet cumulatif** difficile à décomposer précisément entre ses différentes **composantes** pour les analystes qui suivent le dossier.

*Quand trois dispositifs de pression distincts s'appliquent simultanément à la même industrie, il devient presque impossible de dire lequel, exactement, porte le coup le plus dur ; et c'est peut-être précisément l'objectif recherché.*

## La prolongation du délai pour la vente des actifs Lukoil

### Un calendrier repoussé jusqu'au 30 mai 2026

Le **délai initialement fixé** pour la **vente forcée des actifs de Lukoil** a été prolongé jusqu'au **30 mai 2026**, selon **Reuters** le 29 avril 2026, afin de faciliter des négociations jugées complexes. Cette prolongation, loin d'être un simple ajustement technique, révèle les **difficultés pratiques** considérables que rencontre l'application de sanctions visant à forcer la **cession d'actifs pétroliers** dans un **marché mondial** déjà sous tension réglementaire.

Ce report, documenté publiquement, illustre un phénomène récurrent dans l'histoire des sanctions économiques internationales : la distance entre l'**annonce d'une mesure** et sa **mise en œuvre effective** peut s'étirer sur plusieurs mois, voire davantage, sans que cela remette nécessairement en cause l'intention initiale de la sanction.

### Des acheteurs potentiels eux-mêmes sous contrainte réglementaire

*Trouver un acheteur pour des actifs pétroliers russes sanctionnés, c'est chercher un acteur suffisamment solide financièrement pour absorber la transaction, mais suffisamment éloigné des radars réglementaires occidentaux pour ne pas en subir les conséquences ; un équilibre rare.* Cette **rareté** explique en grande partie la **lenteur du processus de cession**, documentée par les prolongations successives du délai fixé initialement.

Cette difficulté à identifier des acheteurs conformes constitue, en creux, une preuve supplémentaire de l'**efficacité dissuasive** des sanctions américaines, qui rendent risqué, pour tout **acteur économique sérieux**, le simple fait de négocier l'acquisition d'actifs liés à une **entreprise sanctionnée**.

## Le budget russe face à des hypothèses fragilisées

### 8,9 billions de roubles, un chiffre déjà contesté avant les sanctions

Le **budget russe pour 2026** prévoyait des revenus pétroliers et gaziers de **8,9 billions de roubles**, un chiffre que **The Moscow Times** jugeait déjà optimiste dès le 28 octobre 2025, soit à peine **six jours** après l'annonce des sanctions sur Rosneft et Lukoil. Cette évaluation critique, formulée par un média spécialisé dans le suivi de l'économie russe, précède même la pleine mesure des **effets cumulés** du dispositif.

Cette fragilité budgétaire, documentée avant même que les effets des sanctions ne soient pleinement mesurables, éclaire l'ampleur du **défi financier** auquel le **Kremlin** doit faire face pour maintenir simultanément son **effort de guerre** et la stabilité de son économie intérieure.

### Un arbitrage entre dépenses militaires et stabilité intérieure

*Un budget qui repose sur des revenus pétroliers jugés optimistes avant même l'entrée en vigueur complète des sanctions qui doivent les réduire ressemble moins à une prévision qu'à un pari sur la clémence des marchés.* Ce pari, s'il échoue, contraindrait Moscou à des **arbitrages budgétaires** de plus en plus difficiles entre le financement de la guerre et le maintien des services publics essentiels.

Cette tension budgétaire structurelle, documentée par plusieurs sources économiques indépendantes, constitue l'un des **indicateurs les plus fiables** pour évaluer la **soutenabilité à long terme** de l'effort de guerre russe, au-delà des seules **déclarations officielles** du Kremlin sur la **résilience** de son économie.

## La dimension politique de la décision américaine

### Un geste qui rompt avec une approche antérieure plus prudente

La décision de sanctionner conjointement **Rosneft** et **Lukoil** marque une évolution notable dans l'approche américaine des sanctions pétrolières russes, par rapport à la période 2022-2024 où l'administration précédente avait privilégié une escalade plus graduelle, en partie pour ménager les **marchés énergétiques mondiaux** encore fragiles après le **choc initial de l'invasion**.

Cette **rupture de méthode**, documentée par la **chronologie** même des décisions du Trésor américain, reflète une évaluation politique selon laquelle les marchés pétroliers mondiaux, en 2025, disposaient d'une **capacité d'absorption** suffisante pour encaisser un **choc plus frontal** sans provoquer de **flambée généralisée des prix**.

### Une décision suivie de près par les alliés européens

*Chaque sanction américaine contre le pétrole russe est scrutée à Bruxelles avec un mélange d'approbation prudente et de calcul économique, car ce qui frappe Moscou frappe aussi, indirectement, les marchés dont dépendent les économies européennes.* Cette interdépendance explique la coordination, imparfaite mais réelle, entre les dispositifs américains et européens de sanctions énergétiques.

Cette **coordination transatlantique**, bien qu'elle ne soit jamais totalement synchronisée dans son calendrier, constitue l'un des **piliers** de la **stratégie occidentale globale** visant à réduire durablement les **capacités financières du Kremlin** sans provoquer de **rupture incontrôlée** des **marchés énergétiques mondiaux**.

## Les précédents de sanctions pétrolières dans l'histoire récente

### Un instrument déjà testé, mais rarement à cette échelle

Les sanctions pétrolières ciblant des entreprises spécifiques ne sont pas un instrument inédit dans l'arsenal diplomatique américain, ayant déjà été utilisées contre l'**Iran** ou le **Venezuela** dans des **contextes différents**. Mais l'ampleur des sanctions visant Rosneft et Lukoil, deux entreprises pesant directement sur l'économie d'une puissance nucléaire en guerre, constitue un cas largement **sans équivalent direct** dans l'histoire récente des **sanctions économiques américaines**.

Cette **absence de précédent** strictement comparable complique l'évaluation par analogie de l'efficacité probable du dispositif, obligeant les analystes à construire des **modèles spécifiques** plutôt que de s'appuyer sur des **cas antérieurs** jugés transposables.

### Une riposte russe limitée aux instruments disponibles

*Un pays sanctionné dispose rarement des mêmes leviers que celui qui sanctionne ; c'est l'une des asymétries fondamentales de la guerre économique moderne.* La Russie a répondu à ces sanctions par des mesures de rétorsion limitées, principalement centrées sur des restrictions internes, comme le montre le **décret sur le plafond des prix** prolongé jusqu'en 2027, plutôt que par des mesures offensives directes contre les intérêts économiques occidentaux.

Cette **asymétrie de riposte**, documentée par l'absence de **mesures de rétorsion** pétrolière russe de même ampleur, illustre la **position structurellement défensive** dans laquelle se trouve désormais l'économie russe face à un **dispositif occidental coordonné** et progressivement renforcé.

## Les répercussions sur le marché mondial du pétrole

### Une absence de choc majeur sur les prix mondiaux

Malgré l'ampleur de ces sanctions, aucun choc majeur et durable sur les **prix mondiaux du pétrole** n'a été documenté dans les mois suivant leur entrée en vigueur, ce qui suggère que les **marchés** ont, au moins partiellement, **anticipé** et **absorbé** cette décision sans **perturbation généralisée** de l'approvisionnement mondial en **hydrocarbures**.

Cette absence de choc, si elle constitue un succès pour l'objectif déclaré de préserver la **stabilité des marchés énergétiques mondiaux**, ne dit rien en soi de l'**efficacité réelle** des sanctions pour réduire les **revenus russes**, ces deux objectifs étant, par construction, relativement indépendants l'un de l'autre.

### Un réajustement discret des flux commerciaux mondiaux

*Le pétrole ne disparaît pas quand on le sanctionne ; il change simplement de route, souvent vers des acheteurs moins regardants et des prix moins avantageux pour le vendeur sanctionné.* Ce réajustement des flux commerciaux, documenté par plusieurs analyses de marché, explique en partie pourquoi la Russie parvient à maintenir un **volume d'exportation significatif** malgré les sanctions, tout en subissant une pression sur ses marges bénéficiaires.

Cette capacité de réorientation commerciale, bien réelle, ne doit toutefois pas être confondue avec une immunité totale face aux sanctions : chaque réorientation vers des marchés alternatifs implique généralement des rabais significatifs sur le prix de vente, ce qui contribue directement à la **réduction des revenus** documentée par le Trésor américain.

## Le rôle de la flotte fantôme dans la contournement des sanctions

### Un réseau de navires qui échappe partiellement au contrôle occidental

La **flotte fantôme** de pétroliers, composée de navires souvent âgés et immatriculés dans des juridictions peu regardantes, constitue l'un des **principaux instruments** permettant à la Russie de **contourner partiellement** les effets combinés du plafonnement des prix et des sanctions ciblées sur Rosneft et Lukoil.

*Une flotte de navires vieillissants, sans assurance conforme, transportant du pétrole sanctionné vers des acheteurs discrets, n'est pas seulement un problème économique ; c'est aussi un risque environnemental majeur que personne, à ce stade, ne semble en mesure de contrôler efficacement.*

### Une riposte militaire ukrainienne directement ciblée sur cette flotte

Face à ce contournement documenté, les forces ukrainiennes ont revendiqué des frappes directes sur des navires appartenant à cette flotte fantôme, une stratégie qui vise à compléter par des **moyens militaires** ce que les **instruments réglementaires occidentaux** ne parviennent pas entièrement à empêcher par la seule voie diplomatique et financière.

Cette convergence entre pression réglementaire et action militaire directe illustre la nature désormais multiforme de la **guerre économique** menée contre les capacités pétrolières russes, où chaque instrument, qu'il soit **juridique**, **financier** ou **militaire**, vient compléter les limites des autres.

## Les conséquences pour les employés et sous-traitants du secteur

### Une onde de choc qui dépasse les seuls sièges sociaux

Les sanctions visant **Rosneft** et **Lukoil** ne se limitent pas à affecter les sièges sociaux de ces entreprises. Elles se répercutent, par ricochet, sur l'ensemble de leur chaîne de **sous-traitance**, des **sociétés de forage** aux **prestataires logistiques**, qui doivent également composer avec un environnement réglementaire soudainement plus risqué pour leurs partenaires internationaux.

Cette onde de choc indirecte, rarement quantifiée précisément dans les rapports officiels, constitue néanmoins un facteur supplémentaire de **fragilisation** pour l'ensemble de l'écosystème industriel lié à ces deux groupes pétroliers, bien au-delà des seuls effets directs mesurés sur les revenus consolidés.

### Des partenaires étrangers contraints à des choix difficiles

*Chaque fournisseur étranger de Rosneft ou de Lukoil doit désormais choisir entre maintenir une relation commerciale devenue risquée ou perdre un client de long terme ; ce dilemme, multiplié par des centaines de contrats, dessine une partie invisible de l'impact réel des sanctions.* Plusieurs **entreprises technologiques occidentales** ont déjà annoncé, avant même ces sanctions, un **retrait progressif** du marché russe pour des raisons de conformité réglementaire.

## Les zones d'incertitude que l'enquête ne peut pas résoudre

### Des chiffres précis qui restent hors de portée publique

Il serait excessif de prétendre que cette enquête peut établir un chiffre précis et incontestable de la **réduction exacte** des revenus pétroliers russes attribuable spécifiquement aux sanctions sur Rosneft et Lukoil, par opposition aux effets du plafonnement des prix ou des **frappes sur les infrastructures de raffinage** documentées par ailleurs.

*Prétendre isoler avec certitude la part exacte de chaque sanction dans un effet économique global relèverait de la prétention plutôt que du journalisme rigoureux ; mieux vaut reconnaître cette limite que de la masquer par un chiffre inventé.*

### Une transparence limitée par la nature même du dossier

Cette limite méthodologique ne remet pas en cause la réalité de l'effet documenté par le Trésor américain lui-même ; elle invite simplement à la prudence dans toute tentative de décomposition précise des causes, un exercice que ni Moscou ni Washington ne semblent prêts à faciliter par une **transparence statistique complète**.

## Ce que cette enquête révèle sur la stratégie américaine actuelle

### Une administration qui privilégie les gestes à fort impact symbolique

Cette enquête révèle une administration américaine qui privilégie des gestes à **fort impact symbolique et financier** plutôt qu'une accumulation de mesures dispersées de moindre portée, une stratégie qui tranche avec certaines **approches antérieures** plus prudentes observées sur ce dossier depuis 2022.

*Sanctionner les deux plus grandes compagnies pétrolières d'un pays en une seule décision, c'est parier que l'effet de choc vaut mieux que l'accumulation prudente ; un pari dont les résultats, à ce stade, semblent au moins partiellement validés par les chiffres du Trésor lui-même.*

### Une méthode qui pourrait inspirer de futures décisions

Si cette approche de **pression maximale ciblée** continue de produire des résultats mesurables, elle pourrait inspirer de futures décisions similaires contre d'autres **secteurs stratégiques** de l'économie russe, au-delà du seul secteur pétrolier déjà largement visé par le dispositif actuel de sanctions occidentales.

Cette perspective, bien qu'hypothétique à ce stade, mérite d'être suivie avec attention par tous ceux qui analysent l'évolution de la **stratégie économique occidentale** face à la guerre en Ukraine, dans un contexte où chaque nouvelle **décision réglementaire** peut modifier substantiellement l'**équilibre financier du conflit**.

## La comparaison avec les sanctions européennes sur le même secteur

### Une coordination réelle mais jamais totalement synchronisée

Les sanctions américaines contre **Rosneft** et **Lukoil** s'inscrivent dans un ensemble plus large de mesures occidentales qui inclut le plafond dynamique européen fixé à **44,10 dollars le baril**. Bien que coordonnées sur le fond, ces deux démarches réglementaires suivent des calendriers distincts, reflétant les **processus décisionnels** propres à chaque juridiction.

*Washington et Bruxelles avancent souvent dans la même direction sur le dossier russe, mais rarement au même rythme ; cette asynchronie, loin d'être un signe de désaccord, reflète simplement la complexité de coordonner deux systèmes politiques distincts face à un adversaire commun.*

### Un effet cumulatif plus fort que la somme de ses parties

C'est précisément cette combinaison de mesures américaines et européennes, appliquées sans synchronisation parfaite mais dans une direction commune, qui produit l'**effet cumulatif** documenté par le Trésor américain sur les revenus pétroliers russes, un effet que ni le dispositif américain ni le dispositif européen n'auraient probablement pu produire isolément avec la même intensité.

## Ce que ce dossier implique pour l'avenir des négociations éventuelles

### Un levier de pression qui pourrait devenir un objet de négociation

Ces sanctions, aussi dures soient-elles dans leur formulation actuelle, ne sont pas nécessairement conçues comme irréversibles. Dans l'histoire récente des **sanctions économiques internationales**, ce type de dispositif a souvent servi de **monnaie d'échange** dans d'éventuelles négociations diplomatiques futures, une possibilité que ni Washington ni Moscou n'ont explicitement évoquée à ce stade.

*Une sanction imposée aujourd'hui n'est jamais totalement figée ; elle reste, pour qui sait attendre, une carte que l'on peut un jour échanger contre une concession sur le terrain.* Cette dimension potentiellement négociable ne diminue en rien la réalité de son effet actuel, documenté par le Trésor américain lui-même.

## Conclusion

La sanction conjointe de **Rosneft** et de **Lukoil**, le 22 octobre 2025, constitue un tournant documenté dans la stratégie américaine de pression économique contre la Russie, avec un effet mesurable confirmé par le Trésor américain lui-même moins d'un mois plus tard. Mais cette efficacité reste partielle, comme le révèle la prolongation du délai de cession des actifs Lukoil jusqu'au 30 mai 2026, symptôme des difficultés pratiques considérables que rencontre l'application de sanctions à cette échelle.

Le budget russe pour 2026, déjà jugé optimiste avant même la pleine mesure de ces effets, illustre la fragilité structurelle croissante d'une économie de guerre soumise à des pressions cumulatives. *Une sanction qui fonctionne ne se mesure pas à sa capacité de tout arrêter d'un coup, mais à sa capacité de rendre chaque mois un peu plus coûteux, un peu plus incertain, un peu plus difficile pour celui qui la subit.*

**Signé Maxime Marquette, chroniqueur**

## Encadré de transparence du chroniqueur

### Positionnement éditorial

Je ne suis pas journaliste, mais **chroniqueur et analyste**. Mon expertise réside dans l'observation et l'analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.

Je ne prétends pas à l'objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. **Je prétends à la lucidité analytique**, à l'interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d'offrir une lecture critique des événements.

### Méthodologie et sources

Ce texte respecte la distinction fondamentale entre **faits vérifiés et analyses interprétatives**. La règle de méthode est constante : une information factuelle n'est publiée que si une source vérifiable la porte, et les sources effectivement utilisées par cet article sont listées sous **Sources**, jamais ici.

**Familles de sources primaires** retenues par la publication, quand le dossier en comporte : communiqués officiels des gouvernements et institutions internationales, déclarations publiques des dirigeants politiques, rapports d'organisations intergouvernementales, dépêches d'agences de presse internationales reconnues.

**Familles de sources secondaires** : publications spécialisées, médias d'information reconnus internationalement, analyses d'institutions de recherche établies, rapports d'organisations sectorielles.

Quand un article cite des données statistiques, économiques ou géopolitiques, elles proviennent d'institutions productrices de données (organisations intergouvernementales, banques centrales, instituts statistiques nationaux), et l'institution exacte est nommée sous **Sources**.

### Nature de l'analyse

Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une **synthèse critique et contextuelle** basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d'experts cités dans les sources consultées.

Mon rôle est d'interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et économiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l'observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs globaux.

Cet article décrit un état documenté à sa date de publication, et non une prédiction : une évolution ultérieure peut en déplacer les perspectives. Aucune mise à jour n'est promise d'avance; lorsqu'un article est corrigé ou complété, la modification est datée dans le texte.

## Sources

### Sources primaires

- [Département du Trésor américain — Sanctions contre Rosneft et Lukoil — 22 octobre 2025](https://home.treasury.gov/news/press-releases/sb0290)

- [Reuters — Effet des sanctions sur les revenus pétroliers — 17 novembre 2025](https://www.reuters.com/business/energy/us-treasury-says-russian-oil-revenues-cut-by-sanctions-rosneft-lukoil-2025-11-17/)

### Sources secondaires

- [The Moscow Times — Impact budgétaire attendu — 28 octobre 2025](https://www.themoscowtimes.com/2025/10/28/what-new-us-sanctions-on-rosneft-and-lukoil-mean-for-russias-oil-trade-a90957)

- [Commission européenne — Mécanisme de plafond dynamique complémentaire — 15 janvier 2026](https://finance.ec.europa.eu/news/new-dynamic-mechanism-lower-price-cap-russian-crude-oil-4410-barrel-2026-01-15_en)

- [Interfax — Décret russe en réponse aux pressions occidentales — 26 juin 2026](https://interfax.com/newsroom/top-stories/118239/)

- [Fox News — Frappes ukrainiennes sur la flotte fantôme liée au contournement des sanctions — 8 juillet 2026](https://www.foxnews.com/world/drone-offensive-hits-russian-oil-tankers-refineries-industrial-scale-moscow-bans-diesel-exports)

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Source : Maxime Marquette, MadMax. Pour citer ce texte, nommer l’auteur et lier https://mad-max.co/fr/article/enquete-rosneft-et-lukoil-sous-sanctions-americaines-la-man-uvre-trump
