# ENQUÊTE : 3,9 milliards d'euros pour les drones ukrainiens — comment l'UE arme l'Ukraine depuis Bruxelles

> Le 30 juin 2026, la Commission européenne a déboursé 3,9 milliards d'euros à l'Ukraine — premier versement de la tranche défense du

- Auteur: Maxime Marquette
- Publication: MadMax (https://mad-max.co)
- Rubrique: Enquête
- Publié: 2026-07-01
- Adresse à citer: https://mad-max.co/fr/article/enquete-3-9-milliards-d-euros-pour-les-drones-ukrainiens-comment-l-ue-arme-l-ukr

## Introduction : le premier versement défense d'un prêt historique de 90 milliards

### Le 30 juin 2026 : la Commission européenne débourse 3,9 milliards pour les drones

Le **30 juin 2026**, la **Commission européenne** a déboursé **3,9 milliards d'euros** à l'**Ukraine** — premier versement de la tranche défense du prêt européen de **90 milliards d'euros**. Ce montant sera exclusivement consacré à l'achat de **drones fabriqués en Ukraine**. Ce n'est pas de l'aide humanitaire. Ce n'est pas du soutien budgétaire général. C'est un financement ciblé, contractualisé et conditionné à des achats précis d'armements fabriqués sur sol ukrainien.

Ce versement s'ajoute aux **3,2 milliards d'euros** reçus le **25 juin 2026**, qui constituaient la première tranche du volet soutien budgétaire du même prêt. En une semaine, l'**Ukraine** a donc reçu **plus de 7 milliards d'euros** de l'**Union européenne**. C'est un flux financier d'une rapidité inhabituelle pour Bruxelles — et une démonstration que l'**UE** peut accélérer quand la nécessité l'exige.

*7 milliards en une semaine. Bruxelles, qu'on accuse souvent d'être lente, bureaucratique, incapable d'agir sous pression — vient de démontrer le contraire. Quand la volonté politique est là, la machinerie européenne peut aller vite. Le problème, c'est qu'il a fallu quatre ans de guerre pour que cette volonté atteigne cette ampleur. Quatre ans trop tard, mais enfin là.*

## Les 90 milliards d'euros : structure et ambition du prêt européen

### 30 milliards en soutien budgétaire, 60 milliards pour la défense

Le prêt européen de **90 milliards d'euros** à l'**Ukraine** est structuré en deux grandes composantes : **30 milliards d'euros** de soutien budgétaire et **60 milliards d'euros** dédiés à l'aide à la défense. Ce dernier montant sera déboursé sur **2026 et 2027**. Pour la seule année **2026**, **28,3 milliards d'euros** de la tranche défense seront versés pour soutenir la **capacité industrielle de défense de l'Ukraine**.

La tranche défense de **2026** comprend une première sous-tranche d'environ **6 milliards d'euros** spécifiquement dédiée à l'achat de drones ukrainiens. Le versement du **30 juin 2026** de **3,9 milliards d'euros** est le premier débours de cette sous-tranche. Des versements complémentaires sont prévus **«dans les jours suivants»**, selon la **Commission européenne**, pour compléter la première tranche drone.

### Les conditions de décaissement : vérification des contrats d'achat

Le versement du **30 juin 2026** a été précédé d'un processus de vérification par la **Commission européenne**, qui s'est assurée que les **contrats d'achat de drones** soumis par l'**Ukraine** à l'appui de sa demande de financement étaient conformes aux conditions convenues. Ce processus de vérification avait d'ailleurs provoqué un léger retard dans le décaissement.

La **présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen**, a commenté le versement en ces termes : **«Aujourd'hui, nous libérons une première tranche de 3,9 milliards d'euros pour des technologies de drones avancées afin de renforcer la défense de l'Ukraine. Et il y en aura d'autres. Ces investissements aideront l'Ukraine à protéger ses citoyens, à défendre sa souveraineté et à renforcer la sécurité de l'Europe. L'Europe se tient fermement aux côtés de l'Ukraine aussi longtemps qu'il le faudra pour parvenir à une paix juste et durable.»**

*"Aussi longtemps qu'il le faudra." Ces quatre mots de Von der Leyen sont les plus importants de sa déclaration. Pas "jusqu'à ce que nous nous fatiguions". Pas "en espérant que ça finisse bientôt". "Aussi longtemps qu'il le faudra." Si l'Europe tient cet engagement, ce versement de 3,9 milliards n'est que le début d'une transformation durable de la capacité de défense ukrainienne.*

## Les drones fabriqués en Ukraine : pourquoi cette condition spécifique

### Un investissement dans l'industrie de défense nationale ukrainienne

La condition que les fonds soient utilisés exclusivement pour l'achat de **drones fabriqués en Ukraine** n'est pas un détail administratif : c'est une décision stratégique fondamentale. Elle vise à renforcer l'industrie de défense nationale ukrainienne plutôt que de financer des achats à l'étranger. L'**Ukraine** a développé depuis **2022** une filière de production de drones remarquable — plusieurs types de drones de reconnaissance, d'attaque et kamikazes fabriqués localement ont prouvé leur valeur opérationnelle sur le champ de bataille.

En finançant l'achat de ces drones via ce prêt, l'**Union européenne** crée une boucle vertueuse : l'argent européen finance la production ukrainienne, qui crée des emplois et des revenus en **Ukraine**, renforce l'industrie locale, et produit des outils militaires directement utilisables sur le front. C'est un modèle d'aide militaire qui soutient simultanément la défense et l'économie du pays bénéficiaire.

### Le contexte : 9 801 drones en une journée, 383 067 détruits depuis 2022

Pour comprendre l'urgence de ce financement, il faut lire le bilan opérationnel du **30 juin 2026** : la Russie a déployé **9 801 drones kamikazes** sur le territoire ukrainien en une seule journée. Le total de drones russes détruits par l'**Ukraine** depuis le **24 février 2022** atteint **383 067 unités**. Ces chiffres décrivent une guerre de drones à une échelle industrielle que personne n'avait anticipée.

Dans ce contexte, le financement de **3,9 milliards d'euros** pour les drones ukrainiens n'est pas un luxe : c'est une nécessité opérationnelle. L'**Ukraine** doit produire en volume suffisant pour maintenir sa capacité de frappe et d'interception face à un adversaire qui envoie des dizaines de milliers de drones par semaine. Sans cette capacité industrielle, la guerre de drones serait perdue par défaut.

*9 801 drones russes en une journée. Et l'Europe débourse 3,9 milliards pour que l'Ukraine puisse en produire et en détruire davantage. C'est la guerre industrielle du XXIe siècle, financée par des lignes budgétaires européennes. Quelqu'un doit bien le faire. Et l'Europe a décidé que c'est elle. Enfin.*

## L'enquête sur les conditions de vérification : pourquoi le retard

### Des contrôles de conformité qui ont retardé le versement

La **Commission européenne** a indiqué dans sa déclaration du **30 juin 2026** que le versement avait été retardé parce que la Commission **«vérifiait encore les contrats d'achat de drones soumis à l'appui de la demande de financement»**. Ces vérifications visent à s'assurer que l'aide financière est utilisée pour des acquisitions **«convenues avec la Commission et les États membres»**. C'est une forme de conditionnalité qui distingue ce prêt d'une aide en blanc.

Cette conditionnalité soulève une tension naturelle : l'**Ukraine** est en guerre et a besoin de fonds rapidement, tandis que la **Commission** a des obligations de bonne gestion financière envers les contribuables européens. Le fait que le versement ait finalement eu lieu le **30 juin 2026**, après ces vérifications, suggère que les contrôles ont été effectués avec succès. Des **«paiements complémentaires seront effectués dans les prochains jours»** jusqu'à ce que la première tranche drone soit entièrement couverte.

### La gouvernance de l'aide : un modèle qui évolue

Le prêt de **90 milliards d'euros** représente une évolution significative dans la gouvernance de l'aide européenne à l'**Ukraine**. Les premières aides de **2022** étaient largement sous forme de dons budgétaires avec peu de conditionnalité. Les mécanismes actuels — prêts remboursables, vérification des contrats d'utilisation, liaison avec la **capacité industrielle de défense** — reflètent une maturité croissante dans la conception de l'aide qui vise à maximiser son impact stratégique tout en maintenant une traçabilité financière.

Cette évolution est positive sur le fond : elle lie l'aide européenne au renforcement de la capacité économique et industrielle ukrainienne, plutôt que de la traiter comme un simple transfert budgétaire. Elle pose cependant des défis de vitesse qui, dans un contexte de guerre active, peuvent avoir des conséquences opérationnelles si les vérifications prennent trop de temps.

*Des vérifications de contrats qui retardent le versement. Je comprends la nécessité — les contribuables européens ont le droit de savoir où va leur argent. Mais je pense aussi aux soldats ukrainiens qui attendent des drones pendant que Bruxelles vérifie des formulaires. La bureaucratie et l'urgence ne font pas bon ménage. Il faut des processus qui tiennent compte des deux.*

## Les 3,2 milliards du 25 juin : le soutien budgétaire en parallèle

### Deux versements en une semaine pour deux objectifs complémentaires

Le versement défense du **30 juin 2026** n'est pas isolé : il fait suite à un versement de **3,2 milliards d'euros** de la composante soutien budgétaire du même prêt, effectué le **25 juin 2026**. Ces deux versements, pour des montants et des objectifs différents, illustrent la structure complexe du soutien européen à l'**Ukraine** : une aide multidimensionnelle qui couvre à la fois le fonctionnement de l'État (soutien budgétaire) et la capacité militaire (tranche défense).

Le soutien budgétaire est crucial pour un pays dont une part significative de l'économie productive a été détruite ou perturbée par la guerre. Les **3,2 milliards d'euros** du **25 juin** permettent à l'**Ukraine** de payer ses fonctionnaires, ses enseignants, ses médecins, ses retraités — le tissu social minimum sans lequel un État ne peut pas fonctionner et sans lequel la résistance militaire n'a pas de base sociale.

### Le prêt de 90 milliards dans le contexte de l'aide internationale totale

Le prêt européen de **90 milliards d'euros** s'inscrit dans un écosystème d'aide internationale à l'**Ukraine** qui comprend également l'aide américaine, les contributions des pays membres de l'**OTAN** bilatéralement et les instruments du **G7**. La décision du **G7** d'utiliser les intérêts sur les avoirs russes gelés pour financer l'aide à l'**Ukraine** s'ajoute à ces flux. L'ensemble forme un soutien financier massif dont l'**Ukraine** ne peut pas se passer sans que son économie de guerre s'effondre.

Dans ce contexte, le versement du **30 juin 2026** n'est pas seulement une transaction financière : il est un signal politique. Il dit à Moscou que l'**Occident** n'est pas fatigué. Il dit à **Kyiv** que les fonds continueront d'arriver. Et il dit à l'opinion publique européenne que l'investissement dans la sécurité ukrainienne est aussi un investissement dans la sécurité européenne.

*7 milliards en une semaine. Ce chiffre mérite d'être replacé dans sa perspective : c'est un peu moins que ce que les États membres de l'UE dépensent collectivement en quelques heures de leur budget de défense total. Soutenir l'Ukraine n'est pas une charge insupportable pour l'Europe — c'est un investissement modeste dans une sécurité qui vaut infiniment plus.*

## L'impact sur l'industrie ukrainienne : une filière drone en pleine expansion

### De l'artisanat de guerre à l'industrie de défense nationale

En **2022**, la production de drones ukrainiens était largement artisanale — des centaines de petites entreprises et d'ateliers produisant des volumes limités avec des moyens débrouillards. En **2026**, cette filière s'est transformée en une véritable industrie de défense nationale, capable de produire à volume industriel des drones de différentes catégories. Cette transformation a été rendue possible par les investissements de l'État ukrainien, le soutien financier occidental et l'expertise acquise par les opérateurs en conditions de combat réel.

Les **3,9 milliards d'euros** européens, en finançant des contrats d'achat fermes auprès de ces producteurs ukrainiens, leur donnent la visibilité financière nécessaire pour investir dans des capacités de production supplémentaires. Un contrat d'achat public garanti de plusieurs milliards d'euros permet à un fabricant de justifier l'achat de nouvelles machines-outils, le recrutement de techniciens et l'agrandissement de ses installations. C'est l'économie de défense de base — et l'**UE** l'applique maintenant à l'industrie ukrainienne.

### Les types de drones financés : de la frappe à l'interception

Les contrats d'achat de drones que l'**Ukraine** a soumis à la **Commission européenne** pour justifier le versement couvrent une gamme de systèmes dont les détails restent confidentiels pour des raisons opérationnelles évidentes. Mais les besoins ukrainiens documentés incluent : des drones kamikazes longue portée capables de frapper des cibles à **500 km** et au-delà, des drones de frappe de précision pour l'appui feu tactique, des drones de reconnaissance et de ciblage, et des drones anti-drones capables d'intercepter les **Shahed** et autres projectiles russes.

Ces différentes catégories répondent à des besoins opérationnels distincts et complémentaires. Les fonds européens, en finançant l'ensemble de cette gamme via des contrats d'achat coordonnés, permettent à l'industrie ukrainienne de se spécialiser et de monter en puissance sur chaque segment plutôt que de disperser ses efforts limités sur trop de projets simultanément.

*Des contrats d'achat fermes de plusieurs milliards pour des drones fabriqués en Ukraine. C'est la différence entre l'aide qui console et l'aide qui construit. L'Europe ne donne pas de l'argent à l'Ukraine pour qu'elle survive : elle investit dans une industrie de défense qui survivra à la guerre et dont l'Europe elle-même bénéficiera en termes de sécurité et de capacités industrielles. C'est un deal, et c'est un bon deal.*

## Ce que ce versement dit de l'évolution de la politique étrangère européenne

### De la puissance normative à la puissance de défense : un tournant historique

Depuis sa fondation, l'**Union européenne** s'est définie comme une **puissance normative** plutôt que militaire : une entité qui influe sur le monde par ses règles, ses standards, ses accords commerciaux et sa diplomatie. Le versement de **3,9 milliards d'euros** pour des drones de combat ukrainiens marque une rupture significative avec ce positionnement. L'**UE** ne règlement pas un conflit : elle finance activement une armée en guerre. C'est un élément de transformation identitaire majeur pour l'institution.

Cette transformation n'a pas été voulue pour elle-même : elle a été imposée par la réalité de la guerre en **Ukraine**. Mais elle crée un précédent qui influencera la politique extérieure européenne pour des décennies. L'**UE** peut financer des achats d'armements pour un pays tiers. Elle peut le faire rapidement quand la nécessité l'impose. Et elle peut le faire en maintenant des conditions de gouvernance qui préservent sa crédibilité de gestionnaire responsable des fonds européens.

### Les implications pour d'autres conflits potentiels

Le mécanisme mis en place pour soutenir l'**Ukraine** — un prêt massif à conditions concessionnelles, avec des tranches dédiées à la défense et des contrôles de conformité — constitue désormais un modèle que l'**UE** pourrait mobiliser à nouveau si une situation similaire se présentait. Cela ne signifie pas que l'**Europe** cherche à s'impliquer dans d'autres conflits. Cela signifie qu'elle dispose maintenant des outils institutionnels et financiers pour le faire si la situation l'exige.

Pour **Moscou**, **Pékin**, **Téhéran** et **Pyongyang**, ce changement institutionnel européen est un signal : l'**Union européenne** n'est plus seulement un géant économique et normative impuissant militairement. Elle devient une puissance de soutien à la défense capable d'agir à grande échelle quand ses intérêts fondamentaux sont en jeu. Ce changement de perception a une valeur dissuasive en soi.

*L'UE finance des drones de guerre. En d'autres circonstances, cette phrase aurait paru invraisemblable. Aujourd'hui, elle décrit la réalité. Et je pense que c'est une évolution nécessaire, même si elle s'accompagne de responsabilités nouvelles que l'Europe n'a pas encore toutes mesurées. Financer la guerre, même juste, change ceux qui financent. Il faut garder les yeux ouverts.*

## Le contexte global : l'aide européenne dans l'écosystème du soutien occidental

### Le G7, l'OTAN et les financements nationaux : l'UE comme pièce d'un puzzle

Le versement européen de **3,9 milliards d'euros** s'inscrit dans un écosystème plus large de soutien occidental à l'**Ukraine**. Les **États-Unis** ont fourni des dizaines de milliards de dollars d'aide militaire depuis **2022**. Le **Royaume-Uni**, l'**Allemagne**, la **France**, le **Canada**, la **Norvège**, la **Pologne** et d'autres contribuent bilatéralement. Le **G7** a décidé d'utiliser les intérêts des avoirs russes gelés pour financer un prêt supplémentaire de **50 milliards de dollars**. L'**UE** est une pièce — très importante, mais une pièce — de cet écosystème.

La coordination entre ces différentes sources de financement reste imparfaite. Il y a des chevauchements, des lacunes, des retards. Mais l'ensemble représente un effort de soutien sans précédent depuis la **Seconde Guerre mondiale** pour maintenir un pays aggressé en capacité de se défendre. Et le versement du **30 juin 2026** est l'une des pièces de cet édifice imparfait mais réel.

### L'incertitude américaine comme variable structurante

L'aide américaine à l'**Ukraine** a connu des turbulences depuis l'arrivée de l'administration **Trump** : périodes de suspension, conditions nouvelles, messages ambigus. Cette incertitude a renforcé la préoccupation européenne d'augmenter sa propre contribution pour compenser les aléas de la politique américaine. Le prêt de **90 milliards d'euros** est en partie une réponse de l'**Europe** à cette incertitude transatlantique : construire une capacité de soutien européenne qui ne dépende pas entièrement de **Washington**.

Dans ce contexte, **Trump** est ce mal nécessaire que l'**Occident** doit gérer : un allié puissant mais imprévisible, dont le soutien ne peut pas être tenu pour acquis. La réponse européenne rationnelle n'est pas de dépendance accrue mais d'autonomie stratégique progressive. Le versement du **30 juin** est un pas dans cette direction.

*Trump comme mal nécessaire pour l'Occident. C'est ma position : ses coups d'éclat diplomatiques, ses suspensions d'aide, ses messages ambigus sur l'Ukraine ont fait plus pour forcer l'Europe à prendre sa défense au sérieux que vingt ans de discours sur l'autonomie stratégique. Parfois, c'est la méthode choc qui produit les résultats que la persuasion raisonnable n'a pas pu obtenir.*

## Conclusion : 3,9 milliards comme signal autant que comme transaction

### Ce que ce versement dit de l'Europe en 2026

Le versement de **3,9 milliards d'euros** le **30 juin 2026** est, sur le fond, une transaction financière régie par un contrat de prêt. Sur la forme, c'est un acte politique qui définit l'**Europe** de **2026**. Une Europe qui a appris, au contact de la guerre en **Ukraine**, que la sécurité a un prix et que ce prix vaut mieux être payé en avance plutôt qu'en retard. Une Europe qui a transformé sa lenteur habituelle en décision nette sous pression. Une Europe qui dit **«aussi longtemps qu'il le faudra»** — et qui commence à le prouver en actes.

Les **28,3 milliards d'euros** prévus pour la seule année **2026** dans la tranche défense représentent un engagement financier sans précédent de l'**UE** dans le soutien militaire à un pays tiers. Ce précédent aura des conséquences durables sur la politique de défense européenne — en normalisant l'idée que l'**UE** peut et doit jouer un rôle direct dans le financement de la défense de pays qui partagent ses valeurs et ses intérêts.

### Ce que l'Ukraine fera de cet argent — et pourquoi ça compte pour nous tous

Les **3,9 milliards d'euros** seront dépensés en drones ukrainiens. Ces drones seront utilisés pour défendre des villes, frapper des infrastructures militaires russes et protéger des civils. Chaque drone produit avec cet argent est une réponse concrète aux **9 801 drones kamikazes** que la **Russie** a déployés le seul **30 juin 2026**. Ce n'est pas de l'idéalisme : c'est de l'arithmétique de survie.

Et pour les citoyens européens qui paient leurs impôts et se demandent parfois à quoi sert l'**Union européenne**, voici une réponse concrète : elle finance la défense de l'**Ukraine**, qui défend le flanc est de l'**Europe**, qui protège la paix sur le continent. Ce prêt de **90 milliards d'euros** — dont **3,9 milliards** déboursés le **30 juin 2026** — est peut-être l'un des meilleurs investissements de sécurité que l'**Europe** ait jamais fait.

*3,9 milliards. 90 milliards au total. Ces chiffres sont abstraits jusqu'à ce qu'on les traduise en drones, en soldats protégés, en villes qui ne brûlent pas. L'Europe ne sauve pas l'Ukraine par charité. Elle protège sa propre sécurité avec l'intelligence de ceux qui comprennent que la guerre coûte toujours moins cher prévenue que combattue. Ce versement, c'est de la géopolitique en euros.*

**Signé Maxime Marquette, chroniqueur**

## Encadré de transparence du chroniqueur

### Positionnement éditorial

Je ne suis pas journaliste, mais **chroniqueur et analyste**. Mon expertise réside dans l'observation et l'analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.

Je ne prétends pas à l'objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. **Je prétends à la lucidité analytique**, à l'interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d'offrir une lecture critique des événements.

### Méthodologie et sources

Ce texte respecte la distinction fondamentale entre **faits vérifiés et analyses interprétatives**. La règle de méthode est constante : une information factuelle n'est publiée que si une source vérifiable la porte, et les sources effectivement utilisées par cet article sont listées sous **Sources**, jamais ici.

**Familles de sources primaires** retenues par la publication, quand le dossier en comporte : communiqués officiels des gouvernements et institutions internationales, déclarations publiques des dirigeants politiques, rapports d'organisations intergouvernementales, dépêches d'agences de presse internationales reconnues.

**Familles de sources secondaires** : publications spécialisées, médias d'information reconnus internationalement, analyses d'institutions de recherche établies, rapports d'organisations sectorielles.

Quand un article cite des données statistiques, économiques ou géopolitiques, elles proviennent d'institutions productrices de données (organisations intergouvernementales, banques centrales, instituts statistiques nationaux), et l'institution exacte est nommée sous **Sources**.

### Nature de l'analyse

Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une **synthèse critique et contextuelle** basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d'experts cités dans les sources consultées.

Mon rôle est d'interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et économiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l'observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs globaux.

Cet article décrit un état documenté à sa date de publication, et non une prédiction : une évolution ultérieure peut en déplacer les perspectives. Aucune mise à jour n'est promise d'avance; lorsqu'un article est corrigé ou complété, la modification est datée dans le texte.

## Sources

### Sources primaires

- [Ukrainska Pravda — L'UE débourse le premier milliard défense de 3,9 Md€ du prêt de 90 Md€ à l'Ukraine — 30 juin 2026](https://www.pravda.com.ua/eng/news/2026/06/30/8041756/)

- [Commission européenne, DG DEFIS — Déclaration officielle sur le versement de 3,9 Md€ pour les drones — 30 juin 2026](https://defence-industry-space.ec.europa.eu/commission-disburses-eur39-billion-drones-under-eur90-billion-ukraine-support-loan-2026-06-30_en)

### Sources secondaires

- [Kyiv Independent — L'UE envoie 3,9 milliards pour les achats de drones ukrainiens — 30 juin 2026](https://kyivindependent.com/eu-sends-3-9-billion-euros-for-ukraine-drone-purchases-under-90-billion-loan/)

- [RBC Ukraine — L'UE envoie à l'Ukraine 3,8 milliards pour la production de drones — 30 juin 2026](https://newsukraine.rbc.ua/news/eu-sends-ukraine-3-8-billion-for-drone-production-1782816445.html)

- [Interfax Ukraine — L'UE verse 3,9 milliards d'euros à l'Ukraine pour l'achat de drones — 30 juin 2026](https://en.interfax.com.ua/news/economic/1179583.html)

- [United24 Media — Bilan quotidien des pertes russes, contexte opérationnel — 1er juillet 2026](https://united24media.com/war-in-ukraine/daily-update-russia-loses-1210-troops-2-tanks-and-71-artillery-systems-in-one-day-20327)

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Source : Maxime Marquette, MadMax. Pour citer ce texte, nommer l’auteur et lier https://mad-max.co/fr/article/enquete-3-9-milliards-d-euros-pour-les-drones-ukrainiens-comment-l-ue-arme-l-ukr
