# ÉDITORIAL : Comment les sanctions ont redessiné le commerce pétrolier russe

> Il y a des sanctions qui font du bruit et d'autres qui, silencieusement, redessinent l'économie d'un pays en guerre. Les mesures imposées par le Trésor américain contre Rosneft et Lukoil le 22 octobre 2025 appartiennent…

- Auteur: Maxime Marquette
- Publication: MadMax (https://mad-max.co)
- Rubrique: Éditorial
- Publié: 2026-07-20
- Adresse à citer: https://mad-max.co/fr/article/editorial-comment-les-sanctions-ont-redessine-le-commerce-petrolier-russe

## Introduction

Il y a des sanctions qui font du bruit et d'autres qui, silencieusement, redessinent l'économie d'un pays en guerre. Les mesures imposées par le **Trésor américain** contre **Rosneft** et **Lukoil** le **22 octobre 2025** appartiennent à la seconde catégorie : peu spectaculaires au moment de leur annonce, elles ont pourtant **mesurablement réduit les revenus pétroliers russes**, selon un rapport du Trésor cité par Reuters le 17 novembre 2025. *Une sanction efficace ne fait jamais de bruit le jour de son annonce ; elle fait du bruit des mois plus tard, quand les chiffres commencent à parler.*

Cet éditorial propose d'analyser la **réception occidentale** de cette reconfiguration du commerce pétrolier russe, en examinant ce que les observateurs économiques et diplomatiques occidentaux en retiennent, un an après l'imposition des **sanctions** initiales et alors que la Russie elle-même se trouve, en **juillet 2026**, contrainte de restreindre ses propres exportations de carburant.

Ce texte assume une lecture favorable à l'efficacité de la **pression économique** occidentale sur l'appareil de **guerre** russe, tout en distinguant rigoureusement ce que les faits documentent de ce qui reste, à ce stade, de l'ordre de l'hypothèse ou de l'interprétation.

## Le choc initial d'octobre 2025

### Deux géants pétroliers visés simultanément

Le **22 octobre 2025**, le **Trésor américain** a imposé des **sanctions** simultanées contre **Rosneft**, entreprise publique, et **Lukoil**, entreprise privée, les deux plus grandes compagnies pétrolières russes. Cette décision, documentée par le communiqué officiel du Département du Trésor, visait explicitement à réduire les **revenus financiers** alimentant l'effort de guerre russe en Ukraine. *Frapper les deux plus grandes compagnies pétrolières d'un pays le même jour n'est jamais un geste symbolique ; c'est un pari calculé sur l'ampleur du choc économique recherché.*

Cette double sanction, ciblant à la fois une entreprise publique et une entreprise privée aux ramifications internationales complexes, a nécessité des approches juridiques distinctes, **Rosneft** étant plus directement contrôlable par l'État russe tandis que **Lukoil** impliquait des négociations prolongées sur la cession de ses actifs étrangers.

### Un rapport officiel qui confirme l'impact un mois plus tard

Moins d'un mois après l'imposition des **sanctions**, un rapport du **Trésor américain** daté du **17 novembre 2025** confirmait déjà que ces mesures avaient **mesurablement réduit les revenus pétroliers russes**, selon **Reuters**. Cette confirmation rapide, provenant directement de la source qui a imposé les **sanctions**, offre un premier indicateur tangible de leur efficacité initiale.

Cette rapidité de l'impact mesuré, documentée officiellement, contraste avec le scepticisme qu'exprimaient certains observateurs au moment de l'annonce des **sanctions**, beaucoup doutant alors de la capacité de mesures ciblées à affecter significativement un secteur aussi vaste que l'industrie pétrolière russe.

## Le budget russe, une projection déjà fragilisée

### Huit virgule neuf billions de roubles en question

Le **budget russe 2026** prévoyait **8,9 billions de roubles** de **revenus pétroliers** et gaziers, une projection directement remise en question par les **sanctions** selon **The Moscow Times**, dès le **28 octobre 2025**, soit six jours seulement après l'annonce des mesures américaines. *Un budget national qui doit être révisé six jours après une sanction étrangère n'est pas un simple contretemps administratif ; c'est l'aveu chiffré d'une vulnérabilité structurelle.*

Cette fragilisation budgétaire rapide illustre la dépendance persistante de l'économie russe aux **revenus pétroliers et gaziers**, une dépendance qui, malgré des années d'efforts affichés de diversification économique par **Moscou**, continue de structurer fondamentalement les équilibres budgétaires du pays.

## La lenteur volontaire du dossier Lukoil

### Trois prolongations, un signal ambigu

Le délai de cession forcée des actifs étrangers de **Lukoil** a été repoussé à trois reprises jusqu'au **30 mai 2026**, selon **Reuters**, un allongement qui, pour certains observateurs occidentaux, pourrait apparaître comme un signe de faiblesse dans l'application des **sanctions**. *Un délai prolongé n'est jamais, en soi, une preuve d'échec ; il peut aussi être la preuve que la complexité juridique d'un dossier dépasse largement la simplicité d'un communiqué de presse.*

Cette lecture nuancée, partagée par plusieurs analystes économiques occidentaux, distingue la **complexité opérationnelle** de la cession d'un portefeuille d'actifs internationaux valorisé à plusieurs milliards de dollars de l'efficacité réelle de la pression exercée sur les revenus courants de l'entreprise sanctionnée.

### Le mécanisme de gel des recettes, la vraie pression

Ce que retiennent la plupart des observateurs occidentaux consultés, c'est que les conditions associées à cette cession prévoient que **Lukoil ne recevrait aucun paiement initial** si ses actifs étaient vendus, les recettes devant rester gelées sur des comptes sous juridiction américaine. Cette clause, plus que le simple calendrier de la cession, constitue la véritable mesure de pression durable exercée sur l'entreprise russe.

Cette distinction entre calendrier et substance de la sanction est souvent négligée dans les analyses rapides, alors qu'elle constitue, selon plusieurs experts en droit des **sanctions** économiques, l'élément le plus déterminant pour évaluer l'efficacité réelle du dispositif imposé à **Lukoil** depuis octobre 2025.

## Le paradoxe de l'été 2026

### Une pénurie intérieure inédite

Signe frappant de l'ampleur des difficultés traversées par l'appareil pétrolier russe, la **Russie a été contrainte d'interdire ses propres exportations de diesel en juillet 2026** face à une **pénurie** intérieure, selon **Reuters**. Ce renversement, un pays exportateur majeur de pétrole devenant incapable d'assurer son propre approvisionnement, constitue l'un des indicateurs les plus visibles de la crise traversée par le secteur. *Voir un des plus grands exportateurs pétroliers du monde interdire ses propres exportations pour nourrir son marché intérieur, c'est le genre de retournement qu'aucune sanction, seule, ne suffit habituellement à provoquer.*

Il convient toutefois de noter, avec la rigueur que ce dossier exige, que cette **pénurie** de **juillet 2026** résulte principalement des **frappes de drones ukrainiens** répétées sur les **raffineries** russes, qui ont désactivé, selon l'État-major ukrainien, plus de **42 % des capacités de raffinage russes**, un facteur distinct mais complémentaire de l'effet des **sanctions** américaines sur les revenus de Rosneft et Lukoil.

### Sanctions et frappes, deux pressions qui se combinent

Cette combinaison de facteurs, **sanctions** financières américaines d'un côté et frappes ukrainiennes sur les infrastructures physiques de raffinage de l'autre, illustre ce que plusieurs observateurs occidentaux qualifient de **pression multidimensionnelle** sur l'appareil énergétique russe, où chaque levier renforce l'effet des autres sans qu'aucun ne puisse, seul, expliquer l'ampleur totale de la crise observée.

Cette lecture combinée, plus rigoureuse qu'une attribution simpliste à un seul facteur, correspond à l'analyse partagée par plusieurs médias occidentaux ayant couvert la crise du carburant russe de l'été 2026, du Financial Times au Guardian en passant par CNN.

## Ce que les données de marché confirment

### Une chute mesurable des exportations

Selon les données de **Kpler** citées par **Reuters**, les chargements de diesel et de gasoil russes sont tombés à seulement **234 000 barils par jour** entre le 1er et le 10 **juillet 2026**, contre **400 000 barils par jour en juin** et une moyenne de **817 000 barils par jour en 2025**. Cette chute documentée par des données commerciales indépendantes confirme, au-delà des seules déclarations officielles, l'ampleur réelle de la contraction du commerce pétrolier russe. *Les déclarations officielles peuvent toujours être nuancées ou minimisées ; les données de trafic maritime, elles, ne mentent pas aussi facilement.*

Cette baisse spectaculaire des volumes exportés, documentée par une source commerciale indépendante des gouvernements impliqués, constitue l'un des indicateurs les plus fiables disponibles pour mesurer l'impact cumulé des **sanctions** et des frappes sur la chaîne d'exportation pétrolière et gazière russe.

### Des prix mondiaux directement affectés

L'interdiction russe d'exporter du diesel a fait grimper les **prix mondiaux du diesel** de près de **11 %** dès son annonce, selon **Reuters**, un effet ressenti jusqu'aux États-Unis et en Europe malgré l'absence d'importation directe de carburant russe par ces marchés depuis l'invasion de l'**Ukraine**. Cette répercussion mondiale confirme l'interconnexion persistante des marchés pétroliers, indépendamment des **sanctions** bilatérales en vigueur.

Cette hausse des prix mondiaux, documentée par plusieurs sources financières spécialisées, illustre un **effet de contagion** qui dépasse largement le cadre strictement russo-américain du dossier des **sanctions**, avec des répercussions économiques ressenties par des consommateurs occidentaux n'ayant aucun lien direct avec le conflit ukrainien.

## La lecture des think tanks occidentaux

### Chatham House, une pression significative mais non décisive

Le think tank britannique **Chatham House** souligne, dans ses analyses les plus récentes, que les **sanctions** occidentales exercent une **pression significative** sur l'économie pétrolière russe sans pour autant provoquer un effondrement total, une nuance qui reflète le consensus prudent partagé par la majorité des instituts de recherche occidentaux spécialisés dans les questions de **sanctions** économiques. *Entre l'absence d'effet et l'effondrement total, il existe une zone grise bien plus réaliste ; c'est précisément celle que les meilleurs instituts occidentaux choisissent de documenter, plutôt que de céder à la tentation du raccourci spectaculaire.*

Cette lecture prudente, partagée également par le **Kyiv School of Economics** dans son suivi mensuel des flux pétroliers russes, invite à résister aux deux tentations opposées : celle de sous-estimer l'impact réel des **sanctions**, et celle de surestimer leur capacité à provoquer un effondrement rapide et complet de l'économie russe.

### Le consensus sur l'efficacité cumulative

Ce que la majorité des analyses occidentales retiennent, c'est que l'efficacité de ces **sanctions** se mesure moins par un effet immédiat et spectaculaire que par une **érosion cumulative** des revenus et de la flexibilité opérationnelle de l'appareil pétrolier russe, une érosion qui, mise bout à bout avec d'autres facteurs comme les frappes ukrainiennes, finit par produire des effets visibles comme la **pénurie** de carburant de l'été 2026.

Ce consensus sur l'efficacité cumulative, documenté par plusieurs instituts de recherche indépendants, constitue l'un des enseignements les plus solides que les observateurs occidentaux tirent aujourd'hui de plus d'un an d'application des **sanctions** contre **Rosneft** et **Lukoil**.

## Les stratégies de contournement observées

### Des sociétés-écrans pour maintenir les flux

Plusieurs analyses, notamment celles du **Centre for Research on Energy and Clean Air**, documentent l'émergence de **sociétés intermédiaires** nouvellement créées ou rebaptisées destinées à faire transiter les ventes de pétrole russe malgré les **sanctions** visant spécifiquement **Rosneft** et **Lukoil**. Cette adaptation, apparue dès la fin de l'année 2025, confirme une réalité bien connue des spécialistes des **sanctions** économiques ciblées. *Sanctionner deux entreprises précises, même les plus grandes d'un pays, laisse toujours à l'adversaire une marge de manœuvre pour réorganiser ses circuits commerciaux.*

Cette capacité d'adaptation, documentée par la fluctuation de la part de marché des producteurs sanctionnés, tombée à seulement **5 à 11 % entre janvier et mars 2026** avant de remonter à **38 % en avril** selon la **Kyiv School of Economics**, illustre que les **sanctions** produisent des effets réels mais jamais totalement hermétiques.

### Les importateurs asiatiques, une soupape persistante

Une part significative du pétrole russe continue de trouver des débouchés vers des marchés asiatiques non alignés sur les **sanctions** occidentales, une réalité documentée par plusieurs rapports commerciaux indépendants et qui limite l'ampleur totale de l'effet des **sanctions** sur les volumes globaux d'exportation pétrolière russe.

Cette soupape persistante, bien connue des architectes occidentaux des **sanctions**, explique pourquoi l'objectif affiché n'a jamais été d'éliminer totalement les **revenus pétroliers** russes, mais plutôt de les **réduire suffisamment** pour affecter la capacité de financement de l'effort de **guerre** russe en **Ukraine**.

## Ce que Washington retient de cette expérience

### Un modèle pour de futures sanctions ciblées

Le dossier **Rosneft**-**Lukoil**, avec ses effets mesurables mais graduels, sert déjà, selon plusieurs analystes de la politique de **sanctions** américaine, de **modèle méthodologique** pour de futures mesures ciblées contre d'autres entités économiques russes ou d'autres secteurs jugés stratégiques par **Washington**. *Chaque sanction imposée devient, qu'on le veuille ou non, un laboratoire dont les leçons alimenteront la sanction suivante.*

Cette dimension d'apprentissage institutionnel, documentée implicitement par la sophistication croissante des mécanismes de licences temporaires et de gel de recettes observés dans le dossier **Lukoil**, dépasse largement le seul cas russe pour influencer la doctrine américaine de **sanctions** économiques ciblées à plus long terme.

### Les limites reconnues par les décideurs eux-mêmes

Des responsables du **Trésor américain** ont eux-mêmes reconnu, selon plusieurs rapports de presse consultés, que l'objectif des prolongations successives du dossier **Lukoil** visait à **faciliter la poursuite des négociations** plutôt qu'à précipiter une résolution rapide, une reconnaissance officielle qui confirme que la lenteur du dossier n'est pas nécessairement perçue à **Washington** comme un échec de la politique de **sanctions**.

Cette reconnaissance officielle, rare dans la communication gouvernementale américaine sur les dossiers de **sanctions** économiques, offre un éclairage précieux sur la manière dont l'administration elle-même évalue le succès ou l'échec de sa propre politique de pression sur l'économie russe.

## La dimension diplomatique sous-jacente

### Un levier explicitement lié aux négociations de paix

Selon plusieurs rapports relayant des propos de responsables américains, l'objectif des **sanctions** et de leurs prolongations successives est explicitement lié à la volonté de **priver la Russie des revenus nécessaires** à la poursuite de son effort de **guerre**, dans le cadre plus large des efforts de paix promus par l'administration américaine concernant le conflit ukrainien. *Une sanction pétrolière n'est jamais seulement une affaire de barils et de dollars ; c'est presque toujours, en creux, une carte jouée dans une partie diplomatique bien plus vaste.*

Cette articulation explicite entre **pression économique** et objectifs diplomatiques confirme que le dossier des **sanctions** contre **Rosneft** et **Lukoil** ne peut être évalué isolément, mais doit être compris comme une composante d'une **stratégie de négociation globale** vis-à-vis de **Moscou**, dont l'issue reste, à ce stade, incertaine.

## Les critiques occidentales sur la lenteur du dispositif

### Une minorité qui réclame plus de fermeté

Certains analystes occidentaux, notamment au sein du **Congrès américain**, ont exprimé des réserves sur la lenteur perçue du dossier **Lukoil**, plaidant pour une **application plus stricte et rapide** des **sanctions**, sans les prolongations successives observées depuis octobre 2025. Ces voix, minoritaires mais présentes dans le débat public américain, illustrent une tension persistante entre fermeté affichée et flexibilité négociée. *Toute sanction qui dure trop longtemps sans conclusion visible finit par nourrir, chez certains, le doute légitime sur la volonté réelle de la faire appliquer.*

Cette tension, documentée par plusieurs débats parlementaires américains consultés pour cet éditorial, rappelle que la politique de **sanctions**, même largement soutenue, reste soumise à des **pressions politiques internes** qui pourraient, à terme, influencer son évolution future.

## Ce que cette expérience enseigne sur la guerre économique moderne

### Un temps long, rarement compatible avec le temps médiatique

L'ensemble de ce dossier illustre une vérité structurelle de la **guerre** économique moderne : ses effets se mesurent sur un **temps long**, rarement compatible avec le cycle médiatique qui exige des résultats visibles et rapides. Cette tension entre temporalité réelle de l'efficacité économique et attentes médiatiques immédiates explique en partie les lectures contradictoires que suscite ce dossier depuis octobre 2025. *Une **guerre** économique ne se gagne jamais en une conférence de presse ; elle se gagne, si elle se gagne, dans l'accumulation silencieuse de mois de pression documentée.*

Cette leçon, valable au-delà du seul cas russe, mérite d'être retenue par l'ensemble des observateurs occidentaux évaluant l'efficacité de futures **sanctions** économiques ciblées, quel que soit le régime ou l'entité visée par de telles mesures à l'avenir.

## Le rôle des alliés européens dans le dispositif

### Une coordination transatlantique documentée

Les **sanctions** américaines contre **Rosneft** et **Lukoil** n'ont pas été imposées de manière isolée : elles s'inscrivent dans une **coordination transatlantique** plus large, l'**Union européenne** ayant elle-même adopté des paquets de **sanctions** successifs visant le secteur pétrolier russe depuis le début de l'invasion de l'Ukraine. Cette convergence stratégique entre Washington et Bruxelles renforce, selon plusieurs diplomates européens cités par la presse, l'effet cumulatif recherché sur les revenus russes. *Une sanction imposée seule reste un geste national ; une sanction coordonnée avec ses alliés devient une politique.*

Cette coordination, documentée notamment par les **paquets de sanctions européens** visant le plafonnement du prix du pétrole russe, illustre la volonté occidentale de présenter un front uni face à **Moscou**, même si des divergences subsistent parfois sur le rythme et l'ampleur exacte des mesures à adopter entre partenaires transatlantiques.

### Le G7 et le plafonnement des prix

Le **G7** a également resserré ses propres mesures visant le pétrole et le gaz russes, selon plusieurs rapports de presse consultés pour cet éditorial, un resserrement qui s'ajoute directement aux **sanctions** américaines ciblant **Rosneft** et **Lukoil** et qui contribue à l'effet cumulatif observé sur les **revenus pétroliers** russes tout au long de l'année 2026.

Cette convergence des instruments de **pression économique**, du plafonnement des prix par le **G7** aux **sanctions** ciblées américaines, illustre une **architecture de sanctions multicouche** dont l'objectif partagé demeure de réduire la capacité financière de la Russie à poursuivre son effort de **guerre** en **Ukraine**.

## L'incertitude qui demeure sur l'issue finale

### Le dossier Lukoil, toujours en suspens

Malgré les trois prolongations déjà accordées, le dossier de la cession forcée des actifs de **Lukoil** demeure, à la date du **30 mai 2026**, sans résolution définitive connue publiquement, une incertitude qui continue d'alimenter les débats parmi les observateurs occidentaux quant à l'issue réelle de ce dossier emblématique. *Un dossier qui refuse de se refermer n'est jamais confortable à commenter ; c'est pourtant l'honnêteté la plus élémentaire que d'admettre que certaines histoires n'ont pas encore de fin.*

Cette absence persistante de résolution finale rappelle que la **guerre des sanctions** entre **Washington** et **Moscou** reste un processus évolutif, dont les développements futurs pourraient encore modifier substantiellement le bilan que les observateurs occidentaux dressent aujourd'hui de son efficacité.

### Une vigilance de suivi nécessaire

Plusieurs analystes recommandent un **suivi rigoureux** des prochains rapports du **Trésor américain** et des données commerciales de **Kpler** pour évaluer si la tendance à la baisse des exportations pétrolières russes observée en **juillet 2026** se confirme sur la durée, ou si elle ne constitue qu'un pic temporaire lié à l'intensité ponctuelle des frappes ukrainiennes sur les **raffineries**.

Cette exigence de suivi rigoureux, plutôt qu'une conclusion hâtive tirée d'un seul mois de données, correspond à la posture méthodologique que cet éditorial cherche à adopter face à un dossier dont la complexité dépasse largement les résumés simplifiés qui en circulent parfois dans le débat public occidental.

## Conclusion

Un an après leur imposition, les **sanctions** contre **Rosneft** et **Lukoil** ont indéniablement redessiné une partie du commerce pétrolier russe, sans pour autant l'avoir démantelé. Les observateurs occidentaux les plus rigoureux en retiennent une leçon nuancée : la **pression économique** fonctionne, mesurablement, mais lentement, en s'accumulant avec d'autres facteurs comme les frappes ukrainiennes sur les infrastructures de raffinage, plutôt qu'en produisant un effondrement isolé et spectaculaire.

C'est peut-être là la leçon la plus honnête que cet éditorial puisse tirer de ce dossier : la victoire économique contre une pétro-puissance en **guerre** ne ressemble jamais à un coup de grâce, mais à une **lente asphyxie budgétaire**, dont chaque prolongation de délai, chaque rapport du Trésor et chaque **pénurie** de carburant constitue un chapitre supplémentaire, sans qu'aucun ne referme encore le dossier. *Une sanction qui dure ne prouve pas son échec ; elle prouve, le plus souvent, que la victime visée résiste plus longtemps que prévu — ce qui n'efface en rien la douleur économique déjà mesurée et documentée.*

**Signé Maxime Marquette, chroniqueur**

## Encadré de transparence du chroniqueur

### Positionnement éditorial

Je ne suis pas journaliste, mais **chroniqueur et analyste**. Mon expertise réside dans l'observation et l'analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.

Je ne prétends pas à l'objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. **Je prétends à la lucidité analytique**, à l'interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d'offrir une lecture critique des événements.

### Méthodologie et sources

Ce texte respecte la distinction fondamentale entre **faits vérifiés et analyses interprétatives**. La règle de méthode est constante : une information factuelle n'est publiée que si une source vérifiable la porte, et les sources effectivement utilisées par cet article sont listées sous **Sources**, jamais ici.

**Familles de sources primaires** retenues par la publication, quand le dossier en comporte : communiqués officiels des gouvernements et institutions internationales, déclarations publiques des dirigeants politiques, rapports d'organisations intergouvernementales, dépêches d'agences de presse internationales reconnues.

**Familles de sources secondaires** : publications spécialisées, médias d'information reconnus internationalement, analyses d'institutions de recherche établies, rapports d'organisations sectorielles.

Quand un article cite des données statistiques, économiques ou géopolitiques, elles proviennent d'institutions productrices de données (organisations intergouvernementales, banques centrales, instituts statistiques nationaux), et l'institution exacte est nommée sous **Sources**.

### Nature de l'analyse

Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une **synthèse critique et contextuelle** basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d'experts cités dans les sources consultées.

Mon rôle est d'interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et économiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l'observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs globaux.

Cet article décrit un état documenté à sa date de publication, et non une prédiction : une évolution ultérieure peut en déplacer les perspectives. Aucune mise à jour n'est promise d'avance; lorsqu'un article est corrigé ou complété, la modification est datée dans le texte.

## Sources

### Sources primaires

- [Reuters — Impact des sanctions sur les revenus russes — 17 novembre 2025](https://www.reuters.com/business/energy/us-treasury-says-russian-oil-revenues-cut-by-sanctions-rosneft-lukoil-2025-11-17/)

- [Département du Trésor américain — Sanctions initiales — 22 octobre 2025](https://home.treasury.gov/news/press-releases/sb0290)

- [Reuters — L'interdiction russe d'exporter du diesel bouleverse le marché mondial — 10 juillet 2026](https://www.reuters.com/business/energy/russias-diesel-export-ban-deepens-global-supply-crunch-2026-07-11/)

### Sources secondaires

- [The Moscow Times — Projections budgétaires russes remises en question — 28 octobre 2025](https://www.themoscowtimes.com/2025/10/28/what-new-us-sanctions-on-rosneft-and-lukoil-mean-for-russias-oil-trade-a90957)

- [Chatham House — Analyse de l'impact économique des sanctions — avril 2026](https://www.chathamhouse.org/2026/04/iran-war-has-been-economic-gift-putin)

- [The Guardian — Les villes russes touchées par la pénurie de carburant — 7 juillet 2026](https://www.theguardian.com/world/2026/jul/07/russia-cities-feel-pinch-amid-worsening-fuel-shortages)

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Source : Maxime Marquette, MadMax. Pour citer ce texte, nommer l’auteur et lier https://mad-max.co/fr/article/editorial-comment-les-sanctions-ont-redessine-le-commerce-petrolier-russe
