# ÉDITORIAL : Alliance FORGE — 54 nations contre l'empire chinois des terres rares

> Vingt à trente ans pour construire une alternative. Douze à dix-huit mois pour décider d'agir. Ce décalage temporal est le cœur du problème stratégique occidental. Nous avons attendu trop longtemps po

- Auteur: Maxime Marquette
- Publication: MadMax (https://mad-max.co)
- Rubrique: Éditorial
- Publié: 2026-07-02
- Adresse à citer: https://mad-max.co/fr/article/editorial-alliance-forge-54-nations-contre-l-empire-chinois-des-terres-rares

## À retenir

- FORGE regroupe 54 nations, est coprésidée par la Corée du Sud et soutenue par l'Union européenne. La Chine contrôle 90 % du raffinage mondial des terres rares et 80 % de celui du tungstène.
- Après les restrictions chinoises à l'exportation, le NdPr a grimpé de 37 % en avril 2026, pour environ 126 dollars le kilogramme.
- FORGE mobilise plus de 30 milliards de dollars. Le Project Vault américain, doté de 12 milliards, vise à constituer une réserve stratégique nationale, et 195 projets représentent 74 milliards de dollars d'investissements.
- Lors du sommet du G7 à Évian, en juin 2026, une plateforme de crise sur les minéraux critiques a été finalisée, avec l'objectif de ramener la dépendance envers les fournisseurs non-G7 sous 60 % d'ici 2030.
- L'auteur rappelle qu'une chaîne alternative prend 20 à 30 ans à bâtir, que le Myanmar reste instable, et que le succès dépendra de la durabilité des engagements.

## Introduction : Le jour où l'Occident a décidé de ne plus dépendre de Beijing

### Février 2026 : le lancement d'une contre-offensive économique

En **février 2026**, les **États-Unis** ont lancé le **FORGE** — Forum on Resource Geostrategic Engagement — une coalition de **54 nations** coprésidée par la **Corée du Sud** et soutenue par l'**Union européenne**. L'objectif est aussi ambitieux que le constat qui le précède est brutal : la **Chine contrôle 90 % de la capacité mondiale de raffinage des terres rares** et **80 % du raffinage du tungstène**. Cette dépendance structurelle n'est plus seulement un problème économique — c'est une vulnérabilité stratégique de premier ordre, exploitable à tout moment par Beijing comme arme de coercition économique.

L'histoire récente a fourni les preuves. Quand la Chine a imposé des contrôles à l'exportation sur des éléments critiques comme le **samarium, le dysprosium et le lutécium**, les prix ont bondi jusqu'à **600 % en dehors de la Chine**. Le **NdPr** (néodyme-praséodyme), composant essentiel des aimants permanents pour moteurs électriques et systèmes de défense, a grimpé de **37 % en avril 2026** pour atteindre environ **126 dollars par kilogramme** — soit **2,4 fois les niveaux de janvier**. La dépendance est chiffrée, documentée, et désormais intenable.

### Plus de 30 milliards de dollars : le prix de la liberté minérale

Pour briser cette dépendance, **FORGE** mobilise **plus de 30 milliards** de dollars de financement conjoint américano-européen. En juin **2026**, lors du **sommet du G7 à Évian**, l'initiative a été officialisée à l'échelle du G7 avec la finalisation d'une **plateforme de crise sur les minéraux critiques**. L'objectif du G7 est précis : **réduire la dépendance envers tout fournisseur non-G7 à moins de 60 % d'ici 2030** pour les terres rares et les aimants permanents, avec un objectif à long terme de **50 %**.

Ces chiffres ne tombent pas du ciel. Ils répondent à une réalité où **plus de 80 % des entreprises européennes** dépendent encore des chaînes d'approvisionnement chinoises pour les terres rares. Construire une chaîne d'approvisionnement alternative indépendante prend entre **20 et 30 ans** — mais la fenêtre géopolitique pour agir de manière décisive n'est que de **12 à 18 mois** selon les analystes. **FORGE** est la réponse à cette urgence.

## Les terres rares : pourquoi elles sont le nerf de la guerre moderne

### Des éléments invisibles qui pilotent la technologie du XXIe siècle

Le terme **« terres rares »** est trompeur : ces **17 éléments chimiques** ne sont pas particulièrement rares dans la croûte terrestre. Ce qui est rare, c'est leur concentration en gisements exploitables et, surtout, la **capacité de raffinage** pour les traiter. Le néodyme et le praséodyme entrent dans la fabrication des **aimants permanents les plus puissants** existants, présents dans tout moteur électrique moderne — des véhicules électriques aux turbines éoliennes, des missiles guidés aux avions de chasse.

Le **dysprosium** et le **terbium** sont nécessaires pour que ces aimants conservent leurs propriétés à haute température. Sans eux, les aimants NdFeB — utilisés dans les **F-35, les drones militaires, les moteurs de sous-marins** — perdent leur efficacité. La **Chine a imposé des licences d'exportation obligatoires** sur les aimants contenant ces éléments, avec des délais de traitement de **10 à 16 semaines** chez le MOFCOM. Pour une industrie de défense qui planifie à l'année, c'est un goulot d'étranglement potentiellement catastrophique.

### Tungstène, antimoine, gadolinium : l'arsenal des restrictions chinoises

Les terres rares ne sont pas seules dans l'arsenal de coercition économique de Beijing. Le **tungstène** — dont la Chine raffine **80 %** de la production mondiale — est indispensable pour les munitions perforantes, les outils de coupe industriels et les blindages. L'**antimoine**, crucial pour les batteries et les semi-conducteurs militaires, fait également l'objet de contrôles à l'exportation chinois. La cartographie complète des dépendances occidentales envers les ressources critiques chinoises dresse le portrait d'une vulnérabilité systémique soigneusement entretenue par Beijing depuis des décennies.

La stratégie chinoise est cohérente et ancienne. **Deng Xiaoping** avait dit en 1992 : **« Le Moyen-Orient a son pétrole ; la Chine a ses terres rares. »** Trente ans plus tard, Beijing convertit cette prophétie en levier géopolitique concret, au moment précis où la transition énergétique et la révolution des systèmes de défense autonomes rendent ces ressources plus stratégiques que jamais. **FORGE** est la réponse de l'Occident à une stratégie qui n'était pas secrète — mais que l'Occident a mis trois décennies à prendre au sérieux.

## Project Vault et les instruments financiers de l'indépendance

### 12 milliards de dollars pour une réserve stratégique nationale

Au cœur de la stratégie américaine au sein de **FORGE** se trouve le **Project Vault** : un programme de **12 milliards de dollars** financé par la banque publique d'exportation américaine **EXIM Bank** pour constituer une **réserve stratégique nationale de minéraux critiques**. L'objectif est clair : garantir que les industries américaines de défense et d'énergie ne soient jamais prises en otage par une interruption soudaine des exportations chinoises.

Project Vault complète une série d'investissements concrets. Depuis le début de **2026**, **195 projets** dans les secteurs des minéraux critiques et des terres rares ont été annoncés, représentant **64 milliards d'euros (74 milliards** de dollars) d'investissements. Ces projets couvrent toute la chaîne de valeur — de l'extraction au raffinage, de la fabrication d'aimants au recyclage. L'objectif est de reconstruire, en dehors de la Chine, une chaîne d'approvisionnement complète pour les composants les plus critiques de la défense et de la transition énergétique occidentale.

### L'Arabie Saoudite et les nouveaux acteurs stratégiques

L'un des aspects les plus significatifs de **FORGE** est son périmètre géographique. Parmi les **54 nations membres**, la présence de l'**Arabie Saoudite** est particulièrement notable. Le Royaume saoudien dispose de ce que certaines estimations chiffrent à **2,5 trillions de dollars de réserves minérales** inexploitées. Riyadh s'est engagé dans un partenariat avec **MP Materials** et le **Pentagone** pour construire une raffinerie de terres rares — une initiative qui pourrait transformer l'Arabie Saoudite en un acteur majeur de la chaîne d'approvisionnement occidental en minéraux critiques.

Cette expansion vers des pays producteurs du Golfe représente un changement de paradigme : **FORGE** n'est pas seulement une alliance de consommateurs occidentaux cherchant à diversifier leurs fournisseurs. C'est une architecture économique qui repositionne des puissances intermédiaires autour d'un axe de coopération minérale stratégique, en dehors de la sphère d'influence économique chinoise. Le remplacement du **Minerals Security Partnership (MSP)** par **FORGE** marque ce saut qualitatif.

## La Chine face à FORGE : réactions et contre-stratégies

### Le resserrement des contrôles à l'exportation comme réponse

La réaction de Beijing à l'émergence de **FORGE** et aux initiatives occidentales de diversification a été prévisible : **resserrer les contrôles à l'exportation** pour pénaliser les industries occidentales avant qu'elles n'aient eu le temps de développer leurs propres capacités de raffinage. Les licences d'exportation obligatoires pour les aimants contenant du dysprosium et du terbium restent en vigueur tout au long de **2026**. Au Japon, des rapports indiquent **zéro expédition de terbium ou de dysprosium depuis novembre 2025**, et seulement des expéditions infimes d'oxyde d'yttrium depuis décembre.

Cette stratégie de contraction préventive vise à créer une pression économique suffisante pour décourager les investissements dans les alternatives — ou, à défaut, pour extraire des concessions diplomatiques de partenaires industriels occidentaux dépendants. Le **G7** et ses partenaires **FORGE** ont anticipé cette manœuvre : c'est précisément pourquoi le Project Vault, les 195 projets d'investissement et les partenariats avec des raffineurs alternatifs comme l'Australie et le Canada sont mis en place avec une urgence accrue.

### Myanmar : la faille dans la chaîne de diversification

La construction d'une alternative à la Chine se heurte à des réalités géopolitiques complexes. **Le Myanmar**, dont les gisements miniers fournissent **environ la moitié de l'approvisionnement mondial en terres rares lourdes**, reste profondément instable après le coup d'État militaire de 2021. Les zones d'extraction les plus importantes sont contrôlées par l'**Armée de libération nationale Kachin (KIA)** et d'autres groupes armés — ce qui rend tout investissement occidental dans ces zones extrêmement risqué sur le plan politique et sécuritaire.

Cette réalité illustre la complexité de la diversification des terres rares. Il ne suffit pas de trouver des gisements hors de Chine : il faut aussi que ces gisements se trouvent dans des pays politiquement stables, accessibles à l'investissement occidental, et disposant ou pouvant développer des capacités de raffinage. Ces conditions ne sont pas toujours réunies, ce qui explique pourquoi la timeline de **20 à 30 ans pour reconstruire une chaîne indépendante** n'est pas exagérée.

## L'Europe et ses 80 % de dépendance : le chantier de la décennie

### Plus de 80 % des entreprises européennes dépendantes de Beijing

En Europe, la dépendance envers les terres rares chinoises est particulièrement aiguë. **Plus de 80 % des entreprises européennes** impliquées dans des secteurs stratégiques — automobile électrique, éolien, défense, électronique — dépendent directement ou indirectement des chaînes d'approvisionnement chinoises pour les composants à base de terres rares. Cette dépendance n'est pas seulement économique : elle expose l'Europe à des risques de rupture d'approvisionnement qui pourraient paralyser des secteurs industriels entiers.

La Commission européenne a répondu à ce défi avec le **Critical Raw Materials Act**, entré en vigueur en 2024, qui fixe des objectifs de diversification légalement contraignants. Mais les objectifs législatifs et les capacités industrielles réelles ne coïncident pas automatiquement. Construire une raffinerie de terres rares en Europe exige des investissements de milliards d'euros, des années de construction, et la résolution de problèmes environnementaux complexes liés au traitement chimique des terres rares. L'urgence politique est là ; la réalité industrielle prend du temps.

### Des initiatives concrètes en 2026 : une réponse qui s'accélère

Malgré ces obstacles, 2026 voit émerger des projets concrets en dehors de la Chine. En **Australie**, **Iluka Resources** a sécurisé un prêt du gouvernement australien de **1,65 milliard de dollars australiens** pour sa raffinerie d'Eneabba. En **Amérique du Nord**, **Ucore** a produit de l'oxyde NdPr à **99,5 % de pureté** dans son usine de démonstration RapidSX à Kingston. **Energy Fuels** a annoncé l'acquisition de **VAC** pour **1,9 milliard de dollars**, ajoutant plus de **1 000 clients** et **400 brevets** à son portefeuille de minéraux critiques.

Aux États-Unis, la date limite du **1er janvier 2027** pour l'approvisionnement en aimants à base de terres rares pour la défense américaine crée une pression de calendrier qui accélère les investissements. Les entreprises américaines savent qu'elles ont moins de six mois pour sécuriser des sources d'approvisionnement alternatives ou faire face à des violations des règles d'approvisionnement du **Department of Defense**. Cette urgence contractuelle est un catalyseur puissant pour les investissements dans la chaîne alternative.

## FORGE et la guerre en Ukraine : des minéraux critiques au service de la défense

### Les terres rares dans les drones et les systèmes de défense ukrainiens

La connexion entre FORGE et la guerre en Ukraine n'est pas anecdotique. Les **drones ukrainiens** — dont le pays prévoit de produire **5 à 6 millions en 2026** — utilisent des aimants permanents à base de terres rares dans leurs moteurs et systèmes de contrôle. Les **systèmes de défense aérienne HIMARS, ATACMS et Patriot** fournis par les alliés occidentaux intègrent tous des composants à base de terres rares. La chaîne qui va des mines chinoises aux systèmes d'armes ukrainiens est directe — et sa fragilité est une préoccupation opérationnelle réelle.

Si la Chine décidait d'utiliser ses contrôles d'exportation pour interrompre l'approvisionnement en composants critiques destinés à la production de systèmes d'armes, les capacités de défense ukrainiennes pourraient être affectées à moyen terme. Ce scénario n'est pas hypothétique : Beijing a déjà montré sa volonté d'utiliser les terres rares comme levier géopolitique. FORGE vise à créer une résilience de chaîne d'approvisionnement qui protège l'Ukraine et ses alliés contre ce type de pression.

### L'Occident ne peut pas soutenir l'Ukraine avec des systèmes d'armes dépendants de la Chine

La contradiction est éclatante. L'**Occident fournit des armes à l'Ukraine pour contrer l'invasion russe** — une invasion que la Chine soutient diplomatiquement et économiquement, même si elle évite les livraisons directes d'armes. Mais les composants de ces armes occidentales sont en partie fabriqués à partir de terres rares fournies par la Chine. C'est une dépendance structurelle qui, à terme, compromet la cohérence stratégique du soutien occidental à l'Ukraine.

FORGE répond directement à cette contradiction. En développant des chaînes d'approvisionnement alternatives pour les composants critiques, les démocraties occidentales cherchent à déconstruire la capacité de Beijing à s'immiscer indirectement dans les conflits qu'elle ne combat pas ouvertement. C'est une guerre économique parallèle à la guerre militaire — et elle est tout aussi importante pour la sécurité à long terme de l'Ukraine et de l'Occident.

## L'alternative australienne et nord-américaine : les pièces du puzzle

### L'Australie : un gisement, un financement, une réalité industrielle

L'**Australie** est l'un des pivots les plus importants de la stratégie de diversification occidentale. Riche en **terres rares légères et lourdes**, elle dispose de gisements parmi les mieux documentés hors de Chine. En **2026**, le gouvernement australien a octroyé à **Iluka Resources** un prêt de **1,65 milliard de dollars australiens** pour financer la construction de la raffinerie d'**Eneabba** en Australie-Occidentale — un projet qui pourrait produire des oxydes de terres rares séparés pour les marchés de défense et d'énergie propre.

Ce financement gouvernemental direct est significatif : il reconnaît que le marché seul n'est pas capable de financer des infrastructures de raffinage aussi coûteuses dans les délais nécessaires. L'investissement public australien dans **Eneabba** constitue un modèle que d'autres pays — Canada, Brésil, Inde — observent attentivement pour leurs propres stratégies de valorisation des gisements nationaux. La course aux capacités de raffinage hors de **Chine** est engagée.

### Les États-Unis accélèrent sur toute la chaîne de valeur

Aux États-Unis, l'urgence est immédiate. La date limite du **1er janvier 2027** pour l'approvisionnement du **Département de la Défense** en aimants à base de terres rares non chinoises crée une pression contractuelle massive. **USA Rare Earth** a reçu un financement fédéral pouvant atteindre **1,6 milliard de dollars**. **Energy Fuels** a acquis **VAC** pour **1,9 milliard de dollars**, ajoutant à son portefeuille plus de **1 000 clients** industriels et **400 brevets** liés aux terres rares et aimants permanents.

Ces investissements forment un écosystème américain de terres rares qui n'existait pas il y a cinq ans. **Ucore** produit de l'oxyde **NdPr** à une pureté de **99,5 %** dans son usine de démonstration de Kingston, Ontario. Les briques d'une chaîne américaine complète — de la mine à l'aimant fini — s'assemblent. Le chemin reste long, mais la direction est claire et les investissements sont réels.

## L'accord G7 d'Évian : de la parole aux actes

### La plateforme de crise : un outil de coordination sans précédent

Le **sommet du G7 à Évian en juin 2026** a marqué une étape qualitative dans la coordination occidentale sur les terres rares. La **plateforme de crise sur les minéraux critiques**, finalisée lors de ce sommet et opérée par l'**Agence internationale de l'énergie (AIE)**, permet pour la première fois aux membres du G7 de **partager des données en temps réel**, de **surveiller les marchés** ensemble et de **coordonner les réponses en cas de crise d'approvisionnement**. Ce n'est pas une coquille vide — c'est un mécanisme opérationnel.

Les objectifs incluent le **renforcement des stocks stratégiques nationaux**, l'**augmentation des capacités de recyclage** et l'exploration d'**instruments d'achats groupés**. La plateforme a démarré avec le **lithium et le nickel** et s'élargit à **cinq nouveaux minéraux par année**. L'élargissement séquentiel montre que le G7 a tiré les leçons de ses propres insuffisances : mieux vaut avancer méthodiquement que promettre un programme impossible.

### De la déclaration à l'implémentation : les risques de dilution

Chaque sommet international produit des déclarations. Le test de la plateforme G7 sera sa **capacité à se maintenir dans le temps**, à survivre aux changements de gouvernement et aux tentations de reprendre des achats chinois bon marché dès que la pression géopolitique se relâche. L'histoire des initiatives multilatérales sur les ressources stratégiques est jalonnée de plateformes enthousiastes qui se sont vidées de leur substance dès que les prix chinois ont baissé à nouveau.

La différence avec les initiatives précédentes réside dans l'intensité de la **pression systémique** qu'exerce Beijing avec ses contrôles à l'exportation. Un **NdPr à 126 dollars le kilogramme**, des envois de terbium et de dysprosium à zéro au Japon depuis novembre, une deadline défense américaine en janvier 2027 — autant de réalités qui rendent le retour à la dépendance chinoise de plus en plus coûteux. **FORGE** et la plateforme G7 sont soutenues, pour la première fois, par une urgence économique aussi réelle que l'urgence stratégique.

## Conclusion : FORGE est un début, pas une victoire

### L'ampleur du défi ne permet pas la complaisance

FORGE est la réponse la plus ambitieuse que l'Occident ait jamais apportée au défi de la dépendance minérale envers la Chine. **54 nations, 30 milliards de dollars, 195 projets, une plateforme G7** — les chiffres sont impressionnants. Mais ils doivent être mesurés à l'aune du défi : **90 % de capacité de raffinage mondiale** concentrée en Chine, une timeline de reconstruction de 20 à 30 ans, des gisements alternatifs souvent situés dans des pays instables, et une Chine qui serre les robinets précisément au moment où les alternatives commencent à émerger.

FORGE est un début. Un début nécessaire, courageux, et longtemps attendu. Mais personne ne devrait se réveiller en 2027 en pensant que le problème est résolu. L'objectif du G7 d'atteindre moins de **60 % de dépendance envers un seul fournisseur non-G7 d'ici 2030** est réaliste uniquement si les investissements annoncés se concrétisent, si les permis environnementaux ne bloquent pas les projets, et si la Chine ne réussit pas à saper les coalitions alternatives avant qu'elles atteignent une masse critique.

### Ce que FORGE signifie pour la sécurité collective

Au-delà de l'économie, FORGE représente un choix politique fondamental : l'Occident décide de traiter la dépendance minérale envers la Chine comme une question de **sécurité nationale et collective**, pas seulement de compétitivité économique. Ce changement de cadrage est important. Il permet de justifier des investissements publics massifs, des partenariats avec des pays comme l'Arabie Saoudite qui n'entrent pas dans les catégories habituelles d'alliés, et une coordination industrielle que le marché seul n'aurait pas produite.

Pour l'Ukraine, pour Taiwan, pour tout pays qui dépend de la capacité de défense occidentale, FORGE est une nouvelle couche de résilience dans un système de sécurité qui en a désespérément besoin. **La Chine n'est pas seulement une menace militaire abstraite** — c'est une puissance qui contrôle les matières premières de nos armées. L'affronter avec sérieux exige exactement ce que FORGE tente de faire : substituer à la dépendance une diversification stratégique construite dans la durée, avec les ressources et l'urgence que la situation exige.

**Signé Maxime Marquette, chroniqueur**

## Encadré de transparence du chroniqueur

### Positionnement éditorial

Je ne suis pas journaliste, mais **chroniqueur et analyste**. Mon expertise réside dans l'observation et l'analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.

Je ne prétends pas à l'objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. **Je prétends à la lucidité analytique**, à l'interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d'offrir une lecture critique des événements.

### Méthodologie et sources

Ce texte respecte la distinction fondamentale entre **faits vérifiés et analyses interprétatives**. La règle de méthode est constante : une information factuelle n'est publiée que si une source vérifiable la porte, et les sources effectivement utilisées par cet article sont listées sous **Sources**, jamais ici.

**Familles de sources primaires** retenues par la publication, quand le dossier en comporte : communiqués officiels des gouvernements et institutions internationales, déclarations publiques des dirigeants politiques, rapports d'organisations intergouvernementales, dépêches d'agences de presse internationales reconnues.

**Familles de sources secondaires** : publications spécialisées, médias d'information reconnus internationalement, analyses d'institutions de recherche établies, rapports d'organisations sectorielles.

Quand un article cite des données statistiques, économiques ou géopolitiques, elles proviennent d'institutions productrices de données (organisations intergouvernementales, banques centrales, instituts statistiques nationaux), et l'institution exacte est nommée sous **Sources**.

### Nature de l'analyse

Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une **synthèse critique et contextuelle** basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d'experts cités dans les sources consultées.

Mon rôle est d'interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et économiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l'observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs globaux.

Cet article décrit un état documenté à sa date de publication, et non une prédiction : une évolution ultérieure peut en déplacer les perspectives. Aucune mise à jour n'est promise d'avance; lorsqu'un article est corrigé ou complété, la modification est datée dans le texte.

## Sources

### Sources primaires

- [Informedclearly — FORGE Alliance 2026: West's $30B Push to Break China's Rare Earth Grip — 26 juin 2026](https://informedclearly.com/en/geopolitics/56863/forge-alliance-rare-earth-china-2026)

- [RTI Taiwan — FORGE coalition et terres rares](https://www.rti.org.tw/en/news?uid=3&pid=217206)

- [Rare Earth Exchanges — Weekly Data Points June 22-26 2026 — 30 juin 2026](https://rareearthexchanges.com/news/weekly-rare-earth-data-points-and-reex-structural-market-signal-tracker-june-22-to-26-2026/)

### Sources secondaires

- [Critical Minerals News — China critical minerals coverage](https://critical-minerals-news.com/china-critical-minerals/)

- [S&P Global — Critical rare earth race to accelerate as China tightens grip — juin 2026](https://www.spglobal.com/market-intelligence/en/news-insights/research/2026/06/critical-rare-earth-race-to-accelerate-as-china-tightens-grip)

- [Merkur.de — Terres rares au G7 d'Évian — juin 2026](https://www.merkur.de/wirtschaft/seltene-erden-beim-g7-gipfel-weiterhin-nicht-zu-handeln-waere-noch-viel-gefaehrlicher-zr-94374585.html)

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Source : Maxime Marquette, MadMax. Pour citer ce texte, nommer l’auteur et lier https://mad-max.co/fr/article/editorial-alliance-forge-54-nations-contre-l-empire-chinois-des-terres-rares
