# DÉCRYPTAGE : Ukraine-France et la licence SCALP — ce que les «premières avancées» changent vraiment

> Le 29 juin 2026, le ministre ukrainien de la Défense Mykhailo Fedorov a lâché une déclaration qui mérite d'être décortiquée soigneusement :

- Auteur: Maxime Marquette
- Publication: MadMax (https://mad-max.co)
- Rubrique: Analyse
- Publié: 2026-07-01
- Adresse à citer: https://mad-max.co/fr/article/decryptage-ukraine-france-et-la-licence-scalp-ce-que-les-premieres-avancees-chan

## Introduction : une annonce qui mérite d'être décryptée

### Le 29 juin et la déclaration de Fedorov

Le **29 juin 2026**, le ministre ukrainien de la Défense **Mykhailo Fedorov** a lâché une déclaration qui mérite d'être décortiquée soigneusement : des **«premières avancées»** ont été enregistrées dans les négociations avec la **France** pour l'obtention d'une **licence de fabrication des missiles de croisière SCALP**. Cette phrase, prononcée lors d'un entretien rapporté par **NewsUkraine RBC**, contient plus d'informations entre les lignes que dans les mots eux-mêmes. Décryptons.

Avant ce **29 juin**, la livraison de missiles **Storm Shadow** par le **Royaume-Uni** et de missiles **SCALP** par la **France** avait déjà transformé la capacité de frappe longue portée de l'**Ukraine**. L'étape suivante — une **licence de production** — serait d'un ordre de magnitude différent. Elle ne représenterait plus la livraison d'armes, mais le transfert du savoir-faire pour les fabriquer. Ce serait un changement qualitatif fondamental dans la relation de défense entre **Paris** et **Kyiv**.

*«Premières avancées» — voilà une formulation diplomatique dans toute sa subtilité. Cela peut vouloir dire beaucoup ou presque rien, selon qui parle et dans quel contexte. Fedorov est un ministre qui choisit ses mots avec soin. Qu'il dise «premières avancées» plutôt que «progrès significatifs» ou «accord imminent» en dit long sur l'état réel des discussions. Nous en sommes aux fondations, pas au toit.*

## Le SCALP-EG : pourquoi ce missile est stratégique pour l'Ukraine

### Les caractéristiques techniques du SCALP-EG

Le **SCALP-EG** (Système de Croisière Autonome à Longue Portée - Emploi Général) est un missile de croisière air-sol franco-britannique, développé conjointement par **MBDA**. La version française est le **SCALP-EG**, la version britannique s'appelle **Storm Shadow**. Portée déclarée : plus de **250 km**, selon les sources officielles, avec des estimations allant bien au-delà. Charge explosive : environ **450 kg** de charge pénétrante en tandem (**BROACH** pour le Storm Shadow). Guidage : GPS/INS avec terminal DSMAC (Digital Scene Matching Area Correlator) pour une précision métrique.

Ces caractéristiques font du **SCALP** l'une des munitions de croisière les plus précises et les plus puissantes disponibles. Pour l'**Ukraine**, la capacité de frapper à **250+ km** avec une précision métrique signifie la possibilité d'atteindre des cibles profondément dans les territoires occupés ou en Russie même — dépôts de munitions, infrastructures logistiques, postes de commandement — depuis des positions relativement sécurisées. C'est la définition même d'un avantage stratégique.

### Les SCALP déjà livrés : une capacité opérationnelle réelle

La **France** a livré des missiles **SCALP** à l'**Ukraine** à partir de **2023**. Ces livraisons, initialement confirmées après plusieurs mois de négociations, ont été suivies de livraisons supplémentaires en **2024** et **2025**. L'**Ukraine** a utilisé ces missiles pour des frappes documentées sur des cibles à haute valeur — infrastructures militaires russes, dépôts logistiques, installations de commandement. L'efficacité opérationnelle des **SCALP** ukrainiens est confirmée par des sources ouvertes et des analyses de dommages satellites.

Mais la livraison de missiles existants a ses limites : les stocks français de **SCALP** sont finis. La **France** ne peut pas donner des armes qu'elle n'a pas. C'est exactement pourquoi l'idée d'une **licence de production** est logiquement l'étape suivante : si l'**Ukraine** peut fabriquer ses propres **SCALP**, elle n'est plus dépendante des stocks décroissants des partenaires. Elle peut produire autant qu'elle peut construire.

*La France a livré des SCALP à l'Ukraine en 2023. C'était courageux. Mais livrer des missiles qui vident progressivement vos propres stocks, c'est une aide avec une limite naturelle. Une licence de production, c'est un niveau au-dessus : c'est transférer la capacité, pas juste l'arme. Si Paris franchit ce pas, ça changera la donne bien au-delà du conflit ukrainien actuel.*

## La visite de Zelensky à Paris : le déclencheur des négociations

### Ce qui s'est passé à l'Élysée

Selon les déclarations de **Fedorov** rapportées par **NewsUkraine RBC**, c'est lors de la visite du président **Volodymyr Zelensky** en **France** que la discussion sur la licence **SCALP** a été initiée au plus haut niveau. **Fedorov** a eu une discussion **«très productive»** avec le président **Emmanuel Macron** sur la possibilité d'accorder à l'**Ukraine** une licence de fabrication des missiles **SCALP**. C'est une discussion chef d'État à chef d'État, transposée au niveau technique par les ministres.

Le fait que **Macron** lui-même ait été impliqué dans l'initiation de ces discussions est significatif. Cela signifie que la question a une adhésion politique au plus haut niveau, et non seulement au niveau bureaucratique. Une décision aussi sensible — transférer la propriété intellectuelle d'un missile de croisière de précision — nécessite exactement ce type de soutien politique au sommet pour passer les barrières institutionnelles, juridiques et commerciales qui s'y opposent.

### La formulation prudente de Fedorov

**Fedorov** a été explicitement prudent dans ses déclarations : **«Ce sont les premiers pas. Prudemment, nous continuons à maintenir ces communications pour obtenir des résultats.»** Il a ajouté qu'il est **«encore trop tôt pour annoncer des résultats concrets»**. Cette prudence n'est pas rhétorique — c'est une évaluation réaliste de l'état des discussions.

Les négociations portent sur trois domaines principaux, selon **Fedorov** : les **droits de propriété intellectuelle**, le **lancement de la production**, et les **aspects juridiques et techniques**. Ces trois domaines sont précisément les plus complexes dans tout transfert de technologie de défense. La propriété intellectuelle d'un missile joint franco-britannique est partagée entre deux pays, deux entreprises (**MBDA France** et **MBDA UK**), et potentiellement des fournisseurs tiers de composants. La résolution de cette complexité ne se fait pas en quelques semaines.

*Je vais être honnête : «premières avancées» dans un processus de licence de missile de croisière, ça peut prendre des années à se concrétiser. L'histoire des transferts de technologie militaire est pleine d'accords annoncés qui ont mis cinq ans à se traduire en production réelle. Fedorov sait ça. Macron sait ça. Ce qui compte, c'est que les discussions ont commencé au bon niveau. La suite appartient à la patience et à la volonté politique.*

## Les obstacles à la licence : propriété intellectuelle et géopolitique

### La propriété intellectuelle partagée entre la France et le Royaume-Uni

Le **SCALP-EG / Storm Shadow** est un programme de développement conjoint franco-britannique, géré par l'entreprise commune **MBDA**. Les droits de propriété intellectuelle sont donc partagés entre **Paris** et **Londres**. Toute décision de licencier la production à un tiers — en l'occurrence l'**Ukraine** — nécessite l'accord des deux parties. Le **Royaume-Uni** a suivi de près les décisions françaises sur les **Storm Shadow**/SCALP ; sa position sur une licence de production accordée à l'**Ukraine** est, au moment de la rédaction, non publiquement déclarée.

Selon la source **Fakti.bg** qui rapportait les mêmes négociations, les discussions impliquent **«le gouvernement français et l'entreprise concernée»** — ce qui désigne vraisemblablement **MBDA**. L'entreprise devra donner son accord commercial pour tout transfert de licence, indépendamment des décisions politiques des deux gouvernements. **MBDA** est une entreprise privée avec des actionnaires — **Airbus**, **BAE Systems**, **Leonardo** — dont les intérêts commerciaux doivent être pris en compte dans tout accord de licence.

### Les contraintes ITAR et les composants américains

Le **SCALP** contient presque certainement des composants électroniques soumis aux réglementations **ITAR** (**International Traffic in Arms Regulations**) américaines. Tout composant d'origine américaine dans un système d'armement transféré à un tiers requiert une approbation de re-transfert par l'administration américaine. Cette contrainte est une réalité dans presque tous les transferts de technologie militaire occidentale.

Cela explique pourquoi **Fedorov** a également mentionné des **négociations parallèles avec les États-Unis** sur des licences d'armement. Ces discussions, menées au niveau du **Conseil national de sécurité et de défense de l'Ukraine** (**CNSD**), sont inséparables des négociations françaises. Si les **États-Unis** n'approuvent pas les re-transferts de composants **ITAR** vers l'**Ukraine**, la licence française seule ne suffirait pas à démarrer une production complète.

*L'ITAR est l'arme bureaucratique silencieuse de la politique de défense américaine. Des milliers de systèmes d'armes dans le monde contiennent des composants américains qui créent une dépendance invisible envers Washington. Pour l'Ukraine, obtenir des wavers ITAR sur les composants du SCALP serait aussi important que d'obtenir la licence française. Ces deux négociations sont en réalité une seule et même conversation.*

## Les négociations avec les États-Unis : l'autre face de l'équation

### Des discussions au niveau CNSD — unprecedented et significatif

Les négociations avec les **États-Unis** pour des licences de fabrication d'armes se déroulent au niveau du **Conseil national de sécurité et de défense de l'Ukraine**. **Fedorov** a été catégorique sur le caractère exceptionnel de ces discussions : **«C'est sans précédent qu'il ait été même annoncé, et que de telles conversations aient commencé.»** Il a refusé de donner des détails supplémentaires sur les systèmes d'armes concernés.

Le fait que des conversations sur des licences de production d'armes américaines aient commencé — même sans détails publics sur les systèmes concernés — est en soi une information significative. Avant **2022**, l'idée que les **États-Unis** accordent à l'**Ukraine** des licences de production pour des systèmes d'armes avancés était impensable. L'idée que ces discussions se tiennent au niveau du **CNSD** en **2026** illustre à quel point le statut stratégique de l'**Ukraine** a changé aux yeux de **Washington**.

### Trump et la politique de défense ukrainienne : un contexte compliqué

Le contexte de l'administration **Trump** complique ces discussions. **Donald Trump**, dont la posture vis-à-vis de l'**Ukraine** a oscillé entre soutien pragmatique et rhétorique défavorable, a laissé ses représentants — **Steve Witkoff** et **Jared Kushner**, mentionnés par **Poutine** lui-même — conduire des discussions parallèles avec **Moscou**. Dans ce contexte, l'approbation par **Washington** de licences de production pour l'**Ukraine** est politiquement sensible.

Néanmoins, **Trump** est un homme pragmatique — c'est précisément sa caractéristique définie comme **«mal nécessaire pour l'Occident»** par ceux qui l'observent. S'il calcule que permettre à l'**Ukraine** de produire ses propres armes réduit la pression sur les **États-Unis** pour des livraisons directes coûteuses politiquement, son intérêt pourrait s'aligner avec les besoins ukrainiens. Ce n'est pas de la sentimentalité — c'est du calcul politique.

*Trump n'est pas un ami de l'Ukraine au sens où Zelensky voudrait l'entendre. Mais il n'est pas nécessairement un ennemi non plus. Il est un négociateur qui cherche un deal. Et pour Trump, un deal où l'Ukraine se défend avec ses propres armes fabriquées localement — réduisant le coût politique américain de ce conflit — pourrait être exactement le type de deal qu'il chercherait à conclure. La pragmatique realpolitik a parfois de bonnes surprises.*

## L'industrie ukrainienne de défense : est-elle prête à produire des SCALP

### Les capacités existantes et les lacunes

La question de la capacité ukrainienne à produire des missiles de croisière de la sophistication d'un **SCALP** est complexe. L'**Ukraine** produit déjà des missiles de croisière longue portée domestiques — les drones-missiles **Molniya-1** et autres variantes qui ont frappé des cibles en **Russie** à des centaines de kilomètres. Ces systèmes démontrent une capacité de développement et de production de missiles guidés.

Cependant, les **SCALP** sont d'une sophistication considérablement supérieure : propulsion turboréacteur, guidage de précision métrique **DSMAC**, survivabilité à haute défense aérienne, charge pénétrante en tandem. La production de tels systèmes requiert des chaînes de fabrication de précision, des matériaux spéciaux, et des processus de test sophistiqués que l'**Ukraine** n'a pas encore pleinement développés. Le chemin de la **licence** à la **production opérationnelle** est donc long, mais pas impossible.

### Le précédent MBDA-Armor : un signal d'espoir

Un développement parallèle mérite d'être signalé dans ce contexte : l'entreprise allemande de défense **MBDA** a signé un accord stratégique avec l'ukrainienne **Armor** pour le développement de **systèmes de frappe longue portée**. Ce n'est pas la même chose que la licence **SCALP**, mais c'est une illustration du même mouvement de fond : les industriels de défense occidentaux s'engagent dans des partenariats de co-développement avec les ukrainiens, pas seulement dans des ventes.

Le commissaire européen à la Défense **Andrius Kubilius** a décrit l'industrie de défense ukrainienne comme **«l'une des plus innovantes d'Europe»**. Cette reconnaissance institutionnelle de haut niveau crée un environnement favorable à des accords de licence comme celui discuté avec la **France**. Quand les institutions européennes légitiment la capacité industrielle ukrainienne, les entreprises privées et les gouvernements suivent plus facilement.

*Je ne connais pas suffisamment les détails techniques de la production de missiles de croisière pour dire avec certitude si l'Ukraine peut produire des SCALP dans cinq ans. Ce que je sais, c'est que l'Ukraine a prouvé depuis 2022 qu'elle est capable d'accomplir des choses que tout le monde jugeait impossibles. Je choisis de lui faire confiance sur ce point aussi.*

## Ce que la licence SCALP signifierait pour la guerre

### Un changement qualitatif de la capacité de frappe longue portée

Si la licence de production **SCALP** se concrétise, l'impact sur la capacité de frappe ukrainienne serait transformateur. Actuellement, les stocks de **SCALP** ukrainiens sont finis — ce sont des livraisons d'une quantité limitée par les stocks français disponibles. Une production domestique signifierait la possibilité de frapper à **250+ km** de précision métrique en quantité industrielle, au rythme choisi par l'**Ukraine**.

Dans ce scénario, chaque infrastructure militaire russe dans les territoires occupés, chaque dépôt logistique, chaque poste de commandement dans la profondeur stratégique russe serait à portée. La pression logistique que décrivent les frappes de ponts du **29 juin** s'amplifierait exponentiellement. Et la **Russie**, qui investit massivement dans sa défense aérienne pour intercepter les missiles ukrainiens actuels, devrait faire face à une menace de croisière reconstituée à l'infini.

### Le signal stratégique à Moscou

L'annonce de ces discussions, même précoces, envoie un message à **Moscou**. Si la **Russie** ne parvient pas à un accord de paix négocié, l'**Ukraine** développera progressivement une capacité de frappe longue portée domestique qui rendra toute profondeur stratégique russe obsolète. Ce message est intentionnel — **Fedorov** n'a pas choisi de garder ces négociations secrètes. Il les a annoncées.

La transparence de cette annonce est en soi un outil de pression diplomatique. Elle dit à **Poutine** : l'**Occident** ne limite pas son soutien à l'**Ukraine** aux livraisons d'armes existantes. Il envisage de transférer les capacités de production elle-même. Et cette trajectoire, une fois enclenchée, est difficile à inverser. Le coût de la continuation de la guerre pour la **Russie** augmente à chaque étape de ce type.

*Fedorov est un ministre brillant. Annoncer des «premières avancées» sur la licence SCALP en public n'est pas de l'imprudence — c'est une décision calculée. Ça maintient la pression sur Paris pour ne pas reculer. Ça signale à Moscou que la trajectoire de l'aide occidentale va dans une seule direction. Et ça rassure la population ukrainienne que ses alliés travaillent sur des solutions durables. Une seule phrase, trois publics, trois messages. C'est du Fedorov pur.*

## Le contexte plus large : l'Ukraine comme hub de production de défense

### La vision à long terme de Kyiv

**Fedorov** a replacé les négociations sur la licence **SCALP** dans un contexte plus large : la stratégie ukrainienne de développer son propre **complexe industriel de défense**. Ce n'est pas seulement pour la guerre actuelle. C'est pour l'après-guerre, pour les décennies à venir, pour une **Ukraine** qui veut être un acteur souverain de sa propre défense — pas un client dépendant des livraisons extérieures.

Cette vision est cohérente avec l'ambition d'adhésion à l'**OTAN**. Un membre de l'**OTAN** qui peut produire ses propres missiles de croisière de précision est un membre qui contribue à la base industrielle de défense de l'Alliance, pas seulement un bénéficiaire. L'**Ukraine** veut transformer sa position de **«client de la défense»** en **«partenaire de la défense»**. La licence **SCALP**, si elle se concrétise, serait une étape majeure vers cet objectif.

### Les autres licences en discussion

La licence **SCALP** n'est pas la seule en discussion. **Fedorov** a mentionné des négociations avec les **États-Unis** sur d'autres licences d'armement sans en préciser la nature. Les analyses du secteur de défense suggèrent que d'autres systèmes — potentiellement des systèmes de guidage, des composants de missiles, des technologies de propulsion — sont concernés. La direction générale est claire : l'**Ukraine** veut produire, pas seulement recevoir.

D'autres accords de co-production sont déjà en cours avec des partenaires européens. La **Pologne**, la **Tchéquie**, les **Pays-Bas** et d'autres pays ont des discussions avec des entreprises ukrainiennes. Le **modèle danois** finance cette production domestique. L'accord **Kongsberg-DevDroid** pour les **UGV** en est une illustration. La licence **SCALP**, si elle aboutit, serait le symbole le plus puissant de cette direction — un missile de croisière franco-ukrainien produit à **Kyiv** ou **Lviv**.

*Une Ukraine capable de produire ses propres SCALP serait une Ukraine qui n'a plus besoin de demander la permission à Paris pour frapper telle ou telle cible. La souveraineté militaire complète, c'est ça : non seulement décider quoi frapper, mais avoir la capacité de le frapper sans dépendre de qui que ce soit. C'est vers ça que Zelensky et Fedorov travaillent. Et je pense que c'est la bonne direction, même si c'est longue.*

## L'MBDA et la réalité commerciale d'un transfert de licence

### Les intérêts commerciaux de MBDA

**MBDA**, l'entreprise qui produit les **SCALP**, est une entité commerciale avec des obligations envers ses actionnaires. Un transfert de licence de production vers l'**Ukraine** crée potentiellement un concurrent sur le marché des missiles de croisière de précision. Une **Ukraine** capable de produire des **SCALP** pourrait les vendre sur les marchés d'exportation, en concurrence avec **MBDA** elle-même. Cette tension commerciale est réelle et doit être résolue dans les négociations.

Des solutions existent à cette tension : une licence de production limitée au marché ukrainien et à la défense nationale de l'**Ukraine**, avec des restrictions sur la réexportation. Des redevances de licence reversées à **MBDA** pour chaque unité produite. Des obligations d'approvisionnement pour certains composants clés auprès de **MBDA** ou de ses fournisseurs. Ces mécanismes sont standard dans les accords de licence de défense, et ils permettent de concilier les intérêts commerciaux du détenteur de la technologie avec les besoins souverains du bénéficiaire.

### La précédente de MBDA avec d'autres clients

**MBDA** a déjà accordé des licences de production à des pays tiers pour certains de ses systèmes. Le précédent existe donc. La question est de savoir si l'**Ukraine** remplit les conditions habituelles pour l'obtention de telles licences : fiabilité institutionnelle, garanties de non-prolifération, capacité industrielle suffisante pour produire dans les standards de qualité requis. Sur ces trois critères, l'**Ukraine** fait des progrès mesurables.

La reconnaissance européenne de la qualité de l'industrie de défense ukrainienne par le commissaire **Kubilius** contribue à établir cette crédibilité. Les certifications de systèmes ukrainiens par des partenaires occidentaux, les accords de co-production signés, la qualité démontrée des drones et missiles ukrainiens en combat réel — tout cela constitue un dossier de candidature de facto pour l'obtention de licences de production occidentales.

*MBDA doit peser le court terme — perdre potentiellement des parts de marché si l'Ukraine peut produire des SCALP — contre le long terme : être le partenaire préférentiel d'un pays qui sera après la guerre un importateur massif de défense. Je pense que l'arbitrage commercial penchera vers le long terme. Et j'espère me souvenir de l'avoir écrit quand le contrat sera signé.*

## Les pourparlers de paix et la licence SCALP : une connexion stratégique

### Annoncer une licence pendant les négociations de paix

L'annonce de ces discussions sur la licence **SCALP** intervient dans un moment de doubles négociations — d'un côté, des pourparlers de paix évoqués entre la **Russie**, l'**Ukraine** et les **États-Unis** ; de l'autre, l'**Ukraine** qui développe ses capacités à long terme. Ces deux mouvements ne se contredisent pas — ils sont complémentaires. Une **Ukraine** militairement plus forte à terme est aussi une **Ukraine** mieux positionnée pour négocier depuis une position de force.

**Poutine**, de son côté, a réaffirmé le **29 juin** même que la **Russie** ne changera pas ses positions de négociation. Il exige toujours le retrait ukrainien du **Donetsk** et du **Louhansk**. Face à cette intransigeance, l'**Ukraine** développe ses capacités longue portée. Ce n'est pas contradictoire — c'est rationnel : si les négociations échouent, l'**Ukraine** doit être capable de tenir et de faire payer le prix fort à la **Russie** pour sa persistance.

### La France entre diplomatie et armement

La **France** joue un rôle difficile dans ce dossier : elle est à la fois un acteur diplomatique actif dans la recherche d'une solution négociée — le **G7** de juin à **Évian**, les contacts maintenus avec **Moscou** — et un fournisseur militaire qui envisage de transférer des technologies de pointe à l'**Ukraine**. Ces deux postures ne sont pas incompatibles pour **Paris** : soutenir l'**Ukraine** militairement renforce sa position de négociation, et donc les chances d'un accord de paix viable.

**Macron**, qui a initié la discussion sur la licence **SCALP** avec **Zelensky**, comprend cette double logique. Il sait que la **France** ne peut pas être à la fois le pays qui cherche la paix et celui qui laisse l'**Ukraine** sans capacités suffisantes pour défendre cette paix. La licence **SCALP**, si elle aboutit, serait la concrétisation de cette double politique : soutien diplomatique accompagné de soutien militaire à long terme.

*Macron incarne une vision de la politique étrangère française que je respecte, même quand je ne suis pas toujours d'accord avec ses décisions. Sur l'Ukraine, il a évolué de la prudence initiale de 2022 à un engagement militaire significatif en 2024-2026. La discussion sur la licence SCALP montre que cet engagement continue de progresser. C'est plus que ce que beaucoup de capitales européennes ont fait. Je le note.*

## Le dossier technique : propriété intellectuelle et aspects juridiques

### La négociation sur la propriété intellectuelle

Les droits de propriété intellectuelle d'un missile de croisière comme le **SCALP** incluent des brevets sur la propulsion, les systèmes de guidage, la conception de l'ogive, les logiciels de navigation, les systèmes de contre-mesures électroniques, et des milliers de sous-systèmes. Cartographier cette propriété intellectuelle pour en définir les conditions de transfert est un travail juridique et commercial de plusieurs mois.

La question spécifique du **DSMAC** (Digital Scene Matching Area Correlator) — le système de guidage terminal à très haute précision du **SCALP** — est particulièrement sensible. Cette technologie est l'une des plus précises disponibles dans les missiles de croisière occidentaux. Son transfert à un tiers, même un tiers ami comme l'**Ukraine**, soulève des questions de sécurité sur la diffusion éventuelle de cette technologie vers des adversaires potentiels. C'est un débat réel que les négociateurs doivent adresser.

### Les aspects juridiques : droit international et droit ukrainien

Un accord de licence de production d'armements implique des dispositions complexes en droit international : traités de non-prolifération, accords bilatéraux de défense, clauses de révocation en cas de changement de régime, mécanismes de vérification de l'utilisation finale. L'**Ukraine** n'est pas encore membre de l'**OTAN** ou de l'**UE**, ce qui crée des incertitudes juridiques sur certaines de ces clauses.

Les progrès du côté ukrainien dans l'harmonisation de sa législation avec les standards occidentaux de gestion des armements sont un facteur favorable. L'**Ukraine** a démontré depuis **2022** qu'elle était capable de gérer des systèmes d'armes avancés avec les niveaux de sécurité et de responsabilité requis par les alliés. Cette crédibilité opérationnelle est un prérequis implicite pour tout transfert de licence, et elle est en train d'être constituée.

*Le droit international des transferts d'armements est l'un des domaines les plus obscurs et les plus importants de la politique de défense. Peu de gens en dehors des spécialistes le comprennent vraiment. Ce que je sais, c'est que l'Ukraine a intérêt à investir dans cette expertise juridique autant que dans ses capacités techniques. Les meilleurs armements du monde ne servent à rien si les licences ne peuvent pas être formalisées faute d'expertise juridique.*

## Les autres licences d'armement en discussion : ce qu'on sait et ce qu'on ignore

### Les négociations américaines : le mystère documenté

Les discussions avec les **États-Unis** sur des licences d'armement sont les plus intrigantes — et les moins documentées. **Fedorov** a clairement refusé de donner des détails : **«Nous ne pouvons pas encore divulguer de détails.»** Il a cependant confirmé que ces discussions se déroulent au niveau du **CNSD** et sont **«sans précédent»**.

La spéculation est tentante, mais le fact-checker doit résister. Ce qui peut être dit sans spéculer : les systèmes américains les plus pertinents pour l'**Ukraine** dont la production sous licence serait transformatrice incluent des missiles comme l'**ATACMS** (si la portée maximale pouvait être produite localement), des systèmes de guidage de précision, ou des technologies de défense aérienne. Mais sans confirmation, ces pistes restent de la conjecture.

### Le précédent des F-16 et ce qu'il enseigne

Le dossier des **F-16** livré à l'**Ukraine** offre un précédent instructif. Initialement, l'idée même de livrer des chasseurs de quatrième génération à l'**Ukraine** semblait impossible. Puis elle est devenue possible avec des conditions. Puis des conditions ont été levées. Puis les livraisons ont eu lieu. Le calendrier a pris environ deux ans entre la première discussion sérieuse et les premières livraisons.

Si un schéma similaire s'applique aux licences de production, les discussions du **29 juin 2026** sur la licence **SCALP** pourraient mener à une production ukrainienne réelle d'ici **2028 ou 2029**. Cela ne signifie pas que la guerre durera jusqu'alors — elle peut se terminer plus tôt. Mais même en temps de paix, avoir la capacité de produire des missiles de croisière de précision est stratégiquement essentiel pour l'**Ukraine**.

*Le précédent des F-16 me donne de l'espoir pour la licence SCALP. Deux ans de «impossible» avant que les F-16 s'envolent vers l'Ukraine. La trajectoire sur les missiles de croisière pourrait être similaire. Je retiens la date du 29 juin 2026 comme le début d'un processus dont les résultats, si tout se passe bien, se mesureront en années — et en kilomètres de portée.*

## Conclusion : des «premières avancées» à prendre au sérieux

### Ce que nous savons avec certitude

Les **«premières avancées»** dans les négociations sur la licence **SCALP**, annoncées le **29 juin 2026** par **Mykhailo Fedorov**, représentent une étape réelle dans un processus complexe. Les discussions ont eu lieu au niveau des présidents — **Zelensky** et **Macron** — et se poursuivent avec le gouvernement français et **MBDA**. Les points clés à résoudre sont documentés : propriété intellectuelle, lancement de production, aspects juridiques.

Des négociations parallèles avec les **États-Unis** sont confirmées et décrites comme **«sans précédent»**. Elles sont conduites au niveau du **Conseil national de sécurité et de défense de l'Ukraine**, ce qui confirme leur importance stratégique. La direction générale est claire : l'**Ukraine** veut passer du statut de récipiendaire à celui de producteur d'armements avancés occidentaux.

### Ce que ces négociations disent de l'avenir

Les discussions sur la licence **SCALP** s'inscrivent dans une transformation plus large de la relation de défense entre l'**Ukraine** et l'**Occident**. Cette transformation ne se fait pas en quelques mois — elle s'étale sur des années. Mais la trajectoire est établie, et chaque annonce comme celle du **29 juin** en est une étape vérifiable.

Pour **Poutine**, qui pensait en **2022** que l'**Ukraine** serait à genoux en quelques jours, regarder **Kyiv** négocier des licences de production de missiles de croisière français est probablement l'une des images les plus amères de cette guerre. L'**Ukraine** qu'il a voulu détruire est en train de construire sa souveraineté militaire, pierre par pierre, licence par licence. Cette image, plus que n'importe quelle frappe spectaculaire, résume peut-être le mieux l'échec stratégique fondamental de l'invasion russe.

*Poutine voulait une Ukraine désarmée, soumise, incapable de résister. À la place, il a produit une Ukraine qui négocie la production de missiles de croisière de précision avec la France et les États-Unis. L'ironie serait drôle si elle ne coûtait pas si cher en vies humaines. Mais la direction est juste. Et elle est irréversible.*

## Ce que ce décryptage ne peut pas affirmer

### Les zones d'incertitude assumées

Ce décryptage a ses limites. Je ne connais pas le texte exact des documents échangés entre **Paris**, **MBDA** et **Kyiv** dans ces négociations. Je ne sais pas quels systèmes d'armes américains spécifiques sont concernés par les discussions parallèles. Je ne peux pas prédire si ces négociations aboutiront ou si elles seront bloquées par des obstacles techniques, commerciaux ou politiques imprévus.

Ce que je peux affirmer : les sources sont fiables, les déclarations sont celles d'un ministre de la Défense sur le record public, et le contexte général est cohérent avec d'autres données disponibles. La prudence de **Fedorov** dans ses propres déclarations — **«premiers pas»**, **«trop tôt pour des résultats concrets»** — indique que je ne suis pas en train de sur-interpréter une annonce qu'il lui-même présente comme préliminaire.

### Le suivi nécessaire

Ce dossier mérite un suivi rigoureux dans les mois à venir. Les prochaines étapes à surveiller : une annonce formelle d'accord de principe sur la licence, la publication de détails sur les conditions de production, et toute communication sur les progrès des négociations américaines parallèles. Ces jalons permettront d'évaluer si les **«premières avancées»** du **29 juin 2026** se transforment en résultats concrets — ou si elles restent pour l'instant dans la catégorie des espoirs bien fondés.

Je m'engage à suivre ce dossier avec la même rigueur que ce décryptage. Parce que si la licence **SCALP** aboutit, ce sera l'un des développements les plus importants de la guerre — et il mérite la couverture journalistique sérieuse qu'il n'a peut-être pas encore reçue à sa juste mesure.

*Les journalistes qui couvrent les guerres ont tendance à chasser les gros titres — frappes, pertes, avancements de front. Les négociations de licences de production de missiles, c'est moins spectaculaire. Et pourtant, c'est peut-être là que se joue vraiment l'avenir de l'Ukraine. Je préfère couvrir ce qui compte à long terme plutôt que ce qui fait de bonnes images à court terme.*

## Conclusion : SCALP et la souveraineté militaire ukrainienne

### Un processus irréversible si la volonté politique tient

Les négociations sur la licence de production **SCALP** illustrent une réalité plus large : la guerre en **Ukraine** a déclenché un processus de construction de la souveraineté militaire ukrainienne qui, si la volonté politique des alliés tient, deviendra irréversible. Ce processus ne dépend plus de quelques décisions politiques ponctuelles — il est ancré dans des accords commerciaux, des partenariats industriels, des transferts de technologie progressifs qui créent des faits durables.

**Fedorov** l'a compris, **Macron** l'a compris, et même **Trump** — dans sa logique pragmatique — commence à le comprendre. Une **Ukraine** militairement autonome est une **Ukraine** qui coûte moins aux alliés à long terme. Ce calcul, aussi pragmatique qu'il soit, pousse dans la bonne direction : vers des transferts de technologie, vers des licences de production, vers une **Ukraine** qui défend ses propres frontières avec ses propres armes.

### La phrase de Fedorov du 29 juin 2026 restera

Dans un an, deux ans, peut-être cinq ans, si une ligne de production **SCALP** tourne quelque part en **Ukraine**, on reviendra peut-être à cette déclaration du **29 juin 2026**. Cette phrase sobre de **Fedorov** — **«des premières avancées ont été enregistrées»** — sera la première trace publique d'un processus qui aura transformé la capacité de frappe longue portée de l'**Ukraine**. Les grandes histoires commencent toujours par des premières avancées. Ce qui compte, c'est ce qui vient ensuite.

Et l'**Ukraine**, plus que n'importe qui, sait que ce qui vient après les premières avancées, c'est le travail. Acharné, patient, systématique. Exactement comme elle le fait depuis **le 24 février 2022**.

*Je termine ce décryptage avec le sentiment que les grandes transformations de l'histoire se font dans les détails : un mémorandum signé ici, une première avancée annoncée là, une licence accordée après des mois de négociation. L'Ukraine de 2030 sera définie par ces décisions prises en 2026 dans des réunions que personne ne couvrait en direct. C'est pour ça qu'il faut continuer à décrypter, même quand les titres sont sobres.*

**Signé Maxime Marquette, chroniqueur**

## Encadré de transparence du chroniqueur

### Positionnement éditorial

Je ne suis pas journaliste, mais **chroniqueur et analyste**. Mon expertise réside dans l'observation et l'analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.

Je ne prétends pas à l'objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. **Je prétends à la lucidité analytique**, à l'interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d'offrir une lecture critique des événements.

### Méthodologie et sources

Ce texte respecte la distinction fondamentale entre **faits vérifiés et analyses interprétatives**. La règle de méthode est constante : une information factuelle n'est publiée que si une source vérifiable la porte, et les sources effectivement utilisées par cet article sont listées sous **Sources**, jamais ici.

**Familles de sources primaires** retenues par la publication, quand le dossier en comporte : communiqués officiels des gouvernements et institutions internationales, déclarations publiques des dirigeants politiques, rapports d'organisations intergouvernementales, dépêches d'agences de presse internationales reconnues.

**Familles de sources secondaires** : publications spécialisées, médias d'information reconnus internationalement, analyses d'institutions de recherche établies, rapports d'organisations sectorielles.

Quand un article cite des données statistiques, économiques ou géopolitiques, elles proviennent d'institutions productrices de données (organisations intergouvernementales, banques centrales, instituts statistiques nationaux), et l'institution exacte est nommée sous **Sources**.

### Nature de l'analyse

Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une **synthèse critique et contextuelle** basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d'experts cités dans les sources consultées.

Mon rôle est d'interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et économiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l'observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs globaux.

Cet article décrit un état documenté à sa date de publication, et non une prédiction : une évolution ultérieure peut en déplacer les perspectives. Aucune mise à jour n'est promise d'avance; lorsqu'un article est corrigé ou complété, la modification est datée dans le texte.

## Sources

### Sources primaires

- [Ukraine in talks with France to produce SCALP missiles under license — NewsUkraine RBC, 29 juin 2026](https://newsukraine.rbc.ua/news/ukraine-in-talks-with-france-to-produce-scalp-1782763103.html)

- [Contexte diplomatique ukraino-français — Ukrayinska Pravda, 29 juin 2026](https://www.pravda.com.ua/eng/news/2026/06/29/8041526/)

- [Kiev negotiates with France for production of SCALP missiles — Fakti.bg, 29 juin 2026](https://fakti.bg/en/world/1064399-kiev-negotiates-with-france-for-production-of-scalp-missiles)

### Sources secondaires

- Militarnyi — portail militaire ukrainien, juin 2026

- [Kyiv Independent — actualité ukrainienne, juin-juillet 2026](https://kyivindependent.com/)

- [Norway-Ukraine agreement aims to bring armed robots onto the battlefield — Kyiv Independent, 30 juin 2026](https://kyivindependent.com/norway-ukraine-agreement-aims-to-bring-armed-robots-onto-the-battlefield/)

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Source : Maxime Marquette, MadMax. Pour citer ce texte, nommer l’auteur et lier https://mad-max.co/fr/article/decryptage-ukraine-france-et-la-licence-scalp-ce-que-les-premieres-avancees-chan
