# DÉCRYPTAGE : Qui parle pour l'Europe ? La ligne rouge de Zelensky

> Le 21 juin 2026, dans une interview accordée à TSN, la chaîne d'information ukrainienne, le président Volodymyr Zelensky a prononcé des mots qui ont irrité certains de ses partenaires européens : «Ils [les Européens] décideront du format, et finalement l'Ukraine déterminera qui représente l'Europe dans les négociations. Ils proposeront plusieurs options.» Cette formulation — l'

- Auteur: Maxime Marquette
- Publication: MadMax (https://mad-max.co)
- Rubrique: Analyse
- Publié: 2026-06-28
- Adresse à citer: https://mad-max.co/fr/article/decryptage-qui-parle-pour-l-europe-la-ligne-rouge-de-zelensky

## Introduction : La question qui dérange

### Zelensky pose une exigence inconfortable

Le **21 juin 2026**, dans une interview accordée à **TSN**, la chaîne d'information ukrainienne, le président **Volodymyr Zelensky** a prononcé des mots qui ont irrité certains de ses partenaires européens : «Ils [les Européens] décideront du format, et finalement **l'Ukraine** déterminera qui représente l'Europe dans les négociations. Ils proposeront plusieurs options.» Cette formulation — l'Ukraine a son mot à dire sur son représentant européen à la table des négociations — a été perçue dans certaines capitales comme une forme d'impertinence.

Ce n'est pas de l'impertinence. C'est de la survie. Un pays qui se bat depuis plus de quatre ans pour son existence a le droit, fondamental et inaliénable, d'exiger que ses intérêts soient représentés avec intégrité à toute table de négociation où son sort sera discuté. Si l'**Ukraine** ne peut pas faire confiance au représentant européen désigné unilatéralement, c'est la crédibilité de toute la démarche qui s'effondre. **Zelensky** n'exige pas de contrôler la politique européenne — il exige que quelqu'un qui comprend sa position parle en son nom.

### Le contexte : les négociations de paix s'approchent

Cette discussion sur la représentation européenne n'est pas abstraite — elle anticipe un processus diplomatique de plus en plus probable. En juin 2026, les grandes puissances européennes — **Allemagne**, **France**, **Royaume-Uni** — développent conjointement un plan pour amener **Poutine** à la table des négociations. La **Première ministre italienne Giorgia Meloni** a soutenu l'idée d'un représentant unique de l'UE pour ces discussions. La question n'est plus de savoir si des négociations auront lieu, mais qui, comment et à quelles conditions.

*La question «qui parle pour l'Europe?» est une des plus importantes que le vieux continent ait eu à se poser depuis des décennies. Et le fait que c'est Zelensky — le président d'un pays non membre de l'UE, en état de guerre — qui la pose avec autant de clarté en dit long sur les divisions et les insuffisances de la diplomatie européenne.*

## Les divisions européennes : le défi de la cohérence

### France, Italie et la tentation du pragmatisme

L'**Union européenne** présente une face unifiée en public sur le soutien à **l'Ukraine** — mais en coulisses, les divisions sont réelles et profondes. La **France** et l'**Italie** s'opposaient en juin 2026 à une mesure d'interdiction d'entrée dans l'UE pour les anciens soldats russes ayant combattu en Ukraine, selon **United24 Media**. Cette position — moins hostile à l'égard des anciens combattants russes — reflète une volonté de maintenir des canaux de dialogue avec **Moscou** que d'autres pays, notamment les États baltes et **la Pologne**, jugent prématurée et dangereuse.

Ce clivage entre «pragmatiques» (France, Italie, parfois Allemagne) et «faucons» (Pologne, États baltes) sur la question russe traverse l'UE depuis des années. Il s'est accentué depuis le début de l'invasion à grande échelle. Les «pragmatiques» craignent une escalade incontrôlable et veulent garder ouverts des canaux avec **Moscou**. Les «faucons» estiment que tout dialogue sans prérequis de bonne foi encourage l'agresseur à continuer.

### Le format E3 : une cohérence en construction

Le **7 juin 2026**, lors d'une rencontre à **Londres**, la **Grande-Bretagne**, la **France** et l'**Allemagne** ont produit conjointement cinq conditions pour une paix en Ukraine — la première fois que les trois grandes puissances européennes se mettent d'accord par écrit sur les termes d'une résolution possible du conflit. Ce document de format **E3** («Europe 3») représente une avancée vers la cohérence diplomatique européenne que réclame Zelensky depuis longtemps.

Cependant, ce format informel de trois pays ne représente pas les **27 membres de l'UE**. La **Pologne**, dont le premier ministre **Tusk** est l'une des voix les plus fermes sur la question ukrainienne, n'est pas dans ce format. Les pays baltes non plus. Un représentant unique de l'UE qui émergerait de discussions dominées par le format E3 pourrait ne pas refléter la ligne la plus ferme sur les droits ukrainiens — d'où la préoccupation légitime de Kyiv.

*Le format E3 est un progrès — il est mieux que le néant diplomatique qui précédait. Mais il laisse de côté ceux qui ont le plus à perdre d'une mauvaise paix : la Pologne, les États baltes, l'Ukraine elle-même. Une diplomatie européenne crédible sur l'Ukraine doit inclure les voix les plus proches de la menace.*

## Zelensky et la souveraineté diplomatique

### Le refus du deuxième Minsk

La position de Zelensky sur la représentation européenne s'explique en grande partie par le souvenir des accords de **Minsk**. En 2014-2015, les accords de **Minsk I** et **Minsk II** avaient été négociés principalement par la **France** et l'**Allemagne**, dans le cadre du «Format Normandie», sans que l'Ukraine puisse imposer ses propres termes. Ces accords ont certes gelé une phase du conflit, mais ils ont créé une zone grise dans l'Est de l'Ukraine que la Russie a utilisée pendant sept ans pour maintenir une pression déstabilisatrice sur Kyiv — jusqu'à l'invasion à grande échelle de 2022.

Zelensky a déclaré à plusieurs reprises qu'il n'y aura pas de deuxième Minsk. Sa préoccupation est claire : si l'Europe choisit un représentant perçu comme trop accommodant avec Moscou, les négociations pourraient aboutir à un accord qui ressemble à Minsk — une résolution partielle qui gèle le conflit sans le résoudre, qui laisse la Russie avec des gains territoriaux, et qui ne fournit pas à l'Ukraine les garanties de sécurité nécessaires pour prévenir une nouvelle agression.

### La revendication de l'adhésion à l'OTAN : la vraie garantie

La garantie de sécurité ultime que l'Ukraine recherche est l'adhésion à l'**OTAN**. L'article 5 du traité de l'Atlantique Nord — selon lequel une attaque contre un membre est une attaque contre tous — est la seule garantie crédible qui rendrait une nouvelle agression russe prohibitivement coûteuse. Des accords bilatéraux de garantie sécuritaire, si solides soient-ils, n'ont pas la même crédibilité — l'histoire des accords de sécurité ukrainiens depuis le **Mémorandum de Budapest** de 1994 (qui avait obtenu des garanties de Russie, des États-Unis et du Royaume-Uni en échange du renoncement ukrainien à l'arsenal nucléaire soviétique hérité) le démontre tragiquement.

*Le Mémorandum de Budapest reste l'une des plus grandes tragédies diplomatiques des trente dernières années. L'Ukraine a renoncé à l'arsenal nucléaire le plus important d'Europe en échange de garanties qui se sont révélées sans valeur. Zelensky s'en souvient. Il sait mieux que quiconque ce que valent les garanties de papier sans mécanismes d'application crédibles.*

## L'enjeu de la représentativité : qui est légitime ?

### Le Président du Conseil européen, Rutte et l'OTAN

Plusieurs noms circulent comme représentants possibles de l'Europe dans d'éventuelles négociations. **Mark Rutte**, secrétaire général de l'**OTAN**, représente l'alliance militaire mais pas l'UE. Le **Président du Conseil européen** représente les États membres mais n'a pas de mandat de politique étrangère. Le **Haut représentant de l'UE pour la politique étrangère** a un mandat plus pertinent. La **Première ministre italienne Meloni** a elle-même suggéré la nomination d'un représentant unique — sans préciser lequel, ce qui révèle la difficulté d'obtenir un consensus.

Le président finlandais **Alexander Stubb**, souvent mentionné comme médiateur potentiel, a déclaré publiquement ne pas se voir dans ce rôle. La complexité institutionnelle de l'UE rend la désignation d'un «représentant unique» difficile — un tel poste n'existe pas formellement, et le créer nécessiterait un consensus entre 27 États membres aux positions parfois divergentes.

### La position américaine sous Trump : absente ou présente ?

La question de la représentation européenne est compliquée par l'attitude ambivalente de l'administration **Trump**. Le secrétaire à la Défense **Hegseth** a annoncé une revue de six mois de la présence militaire américaine en Europe. Les **4 000 soldats** américains annulés en Pologne en mai 2026 ont créé de l'incertitude. Et pourtant, **Trump** avait soutenu l'idée d'une rencontre bilatérale Zelensky-Poutine en juin 2026.

La question se pose : si les **États-Unis** se désengagent partiellement, l'Europe doit-elle prendre le relais seule ? Et si oui, avec quelle cohérence ? L'exclusion des représentants américains de certaines discussions — une exigence que la Russie a parfois avancée à Istanbul — est inacceptable pour Kyiv. L'Ukraine sait que sans les États-Unis à la table, l'équilibre des forces penche dangereusement vers Moscou.

*L'ambiguïté américaine sous Trump est peut-être le facteur le plus déstabilisant de cette équation. Pas parce que Trump est «pro-Poutine» dans ses intentions — il est avant tout imprévisible. Et l'imprévisibilité est l'ennemie de la dissuasion et de la diplomatie. L'Europe doit construire sa propre cohérence en partant du principe qu'elle ne peut pas compter sur Washington comme elle le faisait il y a cinq ans.*

## Le débat à l'intérieur de l'Europe : les voix contradictoires

### Sikorski, Tusk, les faucons de l'Est

Le ministre polonais des Affaires étrangères **Radosław Sikorski** et le premier ministre **Donald Tusk** représentent la ligne la plus ferme sur le soutien à l'Ukraine au sein de l'UE. Pour eux, toute négociation doit partir des principes du droit international — intégrité territoriale, retrait russe, garanties de sécurité solides — et ne doit pas être précipitée par un désir occidental de sortir rapidement du conflit. Cette ligne est aussi celle des États baltes, de la République tchèque, de la Roumanie.

Face à eux, des dirigeants comme le président français **Emmanuel Macron** — qui a plusieurs fois évoqué l'importance de ne pas «humilier» la Russie — ou la première ministre italienne **Meloni**, qui maintient des liens économiques avec Moscou, représentent une approche plus nuancée. Cette nuance est légitime dans son principe — toute diplomatie requiert de comprendre la perspective de l'autre partie. Mais elle devient problématique quand elle conduit à des concessions préalables qui affaiblissent la position ukrainienne avant même que les négociations commencent.

### Le risque de la représentation par la faiblesse

Si le représentant européen désigné est perçu par Moscou comme représentant la ligne la plus modérée de l'UE — plutôt que sa ligne la plus ferme —, la Russie aura tout intérêt à exploiter cette modération pour pousser à des concessions. C'est précisément ce que **Zelensky** cherche à éviter. Un représentant qui cède sur les «réalités du terrain» ou sur les garanties de sécurité, même avec de bonnes intentions, serait catastrophique pour les intérêts ukrainiens.

*Le risque de «représentation par la faiblesse» est réel. J'ai vu comment les accords de Minsk ont été négociés par des parties convaincues de faire le mieux possible, et j'ai vu le résultat. La bonne volonté ne suffit pas à la table d'une négociation avec un régime qui considère chaque concession comme une invitation à en demander une autre.*

## La revendication ukrainienne : légitime et pratiquement complexe

### Le droit moral et le défi institutionnel

Moralement, la revendication de Zelensky est indiscutable. Pratiquement, sa mise en œuvre est complexe. Si l'Ukraine a un droit de veto sur le représentant européen, qui peut imposer sa vision si ce représentant est rejeté ? Les **27 membres de l'UE** peuvent difficilement accepter qu'un pays tiers — même un pays ami — ait un droit de regard formel sur leurs processus de représentation institutionnelle.

La solution, semble-t-il, est politique plutôt que juridique. L'UE devrait désigner un représentant qui entretient une relation de confiance avec **Kyiv** — quelqu'un dont les positions publiques démontrent une compréhension profonde des enjeux ukrainiens, et qui a montré qu'il ne sacrifierait pas l'Ukraine sur l'autel d'un accord rapide. Cela exclut de facto les candidats perçus comme trop accommodants avec Moscou. Et cela restreint le champ des candidats plausibles.

### Consultation, coordination, confiance

La vraie réponse à la question «qui parle pour l'Europe?» n'est pas un nom unique — c'est un mécanisme de **consultation continue** entre le représentant européen et **Kyiv**. Que les négociations soient conduites par un représentant E3, par le Haut représentant de l'UE, ou par une personnalité désignée ad hoc, la condition sine qua non est que l'Ukraine soit informée en temps réel, que ses positions soient reflétées fidèlement, et que le représentant ne prenne pas de décisions engageant l'Ukraine sans son accord explicite.

*La confiance est la clé. Pas une confiance naïve — une confiance construite sur des mécanismes formels de consultation et de validation. Zelensky a besoin de savoir que le représentant européen lui parle avant de parler à Poutine, pas après. C'est raisonnable, c'est nécessaire, et c'est tout à fait compatible avec l'autonomie institutionnelle de l'UE.*

## La mémoire de Minsk : pourquoi l'Ukraine dit non au deuxième accord raté

### L'histoire des accords qui n'ont pas fonctionné

Pour comprendre pourquoi **Zelensky** exige un droit de regard sur la représentation européenne, il faut revenir sur l'histoire des **accords de Minsk**. **Minsk I** (septembre 2014) et **Minsk II** (février 2015) ont été négociés dans le cadre dit du **Format Normandie** — **France**, **Allemagne**, **Ukraine** et **Russie**. L'Ukraine était à la table, mais sa position de faiblesse militaire en 2015 l'avait contrainte à accepter des clauses — notamment sur l'autonomie de certaines régions de l'Est — que le Kremlin a interprétées de manière expansive et n'a jamais respectées de bonne foi.

Ces accords ont créé une zone grise dans les oblasts de **Donetsk** et de **Louhansk** que la Russie a utilisée pendant sept ans pour maintenir une pression déstabilisatrice permanente sur Kyiv — livraisons d'armes aux séparatistes, violations du cessez-le-feu quotidiennes, blocage de la mise en œuvre des clauses politiques. Finalement, c'est ce vide de sécurité créé par les accords de Minsk qui a facilité l'invasion à grande échelle de 2022. **Zelensky** a tiré la leçon : un accord négocié sans garanties d'application crédibles, par des médiateurs qui ne partagent pas pleinement les préoccupations de sécurité ukrainiennes, est pire que pas d'accord du tout.

### Le format E3 : progrès mais insuffisance

La déclaration conjointe du format **E3** (Grande-Bretagne, France, Allemagne) du **7 juin 2026** à **Londres** représente un progrès par rapport aux divisions passées. Pour la première fois, les trois grandes puissances européennes se sont accordées par écrit sur **cinq conditions** pour une paix en Ukraine — incluant le retrait russe, la souveraineté ukrainienne et des garanties de sécurité. Mais ce document informel ne lie pas les **27 membres de l'UE**, et certains des plus ardents soutiens de l'Ukraine — **Pologne**, pays baltes — sont absents du format.

Le problème du format E3 est précisément celui que **Zelensky** pointe : il est dominé par des puissances qui ont historiquement cherché à maintenir des canaux avec Moscou — notamment la **France** de Macron qui a plusieurs fois évoqué l'importance de ne pas «humilier» la Russie. Un représentant issu de ce format pourrait ne pas défendre avec la même fermeté les positions ukrainiennes sur les points les plus sensibles. D'où la revendication de Kyiv d'un droit de regard — non pas un veto formel, mais une consultation obligatoire et une confiance préalablement établie.

*Le souvenir de Minsk est vivant dans chaque couloir de Kyiv. Ces accords ont été présentés comme une victoire diplomatique — ils se sont révélés une humiliation qui a précédé une invasion. Zelensky ne peut pas permettre qu'un deuxième Minsk se produise, quelle que soit la pression de ses alliés. Je le comprends. Et je pense que ses alliés devraient le comprendre aussi.*

## Ce que signifie «parler pour l'Europe» en pratique

### Les qualités requises d'un représentant crédible

Si l'**Europe** doit parler d'une seule voix dans d'éventuelles négociations sur l'Ukraine, plusieurs qualités sont nécessaires chez son représentant. La première est la **crédibilité auprès de Kyiv** : le représentant doit avoir démontré une compréhension profonde des enjeux ukrainiens, pas seulement une rhétorique de soutien. La deuxième est la **légitimité institutionnelle** : il doit avoir un mandat clair de l'ensemble des membres de l'UE, pas seulement des grandes puissances du format E3. La troisième est la **fermeté face à Moscou** : il doit être capable de résister aux tactiques de pression russe sans chercher à préserver des relations économiques ou politiques avec Moscou.

Ces critères restrictifs excluent de facto plusieurs candidats naturels. Le président français **Macron** — perçu à Kyiv comme trop conciliant après ses multiples appels téléphoniques à **Poutine** en 2022-2023 — aurait du mal à obtenir la confiance ukrainienne. Un représentant issu des pays baltes ou de **Pologne** aurait la crédibilité et la fermeté, mais une légitimité institutionnelle plus faible au sein du format E3 qui dominera les discussions. La **Haute représentante de l'UE**, **Kaja Kallas** — ancienne Première ministre estonienne — combine une crédibilité anti-russe forte avec un mandat institutionnel. Elle reste une des candidates les plus plausibles selon plusieurs analystes diplomatiques européens.

### Le processus comme garantie

Au-delà de la personnalité du représentant, c'est le **processus de consultation** qui peut résoudre la tension entre souveraineté européenne et exigences ukrainiennes. Si l'UE établit un mécanisme formel par lequel le représentant doit consulter **Kyiv** avant et après chaque session de négociation, informer l'Ukraine de tout compromis envisagé, et ne pas engager de positions ukrainiennes sans accord explicite — la question du «qui» devient moins critique. Ce n'est pas un précédent sans précédent : dans les négociations commerciales de l'UE, les États membres ont des mécanismes de consultation stricts qui permettent à la Commission de négocier tout en préservant la souveraineté nationale.

Le **Conseil européen** de juin 2026 a tenu ce que Zelensky a qualifié de «plus longue discussion sur l'Ukraine en toutes ces années». Ce sérieux renouvelé est encourageant. Mais la discussion ne suffit pas — elle doit déboucher sur un mécanisme institutionnel clair, transparent pour l'Ukraine, et contraignant pour le représentant européen. C'est la condition pour que l'Europe soit non seulement présente à la table des négociations, mais réellement utile à la construction d'une paix juste.

*La vraie question n'est pas «qui parle pour l'Europe» — c'est «comment l'Europe peut-elle garantir à l'Ukraine que sa voix sera entendue». La réponse passe par des mécanismes formels, pas par la confiance personnelle dans un représentant. Les institutions robustes sont plus fiables que les relations individuelles — c'est la leçon fondamentale de l'intégration européenne.*

## Conclusion : L'Europe doit parler d'une voix forte et unifiée

### La leçon de l'histoire récente

Le Conseil européen de juin 2026 a tenu «la plus longue discussion sur l'Ukraine en toutes ces années» selon Zelensky lui-même — deux heures de discussion ouverte sur la stratégie européenne face à la guerre. C'est un signe de sérieux. Il reste à convertir cette sérieux en une position diplomatique cohérente et crédible. L'Europe peut jouer un rôle décisif dans la résolution de ce conflit — mais seulement si elle est capable de parler d'une seule voix, et si cette voix reflète ses principes les plus fondamentaux plutôt que ses intérêts les plus immédiats.

### Zelensky a posé la question juste

*«Qui parle pour l'Europe?» — c'est peut-être la question la plus importante que l'UE ait à répondre en ce moment. Pas seulement pour l'Ukraine, mais pour elle-même. La réponse qu'elle donnera dira beaucoup sur ce que l'Europe est vraiment — un acteur stratégique autonome capable de défendre ses valeurs, ou un espace de compromis perpétuels qui finit toujours par se plier aux réalités imposées par les plus forts.*

En posant la question du représentant européen, **Zelensky** ne cherche pas à contrôler l'UE. Il cherche à s'assurer que la plus grande crise de sécurité européenne depuis la Seconde Guerre mondiale sera gérée avec la rigueur et l'intégrité qu'elle mérite. C'est une demande légitime. L'Europe devrait y voir non pas une provocation, mais une invitation à être à la hauteur de ses propres ambitions. La fenêtre diplomatique est ouverte jusqu'à l'hiver 2026 selon Zelensky lui-même. Le temps de décider «qui parle pour l'Europe» est maintenant.

**Signé Maxime Marquette, chroniqueur**

## Encadré de transparence du chroniqueur

### Positionnement éditorial

Je ne suis pas journaliste, mais **chroniqueur et analyste**. Mon expertise réside dans l'observation et l'analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.

Je ne prétends pas à l'objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. **Je prétends à la lucidité analytique**, à l'interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d'offrir une lecture critique des événements.

### Méthodologie et sources

Ce texte respecte la distinction fondamentale entre **faits vérifiés et analyses interprétatives**. La règle de méthode est constante : une information factuelle n'est publiée que si une source vérifiable la porte, et les sources effectivement utilisées par cet article sont listées sous **Sources**, jamais ici.

**Familles de sources primaires** retenues par la publication, quand le dossier en comporte : communiqués officiels des gouvernements et institutions internationales, déclarations publiques des dirigeants politiques, rapports d'organisations intergouvernementales, dépêches d'agences de presse internationales reconnues.

**Familles de sources secondaires** : publications spécialisées, médias d'information reconnus internationalement, analyses d'institutions de recherche établies, rapports d'organisations sectorielles.

Quand un article cite des données statistiques, économiques ou géopolitiques, elles proviennent d'institutions productrices de données (organisations intergouvernementales, banques centrales, instituts statistiques nationaux), et l'institution exacte est nommée sous **Sources**.

### Nature de l'analyse

Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une **synthèse critique et contextuelle** basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d'experts cités dans les sources consultées.

Mon rôle est d'interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et économiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l'observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs globaux.

Cet article décrit un état documenté à sa date de publication, et non une prédiction : une évolution ultérieure peut en déplacer les perspectives. Aucune mise à jour n'est promise d'avance; lorsqu'un article est corrigé ou complété, la modification est datée dans le texte.

## Sources

### Sources primaires

- [Ukrainska Pravda — Zelenskyy: Ukraine will decide who represents EU in talks with Russia — 21 juin 2026](https://www.pravda.com.ua/eng/news/2026/06/21/8040456/)

- [UNN — Zelenskyy stated Ukraine is ready for meetings, but Russia must make the first step — 27 juin 2026](https://unn.ua/en/news/zelenskyy-stated-ukraine-is-ready-for-meetings-but-russia-must-make-the-first-step)

- [Ukrainska Pravda — Putin: Russia ready for talks with Ukraine only if based on Istanbul 2022 agreements — 23 juin 2026](https://www.pravda.com.ua/eng/news/2026/06/23/8040766/)

- United24 Media — France and Italy oppose EU move on former Russian soldiers — juin 2026

### Sources secondaires

- [Eastern Herald — E3 Powers write Ukraine's peace template without Washington — 8 juin 2026](https://easternherald.com/2026/06/08/e3-ukraine-peace-five-conditions-london-ceasefire-2026/)

- [The Guardian — NATO leaders fear they can no longer rely on US help — 27 juin 2026](https://www.theguardian.com/world/ng-interactive/2026/jun/27/nato-leaders-fear-they-can-no-longer-rely-on-us-help-if-russia-attacks-trump-eastern-europe)

- RBC-Ukraine — Zelensky sends proposals to Putin's friends — 26 juin 2026

---

Source : Maxime Marquette, MadMax. Pour citer ce texte, nommer l’auteur et lier https://mad-max.co/fr/article/decryptage-qui-parle-pour-l-europe-la-ligne-rouge-de-zelensky
