# DÉCRYPTAGE : le mémorandum de juin qui avait rouvert Ormuz s'effondre

> À la mi-juin 2026, Washington et Téhéran signaient un mémorandum d'entente présenté, à juste titre, comme un tournant dans la crise du détroit d'Ormuz.

- Auteur: Maxime Marquette
- Publication: MadMax (https://mad-max.co)
- Rubrique: Analyse
- Publié: 2026-07-20
- Adresse à citer: https://mad-max.co/fr/article/decryptage-le-memorandum-de-juin-qui-avait-rouvert-ormuz-s-effondre

## Introduction : l'accord qui devait sauver le détroit

### Un texte diplomatique fragile, une victoire de courte durée

À la mi-juin 2026, **Washington** et **Téhéran** signaient un **mémorandum d'entente** présenté, à juste titre, comme un tournant dans la crise du **détroit d'Ormuz**. Après **60 jours de pourparlers** intenses menés sous la médiation conjointe du **Pakistan** et du **Qatar**, l'accord avait permis la **levée du blocus naval américain** et une **réouverture progressive** du trafic maritime dans cette voie stratégique par laquelle transite une part considérable du pétrole mondial. Un texte qui, sur le papier, mettait fin à des mois d'asphyxie économique et de tension militaire dans le **golfe Persique**.

Mais la diplomatie au Moyen-Orient a ceci de cruel : elle mesure ses victoires en semaines, rarement en années. Ce mémorandum, aussi méticuleusement négocié qu'il ait été, n'a pas survécu à l'épreuve du temps. Début juillet, les **attaques iraniennes contre des navires commerciaux** ont ravivé un conflit que tout le monde croyait, sinon résolu, du moins mis en pause pour de bon. Comprendre ce qui a permis cette accalmie, et pourquoi elle s'est effondrée si vite, est essentiel pour anticiper la suite d'une crise qui menace directement l'approvisionnement énergétique mondial.

### Pourquoi Ormuz compte pour le monde entier

Le **détroit d'Ormuz** n'est pas un simple point chaud régional. C'est l'un des **goulots d'étranglement** les plus critiques de la géographie énergétique mondiale, un passage étroit entre l'**Iran** et la péninsule arabique par lequel transite une proportion majeure du pétrole brut exporté sur les marchés internationaux. Chaque fermeture, chaque blocus, chaque attaque contre un navire dans cette zone se traduit presque immédiatement par des variations sur les marchés pétroliers mondiaux et par une pression accrue sur les chaînes d'approvisionnement énergétique occidentales.

C'est précisément cette centralité stratégique qui explique l'intensité des efforts diplomatiques déployés par le **Pakistan** et le **Qatar** pour obtenir un accord entre les deux belligérants. Un détroit bloqué pendant des mois représente un coût économique colossal, non seulement pour l'Iran et les États-Unis, mais pour l'ensemble de l'économie mondiale, ce qui explique pourquoi tant d'acteurs régionaux et internationaux avaient intérêt à voir cette médiation réussir.

*Il y a une leçon amère dans cette histoire : même les accords les plus soigneusement négociés ne valent rien face à un régime qui considère la diplomatie comme une simple pause tactique. Le mémorandum de juin méritait d'être salué. Sa rupture rapide devrait, elle, être condamnée sans nuance.*

## Les termes précis du mémorandum de mi-juin

### La levée du blocus naval américain

L'un des éléments centraux de l'accord de juin résidait dans la **levée du blocus naval américain** qui pesait sur les eaux entourant le détroit d'Ormuz. Ce blocus, mis en place par les forces américaines dans le cadre d'une stratégie de pression maximale sur l'**Iran**, avait paralysé une partie significative du trafic maritime commercial dans la région pendant des semaines. Sa levée, négociée dans le cadre du mémorandum, représentait une concession américaine significative, contrebalancée par des engagements iraniens sur la sécurisation du trafic commercial.

Cette levée progressive s'inscrivait dans une logique de **désescalade mutuelle** : chaque partie acceptait de reculer sur certains points pour permettre une normalisation graduelle du trafic maritime. Les **armateurs internationaux** et les **compagnies d'assurance maritime** avaient salué cette évolution comme un signal positif, bien que prudent, sur la possibilité d'un retour à la normale dans une région où l'instabilité chronique dictait depuis des mois les primes de risque appliquées à chaque traversée.

### Une réouverture pensée comme progressive, pas immédiate

Le mémorandum ne prévoyait pas une réouverture instantanée et totale du détroit, mais une **normalisation par étapes** du trafic maritime. Cette approche graduelle répondait à des impératifs de sécurité pratiques : il fallait s'assurer que les engagements de désescalade tiennent avant d'autoriser un retour massif des navires commerciaux dans une zone qui restait, malgré l'accord, hautement militarisée des deux côtés.

Cette **prudence méthodologique**, qui semblait à l'époque relever d'une saine gestion des risques, a paradoxalement révélé sa pertinence quand la crise a repris début juillet. La réouverture n'ayant jamais atteint son **plein régime**, l'impact économique de la nouvelle fermeture partielle a été, d'une certaine manière, moins brutal qu'il aurait pu l'être si le trafic avait déjà entièrement repris. Mais cela ne change rien au constat fondamental : l'**accord n'a pas tenu** ses promesses de stabilité durable.

*On aimerait pouvoir dire que la prudence des négociateurs a payé. Mais soyons honnêtes : une réouverture progressive qui s'effondre avant même d'atteindre son plein régime n'est pas une victoire de la prudence, c'est un aveu que personne, ni à Washington ni à Téhéran, ne croyait vraiment à la durabilité de cet accord.*

## Le rôle décisif des médiateurs pakistanais et qataris

### Deux acteurs régionaux à la crédibilité mise à l'épreuve

Le succès initial du mémorandum de mi-juin reposait largement sur l'engagement diplomatique du **Pakistan** et du **Qatar**, deux acteurs régionaux disposant de canaux de communication privilégiés avec Téhéran, contrairement à de nombreuses puissances occidentales dont les relations avec l'Iran restent tendues depuis des décennies. Ces **60 jours de pourparlers** ont mobilisé des ressources diplomatiques considérables, avec des allers-retours constants entre les capitales pour maintenir les deux parties à la table des négociations.

Le choix de ces deux médiateurs n'était pas anodin. Le **Qatar** a construit, depuis des années, une réputation de médiateur discret et efficace dans les conflits régionaux les plus complexes, tandis que le **Pakistan** apporte une proximité géographique et culturelle qui facilite le dialogue avec les autorités iraniennes. Cette combinaison avait permis d'aboutir à un texte que même les plus sceptiques considéraient, en juin, comme une avancée diplomatique réelle.

### Une médiation dont l'héritage est aujourd'hui menacé

La rechute du conflit début juillet place ces deux médiateurs dans une position inconfortable. Leur travail diplomatique, salué à l'époque, risque désormais d'être perçu comme insuffisant pour garantir une paix durable. Selon **Al Jazeera**, les médiateurs ont depuis multiplié les appels pressants aux deux parties pour qu'elles respectent les termes du mémorandum, un signe clair que la communauté diplomatique régionale perçoit le risque d'un effondrement complet du cadre négocié avec tant d'efforts.

Ce moment est décisif pour l'avenir de la **médiation régionale** au Moyen-Orient. Si le **Pakistan** et le **Qatar** parviennent à ramener les deux parties vers un respect renouvelé de l'accord, leur **crédibilité diplomatique** en sortira renforcée. Si, au contraire, la rupture se confirme durablement, c'est tout le **modèle de médiation régionale**, reposant sur des acteurs proches culturellement de l'Iran plutôt que sur les puissances occidentales traditionnelles, qui sera remis en question.

*Le Pakistan et le Qatar méritent d'être reconnus pour avoir arraché un accord là où les puissances occidentales avaient échoué pendant des mois. Mais la médiation ne suffit pas si l'une des parties n'a jamais eu l'intention de la respecter durablement.*

## Les signes avant-coureurs de la rupture

### Une tension qui n'a jamais vraiment disparu

Contrairement à ce que le récit officiel autour du mémorandum de juin pouvait laisser croire, la tension dans le **détroit d'Ormuz** n'a jamais complètement disparu, même après la signature de l'accord. Les **Gardiens de la révolution iraniens**, force paramilitaire clé dans le dispositif de sécurité maritime iranien, ont continué à maintenir une présence militaire significative dans la zone, un signal que Téhéran ne considérait probablement jamais cet accord comme un renoncement définitif à sa capacité de projection de force dans le détroit.

Les observateurs les plus avertis de la région avaient d'ailleurs averti, dès la signature du mémorandum, que sa durabilité dépendrait entièrement de la volonté politique iranienne de respecter des engagements qui allaient à l'encontre de la doctrine de **contrôle stratégique du détroit** défendue depuis des années par les autorités de Téhéran. Ces avertissements, largement ignorés dans l'euphorie de l'annonce diplomatique de juin, se révèlent aujourd'hui prémonitoires.

### Les attaques contre les navires commerciaux comme test des limites

Les **attaques iraniennes contre des navires commerciaux** transitant dans le détroit, qui ont précédé les frappes américaines de début juillet, doivent être comprises comme un test délibéré des limites de l'accord de juin. En attaquant des navires civils, Téhéran envoyait un message clair : la réouverture du détroit reste conditionnée à des règles que l'Iran entend imposer unilatéralement, indépendamment des termes précis négociés dans le mémorandum.

Cette logique de **test progressif des limites** n'est pas nouvelle dans la diplomatie iranienne. Le régime a, par le passé, régulièrement utilisé des **provocations calibrées** pour évaluer la réaction de ses adversaires avant de décider s'il pouvait pousser davantage son **avantage tactique**. Le fait que ces attaques aient directement précédé une **riposte américaine massive** sur plus de 80 cibles montre que Washington, cette fois, n'était pas disposé à tolérer ce type de provocation sans réponse ferme.

*Il faut appeler les choses par leur nom : ce n'était pas un simple incident isolé, c'était un test calculé de la détermination américaine. Et le régime iranien, une fois de plus, a mal évalué jusqu'où il pouvait pousser sans provoquer une riposte à sa mesure.*

## Les conséquences économiques de l'effondrement de l'accord

### Le retour de la volatilité sur les marchés pétroliers

La rupture du mémorandum de juin a immédiatement fait sentir ses effets sur les marchés pétroliers mondiaux. Les primes de risque appliquées au transport maritime dans le **golfe Persique** ont grimpé en flèche dès les premières nouvelles d'attaques contre des navires commerciaux, reflétant la nervosité des opérateurs face à un retour possible du chaos qui avait précédé l'accord de mi-juin. Cette volatilité illustre à quel point la stabilité économique mondiale reste otage des développements diplomatiques dans une région aussi instable.

Les **compagnies pétrolières** et les **armateurs**, qui avaient commencé à réorganiser leurs itinéraires en anticipation d'une **normalisation durable** du trafic dans le détroit, se retrouvent contraints de revoir précipitamment leurs plans logistiques. Cette **instabilité chronique** a un coût direct, mesurable en **primes d'assurance** plus élevées et en délais de livraison rallongés, qui se répercute in fine sur les prix payés par les consommateurs occidentaux à la pompe.

### Un coup dur pour la crédibilité de la diplomatie économique

Au-delà de l'impact immédiat sur les marchés, l'effondrement de cet accord porte un coup significatif à l'idée que la **diplomatie économique** peut durablement stabiliser des zones de tension stratégique majeures. Le mémorandum de juin avait été présenté, y compris par certains analystes occidentaux, comme une preuve que des incitations économiques bien calibrées pouvaient amener même un régime aussi rigide que celui de Téhéran à modérer son comportement dans une zone critique pour ses propres intérêts commerciaux.

Sa rupture rapide invite à une réévaluation plus prudente de cette approche. Les **incitations économiques**, aussi puissantes soient-elles sur le papier, ne suffisent pas face à un régime dont les calculs stratégiques accordent une priorité plus grande au **contrôle territorial** et à la **posture de puissance régionale** qu'à la simple rationalité économique. C'est une leçon que les architectes de la prochaine tentative de médiation devront intégrer.

*On a voulu croire que l'argent parlerait plus fort que l'idéologie à Téhéran. L'effondrement de cet accord montre, une fois de plus, que le régime iranien place sa posture stratégique bien au-dessus des considérations économiques rationnelles, même quand cela nuit directement à ses propres intérêts commerciaux.*

## La réponse militaire américaine et ses implications

### Une riposte proportionnée à la gravité de la violation

Face aux attaques iraniennes contre les navires commerciaux, l'administration **Trump** a répondu par des **frappes sur plus de 80 cibles iraniennes**, une réponse d'une ampleur qui traduit la volonté de Washington de ne pas laisser la violation du mémorandum sans conséquence sérieuse. Cette fermeté, bien qu'elle comporte des risques d'escalade incontrôlée, envoie un message stratégique clair : les États-Unis ne toléreront pas que l'Iran utilise la menace contre la navigation commerciale comme un levier de négociation permanent.

Cette réponse militaire doit être appréciée à sa juste mesure : elle vise à rétablir la **dissuasion** plutôt qu'à rechercher une escalade indéfinie. En frappant fort et vite après les attaques iraniennes, l'administration américaine cherche à restaurer la crédibilité de son engagement à protéger la liberté de navigation dans le détroit, un engagement qui avait été implicitement mis en doute par la levée initiale du blocus naval prévue dans le mémorandum.

### Le dilemme entre fermeté et nouvelle négociation

Cette séquence pose un **dilemme stratégique** classique pour Washington : comment concilier une **réponse militaire ferme**, nécessaire pour dissuader de futures provocations, avec la nécessité de préserver une porte ouverte vers une nouvelle négociation qui permettrait, à terme, une **stabilisation durable** du détroit d'Ormuz ? Trop de fermeté risque de fermer définitivement toute possibilité de dialogue ; trop de retenue risque d'encourager de nouvelles **provocations iraniennes**.

C'est dans cette tension que se joue, en réalité, l'avenir de la crise du détroit d'Ormuz. La ligne éditoriale qui considère Trump comme un **mal nécessaire** sur le plan géopolitique trouve, ici encore, une justification empirique : sa fermeté envers l'Iran, bien que risquée, répond à une provocation caractérisée et vise à protéger un intérêt collectif occidental majeur, celui de la liberté de navigation dans une voie maritime critique pour l'économie mondiale.

*Je préfère une Amérique qui frappe fort après une provocation documentée plutôt qu'une Amérique qui laisse le champ libre à un régime qui teste sans relâche les limites de la patience occidentale. La fermeté, ici, n'est pas de la surenchère — c'est de la dissuasion nécessaire.*

## Les leçons pour la prochaine tentative de désescalade

### Repenser les mécanismes de vérification

Si une nouvelle tentative de médiation devient possible entre Washington et Téhéran, elle devra impérativement intégrer des **mécanismes de vérification** beaucoup plus robustes que ceux prévus dans le mémorandum de mi-juin. Un accord fondé principalement sur la bonne foi des parties, sans dispositif de surveillance indépendant ni conséquences automatiques en cas de violation, s'est révélé structurellement incapable de résister à la première tentation de provocation du côté iranien.

Les **médiateurs pakistanais et qataris**, s'ils souhaitent préserver leur crédibilité diplomatique pour de futures négociations, auront tout intérêt à plaider pour l'inclusion de telles clauses de vérification dans tout accord ultérieur. Cela pourrait inclure une présence maritime internationale neutre, des mécanismes de signalement rapide des incidents, ou des clauses de suspension automatique des concessions américaines en cas de violation avérée par Téhéran.

### Ne pas répéter les erreurs d'optimisme excessif

Cette séquence rappelle également l'importance de ne jamais céder à un **optimisme diplomatique excessif** face à un régime dont l'historique de respect des accords internationaux reste, au mieux, mitigé. Célébrer un mémorandum comme une victoire définitive, comme cela a pu être fait en juin, expose à une déception d'autant plus douloureuse quand l'accord s'effondre quelques semaines plus tard.

Pour l'avenir, une approche plus mesurée consisterait à traiter chaque accord avec Téhéran comme une **étape provisoire**, à valider en continu par des preuves concrètes de respect sur le terrain, plutôt que comme un point final résolvant durablement la crise. C'est cette **vigilance permanente**, plutôt que la confiance a priori, qui devra désormais guider la **diplomatie occidentale** face à l'Iran.

*La diplomatie n'est pas de la naïveté. On peut négocier avec Téhéran tout en gardant les yeux grands ouverts sur sa propension à violer ses engagements dès que l'occasion se présente. C'est cet équilibre entre dialogue et vigilance que la prochaine tentative devra absolument trouver.*

## Le précédent de février et la mémoire courte des cessez-le-feu

### Une crise qui date de la fermeture initiale du détroit

Pour bien mesurer la fragilité du **mémorandum de mi-juin**, il faut se souvenir que la fermeture du **détroit d'Ormuz** par l'Iran remonte à la fin février 2026, dans la foulée de **frappes américaines et israéliennes** contre le territoire iranien. Depuis cette date, le détroit a connu plusieurs cycles de fermeture partielle, de reprise timide du trafic, puis de nouvelle fermeture, sans qu'aucun accord ne parvienne à installer une **stabilité durable**. Le mémorandum de juin représentait la tentative la plus sérieuse de rompre ce cycle infernal, et son échec confirme à quel point la région reste prisonnière d'une logique de confrontation permanente.

Entre février et juin, le trafic maritime dans le détroit est passé par des phases de **quasi-arrêt total**, avec parfois seulement **cinq navires** parvenant à traverser en une journée, contre plusieurs dizaines en temps normal. Cette instabilité chronique a imposé des coûts économiques considérables à l'ensemble des acteurs commerciaux dépendants de cette route maritime, renforçant d'autant la pression diplomatique pour trouver un accord durable — pression qui explique en partie la précipitation avec laquelle le mémorandum de juin a été célébré comme une victoire, peut-être prématurément.

### Le piège de la célébration prématurée

Cette séquence révèle un piège récurrent dans la couverture médiatique et diplomatique des crises du Moyen-Orient : la tentation de célébrer chaque accalmie comme une **résolution définitive**, alors que l'historique récent aurait dû inciter à une prudence beaucoup plus grande. Le mémorandum de juin a été présenté par certains commentateurs comme la fin de la **crise du détroit d'Ormuz**, alors qu'il ne représentait, au mieux, qu'une pause dans un conflit structurellement non résolu.

Cette tendance à la **célébration prématurée** n'est pas anodine : elle façonne les attentes politiques et économiques des acteurs concernés, des **marchés pétroliers** aux **chancelleries occidentales**, qui bâtissent parfois des stratégies entières sur la présomption d'une stabilité qui n'existe pas encore réellement. Corriger ce **réflexe médiatique** et diplomatique sera essentiel pour mieux gérer les prochaines phases de cette crise persistante.

*J'ai vu trop de cessez-le-feu célébrés comme des victoires finales pour ne pas rester sceptique face à chaque nouvelle annonce diplomatique concernant l'Iran. Le mémorandum de juin était un bon pas. Le présenter comme une résolution définitive relevait, dès le départ, d'un optimisme que l'historique récent ne justifiait pas.*

## Conclusion : un accord instructif malgré son échec

### Ce que le mémorandum de juin a quand même prouvé

Malgré son effondrement, le **mémorandum de mi-juin** n'a pas été inutile. Il a démontré qu'une désescalade négociée, même imparfaite et temporaire, reste possible entre Washington et Téhéran quand des médiateurs régionaux crédibles s'y investissent pleinement. Cette preuve de concept, même partielle, constitue une base sur laquelle de futures tentatives de stabilisation du détroit d'Ormuz pourront s'appuyer, à condition d'en tirer les bonnes leçons sur les failles structurelles de l'accord initial.

Le **Pakistan** et le **Qatar** ont prouvé leur capacité à faire avancer un dossier que les puissances occidentales traditionnelles n'avaient pas réussi à débloquer par leurs propres canaux diplomatiques. Cette capacité de médiation régionale demeure un atout précieux pour l'avenir, même si son premier test s'est révélé décevant face à la détermination iranienne de tester les limites de tout accord signé.

### La vigilance comme seule garantie durable

Ce qui reste certain, au terme de cet épisode, c'est que la stabilité du **détroit d'Ormuz** ne pourra jamais reposer sur la seule signature d'un accord, aussi soigneusement négocié soit-il. Elle exigera une vigilance permanente, une fermeté occidentale constante face aux provocations, et une volonté claire de faire payer un coût réel à chaque violation, comme l'a démontré la réponse américaine massive aux attaques iraniennes de début juillet.

L'histoire de ce mémorandum, de sa **signature triomphale** à son **effondrement rapide**, restera un cas d'école pour quiconque étudie la diplomatie face à des régimes qui n'accordent qu'une **valeur tactique**, et non stratégique, aux **accords internationaux** qu'ils signent.

*Je garde, malgré tout, une once d'espoir dans le fait qu'un accord ait pu être négocié en seulement 60 jours. Mais cet espoir doit désormais s'accompagner d'un réalisme lucide : avec Téhéran, chaque accord n'est qu'un round, jamais une conclusion.*

**Signé Maxime Marquette, chroniqueur**

## Encadré de transparence du chroniqueur

### Positionnement éditorial

Je ne suis pas journaliste, mais **chroniqueur et analyste**. Mon expertise réside dans l'observation et l'analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.

Je ne prétends pas à l'objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. **Je prétends à la lucidité analytique**, à l'interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d'offrir une lecture critique des événements.

### Méthodologie et sources

Ce texte respecte la distinction fondamentale entre **faits vérifiés et analyses interprétatives**. La règle de méthode est constante : une information factuelle n'est publiée que si une source vérifiable la porte, et les sources effectivement utilisées par cet article sont listées sous **Sources**, jamais ici.

**Familles de sources primaires** retenues par la publication, quand le dossier en comporte : communiqués officiels des gouvernements et institutions internationales, déclarations publiques des dirigeants politiques, rapports d'organisations intergouvernementales, dépêches d'agences de presse internationales reconnues.

**Familles de sources secondaires** : publications spécialisées, médias d'information reconnus internationalement, analyses d'institutions de recherche établies, rapports d'organisations sectorielles.

Quand un article cite des données statistiques, économiques ou géopolitiques, elles proviennent d'institutions productrices de données (organisations intergouvernementales, banques centrales, instituts statistiques nationaux), et l'institution exacte est nommée sous **Sources**.

### Nature de l'analyse

Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une **synthèse critique et contextuelle** basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d'experts cités dans les sources consultées.

Mon rôle est d'interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et économiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l'observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs globaux.

Cet article décrit un état documenté à sa date de publication, et non une prédiction : une évolution ultérieure peut en déplacer les perspectives. Aucune mise à jour n'est promise d'avance; lorsqu'un article est corrigé ou complété, la modification est datée dans le texte.

## Sources

### Sources primaires

- [Les médiateurs appellent au respect du mémorandum après de nouvelles frappes — Al Jazeera, 9 juillet 2026](https://www.aljazeera.com/news/2026/7/9/us-iran-launch-more-attacks-as-mediators-urge-warring-sides-to-uphold-mou)

- [Chronologie de la crise du détroit d'Ormuz depuis le mémorandum du 17 juin — Al Jazeera, 9 juillet 2026](https://www.aljazeera.com/news/2026/7/9/strait-of-hormuz-what-has-happened-since-the-us-iran-mou-on-june-17)

- [Comment le différend sur le détroit d'Ormuz a relancé le cycle de conflit — Al Jazeera, 9 juillet 2026](https://www.aljazeera.com/news/2026/7/9/how-strait-of-hormuz-dispute-led-to-latest-us-iran-cycle-of-fighting)

### Sources secondaires

- [Chronologie générale de la crise du détroit d'Ormuz 2026 — Wikipedia](https://en.wikipedia.org/wiki/2026_Strait_of_Hormuz_crisis)

- [Le trafic dans le détroit d'Ormuz à l'arrêt après la première réouverture — The New York Times, 20 avril 2026](https://www.nytimes.com/2026/04/20/world/middleeast/strait-hormuz-traffic-ships-iran-us.html)

- [L'Iran tire des missiles sur des navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz — Reuters, 7 juillet 2026](https://www.reuters.com/world/middle-east/iran-fires-missiles-commercial-ships-strait-hormuz-axios-reports-2026-07-07/)

---

Source : Maxime Marquette, MadMax. Pour citer ce texte, nommer l’auteur et lier https://mad-max.co/fr/article/decryptage-le-memorandum-de-juin-qui-avait-rouvert-ormuz-s-effondre
