# DÉCRYPTAGE : Kapotnya hors service jusqu'en 2027 — l'Ukraine frappe l'économie de guerre russe

> Dans la nuit du 17 au 18 juin 2026, une vague de drones ukrainiens a frappé Moscou dans la plus grande attaque de ce type depuis le début de la guerre à grande échelle. Parmi les cibles : la raffinerie de Kapotnya, dans le district sud de la capitale russe, appartenant à Gazprom Neft. C'était le deuxième assaut en moins de 72 heures : le premier avait eu lieu le 16 juin, endomm

- Auteur: Maxime Marquette
- Publication: MadMax (https://mad-max.co)
- Rubrique: Analyse
- Publié: 2026-06-27
- Adresse à citer: https://mad-max.co/fr/article/decryptage-kapotnya-hors-service-jusqu-en-2027-l-ukraine-frappe-l-economie-de-gu

## Introduction : Deux drones, une raffinerie détruite

### La nuit du 18 juin : l'attaque qui a changé la donne

Dans la nuit du **17 au 18 juin 2026**, une vague de drones ukrainiens a frappé **Moscou** dans la plus grande attaque de ce type depuis le début de la guerre à grande échelle. Parmi les cibles : la **raffinerie de Kapotnya**, dans le district sud de la capitale russe, appartenant à **Gazprom Neft**. C'était le deuxième assaut en moins de **72 heures** : le premier avait eu lieu le **16 juin**, endommageant gravement l'unité de traitement primaire **ELOU-AVT-6**. Le second a paralysé la deuxième unité principale. Résultat : **100 % de la capacité de raffinage de Kapotnya s'est arrêtée**.

Le lendemain, le président **Volodymyr Zelensky** a confirmé que les forces de défense avaient frappé la raffinerie de **Moscou**, déclarant que ces frappes « visent à montrer à la **Russie** la nécessité de mettre fin à la guerre ». L'**État-major des forces armées ukrainiennes** a précisé que la frappe avait déclenché un incendie et endommagé une unité combinée de raffinage de brut, trois réservoirs **RVS-10000** et un réservoir **RVS-30000**. Le bilan industriel était sans appel : la raffinerie avait « suspendu le traitement du pétrole pour une durée indéterminée ».

### Reuters confirme : hors service jusqu'en 2027

Le **24 juin 2026**, l'agence **Reuters**, citant deux sources de l'industrie pétrolière, a rapporté l'évaluation la plus précise disponible : la raffinerie de **Kapotnya** ne reprendrait pas ses opérations avant **au moins fin 2026**, avec une probabilité de rester hors service jusqu'en **2027**. « Il faudra au moins six mois pour réparer », a indiqué une source. **Gazprom Neft** n'a pas répondu aux demandes de commentaires. Ce silence est lui-même révélateur.

La raffinerie de **Kapotnya**, avec une capacité de traitement annuelle de **11 millions de tonnes** de pétrole brut, est le principal fournisseur d'essence et de diesel de la région de **Moscou**. Elle couvrait selon les sources entre **38 et 40 %** des besoins en carburant de la capitale russe, y compris le carburant d'aviation pour les grands aéroports. Ses six mois à un an de fermeture représentent un choc structurel pour l'approvisionnement énergétique de la plus grande ville de **Russie**.

*Frapper la principale raffinerie de Moscou — à l'intérieur même de la ville — est d'une audace stratégique que peu auraient imaginée il y a deux ans. L'Ukraine a développé des capacités de drone longue portée qui lui permettent de toucher le cœur industriel de la Russie. Ce n'est plus une guerre de tranchées. C'est une guerre économique menée depuis les airs, et l'Ukraine est en train de la gagner sur ce front-là.*

## L'étendue de la crise du carburant russe

### 56 régions russes sous rationnement

L'attaque sur **Kapotnya** n'est que le dernier épisode d'une campagne systématique d'**Ukraine** contre les infrastructures pétrolières russes. En **mai 2026**, l'**Ukraine** avait attaqué des raffineries russes **16 fois** en un seul mois — un record depuis le début de la guerre. Résultat : selon des estimations de **Reuters**, la **Russie** a perdu environ **25 % de sa capacité de production d'essence**, et les volumes de raffinage ont chuté à leur niveau le plus bas en **21 ans**.

Le site indépendant **Mediazona** a cartographié la situation au **26 juin** : des mesures de rationnement du carburant étaient en place dans au moins **56 régions russes**. Des stations-service à **Moscou**, en **région de Saint-Pétersbourg** et dans de nombreuses autres régions avaient commencé à limiter les achats. En **Tatarstan**, après l'attaque du **12 juin** contre la raffinerie **Taneco** de **Nizhnekamsk**, la panique avait provoqué des files d'attente aux stations et des achats de précaution massifs. Les prix à la pompe ont augmenté de plus de **10 roubles** par litre dans certaines stations privées.

### La fermeture de six aéroports de Moscou

La frappe du **18 juin** a également provoqué la fermeture temporaire de **six aéroports** de la région de **Moscou**, dont **Sheremetyevo**, **Domodedovo**, **Vnukovo** et **Joukovsky**. Ce dysfonctionnement aérien massif a été la première manifestation publique — visible et ressentie par les civils moscovites — des conséquences directes de la campagne de drones ukrainienne. Pour un régime qui a maintenu l'illusion d'une normalité dans la capitale depuis le début de l'invasion, c'est une rupture symbolique majeure.

L'image des épaisses colonnes de fumée noire au-dessus des banlieues de **Moscou**, décrites par les habitants comme une « pluie de pétrole » recouvrant surfaces et véhicules de suie, a circulé sur les réseaux sociaux russes avant d'être censurée. Ce sont ces images — pas les communiqués du Kremlin — qui ont dit la réalité de la guerre aux Moscovites.

*Moscou qui ferme ses aéroports, Moscou sous la suie des drones ukrainiens : voilà des images qui auraient semblé de la science-fiction en février 2022. L'Ukraine a transformé la guerre en expérience vécue pour les Moscovites. C'est une pression psychologique réelle sur une population qui croyait la guerre lointaine. Je ne me réjouis pas des souffrances civiles. Mais je constate que c'est de la stratégie, pas de la brutalité aveugle.*

## Le mécanisme militaire : des drones longue portée de nouvelle génération

### FP-1, Lyutyi, Behemot : la flotte ukrainienne

Les drones utilisés dans les attaques sur **Kapotnya** ont été identifiés par des analystes **OSINT** et des sources militaires comme des appareils des familles **FP-1**, **Lyutyi**, **Bober**, **Behemot**, **Morok** et **Bars**. Ce sont des drones de conception ukrainienne à longue portée — capables de couvrir les **400 à 700 km** qui séparent la frontière ukrainienne de **Moscou**. Leur précision est suffisante pour frapper des installations industrielles spécifiques plutôt que de simples zones urbaines.

Le fait que des appareils ukrainiens aient atteint la raffinerie de **Kapotnya** — l'une des installations les mieux défendues de **Russie**, protégée par plusieurs systèmes anti-aériens **Pantsir** — est une démonstration de la maturité de l'industrie ukrainienne de drones. Le ministère de la Défense russe a affirmé avoir intercepté **992 drones et 4 missiles en une seule journée** lors des attaques de juin — un chiffre que les analystes ont du mal à prendre au pied de la lettre, mais qui illustre l'ampleur du défi défensif russe.

### La vulnérabilité de l'air defense russe

L'analyse de **Meduza**, le média d'investigation russe en exil, est particulièrement éclairante : la frappe sur **Kapotnya** a démontré que « le système de défense aérienne de la Russie est vulnérable même à son point le mieux défendu ». **Moscou** est théoriquement la ville la plus protégée de **Russie** en termes de défense anti-aérienne. Si des drones ukrainiens peuvent y frapper une infrastructure industrielle majeure, le reste du pays est encore plus vulnérable.

Cette vulnérabilité est une conséquence directe des pertes massives que la **Russie** a subies dans ses systèmes **S-300** et **S-400** depuis **2022**, en partie grâce aux livraisons occidentales de missiles à longue portée à l'**Ukraine**. La déplétion progressive de la défense anti-aérienne russe est l'une des conséquences stratégiques les moins commentées mais les plus significatives des quatre années de guerre.

*La Russie a construit pendant des décennies l'image d'une forteresse imprenable. L'Ukraine est en train de détruire cette image drone par drone. Il y a quelque chose de symboliquement puissant dans le fait que c'est Moscou — la métropole du régime Poutine — qui paie le prix visible de cette campagne. Ce n'est pas cruel, c'est de la stratégie de pression.*

## Les réponses désespérées du Kremlin

### Baisser les standards, importer, attendre

Face à la crise du carburant, le gouvernement russe a mis en place une série de mesures d'urgence. Selon **Meduza**, les autorités envisagent d'abaisser temporairement les exigences de qualité du carburant, réduisant de **15 % à 10 %** la part de la production des raffineries qui doit être vendue sur les marchés d'échange. Elles comptent également sur des importations supplémentaires pour combler les déficits.

Mais ni l'une ni l'autre de ces mesures ne répond au problème fondamental. Abaisser les standards du carburant n'accélère pas les réparations. Les importations — depuis la **Biélorussie**, le **Kazakhstan** ou d'autres partenaires — prennent du temps et ne peuvent pas compenser à court terme la fermeture d'une raffinerie de **11 millions de tonnes** de capacité annuelle. Et les réparations elles-mêmes sont compliquées par les sanctions occidentales qui limitent l'accès aux équipements spécialisés.

### L'interdiction des exportations d'essence et ses limites

La **Russie** avait déjà imposé une interdiction totale des exportations d'essence depuis **plusieurs mois** — jusqu'au **31 juillet 2026** au minimum — pour contenir les pénuries domestiques. Cette mesure illustre la dépendance de l'économie russe à son secteur pétrolier et les tensions qui s'y exercent. Un pays qui doit interdire ses propres exportations d'un produit essentiel pour se fournir lui-même est un pays dont l'économie de guerre commence à se fragiliser.

Selon **Ukrainska Pravda**, citant des données de **Reuters**, les attaques ukrainiennes avaient désactivé des installations représentant environ **un quart de la capacité nationale de production d'essence** russe, tandis que les volumes globaux de raffinage avaient chuté à leurs niveaux les plus bas en **21 ans**. Ces chiffres ne sont pas des victoires ponctuelles. Ils dessinent une tendance : la capacité pétrolière russe est en déclin structurel sous l'effet des frappes ukrainiennes.

*L'interdiction d'exporter de l'essence par un pays pétrolier dit « puissant » : c'est la définition d'une économie sous pression. La Russie se prive de revenus pour se fournir elle-même. C'est exactement le type de compression économique que les frappes ukrainiennes visent à produire. Les sanctions n'ont pas tout fait. Les drones ont complété le tableau.*

## L'impact sur la machine de guerre russe

### Le carburant militaire en tension

La question la plus stratégique est la suivante : dans quelle mesure la pénurie de carburant affecte-t-elle la capacité opérationnelle des forces armées russes ? La réponse honnête est : nous ne le savons pas avec certitude. Ce que nous savons, c'est que la **raffinerie de Kapotnya** produisait du carburant d'aviation pour les aéroports de la région de **Moscou** — et par extension pour les bases aériennes militaires voisines. La fermeture de six aéroports civils le soir de l'attaque a illustré la dépendance directe de l'aviation à cette source.

Ce que les analystes militaires observent, c'est que la **Russie** a dû déployer ses systèmes de défense aérienne les plus avancés autour de la raffinerie — des batteries **Pantsir** qui manquent ailleurs sur le front ukrainien. Chaque ressource consacrée à protéger une raffinerie est une ressource qui ne protège pas une base militaire ou une position de front. C'est le calcul coût-bénéfice que l'**Ukraine** fait avec ses campagnes de drones : forcer la **Russie** à disperser ses défenses.

### La stratégie des « sanctions longue portée »

Les frappes sur les raffineries constituent ce que les analystes ukrainiens et occidentaux appellent des « sanctions à longue portée » — une forme de pression économique directe que les armes conventionnelles permettent d'exercer là où les décrets de Washington et Bruxelles ne suffisent pas. Là où les sanctions financières touchent les élites et les banques, les drones touchent le pétrole — la veine jugulaire du modèle économique russe.

La combinaison des deux types de pression — sanctions financières et frappes industrielles — est la stratégie dont le potentiel cumulé commence à apparaître dans les chiffres. Un déficit de carburant dans **56 régions**, une raffinerie principale hors service, des exportations d'essence interdites : ce n'est pas une victoire militaire au sens traditionnel. C'est mieux : c'est une victoire économique qui s'accumule dans le temps.

*Les « sanctions longue portée » — j'aime cette formule d'un analyste ukrainien que j'ai lue cette semaine. Elle dit exactement ce que fait l'Ukraine : elle transforme ses drones en instrument de pression économique. C'est intelligent. C'est courageux. Et c'est ce que Zelensky a voulu dire quand il a confirmé la frappe : pas de la brutalité, de la stratégie.*

## Les perspectives : une récupération longue et incertaine

### Pourquoi six mois minimum

La réparation de la raffinerie de **Kapotnya** est techniquement complexe. Les deux unités de traitement primaire — l'**ELOU-AVT-6** et l'unité **KUPN** — nécessitent des pièces spécialisées, une main-d'œuvre qualifiée et des procédures de remise en service minutieuses. Ces pièces, notamment dans les équipements de distillation atmosphérique et sous vide, sont soumises aux sanctions occidentales — certains composants ne peuvent plus être importés librement. La **Russie** devra trouver des fournisseurs alternatifs, principalement en **Chine** et en **Inde**, avec les délais que cela implique.

Les deux réservoirs détruits — un de **30 000 m³** et un de **10 000 m³** — ainsi que deux réservoirs de **10 000 m³** endommagés représentent une perte de stockage considérable. Même si les unités de traitement étaient réparées, la capacité de stockage réduite limiterait le retour à pleine production. C'est une défaillance en cascade : chaque dommage aggrave les conséquences des autres.

### L'Ukraine continuera-t-elle ?

La vraie question est de savoir si l'**Ukraine** capitalisera sur cette vulnérabilité en lançant de nouvelles attaques sur **Kapotnya** ou d'autres installations. L'analyse de **Meduza** est directe : « Il est très difficile de croire que l'Ukraine et ses alliés occidentaux, ayant trouvé un point faible dans la stratégie du Kremlin, abandonneraient une campagne longue portée efficace. » C'est l'évaluation la plus probable. La campagne sur les raffineries est une stratégie délibérée, pas un coup de chance.

L'**Ukraine** a frappé des raffineries dans toute la **Russie** — de **Saratov** à **Krasnodar**, de **Saint-Pétersbourg** à **Nizhnekamsk**. Kapotnya n'était pas la première et ne sera probablement pas la dernière. La carte des raffineries russes est la carte des prochaines cibles potentielles. Et la **Russie** n'a pas assez de systèmes de défense aérienne pour les protéger toutes en même temps.

*Je pense souvent à Poutine regardant les images de fumée au-dessus de Moscou. Son récit de guerre « propre » et lointaine s'effondre. La guerre arrive dans sa cour. Il a commencé une invasion qu'il pensait gagner en trois jours. Quatre ans plus tard, c'est sa propre capitale qui brûle symboliquement. L'histoire a une façon de corriger les calculs des autocrates.*

## Les alliés occidentaux et le soutien aux frappes stratégiques

### Washington et les missiles longue portée : une décision structurante

La capacité de l'**Ukraine** à frapper **Kapotnya** au cœur de **Moscou** n'est pas le fruit du hasard. Elle repose sur des décisions stratégiques prises par les alliés occidentaux depuis **2023** : la fourniture progressive de munitions et de technologies à longue portée. Les missiles **Storm Shadow** britanniques et **SCALP** français, les systèmes **ATACMS** américains — même s'ils ne sont pas utilisés pour frapper **Moscou** directement — ont alimenté l'écosystème technologique ukrainien d'une confiance en ses capacités propres. C'est ce savoir-faire accumulé qui se retrouve aujourd'hui dans les drones **FP-1** et **Lyutyi**.

La décision de Washington, début **2025**, d'autoriser l'**Ukraine** à frapper certaines cibles en territoire russe avec des armes américaines — une ligne rouge franchie après deux ans de prudence — a changé la psychologie de la guerre. L'**Ukraine** sait qu'elle peut frapper loin. Ses ingénieurs ont développé des drones endogènes capables de parcourir **700 km**. L'accumulation de ces décisions politiques et technologiques a rendu possible la frappe sur **Kapotnya**. Ce n'est pas une victoire ukrainienne seule. C'est une victoire de la coalition soutenant **Kyiv**.

### L'Europe et le financement continu

Le **Fonds européen pour la paix**, les engagements bilatéraux de la **France**, du **Royaume-Uni**, de l'**Allemagne** et des pays baltes, les livraisons accélérées de munitions d'artillerie : tout cela forme un soutien systématique qui permet à l'**Ukraine** de mener simultanément une guerre de tranchées au front et une guerre économique en profondeur contre la **Russie**. Le sommet E5 de **Berlin** du **24 juin 2026** a réaffirmé cet engagement, en ajoutant la promesse d'accélérer les livraisons de systèmes de frappe à longue portée.

Pour les partisans d'une aide continue à l'**Ukraine**, la frappe de **Kapotnya** est la meilleure démonstration possible de la valeur de cet investissement. Chaque euro dépensé en soutien ukrainien se traduit en pression économique directe sur la machine de guerre de **Poutine**. La raffinerie hors service jusqu'en **2027** prive l'économie russe d'une capacité de production essentielle. C'est un retour sur investissement militaire et économique que peu d'autres dépenses de défense peuvent égaler.

*Le soutien occidental à l'**Ukraine** a souvent été critiqué comme trop lent, trop prudent, trop fragmenté. Mais regardez le résultat : une raffinerie moscovite hors service, une économie russe en crise du carburant, un régime de **Poutine** qui ne peut plus maintenir l'illusion d'une guerre propre et lointaine. Parfois, les politiques prudentes produisent des effets profonds. Je n'appellerais pas ça un succès complet — pas encore. Mais c'est une tendance lourde.*

## L'Ukraine dans la guerre de l'information : montrer les coups portés

### Zelensky et la communication stratégique

La confirmation publique par le président **Volodymyr Zelensky** de la frappe sur **Kapotnya** n'est pas anodine. Dans d'autres conflits, les frappes en profondeur sont souvent passées sous silence ou démenties. **Zelensky** a choisi la transparence offensive : il confirme, il explique, il revendique. Cette stratégie de communication est délibérée. Elle vise à montrer aux Ukrainiens que leur armée frappe, à montrer aux alliés occidentaux que leurs soutiens produisent des effets, et à montrer à la population russe que la guerre a un coût réel — y compris pour eux.

Le président ukrainien a utilisé la formule « ces frappes visent à montrer à la **Russie** la nécessité de mettre fin à la guerre ». C'est un message adressé aux Russes ordinaires autant qu'à **Poutine**. Dans une société où la censure limite l'information, les pénuries d'essence à **56 régions**, les files d'attente aux stations-service, la fumée au-dessus de **Moscou** : ce sont des signaux concrets que les citoyens russes ne peuvent pas ignorer, même sans lire la presse étrangère.

### La guerre des récits : Moscou sans réponse crédible

Face à cette stratégie de communication ukrainienne, le **Kremlin** se retrouve dans une position inédite : ses arguments habituels ne fonctionnent plus. « L'Ukraine est un État fantoche » — mais elle frappe la capitale russe. « Les armes occidentales ne changeront rien » — mais ses raffineries brûlent. « La guerre est sous contrôle » — mais **56 régions** rationnent le carburant. Le récit de la victoire rapide et propre, forgé en **2022**, s'est effondré. Et **Poutine** n'a pas encore trouvé le narratif de substitution qui mobiliserait la population russe pour une guerre longue avec des sacrifices réels.

Cette guerre des récits est une dimension du conflit qui dépasse les champs de bataille. Si les Russes commencent à douter massivement de la capacité de leur gouvernement à les protéger — pas de l'**OTAN**, mais des conséquences économiques d'une guerre qu'ils n'ont pas choisie — la pression interne sur le régime pourrait s'accélérer. Ce n'est pas un scénario assuré. Mais c'est un scénario que les frappes ukrainiennes sur les raffineries contribuent à rendre possible.

***Zelensky** qui confirme publiquement avoir frappé la capitale d'une puissance nucléaire : il y a quatre ans, cela aurait semblé de la folie. Aujourd'hui, c'est de la stratégie. Et ce courage — non, cette lucidité — est ce qui distingue le leadership ukrainien de tous les discours sur la guerre que j'ai entendus depuis des décennies. **Zelensky** n'a pas peur de dire la vérité sur ce que fait son armée. C'est rare. C'est précieux.*

## Conclusion : L'économie de guerre russe se fissure

### La logique des frappes sur l'infrastructure

La raffinerie de **Kapotnya** hors service jusqu'en **2027** n'est pas seulement une victoire tactique de l'**Ukraine**. C'est un indicateur du changement de nature de ce conflit. L'**Ukraine** ne se bat plus uniquement pour repousser l'envahisseur de son territoire. Elle mène une guerre économique systématique contre la capacité de la **Russie** à financer et à alimenter sa machine militaire. Les raffineries sont le pétrole de la guerre — littéralement.

La combinaison de pénuries de carburant dans **56 régions**, d'une inflation galopante, de sanctions financières durables et de coûts humains et matériels gigantesques au front crée une pression multidimensionnelle sur l'économie russe que **Poutine** ne peut plus ignorer ni camoufler. La question n'est plus de savoir si l'économie russe souffre — elle souffre clairement. La question est de savoir combien de temps elle peut absorber cette pression avant que quelque chose ne cède.

### Zelensky a raison sur l'essentiel

Quand **Zelensky** dit que les frappes « montrent à la **Russie** la nécessité de mettre fin à la guerre », il ne fait pas que du discours. Il décrit une réalité économique et militaire : chaque raffinerie détruite est un morceau de la machine de guerre russe qui s'arrête. La voie vers la paix, si elle existe, passe par l'équilibre des coûts. Et l'**Ukraine** est en train, avec ses drones et sa détermination, de faire monter la facture russe à un niveau qui rend le statu quo insoutenable.

*Cette enquête m'a laissé avec une conviction simple : l'**Ukraine** est en train de gagner la guerre économique contre la **Russie**, drone par drone, raffinerie par raffinerie. Ce n'est pas une victoire militaire au sens traditionnel. C'est peut-être mieux. C'est une victoire structurelle qui s'accumule. Et si l'**Occident** maintient son soutien, la pression sur l'économie de guerre russe ne fera qu'augmenter.*

**Signé Maxime Marquette, chroniqueur**

## Encadré de transparence du chroniqueur

### Positionnement éditorial

Je ne suis pas journaliste, mais **chroniqueur et analyste**. Mon expertise réside dans l'observation et l'analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.

Je ne prétends pas à l'objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. **Je prétends à la lucidité analytique**, à l'interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d'offrir une lecture critique des événements.

### Méthodologie et sources

Ce texte respecte la distinction fondamentale entre **faits vérifiés et analyses interprétatives**. La règle de méthode est constante : une information factuelle n'est publiée que si une source vérifiable la porte, et les sources effectivement utilisées par cet article sont listées sous **Sources**, jamais ici.

**Familles de sources primaires** retenues par la publication, quand le dossier en comporte : communiqués officiels des gouvernements et institutions internationales, déclarations publiques des dirigeants politiques, rapports d'organisations intergouvernementales, dépêches d'agences de presse internationales reconnues.

**Familles de sources secondaires** : publications spécialisées, médias d'information reconnus internationalement, analyses d'institutions de recherche établies, rapports d'organisations sectorielles.

Quand un article cite des données statistiques, économiques ou géopolitiques, elles proviennent d'institutions productrices de données (organisations intergouvernementales, banques centrales, instituts statistiques nationaux), et l'institution exacte est nommée sous **Sources**.

### Nature de l'analyse

Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une **synthèse critique et contextuelle** basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d'experts cités dans les sources consultées.

Mon rôle est d'interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et économiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l'observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs globaux.

Cet article décrit un état documenté à sa date de publication, et non une prédiction : une évolution ultérieure peut en déplacer les perspectives. Aucune mise à jour n'est promise d'avance; lorsqu'un article est corrigé ou complété, la modification est datée dans le texte.

## Sources

### Sources primaires

- [RBC Ukraine — La raffinerie pétrolière de Moscou pourrait rester hors service jusqu'en 2027 — 24 juin 2026](https://newsukraine.rbc.ua/news/moscow-oil-refinery-may-remain-offline-until-1782306406.html)

- [Euromaidan Press — 100 % à l'arrêt : la plus grande raffinerie de Moscou ne peut plus raffiner jusqu'à l'an prochain — 24 juin 2026](https://euromaidanpress.com/2026/06/24/moscows-biggest-oil-refinery-faces-months-offline-after-ukrainian-strikes-reuters/)

- [Kyiv Independent — La raffinerie pétrolière de Moscou peu susceptible de reprendre ses opérations cette année — 24 juin 2026](https://kyivindependent.com/moscow-oil-refinery-unlikely-to-resume-operations-this-year-after-ukrainian-drone-attacks/)

- [Ukrainska Pravda — La raffinerie de Moscou ne reprendra pas avant six mois après les attaques de drones — 24 juin 2026](https://www.pravda.com.ua/eng/news/2026/06/24/8040914/)

### Sources secondaires

- [Meduza — La Russie a un plan pour atténuer la crise de l'essence — 25 juin 2026](https://meduza.io/en/cards/russia-has-a-plan-to-ease-the-gasoline-crisis-lower-fuel-standards-expand-subsidies-and-wait-out-ukraine-s-refinery-strikes)

- [Moscow Times — Crise du carburant : 56 régions russes introduisent le rationnement — 26 juin 2026](https://www.themoscowtimes.com/2026/06/25/regions-calling-as-fuel-crisis-widens-russias-regions-brace-for-the-worst-a93073)

- [Al Jazeera — Pénuries d'essence et pluie de pétrole : la guerre arrive à Moscou — 19 juin 2026](https://www.aljazeera.com/news/2026/6/19/petrol-shortages-and-oil-rain-bring-russia-ukraine-war-home-to-moscow)

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Source : Maxime Marquette, MadMax. Pour citer ce texte, nommer l’auteur et lier https://mad-max.co/fr/article/decryptage-kapotnya-hors-service-jusqu-en-2027-l-ukraine-frappe-l-economie-de-gu
