# DÉCRYPTAGE : 1600 morts en trois mois, le décompte glaçant d'une tragédie haïtienne

> Selon le Bureau intégré des Nations unies en Haïti (BINUH), au moins 1642 personnes ont été tuées et 745 blessées entre janvier et mars 2026, un bilan qui place ce trimestre parmi les plus violents jamais enregistrés…

- Auteur: Maxime Marquette
- Publication: MadMax (https://mad-max.co)
- Rubrique: Analyse
- Publié: 2026-07-20
- Adresse à citer: https://mad-max.co/fr/article/decryptage-1600-morts-en-trois-mois-le-decompte-glacant-d-une-tragedie-haitienne

## À retenir

- Selon le BINUH, 1642 personnes ont été tuées et 745 blessées entre janvier et mars 2026.
- D'après le rapport, 69 % des victimes sont tombées lors d'opérations des forces de sécurité, 27 % relèvent des gangs et environ 4 % des groupes d'autodéfense.
- Le texte signale 196 morts civiles sans lien identifié avec des gangs parmi les victimes des opérations sécuritaires.
- Des frappes de drones ont tué des civils, dont des enfants, selon plusieurs rapports onusiens.
- Le plan humanitaire de 880 millions de dollars n'était financé qu'à moins de 25 % à la mi-juillet 2026.

## Introduction : quand un chiffre devient un verdict

### Un premier trimestre plus meurtrier que bien des conflits déclarés

Selon le **Bureau intégré des Nations unies en Haïti** (BINUH), au moins **1642 personnes** ont été tuées et **745 blessées** entre janvier et mars 2026, un bilan qui place ce **trimestre** parmi les plus **violents** jamais enregistrés dans l'histoire récente du pays. Ce chiffre ne représente pas un **pic isolé** : il s'inscrit dans une **trajectoire mortifère** documentée depuis plusieurs années par les agences onusiennes présentes sur le terrain.

Derrière cette statistique se cache une réalité que peu de **rapports diplomatiques** osent nommer aussi crûment : une part majoritaire de ces morts n'est pas attribuable aux **gangs armés** eux-mêmes, mais aux **opérations sécuritaires** censées les combattre. Ce **décryptage** propose de déconstruire ce chiffre, trimestre par trimestre, acteur par acteur, pour comprendre ce qu'il révèle vraiment de l'état du pays.

### Pourquoi ce décompte mérite un examen minutieux

Un **chiffre agrégé** peut facilement masquer des **dynamiques contradictoires**. Le nombre de **1600 morts** en trois mois raconte une histoire différente selon qu'on l'attribue aux gangs, aux forces de sécurité, aux groupes d'autodéfense ou aux frappes aériennes, et cette **répartition** change fondamentalement l'**analyse politique** qu'on doit en tirer.

*Un chiffre choc sans décomposition n'est qu'un slogan ; ce que je veux faire ici, c'est ouvrir la boîte noire de ce bilan pour comprendre qui tue qui, et pourquoi cette répartition dérange autant les récits officiels sur la lutte contre les gangs.*

## Ce que documente précisément le rapport du BINUH

### Une répartition des responsabilités qui bouscule le récit dominant

Le rapport couvrant le premier trimestre 2026 établit que **69 % des victimes** ont péri lors d'opérations menées par les **forces de sécurité haïtiennes**, parfois appuyées par la **Gang Suppression Force** (GSF) et une société militaire privée. Les **gangs armés**, eux, sont directement responsables de **27 %** des victimes recensées, tandis que les **groupes d'autodéfense** complètent le bilan avec environ **4 %** des morts documentées.

Cette répartition inverse littéralement l'intuition que la plupart des observateurs internationaux ont du conflit haïtien. Le **récit simple** d'une population civile protégée par des forces de l'ordre contre des gangs prédateurs ne survit pas à un examen attentif des **statistiques officielles** compilées par les **Nations unies** elles-mêmes.

### Cent quatre-vingt-seize vies qui ne devraient jamais devenir une note de bas de page

Parmi les victimes des opérations sécuritaires, **196 personnes** n'avaient aucun lien identifié avec des gangs. Ce sous-ensemble, souvent noyé dans les grands chiffres agrégés, mérite une attention particulière : il documente des morts **civiles collatérales** lors d'**opérations** censées justement protéger les civils de la **violence armée**.

*On ne peut pas se satisfaire d'un bilan qui traite ces 196 vies comme un simple dommage collatéral acceptable ; chacune de ces morts documentées devrait faire l'objet d'une enquête sérieuse, et le silence relatif qui les entoure en dit long sur les priorités réelles de la réponse sécuritaire actuelle.*

## Les frappes de drones, une nouvelle donnée dans l'équation

### Une arme censée être précise, des victimes civiles documentées

Plusieurs **frappes de drones** menées par les forces de sécurité haïtiennes ont coûté la vie à des civils, dont des enfants, dans des **zones résidentielles** de la capitale et de ses environs. L'utilisation de cette **technologie**, présentée comme un outil de **précision** permettant de cibler les chefs de gangs sans exposer directement les forces au sol, a pourtant produit des **bavures documentées** par plusieurs rapports onusiens successifs.

Ce recours croissant aux frappes aériennes, alors que la **GSF** reste largement sous-effectif sur le terrain, soulève une question stratégique inconfortable : la technologie comble-t-elle un **vide capacitaire** au prix d'une hausse du risque pour les **populations civiles** vivant à proximité des cibles visées ?

### Une méfiance qui grandit envers les institutions censées protéger

Chaque bavure documentée alimente une **méfiance croissante** envers des institutions de sécurité qui devraient incarner la protection plutôt que la peur. Dans un pays où la **confiance envers l'État** est déjà fragilisée par des années de **crise politique**, cette dynamique risque de compliquer davantage toute stratégie de **reconquête durable** des quartiers contrôlés par les gangs.

*Il est difficile de demander à une population de coopérer avec des forces de sécurité quand une partie significative des morts documentés provient précisément de ces mêmes forces ; la légitimité ne se décrète pas, elle se construit, et chaque frappe qui tue un enfant l'érode un peu plus.*

## Les gangs, responsables directs d'un quart des morts

### Une violence organisée, territoriale, systématique

Les **27 %** de victimes directement attribuées aux gangs armés ne doivent pas être minimisés par l'analyse de la répartition globale du bilan. Ces morts documentent une **violence organisée**, souvent liée à des luttes territoriales entre coalitions rivales, à des représailles contre des quartiers jugés hostiles, ou à des exécutions punitives destinées à maintenir la terreur sur une population captive.

Le **Guardian** a documenté, en juillet 2026, des **tueries de masse coordonnées** menées par des gangs dans plusieurs localités du pays, avec des **tactiques** qui rappellent une **volonté délibérée** de terroriser des communautés entières plutôt que de simplement éliminer des rivaux armés.

### Une professionnalisation qui rend chaque affrontement plus meurtrier

La fusion progressive de plusieurs coalitions criminelles a produit des structures capables de mener des **opérations coordonnées** à une échelle qui dépasse largement le simple banditisme de quartier. Cette **évolution** explique en partie pourquoi chaque affrontement documenté tend désormais à produire un nombre de **victimes** plus élevé qu'il y a quelques années.

*Réduire les gangs haïtiens à une nuisance locale serait une erreur d'analyse grave ; ce sont désormais des organisations paramilitaires capables de tenir des territoires entiers, et aucune réponse sécuritaire sous-dimensionnée ne peut espérer inverser durablement ce rapport de force.*

## Les enfants, une catégorie de victimes qui devrait alarmer davantage

### Six cent vingt enfants tués ou mutilés en un an

Le dernier rapport annuel du **secrétaire général de l'ONU** sur les enfants et les conflits armés documente que plus de **620 enfants** ont été tués ou mutilés en Haïti en 2025, tandis que près de **900 enfants** ont été recrutés par des gangs, souvent en situation de combat direct. Ces **chiffres**, bien distincts du décompte trimestriel du BINUH, s'inscrivent dans la même trajectoire de **violence généralisée** qui frappe le pays.

Un rapport documente **2088 violations** graves des droits des enfants en Haïti en 2025, contre **1661** l'année précédente, soit une hausse de plus de **25 %** en un an seulement, une **trajectoire** qui contredit tout **discours officiel** évoquant une amélioration progressive de la situation sécuritaire.

### Ce que cette hausse révèle sur l'échec collectif

*Quand le nombre d'enfants victimes augmente d'un quart en un an, on ne peut plus parler d'une crise qui se stabilise progressivement ; on doit parler d'un effondrement qui continue de s'aggraver malgré la présence, sur le papier, d'une force internationale censée inverser cette tendance.* Cette hausse documentée devrait suffire à elle seule à justifier une révision complète de la stratégie sécuritaire actuellement déployée.

## Le rôle ambigu des groupes d'autodéfense dans le bilan

### Quatre pour cent qui illustrent une fragmentation dangereuse

Les **groupes d'autodéfense**, souvent appelés **brigades de vigilance**, sont responsables d'environ **4 %** des victimes recensées au premier trimestre 2026. Ce **pourcentage**, minoritaire par rapport aux **violences policières** et aux violences des gangs, illustre néanmoins une **fragmentation croissante** de la violence armée dans un pays où l'État a perdu le **monopole légitime** de la force sur une large partie de son territoire.

Ces **groupes**, nés de l'incapacité de l'État et des **forces internationales** à sécuriser durablement certains quartiers, sont eux-mêmes accusés d'avoir commis des **exactions documentées**, brouillant encore davantage la frontière entre victime et agresseur dans le conflit haïtien.

### Une justice populaire qui aggrave l'insécurité qu'elle prétend combler

*La multiplication de milices d'autodéfense ne devrait jamais être célébrée, même quand elle part d'une intention défensive compréhensible ; elle signale surtout qu'un État a perdu le contrôle de son propre territoire, et cela ne se répare pas en applaudissant des groupes armés parallèles qui échappent à tout cadre légal.*

## La dimension migratoire d'un bilan qui dépasse les frontières

### Un million cinq cent mille déplacés internes et grandissants

Selon l'**Organisation internationale pour les migrations**, environ **1,5 million de personnes** étaient déplacées à l'intérieur d'Haïti à la mi-2026, un chiffre en constante augmentation depuis le début de l'**escalade** de la violence des gangs. Chaque nouvelle vague de violence documentée dans le décompte trimestriel du BINUH se traduit directement par une augmentation du nombre de familles forcées de fuir leur quartier.

Plus de **25 000 migrants** ont été renvoyés vers Haïti depuis des pays voisins au cours du seul mois de mai 2026, une **politique de retour forcé** qui expose directement ces populations au même environnement sécuritaire documenté comme mortel par les rapports onusiens les plus récents.

### Renvoyer des populations vers un pays qui compte ses morts par milliers

*Renvoyer des gens vers un pays dont les propres agences humanitaires documentent 1600 morts en trois mois n'est pas une politique migratoire neutre ; c'est un choix qui a des conséquences humaines directes et mesurables, et il faut le nommer comme tel plutôt que de le présenter comme une simple formalité administrative.*

## Une comparaison qui dérange : Haïti face à d'autres crises mondiales

### Un bilan trimestriel qui rivalise avec certains conflits armés déclarés

Le bilan de **1642 morts** en trois mois, documenté par le BINUH, place Haïti dans une catégorie de violence comparable à celle de certains conflits armés internationalement reconnus comme tels. Cette **comparaison** n'est pas anodine : elle interroge directement pourquoi la **réponse internationale** reste, malgré tout, largement inférieure en ampleur à celle déployée pour d'autres crises de gravité similaire ailleurs dans le monde.

Le secrétaire général **António Guterres**, lors de sa visite en juin 2026, a évoqué plus de **2300 morts** depuis le début de l'année, un **chiffre cumulatif** qui dépasse largement le seul premier trimestre documenté par le rapport BINUH et qui souligne l'**accélération continue** de cette trajectoire mortifère.

### Pourquoi cette comparaison devrait changer la conversation internationale

*Je pense que la communauté internationale traite trop souvent Haïti comme une crise chronique et donc banalisée, alors que les chiffres documentés cette année placent le pays dans une catégorie de violence qui, ailleurs, déclencherait une mobilisation diplomatique et humanitaire bien plus massive et immédiate.*

## Le financement humanitaire, ou l'écart entre l'urgence et la réponse

### Un appel à 880 millions de dollars financé au quart

Le plan de réponse humanitaire 2026 pour Haïti, chiffré à **880 millions de dollars**, restait financé à moins de **25 % de son objectif** à la mi-juillet 2026. Ce **déficit de financement** touche directement la capacité des agences humanitaires à répondre à un bilan de **1600 morts** et à des millions de personnes en situation de **déplacement** ou d'**insécurité alimentaire** aiguë.

Près de **6,4 millions de personnes** ont besoin d'une assistance humanitaire selon les Nations unies, un chiffre qui, mis en regard du **financement disponible**, illustre un **écart structurel** entre l'ampleur documentée de la crise et les ressources effectivement mobilisées par la **communauté internationale**.

### Ce que le sous-financement dit des priorités mondiales

*On ne peut pas dissocier le bilan macabre documenté trimestre après trimestre du sous-financement chronique de la réponse humanitaire ; les deux sont les deux faces d'une même indifférence internationale qui laisse Haïti seule face à une violence que le monde préfère ne pas regarder en face.*

## La Gang Suppression Force face à ce bilan accablant

### Un mandat robuste, des effectifs qui restent insuffisants

La **GSF**, autorisée par le Conseil de sécurité avec un plafond de **5550 personnels**, reste très en deçà de sa pleine capacité plusieurs mois après son lancement officiel. Ce **déficit d'effectifs** limite directement sa capacité à influencer significativement le bilan documenté par le rapport BINUH, puisqu'une force sous-dimensionnée ne peut espérer réduire durablement la violence dans des zones où les gangs conservent une **supériorité tactique** et territoriale.

L'arrivée d'un contingent **sri-lankais** de plus de **1100 personnels** en juillet 2026 représente un renfort significatif, mais son effet sur le bilan trimestriel ne pourra être mesuré que dans les prochains rapports du BINUH, plusieurs mois après son **déploiement effectif** sur le terrain.

### L'échéance de septembre comme test décisif

*Le renouvellement du mandat de la GSF en septembre 2026 devrait être jugé, avant tout, sur sa capacité à faire baisser ce bilan trimestriel documenté ; toute autre mesure de succès resterait largement cosmétique face à une population qui compte ses morts par centaines chaque mois.*

## Les abstentions diplomatiques et leur ombre sur la réponse

### Trois voix qui pèsent sur la mobilisation internationale

La résolution ayant créé la **GSF** a été adoptée avec **trois abstentions**, celles de la **Chine**, du **Pakistan** et de la **Russie**. Ces abstentions ne changent rien au bilan macabre documenté trimestre après trimestre, mais elles pèsent indirectement sur la capacité de la communauté internationale à mobiliser rapidement les **ressources financières** et **matérielles** nécessaires pour inverser cette trajectoire.

Chaque nouveau rapport documentant un bilan aussi lourd devrait, en théorie, renforcer l'urgence d'une réponse unifiée. Dans les faits, la **fragmentation diplomatique** persistante continue de compliquer une mobilisation à la hauteur de ce que révèlent les chiffres du BINUH.

### Ce que ce bilan devrait déclencher sur la scène internationale

*Un bilan de 1600 morts en trois mois documenté par les Nations unies elles-mêmes devrait suffire à lui seul à surmonter les réserves diplomatiques de ceux qui préfèrent voir échouer les initiatives occidentales ; la vie humaine ne devrait jamais être l'otage d'un calcul géopolitique.*

## Ce que révèle la comparaison avec le trimestre précédent

### Une trajectoire qui ne montre aucun signe d'amélioration

La comparaison entre les bilans trimestriels successifs documentés par le BINUH révèle une **trajectoire persistante** de violence élevée, sans signe clair d'amélioration malgré le déploiement progressif de la GSF depuis juin 2026. Cette continuité dans la gravité du bilan interroge directement l'**efficacité des mesures** actuellement mises en œuvre pour protéger la population civile haïtienne.

Les **2300 morts** évoqués par Guterres depuis le début de l'année, comparés aux **1642 morts** du seul premier trimestre documenté par le BINUH, suggèrent une accélération continue plutôt qu'une stabilisation, un **signal d'alarme** que la communauté internationale ne peut plus raisonnablement ignorer.

### Pourquoi la stagnation du bilan est en soi une défaite

*Un bilan qui ne s'améliore pas, malgré des mois de déploiement d'une force internationale censée inverser la tendance, constitue en soi un aveu d'échec qu'aucun communiqué diplomatique optimiste ne peut effacer ; les chiffres, eux, ne mentent pas.*

## Les leçons que ce bilan impose pour l'avenir

### Une transparence accrue sur l'origine des morts documentées

Ce décompte impose une leçon méthodologique essentielle : toute évaluation future de la sécurité en Haïti devra continuer à distinguer précisément l'origine des morts documentées, entre **gangs**, **forces de sécurité** et **groupes d'autodéfense**, sous peine de fausser complètement l'**analyse politique** et **humanitaire** de la crise.

Sans cette granularité, la communauté internationale risque de continuer à financer des **stratégies sécuritaires** qui, loin de protéger la population, contribuent elles-mêmes de manière significative au **bilan macabre** qu'elles sont censées réduire.

*Ce décryptage n'a de valeur que s'il pousse les acteurs concernés à revoir leurs méthodes de collecte et leurs priorités opérationnelles ; sans cette rigueur méthodologique, chaque nouveau rapport risque de répéter les mêmes angles morts que celui-ci a tenté de mettre en lumière.*

### Une responsabilité qui dépasse le seul cadre haïtien

*Ce bilan de 1600 morts documenté trimestre après trimestre ne devrait pas seulement interpeller les autorités haïtiennes ; il engage directement la responsabilité de tous les États qui ont voté, financé ou abstenu sur les résolutions successives censées répondre à cette crise.*

## Ce que les chiffres ne disent pas encore sur les mois à venir

### Une incertitude méthodologique qui appelle à la prudence

Les **rapports trimestriels** du **BINUH** reposent sur des mécanismes de **collecte de données** qui, même rigoureux, ne peuvent pas toujours capter l'ensemble des **incidents violents** survenant dans des zones où l'accès des **enquêteurs indépendants** reste limité par l'insécurité elle-même. Il est donc probable que le bilan réel de **1642 morts** pour le premier trimestre constitue un **plancher** plutôt qu'un **plafond** statistique.

Cette **prudence méthodologique** ne doit cependant jamais servir à minimiser l'ampleur du bilan documenté ; elle devrait au contraire renforcer l'urgence d'une **réponse internationale** proportionnée à une **crise humanitaire** dont la véritable ampleur dépasse probablement les chiffres officiellement publiés.

### Le prochain rapport trimestriel comme épreuve de vérité

Le prochain **rapport trimestriel** du **BINUH**, attendu dans les mois suivant le renouvellement du **mandat de la GSF**, constituera une **épreuve de vérité** essentielle. Si le bilan continue de suivre la même **trajectoire ascendante**, il deviendra impossible de présenter le déploiement progressif de la force internationale comme une **réussite**, quels que soient les discours diplomatiques tenus en parallèle.

*J'attends ce prochain rapport avec une inquiétude sincère, parce que si les chiffres continuent de grimper malgré l'arrivée de renforts comme le contingent sri-lankais, il faudra admettre collectivement que la stratégie actuelle, telle qu'elle est exécutée aujourd'hui, ne fonctionne simplement pas à l'échelle nécessaire.*

## Conclusion : un chiffre qui exige des comptes, pas seulement des condoléances

### Ce que ce décompte oblige à reconnaître

Le bilan de **1642 morts** et **745 blessés** documenté pour le seul premier trimestre 2026 par le BINUH ne peut plus être traité comme une simple statistique parmi d'autres. Il révèle une **répartition des responsabilités** qui bouscule le récit dominant, une **accélération continue** de la violence malgré le déploiement progressif d'une force internationale, et un **déficit de financement humanitaire** qui aggrave mécaniquement chaque dimension de cette crise.

La **communauté internationale** dispose désormais des données nécessaires pour agir en connaissance de cause. Ce qui manque n'est pas l'information, documentée avec une précision rare par les agences onusiennes présentes sur le terrain, mais la **volonté politique** et le **financement** nécessaires pour transformer ces chiffres en une trajectoire enfin descendante.

### L'échéance qui approche et qui ne pardonnera pas l'inaction

Le **renouvellement du mandat** de la GSF en septembre 2026 offrira l'occasion de mesurer si ce bilan trimestriel commence enfin à s'améliorer. Si les prochains rapports du BINUH continuent de documenter des chiffres similaires ou pires, la **responsabilité collective** de cet échec ne pourra plus être diluée dans des explications techniques ou des **promesses diplomatiques** répétées depuis des années.

Haïti n'a pas besoin d'un nouveau rapport pour savoir qu'elle traverse une tragédie. Elle a besoin que ce décompte, aussi glaçant soit-il, devienne enfin le **déclencheur** d'une réponse à la hauteur de ce qu'il révèle.

**Signé Maxime Marquette, chroniqueur**

## Encadré de transparence du chroniqueur

### Positionnement éditorial

Je ne suis pas journaliste, mais **chroniqueur et analyste**. Mon expertise réside dans l'observation et l'analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.

Je ne prétends pas à l'objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. **Je prétends à la lucidité analytique**, à l'interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d'offrir une lecture critique des événements.

### Méthodologie et sources

Ce texte respecte la distinction fondamentale entre **faits vérifiés et analyses interprétatives**. La règle de méthode est constante : une information factuelle n'est publiée que si une source vérifiable la porte, et les sources effectivement utilisées par cet article sont listées sous **Sources**, jamais ici.

**Familles de sources primaires** retenues par la publication, quand le dossier en comporte : communiqués officiels des gouvernements et institutions internationales, déclarations publiques des dirigeants politiques, rapports d'organisations intergouvernementales, dépêches d'agences de presse internationales reconnues.

**Familles de sources secondaires** : publications spécialisées, médias d'information reconnus internationalement, analyses d'institutions de recherche établies, rapports d'organisations sectorielles.

Quand un article cite des données statistiques, économiques ou géopolitiques, elles proviennent d'institutions productrices de données (organisations intergouvernementales, banques centrales, instituts statistiques nationaux), et l'institution exacte est nommée sous **Sources**.

### Nature de l'analyse

Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une **synthèse critique et contextuelle** basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d'experts cités dans les sources consultées.

Mon rôle est d'interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et économiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l'observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs globaux.

Cet article décrit un état documenté à sa date de publication, et non une prédiction : une évolution ultérieure peut en déplacer les perspectives. Aucune mise à jour n'est promise d'avance; lorsqu'un article est corrigé ou complété, la modification est datée dans le texte.

## Sources

### Sources primaires

- [Vatican News, 1,5 million de déplacés et 1600 morts en trois mois — 8 juillet 2026](https://www.vaticannews.va/en/world/news/2026-07/haiti-1-5-million-displaced-and-1-600-people-killed-in-three-mo.html)

- [Security Council Report, rapport BINUH sur Haïti — 1er juillet 2026](https://www.securitycouncilreport.org/monthly-forecast/2026-07/haiti-35.php)

- [Nations unies, déclaration du secrétaire général sur Haïti — 16 juin 2026](https://www.un.org/sg/en/content/sg/press-events/2026-06-16/secretary-generals-press-encounter-haiti)

### Sources secondaires

- [The Guardian, violences coordonnées des gangs en Haïti — 2 juillet 2026](https://www.theguardian.com/global-development/2026/jul/02)

- [UN News, 1,5 million de déplacés selon l'OIM — 5 juin 2026](https://news.un.org/en/story/2026/06/1167661)

- [Euronews, visite de Guterres en Haïti — 16 juin 2026](https://www.euronews.com/2026/06/16/un-chief-visits-haiti-as-gang-violence-soars-and-number-of-displaced-hits-15-million)

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Source : Maxime Marquette, MadMax. Pour citer ce texte, nommer l’auteur et lier https://mad-max.co/fr/article/decryptage-1600-morts-en-trois-mois-le-decompte-glacant-d-une-tragedie-haitienne
