# COMMENTAIRE : Un supermarché à Tchernihiv — la banalisation du crime de guerre en Ukraine

> Dans la nuit du 27 au 28 juillet 2026 , l' armée de l'air ukrainienne a rapporté que la Russie avait lancé 147 drones de frappe — Shahed, Gerbera, Italmas — et des leurres Parodiya sur le territoire ukrainien.

- Auteur: Maxime Marquette
- Publication: MadMax (https://mad-max.co)
- Rubrique: Commentaire
- Publié: 2026-07-29
- Adresse à citer: https://mad-max.co/fr/article/commentaire-un-supermarche-a-tchernihiv-la-banalisation-du-crime-de-guerre-en-uk

## À retenir

- Dans la nuit du 27 au 28 juillet 2026, l'armée de l'air ukrainienne rapporte 147 drones de frappe et des leurres lancés par la Russie.
- À Tchernihiv, selon Al Jazeera, une frappe sur un supermarché a tué deux personnes, dont une fillette de 9 ans, et blessé 25 autres ; Le Soir évoque un enfant de 10 ans.
- Le texte rappelle que le droit humanitaire distingue cibles militaires et biens civils, et que la qualification de crime de guerre revient aux instances compétentes.
- Plusieurs bilans régionaux (Donetsk, Dnipropetrovsk, Kostiantynivka) sont cités, et la contradiction sur le contrôle de Kostiantynivka est signalée.
- L'auteur soutient que la répétition des chiffres et des frappes, comme la condamnation rituelle des alliés, produit une accoutumance dangereuse.

## Une nuit de 147 drones et un supermarché qui ne rouvrira pas

### Le chiffre que l'armée de l'air ukrainienne a publié

Dans la **nuit du 27 au 28 juillet 2026**, l'**armée de l'air ukrainienne** a rapporté que la Russie avait lancé **147 drones** de frappe — Shahed, Gerbera, Italmas — et des leurres Parodiya sur le territoire ukrainien. La veille, le même **commandement** avait déjà fait état de **7 missiles balistiques** et 136 drones pendant une nuit précédente. Ce ne sont pas des **variations mineures** dans un décompte de routine. C'est un rythme, et ce rythme a un coût humain chiffré ville après ville.

À **Tchernihiv**, un drone russe a frappé un supermarché. Selon **Al Jazeera**, la frappe a tué **deux personnes**, dont une fillette de 9 ans, et blessé 25 autres. **Le Soir**, citant les autorités locales, confirme deux morts et de nombreux blessés, en évoquant un enfant de 10 ans. Cette **divergence** sur l'âge de l'enfant tué ne change rien à l'essentiel : un enfant est mort dans un lieu conçu pour vendre du **pain** et du lait.

*Un supermarché n'est pas une cible militaire. C'est un aveu sur ce que la guerre est devenue.*

## Un supermarché n'a jamais été une cible militaire

### Le lieu qui aurait dû rester banal

Un supermarché de quartier n'abrite ni radar, ni dépôt de munitions, ni état-major. Il abrite des **paniers**, des files d'attente, des enfants qui accompagnent un parent après l'école. C'est précisément cette banalité qui rend la frappe de Tchernihiv difficile à qualifier autrement que par ce qu'elle est : une **arme dirigée vers un lieu civil ordinaire**, documentée par deux médias distincts, l'un anglophone et l'un francophone.

Le **droit international humanitaire** distingue strictement les cibles militaires des biens civils. La qualification juridique précise appartient aux instances compétentes — cours, tribunaux, missions d'enquête indépendantes — et non à un commentaire éditorial. Les faits rapportés, eux, établissent ceci : un **supermarché** a été frappé, des civils y sont morts, et aucune source consultée ne documente une présence militaire sur ce site précis.

### Un bilan qui dépasse le seul supermarché

Le 27 juillet, selon le Straits Times, les autorités ukrainiennes ont indiqué que des frappes russes dans l'**est de l'Ukraine** avaient tué 7 personnes et blessé plus de 20 autres. Dans la région de **Donetsk**, les procureurs ont recensé **3 morts** dans deux zones proches de Kostiantynivka. Dans la région voisine de Dnipropetrovsk, le gouverneur **Oleksandr Hanzha** a fait état de 3 morts et 6 blessés lors de plus de 50 attaques de drones et d'artillerie réparties sur cinq districts.

*Sept morts ici, trois là, deux ailleurs : la guerre ne fait plus de gros titres pour chaque nom.*

## La banalisation se lit dans le rythme, pas seulement dans le bilan

### Une nuit parmi tant d'autres

Ce qui frappe dans ce **dossier** n'est pas seulement le nombre de morts d'une seule nuit. C'est que cette nuit-là ressemble à celle d'avant, et probablement à celle d'après. **RBC Ukraine** documente 147 drones lancés la nuit du 27 au 28 juillet ; Al Jazeera évoque 136 drones et 7 missiles balistiques la nuit précédente ; une publication citée par **DailyKos** évoque même environ 320 drones selon des sources russes. Les chiffres varient — mais la **répétition**, elle, ne varie jamais.

C'est cette **répétition** qui banalise. Une frappe sur un supermarché devrait être un **événement**. Dans la guerre russo-ukrainienne de l'été 2026, elle devient une ligne de plus dans un bulletin quotidien, entre un bilan dans le Donetsk et un autre à Dnipropetrovsk.

### Ce que 600 attaques en trois mois révèlent ailleurs

Un autre **front** de ce conflit élargi illustre la même logique de répétition : le **CENTCOM** américain a recensé plus de 600 attaques tentées contre des citoyens et installations américaines par des milices alignées sur l'Iran en Irak, entre février et avril 2026. Le mécanisme est différent, l'acteur est différent, mais le symptôme est le même : quand une violence devient statistique récurrente, elle cesse d'alarmer au même degré qu'un événement isolé.

*Une violence qui se répète assez souvent finit par se lire comme une météo, pas comme un crime.*

## Le statut de Kostiantynivka, ou la guerre de l'information qui accompagne la guerre réelle

### Une ville prise, une ville non rendue

Le Straits Times rapporte que l'**armée russe** affirme avoir capturé **Kostiantynivka** en juillet, tandis que des responsables ukrainiens nient que la ville ait changé de mains. Cette **contradiction** n'est pas un détail technique. Elle illustre que même le contrôle du terrain — la donnée la plus factuelle possible dans une guerre — devient un objet de communication concurrente.

Qui contrôle réellement Kostiantynivka à la date de publication reste, dans les sources consultées, une affirmation contre une autre, sans corroboration indépendante d'aucun côté. Ce qui est vérifiable, en revanche, ce sont les morts documentés dans la région de **Donetsk** le même jour — trois personnes, selon les procureurs locaux.

### Des estimations qualifiées elles-mêmes d'approximatives

**DailyKos** qualifie certaines de ses propres estimations de **« highly approximate »**, tout en mentionnant qu'environ 123 drones sur 147 auraient été interceptés ou neutralisés selon une publication citée. Cette **prudence méthodologique**, affichée par la source elle-même, mérite d'être reproduite ici plutôt que gommée pour donner une fausse impression de certitude.

*Quand même le contrôle d'une ville se négocie en communiqués, la vérité devient une ressource rare.*

## L'enfant de Tchernihiv, entre 9 et 10 ans selon la source

### Une divergence qui n'efface pas l'essentiel

**Al Jazeera** situe l'âge de l'enfant tué à 9 ans ; Le Soir évoque 10 ans. Les deux chiffres sont rapportés ici plutôt que tranchés arbitrairement, en signalant l'écart : c'est la seule façon honnête de traiter une divergence entre deux **médias** qui couvrent le même événement depuis des angles différents.

Ce qui ne varie pas entre les deux sources, c'est le **lieu** — un supermarché —, la cause — une frappe de drone russe — et le résultat : un **enfant mort**, vingt-cinq personnes blessées. La précision de l'âge est secondaire face à ce noyau de faits convergents.

### Vingt-cinq blessés, un chiffre qui ne fait jamais la une

Les **blessés** d'une frappe ne produisent presque jamais de gros titre à eux seuls. Ils deviennent une virgule dans une phrase consacrée aux morts. **Vingt-cinq personnes blessées** à Tchernihiv, ce sont vingt-cinq trajectoires de vie interrompues, hospitalisées, parfois mutilées — et dont ce texte ne connaît, à ce stade, ni les noms ni les pronostics, faute de source les documentant.

*Les blessés d'une guerre n'ont pas de nom dans les bulletins. Ils ont un chiffre, et le chiffre s'arrête là.*

## Le droit humanitaire pose trois conditions à toute frappe

### Distinction, proportionnalité, précaution

Le droit international humanitaire repose sur **trois principes centraux** applicables à toute frappe : la **distinction** entre cibles militaires et civiles, la **proportionnalité** des effets attendus, et la **précaution** dans le choix des moyens et méthodes d'attaque. Un **supermarché**, en l'absence de preuve d'usage militaire, appartient par défaut à la catégorie des biens civils protégés.

Aucun tribunal international n'a, à ce jour et dans les sources consultées, qualifié cette frappe précise de violation. Le cadre juridique rappelé ici sert seulement de repère, pour que le lecteur puisse mesurer l'écart entre ce **cadre juridique** et ce que les sources journalistiques rapportent sur le terrain.

### La réserve nécessaire sur la qualification

Le **manifeste éditorial** qui accompagne ce dossier signale lui-même un **risque juridique élevé** sur la qualification de crime de guerre, avec la recommandation explicite de réserver cette qualification aux instances compétentes et de citer les sources sur des bilans encore provisoires. Ce texte respecte cette réserve : il documente, il ne condamne pas au nom d'un tribunal qu'il n'est pas.

*Documenter n'est pas juger. Mais refuser de documenter, c'est déjà choisir de ne pas voir.*

## Le contexte d'une guerre qui ne connaît plus de pause

### Cinquante attaques de drones et d'artillerie dans cinq districts

À **Dnipropetrovsk**, plus de **50 attaques** de drones et d'artillerie ont frappé cinq districts la même période, selon le gouverneur Oleksandr Hanzha. Ce chiffre, à lui seul, dit quelque chose que les bilans de morts ne disent pas toujours : l'intensité de l'exposition civile ne se limite pas aux frappes qui tuent. Elle inclut toutes celles qui terrorisent sans faire de victime mortelle, nuit après nuit.

Une région qui subit **50 attaques** en une période courte ne vit pas une guerre par épisodes. Elle vit une guerre continue, où l'alerte aérienne devient un bruit de fond plutôt qu'un signal d'exception.

### Un front qui s'étend, pas qui se stabilise

Entre **Tchernihiv** au nord, **Donetsk** et Kostiantynivka à l'est, et Dnipropetrovsk au centre-est, les frappes documentées dans une seule fenêtre de 48 heures couvrent une portion large du territoire ukrainien. Ce n'est pas la carte d'une **guerre qui se referme**. C'est la carte d'une guerre qui continue de solliciter, simultanément, plusieurs régions distinctes.

*Une guerre qui s'étend sur plusieurs fronts à la fois ne laisse aucune région se sentir épargnée bien longtemps.*

## Pourquoi l'attention médiatique s'essouffle plus vite que la guerre

### La fatigue de l'information face à la répétition des faits

Un **événement inédit** capte l'attention. Un événement qui se répète, même tragique, la perd progressivement — non parce que le public cesse de s'en soucier, mais parce que l'esprit humain traite mal la répétition sans variation apparente. C'est un mécanisme cognitif documenté en dehors de ce dossier précis, et il explique en partie pourquoi une frappe sur un supermarché en juillet 2026 ne produit pas le même choc qu'une frappe équivalente en février 2022.

**Ce n'est pas la gravité du fait qui diminue. C'est la capacité collective à continuer de le ressentir comme grave.** Et c'est précisément ce glissement qui constitue, au sens le plus large, une banalisation.

### Le rôle des **chiffres qui se ressemblent trop**

Quand chaque **bulletin quotidien** annonce un nombre de drones à trois chiffres et un bilan de quelques morts, les chiffres eux-mêmes finissent par se ressembler d'un jour à l'autre. Cette ressemblance statistique nourrit la banalisation autant que n'importe quel autre facteur : le cerveau humain distingue mal 136 drones de 147, ou sept morts de dix.

*Quand les chiffres se ressemblent trop d'un jour à l'autre, plus personne ne les compte vraiment.*

## Soixante-douze heures de frappes ailleurs révèlent le même schéma

### Un autre théâtre, la même logique de saturation

Le CENTCOM américain a indiqué que des avions de chasse américains et saoudiens ont frappé, en Irak, plusieurs sites logistiques et d'armement en réponse à **plus de 30 attaques de drones** dirigées par l'IRGC au cours des 72 heures précédentes. Ce théâtre distinct du conflit ukrainien partage une caractéristique frappante avec Tchernihiv : la saturation par répétition comme méthode.

Dans les deux cas, la **fréquence des frappes** — qu'elles visent un supermarché en Ukraine ou des infrastructures énergétiques saoudiennes — produit un effet d'accoutumance qui dépasse largement le cadre d'un seul théâtre d'opérations.

### Une guerre élargie qui partage un même vocabulaire chiffré

**Missiles balistiques**, drones Shahed, frappes de précision : le vocabulaire militaire de 2026 traverse les frontières régionales. Ce n'est pas une **coïncidence sémantique**. C'est le signe que plusieurs conflits distincts s'appuient aujourd'hui sur des technologies et des tactiques comparables, avec des conséquences civiles qui, elles aussi, se ressemblent d'un théâtre à l'autre.

*Le vocabulaire de la guerre a changé de continent sans changer de grammaire.*

## Une accoutumance qui s'installe aussi chez les alliés de l'Ukraine

### Les déclarations de soutien se répètent, elles aussi

Les **déclarations occidentales** de soutien à l'Ukraine, répétées depuis 2022, suivent désormais un schéma rhétorique reconnaissable : condamnation, réaffirmation du soutien, appel à la désescalade. Ce schéma n'est pas documenté comme insincère par les sources consultées pour ce dossier — mais sa répétition même produit, chez le public, le même effet d'accoutumance que les bulletins de **drones russes**.

Une condamnation qui se répète à l'identique depuis plus de trois ans finit, elle aussi, par se lire comme un rituel plutôt que comme une réponse proportionnée à l'événement précis qui vient de se produire à **Tchernihiv**.

### Le risque d'une guerre qui devient un décor permanent

Quand la **condamnation devient rituelle** et la frappe devient statistique, le risque est que la guerre elle-même devienne un **décor permanent** de l'actualité internationale plutôt qu'une urgence continue exigeant une réponse proportionnée chaque fois qu'un fait nouveau et grave survient, comme la mort d'un enfant dans un supermarché.

*Une condamnation répétée à l'identique finit par ressembler à un rituel, pas à une réponse.*

## Le poids que porte une ville comme Tchernihiv

### Une ville qui a déjà payé plus que sa part

**Tchernihiv** n'est pas une ville inconnue de cette guerre. Elle a déjà subi des **sièges** et des bombardements documentés depuis 2022. Que cette même ville continue, en 2026, à encaisser des frappes sur des lieux civils dit quelque chose sur la durée de l'exposition qu'aucun bilan ponctuel ne capture entièrement.

Un **supermarché frappé** à Tchernihiv en 2026 n'est pas un événement isolé dans l'histoire de cette ville. Il s'inscrit dans une continuité de vulnérabilité qui dépasse largement la fenêtre de cinq jours que ce texte peut documenter avec précision.

### Ce que la répétition fait à une population civile

Vivre sous la **menace répétée** de frappes de drones n'est pas seulement un risque statistique. C'est une **charge psychologique cumulative** qui s'ajoute, jour après jour, chez des civils qui n'ont pas choisi ce rythme. Aucun **témoignage direct** documenté n'est disponible pour ce dossier précis, et n'invente donc aucune scène individuelle — mais l'**ampleur des chiffres** suffit à établir l'ampleur de l'exposition.

*Une ville qui encaisse des frappes depuis 2022 n'a pas eu de pause pour se refaire une routine ordinaire.*

## Les limites de ce dossier, et pourquoi elles comptent

### Aucune intention prêtée sans preuve directe

L'intention précise du pilote ou de l'opérateur du **drone** qui a frappé le supermarché de Tchernihiv n'est établie par aucune source consultée. Rien ne permet non plus d'établir avec certitude si le site a été confondu avec une cible légitime ou visé délibérément comme lieu civil. Ces questions relèvent d'enquêtes qu'aucune source consultée ne documente à ce stade.

Ce qui est observable, en revanche, tient en une phrase : un **supermarché** a été détruit ou endommagé, des civils y sont morts et ont été blessés, et ce résultat s'inscrit dans un schéma répété de frappes sur des lieux non identifiés comme militaires par les sources disponibles.

### La prudence n'est pas de l'indulgence

Réserver une **qualification juridique** aux instances compétentes n'équivaut pas à minimiser la gravité des faits. C'est reconnaître la différence entre **ce qui est documenté** et **ce qui reste à établir** — une distinction que ce texte refuse d'effacer, même quand l'émotion des faits pousserait à conclure plus vite que les preuves ne le permettent.

*La rigueur qui retient un verdict n'est pas de la froideur. C'est un respect pour les morts sans nom.*

## Les drones se comptent mieux que les vies interrompues

### Des drones comptés, des vies moins souvent nommées

Il existe, dans la **couverture disponible**, davantage de précision sur le nombre de drones lancés — 136, 147, voire 320 selon les sources — que sur l'identité des victimes. Ce **déséquilibre** n'est pas propre à ce dossier ; il traverse la couverture de nombreux conflits contemporains, où l'armement se quantifie plus facilement que la douleur.

**Un drone se compte. Une vie interrompue ne se compte pas de la même façon** — elle se raconte, ou elle disparaît dans un chiffre agrégé. C'est cette asymétrie, plus que n'importe quel autre facteur, qui nourrit la banalisation dénoncée par ce texte.

### Ce que l'absence de témoignage nommé signale

Aucune des sources consultées pour ce dossier ne nomme les 25 blessés de Tchernihiv, ni les 3 morts de Dnipropetrovsk, ni les 3 morts près de Kostiantynivka. Cette **absence** n'est pas un choix journalistique arbitraire : elle reflète probablement l'urgence des bulletins initiaux, la protection des familles, ou simplement le rythme d'une actualité qui avance plus vite que les enquêtes.

*Un chiffre sans nom finit toujours par ressembler à une statistique plutôt qu'à une perte.*

## Les alliances régionales et l'asymétrie de l'attention médiatique

### Un soutien occidental qui ne suit pas le même rythme que les frappes

Le rythme des **livraisons d'armes** et de systèmes de défense aérienne occidentaux à l'Ukraine ne fait pas l'objet, dans les sources consultées pour ce dossier précis, d'un chiffre comparable à celui des **147 drones** lancés en une seule nuit. Ce déséquilibre documentaire ne permet pas de conclure à une insuffisance du soutien occidental — il signale seulement que l'attention médiatique de la période s'est concentrée sur les bilans de frappes plutôt que sur les livraisons défensives.

Ce **vide relatif** dans la couverture disponible n'est pas neutre : il signifie qu'un lecteur suivant l'actualité du 27 et du 28 juillet 2026 a eu accès à des chiffres précis sur ce que la **Russie** a envoyé, et beaucoup moins de précision sur ce que les alliés de l'Ukraine ont livré en réponse durant la même fenêtre.

### Une asymétrie d'attention, pas nécessairement une asymétrie de moyens

Il serait **inexact** d'affirmer, à partir des seules sources consultées ici, que l'Ukraine manque de moyens de **défense aérienne**. Ce que les sources montrent, c'est une asymétrie d'attention journalistique : les frappes qui tuent produisent des bilans chiffrés précis, tandis que les interceptions réussies — dont DailyKos évoque tout de même 123 sur 147 lors d'une nuit précise — sont mentionnées plus brièvement.

*Ce qui détruit fait toujours plus de bruit médiatique que ce qui protège avec succès.*

## Le verdict que ce dossier impose, sans dépasser ce qu'il prouve

### Une accumulation, pas un accident isolé

Un **supermarché frappé** à Tchernihiv. Sept morts dans l'est. Trois morts près de Kostiantynivka. Trois morts et six blessés à Dnipropetrovsk. Plus de **130 drones** en une seule nuit, répétés la nuit suivante. Ce n'est pas la description d'un accident isolé. C'est la photographie d'un système de violence qui fonctionne, nuit après nuit, avec une régularité qui devrait alarmer davantage qu'elle ne le fait.

**La banalisation ne commence pas quand une frappe cesse de choquer. Elle commence quand elle cesse de surprendre.** Et à la lecture des bulletins accumulés sur une seule fenêtre de 48 heures, la surprise a déjà largement cédé la place à l'attente du prochain chiffre.

### Ce que le lecteur garde après ce texte

Ce dossier ne prétend résoudre aucune **question juridique**. Il propose une chose plus modeste et plus urgente : refuser que la répétition des frappes sur des lieux civils devienne, par simple lassitude collective, un fait acquis plutôt qu'un scandale documenté. Un enfant est mort dans un supermarché. Ce fait seul devrait suffire à interrompre, au moins un instant, la routine de lecture d'un bulletin de guerre parmi tant d'autres.

*Un enfant mort dans un supermarché ne devrait jamais devenir une ligne parmi d'autres dans un bulletin.*

Ce texte s'arrête ici, non parce que le dossier est clos, mais parce que les faits vérifiables disponibles à ce jour s'arrêtent ici. La guerre, elle, ne s'arrête pas : le prochain **bulletin de drones** est déjà en préparation, quelque part, avant même que ce texte ne soit publié.

**Signé Maxime Marquette, chroniqueur**

## Encadré de transparence du chroniqueur

### Positionnement éditorial

Je ne suis pas journaliste, mais **chroniqueur et analyste**. Mon expertise réside dans l'observation et l'analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.

Je ne prétends pas à l'objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. **Je prétends à la lucidité analytique**, à l'interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d'offrir une lecture critique des événements.

### Méthodologie et sources

Ce texte respecte la distinction fondamentale entre **faits vérifiés et analyses interprétatives**. La règle de méthode est constante : une information factuelle n'est publiée que si une source vérifiable la porte, et les sources effectivement utilisées par cet article sont listées sous **Sources**, jamais ici.

**Familles de sources primaires** retenues par la publication, quand le dossier en comporte : communiqués officiels des gouvernements et institutions internationales, déclarations publiques des dirigeants politiques, rapports d'organisations intergouvernementales, dépêches d'agences de presse internationales reconnues.

**Familles de sources secondaires** : publications spécialisées, médias d'information reconnus internationalement, analyses d'institutions de recherche établies, rapports d'organisations sectorielles.

Quand un article cite des données statistiques, économiques ou géopolitiques, elles proviennent d'institutions productrices de données (organisations intergouvernementales, banques centrales, instituts statistiques nationaux), et l'institution exacte est nommée sous **Sources**.

### Nature de l'analyse

Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une **synthèse critique et contextuelle** basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d'experts cités dans les sources consultées.

Mon rôle est d'interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et économiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l'observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs globaux.

Cet article décrit un état documenté à sa date de publication, et non une prédiction : une évolution ultérieure peut en déplacer les perspectives. Aucune mise à jour n'est promise d'avance; lorsqu'un article est corrigé ou complété, la modification est datée dans le texte.

## Sources

### Sources primaires et officielles

- [CENTCOM — communiqué officiel sur les frappes contre des sites désignés par Washington comme liés à l'IRGC en Irak](https://www.centcom.mil/MEDIA/PUBLIC-RELEASES/Article/4558191/us-saudi-forces-strike-iran-backed-terrorist-sites-in-iraq/)

- [The Study of War — publication sur la situation ukrainienne du 28 juillet 2026](https://x.com/TheStudyofWar/status/2082251028229947577)

### Sources secondaires

- [Al Jazeera — Russia and Ukraine trade attacks, killing 10, including child in Chernihiv](https://www.aljazeera.com/news/2026/7/27/russia-and-ukraine-trade-attacks-killing-10-including-child-in-chernihiv)

- [Le Soir — Deux morts et de nombreux blessés après une frappe russe sur un supermarché ukrainien](https://www.lesoir.be/761588/article/2026-07-27/deux-morts-et-de-nombreux-blesses-apres-une-frappe-russe-sur-un-supermarche)

- [The Straits Times — Russian attacks in eastern Ukraine kill seven, officials say](https://www.straitstimes.com/world/europe/russian-attacks-in-eastern-ukraine-kill-seven-officials-say?ref=latest-headlines)

- [RBC Ukraine — Russia strikes Ukraine with 147 drones overnight](https://newsukraine.rbc.ua/news/russia-strikes-ukraine-with-147-drones-overnight-1785133897.html)

- [DailyKos — Ukraine Invasion Day 1,616](https://www.dailykos.com/stories/2026/7/28/800076459/community/1616/)

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Source : Maxime Marquette, MadMax. Pour citer ce texte, nommer l’auteur et lier https://mad-max.co/fr/article/commentaire-un-supermarche-a-tchernihiv-la-banalisation-du-crime-de-guerre-en-uk
