# COMMENTAIRE : Pourquoi la Russie ne peut pas arrêter les drones de Kyiv

> Dans la nuit du 17 au 18 juin 2026, l'Ukraine a lancé ce qui a été qualifié par les experts comme sa plus grande attaque de drones contre la Russie depuis le début de la guerre. Sur environ 200 drones envoyés contre Moscou, une vingtaine ont réussi à percer les défenses antiaériennes de la capitale russe, selon l'expert militaire ukrainien Roman Svitan. L'incendie de la raffine

- Auteur: Maxime Marquette
- Publication: MadMax (https://mad-max.co)
- Rubrique: Commentaire
- Publié: 2026-06-28
- Adresse à citer: https://mad-max.co/fr/article/commentaire-pourquoi-la-russie-ne-peut-pas-arreter-les-drones-de-kyiv

## Introduction : la guerre des drones, deuxième acte

### Une nuit du 17 au 18 juin qui change la donne

Dans la nuit du **17 au 18 juin 2026**, l'**Ukraine** a lancé ce qui a été qualifié par les experts comme **sa plus grande attaque de drones contre la Russie depuis le début de la guerre**. Sur environ **200 drones envoyés contre Moscou**, une vingtaine ont réussi à percer les défenses antiaériennes de la capitale russe, selon l'expert militaire ukrainien **Roman Svitan**. L'**incendie de la raffinerie de Moscou à Kapotnia**, la fermeture des **quatre aéroports moscovites**, et les images d'explosion au-dessus de la ville ont été vus dans le monde entier. Ce n'est plus une campagne symbolique : c'est une campagne stratégique.

Depuis le début de l'année 2026, au moins **156 frappes de drones** ont atteint des cibles sur le territoire russe, selon les données d'**ACLED**. Les attaques ont été multipliées par **13 depuis 2023**. Et malgré tous ses efforts — les **S-300**, les **S-400**, les **Pantsir**, la **guerre électronique** — la **Russie** n'a pas réussi à arrêter cette campagne. Pourquoi ? C'est la question à laquelle ce commentaire tente de répondre.

### Des drones low-cost contre un bouclier high-tech : l'asymétrie économique

La réponse commence par l'économie. Un drone ukrainien de type **Shahed inversé** ou un engin maison coûte entre **500 et 50 000 dollars**. Un missile intercepteur **S-300** ou **S-400** coûte entre **500 000 et 2 millions de dollars**. Le ratio coût-efficacité est en faveur de l'**Ukraine** dès le départ : pour saturer une batterie de missiles russes, il faut des dizaines de drones bon marché. Quand la batterie est épuisée, les drones suivants passent librement.

C'est la logique mathématique de la **guerre d'attrition par saturation**. Et elle s'applique parfaitement à la guerre des drones de 2026. **Kyiv** a parfaitement compris cette équation et l'a mise en pratique avec une constance et une ingéniosité remarquables. La **Russie**, elle, se retrouve dans la position désagréable de devoir dépenser plus pour défendre que son adversaire pour attaquer.

*L'asymétrie économique de la guerre des drones est fascinante. L'Ukraine n'a pas les moyens de battre la Russie dans un combat blindé ou aérien traditionnel. Mais elle a compris quelque chose que Moscou n'a pas encore intégré : on ne gagne pas toujours avec les meilleures armes, on gagne avec les armes qu'on peut se permettre en quantité suffisante. Les drones low-cost sont le kalachnikov du 21e siècle.*

## La géographie du problème : un espace aérien impossible à verrouiller

### Thousands of kilometers, hundreds of vectors

La **Russie** est un pays immense — environ **17 millions de kilomètres carrés**. Protéger l'intégralité de son espace aérien contre des drones à basse altitude, lents et furtifs est une **mission pratiquement impossible**. Les systèmes de défense aérienne sont déployés en priorité autour des centres stratégiques — **Moscou**, **Saint-Pétersbourg**, les bases aériennes, les installations nucléaires. Mais le reste du territoire reste largement découvert.

Les drones ukrainiens exploitent précisément ces **vides dans la couverture radar**. Ils volent à basse altitude — parfois à **quelques dizaines de mètres du sol** — en suivant le relief du terrain, en profitant des zones forestières et des vallées pour éviter les radars. Ils peuvent parcourir des centaines de kilomètres en utilisant des routes complexes, changeant de trajectoire, se dispersant, se regroupant. Aucun système de défense aérienne fixe ne peut couvrir tous les vecteurs d'approche simultanément.

### La basse altitude : le point mort des radars russes

Les systèmes radar de la **DCA russe** — les **55G6**, les **64N6**, les radars intégrés des systèmes **S-400** — sont optimisés pour des cibles à altitude moyenne et haute : avions de combat, missiles de croisière à haute altitude, missiles balistiques. Les drones ukrainiens volant à basse altitude à des vitesses modestes représentent des **signatures radar très faibles** — une **section efficace radar (RCS)** réduite, un signal difficile à distinguer du bruit de fond au sol.

La **Russie** a répondu en déployant plus de systèmes **Pantsir-S1** — un système sol-air à courte portée spécifiquement conçu pour la menace des drones et des missiles de croisière à basse altitude — autour des villes stratégiques. Mais les **Pantsir** ont leurs propres limites : un **rayon d'action limité**, une **vulnérabilité aux attaques multidirectionnelles**, et une **dépendance à une couverture radar locale** que les drones à basse altitude contournent également.

*Le problème radar à basse altitude est l'un des enjeux techniques les plus fascinants de ce conflit. C'est comme essayer d'attraper des souris dans une maison avec des pièges conçus pour attraper des ours. La Russie a investi dans des systèmes extraordinairement sophistiqués contre des menaces de haute altitude, et se retrouve vulnérable face à des drones qui coûtent moins qu'une voiture familiale. L'ironie est cruelle.*

## La guerre électronique : un bouclier percé

### Le brouillage GPS : une arme à double tranchant

La **Russie** a massivement investi dans la **guerre électronique (EW)** comme réponse aux drones ukrainiens. Les systèmes russes de **brouillage GPS** — les **Krasukha-4**, les **Murmansk-BN**, les systèmes **Leer-3** — perturbent les signaux GPS dont dépendent les drones ukrainiens pour leur navigation. Ces systèmes ont été déployés en grand nombre sur le territoire russe et en **Ukraine occupée**.

Mais cette guerre électronique est à double tranchant. En brouillant le **GPS** sur de larges zones, la **Russie** a effectivement dévié certains drones ukrainiens de leurs trajectoires — mais les a envoyés vers d'autres destinations, dont les territoires des **pays baltes**, de la **Finlande** et de la **Roumanie**. Ces incidents ont créé des tensions diplomatiques et politiques considérables avec les membres de l'**OTAN**. La **guerre électronique russe** s'est retournée partiellement contre **Moscou** sur le plan diplomatique.

### La navigation inertielle et optique : contourner le brouillage

En réponse au brouillage GPS russe, les ingénieurs ukrainiens ont développé des **systèmes de navigation alternatifs** : navigation **inertielle**, **reconnaissance d'images optiques** du terrain (**TERCOM**), et navigation basée sur des **réseaux de neurones** capables d'identifier des repères visuels sans GPS. Ces innovations rendent les drones ukrainiens progressivement plus résistants au brouillage russe.

Selon des analystes cités par le **Wall Street Journal** via **RBC Ukraine** en juin 2026, les **drones ukrainiens pénètrent de mieux en mieux la défense aérienne russe** — un constat qui reflète directement ces améliorations technologiques continues. C'est une **course technologique** en temps réel, où chaque adaptation russe est suivie d'une contre-adaptation ukrainienne.

*Cette course technologique entre guerre électronique russe et navigation alternative ukrainienne est l'une des batailles les plus instructives du conflit. Elle se joue dans des laboratoires et des garages, pas sur les champs de bataille traditionnels. Et l'Ukraine — avec l'aide discrète de partenaires occidentaux — y prend une longueur d'avance. C'est un des rares domaines où la technologie joue clairement en faveur de Kyiv.*

## La stratégie ukrainienne : une équipe secrète de drones

### Les Unmanned Systems Forces : une armée dans l'armée

L'**Ukraine** a formalisé sa compétence en drones en créant les **Forces des Systèmes Sans Pilote** (**Unmanned Systems Forces**), une branche militaire indépendante. Des journaux comme **NPR** et **Business Insider** ont rapporté en juin 2026 l'existence d'une **équipe secrète de développement de drones** ukrainienne — un groupe de centaines d'ingénieurs, de pilotes et de techniciens qui travaillent dans la clandestinité à améliorer continuellement les capacités ukrainiennes. Ces équipes opèrent en dehors des structures militaires traditionnelles pour maintenir leur sécurité opérationnelle.

Cette organisation reflète une philosophie que l'**Ukraine** a développée par nécessité : **l'innovation rapide et distribuée**. Plutôt que de dépendre d'un complexe industriel militaire centralisé — comme la **Russie** — l'**Ukraine** a créé un **écosystème décentralisé** de petits ateliers, de startups de drones et d'ingénieurs indépendants qui alimentent en permanence les lignes de front. C'est flexible, difficile à cibler pour l'ennemi, et extraordinairement créatif.

### 660 drones en une nuit : la capacité de production monte

La nuit du **25 au 26 juin 2026**, la **Russie** a annoncé avoir abattu **660 drones ukrainiens** — l'un des chiffres les plus élevés de la guerre. Le nombre exact est difficile à vérifier, mais l'ordre de grandeur est cohérent avec les données collectées par les observateurs independants. Ce chiffre signifie que l'**Ukraine** est désormais capable de lancer des **centaines de drones** simultanément, depuis des sites de lancement dispersés sur l'ensemble du territoire ukrainien.

Cette capacité de production et de lancement massif n'existait pas en 2022. Elle est le résultat de **quatre ans d'investissement ukrainien** dans l'industrie des drones, soutenu par des transferts de technologie et des partenariats avec des alliés occidentaux. Selon les données de la chaîne **WION**, cette évolution est qualifiée de **«strike storm»** — une tempête de frappes qui dépasse progressivement les capacités défensives russes.

*«Strike storm» — j'aime cette expression parce qu'elle capture quelque chose d'essentiel : ce n'est pas une frappe chirurgicale isolée, c'est une stratégie de saturation permanente. Chaque nuit, des dizaines à des centaines de drones partent vers la Russie. Certains arrivent à destination. Les défenses russes s'épuisent. Et demain, il y en aura encore plus. C'est la guerre d'attrition version 21e siècle.*

## L'industrie russe de guerre électronique : ses limites exposées

### Le paradoxe de la guerre électronique : protéger sans paralyser

La **guerre électronique russe** fait face à un défi structurel : pour être efficace contre les drones ukrainiens, elle doit brouiller les signaux **GPS** et de communication sur des zones étendues. Mais ce même brouillage affecte les communications et la navigation russes — civiles et militaires. Des pilotes russes ont signalé des perturbations de navigation dans des zones où les systèmes EW russes étaient actifs. Des civils russes près des zones de conflit constatent des dysfonctionnements de leurs appareils GPS.

Ce **dilemme de la guerre électronique** — protéger sans se paralyser soi-même — n'a pas de solution simple. La **Russie** peut activer ses systèmes EW et protéger certaines zones au prix de perturber ses propres systèmes, ou les désactiver et laisser les drones ukrainiens naviguer librement. Les deux options ont un coût. Et l'**Ukraine** exploite précisément cette contrainte en saturant les défenses pour obliger la **Russie** à choisir entre deux mauvaises options.

### Pourquoi la Russie ne construit pas assez de défenses

Un argument souvent avancé est que la **Russie** pourrait construire davantage de systèmes de défense aérienne de courte portée pour couvrir ses angles morts. En théorie, oui. En pratique, elle est confrontée aux mêmes **pénuries de composants électroniques** qui affectent ses missiles **S-300**. Les systèmes **Pantsir-S1** eux-mêmes nécessitent des composants soumis à sanctions. Et même si les problèmes d'approvisionnement étaient résolus, former suffisamment d'opérateurs qualifiés et déployer ces systèmes à l'échelle de la **Russie** prend du temps — du temps que les drones ukrainiens ne lui laissent pas.

Selon l'analyse de **MiGFlug**, publiée le **23 juin 2026**, les raisons pour lesquelles la **Russie** ne peut pas arrêter les drones ukrainiens se résument à une combinaison de **facteurs géographiques** (territoire immense), **technologiques** (failles radar à basse altitude), **économiques** (coût asymétrique) et **industriels** (pénuries de composants). Aucun de ces facteurs n'est résolu à court terme. La contrainte est structurelle.

*Quand on combine la géographie de la Russie, ses failles radar, le coût asymétrique des drones et les pénuries industrielles liées aux sanctions, on obtient une équation insoluble pour Moscou à court terme. Ce n'est pas que la Russie est incompétente — c'est que le problème est objectivement trop difficile à résoudre avec les moyens disponibles. Et c'est exactement la situation que l'Ukraine a cherché à créer.*

## Les conséquences stratégiques : une Russie qui doute d'elle-même

### L'image politique : Moscou vulnérable

Les images de **Moscou** partiellement paralysée par des drones ukrainiens ont une dimension politique qui dépasse largement leur impact matériel. **Vladimir Poutine** a vendu cette guerre aux Russes comme un conflit lointain, sur un territoire qu'il appelle « historiquement russe », mené contre une menace venue de l'Ouest. La vision d'explosions et de fumée au-dessus de la capitale russe, la fermeture des aéroports, l'incendie d'une raffinerie à **Kapotnia** — tout cela contredit ce narratif.

Des **53 régions russes** ont connu des pénuries d'essence liées aux frappes ukrainiennes sur les raffineries. Le prix du carburant a grimpé dans la région de **Moscou**. La **Banque centrale russe** a cité la flambée des prix de l'essence comme facteur dans sa décision de réduire moins que prévu son taux directeur. L'impact économique des drones ukrainiens sur la vie quotidienne russe devient de plus en plus concret — et de plus en plus difficile à cacher à une population que la propagande maintient dans un état de déni partiel.

### La réponse de Poutine : escalade verbale

**Vladimir Poutine** a répondu en juin 2026 avec des menaces d'escalade : il a prévenu que la **Russie** effectuerait des **frappes de représailles** contre l'**Europe** si les drones ukrainiens étaient lancés depuis des territoires européens. Ces menaces sont sérieuses sur le plan diplomatique — elles ont provoqué des tensions avec les **États baltes** et la **Pologne**. Mais elles sont aussi un aveu d'impuissance : un dirigeant qui peut arrêter les drones chez lui n'a pas besoin de menacer ses voisins.

La **rhétorique d'escalade** de **Poutine** masque une réalité désagréable pour le **Kremlin** : l'**Ukraine** frappe en profondeur le territoire russe, perturbent ses industries, paralysent ses transports et érodent le sentiment d'invulnérabilité que le régime avait soigneusement cultivé. Et la **Russie** ne peut pas l'arrêter efficacement.

*Les menaces de Poutine contre l'Europe si les drones partent de chez elle — voilà qui me semble plus révélateur que menaçant. Un dictateur qui menace ne contrôle plus la situation. Et une puissance qui doit menacer ses voisins neutres pour protéger sa capitale de drones, c'est une puissance dont l'arc narratif s'érode. La Russie a peur de ses propres ombres. Et les ombres sont ukrainiennes.*

## L'équipe secrète ukrainienne de drones : l'architecture d'une révolution

### Une unité d'élite dans l'ombre

Des reportages de **NPR** et de **Business Insider** ont révélé en **juin 2026** l'existence d'une **unité spécialisée ukrainienne** dédiée aux opérations de drones profonds contre le territoire russe. Cette équipe secrète, composée d'ingénieurs, de techniciens et d'opérateurs militaires, a développé des capacités de planification, de lancement et de guidage qui ont transformé la campagne de **deep strike** ukrainienne. Elle opère dans une discrétion totale — peu de détails ont filtré sur son organisation, ses effectifs ou sa localisation.

Ce qui est documenté, c'est le résultat : des frappes de plus en plus précises sur des cibles situées à **1 000, 1 500, voire 2 000 kilomètres** du territoire ukrainien. Des raffineries à **Saratov**, des usines d'armement à **Volgograd**, des dépôts de munitions dans l'**Oural** — des cibles qui semblaient hors de portée il y a encore deux ans. Cette montée en puissance est le résultat d'un investissement délibéré dans la compétence technologique, pas d'un accident ou d'une improvisation.

### La logistique de l'impossible : faire voler un drone pendant 12 heures

L'une des innovations les plus remarquables de la campagne ukrainienne est la capacité à maintenir des drones en vol pendant de longues durées, couvrant des distances immenses sur le territoire russe. Ces drones doivent naviguer en évitant les radars, contourner les systèmes de **guerre électronique**, maintenir leur guidage malgré les interférences, et frapper avec précision une cible spécifique. C'est un défi technologique et logistique considérable que **l'Ukraine** a su relever avec des ressources limitées.

La **Russie**, qui dispose pourtant de capteurs avancés et de systèmes de guerre électronique, peine à détecter et neutraliser ces engins. Les **drones ukrainiens** volent bas, profitent du relief et des obstacles naturels, et changent régulièrement leurs trajectoires. L'**IA** et les algorithmes de navigation avancés, développés en partie avec l'aide de partenaires technologiques occidentaux, constituent le cœur de cet avantage opérationnel.

*Il y a dans cette campagne ukrainienne de drones quelque chose qui ressemble à une leçon universelle sur la guerre asymétrique : la créativité, la nécessité et la détermination peuvent compenser une infériorité en ressources brutes. **L'Ukraine** ne peut pas construire autant de chars que la **Russie** n'en a. Mais elle peut construire des milliers de drones qui font des dégâts que des chars ne pourraient pas infliger de la même manière. C'est une révolution dans l'art de la guerre.*

## Les conséquences psychologiques et diplomatiques des frappes profondes

### L'effet psychologique sur la population russe

Chaque drone qui survole **Moscou**, chaque incendie visible depuis le périphérique, chaque fermeture d'aéroport erode lentement mais sûrement la narrative du **Kremlin** selon laquelle la guerre est un **«conflit lointain»** qui ne touche pas le quotidien des Russes ordinaires. Quand les habitants de **Moscou** doivent se réfugier dans des abris lors d'alertes aux drones, quand les vols sont annulés, quand les images de déflagrations au-dessus de la capitale circulent sur les réseaux sociaux — la réalité de la guerre entre dans les foyers.

Cet effet psychologique est difficile à quantifier, mais il est réel. Les régimes autoritaires tirent une partie de leur légitimité de leur capacité à protéger la population. Quand cette protection fait défaut — quand la **DCA** ne peut plus garantir la sécurité du ciel russe — c'est le contrat social entre le régime et les citoyens qui se fragilise. **Poutine** a vendu la guerre comme une victoire à portée de main. Les drones ukrainiens au-dessus de **Moscou** racontent une histoire différente.

### L'impact diplomatique : que signifient les frappes profondes pour les négociations

Les frappes profondes ukrainiennes ont aussi une dimension diplomatique importante. Elles démontrent aux alliés occidentaux que les armements fournis à **l'Ukraine** produisent des résultats stratégiques concrets, au-delà de la simple défense du territoire. Elles forcent la **Russie** à consacrer davantage de ressources à sa propre défense intérieure, réduisant d'autant ses capacités offensives. Et elles créent une pression militaire qui pourrait, à terme, contribuer à forcer **Moscou** vers des négociations sérieuses.

Mais ces frappes posent aussi des questions délicates pour l'**Occident**. Certaines nations alliées ont initialement interdit à **l'Ukraine** d'utiliser leurs armements pour frapper le territoire russe — une contrainte progressivement levée face à l'évidence stratégique. **Poutine** a menacé de frappes représailles contre les pays européens si des drones ukrainiens étaient lancés depuis leur sol. Ces tensions testent la solidarité alliée — et jusqu'ici, cette solidarité tient.

*Il y a quelque chose de symboliquement fort dans le fait que les drones ukrainiens survolent **Moscou** pendant que les politiciens européens débattent encore des lignes rouges à ne pas franchir. **L'Ukraine**, elle, n'attend pas la permission pour se défendre et attaquer. Elle agit avec la détermination de ceux qui n'ont pas d'autre choix. C'est une leçon de résilience que l'**Occident** ferait bien de méditer.*

## Conclusion : un avantage ukrainien qui doit être préservé

### Ne pas rater cette fenêtre stratégique

L'avantage actuel de l'**Ukraine** dans la guerre des drones est réel mais pas permanent. La **Russie** apprend, adapte, investit. Elle développe de nouvelles contre-mesures, améliore ses radars à basse altitude, renforce ses systèmes de guerre électronique. L'avance ukrainienne dans ce domaine est le résultat de quatre ans d'innovation sous pression — mais elle peut se réduire si le **soutien occidental** s'amenuise ou si les sanctions sont allégées prématurément.

### La course à l'innovation doit continuer

L'**Occident** doit soutenir sans relâche l'**écosystème d'innovation** ukrainien en matière de drones : transferts de technologie, financement des startups, formation d'ingénieurs, fourniture de composants. Chaque drone amélioré est une arme stratégique. Chaque pénurie de composants russes aggravée par les sanctions est une victoire. Ce commentaire plaide pour une chose simple : **ne pas gâcher l'avantage acquis**. La Russie ne peut pas arrêter les drones de Kyiv aujourd'hui. Faisons en sorte que demain soit encore pire pour elle.

*Je termine ce commentaire avec un constat qui me remplit à la fois d'admiration et d'inquiétude. Admiration pour l'ingéniosité ukrainienne — ils ont trouvé un moyen de frapper le cœur de la Russie avec des armes que leur économie peut se permettre. Inquiétude parce que cette avantage n'est pas acquis pour toujours. L'innovation, ça demande du soutien, du financement et du courage politique. J'espère que l'Occident ne se dérobera pas.*

**Signé Maxime Marquette, chroniqueur**

## Encadré de transparence du chroniqueur

### Positionnement éditorial

Je ne suis pas journaliste, mais **chroniqueur et analyste**. Mon expertise réside dans l'observation et l'analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.

Je ne prétends pas à l'objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. **Je prétends à la lucidité analytique**, à l'interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d'offrir une lecture critique des événements.

### Méthodologie et sources

Ce texte respecte la distinction fondamentale entre **faits vérifiés et analyses interprétatives**. La règle de méthode est constante : une information factuelle n'est publiée que si une source vérifiable la porte, et les sources effectivement utilisées par cet article sont listées sous **Sources**, jamais ici.

**Familles de sources primaires** retenues par la publication, quand le dossier en comporte : communiqués officiels des gouvernements et institutions internationales, déclarations publiques des dirigeants politiques, rapports d'organisations intergouvernementales, dépêches d'agences de presse internationales reconnues.

**Familles de sources secondaires** : publications spécialisées, médias d'information reconnus internationalement, analyses d'institutions de recherche établies, rapports d'organisations sectorielles.

Quand un article cite des données statistiques, économiques ou géopolitiques, elles proviennent d'institutions productrices de données (organisations intergouvernementales, banques centrales, instituts statistiques nationaux), et l'institution exacte est nommée sous **Sources**.

### Nature de l'analyse

Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une **synthèse critique et contextuelle** basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d'experts cités dans les sources consultées.

Mon rôle est d'interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et économiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l'observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs globaux.

Cet article décrit un état documenté à sa date de publication, et non une prédiction : une évolution ultérieure peut en déplacer les perspectives. Aucune mise à jour n'est promise d'avance; lorsqu'un article est corrigé ou complété, la modification est datée dans le texte.

## Sources

### Sources primaires

- [Le Grand Continent — Les attaques de drones ukrainiens multipliées par 13 depuis 2023 — 19 juin 2026](https://legrandcontinent.eu/fr/2026/06/19/les-attaques-de-drones-ukrainiens-en-russie-ont-ete-multipliees-par-13-depuis-2023/)

- [RBC Ukraine / WSJ — Ukrainian drones penetrate Russian air defenses — 27 juin 2026](https://newsukraine.rbc.ua/news/ukrainian-drones-penetrate-russian-air-defenses-1782546107.html)

- [ISW — Russian Offensive Campaign Assessment June 22, 2026](https://understandingwar.org/research/russia-ukraine/russian-offensive-campaign-assessment-june-22-2026/)

### Sources secondaires

- [Euronews — Crise du carburant, coût de la guerre : la Banque de Russie — 20 juin 2026](https://fr.euronews.com/business/2026/06/20/crise-du-carburant-cout-de-la-guerre-la-banque-de-russie-craint-une-reprise-de-linflation)

- [Politico — Putin says Russia will bolster its air defenses — 6 juin 2026](https://www.politico.com/news/2026/06/05/putin-says-russia-will-bolster-its-air-defenses-in-response-to-ukrainian-drone-attacks-00951396)

- [Euromaidan Press — Polish FM warns Putin's retaliatory rhetoric — 24 juin 2026](https://euromaidanpress.com/2026/06/24/polish-fm-warns-putins-retaliatory-rhetoric-sounds-like-an-announcement-of-a-provocation/)

- [Charter97 — ISW: The Kremlin Can't Even Defend Its Own Capital — 19 juin 2026](https://charter97.org/en/news/2026/6/19/688307/)

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Source : Maxime Marquette, MadMax. Pour citer ce texte, nommer l’auteur et lier https://mad-max.co/fr/article/commentaire-pourquoi-la-russie-ne-peut-pas-arreter-les-drones-de-kyiv
