# COMMENTAIRE : Les obligations russes s'effondrent : le marché a condamné la guerre

> On peut mentir à ses citoyens. On peut mentir à la presse. On peut mentir aux ambassadeurs et aux organisations internationales. Mais on ne peut pas mentir aux marchés financiers — pas durablement. Les marchés n'ont pas de sympathies politiques. Ils ne craignent pas les représailles. Ils ne se soucient pas de la propagande du Kremlin. Ils calculent froidement le risque de non-r

- Auteur: Maxime Marquette
- Publication: MadMax (https://mad-max.co)
- Rubrique: Commentaire
- Publié: 2026-06-28
- Adresse à citer: https://mad-max.co/fr/article/commentaire-les-obligations-russes-s-effondrent-le-marche-a-condamne-la-guerre

## Introduction : Quand la finance dit ce que la diplomatie n'ose pas

### Les marchés financiers comme tribunal impitoyable

On peut mentir à ses citoyens. On peut mentir à la presse. On peut mentir aux ambassadeurs et aux organisations internationales. Mais on ne peut pas mentir aux marchés financiers — pas durablement. Les marchés n'ont pas de sympathies politiques. Ils ne craignent pas les représailles. Ils ne se soucient pas de la propagande du **Kremlin**. Ils calculent froidement le risque de non-remboursement et fixent leur prix en conséquence.

Et le verdict des marchés sur les finances publiques russes en **juin 2026** est sans appel. Selon le **Moscow Times** du **22 juin 2026**, les **obligations fédérales russes (OFZ)** ont connu une chute significative de leur valeur, avec des rendements atteignant environ **15 %**. Ce niveau de rendement dit une chose simple : les investisseurs exigent une compensation élevée pour le risque qu'ils prennent en prêtant à l'État russe. Ce n'est pas de la politique. C'est de l'arithmétique financière. Et cette arithmétique a condamné la guerre.

### Rendements à 15 % : décoder le signal

Un rendement de **15 %** sur les obligations d'État russes doit être mis en perspective. Des obligations souveraines de pays stables se négocient généralement à des rendements bien inférieurs — entre **3 et 6 %** pour les économies développées. Un rendement à **15 %** place la **Russie** dans la catégorie des économies à risque élevé, comparable à des marchés émergents sous forte pression fiscale ou à des États dont la solvabilité est sérieusement questionnée.

Ce niveau de rendement n'est pas seulement un signal de méfiance du marché. Il est également un coût réel pour l'État russe. Chaque émission d'obligations pour financer le déficit de guerre coûte à la **Russie** des intérêts considérablement plus élevés que pour n'importe quel État occidental. Le financement du déficit lui-même génère un cercle vicieux : des taux élevés → coût de la dette plus lourd → déficit plus grand → taux encore plus élevés. C'est la spirale de la dette souveraine en temps de guerre.

*J'ai toujours cru que les marchés financiers, malgré tous leurs défauts et leurs excès, disent souvent une vérité que les gouvernements refusent d'admettre. Un État dont les obligations se négocient à 15 % de rendement est un État dont la viabilité financière est questionnée. C'est ce que dit le marché à Poutine. Il ne l'écoutera pas. Mais l'histoire, elle, retiendra ce signal.*

## Le déficit de 80 milliards et la machine à emprunter

### La mécanique du déficit en temps de guerre

Le **déficit budgétaire russe** a dépassé **80 milliards de dollars**, selon **United24 Media** du **23 juin 2026**. Pour le financer, la **Russie** a trois options principales : puiser dans ses réserves accumulées, emprunter sur les marchés domestiques, ou monétiser le déficit en imprimant de la monnaie. Elle utilise les trois simultanément, avec des proportions qui varient selon les contraintes.

L'emprunt sur les marchés domestiques — via les **OFZ** — est la solution la plus transparente mais la plus coûteuse, comme les rendements à **15 %** l'indiquent. La monétisation par la **Banque centrale** est moins visible mais contribue directement à l'inflation, qui ronge les économies et les salaires des Russes. L'utilisation des réserves est irréversible : l'argent dépensé ne revient pas. Chacune de ces mécaniques a des effets durables sur la structure financière russe.

### Le Fonds national de richesse russe : que reste-t-il ?

Le **Fonds national de richesse (FNB) russe** a été constitué dans les années 2000 grâce aux recettes pétrolières des périodes de cours élevés. Il représentait, avant l'invasion de **2022**, une réserve de sécurité considérable — plusieurs centaines de milliards de dollars selon les estimations. Depuis, il a été partiellement utilisé pour combler les déficits de guerre. Les chiffres exacts sont difficiles à établir en raison de l'opacité du gouvernement russe, mais les données disponibles suggèrent que le fonds a été significativement entamé.

Avec le déficit actuel de **80 milliards** et la prévision d'augmenter les dépenses de **4 à 5 trillions de roubles supplémentaires** — soit environ **50 à 60 milliards supplémentaires** — le **FNB** continuera de diminuer. À quel moment atteindra-t-il un niveau critique en dessous duquel l'État russe ne peut plus maintenir sa solvabilité sans des ajustements drastiques ? Les économistes spécialisés ont des estimations variables, mais la trajectoire est claire : descendante et accélérée.

*Le Fonds national de richesse russe, c'est l'argent du pétrole que nous avons acheté pendant vingt ans. Poutine le dépense maintenant pour financer la destruction de l'Ukraine. Il y a dans ce fait une responsabilité historique que l'Europe doit assumer : nous avons pré-financé cette guerre, sans le vouloir, par notre dépendance aux énergies fossiles russes.*

## Pourquoi les marchés sanctionnent la guerre de Poutine

### La prime de risque géopolitique

Le rendement élevé des **OFZ** reflète plusieurs catégories de risque simultanées. Il y a le risque de défaut classique — la probabilité que l'État ne rembourse pas sa dette. Il y a le risque d'inflation — la probabilité que la dette soit remboursée en monnaie dévaluée, réduisant la valeur réelle du remboursement. Et il y a le risque géopolitique — la probabilité que des événements liés à la guerre créent des perturbations supplémentaires.

Ces trois catégories de risque sont toutes élevées pour la **Russie** en **2026**. Le déficit est massif et croissant. L'inflation est persistante et alimentée structurellement par les dépenses militaires. La situation géopolitique est la moins prévisible depuis la **guerre froide**. Les marchés intègrent tout cela dans leur prix. Quand les rendements montent à **15 %**, c'est l'ensemble de ces risques combinés qui s'expriment en chiffres.

### Les marchés étrangers : l'isolement financier total

Il convient de noter que les **OFZ** dont il est question sont les obligations négociées sur les marchés domestiques russes, les marchés internationaux étant pratiquement fermés à la **Russie** depuis les sanctions. L'**Union européenne** a maintenu l'intégralité de son mur de sanctions économiques anti-russes jusqu'en **2027**, selon **Euromaidan Press** du **26 juin 2026**, incluant les transactions financières. La **Russie** est coupée des marchés de capitaux internationaux et dépend donc de son marché intérieur pour emprunter.

Cette dépendance exclusive du marché intérieur est elle-même un signal de fragilité. Les grands États empruntent sur les marchés internationaux pour diversifier leurs sources de financement et réduire leurs coûts. Une **Russie** confinée à son seul marché intérieur, avec des rendements à **15 %**, paie un prix considérablement plus élevé pour financer sa dette que n'importe quel État occidentale comparable. C'est une forme de sanction qui agit quotidiennement, en silence, sur les finances publiques russes.

*L'isolement financier de la Russie des marchés internationaux est l'une des conséquences les plus durables des sanctions. Ce n'est pas spectaculaire. Ça ne fait pas les gros titres. Mais chaque point de rendement supplémentaire que la Russie paie sur ses obligations domestiques représente des milliards de roubles qui ne vont pas aux services publics, aux retraites, à l'éducation. C'est la guerre financière en mode silencieux et efficace.*

## Le signal des marchés et la stratégie de l'Occident

### Utiliser le verdict des marchés comme argument politique

Le fait que les marchés financiers aient condamné la trajectoire économique russe est un argument puissant pour les défenseurs du maintien des sanctions. Il démontre que ces sanctions ne sont pas seulement symboliques — elles ont des effets mesurables sur les conditions de financement de l'État russe. Un adversaire qui paie **15 %** pour emprunter est un adversaire qui consacre une part croissante de ses ressources à servir sa dette plutôt qu'à financer sa guerre.

Ce signal devrait renforcer la position des alliés les plus déterminés — les pays baltes, la **Pologne**, la **Scandinavie** — qui poussent pour le **21e paquet de sanctions** et pour l'accélération de l'embargo pétrolier. Ils peuvent désormais dire, chiffres à l'appui : regardez ce que les sanctions font. Regardez les rendements des obligations russes. Regardez le déficit. Les marchés ont voté. Il faut tenir.

### Les risques d'une lecture trop optimiste

Il serait cependant risqué de tirer une conclusion trop optimiste de la seule chute des OFZ. L'histoire des économies de guerre montre que des États peuvent fonctionner avec des finances publiques très dégradées pendant longtemps, si l'État contrôle suffisamment son économie et sa population pour imposer les sacrifices nécessaires. La **Russie** soviétique a maintenu une économie dysfonctionnelle pendant des décennies. La **Corée du Nord** maintient un État en état de guerre permanente malgré une économie de survie.

**The Economist** du **22 juin 2026** le rappelle honnêtement : l'économie russe «a des problèmes mais ne va pas s'effondrer». Un rendement à **15 %** sur les obligations d'État est un signe de stress sévère, pas un arrêt de mort immédiat. La pression doit se maintenir et s'intensifier pour que l'accumulation des difficultés produise ses effets décisifs.

*Je suis trop honnête pour prétendre que la chute des OFZ russes va mettre fin à la guerre demain. Ce n'est pas comme ça que ça marche. Mais c'est un grain de sable supplémentaire dans la machine de guerre de Poutine. Et les grains de sable, s'ils s'accumulent assez, finissent par gripper même les mécanismes les plus robustes.*

## L'impact sur les Russes ordinaires : qui paie vraiment ?

### L'inflation, les taux, et le porte-monnaie russe

La chute des OFZ et les rendements à **15 %** ne sont pas des abstractions financières : ils ont des conséquences directes sur la vie quotidienne des Russes ordinaires. Pour maintenir ces rendements attractifs et éviter une fuite des capitaux, la **Banque centrale de Russie** doit maintenir son taux directeur à des niveaux élevés — environ **21 %**. Ce taux se répercute sur les crédits immobiliers, les prêts à la consommation, le financement des entreprises.

Un Russe qui veut acheter un appartement avec un crédit à **21 %** doit consacrer une part de son salaire à des remboursements d'intérêts considérables. Une PME qui veut investir dans de nouveaux équipements à **21 %** n'a souvent pas les marges pour le faire. Cette compression du crédit civil ralentit l'activité économique, réduit les revenus et aggrave les difficultés des ménages. Ce n'est pas Poutine qui paie — c'est la famille russe moyenne.

### L'épargne russe face à l'inflation

Les Russes qui ont épargné — dans des comptes bancaires, dans des actifs financiers — voient la valeur réelle de leur épargne érodée par l'inflation persistante. Si l'inflation est de **10 à 12 %** annuellement et que les taux d'intérêt sur les dépôts bancaires sont inférieurs, l'épargnant perd en pouvoir d'achat réel chaque mois. C'est un impôt invisible sur l'épargne populaire, qui transfère subrepticement de la richesse des ménages vers l'État pour financer ses dépenses de guerre.

Cette dynamique est documentée dans plusieurs sources qui couvrent l'économie russe en **2026**. Les régions russes endettées, rapportées par **dn.gov.ua** le **22 juin 2026**, illustrent la même réalité à l'échelle territoriale : les ressources publiques sont siphonnées vers la guerre, laissant moins pour les services qui profitent aux citoyens ordinaires.

*Je veux terminer cette section avec une observation que je trouve importante : les Russes ordinaires qui souffrent de l'inflation, des taux élevés et des coupes dans les services publics sont des victimes de la politique de Poutine, pas ses artisans. Cette distinction est essentielle pour penser correctement la sortie de crise. Une paix durable en Europe ne peut pas être fondée sur la punition collective d'un peuple pour les crimes de son dirigeant.*

## Les crypto-monnaies et le contournement financier russe

### La blockchain comme bouclier contre les sanctions

Le régime de sanctions de l'**UE**, maintenu jusqu'en **2027** et incluant explicitement les cryptomonnaies selon **Euromaidan Press** du **26 juin 2026**, cible une réalité nouvelle : la **Russie** a tenté d'utiliser les actifs numériques pour contourner les restrictions financières imposées au système bancaire traditionnel. Des transactions en **Bitcoin**, **Tether** et d'autres cryptomonnaies ont été documentées comme vecteurs de paiements internationaux qui échapperaient partiellement aux circuits bancaires traditionnels contrôlés par les sanctions.

L'extension des sanctions aux cryptomonnaies ferme une partie de cette fenêtre de contournement. Mais la nature décentralisée et pseudonyme des actifs numériques rend leur contrôle beaucoup plus difficile que celui des virements bancaires traditionnels. Des outils d'analyse de blockchain ont été développés par des entreprises spécialisées pour tracer les flux suspects. L'efficacité de cette surveillance est réelle mais partielle — les acteurs russes s'adaptent, utilisent des méthodes d'obfuscation, et trouvent de nouveaux vecteurs. C'est une course sans fin entre régulateurs et contourneurs.

### Le rouble numérique : une souveraineté monétaire défensive

La **Banque centrale de Russie** développe depuis plusieurs années une monnaie numérique de banque centrale — le **«rouble numérique»** — en partie comme réponse à la vulnérabilité du système de paiements russe aux sanctions. Un système de paiements basé sur une monnaie numérique contrôlée par l'État pourrait théoriquement fonctionner indépendamment des systèmes **SWIFT** et des infrastructures de paiements internationaux dominés par les États-Unis et l'Europe.

Cette ambition de souveraineté monétaire numérique est partagée par d'autres États qui craignent d'être un jour dans la même position que la **Russie** — notamment la **Chine**, qui développe son propre **yuan numérique**. Si ces systèmes alternatifs se développent et atteignent une masse critique, ils pourraient à terme réduire l'efficacité des sanctions financières occidentales. C'est un risque stratégique à long terme que les décideurs doivent anticiper.

*Le rouble numérique et le yuan numérique sont des tentatives de créer une alternative à l'architecture financière occidentale que les sanctions exploitent. Si ces projets aboutissent, les sanctions perdent une partie de leur tranchant. C'est pourquoi l'Occident doit agir maintenant, pendant que l'architecture financière qu'il contrôle est encore efficace comme levier de pression.*

## Les matières premières russes : la dépendance mondiale qui persiste

### Nickel, titane, palladium : les ressources que l'Occident achète encore

La **Russie** reste un fournisseur incontournable de certaines matières premières stratégiques. Le **nickel** russe représente une part significative de la production mondiale utilisée dans les batteries de véhicules électriques. Le **titane** russe est utilisé dans l'aéronautique, notamment par **Boeing** et **Airbus**. Le **palladium** russe est essentiel dans les pots catalytiques automobiles. Ces dépendances créent des tensions au sein des régimes de sanctions : imposer des restrictions totales sur ces matières premières aurait des effets économiques significatifs sur les industries occidentales qui les utilisent.

Ces dépendances résiduelles sont des leviers que la **Russie** tente d'exploiter diplomatiquement — menaçant de réduire ses exportations pour faire pression sur les alliés hésitants. La réduction de ces dépendances, par la diversification des approvisionnements, le développement d'alternatives ou la constitution de stocks stratégiques, est un enjeu de résilience économique à long terme pour l'Occident, indépendamment de la guerre en Ukraine.

### Le gaz russe : le divorce européen à moitié consommé

Le cas du gaz naturel russe illustre à la fois la vulnérabilité passée de l'Europe et sa capacité de transformation rapide. Avant **2022**, l'Europe importait environ **40 % de son gaz** de la **Russie**. En quelques années, cette dépendance a été massivement réduite — grâce à des importations de **GNL** américain, canadien, qatari et norvégien, et grâce à une accélération du déploiement des énergies renouvelables. La **Russie** a perdu un client majeur et une source de revenus considérable.

Mais ce divorce n'est pas totalement consommé. Certains pays membres de l'**UE** importent encore du gaz russe, notamment via le **gazoduc TurkStream** qui passe par la **Turquie**. Et la réduction des revenus gaziers russes a été partiellement compensée par l'augmentation des prix du gaz sur les marchés mondiaux — une ironie cruelle : en réduisant leurs importations russes, les Européens ont contribué à faire monter les prix, augmentant les revenus unitaires russes même si les volumes vendus diminuaient.

*Le divorce énergétique avec la Russie était nécessaire et douloureux. Il s'est mieux passé que beaucoup ne le craignaient. Mais il n'est pas encore complet, et certains États membres résistent à la dernière étape. Finir ce divorce — couper les derniers flux de revenus énergétiques russes vers l'Europe — est une décision autant morale qu'économique.*

## Les obligations russes et l'histoire : des précédents inquiétants

### La Russie a déjà fait défaut sur sa dette

Les rendements des obligations russes à **15 %** rappellent une réalité historique souvent oubliée : la **Russie** a déjà fait défaut sur sa dette au cours de l'histoire récente. En **1998**, la **Russie soviétique** avait fait défaut sur ses obligations en roubles lors d'une crise financière qui avait dévasté son économie et provoqué une onde de choc mondiale. En **2022**, des questions de défaut technique se sont posées lorsque les sanctions ont empêché la Russie d'utiliser ses réserves en devises étrangères pour payer ses créanciers étrangers.

Ces précédents font partie du tableau de risque que les investisseurs intègrent dans les rendements actuels. Un pays qui a une histoire de défaut, dont les finances sont massivement sous pression militaire, et dont l'accès aux marchés internationaux est bloqué par les sanctions, est un pays dont les obligations sont naturellement risquées — même si les acheteurs actuels sont principalement des investisseurs domestiques russes sans grande alternative d'investissement.

### Que signifierait un défaut russe sur ses obligations ?

Un éventuel défaut russe sur ses obligations domestiques — scénario possible si le déficit budgétaire continue de croître et si les réserves s'épuisent — aurait des conséquences économiques internes considérables. Des banques russes détentrices de grandes quantités d'obligations d'État se retrouveraient avec des actifs dévalorisés ou sans valeur. Des fonds de retraite et d'assurance investis en obligations d'État subiraient des pertes massives. La confiance dans le système financier russe, déjà limitée, s'effondrerait.

Ce scénario n'est pas imminent — la **Banque centrale** et le gouvernement russe ont des outils pour éviter un défaut formel pendant encore un certain temps. Mais il n'est pas non plus inimaginable à moyen terme si les difficultés économiques documentées par l'**Institut de Kiel** et le **FMI** continuent de s'aggraver. C'est une raison supplémentaire de maintenir la pression économique : à mesure qu'elle s'accumule, les scénarios défavorables pour la **Russie** deviennent plus probables.

*Un défaut russe sur ses obligations domestiques serait l'équivalent d'un séisme financier interne — et peut-être l'un des chocs capables de forcer le régime à réévaluer ses choix. Je ne souhaite pas la misère aux Russes ordinaires. Je souhaite que le régime qui les gouverne soit contraint à choisir entre la guerre et leur propre survie économique. Ce n'est pas la même chose.*

## Conclusion : Le marché a parlé, l'Occident doit entendre

### La condamnation financière est déjà prononcée

Le marché financier russe a rendu son verdict sur la stratégie économique de **Poutine** : des obligations d'État à **15 %** de rendement, un déficit budgétaire de **80 milliards de dollars**, des dépenses de guerre qui explosent de **4 à 5 trillions de roubles supplémentaires**. Ce verdict n'est pas provisoire et sujet à révision si la situation politique change — c'est l'expression de réalités économiques structurelles qui ne disparaîtront pas avec un changement de rhétorique du Kremlin.

L'Occident dispose d'un atout considérable dans ce contexte : sa capacité à maintenir et renforcer les sanctions qui aggravent ces difficultés financières. Le **21e paquet de sanctions**, l'extension du régime jusqu'en **2027**, la pression pour l'embargo pétrolier — tout cela converge vers une seule stratégie : rendre le financement de la guerre de plus en plus coûteux, de plus en plus difficile, de plus en plus insoutenable. Les marchés financiers font leur travail. À l'Occident de faire le sien.

### La patience comme arme stratégique

Il n'y a pas de victoire rapide dans la guerre économique. Les effets des sanctions, comme la chute des **OFZ**, s'accumulent lentement, sur des mois et des années. La tentation de déclarer victoire prématurément — ou de capituler par impatience et de lever les sanctions — est la plus grande menace à la stratégie de pression économique. **Poutine** compte sur la fatigue occidentale autant que sur ses propres forces. Il parie que nos opinions publiques se lasseront avant que l'économie russe ne cède.

Ce pari pourrait s'avérer juste si les dirigeants occidentaux ne maintiennent pas leur cap. Mais le signal des marchés financiers russes dit quelque chose d'important : la pression fonctionne. Chaque point de rendement supplémentaire sur les OFZ est un coût réel pour la guerre de Poutine. Chaque milliard de déficit supplémentaire est un milliard de moins disponible pour les munitions, les chars, les soldats. La logique économique travaille pour l'Ukraine. Il suffit de ne pas abandonner.

*Les marchés ont parlé : 15 % de rendement sur les obligations russes, c'est la prime de risque d'un État en difficulté. Cette condamnation financière silencieuse est peut-être la plus honnête et la moins manipulable de toutes les évaluations de la situation russe. Elle dit ce que les propagandes — russe et ukrainienne — ne peuvent pas déformer : les chiffres. Et les chiffres, en juin 2026, racontent une histoire très sombre pour Poutine.*

**Signé Maxime Marquette, chroniqueur**

## Encadré de transparence du chroniqueur

### Positionnement éditorial

Je ne suis pas journaliste, mais **chroniqueur et analyste**. Mon expertise réside dans l'observation et l'analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.

Je ne prétends pas à l'objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. **Je prétends à la lucidité analytique**, à l'interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d'offrir une lecture critique des événements.

### Méthodologie et sources

Ce texte respecte la distinction fondamentale entre **faits vérifiés et analyses interprétatives**. La règle de méthode est constante : une information factuelle n'est publiée que si une source vérifiable la porte, et les sources effectivement utilisées par cet article sont listées sous **Sources**, jamais ici.

**Familles de sources primaires** retenues par la publication, quand le dossier en comporte : communiqués officiels des gouvernements et institutions internationales, déclarations publiques des dirigeants politiques, rapports d'organisations intergouvernementales, dépêches d'agences de presse internationales reconnues.

**Familles de sources secondaires** : publications spécialisées, médias d'information reconnus internationalement, analyses d'institutions de recherche établies, rapports d'organisations sectorielles.

Quand un article cite des données statistiques, économiques ou géopolitiques, elles proviennent d'institutions productrices de données (organisations intergouvernementales, banques centrales, instituts statistiques nationaux), et l'institution exacte est nommée sous **Sources**.

### Nature de l'analyse

Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une **synthèse critique et contextuelle** basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d'experts cités dans les sources consultées.

Mon rôle est d'interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et économiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l'observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs globaux.

Cet article décrit un état documenté à sa date de publication, et non une prédiction : une évolution ultérieure peut en déplacer les perspectives. Aucune mise à jour n'est promise d'avance; lorsqu'un article est corrigé ou complété, la modification est datée dans le texte.

## Sources

### Sources primaires

- [Moscow Times RU : Les obligations fédérales russes chutent face aux plans d'augmentation des dépenses de guerre — 22 juin 2026](https://ru.themoscowtimes.com/2026/06/22/gosobligatsii-rossii-obvalilis-nafone-planov-kremlya-rezko-uvelichit-rashodi-navoinu-a198865)

- [United24 Media : Le déficit budgétaire russe dépasse 80 milliards malgré les affirmations du Kremlin — 23 juin 2026](https://united24media.com/world/russias-budget-deficit-tops-80-billion-despite-kremlin-stability-claims-20083)

- [Ground News/Bloomberg : La Russie augmente ses dépenses de guerre de 4-5 trillions de roubles — 23 juin 2026](https://ground.news/article/bloomberg-russia-to-increase-war-spending-by-an-additional-45-trillion-rubles-in-2026)

- [The Economist : L'économie de guerre russe a des problèmes mais ne va pas s'effondrer — 22 juin 2026](https://www.economist.com/finance-and-economics/2026/06/22/russias-war-economy-has-problems-but-is-not-about-to-crash)

### Sources secondaires

- [Euromaidan Press : L'UE maintient son mur de sanctions anti-Russie jusqu'en 2027 — 26 juin 2026](https://euromaidanpress.com/2026/06/26/trade-banks-energy-crypto-the-eu-keeps-its-full-russia-economic-sanctions-wall-standing-to-2027/)

- [Daily Finland : L'UE propose le 21e paquet de sanctions contre la Russie — 27 juin 2026](https://www.dailyfinland.fi/europe/49757/EU-proposes-21st-package-of-sanctions-against-Russia)

- [Kyiv Post : Les Baltes pressent l'UE d'accélérer l'embargo pétrolier russe — 27 juin 2026](https://www.kyivpost.com/post/79112)

- [RBC-Ukraine : L'économie russe a atteint une impasse, selon le conseiller aux sanctions de Zelensky — 26 juin 2026](https://newsukraine.rbc.ua/news/russia-s-economy-has-reached-dead-end-zelenskyy-1782474737.html)

- [dn.gov.ua : Les régions russes noyées dans la dette à cause de la guerre — 22 juin 2026](https://dn.gov.ua/en/news/rosiiski-rehiony-tonut-u-borhovii-iami-cherez-viinu)

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Source : Maxime Marquette, MadMax. Pour citer ce texte, nommer l’auteur et lier https://mad-max.co/fr/article/commentaire-les-obligations-russes-s-effondrent-le-marche-a-condamne-la-guerre
