# Rubio et Wang Yi se parlent, Taïwan reste la ligne de fracture

> Introduction : un appel diplomatique sous haute tension

- Auteur: Maxime Marquette
- Publication: MadMax (https://mad-max.co)
- Rubrique: Chronique
- Publié: 2026-07-03
- Adresse à citer: https://mad-max.co/fr/article/chronique-rubio-et-wang-yi-se-parlent-taiwan-reste-la-ligne-de-fracture

## À retenir

- Le Département d'État confirme un échange présenté comme visant une relation stratégique stable, fondée sur l'équité et la réciprocité.
- Selon les comptes rendus chinois, Wang Yi exhorte les États-Unis à la « prudence » sur Taïwan, qu'il qualifie de risque le plus important de la relation.
- Washington insiste sur la réciprocité commerciale, tandis que Pékin réaffirme ses lignes rouges, un schéma que l'auteur juge figé depuis un an.
- Selon l'auteur, les États-Unis maintiennent une « ambiguïté stratégique » sur Taïwan, et Rubio l'aurait réaffirmée lors de cet échange.
- L'auteur souligne le poids de Taïwan dans les semi-conducteurs avancés et la possibilité d'un sommet Trump-Xi.

## Introduction : un appel diplomatique sous haute tension

### Une conversation présentée comme stabilisatrice

Le **Département d'État américain** a confirmé un appel téléphonique entre le **secrétaire d'État Marco Rubio** et le **directeur des Affaires étrangères chinoises Wang Yi**, un échange présenté par **Washington** comme une tentative de maintenir une **relation stratégique stable**, fondée sur des principes d'**équité** et de **réciprocité** entre les deux puissances.

Cette formulation, volontairement mesurée, tranche avec la rhétorique plus offensive qui a caractérisé une grande partie des relations sino-américaines depuis le retour de **Donald Trump** à la Maison-Blanche, suggérant une volonté au moins temporaire de calmer certaines tensions bilatérales sur des dossiers économiques sensibles.

### Taïwan, le point de friction qui refuse de disparaître

Mais derrière cette façade de stabilité recherchée, un désaccord persistant est apparu clairement : selon les **comptes rendus chinois** de l'appel, **Wang Yi** a exhorté les États-Unis à faire preuve de « prudence » sur la question de **Taïwan**, qualifiée par **Pékin** de **risque le plus important** dans la relation bilatérale actuelle.

Cette insistance chinoise sur Taïwan n'est pas nouvelle, mais elle survient dans un contexte où les **tensions militaires** autour du détroit continuent de s'intensifier, rendant chaque échange diplomatique entre Washington et Pékin scruté de près par les **alliés régionaux** de l'**Indopacifique**.

## Le contenu précis de l'échange entre Rubio et Wang Yi

### Les priorités affichées par Washington

Du côté américain, l'accent a été mis sur la nécessité d'une relation « équitable et réciproque », une formule qui traduit la volonté de l'administration **Trump** de rééquilibrer une **relation commerciale** et stratégique jugée depuis longtemps déséquilibrée en faveur de la **Chine**, notamment sur les **questions tarifaires** et industrielles.

Le **Département d'État** a précisé que l'appel visait également à maintenir des **canaux de communication** ouverts entre les deux puissances, une pratique diplomatique jugée essentielle pour éviter des **malentendus** susceptibles de dégénérer en **crise ouverte**, particulièrement dans un contexte de tensions militaires régionales croissantes.

### La position chinoise sur la stabilité stratégique

De son côté, **Wang Yi** a insisté sur l'importance de la **stabilité stratégique globale** entre les deux puissances, tout en réaffirmant les **lignes rouges traditionnelles** de Pékin concernant sa **souveraineté revendiquée** sur Taïwan, un discours qui reste globalement cohérent avec la position chinoise exprimée lors de précédents échanges similaires.

Les **médias d'État chinois** ont largement relayé cette partie de l'appel, présentant la mise en garde sur Taïwan comme un message ferme adressé directement à l'**administration américaine**, une mise en scène qui vise autant l'**opinion publique chinoise** que les décideurs à Washington.

## Le contexte plus large des tensions sino-américaines

### Une rivalité qui dépasse largement Taïwan

Cet appel s'inscrit dans un contexte de rivalité stratégique plus large entre les États-Unis et la **Chine**, englobant des dossiers aussi variés que la **guerre commerciale** sur les semi-conducteurs, la **compétition technologique** dans l'**intelligence artificielle**, et les tensions en **mer de Chine méridionale** concernant les **revendications territoriales** chinoises contestées.

La question taïwanaise reste néanmoins le point le plus sensible de cette relation, car elle combine des enjeux de **sécurité militaire directe** avec des **considérations économiques** majeures, Taïwan produisant une part considérable des semi-conducteurs avancés utilisés mondialement, y compris dans l'**industrie de défense américaine**.

### Un précédent d'échanges similaires depuis un an

Cet appel n'est pas le premier du genre entre **Rubio** et **Wang Yi** : des échanges similaires ont eu lieu à plusieurs reprises au cours de la dernière année, chacun suivant un schéma relativement constant où Washington insiste sur la réciprocité commerciale tandis que Pékin réitère ses avertissements sur Taïwan sans réelle évolution de fond.

Cette répétition suggère que, malgré les apparences de **dialogue continu**, les positions fondamentales des deux puissances sur la question taïwanaise restent largement figées, chaque partie reproduisant essentiellement les mêmes **éléments de langage** d'un appel à l'autre.

## La position américaine sur l'indépendance de Taïwan

### Une **ambiguïté stratégique** assumée de longue date

Les États-Unis maintiennent depuis des décennies une politique dite d'« ambiguïté stratégique » envers Taïwan, ne reconnaissant pas officiellement son indépendance tout en fournissant un **soutien militaire** et diplomatique substantiel à l'île, une position que **Rubio** aurait réaffirmée lors de cet échange selon plusieurs sources diplomatiques.

Cette ambiguïté calculée permet à Washington de dissuader à la fois une **déclaration formelle d'indépendance** taïwanaise, qui provoquerait presque certainement une réaction militaire chinoise immédiate, et une **invasion chinoise** pure et simple, qui déclencherait vraisemblablement une intervention américaine directe.

### Les tensions internes sur cette politique d'équilibre

Certains **faucons républicains** au Congrès américain critiquent régulièrement cette ambiguïté stratégique, plaidant pour une reconnaissance plus explicite du soutien américain à Taïwan, tandis que d'autres voix plus prudentes rappellent les risques d'**escalade militaire** directe qu'une telle clarification pourrait engendrer avec Pékin.

L'administration **Trump** a jusqu'ici maintenu globalement cette ligne d'ambiguïté traditionnelle, tout en renforçant simultanément les **ventes d'armes** à Taïwan et la **présence navale américaine** dans la région, une combinaison qui traduit une fermeté pratique sans **rupture diplomatique** formelle avec Pékin.

## Les enjeux économiques de la relation sino-américaine

### La guerre commerciale toujours en toile de fond

Au-delà de Taïwan, la relation économique entre Washington et Pékin demeure marquée par des tensions tarifaires persistantes, notamment sur les **semi-conducteurs**, les **terres rares** essentielles à de nombreuses technologies stratégiques, et l'accès aux marchés respectifs pour les entreprises technologiques des deux pays.

L'insistance américaine sur la « réciprocité » lors de cet appel traduit une frustration persistante face à ce que Washington perçoit comme des pratiques commerciales chinoises déloyales, incluant des **subventions industrielles** massives et des **restrictions d'accès** au marché chinois pour les entreprises étrangères.

### La dépendance mutuelle malgré la rivalité affichée

Malgré cette rivalité économique affichée, les deux économies restent profondément interconnectées, une réalité qui complique toute rupture commerciale complète et qui explique en partie pourquoi les deux gouvernements continuent de privilégier le dialogue diplomatique plutôt qu'une escalade économique totale aux conséquences imprévisibles.

Cette **interdépendance économique** constitue paradoxalement un facteur de stabilité relative dans une relation par ailleurs marquée par une **méfiance stratégique** profonde, chaque partie ayant intérêt à éviter une rupture totale qui nuirait gravement à ses propres intérêts économiques nationaux.

## La réaction des alliés régionaux de l'Indopacifique

### Le Japon et la Corée du Sud sur le qui-vive

Les alliés régionaux des États-Unis, notamment le **Japon** et la **Corée du Sud**, suivent de très près chaque échange diplomatique entre Washington et Pékin concernant Taïwan, conscients que toute évolution de la posture américaine sur cette question aurait des répercussions directes sur leur propre **sécurité régionale** face à la Chine.

Ces alliés partagent généralement l'inquiétude américaine face aux ambitions territoriales chinoises, mais espèrent également que le dialogue diplomatique continu entre Washington et Pékin permettra d'éviter une escalade militaire directe qui affecterait gravement la stabilité économique de toute la région indopacifique.

### Taïwan elle-même face à cette diplomatie de haut niveau

Le gouvernement taïwanais, dirigé par une administration favorable au maintien du **statu quo** tout en résistant fermement aux pressions chinoises, observe ces échanges diplomatiques entre grandes puissances avec une prudence compréhensible, sachant que son avenir dépend en partie de décisions prises loin de Taipei, à Washington comme à Pékin.

Les responsables taïwanais continuent de plaider pour un soutien international accru, insistant sur le fait que la défense de leur **démocratie insulaire** de 23 millions d'habitants concerne directement la **crédibilité** de l'ensemble du **monde démocratique** face aux **ambitions autoritaires chinoises**.

## L'implication plus large pour la doctrine Trump face à la Chine

### Une fermeté qui coexiste avec le dialogue

Cet appel entre **Rubio** et **Wang Yi** illustre une caractéristique constante de la doctrine de l'administration **Trump** envers la Chine : maintenir des **canaux diplomatiques** ouverts tout en poursuivant simultanément une politique de fermeté sur les dossiers stratégiques, qu'il s'agisse des tarifs commerciaux, de la technologie ou de la sécurité régionale en Indopacifique.

Cette approche à double niveau, dialogue continu combiné à une **pression stratégique** constante, reflète une conviction plus large au sein de l'administration selon laquelle la Chine représente la **menace la plus significative** à long terme pour les intérêts occidentaux, davantage encore que la Russie ou l'Iran sur certains **horizons temporels**.

### Un test de crédibilité permanent pour Washington

Chaque échange de ce type constitue également un test de crédibilité pour Washington auprès de ses alliés : la capacité à maintenir fermement sa position sur Taïwan tout en évitant une escalade militaire incontrôlée reste l'équilibre délicat que l'administration doit constamment démontrer, tant à ses partenaires régionaux qu'à ses adversaires potentiels.

Cette crédibilité se construit autant dans les déclarations publiques que dans les actions concrètes, notamment les ventes d'armes continues à Taïwan et le maintien d'une présence navale américaine visible dans la région, des signaux que Pékin surveille avec autant d'attention que les mots échangés lors des appels diplomatiques.

## Les précédents historiques des crises taïwanaises

### Les crises du détroit qui ont marqué les relations bilatérales

L'histoire des relations sino-américaines a déjà connu plusieurs crises majeures liées à Taïwan, notamment lors des crises du **détroit de Taïwan** dans les années 1950 et 1990, chacune ayant nécessité une gestion diplomatique prudente pour éviter une escalade militaire directe entre les deux **puissances nucléaires**.

Ces précédents historiques rappellent que la question taïwanaise n'est pas un simple différend diplomatique ordinaire, mais un dossier à haut risque susceptible de dégénérer rapidement si les canaux de communication entre Washington et Pékin venaient à se rompre complètement dans un contexte de **crise aiguë**.

### Les leçons tirées pour la diplomatie actuelle

Ces expériences passées expliquent en grande partie pourquoi les deux gouvernements continuent de privilégier le maintien de canaux diplomatiques ouverts, même en période de tension maximale, une leçon apprise à travers des décennies de **gestion prudente** d'un dossier dont les conséquences d'une mauvaise gestion seraient catastrophiques pour la **stabilité mondiale**.

Cette **continuité diplomatique**, malgré les **changements d'administration** à Washington, traduit une **reconnaissance bipartisane** relativement constante de la nécessité d'éviter toute rupture de communication susceptible de précipiter un conflit majeur autour de Taïwan.

## Le rôle de la Russie et de l'Iran dans ce calcul stratégique

### Un **axe autoritaire** qui complique l'équation

La relation sino-américaine ne peut être analysée isolément des liens croissants entre la **Chine**, la **Russie** et l'**Iran**, un rapprochement stratégique qui inquiète Washington et ses alliés occidentaux, notamment dans le contexte de la **guerre en Ukraine** où Pékin a maintenu un **soutien économique indirect** à **Moscou**.

Cette coordination croissante entre régimes autoritaires renforce l'argument de ceux, à Washington, qui plaident pour une fermeté accrue envers la Chine sur tous les dossiers, y compris Taïwan, estimant qu'une faiblesse perçue sur un front pourrait encourager une agressivité accrue sur les autres fronts autoritaires simultanément.

### La Corée du Nord, autre pièce du puzzle

La **Corée du Nord** complète ce tableau de menaces coordonnées, son **programme nucléaire** et ses **provocations militaires** régulières bénéficiant d'un soutien tacite chinois qui complique davantage la capacité de Washington à isoler efficacement chacune de ces menaces authoritaires sans les traiter comme un ensemble stratégique cohérent.

Cette réalité géopolitique explique pourquoi certains analystes américains insistent sur l'importance de traiter la Chine, la Russie, l'Iran et la Corée du Nord comme des **maillons d'une même chaîne stratégique**, plutôt que comme des dossiers régionaux distincts nécessitant des réponses cloisonnées.

## Les implications pour les entreprises et l'économie occidentale

### Les semi-conducteurs, nerf de la guerre technologique

La domination taïwanaise dans la production mondiale de **semi-conducteurs avancés** confère à l'île une importance stratégique qui dépasse largement sa taille géographique, une réalité qui explique pourquoi toute instabilité militaire dans le détroit de Taïwan aurait des répercussions économiques immédiates et considérables sur l'ensemble de l'économie mondiale.

Les entreprises technologiques occidentales, particulièrement dans les secteurs de l'intelligence artificielle et de l'électronique grand public, dépendent lourdement de cette **chaîne d'approvisionnement** taïwanaise, ce qui explique les efforts accrus de **diversification industrielle** vers d'autres pays comme les États-Unis eux-mêmes ou l'**Inde**.

### Une diversification encore incomplète

Malgré ces efforts de diversification, la dépendance occidentale envers la production taïwanaise de semi-conducteurs reste considérable à court et moyen terme, ce qui renforce l'argument stratégique en faveur d'un soutien américain continu à la sécurité de l'île, indépendamment des considérations purement diplomatiques entourant son statut politique.

Cette réalité économique ajoute une couche supplémentaire de complexité à la **diplomatie sino-américaine** sur Taïwan, où les intérêts de **sécurité nationale** se mêlent inextricablement à des considérations économiques mondiales d'une ampleur considérable pour l'ensemble des **économies occidentales**.

## Les prochaines étapes diplomatiques attendues

### Un **sommet** potentiel entre les deux chefs d'État

Plusieurs sources diplomatiques évoquent la possibilité d'un sommet futur entre **Donald Trump** et le président chinois **Xi Jinping**, une rencontre qui pourrait permettre d'aborder directement les dossiers les plus sensibles, notamment Taïwan et les tensions commerciales persistantes, à un niveau politique plus élevé que les échanges habituels entre secrétaires d'État.

Un tel sommet, s'il se concrétise, serait scruté de très près par l'ensemble de la **communauté internationale**, tant pour son contenu substantiel que pour son simple **symbolisme diplomatique** dans une période de **tensions géopolitiques mondiales** particulièrement élevées.

### La poursuite du dialogue au niveau ministériel

En attendant un éventuel sommet, les échanges réguliers entre **Rubio** et **Wang Yi** devraient se poursuivre selon un rythme similaire à celui observé depuis un an, chaque appel servant de **baromètre** pour évaluer l'évolution, ou l'absence d'évolution, des positions respectives sur les dossiers les plus sensibles de la relation bilatérale.

Ce **rythme diplomatique** constant, même sans percée majeure apparente, demeure préférable à une **absence totale de communication**, qui augmenterait significativement les **risques de malentendus stratégiques** aux conséquences potentiellement graves pour la **stabilité régionale** et mondiale.

## Ce que cet appel révèle de la stratégie chinoise globale

### Une **diplomatie de patience calculée**

L'approche chinoise lors de cet appel traduit une stratégie de patience calculée typique de la diplomatie de **Pékin** : maintenir le dialogue tout en réaffirmant fermement ses positions fondamentales, une approche qui vise à normaliser progressivement ses revendications territoriales aux yeux de la communauté internationale sans provoquer de rupture diplomatique immédiate.

Cette patience stratégique s'inscrit dans une vision à long terme de la politique étrangère chinoise, où le temps est perçu comme un allié plutôt qu'un adversaire, contrairement au **cycle électoral américain** qui impose des contraintes temporelles différentes aux **décideurs de Washington**.

### Le risque de sous-estimer cette approche patiente

Ce contraste temporel entre les deux **systèmes politiques** constitue un **avantage stratégique potentiel** pour Pékin, qui peut se permettre une **approche graduelle** et patiente sur des dossiers comme Taïwan, tandis que Washington doit composer avec des cycles électoraux qui compliquent parfois le maintien d'une stratégie cohérente sur plusieurs décennies consécutives.

Reconnaître cette **asymétrie temporelle** entre les deux systèmes politiques est essentiel pour comprendre pourquoi la **vigilance occidentale** sur Taïwan doit rester constante, indépendamment des changements d'administration à Washington ou des **fluctuations** de l'**attention médiatique** sur ce dossier stratégique.

## Le poids de l'opinion publique américaine sur ce dossier

### Une méfiance croissante envers Pékin

Les **sondages d'opinion** américains révèlent depuis plusieurs années une méfiance croissante et bipartisane envers la **Chine**, une tendance qui offre une couverture politique confortable à toute administration souhaitant adopter une **posture ferme** envers Pékin, y compris sur la question sensible de Taïwan.

Cette méfiance publique se traduit également par un soutien majoritaire au maintien, voire au renforcement, de l'**aide militaire américaine** à Taïwan, un consensus relativement rare dans le paysage politique américain actuellement fragmenté sur de nombreux autres dossiers de politique étrangère.

### Un facteur qui pèse sur les calculs de Washington

Ce climat d'opinion publique constitue un facteur non négligeable dans les calculs stratégiques de l'administration **Trump**, qui sait que toute perception de faiblesse face à Pékin sur Taïwan pourrait entraîner des coûts politiques internes significatifs, indépendamment des considérations diplomatiques ou stratégiques plus techniques.

Cette dynamique explique en partie pourquoi les responsables américains, qu'ils soient démocrates ou républicains, maintiennent généralement une ligne relativement ferme sur Taïwan lors de leurs échanges publics avec leurs homologues chinois, même lorsque la **diplomatie discrète** explore des compromis plus nuancés en coulisses.

## Les leçons à tirer pour la diplomatie occidentale future

### Coordonner davantage avec les **alliés européens**

Cet épisode diplomatique rappelle également l'importance pour Washington de coordonner sa position sur Taïwan avec ses alliés européens, dont l'engagement sur ce dossier reste historiquement plus timide que celui des partenaires asiatiques directement exposés à la **menace chinoise** dans la région indopacifique.

Une posture occidentale plus unifiée face à Pékin sur la question taïwanaise renforcerait considérablement la crédibilité de la **dissuasion collective**, plutôt que de laisser les États-Unis porter seuls le poids principal de cette **confrontation stratégique** avec la **deuxième puissance économique mondiale**.

### Anticiper plutôt que réagir

Les leçons tirées de cet appel et de ses précédents similaires suggèrent également la nécessité pour l'Occident d'adopter une approche plus proactive plutôt que réactive face aux avertissements répétés de Pékin sur Taïwan, notamment en renforçant dès maintenant les **capacités de dissuasion militaire** dans la région avant qu'une crise aiguë ne survienne.

Cette anticipation stratégique implique également de diversifier plus rapidement les chaînes d'approvisionnement critiques dépendantes de Taïwan, réduisant ainsi la **vulnérabilité économique occidentale** en cas d'escalade militaire soudaine dans le détroit.

## Conclusion : un équilibre fragile mais nécessaire

### Un statu quo qui tient encore, malgré les tensions

Cet appel entre **Marco Rubio** et **Wang Yi** confirme que, malgré des tensions persistantes et des désaccords fondamentaux sur Taïwan, les deux puissances continuent de privilégier le dialogue diplomatique plutôt que la rupture ouverte, un équilibre fragile mais qui a jusqu'ici permis d'éviter une escalade militaire directe dans le détroit de Taïwan.

Cet équilibre reste toutefois précaire, dépendant autant de la volonté politique des dirigeants actuels que de facteurs structurels plus profonds, notamment l'interdépendance économique mutuelle et la crainte partagée des conséquences catastrophiques d'un conflit militaire direct entre deux puissances nucléaires.

### La vigilance occidentale doit rester constante

Pour l'Occident, la leçon de cet échange diplomatique reste claire : maintenir le dialogue avec Pékin ne doit jamais se transformer en complaisance sur les principes fondamentaux, notamment le droit de Taïwan à déterminer son propre avenir sans coercition militaire extérieure, un principe qui mérite un soutien occidental constant et affirmé.

**Signé Maxime Marquette, chroniqueur**

## Encadré de transparence du chroniqueur

### Positionnement éditorial

Je ne suis pas journaliste, mais **chroniqueur et analyste**. Mon expertise réside dans l'observation et l'analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.

Je ne prétends pas à l'objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. **Je prétends à la lucidité analytique**, à l'interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d'offrir une lecture critique des événements.

### Méthodologie et sources

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Quand un article cite des données statistiques, économiques ou géopolitiques, elles proviennent d'institutions productrices de données (organisations intergouvernementales, banques centrales, instituts statistiques nationaux), et l'institution exacte est nommée sous **Sources**.

### Nature de l'analyse

Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une **synthèse critique et contextuelle** basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d'experts cités dans les sources consultées.

Mon rôle est d'interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et économiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l'observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs globaux.

Cet article décrit un état documenté à sa date de publication, et non une prédiction : une évolution ultérieure peut en déplacer les perspectives. Aucune mise à jour n'est promise d'avance; lorsqu'un article est corrigé ou complété, la modification est datée dans le texte.

## Sources

### Sources primaires

- [Chosun Biz, « U.S. says Rubio talks with China's Wang Yi, stresses fairness and reciprocity » — 3 juillet 2026](https://biz.chosun.com/en/en-international/2026/07/03/G6XI7K7TDFEIRIR6ZRCX45RPDY/)

- [Reuters, « China's foreign minister tells Rubio Taiwan is 'biggest risk' in ties » — 30 avril 2026](https://www.reuters.com/world/asia-pacific/chinas-foreign-minister-tells-rubio-taiwan-is-biggest-risk-ties-2026-04-30/)

### Sources secondaires

- [Anadolu Agency, « Chinese foreign minister urges US caution on Taiwan in call with Rubio » — 1 juillet 2026](https://www.aa.com.tr/en/asia-pacific/chinese-foreign-minister-urges-us-caution-on-taiwan-in-call-with-rubio/3983639)

- [Nikkei Asia, « U.S. does not support Taiwan independence, Rubio tells China's Wang » — couverture des échanges Rubio-Wang Yi](https://asia.nikkei.com/politics/international-relations/us-china-tensions/u.s.-does-not-support-taiwan-independence-rubio-tells-china-s-wang)

- [Mission permanente de Chine auprès des Nations unies, compte rendu de l'appel Wang Yi–Rubio — mai 2026](https://un.china-mission.gov.cn/eng/zgyw/202605/t20260502_11904259.htm)

- [Fakti.bg, « US, China discuss strategic stability » — 3 juillet 2026](https://fakti.bg/en/world/1065069-us-china-discuss-strategic-stability)

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Source : Maxime Marquette, MadMax. Pour citer ce texte, nommer l’auteur et lier https://mad-max.co/fr/article/chronique-rubio-et-wang-yi-se-parlent-taiwan-reste-la-ligne-de-fracture
