# CHRONIQUE : La Chine évacue 130 000 personnes, deux typhons frappent en une semaine

> Il n'a fallu que quelques jours pour que la Chine bascule d'une catastrophe à une autre. Au moment où les autorités comptaient encore les morts et les disparus laissés par le typhon Maysak, un second monstre climatique,…

- Auteur: Maxime Marquette
- Publication: MadMax (https://mad-max.co)
- Rubrique: Chronique
- Publié: 2026-07-20
- Adresse à citer: https://mad-max.co/fr/article/chronique-la-chine-evacue-130-000-personnes-deux-typhons-frappent-en-une-semaine

## Introduction : Quand le ciel n'accorde aucune trêve

### Une nation déjà à genoux face à une deuxième tempête

Il n'a fallu que quelques jours pour que la **Chine** bascule d'une catastrophe à une autre. Au moment où les autorités comptaient encore les **morts et les disparus** laissés par le typhon **Maysak**, un second monstre climatique, le **super typhon Bavi**, s'approchait déjà des côtes orientales du pays. Selon des responsables régionaux cités par **Al Jazeera**, **au moins 130 000 personnes** ont été évacuées après les inondations provoquées par Maysak dans la seule province du **Guangxi**, où **au moins six personnes** sont mortes et où **onze autres restaient portées disparues**. Ce chiffre à lui seul donne le vertige : cent trente mille vies déplacées en urgence, des maisons abandonnées en quelques heures, des familles entassées dans des refuges de fortune.

Le bilan national de la tempête Maysak dépasse ce seul foyer. Des **tornades** ont ravagé la province du **Hubei**, faisant au moins **onze morts** selon les médias d'État relayés par **Reuters**, tandis qu'un **glissement de terrain** dans le **Gansu** laissait **seize personnes** encore introuvables. Le décompte agrégé de plusieurs agences de presse évoque **au moins 39 morts** dans le sud de la Chine à la date du 9 juillet. Ce ne sont pas des statistiques abstraites. Ce sont des vies suspendues entre l'eau qui monte et les secours qui arrivent, parfois trop tard.

### Bavi, le typhon qui n'attendait pas son tour

Pendant que le pays pansait ses plaies, une **deuxième menace de catégorie 5** s'annonçait déjà. Le **super typhon Bavi**, avec des vents approchant les **200 km/h** selon le **Straits Times**, s'apprêtait à frapper les provinces du **Fujian** et du **Zhejiang** dans la soirée du **11 juillet**. Les experts d'**AccuWeather** qualifient cette tempête de **plus destructrice depuis des années** pour la région, avec un diamètre comparable à celui de la **France** à son maximum d'étendue. Taïwan se préparait de son côté à des **précipitations dépassant un mètre** dans certaines zones montagneuses, mobilisant près de **29 000 militaires** en soutien aux opérations de secours.

La coïncidence de deux systèmes tropicaux majeurs en si peu de temps illustre une réalité que les climatologues répètent depuis des années sans toujours être entendus : les événements extrêmes ne se succèdent plus avec des pauses de récupération. Ils s'enchaînent, ils se superposent, ils épuisent les capacités de réponse d'un État pourtant doté de l'un des systèmes de gestion de crise les plus centralisés au monde.

*Ce qui frappe dans cette séquence, ce n'est pas seulement l'ampleur des chiffres. C'est la rapidité avec laquelle une société est sommée de se relever d'un désastre pour affronter le suivant, sans le luxe d'une pause. On peut critiquer bien des choses dans la gestion chinoise des crises, mais il faut reconnaître ici une capacité de mobilisation logistique que peu de pays pourraient égaler à cette échelle.*

## Guangxi sous les eaux : l'anatomie d'une évacuation massive

### Des barrages qui craquent, des villages engloutis

Le cœur du désastre s'est joué dans la province méridionale du **Guangxi**, où des pluies torrentielles ont fait céder les digues des réservoirs de **Liulan** et de **Yunbiao** près de la ville de **Hengzhou**, selon les informations relayées par **IQAir** à partir des bulletins officiels chinois. Des rivières sont sorties de leur lit, inondant des quartiers entiers en quelques heures. Des habitants interrogés par la **BBC** ont raconté que des **milliers de personnes** demeuraient bloquées sur les toits de leurs maisons, particulièrement dans les villages de montagne difficiles d'accès pour les secours.

Face à l'urgence, les autorités ont déployé des moyens considérables : selon l'**Associated Press**, plus de **5 700 bateaux** et des **drones** ont été mobilisés pour acheminer de l'eau potable et d'autres fournitures essentielles vers les zones coupées du monde. Dans la ville de **Guigang**, à environ **60 kilomètres** de Hengzhou, des équipes de secours militaires ont réussi à évacuer **plus de 10 000 étudiants et enseignants** piégés dans un ensemble scolaire. Ce chiffre seul témoigne de l'ampleur de la mobilisation nécessaire pour extraire une population captive des flots.

### Xi Jinping ordonne la mobilisation totale

Le président **Xi Jinping** a personnellement instruit les autorités locales de **« déployer tous les efforts »** pour les opérations de secours, selon le **New York Times**, en insistant sur le traitement des blessés et la relocalisation des sinistrés. Ce type d'intervention directe du sommet de l'État chinois signale généralement la gravité perçue par le pouvoir central lui-même — une reconnaissance implicite que la situation dépassait les capacités des échelons provinciaux seuls.

Sur le terrain, les autorités locales ont annoncé la restauration de l'électricité pour **plus de 60 000 foyers** et la poursuite des réparations routières, selon des propos rapportés par l'**Associated Press**. Mais la décrue reste lente, et de nouvelles pluies étaient encore attendues dans plusieurs zones sinistrées dans les jours suivants. La reconstruction, elle, prendra des semaines, sinon des mois.

*Il y a quelque chose de profondément humain dans ces images de toits transformés en refuges de fortune. On oublie trop souvent, dans le vacarme des grandes tensions géopolitiques mondiales, que des catastrophes naturelles de cette ampleur redéfinissent en quelques heures la vie de centaines de milliers de personnes qui n'ont rien demandé d'autre que la sécurité de leur foyer.*

## Beijing se barricade avant l'arrivée de Bavi

### La capitale n'est pas épargnée par les alertes

Contrairement à une idée répandue selon laquelle seules les provinces côtières seraient exposées, la capitale **Beijing** elle-même a dû activer des mesures d'urgence. Selon **Reuters**, la ville a émis des **alertes de pluie de plus haut niveau** pour six de ses seize districts, avec des prévisions atteignant **150 millimètres de pluie en six heures** dans certaines zones. Prês de **100 000 personnes** avaient déjà été évacuées dans la capitale en prévision des intempéries, un chiffre qui illustre à quel point l'humidité canalisée par Bavi frappe bien au-delà de sa zone d'impact directe.

Les districts de **Miyun** et de **Fangshan**, en périphérie de Beijing, ont fermé les classes en présentiel et suspendu les activités extérieures, demandant à la population de rester à l'intérieur dès le jeudi après-midi. Le précédent n'est pas anodin : de fortes pluies l'année dernière avaient déjà tué **au moins 60 personnes** dans le nord de la Chine, dont plus de trente résidents d'une maison de retraite. Cette mémoire collective explique la nervosité des autorités locales face à une nouvelle alerte de cette intensité.

### Un pays entier mobilisé, des ports à l'arrêt

Dans la province du **Zhejiang**, les autorités maritimes ont suspendu **98 navires de passagers** sur **52 lignes de traversiers** et évacué plus de **3 000 personnes** depuis des îles isolées, selon des informations relayées par les médias d'État chinois. Le gouvernement provincial a activé une réponse d'urgence de niveau III alors que Bavi menaçait de devenir le premier typhon de l'année à toucher directement cette région industrielle et côtière stratégique.

Cette mobilisation tentaculaire — des ports fermés en Zhejiang aux écoles fermées en périphérie de Beijing, en passant par les milliers de secouristes actifs dans le Guangxi — dessine le portrait d'un pays contraint de gérer simultanément deux fronts climatiques. Plus de **170 000 secouristes** ont été placés en état d'alerte dans la seule province du Zhejiang, un chiffre qui donne la mesure de l'anticipation déployée face à un phénomène météorologique jugé exceptionnel.

*On peut ironiser sur l'opacité des chiffres officiels chinois, et il faut le faire avec la rigueur qui s'impose. Mais l'ampleur de la mobilisation logistique décrite ici — traversiers suspendus, écoles fermées, dizaines de milliers de secouristes déployés — dépasse largement le théâtre politique. C'est une réponse à une menace bien réelle, mesurable en vies humaines.*

## Taïwan en état d'alerte face à un typhon d'exception

### Des vents dévastateurs annoncés avant même l'impact

À Taïwan, la population se préparait à ce que les autorités locales qualifiaient de **tempête la plus destructrice depuis des années**. Le secrétaire général du cabinet taïwanais, **Xavier Chang**, a averti sur les réseaux sociaux que Bavi pourrait déverser **plus d'un mètre de pluie** sur certaines zones de l'île, un volume capable de provoquer des glissements de terrain meurtriers dans les régions montagneuses. Près de **29 000 militaires** ont été placés en réserve pour appuyer les opérations de secours, un déploiement qui traduit la gravité anticipée de l'événement.

Dans le port du nord-est, **Suao**, des centaines de bateaux de pêche se sont réfugiés dans le havre pour échapper à la tempête qui approchait, selon des images relayées par le **Straits Times**. Les compagnies aériennes japonaises et taïwanaises ont annoncé l'annulation de dizaines de vols, affectant des milliers de passagers, tandis que les autorités maritimes suspendaient les liaisons vers les îles périphériques les plus exposées.

### La leçon d'une région habituée mais jamais résignée

Ce n'est pas la première fois que Taïwan et la Chine côtière affrontent des typhons d'ampleur. Mais l'expert d'**AccuWeather Jason Nicholls** a prévenu que même si Bavi devait perdre en intensité à mesure qu'il approchait des terres, il resterait **« une tempête dangereuse »** pour l'île et l'est de la Chine jusqu'au 13 juillet. Cette prudence dans le langage technique traduit une réalité que les statistiques d'évacuation confirment : aucune préparation n'élimine totalement le risque humain face à des vents de près de 200 km/h.

La combinaison de deux systèmes tropicaux majeurs frappant la même région en quelques jours pose une question plus large, largement documentée par les climatologues : celle de l'intensification des phénomènes météorologiques extrêmes dans le Pacifique occidental, une zone déjà régulièrement exposée aux typhons mais où la fréquence et la puissance de ces événements semblent s'accentuer d'année en année selon plusieurs études scientifiques indépendantes.

*Il y a une forme de courage tranquille dans la manière dont les pêcheurs de Suao rentrent leurs bateaux, dont les familles de Guangxi grimpent sur leurs toits pour attendre les secours. Ce courage ne fait jamais les gros titres autant que les tensions diplomatiques, et pourtant c'est lui qui, chaque année, sauve le plus de vies face à la colère du ciel.*

## Le bilan humain : morts, disparus, et une reconstruction encore lointaine

### Des chiffres qui évoluent, une douleur qui reste

Au moment d'écrire ces lignes, le bilan cumulé des deux systèmes tropicaux — Maysak déjà passé, Bavi encore imminent — s'élève à **au moins 39 morts** selon les décomptes agrégés de l'**Associated Press**, avec des dizaines de personnes encore portées disparues entre le Guangxi et le Gansu. Ces chiffres, comme c'est toujours le cas dans l'immédiat d'une catastrophe naturelle, sont susceptibles d'évoluer à mesure que les équipes de secours accèdent aux zones les plus reculées et que les décombres sont dégagés.

Le typhon **Bavi** a lui-même déjà fait des victimes avant même d'atteindre la Chine continentale : selon les données rapportées par **Wikipedia** et corroborées par plusieurs agences régionales, la tempête a déclenché des pluies et des glissements de terrain qui ont tué **15 personnes** et laissé **six autres portées disparues** aux Philippines lors de son passage antérieur dans le Pacifique. Ce chiffre rappelle que la trajectoire d'un typhon laisse des traces à chaque étape de son parcours, bien avant l'impact final annoncé par les grands titres.

### Une facture économique qui s'annonce lourde

Au-delà du bilan humain, les dégâts matériels s'accumulent : routes endommagées, réseaux électriques coupés, infrastructures portuaires suspendues. La province du **Zhejiang** a dû geler l'activité de près d'une centaine de navires de passagers, un coût économique direct qui s'ajoute aux pertes agricoles inévitables dans les zones inondées du Guangxi. Historiquement, les grandes campagnes typhoniques chinoises se chiffrent en milliards de dollars de dégâts, un montant que les autorités locales ne confirmeront précisément qu'une fois la tempête Bavi passée et le décompte final établi.

Ce qui reste certain, c'est que la reconstruction des zones sinistrées du Guangxi prendra des mois, voire des années pour certains villages ruraux les plus touchés. Les infrastructures hydrauliques endommagées — les réservoirs de Liulan et Yunbiao en tête — devront être consolidées avant la prochaine saison des pluies, sous peine de revivre le même scénario funeste.

*On mesure souvent une catastrophe climatique à l'aune de son bilan immédiat, puis on l'oublie dès que les caméras repartent. Mais les vraies conséquences se jouent dans les mois qui suivent : les récoltes perdues, les maisons à reconstruire, les familles qui doivent recommencer une vie interrompue par quelques heures de pluie torrentielle.*

## Une gestion de crise sous le regard du monde

### La centralisation chinoise mise à l'épreuve

La gestion simultanée de deux catastrophes climatiques majeures constitue un test significatif pour l'appareil d'État chinois, reconnu pour sa capacité à mobiliser rapidement des ressources humaines et matérielles considérables en cas d'urgence. L'intervention directe de **Xi Jinping**, documentée par plusieurs agences internationales dont le **New York Times**, illustre la volonté du pouvoir central de projeter une image de contrôle et de réactivité, à un moment où la moindre défaillance perçue dans la réponse aux catastrophes naturelles peut avoir des répercussions politiques internes.

Le déploiement de **drones**, de **milliers de bateaux** et de dizaines de milliers de secouristes n'est pas seulement une réponse humanitaire : c'est aussi une démonstration de capacité logistique face à une population qui, dans certaines régions rurales, a exprimé sa frustration face à la lenteur initiale des secours, selon des témoignages recueillis par la **BBC** auprès de résidents du Guangxi.

### Le contraste avec Taïwan, démocratie sous pression climatique

Il est difficile d'ignorer le contraste entre les deux systèmes politiques confrontés à la même menace naturelle. À **Taïwan**, la mobilisation de près de **29 000 militaires** s'accompagne d'une communication publique transparente, avec des mises à jour régulières des autorités locales sur les canaux officiels. Cette transparence, propre à une société démocratique où la presse opère sans les mêmes contraintes qu'en Chine continentale, permet un suivi plus direct de l'évolution de la crise par la population elle-même et par les observateurs extérieurs.

Cette différence de fonctionnement n'est pas un détail anecdotique dans le contexte géopolitique actuel : elle rappelle que la résilience face aux catastrophes naturelles n'est pas seulement une question de moyens matériels, mais aussi de gouvernance et de confiance entre les citoyens et leurs institutions — un enjeu qui dépasse largement la seule météorologie.

*Je ne prétendrai pas trancher ici un débat de gouvernance qui dépasse largement le cadre de deux typhons. Mais il est permis de noter, sans complaisance pour aucun système, que la manière dont une société informe et protège ses citoyens en temps de crise en dit long sur ses priorités réelles, bien au-delà des discours officiels.*

## Le climat, un adversaire qui ne connaît pas de trêve géopolitique

### Une intensification documentée depuis des années

Les scientifiques du climat alertent depuis longtemps sur l'intensification des typhons dans le Pacifique occidental, un phénomène lié au réchauffement des températures océaniques qui alimente l'énergie de ces systèmes tropicaux. Le passage de **Bavi** d'une simple dépression tropicale à un **typhon de catégorie 5** en à peine **18 heures**, selon les données du **Joint Typhoon Warning Center** compilées par Wikipedia, illustre une intensification explosive qui devient de plus en plus fréquente selon plusieurs études météorologiques indépendantes.

Cette réalité climatique ne connaît ni frontière idéologique ni allégeance géopolitique. Que l'on soit à Beijing, à Taipei, à Kyiv ou à Washington, les tempêtes n'attendent la fin d'aucun sommet diplomatique et ne négocient aucun cessez-le-feu. Elles rappellent, avec une brutalité que la diplomatie ignore trop souvent, que certains défis exigent une coopération internationale qui transcende les rivalités du moment.

### Une facture qui s'alourdit à l'échelle mondiale

Le Pacifique occidental n'est pas un cas isolé : des événements climatiques extrêmes comparables frappent régulièrement d'autres régions du globe, des ouragans dans l'Atlantique aux inondations en Europe. Cette accumulation d'événements extrêmes pose, année après année, la question du financement mondial de l'adaptation climatique — un sujet sur lequel les grandes puissances, Chine et Occident confondus, restent trop souvent divisées par des priorités contradictoires plutôt qu'unies par l'urgence commune.

Face à Bavi et Maysak, la Chine mobilise des ressources considérables. Mais la vraie question qui se pose, année après année, est celle de la prévention à long terme : construction plus résiliente, gestion plus rigoureuse des réservoirs hydrauliques, et surtout une transparence accrue sur les risques encourus par les populations les plus vulnérables, souvent situées dans les zones rurales les moins bien protégées.

*Il y a une ironie amère à voir des puissances mondiales rivaliser sur tous les fronts géopolitiques imaginables, tout en échouant collectivement à traiter le climat comme la menace transnationale qu'il est réellement devenu. Les typhons ne choisissent pas leur camp. Nous, en revanche, choisissons encore trop souvent de les ignorer jusqu'à la prochaine catastrophe.*

## Ce que l'histoire climatique récente enseigne sur la résilience

### Des précédents qui pèsent sur la mémoire collective

La Chine n'est pas étrangère aux typhons dévastateurs. Les pluies extrêmes de l'année précédente dans le nord du pays avaient déjà coûté la vie à **au moins 60 personnes**, dont plus de trente résidents d'une seule maison de retraite, un drame qui continue de peser sur la manière dont les autorités communiquent aujourd'hui sur les risques d'inondation. Cette mémoire explique en partie la rapidité avec laquelle Beijing a préféré évacuer préventivement près de **100 000 résidents** plutôt que de risquer un nouveau bilan tragique dans des zones déjà identifiées comme vulnérables.

Cette approche préventive, bien qu'imparfaite et parfois critiquée pour son opacité statistique, contraste avec des épisodes passés où les alertes tardives avaient coûté des vies. Le renforcement des systèmes d'alerte précoce, combiné à la mobilisation de milliers de secouristes avant même l'arrivée de Bavi, illustre un apprentissage institutionnel réel, même s'il reste largement insuffisant face à l'intensification des phénomènes climatiques extrêmes observée ces dernières années.

### La solidarité régionale mise à contribution

Face à l'ampleur de la crise, la coordination entre les provinces chinoises et les autorités taïwanaises, bien que ces dernières opèrent dans un cadre politique totalement distinct, révèle une réalité incontournable : aucune structure gouvernementale, quel que soit son régime, ne peut affronter seule des événements météorologiques de cette intensité. Le partage d'informations météorologiques entre agences régionales, y compris via des canaux scientifiques internationaux comme le Joint Typhoon Warning Center, demeure essentiel pour anticiper la trajectoire de systèmes aussi imprévisibles que Bavi.

Cette coopération technique minimale, qui persiste malgré les tensions politiques permanentes entre Beijing et Taipei, rappelle que certains défis dépassent même les rivalités les plus enracinées. La météorologie, contrairement à la diplomatie, ne connaît pas de ligne rouge géopolitique — seulement des trajectoires de vents et des pressions atmosphériques qui n'attendent l'accord de personne.

*Il y a quelque chose de presque salutaire dans le fait qu'une tempête oblige, même brièvement, deux administrations rivales à échanger des données essentielles à la survie de leurs populations respectives. Si seulement cette logique de coopération minimale pouvait s'étendre à d'autres dossiers bien plus vitaux pour la paix régionale.*

## Conclusion : Deux typhons, une leçon d'humilité collective

### Ce que Maysak et Bavi révèlent

Cent trente mille personnes évacuées dans le seul Guangxi, près de cent mille autres à Beijing, des dizaines de milliers de militaires mobilisés à Taïwan : la séquence Maysak-Bavi restera comme un exemple frappant de la manière dont deux catastrophes climatiques peuvent, en l'espace de quelques jours seulement, mettre à l'épreuve la capacité entière d'une région à protéger sa population. Le bilan de **39 morts au minimum** et de dizaines de disparus rappelle que derrière chaque statistique d'évacuation se cachent des histoires humaines individuelles, des foyers abandonnés dans l'urgence, des vies bouleversées en quelques heures.

La mobilisation chinoise, malgré les critiques légitimes que l'on peut adresser à l'opacité de son système politique, a démontré une capacité logistique réelle, mesurable en bateaux déployés, en foyers reconnectés au réseau électrique, en étudiants extraits d'un campus submergé. Cette capacité ne doit cependant jamais servir à minimiser la souffrance de ceux qui ont tout perdu, ni à occulter les questions légitimes sur la prévention à plus long terme des catastrophes hydrauliques dans les zones les plus vulnérables du pays.

### Une vigilance qui doit dépasser la saison des typhons

Alors que **Bavi** poursuit sa trajectoire vers le Fujian et le Zhejiang, la vigilance reste de mise pour des millions de personnes le long des côtes chinoises et taïwanaises. Les prochains jours diront si les infrastructures renforcées, les évacuations anticipées et les milliers de secouristes déployés suffiront à limiter un bilan humain déjà lourd. Ce qui est certain, c'est que la fréquence de ces événements exceptionnels impose, bien au-delà des frontières chinoises, une réflexion mondiale sur l'adaptation climatique que trop de gouvernements continuent de reporter à demain.

*Je ne sais pas si le monde tirera les bonnes leçons de cette séquence Maysak-Bavi une fois les eaux retirées et les caméras reparties ailleurs. Mais je sais que cent trente mille personnes évacuées en quelques heures méritent mieux qu'un entrefilet vite oublié entre deux dépêches sur les tensions internationales du jour.*

**Signé Maxime Marquette, chroniqueur**

## Encadré de transparence du chroniqueur

### Positionnement éditorial

Je ne suis pas journaliste, mais **chroniqueur et analyste**. Mon expertise réside dans l'observation et l'analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.

Je ne prétends pas à l'objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. **Je prétends à la lucidité analytique**, à l'interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d'offrir une lecture critique des événements.

### Méthodologie et sources

Ce texte respecte la distinction fondamentale entre **faits vérifiés et analyses interprétatives**. La règle de méthode est constante : une information factuelle n'est publiée que si une source vérifiable la porte, et les sources effectivement utilisées par cet article sont listées sous **Sources**, jamais ici.

**Familles de sources primaires** retenues par la publication, quand le dossier en comporte : communiqués officiels des gouvernements et institutions internationales, déclarations publiques des dirigeants politiques, rapports d'organisations intergouvernementales, dépêches d'agences de presse internationales reconnues.

**Familles de sources secondaires** : publications spécialisées, médias d'information reconnus internationalement, analyses d'institutions de recherche établies, rapports d'organisations sectorielles.

Quand un article cite des données statistiques, économiques ou géopolitiques, elles proviennent d'institutions productrices de données (organisations intergouvernementales, banques centrales, instituts statistiques nationaux), et l'institution exacte est nommée sous **Sources**.

### Nature de l'analyse

Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une **synthèse critique et contextuelle** basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d'experts cités dans les sources consultées.

Mon rôle est d'interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et économiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l'observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs globaux.

Cet article décrit un état documenté à sa date de publication, et non une prédiction : une évolution ultérieure peut en déplacer les perspectives. Aucune mise à jour n'est promise d'avance; lorsqu'un article est corrigé ou complété, la modification est datée dans le texte.

## Sources

### Sources primaires

- [Inondations dans le sud de la Chine : au moins 39 morts, 130 000 évacués — Associated Press, 9 juillet 2026](https://apnews.com/article/typhoon-maysak-bavi-china-taiwan-flooding-e0d8291a25627d8b62595739b51a569e)

- [Typhon Maysak et Bavi : inondations en Chine et à Taïwan — The Washington Post, 9 juillet 2026](https://www.washingtonpost.com/world/2026/07/09/typhoon-maysak-bavi-china-taiwan-flooding/be60527c-7b53-11f1-b194-f872dd4ec5aa_story.html)

- [Tempêtes meurtrières dans le centre de la Chine alors que Bavi approche — Reuters, 7 juillet 2026](https://www.reuters.com/business/environment/storms-kill-least-eight-central-china-typhoon-bavi-looms-offshore-2026-07-07/)

- [Un typhon déclenche inondations et tornades rares en Chine — BBC, 8 juillet 2026](https://www.bbc.com/news/articles/c79ygnv9e93o)

### Sources secondaires

- [Le typhon Bavi progresse vers Taïwan, la Chine se prépare à l'impact — The Straits Times, 9 juillet 2026](https://www.straitstimes.com/asia/east-asia/typhoon-bavi-churns-towards-taiwan-as-china-braces-for-landfall)

- [Des tornades tuent 17 personnes dans le centre de la Chine — Al Jazeera, 7 juillet 2026](https://www.aljazeera.com/news/2026/7/7/tornadoes-kill-17-in-central-china-as-typhoon-bavi-looms-offshore)

- [Le typhon Maysak frappe la Chine de fortes pluies — The New York Times, 7 juillet 2026](https://www.nytimes.com/2026/07/07/world/asia/china-flooding-typhoon-maysak.html)

- [Typhon Bavi (2026) — données techniques du Joint Typhoon Warning Center, Wikipedia](https://en.wikipedia.org/wiki/Typhoon_Bavi_(2026))

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Source : Maxime Marquette, MadMax. Pour citer ce texte, nommer l’auteur et lier https://mad-max.co/fr/article/chronique-la-chine-evacue-130-000-personnes-deux-typhons-frappent-en-une-semaine
