# BILLET : les tirs réels de Dongshan

> Deux jours, deux dates, une même zone fermée à toute navigation : les 23 et 24 juillet 2026, la Chine a mené des exercices à tir réel dans le détroit de Taïwan, près de l'île de Dongshan, dans la province du Fujian,…

- Auteur: Maxime Marquette
- Publication: MadMax (https://mad-max.co)
- Rubrique: Billet
- Publié: 2026-07-24
- Adresse à citer: https://mad-max.co/fr/article/billet-les-tirs-reels-de-dongshan

## Introduction

Deux jours, deux dates, une même zone fermée à toute navigation : les **23 et 24 juillet 2026**, la Chine a mené des **exercices à tir réel** dans le détroit de Taïwan, près de l'île de **Dongshan**, dans la province du **Fujian**, selon un rapport de l'agence **Reuters**. Les créneaux annoncés, de **6h00 à 18h00** chaque jour, couvrent une zone maritime au sud du détroit, verrouillée pour la durée des manœuvres.

Ce billet ne cherche pas à tout couvrir du dossier taïwanais de juillet 2026 ; il se concentre sur un **angle précis** : ce que ces deux jours de **tir réel** près de Dongshan révèlent, isolément, sur la méthode chinoise de démonstration de force, et sur ce qu'ils ne prouvent pas à eux seuls. *Un billet n'a pas la prétention d'un dossier complet ; il a l'ambition, plus modeste et parfois plus utile, de regarder un seul fait avec assez d'attention pour ne rien lui ajouter.*

Le choix de **Dongshan**, une île du sud du Fujian face au détroit, n'est pas anodin sur le plan géographique : elle offre un accès direct aux **voies de navigation commerciale** les plus fréquentées de la région, ce qui explique en partie la réaction rapide de Washington.

## Le lieu choisi : Dongshan et sa position stratégique

### Une île du sud du Fujian, face au détroit

L'île de **Dongshan** se situe dans la partie sud de la province chinoise du **Fujian**, directement face aux routes maritimes qui traversent le **détroit de Taïwan**. Le choix de cette zone pour des exercices à tir réel place la démonstration chinoise à proximité immédiate de **voies commerciales internationales** parmi les plus fréquentées du monde, un point que le secrétaire d'État américain **Marco Rubio** a explicitement **soulevé** dans ses critiques.

Cette **proximité** avec des routes commerciales majeures distingue les exercices de Dongshan d'autres manœuvres chinoises menées plus loin des zones de navigation civile. **Chaque fermeture de zone maritime** pour exercice militaire, même temporaire, oblige les navires commerciaux à dérouter leur trajectoire, avec des **conséquences économiques** qui, bien que rarement quantifiées publiquement, s'accumulent au fil des exercices répétés dans la région.

### Les créneaux horaires précis de l'exercice

Selon **Reuters**, les exercices se sont déroulés de **6h00 à 18h00** les 23 et 24 juillet, soit deux plages de douze heures consécutives sur deux jours. Cette précision horaire, généralement communiquée par les autorités maritimes chinoises via des **avis à la navigation**, permet aux **navires civils** de planifier leur trajectoire en conséquence, mais elle n'efface pas l'effet de **pression cumulative** que représente la répétition de telles fermetures.

Ce degré de préavis, aussi limité soit-il, distingue ces exercices d'une action militaire imprévisible : il s'agit d'une **démonstration planifiée et annoncée**, ce qui en fait un **outil de pression politique** autant qu'un exercice d'entraînement réel des forces navales et aériennes chinoises.

## Le contexte immédiat : au lendemain de la rencontre Rubio-Wang Yi

### Un sommet régional suivi d'une réponse militaire

Les exercices de Dongshan ont débuté au lendemain d'une **rencontre entre Marco Rubio et Wang Yi** à Manille, en marge d'un sommet régional, selon **Newsweek**. Cette **proximité de calendrier**, entre une rencontre diplomatique et le lancement d'exercices militaires, a immédiatement suscité des **interprétations** chez plusieurs observateurs occidentaux, qui y ont vu une **réponse chinoise** aux propos tenus par Rubio lors du sommet.

Rubio avait déclaré, selon la même source, que les manœuvres chinoises « vont à l'encontre de l'esprit de la stabilité stratégique », ajoutant dans un message publié sur le réseau social X qu'« aucune nation n'a le droit de restreindre la libre circulation du commerce et des voyages dans les voies navigables internationales, y compris le détroit de Taïwan ». *Une déclaration publiée la veille et des tirs annoncés le lendemain composent un récit qui se raconte presque tout seul ; il reste à vérifier s'il correspond à un lien de cause à effet ou à une simple coïncidence de calendrier militaire déjà planifié.*

### Ce que la chronologie ne permet pas d'affirmer

Aucune **source consultée** ne démontre que les exercices de Dongshan aient été **improvisés en réaction directe** aux propos de Rubio ; des exercices militaires de cette ampleur nécessitent généralement des semaines de préparation logistique, ce qui rend plus probable une **planification antérieure** et non improvisée à la rencontre de Manille. La coïncidence de calendrier reste frappante, mais elle ne suffit pas à établir une **causalité directe** entre les deux événements. *Chercher une preuve qui n'existe pas encore n'est pas de la prudence excessive ; c'est simplement respecter la différence entre ce qui frappe l'œil et ce que les faits permettent de démontrer.*

## La réaction de Washington : dénonciation de la garde côtière chinoise

### Rubio cible aussi les déploiements de la garde côtière

Au-delà des exercices militaires eux-mêmes, Rubio a spécifiquement dénoncé, lors du sommet de Manille, les **déploiements de la garde côtière chinoise** près de Taïwan, selon le **Taipei Times**. Cette **critique distincte**, portant sur un organe différent de l'armée régulière chinoise, illustre une préoccupation américaine qui dépasse la seule question des exercices militaires ponctuels pour englober une **présence maritime continue** plus difficile à qualifier juridiquement comme provocation militaire directe.

Cette **double dénonciation** — exercices militaires d'un côté, garde côtière de l'autre — reflète une **stratégie chinoise à deux vitesses** déjà documentée par ailleurs : des démonstrations de force ponctuelles et visibles, combinées à une présence continue et moins spectaculaire, mais tout aussi significative sur la durée.

### Les ambassades européennes avaient déjà réagi en juin

Les ambassades de fait du **Royaume-Uni**, de l'**Allemagne** et de la **France** à Taipei avaient, dès le **24 juin**, dénoncé les « opérations spéciales de police maritime » chinoises à l'est de Taïwan, selon le Taipei Times. Cette réaction européenne, antérieure d'un mois aux exercices de Dongshan, montre que la préoccupation occidentale concernant les **activités maritimes chinoises** près de Taïwan ne date pas de la seule séquence de juillet, mais s'inscrit dans une **vigilance continue** depuis plusieurs semaines. *Une inquiétude qui dure depuis un mois avant l'épisode qui la confirme n'est plus une réaction à chaud ; c'est déjà, pour ceux qui la formulaient, une prévision qui s'est vérifiée.*

## Le précédent de décembre 2025

### Des manœuvres d'ampleur sans précédent après l'aide record à Taipei

Selon **Reuters**, la Chine avait déjà mené, en **décembre 2025**, des « manœuvres d'ampleur sans précédent » dans la même région, immédiatement après l'annonce d'une **aide militaire record de 11,1 milliards de dollars américains** à Taipei. Ce précédent établit un **schéma récurrent** : chaque geste occidental de soutien matériel important à Taïwan semble suivi, dans un délai relativement court, d'une démonstration de force chinoise dans le détroit.

*Un schéma qui se répète deux fois n'est plus un hasard statistique ; c'est devenu, à ce stade, une grammaire politique que Pékin semble avoir choisi de rendre lisible plutôt que de la dissimuler.* Reste à savoir si cette grammaire vise principalement un **public intérieur chinois**, un public taïwanais, ou les capitales occidentales elles-mêmes.

### Ce que ce précédent suggère pour la lecture de juillet 2026

Si le précédent de décembre 2025 se confirme comme un modèle récurrent, les exercices de Dongshan pourraient s'inscrire dans une **logique de réponse différée** à des développements occidentaux plus larges concernant le soutien à Taïwan, plutôt que dans une réaction ponctuelle au seul sommet de Manille. Cette lecture reste toutefois une **hypothèse comparative**, non une confirmation directe par une source chinoise officielle du lien entre les deux épisodes. *Comparer deux épisodes n'équivaut jamais à les fusionner en un seul récit ; chacun garde ses propres preuves, ses propres limites, et sa propre part d'incertitude.*

## L'ampleur relative de ces exercices dans le temps

### Deux jours, une fenêtre courte par rapport à d'autres précédents

Comparés aux « manœuvres d'ampleur sans précédent » de décembre 2025, les exercices des 23 et 24 juillet apparaissent, par leur **durée de seulement deux jours**, plus limités dans le temps. Cette **différence de durée** ne préjuge cependant pas de leur **intensité** ou de leur signification politique, qui doit être évaluée à l'aune du contexte diplomatique immédiat plutôt que de la seule durée calendaire de l'exercice.

Le fait que Pékin ait choisi une fenêtre courte, mais clairement annoncée et fermée à la navigation, suggère une volonté de produire un **effet démonstratif net** sans nécessairement engager des ressources militaires sur une période prolongée, une approche différente de la mobilisation plus longue de décembre 2025.

### Un calendrier qui laisse deviner une planification de longue date

La **logistique** nécessaire pour fermer une zone maritime, positionner des navires et coordonner des tirs réels sur deux journées complètes ne s'organise pas en quelques heures. Cette **réalité opérationnelle** renforce l'hypothèse d'une **préparation antérieure** de plusieurs semaines, ce qui replace la coïncidence avec le sommet de Manille dans une perspective plus mesurée : le calendrier diplomatique et le calendrier militaire chinois semblent avoir simplement **convergé**, sans que l'un ait nécessairement déclenché l'autre dans l'urgence.

## Les sorties aériennes recensées en parallèle par Taïwan

### Vingt-et-une sorties du 23 au 24 juillet

Le **ministère taïwanais de la Défense** a recensé **21 sorties d'avions** de l'Armée populaire de libération entre le 23 et le 24 juillet à 6h00, dont **20 ont franchi la ligne médiane** du détroit, selon des données rapportées par **Thairath**. **Six navires de guerre** et deux navires officiels ont également été détectés durant cette même fenêtre, un déploiement qui accompagne, sans nécessairement s'y substituer, les exercices à tir réel de Dongshan.

Ces **deux catégories d'activité** — tirs réels annoncés dans une zone fermée, et sorties aériennes routinières mais nombreuses — ne doivent pas être **confondues** dans une lecture unique : elles relèvent de logiques opérationnelles distinctes, même si elles se déroulent dans la même fenêtre temporelle et contribuent, ensemble, à l'impression d'une **pression multiforme** ressentie à Taipei durant ces deux journées. *Additionner des chiffres différents dans une même colonne finit toujours par produire un total qui impressionne davantage qu'il n'informe.*

## Le paradoxe des chiffres annuels en toile de fond

### Un creux de trois ans qui contraste avec l'épisode de Dongshan

Selon une analyse du **South China Morning Post**, les sorties de chasseurs de l'Armée populaire de libération près de Taïwan ont atteint, au premier semestre 2026, leur **niveau le plus bas depuis trois ans**, avec **1 334 sorties** recensées, soit moitié moins qu'un an plus tôt. Ce chiffre global contraste avec l'épisode ponctuel de Dongshan, ce qui illustre une réalité souvent négligée dans la couverture de ce dossier : une **moyenne annuelle en baisse** peut coexister avec des **pics ponctuels** de tension très visibles.

*Une statistique annuelle rassure rarement celui qui vient de passer deux jours sous une fermeture maritime annoncée à quelques heures d'avis ; les moyennes et les pics racontent deux histoires différentes, également vraies.*

### Le rappel des plus de 5 400 sorties de 2025

La même analyse du South China Morning Post rappelle que l'année **2025** avait vu plus de **5 400 sorties** au total, un chiffre qui met en perspective la **baisse enregistrée** au premier semestre 2026. Cette bascule s'accompagne, selon la même source, d'un **changement de méthode** plus large : la Chine semble **privilégier** de plus en plus les **patrouilles de la garde côtière** plutôt que les sorties aériennes massives comme principal outil de pression quotidienne, réservant les **grands exercices** à tir réel à des moments choisis, comme celui de Dongshan.

## Ce que la fermeture maritime signifie pour le trafic commercial

### Un coût économique rarement chiffré publiquement

Les **fermetures de zones maritimes** pour exercice militaire, même de courte durée, imposent aux compagnies de transport maritime des **déroutements** qui allongent les trajets et augmentent les coûts de carburant, un impact que ni les autorités chinoises ni les compagnies maritimes ne détaillent généralement de façon publique et chiffrée. Le détroit de Taïwan demeure une des **voies de navigation** les plus fréquentées au monde pour le commerce entre l'Asie du Nord-Est et le reste du globe.

Cette dimension économique, moins spectaculaire que les images de navires de guerre, constitue pourtant l'un des **arguments centraux** employés par Washington pour justifier son opposition à ce type d'exercice : au-delà de la question de souveraineté taïwanaise, c'est la **libre circulation commerciale internationale** elle-même qui serait mise en cause par des fermetures répétées. *Un porte-conteneurs dérouté ne fait jamais les manchettes ; il fait, en silence, les chiffres d'un rapport économique que peu de gens liront.*

### Les assureurs maritimes, des observateurs discrets mais attentifs

Les compagnies d'**assurance maritime**, qui ajustent régulièrement leurs primes en fonction du risque perçu dans certaines zones de navigation, suivent de près chaque épisode de ce type, même lorsque son impact immédiat reste limité à deux journées. Une **répétition suffisante** de ces épisodes pourrait, à terme, influencer les **coûts d'assurance** appliqués aux navires transitant régulièrement par le détroit, un effet indirect qui dépasse la seule sphère diplomatique pour toucher directement l'économie du transport maritime mondial.

## La rhétorique employée de part et d'autre

### Le langage de la « stabilité stratégique » contre celui de la souveraineté

Le vocabulaire employé par Rubio — « esprit de la stabilité stratégique », « libre circulation » — s'oppose terme à terme à celui qu'emploie généralement Pékin pour justifier ses propres exercices, centré sur la **souveraineté territoriale** et le droit de mener des manœuvres dans ce que la Chine considère comme ses propres eaux territoriales élargies. Cette opposition rhétorique, répétée depuis des années à chaque nouvel épisode, ne se résout jamais complètement dans le langage diplomatique, chaque partie campant sur son **cadre juridique** respectif et refusant toute concession.

*Deux vocabulaires qui ne se rencontrent jamais ne produisent pas un dialogue ; ils produisent, au mieux, deux monologues parallèles qui se croisent sans jamais se répondre vraiment.*

### L'absence de canal de désescalade formel entre les deux camps

Aucune source consultée ne mentionne l'existence d'un **canal de communication direct et formel** entre Washington et Pékin spécifiquement dédié à la désescalade rapide en cas d'incident dans le détroit de Taïwan, un manque que plusieurs **analystes en sécurité régionale** ont déjà souligné par le passé comme un **risque structurel** pour la gestion de crise, indépendamment de la gravité propre de chaque épisode pris isolément.

## Ce que Dongshan révèle sur la méthode chinoise

### Une précision géographique et temporelle qui n'est pas un hasard

Le choix précis de Dongshan, avec ses créneaux horaires annoncés et sa **zone maritime clairement délimitée**, illustre une méthode chinoise qui privilégie la démonstration **calibrée et annoncée** plutôt que l'action surprise. Cette approche permet à **Pékin** de projeter une image de **force maîtrisée** plutôt que d'escalade incontrôlée, tout en produisant l'effet politique recherché auprès des publics taïwanais et occidental.

Cette méthode calibrée ne rend pas l'exercice moins significatif sur le plan politique ; elle indique simplement que Pékin cherche à maintenir un **contrôle narratif** sur chaque étape de l'escalade, en évitant toute ambiguïté qui pourrait être interprétée comme un dérapage non maîtrisé.

### Une constante depuis plusieurs années dans le détroit

Cette recherche de **calibrage visible** n'est pas propre à l'épisode de Dongshan : elle caractérise, selon plusieurs analyses régionales déjà publiées, la posture chinoise dans le détroit depuis plusieurs années, chaque **nouvel exercice** ajoutant un **précédent** qui normalise progressivement un niveau de présence militaire qui aurait pu, il y a une décennie, être perçu comme nettement plus exceptionnel qu'aujourd'hui.

## Les limites de ce que ce seul épisode permet de conclure

### Un point de données, pas une tendance en soi

Isolé de son contexte plus large, l'épisode de Dongshan constitue un **point de données unique** qui ne permet pas, à lui seul, de conclure à une escalade générale ou à un changement de doctrine chinoise envers Taïwan. C'est la **répétition** de tels épisodes, mise en perspective avec les **statistiques annuelles** et les autres développements du dossier — loi d'unité ethnique, activité de la garde côtière, exercices navals sino-russes — qui permet de construire une lecture plus complète.

Ce billet, en se concentrant volontairement sur ce seul épisode, cherche à éviter l'écueil inverse : celui qui consisterait à noyer un fait précis et vérifiable dans une **synthèse trop large** qui finirait par diluer sa valeur informative propre.

### Ce que seule la répétition future pourra confirmer

Seuls les **prochains mois** permettront de déterminer si Dongshan appartient à une série qui s'intensifie, se stabilise ou s'atténue. *Traiter un seul épisode comme un signal définitif, dans un sens ou dans l'autre, dit souvent plus sur l'impatience de celui qui l'affirme que sur la réalité du dossier lui-même.* Ce niveau de prudence n'affaiblit pas l'importance de l'épisode ; il en préserve simplement la portée réelle.

## La garde côtière chinoise, un outil parallèle et rotatif

### Les navires Xiushan et Daishan en rotation à l'est de Taïwan

Parallèlement aux exercices de Dongshan, une **rotation des patrouilles** de la garde côtière chinoise s'est poursuivie à l'est de Taïwan, impliquant notamment les navires **Xiushan** et **Daishan**, selon des informations relayées par le **Global Times**. Cette **présence continue**, moins spectaculaire que des tirs réels annoncés, contribue néanmoins à une **pression maritime constante** qui ne s'interrompt jamais complètement, contrairement aux exercices militaires ponctuels qui ont un début et une fin clairement établis.

Cette **rotation régulière** permet à Pékin de maintenir une **présence visible** sans mobiliser les ressources considérables qu'exige un exercice à tir réel de l'ampleur de celui de Dongshan. *Une présence continue, même discrète, use les nerfs d'une façon différente qu'un coup d'éclat ponctuel ; elle ne laisse jamais de répit complet.*

### Le navire USNS Henson sous surveillance chinoise

Le navire océanographique américain **USNS Henson** a été repéré au sud-ouest de **Qimei**, dans l'archipel de Penghu, le **22 juillet**, sous la surveillance de la garde côtière chinoise, selon des données rapportées par **Thairath**. Cet **épisode**, survenu juste avant le début des exercices de Dongshan, illustre la **vigilance maritime** chinoise qui s'exerce également contre des navires de recherche américains présents dans la région, au-delà du seul dossier taïwanais. *Un navire scientifique suivi de près raconte, lui aussi, quelque chose sur la nervosité d'une région où même la recherche océanographique n'échappe plus au regard militaire.*

## Les fusées de Xichang, un signal distinct mais concomitant

### Des tirs traversant l'ADIZ vers le Pacifique ouest

Toujours selon **Thairath**, des **fusées lancées depuis Xichang** ont traversé la zone d'identification de défense aérienne (ADIZ) taïwanaise en direction du Pacifique ouest durant la même période que les exercices de Dongshan. Ces **lancements** relèvent du **programme spatial chinois** plutôt que d'un exercice militaire visant directement Taïwan, mais leur **trajectoire** au-dessus de la zone surveillée par Taipei illustre la manière dont des activités par ailleurs civiles ou scientifiques peuvent, par leur seule trajectoire géographique, s'ajouter au faisceau de développements observés avec attention par les autorités taïwanaises durant cette même fenêtre.

Cette distinction entre **programme spatial** et **exercice militaire** mérite d'être maintenue, même lorsque leur calendrier coïncide : confondre les deux catégories reviendrait à surinterpréter une activité de routine du programme spatial chinois comme un geste de pression délibéré, ce qu'aucune source consultée ne permet d'affirmer avec certitude.

### Un précédent qui invite à la prudence méthodologique

Des **lancements spatiaux chinois** avaient déjà, à plusieurs reprises dans le passé, traversé des zones surveillées sans lien démontré avec une intention militaire. *Une trajectoire au-dessus d'une carte sensible ne dit rien, en elle-même, sur l'intention de celui qui l'a tracée ; c'est le contexte, jamais la seule géométrie, qui permet de juger.* Traiter chaque **lancement spatial** chinois comme un geste géopolitique délibéré reviendrait à perdre la capacité de distinguer, à l'avenir, un véritable signal d'une simple **coïncidence orbitale**.

## Conclusion

Les tirs réels de Dongshan, les 23 et 24 juillet 2026, restent un épisode **précis, daté et localisé** : deux jours, une zone maritime fermée, des créneaux horaires annoncés, une réponse diplomatique rapide de Washington. Ce que cet **épisode** ne permet pas, à lui seul, d'établir avec certitude, c'est un lien de **causalité directe** avec la rencontre Rubio-Wang Yi qui l'a précédé de quelques heures, même si la **coïncidence de calendrier** reste frappante et mérite d'être notée sans être surinterprétée.

Ce que Dongshan confirme, en revanche, c'est la persistance d'une **méthode chinoise** déjà observée en décembre 2025 : des démonstrations de force calibrées, annoncées, limitées dans le temps, mais suffisamment visibles pour produire l'effet politique recherché. *Deux jours de tirs réels ne renversent aucun équilibre stratégique ; ils rappellent simplement, avec la régularité d'une horloge, que cet équilibre reste fragile et surveillé de très près par toutes les parties concernées.*

**Signé Maxime Marquette, chroniqueur**

## Encadré de transparence du chroniqueur

### Positionnement éditorial

Je ne suis pas journaliste, mais **chroniqueur et analyste**. Mon expertise réside dans l'observation et l'analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.

Je ne prétends pas à l'objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. **Je prétends à la lucidité analytique**, à l'interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d'offrir une lecture critique des événements.

### Méthodologie et sources

Ce texte respecte la distinction fondamentale entre **faits vérifiés et analyses interprétatives**. La règle de méthode est constante : une information factuelle n'est publiée que si une source vérifiable la porte, et les sources effectivement utilisées par cet article sont listées sous **Sources**, jamais ici.

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**Familles de sources secondaires** : publications spécialisées, médias d'information reconnus internationalement, analyses d'institutions de recherche établies, rapports d'organisations sectorielles.

Quand un article cite des données statistiques, économiques ou géopolitiques, elles proviennent d'institutions productrices de données (organisations intergouvernementales, banques centrales, instituts statistiques nationaux), et l'institution exacte est nommée sous **Sources**.

### Nature de l'analyse

Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une **synthèse critique et contextuelle** basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d'experts cités dans les sources consultées.

Mon rôle est d'interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et économiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l'observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs globaux.

Cet article décrit un état documenté à sa date de publication, et non une prédiction : une évolution ultérieure peut en déplacer les perspectives. Aucune mise à jour n'est promise d'avance; lorsqu'un article est corrigé ou complété, la modification est datée dans le texte.

## Sources

### Sources primaires

- [Reuters — La Chine débute des exercices militaires dans le détroit de Taïwan — 23 juillet 2026](https://www.reuters.com/fr/affaires/la-chine-dbute-des-exercices-militaires-dans-le-dtroit-de-tawan-2026-07-23/)

- [Thairath — 21 sorties d'avions PLA détectées par Taïwan, 20 franchissant la ligne médiane — 24 juillet 2026](https://en.thairath.co.th/news/foreign/2948131)

- [Taipei Times — Washington dénonce les déploiements de la garde côtière chinoise près de Taïwan — 24 juillet 2026](https://www.taipeitimes.com/News/front/archives/2026/07/24/2003861284)

### Sources secondaires

- [Newsweek — La Chine mène des exercices militaires dans des eaux commerciales clés après l'avertissement de Rubio — 23 juillet 2026](https://www.newsweek.com/china-stages-military-drills-in-key-trade-waters-after-rubio-warning-12227056)

- [South China Morning Post — Pourquoi les sorties de chasseurs PLA près de Taïwan ont chuté à un creux de 3 ans au premier semestre 2026 — 2026](https://www.scmp.com/news/china/military/article/3361605/why-pla-fighter-jet-sorties-near-taiwan-dropped-3-year-low-first-half-2026)

- [Newsable Asianet — Taïwan signale 8 avions et 6 navires PLA dans un contexte d'activité chinoise accrue — 24 juillet 2026](https://newsable.asianetnews.com/world/taiwan-reports-8-pla-jets-6-ships-amid-heightened-chinese-activity-articleshow-fycihmk)

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Source : Maxime Marquette, MadMax. Pour citer ce texte, nommer l’auteur et lier https://mad-max.co/fr/article/billet-les-tirs-reels-de-dongshan
