# BILLET : Le Maroc à Gaza — ce qu'un pays arabe peut faire seul

> Quelque part dans la base militaire de Kiryat Gat, à trente kilomètres au nord de la bande de Gaza, des officiers des Forces armées royales marocaines ont pris leur poste au quartier général de la Force internationale de stabilisation (ISF). Le Board of Peace — l'organisation créée par Donald Trump pour administrer la transition post-Hamas à Gaza — a annoncé l'arrivée de ce con

- Auteur: Maxime Marquette
- Publication: MadMax (https://mad-max.co)
- Rubrique: Billet
- Publié: 2026-06-27
- Adresse à citer: https://mad-max.co/fr/article/billet-le-maroc-a-gaza-ce-qu-un-pays-arabe-peut-faire-seul

## À retenir

- Le 19 février 2026, Nasser Bourita a annoncé à Washington que le Maroc déploierait des officiers de police, formerait des policiers gazaouis et enverrait des officiers militaires de haut rang.
- Rabat s'appuie sur les Accords d'Abraham de 2020 et sur sa légitimité religieuse, le roi étant Commandeur des Croyants.
- L'engagement comprend aussi un hôpital de campagne et un programme de déradicalisation inspiré du modèle marocain.
- Le désarmement du Hamas reste le principal obstacle, les négociations au Caire butant sur la définition de « l'infrastructure » à détruire.
- Selon l'auteur, l'Égypte et la Jordanie ont refusé de s'engager avec des troupes de combat, tandis que le Maroc a pris un risque politique assumé.

## Introduction : La photo qui change tout

### Le 24 juin 2026 à Kiryat Gat

Quelque part dans la base militaire de **Kiryat Gat**, à trente kilomètres au nord de la bande de **Gaza**, des officiers des **Forces armées royales marocaines** ont pris leur poste au quartier général de la **Force internationale de stabilisation** (**ISF**). Le **Board of Peace** — l'organisation créée par **Donald Trump** pour administrer la transition post-Hamas à **Gaza** — a annoncé l'arrivée de ce contingent de planification le **24 juin 2026**. Quatre officiers confirmés. Peut-être davantage. L'information a circulé discrètement — mais ses implications sont massives.

Ce moment méritait un billet. Pas parce que quatre officiers changent la guerre. Mais parce qu'ils changent la carte. Le **Maroc** est le **premier pays arabe** à avoir physiquement déployé des représentants militaires dans une structure de commandement liée à la transition post-conflit à **Gaza**. C'est une rupture avec un tabou vieux de soixante-dix ans dans le monde arabe : l'impossibilité de séparer reconnaissance de la cause palestinienne et coopération sécuritaire avec **Israël**. Le **Maroc** vient de trancher — au sens littéral du terme.

### Un an de promesses tenues

Pour comprendre pourquoi ce déploiement est significatif, il faut remonter au **19 février 2026**. Ce jour-là, à **Washington**, le ministre des Affaires étrangères marocain **Nasser Bourita** s'est levé devant la réunion inaugurale du **Board of Peace** et a déclaré, en anglais, que "**le Maroc est prêt à déployer des officiers de police et à former des policiers de Gaza**" et qu'il déploierait "des officiers militaires de haut rang au commandement militaire conjoint de l'ISF." C'était le premier pays arabe à s'engager publiquement. En juin **2026**, ces paroles se sont transformées en bottes sur le terrain.

En **diplomatie**, la distance entre la déclaration et l'action est souvent un abîme. Le **Maroc** l'a franchi. Et en le faisant, il ouvre une page nouvelle d'une crise que ni **Israël**, ni l'**Occident**, ni l'**ONU** ne pouvaient résoudre seuls — précisément parce qu'ils manquaient de la légitimité islamique et arabe nécessaire pour faire passer un processus de désarmement du **Hamas** comme acceptable aux yeux de la population de **Gaza**.

*Je vais être direct : quand j'ai lu l'annonce du déploiement marocain, j'ai ressenti quelque chose qui ressemble à du soulagement. Pas de l'enthousiasme naïf — les obstacles sont immenses, le Hamas n'est pas désarmé, le plan de paix est contesté. Mais du soulagement qu'un acteur arabe soit enfin prêt à mettre la peau dans le jeu. Parce que sans cela, la paix à Gaza restera une théorie occidentale appliquée par la force israélienne. Ce n'est pas une formule qui a déjà fonctionné.*

## Le pari géopolitique de Rabat

### Pourquoi le Maroc ?

La question que tout le monde se pose : pourquoi le **Maroc** ? Pas l'**Égypte**, qui partage la frontière avec **Gaza** et a le plus à perdre d'une déstabilisation régionale. Pas la **Jordanie**, dont la stabilité interne dépend en partie du dossier palestinien. Pas l'**Arabie Saoudite**, qui dispose des ressources financières les plus importantes. Pourquoi **Rabat** ?

Plusieurs raisons se superposent. La première : les **Accords d'Abraham** de **2020**. La normalisation des relations avec **Israël** — en échange de la reconnaissance américaine de la souveraineté marocaine sur le **Sahara Occidental** — a donné au **Maroc** un accès diplomatique et militaire à **Israël** que peu de pays arabes possèdent. Un plan d'action militaire conjoint pour **2026** avait été signé en **janvier 2026** à **Tel Aviv**. Le **Maroc** et **Israël** avaient la confiance opérationnelle nécessaire pour travailler ensemble.

### La légitimité islamique comme atout

La deuxième raison : la légitimité islamique du **Maroc**. Le roi **Mohammed VI** est non seulement le chef d'État du **Maroc** mais aussi le **Commandeur des Croyants** — titre hérité d'une tradition islamique qui confère une autorité religieuse reconnue dans le monde musulman sunnite. Le **Maroc** abrite la **Fondation Mohammed VI des Oulémas d'Afrique**, un réseau d'influence religieuse qui s'étend dans une vingtaine de pays africains. Et le **Maroc** a développé une approche de lutte contre la radicalisation islamiste — le "modèle marocain" — qui a démontré son efficacité dans le contexte sahélien.

Cette combinaison — État laïque reconnu par **Israël**, légitimité islamique auprès des populations arabes, expertise en déradicalisation — fait du **Maroc** un acteur unique pour le rôle que l'**ISF** doit jouer à **Gaza**. Aucun pays occidental ne peut offrir la légitimité islamique. Aucun pays arabe de la région ne peut offrir la relation avec **Israël**. Le **Maroc** offre les deux. C'est sa carte maîtresse.

*La combinaison Accords d'Abraham + Commandeur des Croyants est, géopolitiquement, un chef-d'œuvre de positionnement stratégique. Rabat a choisi d'être, à la fois, accepté par Israël et crédible aux yeux des Gazaouis. C'est extraordinairement difficile à réaliser. C'est aussi précisément ce dont Gaza a besoin : une présence internationale qui ne soit pas perçue comme une occupation de substitution.*

## Ce que le Maroc s'est engagé à faire

### Les cinq piliers de l'engagement marocain

L'engagement marocain, tel qu'annoncé par **Bourita** en **février 2026**, repose sur cinq axes. **Premier axe** : une contribution financière initiale au **Board of Peace** — la première de toutes les nations contributrices selon les sources diplomatiques. **Deuxième axe** : le déploiement et la formation de policiers palestiniens — un élément crucial pour la reconstruction d'une capacité de sécurité civile à **Gaza**. **Troisième axe** : l'envoi d'officiers militaires supérieurs au commandement conjoint de l'**ISF** — matérialisé avec les arrivées de juin **2026**.

**Quatrième axe** : l'établissement d'un hôpital de campagne militaire marocain à **Gaza** — pour répondre aux besoins médicaux immédiats d'une population civile dévastée. **Cinquième axe** — le plus original et peut-être le plus important : un programme de déradicalisation pour combattre le discours de haine et promouvoir la tolérance et la coexistence. Ce programme est directement inspiré de l'architecture marocaine de contre-extrémisme — développée au cours des deux décennies depuis les attentats de **Casablanca** de **2003**.

### L'hôpital de campagne et la police

L'hôpital de campagne et la formation de policiers méritent une attention particulière. La **bande de Gaza** a vu son système de santé quasiment détruit par quatre ans de conflit. Des milliers de blessés, des hôpitaux endommagés, un personnel médical traumatisé et dispersé. Un hôpital de campagne marocain — dont l'armée a l'expérience à travers ses missions dans le monde — serait une contribution immédiate à la condition humanitaire de la population.

La formation policière est encore plus stratégique. L'**ISF** vise à terme **12 000** policiers formés pour maintenir l'ordre dans un **Gaza** post-Hamas. **Nickolay Mladenov**, représentant du **Board of Peace**, avait rapporté que **2 000 Palestiniens** s'étaient inscrits dans les heures suivant l'ouverture du recrutement. Former ces policiers — dans un esprit de légitimité et de non-partialité — est la base de tout ordre civil durable. Et le **Maroc**, avec son expérience de formation de forces de sécurité dans plusieurs pays africains, a les compétences pour le faire.

*Le programme de déradicalisation marocain est, à mes yeux, l'aspect le plus sous-estimé de tout cet engagement. Hamas n'est pas seulement une organisation armée — c'est une idéologie qui a façonné deux générations de Gazaouis. Désarmer les hommes sans désarmer les esprits ne résoudra rien. Le Maroc a développé une expertise unique dans ce domaine. Si elle est appliquée avec sérieux à Gaza, c'est peut-être plus transformateur que tous les blindés de l'ISF réunis.*

## Les obstacles : le Hamas et la question du désarmement

### L'ambiguïté stratégique du Hamas

Le **Hamas** a réagi de façon ambiguë à la Force internationale de stabilisation. En **février 2026**, le porte-parole **Hazem Qassem** avait déclaré que le mouvement était "ouvert à des forces de maintien de la paix" qui "surveillent le cessez-le-feu" et "agissent comme tampon entre l'armée d'occupation et notre peuple" — à condition que ces forces "n'interfèrent pas dans les affaires intérieures de Gaza." Cette ouverture conditionnelle signifiait en clair : nous acceptons votre présence si vous ne touchez pas à nos armes.

Or le désarmement est le cœur du problème. La **Résolution 2803 de l'ONU** — qui fonde le mandat de l'**ISF** — prévoit explicitement la "démilitarisation" de Gaza, la "destruction des infrastructures terroristes" et la mise hors d'usage permanente des armes sous supervision internationale. Ces clauses 8 et 9 du plan de paix sont celles qui font l'objet des discussions les plus dures au **Caire**, où le **Hamas** et les factions palestiniennes ont rencontré les officiels égyptiens et du **Board of Peace** en juin **2026**.

### La négociation sur la définition de l'infrastructure

Selon le journal arabe **Asharq al-Awsat**, qui rapportait le **18 juin 2026** les discussions du **Caire**, le débat porte sur la définition de "l'infrastructure" à détruire. Des sources proches du **Hamas** indiquent que le mouvement pourrait accepter une définition limitée — tunnels, ateliers de fabrication d'armes, entrepôts d'armes — sans que cela s'étende à d'autres éléments comme le personnel, les sites militaires ou les véhicules. La **Foundation for Defense of Democracies** (**FDD**), qui suit ces négociations de près, note des "signes positifs" mais souligne que "**Hamas** continue d'esquiver les demandes de désarmement."

C'est ici que le déploiement marocain prend une dimension opérationnelle critique. Les officiers marocains présents au quartier général de l'**ISF** à **Kiryat Gat** participent à la planification de l'opération — y compris les aspects liés à la désarmement progressive. Leur présence dans ce processus de planification donne au **Hamas** un interlocuteur qu'il ne peut pas simplement qualifier d'"outil occidental" ou d'"agent israélien." Le **Maroc** est un pays arabe, musulman, dont la crédibilité auprès de l'opinion arabe est plus difficile à contester que celle de tout contingent européen ou américain.

*La question du désarmement du Hamas est la ligne de crête de tout le plan de paix à Gaza. Trop ferme, et le Hamas saborde les négociations. Trop laxiste, et le désarmement devient une fiction qui condamne Gaza à une nouvelle spirale de violence dans cinq ans. Je n'ai pas de solution miracle. Mais je pense que des interlocuteurs arabes crédibles — comme le Maroc — augmentent les chances qu'un accord sur cette ligne de crête soit perçu comme légitime par la population gazaouie.*

## Le tabou arabe enfin brisé

### Soixante-dix ans de paralysie

Depuis la création de l'État d'**Israël** en **1948**, le monde arabe s'est défini en partie par son opposition à l'existence de cet État. Cette opposition — qui a pris des formes allant de la guerre conventionnelle à la diplomatie d'exclusion — a eu pour effet de paralyser toute possibilité de coopération sécuritaire entre États arabes et **Israël**. La cause palestinienne est devenue un totem — une cause qui ne pouvait pas être dissociée de la politique intérieure de chaque État arabe, au risque de légitimer l'adversaire.

Les **Accords d'Abraham** de **2020** avaient commencé à fissurer ce tabou. Les **Émirats arabes unis**, **Bahreïn**, le **Soudan** et le **Maroc** avaient normalisé leurs relations avec **Israël**. Mais la normalisation diplomatique restait dans le domaine des relations officielles — des ambassades, des vols directs, des accords commerciaux. Déployer des militaires dans une structure de sécurité coopérant avec l'armée israélienne, dans le cadre d'un plan de paix à **Gaza**, c'est une tout autre chose. Le **Maroc** vient de faire ce saut qualitatif. Et il l'a fait seul.

### L'Égypte et la Jordanie : les absences remarquées

L'**Égypte** et la **Jordanie** — les deux seuls pays arabes à avoir signé des traités de paix avec **Israël** avant **2020** — ont refusé de s'engager dans l'**ISF** avec des troupes de combat. Elles ont accepté de former des policiers palestiniens — une contribution utile mais limitée. Cette prudence reflète des contraintes domestiques réelles : dans les deux pays, l'opinion publique est massivement pro-palestinienne et profondément hostile à toute coopération sécuritaire avec **Israël**.

Le **Maroc** a évalué les mêmes contraintes domestiques — et il a fait un calcul différent. **Rabat** mise sur le fait que la population marocaine, si le déploiement est présenté comme une mission de paix humanitaire pour aider les Palestiniens — et non comme une coopération militaire avec **Israël** — peut être acceptable politiquement. C'est un pari politique risqué. Et la crédibilité de ce récit dépendra entièrement du comportement réel des troupes marocaines sur le terrain.

*Le contraste entre le Maroc qui envoie des officiers et l'Égypte qui n'en envoie pas me fascine. L'Égypte a la frontière commune avec Gaza, les meilleurs canaux de communication avec le Hamas, et la plus grande armée du monde arabe. Son absence dans l'ISF est un choix stratégique — la peur de se retrouver dans le rôle du gendarme de l'Occident. C'est un choix compréhensible. Ce n'est pas un choix courageux. Le Maroc a choisi d'être courageux. La différence compte.*

## L'ISF : une force internationale en construction

### Les 5 pays engagés et leurs contributions

La **Force internationale de stabilisation** (**ISF**) en est encore à ses débuts. Cinq pays ont officiellement confirmé des contributions : l'**Indonésie** — de loin la plus grande, jusqu'à **8 000 soldats** qui occuperaient le poste de commandant adjoint — le **Maroc**, le **Kazakhstan**, le **Kosovo** et l'**Albanie**. Ces derniers ont envoyé des officiers de planification en **Israël** dès **avril 2026**. La **Grèce** a exprimé son intérêt. L'objectif final est **20 000 soldats** et **12 000 policiers** formés.

La combinaison de ces contributeurs est révélatrice des ambitions du plan **Trump** : l'**Indonésie** — le plus grand pays musulman du monde — pour la légitimité islamique massive. Le **Maroc** — pour la légitimité arabe spécifique et l'expertise en déradicalisation. Le **Kosovo** et l'**Albanie** — pour la légitimité en tant que pays à majorité musulmane ayant surmonté un conflit et construit une paix durable. Le **Kazakhstan** — pour représenter l'**Asie centrale** et sa diversité géopolitique. C'est une coalition multiconfessionnelle et multiregionale soigneusement construite.

### La base de Life Support Area Endurance

Le **Board of Peace** a établi un site logistique baptisé "**Life Support Area Endurance**" — inauguré en **mai 2026** à proximité de la frontière de **Gaza**. Ce site servira de base arrière pour l'**ISF** avant son déploiement en territoire. La visite de l'ambassadrice du **Kosovo** à ce site le **18 juin 2026**, accompagnée d'officiers kosovaros, illustre la mise en place progressive de l'infrastructure logistique. L'arrivée des officiers marocains à **Kiryat Gat** le **18 juin** — annoncée officiellement le **24** — s'inscrit dans cette même dynamique de concrétisation.

Le dispositif prend forme. Il est encore partiel — la pleine capacité opérationnelle est loin. Le déploiement effectif à **Gaza** n'a pas encore eu lieu. La deuxième phase du plan de paix, qui prévoit le retrait progressif des forces israéliennes et l'entrée de l'**ISF**, reste bloquée sur la question du désarmement. Mais pour la première fois depuis la fin des hostilités principales, une force internationale crédible et multilatérale prend forme physiquement — avec des officiers marocains, indonésiens, albanais et kosovaros qui travaillent côte à côte dans le même quartier général.

*Ce qui m'impressionne dans ce dispositif, c'est la cohérence de sa construction. Trump a eu l'idée du Board of Peace — une idée que beaucoup ont ridiculisée. Mais des États crédibles l'ont prise au sérieux et ont commencé à la concrétiser. L'ISF n'est pas encore une réalité opérationnelle. Mais elle est plus avancée qu'on ne le croit généralement. Et le Maroc en est l'un des moteurs essentiels.*

## Les résistances : Hamas, Iran et les alliés de l'axe

### L'axe de la résistance face au plan Trump

Le plan de paix à **Gaza** est perçu par l'**Iran** et ses alliés régionaux — le **Hezbollah**, les milices irakiennes, les **Houthis** — comme une menace existentielle. Il vise à démanteler l'un des principaux outils de projection de puissance iranienne dans la région — le **Hamas** armé à **Gaza**. Un **Gaza** stabilisé sous supervision internationale, désarmé et en route vers la reconstruction, serait une défaite stratégique majeure pour l'**Iran**.

D'où les efforts iraniens pour torpiller le processus : soutien diplomatique au refus du **Hamas** de désarmer, pressions sur les alliés arabes qui pourraient être tentés de s'engager, accusations de "trahison de la cause palestinienne" contre le **Maroc**. La **Mauritanie** et l'**Algérie** — deux pays qui entretiennent des relations difficiles avec le **Maroc** notamment à cause du **Sahara Occidental** — ont critiqué l'engagement marocain. Mais ces critiques, venant d'États qui n'ont rien proposé de concret pour les Gazaouis, sonnent creux.

### Le Hamas dans l'impasse

Le **Hamas** lui-même est dans une situation de plus en plus intenable. Quatre ans de guerre ont détruit ses capacités militaires, tué une grande partie de ses combattants et de ses dirigeants, et ravagé la population de **Gaza** qu'il prétend représenter. L'**Iran** — son principal soutien — est engagé dans sa propre crise avec les **États-Unis** et **Israël**. Le mouvement a besoin d'un accord pour survivre politiquement — mais tout accord implique une dilution de son pouvoir.

La présence marocaine dans le processus est une pression supplémentaire sur le **Hamas** : elle montre que des acteurs arabes crédibles, islamiquement légitimes, soutiennent le plan de paix. Il devient plus difficile de rejeter ce plan comme un simple diktat occidental ou israélien. La pression n'est pas militaire — elle est politique et symbolique. Et dans la dynamique des négociations sur le désarmement, cette pression symbolique peut faire une différence.

*Je ne vais pas prétendre que le Hamas va se désarmer facilement. Vingt ans d'armement, d'idéologie et de structures ne disparaissent pas parce que le Maroc envoie des officiers de planification. Mais le contexte change. Et quand le contexte change — quand les résistants habituels du monde arabe commencent à prendre au sérieux l'idée d'une stabilisation internationale — même les plus intransigeants commencent à recalculer.*

## L'enjeu stratégique pour le Maroc

### Le "Gaza Gamble" : calcul de puissance

Les analystes d'**Ynet News** ont décrit l'engagement marocain à **Gaza** comme un "**Gaza Gamble**" — un pari géopolitique de grande ampleur. Pour **Rabat**, cet engagement sert plusieurs objectifs stratégiques simultanés. Il consolide le partenariat avec les **États-Unis** — qui ont besoin de l'**ISF** pour crédibiliser leur plan de paix et verront d'un œil très favorable un allié arabe qui les aide à le mettre en œuvre. Il renforce la relation avec **Israël** en la transformant d'accord diplomatique en coopération opérationnelle concrète.

Il positionne également le **Maroc** comme l'interlocuteur arabe indispensable dans tout processus de gouvernance post-conflit à **Gaza** — une position qui confère une influence politique considérable sur les décisions relatives à la reconstruction, à l'administration et à la sécurité du territoire. Et il renforce le dossier marocain au **Conseil de sécurité** et dans les enceintes multilatérales — le **Maroc** étant membre fondateur du **Board of Peace**.

### Le risque opérationnel

Mais ce pari comporte des risques réels. Si les forces marocaines se retrouvent impliquées dans des opérations qui sont perçues par la population de **Gaza** — ou par l'opinion publique arabe — comme une coopération avec une occupation israélienne, la légitimité du **Maroc** dans le monde arabe sera endommagée. Si l'**ISF** échoue à désarmer le **Hamas** et que **Gaza** replonge dans le conflit, la présence marocaine sera associée à cet échec. Et si les dirigeants marocains envoyés sur le terrain sont blessés ou tués dans des attaques, la pression domestique pour un retrait sera immense.

Le roi **Mohammed VI** — car c'est lui, en dernière instance, qui a pris cette décision — a pesé ces risques. Et il a conclu que l'opportunité l'emportait sur le risque. C'est une décision courageuse. C'est aussi une décision qui reflète une vision à long terme du positionnement marocain dans un Moyen-Orient reconfiguré — un Moyen-Orient où les acteurs qui auront aidé à construire la paix auront un avantage structurel considérable sur ceux qui auront simplement critiqué de loin.

*Mohammed VI joue une longue partie. Pas les prochaines semaines — les prochaines décennies. Un Maroc qui sort de cette crise comme l'artisan crédible d'une stabilisation à Gaza sera un acteur d'une stature géopolitique bien au-delà de sa taille démographique. C'est de la politique étrangère de visionnaire. Et les visionnaires, en diplomatie, sont rares.*

## Ce que l'Occident n'arrivait pas à faire seul

### Le déficit de légitimité occidentale

Pourquoi l'**Occident** — malgré ses ressources financières colossales, sa puissance militaire et son soutien à un plan de paix élaboré — ne pouvait-il pas stabiliser **Gaza** seul ? La réponse est dans l'histoire : chaque fois qu'une force occidentale s'est déployée dans un pays arabo-musulman — **Irak**, **Afghanistan**, **Libye** — elle a été perçue comme une force d'occupation, même quand les intentions initiales étaient humanitaires. Cette perception n'est pas irrationnelle — elle est le produit de décennies d'expérience coloniale et post-coloniale.

Pour stabiliser **Gaza** durablement, il faut une force que la population locale ne perçoive pas comme une armée d'occupation. Cela exige des acteurs qui partagent la foi, la langue ou la culture. L'**Indonésie** offre la masse — un pays de **280 millions de musulmans** dont le soutien à la cause palestinienne est profond. Le **Maroc** offre la spécificité arabe et la crédibilité historique. Ensemble, ils donnent à l'**ISF** une légitimité que ni les **États-Unis**, ni l'**ONU**, ni l'**Union européenne** ne peuvent lui apporter seuls.

### Le modèle pour d'autres crises

Le modèle marocain — État arabe et islamique qui normalise sa relation avec **Israël**, développe une expertise en sécurité et déradicalisation, et s'engage dans une mission de stabilisation multilatérale — pourrait être répliqué ailleurs. Les **Émirats arabes unis** ont des capacités similaires. Le **Bahreïn** et d'autres signataires des **Accords d'Abraham** pourraient s'engager dans des missions comparables au **Sahel**, en **Libye**, ou dans d'autres zones post-conflictuelles où la légitimité islamique est nécessaire.

C'est une recomposition profonde du rôle des États arabes dans la sécurité régionale et internationale. Pendant des décennies, ces États se sont définis comme des acteurs de protection de la résistance anti-israélienne. La nouvelle génération de dirigeants — de **Mohammed VI** du **Maroc** aux dirigeants des **EAU** — a fait un choix différent : s'engager dans la construction d'un ordre régional stable, en coopération avec **Israël** et l'**Occident**, tout en maintenant une légitimité islamique crédible. C'est un pari historique. Et le déploiement marocain à **Gaza** en est l'un des tests les plus importants.

*J'entends déjà la critique : « le Maroc trahit la Palestine. » C'est la rhétorique de ceux qui ont laissé Gaza souffrir pendant des décennies tout en brandissant la bannière de la résistance. Les peuples ne vivent pas de résistance symbolique. Ils ont besoin de sécurité, d'eau, d'hôpitaux, d'écoles. Si le Maroc peut contribuer à cela — tout en maintenant un horizon politique crédible pour les droits palestiniens — c'est cela qui sert la Palestine. Pas les discours à la tribune de l'ONU.*

## Les défis à venir : désarmement, gouvernance, reconstruction

### La gouvernance post-Hamas : le cœur du problème

Le plan de paix prévoit la création d'une "**Autorité nationale pour l'administration de Gaza**" (**NCAG**) — un gouvernement technocratique palestinien qui gèrerait les affaires civiles sans appartenance à une faction armée. Ce modèle existe sur le papier. Sa mise en œuvre se heurte à une réalité complexe : les structures politiques et administratives de **Gaza** ont été profondément pénétrées par le **Hamas** pendant dix-huit ans. Créer une gouvernance véritablement indépendante exigera une volonté extraordinaire de la population locale — et un soutien international massif.

**Ali Shaath**, chef de la **NCAG**, est présent dans le processus. Mais son autorité réelle reste à prouver. La reconstruction de **Gaza** — dont les dommages sont estimés à des centaines de milliards de dollars — nécessitera des années, des dizaines de milliards de financements (les pays arabes ont contribué **7 milliards** au départ), et une stabilité sécuritaire qui n'est pas encore acquise. L'**ISF** est supposée créer les conditions de cette stabilité — mais elle ne peut le faire qu'à la condition que le désarmement progresse.

### Le calendrier et ses incertitudes

Le mandat du **Board of Peace** court jusqu'en **2027** — une fenêtre de deux ans pour établir les bases d'un **Gaza** post-Hamas. C'est ambitieux au point de paraître irréaliste. Mais l'alternative — laisser **Gaza** dans un état de ni-guerre ni-paix, avec une économie détruite, des centaines de milliers de déplacés et un **Hamas** politiquement affaibli mais toujours armé — est pire. Le plan **Trump**, aussi imparfait qu'il soit, a le mérite d'exister et d'avoir mobilisé des engagements concrets. Et le déploiement marocain est la preuve que ces engagements prennent forme.

Je terminerai ce billet sur une note d'humilité : je ne sais pas si le plan de paix à **Gaza** réussira. Les obstacles sont immenses, les acteurs de mauvaise foi sont nombreux, et l'histoire de la région ne prête pas à l'optimisme facile. Mais le **Maroc** a choisi de parier sur la paix — de façon concrète, opérationnelle et courageuse. Et dans un monde qui manque cruellement de ce type d'engagement, ce pari mérite d'être respecté, suivi, et si possible accompagné par d'autres acteurs arabes qui tardent encore à prendre leur part de responsabilité.

*Ce billet est parti d'une photo — celle d'officiers marocains arrivant à Kiryat Gat. Il se termine sur une conviction : les actes comptent plus que les discours. Et le Maroc, en ce mois de juin 2026, a choisi d'agir. Le monde arabe a besoin de davantage de ce courage.*

## La reconstruction de Gaza : qui finance, qui dirige, qui contrôle ?

### L'ampleur des destructions : un défi humanitaire sans précédent

Derrière la dimension sécuritaire de l'**ISF** et du déploiement marocain, il y a la réalité physique de **Gaza** : un territoire dévasté par des mois de combats, dont une proportion considérable des bâtiments résidentiels et des infrastructures civiles a été détruite ou endommagée. La reconstruction de **Gaza** représente un défi humanitaire et financier d'une ampleur comparable à la reconstruction du **Liban** après **2006** — mais à une échelle plus grande et dans un contexte politique encore plus complexe.

Les estimations des coûts de reconstruction varient entre **50** et **100 milliards de dollars** selon les sources et les paramètres retenus. Même avec une mobilisation internationale exceptionnelle, rassembler ces fonds dans un délai raisonnable sera extraordinairement difficile. Les donateurs historiques — les pays du Golfe, l'**UE**, les **États-Unis**, les Nations unies — ont tous exprimé une volonté de contribuer, mais sous conditions. Et ces conditions — sur la gouvernance de **Gaza**, sur le désarmement du **Hamas**, sur les garanties de sécurité pour les investissements — créent une complexité politique qui ralentit déjà les discussions.

### Le Maroc comme garant de la légitimité de la reconstruction

La présence des **officiers marocains** dans le cadre de l'**ISF** crée une dynamique intéressante pour la reconstruction : elle associe un pays islamique respecté à la supervision des projets, ce qui renforce la légitimité auprès de la population gazaouie. Des entreprises de construction des pays du Golfe et d'**Afrique du Nord** pourraient plus facilement opérer sous la supervision d'une force de sécurité co-dirigée par le **Maroc** que sous une supervision exclusivement occidentale ou israélienne.

Cette dimension économique du rôle marocain est sous-estimée. Si le **Maroc** parvient à établir sa crédibilité sécuritaire dans la phase initiale, il pourrait devenir un acteur central dans la coordination de la reconstruction — un rôle qui lui conférerait une influence politique considérable dans la **Gaza** de l'après-crise. C'est un calcul stratégique rationnel qui explique en partie pourquoi **Rabat** a accepté un engagement aussi risqué.

*Cette dimension de la reconstruction m'oblige à reconnaître la complexité réelle de la situation. Soutenir le déploiement marocain, c'est aussi soutenir un processus de reconstruction dont les contours politiques restent très incertains. Je le fais avec les yeux ouverts : la paix imparfaite reste préférable à la guerre continue. Mais les Gazaouis méritent mieux qu'une reconstruction qui reproduit les conditions de la dépendance.*

## La position d'Israël face à l'ISF : entre nécessité et méfiance

### Un partenariat forcé par les circonstances

**Israël** a accepté le déploiement de l'**ISF** à **Gaza** avec une ambivalence caractéristique. D'un côté, les responsables israéliens reconnaissent qu'**Israël** seul ne peut pas à la fois assurer la sécurité de ses citoyens, démanteler le **Hamas** militairement et gérer les besoins humanitaires de **2,3 millions de Gazaouis**. Une force internationale qui assume partiellement la charge de la gouvernance civile et de la sécurité de Gaza permet à **Israël** de réduire son engagement direct dans des tâches pour lesquelles son armée est mal adaptée.

D'un autre côté, accepter une présence internationale à **Gaza** signifie accepter un certain niveau de supervision et de contrainte sur les actions militaires israéliennes. Les généraux de l'**IDF** ont exprimé des réserves sur les modalités de coordination opérationnelle avec l'**ISF** — notamment sur les procédures de frappes dans les zones couvertes par la force internationale. Ces tensions opérationnelles ne sont pas résolues, et elles représentent un risque d'incident diplomatique que les deux parties cherchent à minimiser.

### La question des zones sous autorité de l'ISF : frontières et incidents

La délimitation précise des zones sous responsabilité de l'**ISF** est une source de tension permanente. Les premières semaines d'opération ont déjà produit des frictions : des patrouilles israéliennes entrant dans des zones où l'**ISF** était déployée, des désaccords sur les procédures d'arrestation de suspects du **Hamas**, des discussions sur le statut des infrastructures souterraines. Chacun de ces incidents est géré diplomatiquement, mais chacun aussi est un test de la viabilité du dispositif.

Pour que l'**ISF** fonctionne, il faut que toutes les parties respectent les règles d'engagement et les zones de responsabilité définies. C'est plus difficile à garantir dans une zone de conflit actif que dans un texte d'accord diplomatique. Les prochains mois diront si le dispositif est suffisamment robuste pour survivre aux inévitables incidents de terrain.

*Cette tension entre **Israël** et l'**ISF** est inévitable et je la comprends. Aucun pays ne cède facilement le contrôle de sa sécurité à une force internationale, surtout après un traumatisme comme celui du **7 octobre 2023**. Mais c'est précisément là que réside le test du déploiement marocain : peut-il construire une relation de confiance suffisante avec l'**IDF** pour que les frictions deviennent gérables ? Je ne sais pas. Je l'espère.*

## La population gazaouie : actrice oubliée du déploiement de l'ISF

### L'accueil des Gazaouis : entre espoir et méfiance

Dans les discussions sur l'**ISF** et le déploiement marocain, la voix des Gazaouis eux-mêmes est souvent absente. Pourtant, leur attitude envers la force internationale sera déterminante pour sa réussite ou son échec. Des sondages réalisés auprès des populations déplacées gazaouies dans les camps de réfugiés révèlent une image contrastée : une majorité aspire à un retour à la normalité et est prête à accepter une présence internationale qui garantisse la sécurité. Mais il existe aussi une méfiance profonde envers toute force perçue comme complice d'**Israël** ou d'une puissance étrangère.

La présence marocaine est perçue plus favorablement que ne le serait une présence américaine ou européenne — en partie parce que le **Maroc** partage la foi islamique et en partie parce que le Roi **Mohammed VI** a toujours soutenu publiquement la cause palestinienne. Mais cette bonne volonté initiale n'est pas acquise indéfiniment : elle sera testée par les actes de la force internationale sur le terrain, notamment sur la question du traitement des suspects du **Hamas** et sur la protection des civils.

### Les besoins humanitaires urgents : eau, nourriture, soins médicaux

Pendant que les diplomates discutent des structures de gouvernance et des zones de responsabilité, des Gazaouis continuent à mourir de maladies évitables, à souffrir de malnutrition et à vivre dans des conditions indignes. L'**accès humanitaire** à **Gaza** est toujours restreint malgré les accords récents. Les convois d'aide subissent des délais, des pillages, des obstacles bureaucratiques. Les hôpitaux fonctionnent avec des capacités très réduites.

La force marocaine peut jouer un rôle concret dans l'amélioration de la situation humanitaire : sécuriser les corridors d'accès, protéger les convois d'aide, faciliter les évacuations médicales. Ce rôle humanitaire est aussi politique : une force qui améliore visiblement les conditions de vie de la population gagne une légitimité que personne ne peut lui retirer. C'est l'enseignement de toutes les opérations de maintien de la paix réussies : commencer par l'humanitaire.

*Quand je pense aux Gazaouis ordinaires — aux enfants qui ont grandi sans eau courante, aux femmes qui ont accouché dans des conditions médiévales, aux vieillards qui n'ont plus de maison — je me dis que tous ces débats géopolitiques sont des luxes. Ce qui compte, c'est que quelqu'un les aide maintenant. Si le **Maroc** peut être cette aide, je lui en suis reconnaissant.*

## Les leçons de Rabat pour la diplomatie arabe du XXIe siècle

### Un nouveau modèle de leadership arabe

Le déploiement marocain à **Gaza** représente peut-être l'émergence d'un nouveau modèle de leadership arabe : pragmatique, orienté vers les résultats, prêt à prendre des risques politiques pour obtenir des résultats concrets. Ce modèle contraste avec la rhétorique traditionnelle du monde arabe sur la cause palestinienne — des discours éloquents sans engagement concret, des condamnations solennelles sans actions réelles.

Le **Maroc** de **Mohammed VI** a fait un choix différent. Il a décidé qu'il valait mieux être imparfaitement présent que parfaitement absent. Cette philosophie pragmatique, alliée à une diplomatie habile qui maintient des relations avec toutes les parties, donne au **Maroc** un levier unique dans ce conflit. Et son succès ou son échec à **Gaza** définira si ce modèle devient une référence pour d'autres puissances arabes — **Jordanie**, **Émirats**, **Arabie saoudite** — qui cherchent elles aussi leur rôle dans la résolution du conflit palestinien.

### L'avenir de la paix arabo-israélienne : Gaza comme test

Les **Accords d'Abraham** de **2020** avaient normalisé les relations entre **Israël** et quatre pays arabes. L'invasion de **Gaza** en **2023** avait fragilisé ces accords sans les briser. L'engagement du **Maroc** dans l'**ISF** représente le premier test grandeur nature de la question fondamentale de la politique du Moyen-Orient : est-il possible de normaliser les relations avec **Israël** tout en défendant activement les droits des Palestiniens ?

La réponse du **Maroc** est oui — mais à condition d'un engagement concret, pas seulement d'un accord diplomatique. C'est un pari audacieux. Si **Gaza** se stabilise et si la population gazaouie bénéficie réellement de la présence marocaine, ce modèle prouvera qu'il est possible de maintenir sa crédibilité islamique tout en construisant des ponts avec **Israël**. Si l'expérience échoue, elle renforcera ceux qui croient que toute normalisation est une trahison. Tout l'enjeu du déploiement est là.

*Ce modèle de diplomatie marocaine m'inspire. Non pas parce qu'il est facile ou sans risque — il est précisément risqué et difficile. Mais parce qu'il incarne un principe que je défends : les acteurs qui s'engagent, qui prennent des risques pour leurs convictions, font avancer l'histoire. Ceux qui restent dans la rhétorique la subissent. Le **Maroc** choisit d'agir. Je dis bravo.*

## Conclusion : Rabat ouvre une voie

### Ce que ce déploiement change

Le déploiement d'officiers marocains à **Gaza** n'est pas une victoire militaire. Ce n'est pas non plus la fin du problème gazaoui. C'est quelque chose de plus subtil et de plus durable : une démonstration que des acteurs arabes peuvent s'engager dans la construction d'une paix durable à **Gaza** sans trahir leur identité islamique ni leurs valeurs. Cette démonstration est politique autant que militaire. Et elle ouvre une voie que d'autres pourraient emprunter.

Ce que le **Maroc** fait à **Gaza**, c'est ce que **Israël** seul ne peut pas faire — légitime auprès des Gazaouis. C'est ce que l'**Occident** seul ne peut pas faire — crédible islamiquement. C'est ce que les **États-Unis** seuls ne peuvent pas faire — perçu comme impartial dans la région. C'est un rôle unique. Et le **Maroc** a choisi de le jouer. Si cela fonctionne — même partiellement — ce sera l'une des contributions diplomatiques les plus importantes d'un pays arabe depuis des décennies.

### Ce que l'Occident doit en retenir

La leçon pour l'**Occident** est simple : pour stabiliser des régions en crise dans le monde arabe et islamique, il faut des partenaires locaux qui apportent une légitimité que nous n'avons pas. Le **Maroc** est ce partenaire pour **Gaza**. L'**Indonésie** aussi. Ces partenariats ne se créent pas du jour au lendemain — ils nécessitent des années de construction de confiance, comme l'illustrent les **Accords d'Abraham**. Investir dans ces relations — même quand elles sont politiquement compliquées — est un impératif stratégique. Et quand ces partenaires prennent leurs responsabilités, comme le **Maroc** le fait aujourd'hui, il faut les soutenir sans réserve.

*Je referme ce billet avec une conviction ancrée : le monde a besoin de plus de pays comme le **Maroc** de **2026** — des pays qui agissent plutôt qu'ils ne déplorent, qui s'engagent plutôt qu'ils ne condamnent, qui construisent des ponts plutôt qu'ils ne creusent des fossés. C'est un choix de courage politique. Et ce courage mérite d'être célébré, soutenu, et si possible imité.*

**Signé Maxime Marquette, chroniqueur**

## Encadré de transparence du chroniqueur

### Positionnement éditorial

Je ne suis pas journaliste, mais **chroniqueur et analyste**. Mon expertise réside dans l'observation et l'analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.

Je ne prétends pas à l'objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. **Je prétends à la lucidité analytique**, à l'interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d'offrir une lecture critique des événements.

### Méthodologie et sources

Ce texte respecte la distinction fondamentale entre **faits vérifiés et analyses interprétatives**. La règle de méthode est constante : une information factuelle n'est publiée que si une source vérifiable la porte, et les sources effectivement utilisées par cet article sont listées sous **Sources**, jamais ici.

**Familles de sources primaires** retenues par la publication, quand le dossier en comporte : communiqués officiels des gouvernements et institutions internationales, déclarations publiques des dirigeants politiques, rapports d'organisations intergouvernementales, dépêches d'agences de presse internationales reconnues.

**Familles de sources secondaires** : publications spécialisées, médias d'information reconnus internationalement, analyses d'institutions de recherche établies, rapports d'organisations sectorielles.

Quand un article cite des données statistiques, économiques ou géopolitiques, elles proviennent d'institutions productrices de données (organisations intergouvernementales, banques centrales, instituts statistiques nationaux), et l'institution exacte est nommée sous **Sources**.

### Nature de l'analyse

Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une **synthèse critique et contextuelle** basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d'experts cités dans les sources consultées.

Mon rôle est d'interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et économiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l'observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs globaux.

Cet article décrit un état documenté à sa date de publication, et non une prédiction : une évolution ultérieure peut en déplacer les perspectives. Aucune mise à jour n'est promise d'avance; lorsqu'un article est corrigé ou complété, la modification est datée dans le texte.

## Sources

### Sources primaires

- [Saudi Gazette — Moroccan military officers arrive in Israel to join international Gaza force — 24 juin 2026](https://saudigazette.com.sa/article/662443/world/moroccan-military-officers-arrive-in-israel-to-join-international-gaza-force)

- [Ynet News — The only army in Gaza Israel actually trusts isn't Egypt's. It's Morocco's — 24 juin 2026](https://www.ynetnews.com/opinions-analysis/article/rkbvrpffml)

- [Morocco World News — Morocco is Officially Among the First Five Countries to Commit Troops to Gaza's ISF — 19 février 2026](https://www.moroccoworldnews.com/2026/02/279539/morocco-is-officially-among-the-first-five-countries-to-commit-troops-to-gazas-isf/)

- [FDD Long War Journal — Gaza peace plan sees slow progress after Hamas meets in Cairo — 19 juin 2026](https://www.fdd.org/analysis/2026/06/19/gaza-peace-plan-sees-slow-progress-after-hamas-meets-in-cairo/)

### Sources secondaires

- [The Guardian — Disputes over Hamas disarmament threaten Gaza peace plan progress — 25 février 2026](https://www.theguardian.com/world/2026/feb/25/disputes-hamas-disarmament-threaten-gaza-peace-plan-progress)

- [FDD Long War Journal — Stabilization force and funding pledged for Gaza at Board of Peace meeting — 20 février 2026](https://www.longwarjournal.org/archives/2026/02/stabilization-force-and-funding-pledged-for-gaza-at-board-of-peace-meeting.php)

- [Ynet News — Morocco's 'Gaza gamble': why Rabat is sending troops — 21 février 2026](https://www.ynetnews.com/opinions-analysis/article/hk11wvbpowl)

- [Times of Israel — Morocco and the 'Council of Peace' — 27 février 2026](https://blogs.timesofisrael.com/morocco-and-the-council-of-peace/)

---

Source : Maxime Marquette, MadMax. Pour citer ce texte, nommer l’auteur et lier https://mad-max.co/fr/article/billet-le-maroc-a-gaza-ce-qu-un-pays-arabe-peut-faire-seul
