# BILLET : le basculement européen post-Ankara (OTAN)

> Il y a des sommets qui se referment sur une photo de famille et un communiqué vite oublié. Le sommet d'Ankara, tenu les 7 et 8 juillet 2026, n'est pas de ceux-là.

- Auteur: Maxime Marquette
- Publication: MadMax (https://mad-max.co)
- Rubrique: Billet
- Publié: 2026-07-23
- Adresse à citer: https://mad-max.co/fr/article/billet-le-basculement-europeen-post-ankara-otan

## Introduction

Il y a des **sommets** qui se referment sur une photo de famille et un communiqué vite oublié. Le **sommet d'Ankara**, tenu les 7 et 8 juillet 2026, n'est pas de ceux-là. Ce que les **32 dirigeants** de l'**OTAN** ont signé cette semaine-là, sous la pression conjuguée de la guerre en **Ukraine** et d'une administration américaine ouvertement moins généreuse, marque un **tournant** assumé dans la répartition du **fardeau** financier de la **défense** occidentale. *On ne remarque un basculement qu'après coup, quand le nouveau centre de gravité s'est déjà installé sans qu'on ait eu le temps de le nommer correctement.*

Ce billet ne prétend pas raconter chaque clause de la **déclaration d'Ankara**. Il cherche plutôt à nommer un mouvement de fond : le passage progressif d'une **Alliance** historiquement dominée, financièrement et stratégiquement, par les **États-Unis**, vers une configuration où l'**Europe et le Canada** assument désormais l'essentiel du financement du soutien à l'**Ukraine** et une part croissante de leur propre **défense** collective.

Ce constat s'appuie sur les **textes officiels** du **sommet**, sur les données de suivi publiées par des instituts spécialisés comme le **Kiel Institute**, et sur les commentaires de responsables **politiques** et diplomatiques recueillis par plusieurs agences de presse au moment même du sommet.

## Le chiffre qui a changé de camp

### 70 milliards d'euros, un montant porté sans Washington

La déclaration finale d'**Ankara** précise que les alliés européens et le Canada **« pledge »** collectivement **70 milliards d'euros** en équipement militaire, assistance et formation pour l'**Ukraine** en 2026, avec un **engagement** à maintenir un niveau équivalent en 2027. Selon le Kyiv Independent, ce montant est porté par **31 alliés** — l'ensemble des membres européens plus le Canada — sans que les **États-Unis** ne figurent parmi les contributeurs de cette enveloppe précise. *Un chiffre rond de 70 milliards impressionne davantage qu'une simple case cochée sur une liste de contributeurs, mais c'est bien cette liste qui raconte le vrai basculement.*

Ce détail structurel, souvent noyé dans la couverture médiatique consacrée au montant total, constitue pourtant le cœur du changement : pour la première fois depuis le début de la guerre, une **promesse financière majeure** envers l'**Ukraine** est formellement structurée pour exclure la contribution **budgétaire** directe de **Washington**.

### Un précédent qui n'était pas acquis d'avance

Rien ne garantissait, il y a encore un an, que les **capitales européennes** accepteraient d'assumer seules un **fardeau** de cette ampleur. Selon plusieurs analyses diplomatiques publiées avant le **sommet**, la pression exercée par l'administration **Trump** pour un rééquilibrage du financement transatlantique s'était heurtée, dans un premier temps, à des réticences de plusieurs gouvernements européens inquiets de l'impact budgétaire domestique d'un tel **engagement**.

Le fait que ce **basculement** se soit finalement concrétisé à **Ankara**, sans rupture ouverte au sein de l'**Alliance**, témoigne d'une **négociation interne** longue et largement invisible pour le grand public, mais dont le résultat est désormais consigné dans un texte officiel signé par l'ensemble des 32 membres.

## Le plancher de 5 %, symbole d'un effort domestique élargi

### Une confirmation plutôt qu'une nouveauté

Le **plancher de 5 % du PIB** consacré à la **défense** et à la sécurité, fixé lors du sommet de **La Haye** en 2025, n'a pas été renégocié à **Ankara**, mais sa confirmation implicite dans le contexte du financement de l'**Ukraine** renforce l'idée d'un **effort européen élargi**, qui dépasse désormais la seule question du soutien à Kyiv pour englober l'ensemble de la posture de défense continentale.

*Un **chiffre** confirmé sans tambour ni trompette a parfois plus de poids qu'une annonce spectaculaire : il signale que personne, à l'intérieur de l'**Alliance**, n'a jugé utile de revenir sur l'**engagement** pris un an plus tôt.*

### Des trajectoires nationales déjà bien engagées

Selon le rapport annuel du secrétaire général de l'**OTAN**, les alliés européens et le Canada ont augmenté leurs dépenses de défense d'environ **90 milliards de dollars** en termes réels en 2025 par rapport à l'année précédente, soit une hausse proche de **20 %**. Ce chiffre, cité par Reuters avant même l'ouverture du sommet d'**Ankara**, illustre que le basculement observé cette semaine-là ne sort pas de nulle part : il prolonge une dynamique amorcée dès l'adoption du **plancher** de La Haye.

Trois pays baltes et d'**Europe** de l'Est — **Pologne, Lituanie, Lettonie** — dépassaient déjà, selon ce même rapport, le seuil intermédiaire de 3,**5 % du PIB** en **dépenses** militaires strictes, confirmant que le rééquilibrage transatlantique se construit à des vitesses très différentes selon la proximité géographique avec la **menace russe**.

## L'Allemagne, moteur inattendu du nouveau centre de gravité

### Un changement de doctrine budgétaire assumé

Peu de pays illustrent mieux ce basculement que l'**Allemagne**. Selon un projet de **budget** cité par **Reuters** avant le sommet, Berlin prévoit de **doubler** ses dépenses de **défense** pour dépasser **200 milliards d'euros** d'ici 2030, en s'appuyant sur une réforme constitutionnelle qui exempte les dépenses militaires des limites strictes d'endettement public. *Un pays longtemps réticent à afficher sa puissance militaire choisit désormais d'en faire un argument budgétaire central ; c'est peut-être le signe le plus clair que quelque chose a réellement changé de nature.*

Cette **trajectoire** allemande ne découle pas uniquement de la pression américaine : elle traduit une lecture stratégique interne, partagée par plusieurs partis au pouvoir à Berlin, selon laquelle la sécurité du continent ne peut plus reposer sur l'hypothèse d'un **engagement** américain permanent et inconditionnel.

### Un effet d'entraînement sur les voisins

Le choix allemand n'est pas isolé. Selon des données compilées par le **Kiel Institute**, le soutien militaire européen à l'**Ukraine** s'est maintenu à un niveau élevé tout au long du premier semestre 2026, avec une attention particulière accordée à la production de **drones** et de systèmes de **défense** aérienne, deux catégories d'équipement jugées prioritaires par la majorité des capitales européennes.

Cet **effet d'entraînement** entre grandes et petites capitales européennes constitue, en creux, l'un des résultats les plus tangibles du **sommet** d'**Ankara** : une convergence progressive des priorités budgétaires nationales vers un objectif commun, même en l'absence d'un mécanisme de **coordination** centralisée contraignant.

## Le Canada, partenaire discret d'un rééquilibrage bruyant

### Une contribution souvent sous-estimée dans le débat public

Le rôle du **Canada** dans ce basculement mérite d'être souligné, tant il est souvent absent des analyses centrées sur les seules capitales européennes. En tant que membre non européen de l'**Alliance** associé formellement à l'enveloppe des **70 milliards d'euros** annuels pour l'**Ukraine**, Ottawa participe directement à ce nouveau partage du **fardeau**, aux côtés des 31 alliés européens.

*Un partenaire qui contribue sans occuper le centre de l'attention médiatique reste un partenaire ; il mérite simplement d'être nommé, plutôt que silencieusement additionné à une colonne **budgétaire** anonyme.*

### Une géographie de l'engagement qui s'étend

Cette participation canadienne élargit, de fait, la géographie du **basculement** post-**Ankara** au-delà du seul continent européen, et rappelle que le rééquilibrage transatlantique ne se limite pas à une querelle interne à l'Union européenne, mais engage l'ensemble des membres non américains de l'**Alliance** atlantique dans une redéfinition commune des responsabilités financières.

Cette dimension nord-américaine non américaine du dossier constitue un rappel utile : le basculement observé n'oppose pas simplement « l'**Europe** » aux « États-Unis », mais redistribue plus largement le poids financier entre **Washington** et l'ensemble des autres membres de l'**Alliance**.

## Ce que le prêt européen de 90 milliards révèle du montage financier

### Une architecture bien plus complexe qu'un chiffre unique

Une partie substantielle des **70 milliards d'euros** annoncés pour 2026 provient du **prêt européen de 90 milliards**, adopté par l'Union européenne et finalisé en avril 2026, dont environ **28,3 milliards d'euros** sont explicitement fléchés vers la **défense** ukrainienne pour cette seule année. Selon des diplomates cités par le **Kyiv Independent**, ce montage représente au moins **40 %** du total annoncé à **Ankara**, ce qui n'en fait pas de l'argent totalement nouveau au sens strict.

Cette nuance technique n'annule pas le **basculement** observé, mais elle en précise la nature : il s'agit moins d'une explosion soudaine de générosité que d'une **réorganisation méthodique** de financements déjà engagés, désormais présentés sous une bannière commune et **politiquement** plus visible.

### Le rôle des avoirs russes gelés dans ce montage

Une part du prêt européen s'appuie, selon plusieurs analyses financières publiées au printemps 2026, sur des mécanismes liés aux **avoirs russes gelés** depuis le début de l'invasion, une dimension qui donne au basculement post-**Ankara** une portée symbolique supplémentaire : une partie du soutien occidental à l'**Ukraine** repose, indirectement, sur des **ressources** immobilisées appartenant à l'agresseur lui-même.

Cette architecture financière, aussi ingénieuse soit-elle, reste soumise à des contestations juridiques et **politiques** dans plusieurs capitales européennes, ce qui introduit une incertitude persistante sur la pérennité complète du montage à moyen terme. *Emprunter contre des avoirs gelés appartenant à l'agresseur a quelque chose de poétiquement juste ; cela reste, juridiquement, un terrain que peu de précédents avaient véritablement balisé avant cette **guerre**.*

## Les tensions que ce basculement laisse visibles

### Le partage inégal du fardeau entre l'Est et l'Ouest européen

Le basculement post-**Ankara** ne signifie pas que tous les pays européens contribuent de façon équivalente. Les pays d'**Europe** de l'Est, plus exposés géographiquement à la **menace russe**, dépassent déjà largement les seuils intermédiaires de **dépenses**, tandis que certains pays d'Europe occidentale progressent plus lentement vers les mêmes objectifs. *Un basculement collectif n'efface jamais totalement les intérêts nationaux divergents ; il les recouvre seulement, pour un temps, d'un même langage diplomatique commun.*

Cette asymétrie persistante constitue l'un des points de friction les plus documentés dans les discussions internes à l'**Alliance**, et elle continuera probablement d'alimenter les négociations lors des prochains **sommets**, indépendamment du succès politique affiché à **Ankara**.

### La question non résolue de la coordination centralisée

Aucun mécanisme de **coordination centralisée** contraignant n'a été annoncé à **Ankara** pour garantir une répartition équitable du fardeau entre les 31 alliés européens et canadiens. Le financement des 70 milliards annuels reste structuré par une combinaison de canaux distincts — prêt européen, **engagements** bilatéraux, programmes de l'**OTAN** — sans organe unique chargé d'en surveiller la cohérence globale.

Cette absence de coordination centralisée, relevée par plusieurs analystes spécialisés en **défense**, constitue une **fragilité structurelle** du montage post-**Ankara**, susceptible de compliquer le suivi précis des contributions respectives dans les mois suivant le **sommet**.

## La réaction industrielle, indicateur silencieux du basculement

### Plus de 50 milliards de dollars de nouveaux contrats

En marge des discussions politiques, le **forum industriel de défense** tenu à **Ankara** a permis l'annonce de plus de **50 milliards de dollars** de nouveaux contrats d'approvisionnement militaire, selon les comptes rendus officiels du sommet. Ce **chiffre**, moins commenté que l'enveloppe destinée à l'**Ukraine**, constitue pourtant un indicateur tout aussi révélateur du basculement en cours : l'industrie de défense occidentale anticipe déjà une demande européenne durablement plus élevée.

*Les industriels de la **défense** ne signent pas des **contrats** sur la base d'un simple discours ; ils le font quand les carnets de commandes confirment, **chiffre** après chiffre, qu'une tendance de fond s'est installée pour de bon.*

### Le lancement du programme Drone Edge

Le **sommet** a également permis le lancement d'une initiative baptisée **Drone Edge**, dotée d'un **budget** annoncé de plus de **40 milliards de dollars** sur cinq ans, consacré au développement de capacités de contre-drones au sein de l'**Alliance**. Cette annonce, distincte de l'enveloppe ukrainienne, illustre que le basculement observé dépasse le seul dossier ukrainien pour englober une refonte plus large des priorités technologiques occidentales.

Ce programme, s'il se concrétise conformément aux **annonces**, positionnerait l'**OTAN** comme un acteur central du développement des technologies de **contre-drone**, un domaine dont l'importance stratégique n'a cessé de croître depuis le début de la guerre en **Ukraine**.

## Ce que ce basculement change pour la relation avec Washington

### Un rééquilibrage négocié plutôt qu'une rupture

Il serait excessif de présenter le basculement post-**Ankara** comme une rupture avec les **États-Unis**. Le président américain **Donald Trump** a lui-même exprimé, selon plusieurs comptes rendus du **sommet**, un optimisme prudent quant aux perspectives d'une éventuelle négociation de paix, tout en saluant les nouveaux **engagements** financiers européens comme une preuve que ses exigences de rééquilibrage transatlantique portaient enfin leurs fruits.

*Un partenaire qui obtient ce qu'il demandait n'a aucune raison immédiate de claquer la porte ; le basculement profite, à sa manière, autant à **Washington** qu'aux capitales européennes qui l'ont accepté.*

### Une dépendance stratégique qui demeure malgré tout

Malgré cette nouvelle répartition financière, la dépendance européenne envers certaines capacités militaires américaines reste réelle, notamment dans le domaine des systèmes de défense aérienne de type **Patriot**, pour lesquels Washington conserve un rôle déterminant dans l'octroi de licences de fabrication ou de livraisons directes à l'Ukraine.

Ce basculement financier ne s'accompagne donc pas, à ce stade, d'une autonomie stratégique complète de l'Europe : il redistribue le poids budgétaire sans nécessairement redistribuer, dans les mêmes proportions, la dépendance technologique envers les capacités militaires américaines les plus avancées.

## Le facteur ukrainien, catalyseur mais pas seule cause

### Une guerre qui a accéléré une tendance déjà amorcée

La guerre en **Ukraine** agit sans conteste comme le principal catalyseur visible de ce basculement, mais elle n'en est pas l'unique cause. Le plancher de 5 % adopté à La Haye en 2025 répondait déjà à des préoccupations plus larges concernant la posture de défense européenne face à une **Russie** jugée durablement menaçante, indépendamment même de l'issue du conflit ukrainien.

*Une guerre visible accélère toujours des décisions qui, sans elle, auraient probablement mis plus de temps à se concrétiser ; elle ne les invente pas à partir de rien.*

### Ce que cela implique pour l'après-guerre

Cette distinction importe pour comprendre l'après-guerre éventuel : même dans l'hypothèse d'une désescalade ou d'un accord de paix futur en Ukraine, rien n'indique, selon les analyses disponibles, que les capitales européennes reviendraient rapidement sur leur trajectoire de dépenses de défense accrue, désormais ancrée dans des textes officiels et des décisions budgétaires nationales de long terme.

Le basculement post-Ankara pourrait ainsi survivre, au moins partiellement, à la résolution du conflit qui l'a rendu politiquement possible dans sa forme actuelle.

## Le rôle des parlements dans la solidité du basculement

### Une promesse collective qui dépend de trente et un votes nationaux

Le basculement affiché à Ankara repose, dans les faits, sur trente et un processus budgétaires nationaux distincts, chacun soumis à son propre calendrier parlementaire et à ses propres rapports de force politiques internes. Une déclaration signée par un chef d'État n'engage juridiquement son pays qu'à la condition que les crédits correspondants soient effectivement votés par l'assemblée compétente, un détail institutionnel trop souvent absent des résumés journalistiques du sommet. *Une signature diplomatique impressionne les caméras ; un vote parlementaire, des mois plus tard, impressionne beaucoup moins, mais c'est lui seul qui débloque réellement les fonds.*

Cette dépendance envers des votes nationaux distincts introduit une fragilité structurelle dans le basculement observé : un changement de majorité parlementaire dans une capitale européenne pourrait, en théorie, ralentir ou remettre en question une part de l'engagement pris collectivement à Ankara, sans que les autres alliés disposent d'un moyen contraignant de l'empêcher.

## Les pays baltes et nordiques, laboratoires du nouveau modèle

### Une avance qui dépasse largement les minimums fixés

Les pays baltes et nordiques offrent un aperçu de ce à quoi ressemble une adhésion complète au nouveau modèle post-Ankara. La **Norvège**, selon des données compilées par le Kiel Institute, consacre environ **80 %** de son enveloppe de soutien à l'Ukraine à des livraisons d'armement concret plutôt qu'à des engagements financiers différés, une proportion nettement supérieure à la moyenne européenne. *Les pays les plus proches, géographiquement et historiquement, de la menace russe n'ont pas besoin d'un sommet pour se convaincre de l'urgence ; ils l'ont déjà intégrée dans leurs choix budgétaires quotidiens.*

Cette avance nordique et balte constitue un modèle souvent cité, en creux, par les diplomates plaidant pour une accélération plus généralisée du basculement au sein des capitales d'Europe occidentale, encore perçues comme relativement en retard sur cette trajectoire.

## La France et le Royaume-Uni, deux trajectoires distinctes

### Deux puissances nucléaires face au même arbitrage budgétaire

La **France** et le **Royaume-Uni**, les deux seules puissances nucléaires européennes de l'Alliance, affichent des trajectoires budgétaires distinctes face à ce basculement. Selon des déclarations gouvernementales britanniques citées par la BBC, Londres prévoit d'atteindre environ **4,1 % du PIB** en dépenses de défense d'ici 2027 selon les nouvelles définitions retenues par l'OTAN, un rythme jugé conforme à la trajectoire vers le plancher de 2035.

Paris, de son côté, a également annoncé des hausses substantielles de son budget militaire, sans toutefois atteindre le même niveau de détail public que Londres sur le calendrier précis de mise en conformité avec le plancher collectif, une différence de communication qui alimente parfois des comparaisons approximatives entre les deux capitales. *Deux voisins peuvent partager la même arme nucléaire de dissuasion sans partager la même transparence budgétaire ; c'est une des curiosités durables de la coopération européenne en matière de défense.*

## Ce que les alliés du Pacifique observent de ce basculement

### Un précédent surveillé au-delà de l'Atlantique

Le basculement post-Ankara n'échappe pas à l'attention de partenaires non membres de l'OTAN, notamment au Japon, à l'Australie et à la Corée du Sud, dont les responsables de défense suivent attentivement la capacité occidentale à financer un conflit prolongé sans épuisement politique interne. Ce précédent européen alimente des discussions parallèles sur la répartition future du fardeau de sécurité dans des théâtres comme **Taïwan**, où des dynamiques de dépendance envers un partenaire américain moins prévisible se posent en termes similaires.

Cette dimension indo-pacifique du basculement post-Ankara reste largement indirecte, mais elle confirme que la question du partage équitable du fardeau de défense entre alliés dépasse désormais le seul cadre transatlantique pour devenir un référentiel plus global. *Un précédent européen, même lointain géographiquement, finit toujours par servir d'argument à quelqu'un, ailleurs, qui négocie sa propre part du fardeau.*

## Conclusion

Le sommet d'Ankara ne restera pas seulement dans les annales comme celui où l'OTAN a promis **70 milliards d'euros** à l'Ukraine pour 2026. Il marque, plus profondément, le moment où le **centre de gravité financier** de l'Alliance a formellement basculé vers l'Europe et le Canada, avec l'Allemagne en fer de lance budgétaire et une architecture de financement désormais assumée sans contribution directe américaine à cette enveloppe précise.

Ce basculement reste inachevé et inégal : certaines capitales avancent plus vite que d'autres, la coordination centralisée manque encore, et la dépendance technologique envers Washington persiste dans plusieurs domaines critiques. Mais le mouvement lui-même, documenté dans les textes officiels et confirmé par les données de suivi indépendantes, n'a rien d'une simple impression journalistique. *Un basculement ne se mesure jamais à un seul sommet ; il se confirme dans les budgets votés l'année suivante, et c'est cette confirmation-là qu'il faudra continuer de vérifier, sommet après sommet.*

**Signé Maxime Marquette, chroniqueur**

## Encadré de transparence du chroniqueur

### Positionnement éditorial

Je ne suis pas journaliste, mais **chroniqueur et analyste**. Mon expertise réside dans l'observation et l'analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.

Je ne prétends pas à l'objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. **Je prétends à la lucidité analytique**, à l'interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d'offrir une lecture critique des événements.

### Méthodologie et sources

Ce texte respecte la distinction fondamentale entre **faits vérifiés et analyses interprétatives**. La règle de méthode est constante : une information factuelle n'est publiée que si une source vérifiable la porte, et les sources effectivement utilisées par cet article sont listées sous **Sources**, jamais ici.

**Familles de sources primaires** retenues par la publication, quand le dossier en comporte : communiqués officiels des gouvernements et institutions internationales, déclarations publiques des dirigeants politiques, rapports d'organisations intergouvernementales, dépêches d'agences de presse internationales reconnues.

**Familles de sources secondaires** : publications spécialisées, médias d'information reconnus internationalement, analyses d'institutions de recherche établies, rapports d'organisations sectorielles.

Quand un article cite des données statistiques, économiques ou géopolitiques, elles proviennent d'institutions productrices de données (organisations intergouvernementales, banques centrales, instituts statistiques nationaux), et l'institution exacte est nommée sous **Sources**.

### Nature de l'analyse

Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une **synthèse critique et contextuelle** basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d'experts cités dans les sources consultées.

Mon rôle est d'interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et économiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l'observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs globaux.

Cet article décrit un état documenté à sa date de publication, et non une prédiction : une évolution ultérieure peut en déplacer les perspectives. Aucune mise à jour n'est promise d'avance; lorsqu'un article est corrigé ou complété, la modification est datée dans le texte.

## Sources

### Sources primaires

- [Kyiv Independent — L'OTAN annonce un engagement de 70 milliards d'euros pour l'Ukraine — 8 juillet 2026](https://kyivindependent.com/nato-allies-pledge-70-billion-euros-in-defense-help-to-ukraine/)

- [OTAN — Le soutien de l'OTAN à l'Ukraine — 2026](https://www.nato.int/en/what-we-do/partnerships-and-cooperation/natos-support-for-ukraine)

- [Kiel Institute — Ukraine Support Tracker — 1 juin 2026](https://www.kielinstitut.de/topics/war-against-ukraine/ukraine-support-tracker/)

### Sources secondaires

- [Reuters — La poussée de défense de l'OTAN met déjà les budgets européens sous tension — 6 juillet 2026](https://www.reuters.com/world/europe/nato-defence-push-already-strains-europes-budgets-2026-07-06/)

- [Al Jazeera — L'OTAN promet 70 milliards d'euros pour l'Ukraine alors que Trump se félicite des progrès vers la paix — 8 juillet 2026](https://www.aljazeera.com/news/2026/7/8/nato-pledges-70-billion-euros-for-ukraine-as-trump-praises-peace-progress)

- [Brussels Times — L'OTAN affirme son objectif ambitieux de hausse des dépenses de défense devant un comité européen — 16 juillet 2026](https://www.brusselstimes.com/2233264/nato-affirms-ambitious-goal-to-boost-defence-spending-before-eu-committee)

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Source : Maxime Marquette, MadMax. Pour citer ce texte, nommer l’auteur et lier https://mad-max.co/fr/article/billet-le-basculement-europeen-post-ankara-otan
