# BILLET : L'économie russe au pied du mur, selon le conseiller de Zelensky

> Un conseiller économique de Volodymyr Zelensky a déclaré, dans une déclaration rapportée par les médias ukrainiens en juin 2026, que l'économie russe a «atteint une impasse» (dead end dans les sources anglophones). Cette formulation est forte, délibérément tranchante, et ne doit pas être prise pour de la propagande facile. Elle correspond à une analyse économique sérieuse — imp

- Auteur: Maxime Marquette
- Publication: MadMax (https://mad-max.co)
- Rubrique: Billet
- Publié: 2026-06-28
- Adresse à citer: https://mad-max.co/fr/article/billet-l-economie-russe-au-pied-du-mur-selon-le-conseiller-de-zelensky

## À retenir

- Les dépenses militaires russes atteindraient des niveaux records, avec une hausse de 4,5 trillions de roubles prévue en 2026 selon Bloomberg, et une part de 30 à 35 % du budget fédéral.
- Les budgets civils (santé, éducation, infrastructures) seraient réduits, et le taux directeur, parfois supérieur à 15 %, freine le crédit.
- Le modèle fondé sur les hydrocarbures est fragilisé par les sanctions et les frappes ukrainiennes, tandis que la dépendance envers la Chine s'accroît.
- L'auteur considère que la Russie est dans une triple contrainte, sans options positives, et que les indicateurs montrent une pression croissante sans catastrophe immédiate.
- Il compare la situation aux économies de guerre historiques, en soulignant que l'arme nucléaire russe constitue une différence majeure.

## Introduction : Une impasse, selon les experts de Kyiv

### Le diagnostic du conseiller économique

Un conseiller économique de **Volodymyr Zelensky** a déclaré, dans une déclaration rapportée par les médias ukrainiens en **juin 2026**, que l'économie russe a «**atteint une impasse**» (dead end dans les sources anglophones). Cette formulation est forte, délibérément tranchante, et ne doit pas être prise pour de la propagande facile. Elle correspond à une analyse économique sérieuse — imparfaite comme toute analyse, mais fondée sur des données réelles et des indicateurs vérifiables.

L'économie russe n'est pas en train de s'effondrer au sens catastrophique du terme. Elle fonctionne, elle produit, elle maintient un niveau de vie minimal pour une grande partie de sa population. Mais elle est dans une **trappe stratégique** : elle dépense massivement pour une guerre qui n'apporte aucun bénéfice économique, elle s'isole progressivement des technologies et des marchés qui lui permettraient de se moderniser, et elle accumule des dettes et des déséquilibres qui se paieront à long terme. C'est ça, «**au pied du mur**».

### Pourquoi cette déclaration est importante

Les déclarations de responsables ukrainiens sur l'économie russe sont souvent rejetées comme de la propagande. Mais cette fois, le tableau dressé est corroboré par des sources indépendantes — des économistes académiques, des analystes d'institutions financières occidentales, et même certaines publications économiques russes qui, sous couvert d'anonymat, décrivent des tensions réelles. L'**Occident** a trop souvent minimisé les difficultés économiques de la **Russie** — avant de les surestimer quand la rhétorique politique prenait le dessus.

Ce que je veux faire ici, c'est replacer cette déclaration dans son contexte économique réel, distinguer ce qui est documenté de ce qui est conjecture, et offrir au lecteur une analyse honnête de l'état de l'économie de guerre russe en **juin 2026**. Sans triomphalisme. Sans minimisation. Avec les nuances que la réalité exige.

*Je déteste les deux extrêmes dans l'analyse économique de la Russie : ceux qui prédisent un effondrement imminent depuis 2022 (toujours reporté) et ceux qui prétendent que l'économie russe résiste parfaitement et que les sanctions ne servent à rien. La vérité est dans cet espace inconfortable entre les deux — et c'est là qu'il faut regarder.*

## Les chiffres qui font mal à Moscou

### Le budget de guerre qui explose

Les **dépenses militaires russes** ont atteint des niveaux records. Selon des données citées par **Bloomberg** et d'autres sources financières, la **Russie** prévoit d'augmenter ses dépenses de guerre de **4,5 trillions de roubles** supplémentaires en **2026**. Le budget de la défense représente désormais environ **30 à 35 %** du budget fédéral russe — un niveau que l'on n'avait pas vu depuis les pires années de la **Guerre froide**. Ces dépenses sont financées par une combinaison de revenus pétroliers, d'emprunts publics et de ponctions sur les fonds souverains.

Cette militarisation du budget a des conséquences concrètes sur les dépenses civiles. Des rapports indépendants signalent des réductions dans les budgets de **santé publique**, d'**éducation** et d'**infrastructures civiles**. Des projets d'investissement à long terme ont été reportés ou annulés. La **Russie** est en train de dévorer son capital futur pour financer une guerre présente — un pari extrêmement risqué même si la guerre se terminait rapidement.

### L'inflation et le coût de la vie

L'**inflation** en **Russie** a été maintenue à des niveaux gérables par une politique monétaire très restrictive — la **Banque centrale russe** a maintenu des taux d'intérêt à des niveaux historiquement élevés, parfois supérieurs à **15 %**. Cette politique a réussi à contenir l'inflation nominale, mais au prix d'un coût du crédit prohibitif pour les entreprises et les particuliers. L'immobilier, les voitures, les investissements d'entreprise — tout ce qui se finance à crédit est devenu inaccessible pour une grande partie de la population.

Le coût de la vie réel pour les Russes ordinaires a augmenté considérablement. Les prix des **produits alimentaires**, des **médicaments importés** et des **appareils électroniques** ont fortement progressé. Des produits autrefois banals — certains médicaments occidentaux, des téléphones, des automobiles étrangères — ont soit disparu des rayons, soit vu leurs prix multipliés. Cette détérioration quotidienne est un indicateur important de la pression que la guerre économique exerce sur la société russe.

*Un taux directeur à 15% en Russie — c'est le signe d'une économie sous pression structurelle profonde. Quand la banque centrale doit maintenir des taux aussi restrictifs pour éviter une spirale inflationniste, c'est que les mécanismes normaux de l'économie sont perturbés par les dépenses de guerre et les distorsions créées par les sanctions. Ce n'est pas la catastrophe — mais c'est inquiétant.*

## La trappe de la dépendance pétrolière

### Un modèle économique fragilisé

Le modèle économique russe a toujours été fondé sur une dépendance excessive aux exportations d'hydrocarbures. Cette dépendance — souvent qualifiée de «**malédiction des ressources**» par les économistes — a permis à **Poutine** de financer un État fort et des dépenses sociales sans réformer l'économie russe en profondeur. La **Russie** n'a jamais développé une base industrielle et technologique diversifiée comparable à celle de la **Chine** ou des économies asiatiques émergentes — parce qu'elle n'en avait pas besoin tant que le pétrole coulait et que les prix restaient élevés.

La guerre a révélé et aggravé cette fragilité fondamentale. Les sanctions ont réduit l'accès aux technologies étrangères nécessaires à la modernisation de l'industrie pétrolière. Les frappes ukrainiennes ont endommagé les infrastructures de raffinage. La réduction des revenus pétroliers crée un stress budgétaire croissant. Et la diversion des ressources vers la production militaire prive d'autres secteurs économiques des investissements dont ils ont besoin pour se développer.

### Les limites de la diversification forcée

Confrontée à l'isolement des marchés occidentaux, la **Russie** a tenté d'accélérer sa **diversification économique** vers l'**Asie**. Les exportations vers la **Chine** et l'**Inde** ont augmenté. Des efforts ont été faits pour développer des chaînes de valeur alternatives qui contournent les entreprises et technologies occidentales. Mais cette diversification est lente, coûteuse et structurellement limitée : la **Chine** n'est pas un partenaire de développement désintéressé — elle cherche à acheter des ressources russes à des prix réduits, pas à aider la **Russie** à développer une économie technologique sophistiquée.

Le rapport de force entre la **Russie** et la **Chine** s'est profondément modifié depuis **2022**. **Moscou**, autrefois partenaire de plein droit, est progressivement devenu le fournisseur de ressources naturelles d'un partenaire bien plus puissant économiquement. Cette dépendance croissante vis-à-vis de **Pékin** est une forme de fragilité stratégique que **Poutine** n'avait pas anticipée dans ses calculs initiaux.

*La Russie est en train de devenir une colonie de ressources de la Chine — et Poutine le sait. Il a échangé l'intégration dans l'économie mondiale pour une dépendance stratégique à Pékin. C'est peut-être son plus grand échec économique de long terme, bien plus grave que les sanctions occidentales immédiates.*

## Ce que « impasse » signifie vraiment

### Les mécanismes de la stagnation structurelle

Quand le conseiller de **Zelensky** dit «**impasse**», il décrit spécifiquement les mécanismes par lesquels l'économie russe est enfermée dans une trajectoire difficile à modifier. La **Russie** ne peut pas réduire ses dépenses militaires sans risquer de perdre la guerre et d'affronter des conséquences politiques catastrophiques pour **Poutine**. Elle ne peut pas augmenter ses revenus pétroliers parce que les sanctions et les frappes les contraignent. Elle ne peut pas moderniser son économie parce qu'elle est coupée des technologies et des investissements occidentaux.

Cette triple contrainte crée une situation où toutes les options disponibles ont des coûts élevés. La **Russie** est condamnée à continuer dans la même direction — en espérant que sa résilience outlaste la résolution occidentale à soutenir l'**Ukraine**. C'est un pari rationnel dans sa logique — mais c'est aussi un aveu que les options stratégiques positives ont été épuisées. L'impasse n'est pas l'effondrement. C'est quelque chose de plus sournois et peut-être de plus durable.

### Les indicateurs à surveiller

Pour évaluer si l'économie russe est réellement «**au pied du mur**», plusieurs indicateurs sont à surveiller : l'évolution des réserves en devises étrangères, le niveau d'inflation réelle, les taux de chômage (faussés par la mobilisation militaire), la production industrielle hors défense, et les flux commerciaux avec les partenaires non sanctionnants. Ces indicateurs donnent une image partielle mais plus objective de l'état de l'économie russe que les seules déclarations officielles ou les annonces de propagande des deux côtés.

Les dernières données disponibles montrent une **érosion progressive** sur plusieurs de ces indicateurs — pas une catastrophe, mais une tendance qui, si elle se maintient, augure de difficultés croissantes pour maintenir le niveau actuel des dépenses militaires. C'est le sens profond de l'«**impasse**» décrite par le conseiller ukrainien — non pas un effondrement immédiat, mais une trajectoire qui devient de plus en plus difficile à soutenir.

*L'honnêteté intellectuelle m'oblige à dire que je ne sais pas avec certitude si l'économie russe est vraiment « au pied du mur » ou si elle a encore des ressources insoupçonnées. Ce que je sais, c'est que les indicateurs disponibles pointent vers une pression croissante — et que cette pression contribue, même partiellement, à affaiblir la capacité de guerre de Poutine. Ça compte.*

## La guerre économique comme stratégie de victoire

### Le soutien occidental aux sanctions : une question de durée

Pour que la stratégie économique de pression sur la **Russie** porte ses fruits, il faut que le **régime de sanctions** occidental reste robuste et que le soutien à l'**Ukraine** se maintienne dans la durée. Or, les deux sont menacés par la fatigue politique dans plusieurs pays occidentaux. Des élections ont amené au pouvoir des partis moins enclins au soutien à l'**Ukraine**. Des groupes d'intérêt économiques font pression pour un allègement des sanctions. La cohésion occidentale n'est pas garantie dans le long terme.

C'est pourquoi le moment actuel — où l'économie russe est sous pression et où l'**Ukraine** dispose de capacités de deep strike significatives — est stratégiquement crucial. Il faut maintenir et intensifier la pression économique tant que la cohésion occidentale est suffisante pour le faire. Chaque mois où les sanctions sont maintenues, où les frappes ukrainiennes affaiblissent l'industrie russe, est un mois qui rapproche la fin du conflit.

### L'objectif : rendre la guerre insoutenable pour Poutine

L'objectif final de la pression économique n'est pas d'amener la **Russie** à la faillite — c'est de rendre la guerre tellement coûteuse que **Poutine** ou ses successeurs concluent qu'une solution négociée est préférable à la continuation des hostilités. Ce calcul peut prendre du temps — peut-être des années. Mais il est réel. Des régimes ont changé de cap quand les coûts économiques de leurs politiques agressives sont devenus insupportables.

Pour que ce calcul se produise, il faut que les coûts économiques soient visibles et attribuables à la guerre. La population russe doit ressentir la connexion entre la guerre de **Poutine** et sa propre détérioration économique. C'est difficile dans un environnement de propagande intense — mais pas impossible. Les pressions économiques réelles finissent par traverser le brouillard de la propagande.

*Je crois que les économies finissent toujours par parler plus fort que les propagandistes. On peut mentir sur les pertes militaires, on peut maquiller les statistiques — mais quand les médicaments manquent dans les pharmacies et que le prix des pommes de terre double, la population ordinaire ressent la vérité de la guerre. Et cette vérité, aucune propagande ne peut l'étouffer indéfiniment.*

## Comparaison internationale : des précédents historiques

### Les économies de guerre qui ont cédé

L'histoire offre des exemples instructifs d'économies de guerre qui ont cédé sous la pression combinée des sanctions, des frappes sur les infrastructures et de l'épuisement des ressources. L'**Allemagne nazie** en **1944-1945**, après les bombardements alliés sur son industrie pétrolière, a vu ses capacités militaires s'effondrer en quelques mois. L'**Iran** des années **1980** a finalement accepté un cessez-le-feu avec l'**Irak** en partie parce que son économie était épuisée par huit années de guerre. Ces précédents ne se transposent pas mécaniquement — chaque contexte est différent — mais ils illustrent que les économies de guerre ne sont pas invincibles.

La **Russie** de **2026** n'est pas l'**Allemagne** de **1944**. Elle dispose encore de réserves, d'une population plus résignée que résistante, et d'un régime politique qui peut maintenir sa prise sur le pouvoir même dans l'adversité économique. Mais les pressions s'accumulent. Et l'histoire nous enseigne que ces pressions finissent par produire des résultats, même si le délai est incertain.

### Les différences avec les cas historiques

La principale différence entre la **Russie** actuelle et les économies de guerre historiques qui ont cédé est la **possession d'armes nucléaires**. Cette capacité de **dissuasion nucléaire** donne à **Poutine** un bouclier contre la défaite militaire totale que l'**Allemagne nazie** ou l'**Irak** de **Saddam Hussein** n'avaient pas. Ce bouclier nucléaire signifie que la pression doit être exercée de manière à amener **Moscou** à la table de négociation — pas à mener le pays à l'effondrement total.

C'est la subtilité de la stratégie ukrainienne et occidentale : assez de pression pour rendre la guerre insoutenable, pas assez pour provoquer une escalade nucléaire désespérée. Naviguer cet espace exige de la précision, de la sagesse et une connaissance fine de la psychologie du régime de **Poutine**. C'est l'un des défis les plus complexes de la diplomatie et de la stratégie militaire contemporaine.

*Le bouclier nucléaire de Poutine est à la fois sa plus grande force et sa plus grande limite. Il lui évite la défaite militaire totale — mais il l'empêche aussi de gagner, car toute utilisation réelle de l'arme nucléaire produirait des conséquences que même lui ne peut pas vouloir. C'est un équilibre de la terreur qu'il faut gérer avec précision.*

## Les perspectives : que peut-on attendre ?

### Les scénarios à court et moyen terme

Dans un scénario optimiste pour l'**Ukraine**, la pression économique combinée aux succès militaires et à la campagne de deep strike conduit **Moscou** à accepter des négociations dans les **12 à 18 mois**. Ce scénario nécessite un maintien de la cohésion occidentale, une continuation des frappes ukrainiennes sur les infrastructures russes, et une dégradation supplémentaire des capacités militaires et économiques de la **Russie**. Il est possible, mais pas certain.

Dans un scénario pessimiste, la **Russie** maintient sa pression malgré les difficultés économiques, la cohésion occidentale s'érode, et le conflit s'enlise pour plusieurs années supplémentaires. Ce scénario est également possible — peut-être même plus probable à court terme. La résilience de **Poutine** face à l'adversité ne doit pas être sous-estimée. Il a survécu à des chocs économiques considérables par le passé en maintenant le contrôle politique interne.

### Ce que l'Ukraine doit faire pour maintenir la pression

Pour maximiser les chances du scénario optimiste, l'**Ukraine** doit continuer à développer ses capacités de deep strike, à documenter et à communiquer les impacts économiques des frappes pour maintenir le soutien international, et à coordonner étroitement sa stratégie économique avec ses alliés occidentaux. Elle doit également maintenir sa communication directe avec ses populations et celles de ses alliés pour soutenir la volonté politique nécessaire à la durée de l'effort de soutien.

**Zelensky** a démontré une capacité remarquable à maintenir cet effort sur plusieurs fronts simultanément. Son réseau diplomatique, sa communication internationale et sa vision stratégique sont des atouts irremplaçables. La déclaration du «**conseiller de Zelensky**» sur l'impasse de l'économie russe est aussi une pièce de cette communication stratégique — maintenir la conviction que la victoire est possible, que la pression porte ses fruits, que le soutien en vaut la peine.

*Je ne suis pas naïf sur les délais. Cette guerre peut encore durer des années. Mais je reste convaincu que la trajectoire économique et militaire favorise l'Ukraine à long terme — si l'Occident maintient sa résolution. Et cette résolution dépend aussi de nous, des citoyens qui continuons à en parler, à en écrire, à refuser l'oubli et la normalisation.*

## Le rôle de la société civile russe dans l'équation

### Une société civile sous pression mais existante

La société civile russe est écrasée par la répression politique, mais pas entièrement inexistante. Des **dissidents russes**, des **opposants en exil** comme ceux qui gravitent autour des réseaux soutenant feu **Alexeï Navalny**, des journalistes indépendants réfugiés en **Europe**, continuent de documenter les réalités de la guerre pour ceux qui acceptent de les entendre en **Russie**. Leur rôle est limité mais réel — et leur existence même témoigne que la société russe n'est pas monolithiquement derrière **Poutine**.

Les pressions économiques peuvent éventuellement créer des espaces politiques dans lesquels ces voix dissidentes trouvent un écho plus large. Quand les ménages russes voient leur niveau de vie se dégrader, quand des fils et des frères rentrent du front dans des cercueils, quand le coût de la guerre devient personnel et quotidien, la prise de conscience politique peut se produire. Ce processus est lent et incertain — mais la pression économique est l'un des catalyseurs potentiels de ce changement.

### Les limites du changement intérieur

Il serait irresponsable de prétendre que l'économie russe au pied du mur suffira à provoquer un changement de régime ou une révolution populaire. Les mécanismes de contrôle politique de **Poutine** sont puissants, les canaux d'information sont étroitement contrôlés, et la culture politique russe n'a pas de tradition de révolutions civiques spontanées contre le pouvoir central. L'histoire russe est ponctuée d'époques de souffrances extraordinaires supportées sans remettre en cause le pouvoir.

Ce que les pressions économiques peuvent faire, c'est affaiblir progressivement la légitimité interne du régime et, surtout, réduire les ressources disponibles pour la guerre. Un régime qui doit faire des choix difficiles entre soutenir sa population et financer sa guerre militaire est un régime sous contrainte — même si ces contraintes ne se traduisent pas immédiatement par un changement politique visible.

*Je ne mise pas sur une révolution russe pour gagner cette guerre. La société civile russe est courageuse dans des circonstances inimaginables — mais elle est aussi écrasée sous la botte d'un régime qui n'hésite pas à emprisonner quiconque dit la vérité. Ce que je souhaite pour les Russes ordinaires, c'est à terme la liberté. Ce que je souhaite pour l'Ukraine, c'est la victoire. Les deux ne sont pas incompatibles.*

## Conclusion : Le pied du mur est une opportunité

### Une impasse qui peut devenir un tournant

Si l'économie russe est vraiment «**au pied du mur**» comme l'affirme le conseiller de **Zelensky**, c'est une information stratégique d'une importance capitale. Une économie en impasse est une économie dont les options se réduisent. Et des options réduites signifient un adversaire qui peut être contraint à choisir entre des alternatives toutes plus coûteuses les unes que les autres. L'impasse n'est pas encore la défaite — mais elle en est une précondition.

L'**Occident** doit maintenir et intensifier la pression économique tant que la fenêtre d'opportunité est ouverte. Il doit continuer à soutenir les frappes ukrainiennes sur les infrastructures de guerre russes, à maintenir et renforcer les sanctions, et à construire des alternatives économiques qui réduisent la dépendance à la **Russie** pour les pays qui hésitent encore. Chaque semaine de pression économique soutenue est un investissement dans la paix future.

### La vérité comme outil stratégique

La déclaration du conseiller de **Zelensky** est aussi un outil de communication stratégique — un message aux populations ukrainiennes et occidentales que les sacrifices portent leurs fruits, que la stratégie fonctionne, que la résistance a un sens. Ce message est important. Les guerres longues se gagnent aussi dans les cœurs et les esprits — dans la conviction que la lutte en vaut la peine, que les sacrifices mènent quelque part.

**Poutine** comptait sur la fatigue de l'**Occident**. **Zelensky** parie sur l'épuisement économique de la **Russie**. Les deux paris se jouent simultanément. Pour l'instant, le pied du mur est du côté russe. Il faut tout faire pour l'y maintenir — et pousser encore plus fort.

*L'économie russe au pied du mur — c'est une formule qui doit nous mobiliser, pas nous rassasier. Ce n'est pas le moment de se réjouir et de réduire la pression. C'est le moment de pousser plus fort, pendant que les murs commencent à craquer. La victoire de l'Ukraine est à portée — si nous avons la volonté de ne pas la gâcher par la complaisance.*

**Signé Maxime Marquette, chroniqueur**

## Encadré de transparence du chroniqueur

### Positionnement éditorial

Je ne suis pas journaliste, mais **chroniqueur et analyste**. Mon expertise réside dans l'observation et l'analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.

Je ne prétends pas à l'objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. **Je prétends à la lucidité analytique**, à l'interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d'offrir une lecture critique des événements.

### Méthodologie et sources

Ce texte respecte la distinction fondamentale entre **faits vérifiés et analyses interprétatives**. La règle de méthode est constante : une information factuelle n'est publiée que si une source vérifiable la porte, et les sources effectivement utilisées par cet article sont listées sous **Sources**, jamais ici.

**Familles de sources primaires** retenues par la publication, quand le dossier en comporte : communiqués officiels des gouvernements et institutions internationales, déclarations publiques des dirigeants politiques, rapports d'organisations intergouvernementales, dépêches d'agences de presse internationales reconnues.

**Familles de sources secondaires** : publications spécialisées, médias d'information reconnus internationalement, analyses d'institutions de recherche établies, rapports d'organisations sectorielles.

Quand un article cite des données statistiques, économiques ou géopolitiques, elles proviennent d'institutions productrices de données (organisations intergouvernementales, banques centrales, instituts statistiques nationaux), et l'institution exacte est nommée sous **Sources**.

### Nature de l'analyse

Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une **synthèse critique et contextuelle** basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d'experts cités dans les sources consultées.

Mon rôle est d'interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et économiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l'observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs globaux.

Cet article décrit un état documenté à sa date de publication, et non une prédiction : une évolution ultérieure peut en déplacer les perspectives. Aucune mise à jour n'est promise d'avance; lorsqu'un article est corrigé ou complété, la modification est datée dans le texte.

## Sources

### Sources primaires

- News Ukraine RBC — L'économie russe a atteint une impasse — juin 2026

- [FAF — L'économie de guerre russe a des problèmes mais ne va pas s'effondrer — 23 juin 2026](https://www.faf.ae/home/2026/6/23/russias-war-economy-has-problems-but-is-not-about-to-crash-vladimir-putin-is-still-able-to-fund-his-aggression)

- [Ground News/Bloomberg — La Russie augmente les dépenses de guerre — 2026](https://ground.news/article/bloomberg-russia-to-increase-war-spending-4-5-trillion-roubles)

### Sources secondaires

- [The Moscow Times — La production pétrolière russe baisse — 11 juin 2026](https://www.themoscowtimes.com/2026/06/11/russian-oil-output-falls-for-sixth-straight-month-as-ukrainian-drone-attacks-hit-infrastructure-a92987)

- Foreign Policy — L'économie de guerre russe, l'inflation et les sanctions — 24 juin 2026

- Kyiv Independent — L'impasse économique russe, selon le conseiller de Zelensky — juin 2026

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Source : Maxime Marquette, MadMax. Pour citer ce texte, nommer l’auteur et lier https://mad-max.co/fr/article/billet-l-economie-russe-au-pied-du-mur-selon-le-conseiller-de-zelensky
