# BILLET : Kstovo brûle encore — l'Ukraine frappe NORSI pour la quatrième fois

> Il y a quelque chose de profondément symbolique dans le fait que l'Ukraine frappe une raffinerie russe à 800 kilomètres de sa frontière, dans la nuit, pendant que des soldats ukrainiens tiennent des t

- Auteur: Maxime Marquette
- Publication: MadMax (https://mad-max.co)
- Rubrique: Billet
- Publié: 2026-07-02
- Adresse à citer: https://mad-max.co/fr/article/billet-kstovo-brule-encore-l-ukraine-frappe-norsi-pour-la-quatrieme-fois

## Introduction : Dans la nuit du 2 juillet, les drones ukrainiens reviennent à Kstovo

### Un retour annoncé — une frappe confirmée

Dans la nuit du **2 juillet 2026**, les forces ukrainiennes ont de nouveau frappé la raffinerie **LUKOIL-Nizhegorodnefteorgsintez**, connue sous le nom de **NORSI**, située à **Kstovo dans la région de Nijni Novgorod**, en Russie. Un coup direct sur l'unité de distillation primaire **AVT-6** a été enregistré, suivi d'un incendie confirmé sur le site. L'**État-Major général des Forces armées ukrainiennes** a confirmé la frappe, précisant que la raffinerie faisait partie d'un ensemble de cibles frappées cette nuit-là, comprenant également un pont ferroviaire, un dépôt de drones russes et un poste de commandement. **Ce n'est pas la première fois que Kstovo brûle à cause d'un drone ukrainien. C'est la quatrième.**

La raffinerie **NORSI** est l'une des plus grandes installations pétrolières de **Russie** : une capacité de traitement d'**environ 17 millions de tonnes métriques de brut par an**, le statut de quatrième raffinerie russe par volume de traitement, et de deuxième producteur russe d'essence. Elle produit également du diesel, du fioul lourd et du bitume — soit plus de **50 produits pétroliers commerciaux différents**. **Une partie de cette production alimente directement les forces armées russes.** Ce n'est pas une cible symbolique. C'est une cible stratégique.

### Le bilan de cette nuit-là

Le gouverneur de la région de **Nijni Novgorod**, **Gleb Nikitin**, a signalé dans la matinée du **2 juillet** un mort et quatre blessés lors de l'attaque. L'**unité AVT-6** — un des principaux trains de distillation primaire du site — a été directement touchée. Un incendie s'est déclaré. Cette frappe s'inscrit dans une nuit particulièrement active pour les forces ukrainiennes : simultanément, elles ont touché un **pont ferroviaire sur le Siverskyi Donets** près de Stanytsia Luhanska (utilisé pour la logistique militaire russe), un **dépôt de drones russe** dans la zone de Kamianka en région de Zaporizhzhia, et un **poste de commandement et d'observation russe** près de Vilshana en région de Kharkiv. **L'Ukraine ne frappe pas une cible à la fois. Elle frappe en réseau.**

La distance de **Kstovo depuis la frontière ukrainienne** est d'environ **800 kilomètres**. Atteindre cette cible avec des drones demande une planification logistique précise, une navigation autonome sur des centaines de kilomètres, et la capacité de pénétrer les défenses anti-drones russes en profondeur sur le territoire russe. Chaque frappe réussie sur **NORSI** est en soi une démonstration des capacités opérationnelles ukrainiennes — pas seulement un résultat tactique.

## L'historique des frappes sur NORSI — une cible récurrente

### Avril, mai, juin, juillet — le cycle des frappes se resserre

La frappe du **2 juillet 2026** n'est pas un événement isolé. La raffinerie **NORSI** a déjà été touchée à plusieurs reprises par des drones ukrainiens depuis le début de **2026**. En **avril et mai 2026**, des frappes avaient déjà visé le site. Le **20 mai 2026**, l'unité **AVT-6** — la même que celle touchée lors de la dernière frappe — avait été frappée, déclenchant un incendie. En **juin 2026**, c'est l'unité **AVT-5** — une unité de traitement représentant **environ un quart de la capacité totale de production du site**, soit **12 000 tonnes métriques par jour** — qui a été touchée, forçant la raffinerie à **suspendre ses opérations**.

Le cycle des frappes sur **NORSI** suit une logique d'attrition économique ciblée. Chaque arrêt de production de cette raffinerie réduit la disponibilité en carburant pour l'armée russe, aggrave les pénuries de carburant civiles qui fragilisent l'économie russe, et force **Lukoil** et l'État russe à mobiliser des ressources pour les réparations d'urgence. **Chaque frappe a un coût direct en production perdue et en coûts de remise en état — et un coût indirect en incertitude pour l'ensemble du secteur énergétique russe.**

### Ce que la suspension d'AVT-5 révèle sur la vulnérabilité du site

La suspension des opérations de **NORSI** après la frappe de juin — confirmée par **Reuters** citant deux sources industrielles — révèle la vulnérabilité réelle du site à ce type d'attaque. Une raffinerie moderne est un système complexe où les unités de traitement sont interdépendantes. Quand l'**AVT-5** tombe, les autres unités ne peuvent pas simplement absorber la charge supplémentaire — des processus en aval sont également interrompus. **La raffinerie perd en capacité de traitement globale bien au-delà de la seule unité frappée.**

La **NORSI** produit annuellement **environ 5 millions de tonnes d'essence, plus de 5 millions de tonnes de diesel**, et **2 millions de tonnes de fioul lourd**. Ces chiffres représentent une part significative de la production nationale russe. **En ciblant cette installation à répétition, l'Ukraine s'attaque directement à la capacité de la Russie à alimenter ses tanks, ses camions, ses avions — tout ce qui fait fonctionner une armée à grande échelle.**

## La stratégie ukrainienne contre les infrastructures énergétiques russes

### Une doctrine cohérente depuis 2024

Les frappes ukrainiennes sur les infrastructures énergétiques russes ne sont pas des actions ponctuelles — elles s'inscrivent dans une **doctrine cohérente** développée depuis **2024**. L'objectif est triple : réduire la capacité de la **Russie** à alimenter son effort de guerre, créer des tensions économiques internes qui fragilisent le soutien à la guerre, et démontrer que le territoire russe n'est pas un sanctuaire. Ces trois objectifs se renforcent mutuellement.

Les raffineries, les dépôts de carburant, les terminaux pétroliers — ces infrastructures sont choisies pour leur valeur stratégique duale : elles alimentent à la fois l'économie civile et l'effort de guerre. **Toucher une raffinerie comme NORSI, c'est simultanément réduire les livraisons de carburant aux forces armées russes et envoyer un message économique aux oligarques et industriels russes qui profitent du régime Poutine.** La cible est systémique.

### Les limites de cette stratégie

Cette stratégie n'est pas sans limites. La **Russie** dispose d'un secteur pétrolier massif, avec des dizaines de raffineries réparties sur un territoire immense. Frapper **NORSI** à Kstovo réduit la capacité de production nationale, mais ne la supprime pas. La **Russie** peut rediriger des flux, importer du carburant traité, rationner les livraisons civiles pour prioritiser les besoins militaires. **L'attrition économique par frappes sur les infrastructures est un processus lent qui demande une pression soutenue sur de nombreux sites simultanément.**

Il faut également nommer le risque d'escalade. Des frappes répétées à **800 km** du territoire ukrainien, dans une région civile comme **Nijni Novgorod**, donnent à **Poutine** des arguments pour amplifier les frappes russes sur les infrastructures énergétiques ukrainiennes. La guerre des infrastructures est bilatérale — et l'**Ukraine**, dont le réseau électrique a déjà été massivement frappé par les missiles russes, est aussi vulnérable à ce type d'attrition. **Frapper les infrastructures russes est une stratégie légitime — à condition que l'Ukraine soit préparée à l'escalade symétrique.**

## Les autres frappes de la nuit du 2 juillet

### Un pont ferroviaire stratégique sur le Siverskyi Donets

Parallèlement à la frappe sur **NORSI**, les forces ukrainiennes ont touché un **pont ferroviaire traversant le Siverskyi Donets** près de **Stanytsia Luhanska**. Ce pont est utilisé par la **Russie** pour sa logistique militaire : mouvements de troupes, transfert d'armes et de fournitures logistiques. Les ponts ferroviaires sont des cibles de haute valeur dans une guerre où la logistique est un facteur déterminant — chaque liaison ferroviaire coupée oblige la **Russie** à recourir à des routes alternatives plus longues, plus coûteuses et plus vulnérables.

Les frappes sur les infrastructures ferroviaires s'inscrivent dans la même logique que les frappes sur les raffineries : réduire la capacité logistique de la machine de guerre russe. **Une armée dont les lignes d'approvisionnement sont constamment perturbées doit ralentir son rythme opérationnel, disperser ses réserves, et augmenter ses délais de réponse aux situations d'urgence tactiques.** Ce sont des effets cumulatifs qui ne se voient pas dans les communiqués du jour mais qui s'accumulent semaine après semaine.

### Dépôt de drones et poste de commandement neutralisés

La même nuit, un **dépôt de drones russes** dans la zone de **Kamianka en région de Zaporizhzhia** et un **poste de commandement et d'observation russe** près de **Vilshana en région de Kharkiv** ont été frappés. Le dépôt de drones est une cible particulièrement précieuse : les **drones Shahed** iraniens constituent l'une des armes les plus utilisées par la **Russie** pour frapper les infrastructures civiles ukrainiennes. Détruire un stock de Shahed avant qu'ils soient lancés, c'est directement protéger des villes ukrainiennes et leurs habitants.

La frappe sur le poste de commandement illustre un autre aspect de la doctrine ukrainienne : ne pas se limiter aux cibles économiques ou infrastructurelles, mais frapper également la capacité de commandement et de contrôle russe. Un poste de commandement détruit, c'est une rupture dans la chaîne de décision militaire russe — un délai dans la coordination des frappes, dans la transmission des ordres, dans la gestion des unités de front. **Ces frappes dispersées sur une même nuit révèlent une planification opérationnelle ukrainienne mature, capable de coordonner des actions simultanées sur plusieurs axes à des distances très différentes.**

## L'impact global sur la capacité énergétique russe

### Une accumulation de dommages difficile à reconstituer

Depuis le début des frappes systématiques ukrainiennes sur les raffineries russes, la **Russie** a subi une détérioration progressive de sa capacité de raffinage. **NORSI** à Kstovo, mais aussi d'autres installations en **Saratov, Riazan, Tuapse** et ailleurs ont été touchées. Selon des analyses publiées par **Al Jazeera** et d'autres sources, les dommages cumulatifs aux infrastructures énergétiques russes ont créé une **pénurie nationale de carburant** qui affecte à la fois les besoins civils et militaires.

Les réparations coûtent cher et prennent du temps. Reconstruire une unité de distillation primaire comme l'**AVT-5** ou l'**AVT-6** nécessite des équipements spécialisés souvent soumis à des **sanctions occidentales** — ce qui complique et rallonge encore les délais de remise en état. **L'Ukraine crée ainsi un cercle vertueux stratégique : frapper, forcer la réparation sous sanctions, ralentir la remise en état, frapper à nouveau avant que la capacité soit reconstituée.**

### Les implications pour le financement de la guerre russe

Le secteur pétrolier est la principale source de revenus de l'État russe. Les exportations de pétrole et de gaz financent directement le budget fédéral, et donc la machine de guerre. Toute réduction de la capacité de raffinage nationale réduit les volumes exportables, pèse sur les revenus, et complique la gestion budgétaire d'un régime qui dépense massivement pour son effort militaire. **Frapper NORSI, c'est frapper indirectement le budget de guerre russe — pas suffisamment pour l'effondrer, mais suffisamment pour le mettre sous pression.**

Cette pression économique est complémentaire aux sanctions occidentales qui visent les exportations énergétiques russes. Les deux stratégies convergent : les sanctions réduisent les recettes à l'export, les frappes réduisent la capacité de production et de raffinage. **Ensemble, elles construisent un étau économique qui, combiné à l'attrition militaire sur le terrain, doit rendre la poursuite de la guerre de plus en plus coûteuse pour le régime Poutine.**

## Ce que cela révèle sur la Ukraine de juillet 2026

### Une Ukraine qui n'attend plus — elle planifie

La frappe sur **NORSI** dans la nuit du **2 juillet 2026** révèle une **Ukraine** qui a profondément transformé son approche de la guerre. Ce n'est plus l'Ukraine de **mars 2022**, défendant Kiev avec les armes qu'elle avait sous la main. C'est une armée qui planifie des campagnes de frappes à longue portée, qui coordonne des frappes simultanées sur plusieurs types de cibles à des centaines de kilomètres d'écart, et qui maintient une pression soutenue sur des cibles économiques stratégiques semaine après semaine. **Cette Ukraine-là ne se bat pas pour survivre — elle se bat pour gagner.**

Cette évolution est le résultat combiné de l'aide occidentale en systèmes de missiles et de drones, du développement accéléré de l'industrie de défense ukrainienne, et d'une doctrine militaire qui a intégré les leçons de deux ans de guerre intensive. **L'Ukraine de juillet 2026 frappe à 800 km de ses frontières, détruit des raffineries, coupe des ponts ferroviaires, et neutralise des postes de commandement — tout en maintenant sa ligne de défense au Donbass. C'est un exploit stratégique que peu d'observateurs auraient prédit en 2022.**

### Les limites que l'Ukraine doit reconnaître

Cette montée en puissance ne doit pas occulter les fragilités persistantes. L'**Ukraine** manque toujours de personnel entraîné, de munitions d'artillerie, de systèmes de défense aérienne pour protéger toutes ses villes simultanément. La **Russie** continue de lancer des vagues massives de drones et de missiles sur les infrastructures civiles ukrainiennes — et l'**Ukraine** ne peut pas les intercepter toutes. **La capacité de frapper à 800 km en territoire russe ne compense pas la vulnérabilité à 800 km de drones russes qui arrivent toutes les nuits sur Kyiv, Kharkiv et Odessa.**

C'est pourquoi le soutien occidental reste essentiel. Les frappes ukrainiennes sur les raffineries et les infrastructures russes sont une stratégie d'attrition à long terme — pas un substitut aux besoins urgents en défense aérienne, en munitions et en soutien économique. **Les deux dimensions de la guerre doivent être maintenues simultanément : frapper profond en Russie et protéger les Ukrainiens des frappes russes. L'une sans l'autre n'est pas une stratégie de victoire.**

## La réponse russe et les risques d'escalade

### Les contre-mesures russes contre les drones ukrainiens à longue portée

Face aux frappes répétées sur ses infrastructures énergétiques, la **Russie** a développé plusieurs types de contre-mesures. Des **systèmes de brouillage électronique** ont été déployés autour des sites industriels prioritaires. Des **unités de chasse aux drones** ont été constituées, équipées de systèmes de détection radar et de moyens d'interception. Des **leurres et écrans de fumée** ont été utilisés pour tromper les capteurs de navigation des drones ukrainiens. Malgré ces efforts, les frappes sur **NORSI** et d'autres raffineries continuent à ce jour de **2026**.

L'incapacité russe à protéger efficacement ses raffineries révèle un problème structurel : la **Russie** a des milliers de kilomètres d'infrastructures industrielles à défendre, et une quantité limitée de systèmes de défense anti-drones efficaces. Déployer suffisamment de couverture défensive sur l'ensemble du territoire national est une impossibilité logistique. **L'Ukraine exploite cette contrainte structurelle en diversifiant ses cibles, en variant ses trajectoires d'approche, et en frappant simultanément sur plusieurs axes.**

### Le risque de réponse russe amplifée sur l'Ukraine

Chaque frappe ukrainienne sur le territoire russe profond comporte le risque d'une **réponse russe amplifée** sur les infrastructures ukrainiennes. La **Russie** a déjà démontré sa capacité à frapper les réseaux électriques ukrainiens avec des missiles de croisière et des drones. Des vagues massives de **Shahed** et de **Kalibr** ont régulièrement plongé des villes ukrainiennes dans l'obscurité. **La guerre des infrastructures est bilatérale — et les civils ukrainiens en paient le prix direct à chaque escalade.**

C'est pourquoi la stratégie ukrainienne de frappes en profondeur doit être accompagnée d'un renforcement des capacités de défense aérienne. **Les alliés occidentaux portent ici une responsabilité directe** : chaque système de défense aérienne supplémentaire fourni à l'**Ukraine** réduit le coût humain que la réponse russe inflige à la population civile ukrainienne. **Soutenir les frappes ukrainiennes en profondeur sans renforcer proportionnellement la défense aérienne ukrainienne serait une erreur stratégique et morale.**

## L'Ukraine dans la guerre des infrastructures — bilan et perspectives

### Une carte des frappes en constante expansion

Depuis le début de la campagne de frappes profondes ukrainiennes, la carte des cibles touchées sur le territoire russe n'a cessé de s'élargir. Des raffineries de **Kstovo** à **Saratov**, des dépôts pétroliers de **Bryansk** aux installations de **Rosneft** en **Sibérie**, l'**Ukraine** a démontré qu'aucune infrastructure énergétique russe n'est définitivement hors de portée. Cette capacité à frapper à des distances croissantes est le résultat d'un effort continu de développement des drones à longue portée — un effort financé en partie par des fonds privés ukrainiens, des donations internationales, et l'aide d'État des alliés.

L'expansion géographique des frappes est aussi un message diplomatique : **Poutine** ne peut pas promettre à ses alliés économiques — entreprises étrangères, partenaires énergétiques asiatiques — que leurs investissements sur le territoire russe sont protégés. **L'incertitude économique que les frappes ukrainiennes créent est elle-même un outil de pression sur les acteurs économiques qui continuent à faire des affaires avec le régime russe.**

### Ce que signifie la frappe du 2 juillet dans le long terme

Dans le contexte de la guerre longue, la frappe sur **NORSI** du **2 juillet 2026** sera peut-être oubliée dans les chroniques de cette guerre — remplacée par d'autres événements, d'autres victoires et d'autres revers. Mais prise comme symptôme d'une tendance, elle dit quelque chose d'important : l'**Ukraine** a intégré la guerre économique comme composante permanente de sa stratégie. **Cette guerre ne se terminera pas seulement par des lignes de front — elle se terminera aussi par des calculs de coût-bénéfice que la Russie devra faire face à une économie de guerre de plus en plus coûteuse.**

Les alliés de l'**Ukraine** ont un rôle à jouer dans cette dimension économique de la guerre : maintenir et renforcer les sanctions, empêcher les contournements, réduire les revenus pétroliers russes sur les marchés internationaux. **La flamme à Kstovo et les sanctions à Bruxelles ou Washington sont les deux faces d'une même stratégie — et les deux sont nécessaires pour qu'elle aboutisse.**

## Conclusion : Kstovo comme métaphore d'une guerre qui change de nature

### Une guerre d'attrition qui se joue aussi dans les bilans comptables des raffineries

La frappe sur la raffinerie **NORSI** de Kstovo dans la nuit du **2 juillet 2026** n'est pas un moment isolé dans l'histoire de cette guerre — c'est un épisode d'une campagne méthodique qui illustre une vérité que les experts ont mis du temps à reconnaître : **les guerres modernes entre États se gagnent autant dans les bilans économiques que sur les lignes de front.** L'**Ukraine**, en frappant les raffineries, les dépôts de drones, les ponts ferroviaires et les postes de commandement russes, mène simultanément une guerre militaire et une guerre économique.

Cette dualité est sa plus grande force stratégique actuelle. **Poutine** peut absorber des pertes humaines. Il peut remplacer des chars. Mais il ne peut pas facilement remplacer des capacités de raffinage détruites sous sanctions internationales, ni reconstituer des stocks logistiques frappés en profondeur. **Chaque flamme à Kstovo est un message envoyé non seulement à l'armée russe, mais aux élites économiques russes qui ont encore le choix de continuer à financer ce régime ou d'en calculer le coût.**

### Ce que l'Occident doit retenir

Pour les démocraties alliées qui soutiennent l'**Ukraine**, la frappe sur **NORSI** est une confirmation que leur aide est utilisée de manière stratégique et efficace. Les drones, les technologies de navigation, les systèmes de ciblage que les alliés ont fournis à l'**Ukraine** permettent des opérations comme celle du **2 juillet**. **Ce soutien doit continuer et s'amplifier** — pas par inertie, mais parce que les résultats prouvent que l'**Ukraine** sait transformer l'aide en capacités opérationnelles réelles. **Soutenir l'Ukraine n'est pas de la charité — c'est un investissement dans la sécurité collective des démocraties.**

La prochaine frappe sur **NORSI** viendra peut-être dans quelques semaines. Ou sur une autre raffinerie, un autre pont, un autre poste de commandement. La doctrine est établie, la capacité est démontrée. **Ce que l'Ukraine demande à ses alliés, c'est simplement de ne pas l'abandonner avant que cette doctrine produise ses effets décisifs — parce que les flammes à Kstovo disent une chose simple : l'Ukraine est encore là, et elle se bat.**

**Signé Maxime Marquette, chroniqueur**

## Encadré de transparence du chroniqueur

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Je ne suis pas journaliste, mais **chroniqueur et analyste**. Mon expertise réside dans l'observation et l'analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.

Je ne prétends pas à l'objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. **Je prétends à la lucidité analytique**, à l'interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d'offrir une lecture critique des événements.

### Méthodologie et sources

Ce texte respecte la distinction fondamentale entre **faits vérifiés et analyses interprétatives**. La règle de méthode est constante : une information factuelle n'est publiée que si une source vérifiable la porte, et les sources effectivement utilisées par cet article sont listées sous **Sources**, jamais ici.

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**Familles de sources secondaires** : publications spécialisées, médias d'information reconnus internationalement, analyses d'institutions de recherche établies, rapports d'organisations sectorielles.

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### Nature de l'analyse

Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une **synthèse critique et contextuelle** basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d'experts cités dans les sources consultées.

Mon rôle est d'interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et économiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l'observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs globaux.

Cet article décrit un état documenté à sa date de publication, et non une prédiction : une évolution ultérieure peut en déplacer les perspectives. Aucune mise à jour n'est promise d'avance; lorsqu'un article est corrigé ou complété, la modification est datée dans le texte.

## Sources

### Sources primaires

- [News Ukraine RBC — Ukraine strikes one of Russia's largest oil refineries and key bridge — 2 juillet 2026](https://newsukraine.rbc.ua/news/ukraine-strikes-one-of-russia-s-largest-oil-1782977005.html)

- [Militarnyi — Russia's Fourth-Largest Oil Refinery Halts Operations After Drone Strike — juin 2026](https://militarnyi.com/en/news/russia-s-fourth-largest-oil-refinery-halts-operations-after-drone-strike/)

- [UNN — Ukrainian Drones Attacked the Kstovo Refinery, One of the Largest in Russia — 2 juillet 2026](https://unn.ua/en/news/ukrainian-drones-attacked-the-kstovo-refinery-one-of-the-largest-in-russia-the-plant-is-on-fire)

### Sources secondaires

- [Al Jazeera — How Severe is Russia's Energy Shortage Because of Ukrainian Strikes — 30 juin 2026](https://www.aljazeera.com/news/2026/6/30/how-severe-is-russias-energy-shortage-because-of-ukrainian-strikes)

- [Reuters — Actualités Ukraine-Russie — 1er juillet 2026](https://www.reuters.com/world/russian-drones-attack-ukrainian-capital-set-central-district-hotel-fire-2026-07-01/)

- [Kyiv Independent — Actualités guerre Ukraine — juillet 2026](https://kyivindependent.com/)

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Source : Maxime Marquette, MadMax. Pour citer ce texte, nommer l’auteur et lier https://mad-max.co/fr/article/billet-kstovo-brule-encore-l-ukraine-frappe-norsi-pour-la-quatrieme-fois
