# BILLET : Kaine et Cornyn veulent court-circuiter la bureaucratie pour livrer des obus à l'Ukraine

> Le 29 juin 2026, deux sénateurs américains — le démocrate Tim Kaine de Virginie et le républicain John Cornyn du Texas —

- Auteur: Maxime Marquette
- Publication: MadMax (https://mad-max.co)
- Rubrique: Billet
- Publié: 2026-07-01
- Adresse à citer: https://mad-max.co/fr/article/billet-kaine-et-cornyn-veulent-court-circuiter-la-bureaucratie-pour-livrer-des-o

## À retenir

- Le 29 juin 2026, les sénateurs Tim Kaine (démocrate) et John Cornyn (républicain) déposent le « Fast Tracking European Investment in Ukraine's Defense Act », qui modifie l'Arms Export Control Act.
- Le texte crée une approbation préalable pour des munitions critiques (obus 155 mm, Excalibur, munitions HIMARS et GMLRS), active jusqu'au 31 décembre 2030, prolongeable jusqu'en 2035.
- Les exigences de surveillance de l'utilisation finale sont maintenues, selon l'auteur, qui précise que la loi réduit le délai d'approbation sans réduire les responsabilités.
- La commission des forces armées du Sénat approuve, par 26 voix contre 1, un NDAA allouant 500 millions de dollars à l'USAI pour 2026, contre 300 millions la Chambre.
- Le sommet de l'OTAN à Ankara (7-8 juillet 2026) doit confirmer 70 milliards d'euros d'aide aux alliés pour l'Ukraine.

## Introduction : Un projet bipartisan contre les délais qui coûtent des vies

### Quand le Sénat américain s'impatiente de lui-même

Le **29 juin 2026**, deux sénateurs américains — le démocrate **Tim Kaine** de Virginie et le républicain **John Cornyn** du Texas — ont déposé un projet de loi au titre sans équivoque : le **« Fast Tracking European Investment in Ukraine's Defense Act »**. Traduit brutalement : une loi pour faire cesser le cirque administratif qui retarde les livraisons de munitions à l'**Ukraine**. Ce projet modifie l'**Arms Export Control Act (AECA)**, la loi américaine qui régit les exportations d'armements, en créant un mécanisme d'approbation préalable pour des catégories précises d'armes critiques.

C'est un geste politique rare dans l'**Amérique de Trump** : un sénateur démocrate et un sénateur républicain qui se serrent la main sur un dossier ukrainien. À quelques jours du sommet de l'**OTAN à Ankara** prévu les **7 et 8 juillet 2026**, le signal envoyé à Kyiv et aux alliés est clair : le Congrès américain n'a pas dit son dernier mot sur le soutien à l'Ukraine.

*Il y a quelque chose d'ironique dans le fait que les États-Unis aient besoin d'une loi pour accélérer... l'application d'une autre loi. Mais c'est exactement là où en est la bureaucratie américaine de défense : si lente, si compartimentée, si soucieuse de ses procédures, qu'elle est devenue elle-même un obstacle à la politique qu'elle est censée servir.*

## Le mécanisme technique : l'approbation préalable comme arme administrative

### Ce que la loi propose concrètement

Le projet introduit un **mécanisme d'approbation préalable** qui permettrait aux **pays membres de l'OTAN** et aux autres partenaires d'acheter et de transférer à l'**Ukraine** certaines catégories précises de munitions sans devoir passer par la procédure d'approbation standard à chaque transaction. Les armes visées sont des munitions critiques que l'**Ukraine** consomme en quantités industrielles : les **obus d'artillerie 155 mm**, les **obus de précision Excalibur** à portée étendue, les munitions pour le **HIMARS** (système d'artillerie à haute mobilité) et pour le **GMLRS** (système de lance-roquettes guidé multiple).

Ce mécanisme d'approbation préalable serait actif **jusqu'au 31 décembre 2030**, avec possibilité de prolongation **jusqu'en 2035**. Les garanties existantes en matière de surveillance de l'utilisation finale sont maintenues. L'**Ukraine** devra fournir des garanties écrites de non-transfert à des tiers sans consentement américain — une condition préexistante dans la logique d'aide à l'Ukraine.

### Pourquoi l'AECA est devenu le problème

Le sénateur **Cornyn** ne mâche pas ses mots : le processus actuel d'approbation des exportations d'armements est **« trop long »** et provoque des **« retards critiques »** dans les livraisons aux forces ukrainiennes. Ce n'est pas une critique de la politique d'aide à l'**Ukraine** — c'est une critique du tuyau par lequel cette aide doit passer. Chaque lot de munitions, chaque transfert entre alliés vers Kyiv, doit traverser des couches d'approbation administrative qui peuvent s'étirer sur des semaines ou des mois.

Dans une guerre de haute intensité où l'**Ukraine** tire des milliers d'obus par jour, ces délais ne sont pas de l'inefficacité bureaucratique abstraite. Ce sont des positions perdues, des contre-offensives retardées, des vies en jeu. La loi Kaine-Cornyn cherche à résoudre ce problème précis, sans modifier la politique d'aide elle-même.

*Cornyn est un républicain du Texas, pas exactement connu pour son progressisme. Qu'il soit parmi les sponsors de cette loi prouve une chose : le soutien à l'Ukraine, quand on le dépouille de son emballage idéologique, reste ancré dans une partie du Parti républicain qui comprend ce que représente la victoire russe pour la sécurité mondiale. C'est une bonne nouvelle. Pas suffisante. Mais bonne.*

## Le contexte : 70 milliards € à Ankara et l'urgence de livrer

### Ce que le sommet OTAN attend du Congrès

Le dépôt de ce projet de loi le **29 juin** n'est pas un hasard de calendrier. Le sommet de l'**OTAN à Ankara** des **7-8 juillet 2026** doit confirmer une aide militaire supplémentaire de **70 milliards d'euros** aux alliés de l'Alliance atlantique pour soutenir l'**Ukraine**. Cette promesse ne vaut rien si les mécanismes de livraison restent coincés dans des procédures archaïques. La loi Kaine-Cornyn est, entre autres, un signal adressé aux alliés européens : les **États-Unis** travaillent à rendre leurs systèmes plus efficaces.

Au sommet d'**Ankara**, les leaders alliés devraient aussi déclarer leur intention de maintenir un niveau d'aide similaire en **2027**. Le soutien à l'**Ukraine** figurera dans la déclaration finale comme l'un des points centraux. Mais une déclaration de principe sans chaîne d'approvisionnement fonctionnelle reste du papier. C'est précisément le problème que cette loi cherche à résoudre.

### L'USAI et les 500 millions approuvés par le Sénat

Dans le même mouvement législatif, la **commission des forces armées du Sénat** a approuvé en juin — avec un vote de **26 contre 1** — le projet de **National Defense Authorization Act (NDAA)** qui alloue **500 millions de dollars** à l'**Ukraine Security Assistance Initiative (USAI)** pour l'année fiscale **2026**. C'est une hausse par rapport aux **300 millions** de 2025. Le projet inclut également une prolongation de l'**USAI** jusqu'en **2028**.

La Chambre des représentants maintient pour l'instant le niveau à **300 millions**. Le chiffre final sera déterminé par les négociations entre les deux chambres. Mais la tendance du Sénat est claire : augmenter l'aide, prolonger l'engagement, structurer le soutien dans la durée. Même dans une **Amérique trumpiste**, une majorité législative comprend qu'on ne peut pas laisser l'**Ukraine** manquer de munitions.

*Un vote de 26 contre 1 pour l'aide à l'Ukraine : on a beau être sceptique sur le fonctionnement du Congrès américain, ces chiffres disent quelque chose de fondamental. L'isolationnisme pur ne gagne pas dans les commissions qui lisent les rapports de renseignement. Ceux qui savent ce qui se passe réellement en Ukraine — ce que la défaite signifierait — continuent de voter pour aider.*

## Bipartisme sous contrainte : ce que ce projet révèle

### Tim Kaine, John Cornyn et l'art du compromis fonctionnel

**Tim Kaine** siège aux commissions des forces armées et des relations extérieures du Sénat. **John Cornyn** est l'un des piliers républicains du Sénat texan, ancré dans une tradition conservatrice interventionniste. Leur collaboration n'est pas une réconciliation idéologique — c'est un accord pragmatique sur une priorité commune. Les deux sénateurs ont des raisons différentes de vouloir accélérer les livraisons d'armements à l'**Ukraine** — industrie de défense pour Cornyn, valeurs atlantistes pour Kaine — mais le résultat est identique : une loi qui pourrait changer la vie quotidienne des soldats ukrainiens.

Ce type de bipartisme ciblé est peut-être la dernière forme de coopération transpartisane encore possible dans le **Sénat américain** de **2026**. Il ne fonctionne pas sur les grandes questions sociales ou fiscales, mais il fonctionne encore sur la sécurité nationale quand les enjeux sont suffisamment clairs. L'**Ukraine**, c'est suffisamment clair.

### Ce que la loi ne fait pas

Ce projet de loi ne crée pas de nouvelle aide militaire. Il ne change pas la politique fondamentale d'exportation d'armements américaine. Il ne modifie pas les conditions de l'aide à l'**Ukraine**. Ce qu'il fait, c'est enlever des pierres dans le tuyau. C'est rendre plus fluide ce qui existe déjà. C'est une loi de plomberie administrative — mais dans une guerre de haute intensité, la plomberie administrative peut faire la différence entre une contre-offensive réussie et une contre-offensive avortée faute de munitions.

Les exigences de surveillance de l'utilisation finale des armes sont maintenues intactes. L'**Ukraine** reste soumise aux conditions habituelles d'usage des armements américains. La loi réduit le délai d'approbation, pas les responsabilités. C'est important à noter pour ceux qui craindraient une déréglementation des transferts d'armes : ce n'est pas ce que propose Kaine-Cornyn.

*Je comprends les arguments de ceux qui disent que 500 millions ou 300 millions ne changent rien à l'échelle de la guerre. Ils ont tort et raison en même temps. Raison parce que l'Ukraine a besoin de dizaines de milliards sur plusieurs années. Tort parce que chaque lot de munitions Excalibur ou GMLRS livré à temps peut décider d'une bataille. Dans la guerre moderne, la quantité et la précision sont deux jambes du même corps — l'une sans l'autre ne marche pas.*

## L'industrie de défense américaine comme bénéficiaire

### Un système à double bénéfice : Ukraine et industrie US

La loi Kaine-Cornyn cherche aussi à **« élargir les capacités de l'industrie de défense américaine »** — une formule révélatrice. En fluidifiant les transferts de munitions vers l'**Ukraine** via les alliés de l'**OTAN**, le projet crée des commandes prévisibles et en volume pour les fabricants d'armements américains. **Raytheon**, **Northrop Grumman**, **BAE Systems America** — les producteurs d'**Excalibur**, de roquettes **GMLRS** et de munitions **HIMARS** — bénéficient d'une demande soutenue et prévisible.

C'est la logique qui fait que le soutien à l'**Ukraine** peut survivre dans le contexte politique américain actuel : il est présenté non seulement comme une aide à un allié en guerre, mais comme un investissement dans la base industrielle de défense américaine. **Trump** peut hair le cadre idéologique de l'aide à l'Ukraine, mais il est difficile pour son gouvernement de s'opposer à des mesures qui créent des emplois dans l'industrie de défense texane et virginienne.

### La Chambre et les négociations à venir

L'obstacle majeur reste la **Chambre des représentants**, où la version du **NDAA** maintient l'aide à l'Ukraine à **300 millions** plutôt que les **500 millions** du Sénat. Les négociations bilatérales vont déterminer le chiffre final. Si le compromis s'établit entre les deux versions, l'**Ukraine** pourrait recevoir entre **350 et 450 millions** via l'**USAI** pour **2026**. La loi sur l'accélération des livraisons, elle, suit son propre circuit législatif.

Le calendrier est serré : le sommet d'**Ankara** des **7-8 juillet** va exercer une pression supplémentaire sur les décideurs américains. Les alliés européens qui doivent confirmer leurs propres engagements de **70 milliards €** ont besoin de savoir que les **États-Unis** ne se désengagent pas. Le dépôt de la loi Kaine-Cornyn, même sans vote immédiat, envoie ce signal.

*Il est douloureux de constater que l'Ukraine dépend encore, en 2026, de la mécanique législative américaine pour obtenir des munitions dont elle a besoin depuis 2022. Mais c'est la réalité. Et dans cette réalité, un projet de loi bipartisan qui simplifie la chaîne logistique n'est pas un symbole — c'est une nécessité opérationnelle.*

## Trump, l'OTAN et le paradoxe américain

### Un gouvernement Trump qui bloque d'une main et libère de l'autre

L'administration **Trump** a envoyé des signaux contradictoires sur l'aide à l'**Ukraine** depuis son retour au pouvoir. D'un côté, des pressions pour forcer des négociations de cessez-le-feu au profit de **Moscou**. De l'autre, selon **Reuters**, **Trump** pourrait approuver pour la première fois depuis son retour au pouvoir un transfert d'armes vers l'**Ukraine** depuis les stocks existants — un paquet d'environ **300 millions de dollars** incluant possiblement des intercepteurs **Patriot** et des armes offensives à moyenne portée. Aucune décision finale n'avait été annoncée au moment des faits.

Ce paradoxe est caractéristique de l'ère **Trump** : une rhétorique qui sème le doute, mais un appareil d'État qui continue, en partie, de fonctionner selon la logique atlantiste de l'establishment de sécurité nationale. Les sénateurs comme **Kaine** et **Cornyn** naviguent dans cet espace — en passant par le Congrès, qui échappe au contrôle direct de la **Maison-Blanche**, pour ancrer le soutien à l'Ukraine dans des mécanismes législatifs durables.

### Un mal nécessaire qui produit parfois du bien

**Trump** est un mal nécessaire pour l'**Occident**. Sa pression sur les dépenses de défense a forcé des alliés comme le **Royaume-Uni**, l'**Allemagne** et la **France** à s'approprier leur propre sécurité. Mais sa volatilité sur l'**Ukraine** a créé une instabilité qui coûte cher — en retards de livraisons, en incertitudes stratégiques pour **Kyiv**, en opportunités pour **Moscou** de jouer l'attente. La loi Kaine-Cornyn est une réponse législative à cette volatilité : si l'exécutif hésite, le Congrès s'organise pour que les mécanismes restent en place.

C'est la séparation des pouvoirs à l'œuvre dans sa fonction la plus utile : un Parlement qui structure la politique étrangère dans des lois durables, même quand l'exécutif est imprévisible. Cela ne résout pas tout. Mais cela construit des garde-fous.

*Je ne suis pas enthousiaste à l'idée que la sécurité de l'Ukraine dépende du vote d'une commission du Congrès américain. Mais je suis reconnaissant que cette commission existe et qu'elle vote 26 contre 1 pour aider. Dans le monde où nous vivons, cette dernière réalité est plus importante que l'inconfort de la première.*

## Conclusion : Des obus qui traversent la bureaucratie

### Pourquoi cette loi compte au-delà de ses chiffres

Le **« Fast Tracking European Investment in Ukraine's Defense Act »** n'est pas une loi spectaculaire. Elle ne crée pas de nouvelle aide, ne transforme pas la politique américaine, ne modifie pas les grandes orientations stratégiques. Ce qu'elle fait, c'est enlever une friction de plus dans une chaîne d'approvisionnement qui en a trop. Chaque friction enlevée, c'est potentiellement des obus **Excalibur** qui arrivent à temps sur la ligne de front ukrainienne, des roquettes **GMLRS** disponibles pour une contre-batterie décisive, des munitions **HIMARS** qui permettent de tenir une position exposée.

Dans une guerre qui se joue aussi en semaines de délais logistiques, cette loi technique mérite d'être prise au sérieux. Et le bipartisme Kaine-Cornyn mérite d'être salué — non pas comme une renaissance de la coopération politique américaine, mais comme la preuve que, sur l'essentiel, certains élus américains comprennent encore ce qui est en jeu.

### Ce que cela dit de l'engagement occidental envers l'Ukraine

Cette loi dit aussi quelque chose de plus profond : l'engagement occidental envers l'**Ukraine** ne se manifeste pas seulement dans les grands gestes — les pactes d'aide, les sommets de l'**OTAN**, les déclarations de solidarité. Il se manifeste dans la volonté de réformer ses propres systèmes pour que ces gestes aient un effet réel. Réformer l'**AECA** pour livrer des obus plus vite est peut-être la forme la plus humble et la plus concrète de soutien à l'Ukraine. Pas de discours. Pas de photo. Des munitions qui arrivent dans les délais.

L'**Ukraine** résiste depuis **2022** en partie grâce à sa propre résilience, et en partie grâce à cet Occident qui, malgré ses lenteurs et ses ambiguïtés, continue de chercher comment faire mieux. La loi Kaine-Cornyn est une petite preuve de cette volonté continue. Dans la guerre longue, les petites preuves s'accumulent. Et l'accumulation finit par compter.

*Si cette loi passe — ce qui n'est pas garanti dans un Congrès aussi fragmenté — elle ne fera pas la une des journaux. C'est précisément son mérite. Les vraies réformes administratives sont invisibles jusqu'au moment où elles font la différence. J'espère que celle-ci le fera.*

## Conclusion : Des alliés qui réparent la chaîne

### Le sens d'un billet sur une loi technique

J'ai voulu écrire ce billet parce que les lois techniques sur les contrôles d'exportations ne font pas les manchettes — mais elles peuvent faire la différence sur le terrain. Derrière chaque obus **155 mm** qui arrive à **Kharkiv** ou à **Zaporizhzhia**, il y a une chaîne administrative qui doit fonctionner. Kaine et **Cornyn** ont compris que réparer cette chaîne, c'est aussi se battre pour l'**Ukraine**. Pas avec des discours. Avec des amendements à une loi de **1976**.

L'**Ukraine** mérite des alliés qui pensent non seulement aux grands gestes, mais aux détails qui permettent ces gestes de se concrétiser. Ce projet de loi est un de ces détails. Un détail important.

### Ce qu'il reste à faire

Il reste à voir si le projet passera le vote de la plénière du Sénat, puis les négociations avec la Chambre, puis la signature présidentielle dans un contexte politique incertain. Il reste à voir si l'**OTAN**, à **Ankara**, transformera ses **70 milliards € d'engagements** en livraisons réelles et non en promesses creuses. Il reste à voir si les mécanismes d'approbation préalable fonctionneront aussi bien en pratique que sur le papier législatif. Mais le fait qu'on travaille à résoudre ces problèmes — plutôt qu'à les ignorer — est, en soi, une bonne nouvelle pour l'**Ukraine** et pour l'**Occident**.

La guerre longue exige des solutions longues. Cette loi en est une petite pièce. Elle compte.

*Je ne saurais pas dire si cette loi passera. Je ne suis pas sénateur américain, et la politique américaine est devenue imprévisible à un degré qui défie l'analyse. Ce que je peux dire, c'est que l'intention est bonne, le mécanisme est sensé, et le bipartisme est réel. Dans l'Amérique de 2026, c'est déjà beaucoup.*

## Bilan : Ce que cette semaine législative signifie pour Kyiv

### Le moment politique ukrainien avant Ankara

La semaine du **29 juin 2026** a été significative pour l'**Ukraine** sur le plan législatif américain : dépôt de la loi Kaine-Cornyn sur l'accélération des transferts, approbation de **500 millions** en défense par le **Sénat**, rumeurs d'un paquet Patriot de **300 millions** en préparation à la **Maison-Blanche**. Pris ensemble, ces mouvements composent une image d'un système politique américain qui — malgré sa turbulence, malgré **Trump**, malgré les divisions — reste capable de soutenir l'**Ukraine** quand des élus compétents et engagés font leur travail.

**Zelensky** et son équipe regardent **Washington** avec une anxiété compréhensible depuis le retour de **Trump**. Cette semaine leur offre quelques raisons de penser que les verrous institutionnels américains restent partiellement opérationnels. C'est insuffisant. Mais c'est réel.

### Le rôle irremplaçable du Congrès

Le **Congrès américain** — imparfait, lent, fragmenté — reste l'un des derniers remparts de continuité stratégique dans un système exécutif devenu imprévisible. Les lois qu'il vote ne se défont pas par tweet. Les mécanismes qu'il crée s'inscrivent dans du long terme. Kaine et **Cornyn** ont compris que dans cette configuration, légiférer sur la chaîne logistique ukrainienne est l'un des actes les plus utiles qu'un sénateur puisse poser en **2026**. Je leur donne raison.

L'**Ukraine** a besoin d'alliés capables de penser à la fois au grand geste et au boulon qui doit être serré. Cette loi est le boulon. Et les boulons tiennent les structures ensemble.

*Dans dix ans, si l'Ukraine a gagné, personne ne se souviendra du « Fast Tracking European Investment in Ukraine's Defense Act ». C'est la destinée des lois techniques : disparaître dans l'efficacité qu'elles ont créée. Mais les gens qui auront survivu grâce aux munitions livrées à temps, eux, ils se souviendront. Même sans connaître le nom de la loi.*

**Signé Maxime Marquette, chroniqueur**

## Encadré de transparence du chroniqueur

### Positionnement éditorial

Je ne suis pas journaliste, mais **chroniqueur et analyste**. Mon expertise réside dans l'observation et l'analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.

Je ne prétends pas à l'objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. **Je prétends à la lucidité analytique**, à l'interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d'offrir une lecture critique des événements.

### Méthodologie et sources

Ce texte respecte la distinction fondamentale entre **faits vérifiés et analyses interprétatives**. La règle de méthode est constante : une information factuelle n'est publiée que si une source vérifiable la porte, et les sources effectivement utilisées par cet article sont listées sous **Sources**, jamais ici.

**Familles de sources primaires** retenues par la publication, quand le dossier en comporte : communiqués officiels des gouvernements et institutions internationales, déclarations publiques des dirigeants politiques, rapports d'organisations intergouvernementales, dépêches d'agences de presse internationales reconnues.

**Familles de sources secondaires** : publications spécialisées, médias d'information reconnus internationalement, analyses d'institutions de recherche établies, rapports d'organisations sectorielles.

Quand un article cite des données statistiques, économiques ou géopolitiques, elles proviennent d'institutions productrices de données (organisations intergouvernementales, banques centrales, instituts statistiques nationaux), et l'institution exacte est nommée sous **Sources**.

### Nature de l'analyse

Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une **synthèse critique et contextuelle** basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d'experts cités dans les sources consultées.

Mon rôle est d'interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et économiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l'observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs globaux.

Cet article décrit un état documenté à sa date de publication, et non une prédiction : une évolution ultérieure peut en déplacer les perspectives. Aucune mise à jour n'est promise d'avance; lorsqu'un article est corrigé ou complété, la modification est datée dans le texte.

## Sources

### Sources primaires

- [News Ukraine RBC — US senators push to speed up delivery of critical ammunition to Ukraine — 29 juin 2026](https://newsukraine.rbc.ua/news/us-senators-push-to-speed-up-delivery-of-1782766227.html)

- [Militarnyi — US Senate Approves $500M in Military Aid for Ukraine in 2026 — 30 juin 2026](https://militarnyi.com/en/news/us-senate-approves-500m-in-military-aid-for-ukraine-in-2026/)

- [Censor.net — US Congress may approve Ukraine aid by year end — juin 2026](https://censor.net/en/news/4011104/us-congress-may-approve-ukraine-aid-by-year-end)

### Sources secondaires

- [News Ukraine RBC — NATO allies ready to provide 70 billion for Ukraine — juin 2026](https://newsukraine.rbc.ua/news/nato-allies-ready-to-provide-70-billion-for-1782411936.html)

- [Kyiv Independent — Coverage Ukraine war and defense — consulté le 1er juillet 2026](https://kyivindependent.com/)

- [News Ukraine RBC — Pentagon did not use nearly 1 billion set for Ukraine aid — juin 2026](https://newsukraine.rbc.ua/news/pentagon-did-not-use-nearly-1-billion-set-1782541533.html)

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Source : Maxime Marquette, MadMax. Pour citer ce texte, nommer l’auteur et lier https://mad-max.co/fr/article/billet-kaine-et-cornyn-veulent-court-circuiter-la-bureaucratie-pour-livrer-des-o
